Arosteguy, la reine du looping

Dans une interview quelque peu surréaliste dans La Semaine, la candidate de l’opposition semble voler au secours de Veunac en estimant qu’il est très mal entouré. Une nouvelle stratégie pour 2020 ?

Pour Maïder Arosteguy, si l’on se fie à son interview dans La Semaine, la mode politique 2018 consistera à lancer de gros Scuds sur ses adversaires.

Maïder Arosteguy, avec ses activités au conseil départemental, ne doit guère avoir le temps, en fin d’après-midi sur M6, de regarder l’émission « Les Reines du shopping », ce qui ne l’empêche pas de donner une interview à La Semaine du Pays basque (12/1) que Cristina Cordula, la brésilienne égérie de la mode et animatrice de l’émission, trouverait tout simplement « Magnifeiqueeeee !!! ».

Au départ, tout commence le plus classiquement du monde pour notre reine du looping idéologique, avec une question sur Max Brisson et une réponse bien dans le style de Maïder : « C’est un grand garçon… Laissons-le découvrir les joies du Sénat. » dit-elle faussement candide. Avant de préciser, fine mouche : « Je pense qu’il a un travail énorme… Il nous dira plus tard ce qu’il veut faire » Autrement dit, pour les lecteurs-électeurs qui n’auraient pas tout à fait compris : ce ne serait pas très sérieux de la part de Max Brisson, élève appliqué mais peu doué de la classe sénatoriale, de risquer une veste en se présentant aux municipales de 2020 et de venir marcher sur mes plates-bandes.

Prête à céder à la pression affectueuse des Biarrots

Maïder, qui désormais connaît tous les classiques de la garde-robe du politique, enchaîne très logiquement sur une possible candidature aux élections municipales en 2020, par une réponse sans la moindre faute de goût : « Déclarer une candidature en janvier 2018 pour 2020 ou 2021 me paraît quelque chose d’assez insensé » Mais, parfaitement aux courants des dernières tendances de la mode électorale, elle se sent obligée de confier à quel point elle est abordée par tous : « Je suis étonnée de voir que la couleur politique n’empêche pas que des gens de tous horizons me sollicitent, cherchent mon aide, mon appui (…)  Je suis très sollicitée pour défendre les intérêts des Biarrots » Tous les lecteurs de La Semaine auront donc bien compris que Maïder ne pense pas à la conquête de la mairie de Biarritz tous les matins en se rasant, pour paraphraser les propos de Sarkozy, mais qu’elle est tout à fait prête à se dévouer en cédant à la pression affectueuse des Biarrots qui la sollicitent sans cesse pour partir au combat en 2020.

Veunac, qui peine à exister

Mais le plus étonnant reste à venir avec des propos cousus main sur Michel Veunac, si seul au sein de sa majorité : « L’affaire des écuries de Bigueyrie, nous a montré que les adjoints n’étaient pas à leur place, qu’ils ne faisaient pas leur travail, que c’est le maire qui fait en partie leur travail. Prouver son innocence par son incompétence, c’est quand même le comble de l’horreur quand on est élu ».

Tiens, prends ça dans les dents, Nathalie et viens pas me chatouiller si un jour on se retrouve dans le même magasin le jour des soldes !

Penser que Veunac est un gros bosseur entouré de « feignasses », il fallait oser ! Et pourquoi pas tant qu’on y est un grand décideur et un maire « humaniste et moderne », comme il avait été qualifié, le jour de son élection, dans La Semaine ?

Maïder, qui a toujours joué très collectif, de s’aventurer ensuite dans la métaphore sportive : « On a des individualités regroupées au sein d’une assemblée. C’est bien là le problème ! ça me fait penser à certaines équipes de football dans lesquelles on avait quelques stars qui sortaient du lot et le capitaine passait son temps finalement à courir derrière et à essayer d’exister » Veunac sera ravi d’apprendre qu’il est un pauvre anonyme de capitaine qui essaie d’exister dans le prêt à porter, tandis que ses adjoints, les stars de la haute-couture, lui volent toute la lumière. Les Amigorena, Chazouillères et Motsch vont être fiers de voir leur talent ainsi reconnu par un membre de l’opposition.

Magnifique ou pathétique ?

Interrogée par Bisque, Bisque, Basque ! sur cet étrange interview où le lecteur-électeur se demande s’il n’est pas face à une soudaine allégeance à Michel Veunac à un moment où il reste en difficulté dans sa majorité, Maïder Arosteguy estime que nous faisons une « interprétation erronée de ses propos » et se montre beaucoup plus ferme que dans le texte de La Semaine. Pas le moindre faux pli pour elle : « Je critique la gouvernance de la ville, faite par le maire. L’affaire des écuries n’a été que le révélateur d’un manque de confiance entre le maire et ses adjoints et d’une gouvernance sans concertation. « Un chef c’est fait pour cheffer » disait Chirac. À Biarritz, on procrastine, on navigue de crise en crise   La mayonnaise n’a pas pris et aujourd’hui tout le monde s’en aperçoit ». Voilà qui est plus clair.

Nathalie Motsch, pour sa part, qui vient de quitter Les Républicains au début de l’année 2018, car « elle ne se reconnaît pas dans la présidence Wauquiez », se refuse à toute polémique et ne se laissera pas clouer au porte-manteau. « Je la laisse juge de ses propos ». Visiblement, entre les deux élues qui s’imaginent très bien devenir chacune de leur côté tête de liste en 2020, le torchon n’a pas fini de brûler…

Au point que les électeurs, au lieu de crier comme Cristina Cordula, « Magnifeiqueeeee !!! », finissent par juger toute cette agitation « Pathéteiqueeeee » ?

8 réflexions sur “Arosteguy, la reine du looping

  1. a part son ambition personnelle, cette dame qui l’a joue locale de l’étape grâce à son nom a-t-elle un programme ? des idées ? des compétences ?

    ou bien n’eest ce la qu’un énieme produit marketing qui va faire pschitttt ?

    Sa conception d’un Maire en 2018 « un chef c’est fait pour cheffer » ? brillantissime !!! citer Chirac montre sa grande culture.

    Pauvre Biarritz. Cette ville est décidément maudite pour mériter de tels prétendants

    • Voilà un propos qui me fait sursauter. L’arrivée des femmes en politique est relativement récente et, pour ma part, je n’ai aucun doute sur la nécessité d’une parité absolue et pas seulement au moment de la présentation des listes. De la même façon, j’attends avec impatience le jour où une femme sera à la tête de notre pays. J’ai souvent discuté avec des journalistes politiques de cette attaque récurrente, voulant qu »on soit misogynes. Je crois que le milieu politique est extrêmement violent et que la presse se montre elle aussi très caustique. Je n’y vos rien d’anormal à partir du moment où on est homme ou femme public. Et à partir du moment où il est clair que l’attaque vise la personne publique et non la personne privée.
      Je vais vous surprendre, mais j’ai plutôt le sentiment de modérer ma plume dès qu’il s’agit d’une femme politique… Ce qui prouve bien que l’on n’est pas encore tout à fait à la parité absolue.

      • Je ne comprends pas du tout dans ce cas la métaphore en filigrane de ce texte qui sous-entend qu’elle ne serait bonne qu’à faire du shopping. Puisqu’il y a matière à l’attaquer avec des arguments politiques autant le faire en restant strictement sur ce terrain.

      • Catherine Deneuve c’est toi ? Sors de ce corps immédiatement !

        Plus sérieusement si il convient (et c’est indiscutable) que la parité soit totale, immédiate, partout ! que les salaires soient les mêmes à travail égal / compétences égales, Mesdames SVP ne tombez pas dans un réflexe de groupe : soyez exigeantes avec vos représentantes (tout comme avec vos représentants) !

        Si ces dernières sont médiocres, ne les sur-protégez pas parce que ce sont des femmes (et la réciproque vaut pour les hommes bien évidemment).

        Le genre ne doit pas devenir un écran derrière lequel se protéger de toute critique (et encore plus lorsque celles si sont légitimes et concernent des personnages publics).

        Lorsque Jean-Yves critique les HOMMES politiques – au sens anglo-saxon du terme soit toujours avec un raisonnement derrière, non les personnes privées mais les hommes/femmes PUBLICS dans leurs fonctions publiques – vous ne dénoncez pas un acte homophobe (et c’est heureux), ce n’est pas de la misandrie, c’est un constat. SVP ne voyez pas de la misogynie partout car un tel procès n’est pas juste.

        Une belle journée à vous toutes et tous

  2. Je vous invite toutes et tous à lire ce (à mon avis très bon article) de Médiapart de cette semaine faisant suite à la tribune signée par Mme Deneuve.

    Catherine Deneuve, #MeToo et les «baisers volés»
    12 janvier 2018 Par Mathieu Magnaudeix

    Le texte de cent femmes dénonçant le mouvement #MeToo n’est que le nouvel avatar d’une vieille antienne : il existerait, dans ce domaine aussi, une exception française, à rebours d’une vague « puritaine » venue des États-Unis.

    • New York, de notre correspondant.–

    « Catherine Deneuve et d’autres dénoncent le mouvement #MeToo ». Le titre du New York Times sur la tribune de cent femmes défendant dans Le Monde une « liberté d’importuner » est simple, factuel et juste. Au prétexte de défendre la « drague insistante » ou la « galanterie », ce texte est bien une dénonciation, on a envie d’ajouter une réaction, au sens propre du terme, aux millions de #MeToo et de #balancetonporc qui ont submergé les réseaux sociaux, en France y compris, depuis l’affaire Weinstein.

    « Cette fièvre à envoyer les “porcs” à l’abattoir, loin d’aider les femmes à s’autonomiser, sert en réalité les intérêts des ennemis de la liberté sexuelle, des extrémistes religieux, des pires réactionnaires », écrivent Catherine Deneuve, Catherine Robbe-Grillet, Peggy Sastre, Élisabeth Lévy, Brigitte Lahaie ou Sophie de Menthon. Elles parlent de « puritanisme », de « vague purificatoire », de « justice expéditive » d’hommes « sommés de battre leur coulpe », de « haine des hommes et de la sexualité », de « climat de société totalitaire », et se livrent à une réhabilitation franchement dérangeante du « frotteur du métro ».

    Le fait que la « vague purificatoire » vienne des États-Unis n’est pas mentionné explicitement dans le texte, mais c’est de toute évidence une circonstance à charge, comme si cela suffisait à la diminuer, à la moquer, à la nier.

    Et pourtant ! Vu des États-Unis justement, le cri d’effroi des auteures du Monde (pas sûr qu’elles goûteront la féminisation de ce mot) semble incroyablement décalé. Il caricature purement et simplement un mouvement immense. À la rescousse, si l’on comprend bien, d’une sorte de conception bleu, blanc, rouge de la séduction, il est surtout la manifestation de cette tendance hexagonale à transformer systématiquement tout débat sur les violences sexuelles en défense paniquée d’on ne sait quelle identité française menacée (lire la réponse de 200 féministes parue sur Mediapart).

    De l’autre côté de l’Atlantique, ce qui se produit n’est ni une chasse aux hommes, ni la manifestation d’une peur maladive du sexe, ni un nouveau maccarthysme castrateur de féministes hystériques qui voudraient se passer des hommes.

    C’est simplement, et c’est cette simplicité-là qui est historique, un moment où les femmes racontent leurs histoires, se rendent compte qu’elles ne sont pas seules, s’encouragent les unes les autres, demandent des comptes à ceux qui abusent de leurs positions de pouvoir pour obtenir des faveurs sexuelles non consenties (les victimes sont souvent des femmes, parfois des hommes).

    Un moment où les hommes ne parlent pas. Pour une fois, ils écoutent et se taisent. C’est rare. Ça repose.

    Depuis l’affaire Weinstein en octobre, la vague ne n’arrête pas. Des célébrités américaines du cinéma, des stars de la télé vues tous les jours sur le petit écran, des politiciens démocrates et républicains, nationaux et locaux, sont tombées de leur piédestal, pour des viols ou des agressions, mais aussi des relations sexuelles non souhaitées, des baisers insistants, du harcèlement continu, toute une série d’actes imposés, obligés, non consentis (une centaine mi-décembre, selon ce site qui les a recensés).

    La plupart du temps, parce que plusieurs femmes ont témoigné et que ces actes se sont répétés. Parfois même, oui, sans contact physique, comme dans le cas de l’humoriste Louis C.K., qui avait pris pour habitude de se masturber devant de jeunes comédiennes : cela n’empêche pas la violence et l’humiliation.

    Le dernier à en faire les frais est l’acteur James Franco, accusé par cinq femmes d’avoir exigé du sexe en échange, si l’on peut dire, de perspectives professionnelles. Une d’elles, Sarah Tither-Kaplan, une ancienne élève de Franco, situe le débat à son juste niveau : « Un abus de pouvoir », une culture systématique « d’exploitation des femmes qui ne sont pas célèbres », cette idée que les femmes sont « remplaçables ». Des objets, du « bétail », des « morceaux de viande », ont expliqué certaines femmes qui racontent les gestes déplacés et parfois les agressions sexuelles infligées par l’actuel président des États-Unis, Donald Trump.

    Au-delà de l’énorme travail accompli par les rédactions du New York Times et du New Yorker dans l’affaire Weinstein, le moment #MeToo se caractérise aussi par des enquêtes de qualité des grands médias américains qui s’intéressent certes aux violences sexuelles à Hollywood et dans la Silicon Valley, mais aussi au harcèlement dans le monde du travail, dans les usines, chez les employées de maison, et – si, si – donnent la parole aux hommes.

    Quand une affabulatrice missionnée par une officine d’extrême droite s’est présentée à une enquêtrice du Washington Post pour dénoncer le prétendu viol par un politique, elle a vite été démasquée – la séance, filmée, où la journaliste Stephanie McCrummen confond cette dame est un modèle de précision et de déontologie journalistique.

    Pour l’instant, sauf inattention de ma part, les cas de noms jetés en pâture trop vite sont ultra minoritaires. La grande injustice faite aux hommes n’est qu’imaginaire. Et contrairement aux idées reçues, les arguments moraux ou « puritains » qui pourraient dénoter une forme de « panique sexuelle » sont loin d’être dominants.

    L’Amérique conservatrice ou réactionnaire, gênée aux entournures, préfère (pour l’instant) esquiver le sujet. Loin d’être horrifiées par le sexe ou de voir dans chaque homme un agresseur potentiel, des femmes comme l’actrice Lupita Nyong’o ou la journaliste du New York Times Jessica Bennett, entre autres, interrogent avec délicatesse la question du consentement, explorent ces « zones grises » où un contact physique, voire du sexe, peut être donné sans pour autant être voulu.

    « Républicanisme aristocratique »
    Sur le site du magazine New Yorker, la journaliste Lauren Collins, qui vit à Paris, critique le texte, ses « arguments rebattus », les nombreuses confusions qu’il engendre, ses contradictions, la façon dont cette tribune minimise les violences sexuelles. Mais surtout, elle s’interroge : « Pourquoi Catherine Deneuve et d’autres célèbres femmes françaises dénoncent-elles #MeToo? ».
    La réponse, dit-elle, est socioéconomique. « Ces femmes, écrit-elle, sont pour la plupart bien que pas exclusivement, blanches et issues des professions libérales et artistiques : curatrices, artistes, professeures, psychanalystes, docteurs, chanteuses. Il n’y a pas parmi elles de femmes de ménage ou de conductrices de bus. » L’explication est aussi générationnelle : elles sont plus âgées et ont vécu, dans leur vie et leur corps, la libération sexuelle, comme un « événement merveilleux ». Elles s’érigeraient ainsi en gardiennes d’une sorte de trésor à conserver. « Je me demande, dit-elle, si nous qui sommes nées plus tard ou avons choisi d’autres batailles, ne sous-estimons pas la primauté de la libération sexuelle dans la vision du monde qu’ont les générations précédentes. »

    Il y a sans doute une autre explication, idéologique et culturelle. Dans leur texte, Deneuve et ses cosignataires plaignent ces hommes « sanctionnés dans l’exercice de leur métier, contraints à la démission, etc. », « alors qu’ils n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses “intimes” lors d’un dîner professionnel ou d’avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l’attirance n’était pas réciproque ».

    Mis à part le fait qu’on ne voit pas bien de qui elles parlent, leurs arguments rappellent ceux qui furent avancés en 2011 après l’épisode du Sofitel de New York qui précipita la chute de Dominique Strauss-Kahn, alors président du FMI et candidat à la présidentielle – DSK, contre qui les charges pénales ont été abandonnées en raison de mensonges de son accusatrice, la femme de chambre Nafissatou Diallo, a conclu avec elle une transaction financière.

    À l’époque, de nombreuses voix, y compris des femmes, s’étaient élevées pour défendre l’argument d’une sorte de séduction à la française. L’historienne américaine Joan Scott, professeure à Princeton, s’en était émue dans le New York Times.

    « La culture politique française a longtemps toléré un comportement comme celui de Dominique Strauss-Kahn, l’expliquant comme un trait de caractère national – ce que l’historienne Mona Ozouf a appelé “l’art de la séduction” », expliquait-elle, déplorant l’idée, majoritaire selon elle en France, que le féminisme est une sorte d’« importation étrangère ».

    À l’époque, la sociologue Irène Théry lui avait répondu dans Le Monde, défendant l’idée même d’un « féminisme à la française ». « Mon sentiment est que, par-delà mes convictions, le féminisme à la française est toujours vivant, écrivait-elle. Il est fait d’une certaine façon de vivre et pas seulement de penser, qui refuse les impasses du politiquement correct, veut les droits égaux des sexes et les plaisirs asymétriques de la séduction, le respect absolu du consentement et la surprise délicieuse des baisers volés. »

    De façon remarquable, près de sept ans plus tard, la tribune de Catherine Deneuve et ses cosignataires reprend la même image du baiser volé, allusion qui fait évidemment penser au film éponyme de Truffaut, sorti en 1968 (à l’amorce, on y revient, du grand mouvement de la libération sexuelle).

    Joan Scott avait alors repris la plume pour répondre à Théry dans Libération. « Dans les débats qu’a ouverts l’affaire DSK, celles et ceux qui ont pris le parti de ce dernier ont insisté (une fois de plus) sur le fait que les Américains confondaient les charmes de la séduction et la violence du viol. Bernard-Henri Lévy, par exemple, a dit de Dominique Strauss-Kahn qu’il était “un séducteur, un charmeur”, pas un “violeur”, écrivait-elle. Celles et ceux qui ont formulé ce que j’appelle “la théorie française de la séduction” ont clairement posé que le “consentement amoureux” et le jeu de la séduction se fondent, en soi, sur l’inégalité des femmes et des hommes. »

    Dans ce texte, Scott (qui a donné récemment un grand entretien à Mediapart) rappelle les racines historiques de cette drôle d’exception française.

    « Depuis le bicentenaire de la Révolution française en 1989, on a beaucoup écrit sur “l’art de la séduction” des Français. Avec des origines remontant aux pratiques aristocratiques de l’époque de la monarchie absolue et de Louis XIV, l’idée de ce que Philippe Raynaud appelle “une forme particulière d’égalité” s’est transmise de génération en génération pour devenir une composante importante du caractère national. Ce point de vue, que développent (entre autres) les écrits de Mona Ozouf (Les Mots des femmes : essai sur la singularité française) et ceux de Claude Habib (Le Consentement amoureux et Galanterie française), avance que la sujétion des femmes au désir des hommes est la source de leur influence et de leur pouvoir. (…) Pour les deux intellectuelles, un féminisme qui réclame l’égalité des droits s’apparente au lesbianisme, une déviation par rapport à l’ordre naturel des choses. »

    Cette théorie d’un « exceptionnalisme français de la séduction », Joan Scott lui donne un nom : le « républicanisme aristocratique », selon lequel le « consentement amoureux implique la soumission à son supérieur dans l’intérêt de l’harmonie nationale ».

    Comme si « les plaisirs asymétriques de la séduction » étaient une composante de l’identité nationale et républicaine française. « En France, il y a les trois G : galanterie, grivoiserie, goujaterie, a dit l’actrice Isabelle Adjani juste après l’affaire Weinstein. Glisser de l’une à l’autre jusqu’à la violence en prétextant le jeu de la séduction est une des armes de l’arsenal de défense des prédateurs et des harceleurs. De ceux qui prétendent que ces femmes ne sont pas si innocentes, car elles-mêmes se prêtent à ce jeu qui fait partie de notre culture. » Dans ce cadre, poser sereinement la question du consentement peut paraître compliqué. C’est pourtant la clé pour détoxifier les rapports sexuels de la domination et de la contrainte.
    Y compris en France, où, malgré la « galanterie » et l’« art de la séduction », une femme meurt tous les trois jours des violences de son conjoint.

  3. A mes yeux, rien du tout de misogyne dans les propos de JYV et je le connais assez pour savoir que sa réponse est sincère.
    Les femmes veulent à juste titre ne pas être discriminées en tant que telles. Elles doivent accepter d’être traitées comme les hommes si elles veulent être leurs égales, en politique comme ailleurs.
    Cessons d’accuser pour rien les hommes de misogynie lorsqu’on voit bien qu’il n’y a rien de mieux qu’une femme pour en attaquer une autre et la dévaloriser…
    Admettons toutefois qu’il existe un certain conflit entre la revendication égaltaire des femmes et tout ce qui ressortit à la courtoisie, l’élégance attentionnée d’un homme pour une femme, ou encore la « galanterie à la française »… On ne saurait avoir le beurre et l’argent du beurre! Que l’on me désigne une femme qui n’aime pas qu’un homme lui ouvre la porte de la voiture pour qu’elle s’installe… Combien d’hommes le font-ils encore? Ces valeurs-là sont-elles condamnées?

    Quant à Maider Arosteguy, au risque d’être moi-même accusé de misogynie, elle prouve chaque jour davantage sa difficulté à offrir à la vue un personnage cohérent, pertinent, ayant l’étoffe d’une responsable politique à haut potentiel. Reine du looping et du louvoiement sans conviction forte, uniquement désireuse d’obtenir des fonctions pour lesquelles elle n’est visiblement pas formatée, et accessoirement, si je puis dire, extrêmement mal conseillée, notamment depuis son ralliement aussi tardif qu’erroné aux LR, venant de l’Udi! Dommage pour elle. Elle semblait mériter mieux quand elle fut élue co-conseillère départementale grâce à son partenariat avec Max Brisson. Une candidate « de secours » qui n’était pas celle que Max aurait souhaitée, mais une assez belle campagne, dotée d’une bonne équipe, dont elle avait recueilli tout cuits les marrons du feu.
    Remarquez, rien et notamment pas le pire n’est impossible à Biarritz! On a bien eu Veunac!

  4. Plutôt que se poser la question sur la parité, je pense que nous devrions en priorité, nous poser la question de savoir si les hommes et les femmes que nous mettons en place ont la compétence de le faire. Avec cette histoire de parité, nous en sommes venu a mettre des gens en place par rapport à leur sexe alors qu’ils ou elles n’ont absolument pas la compétence pour tenir le poste qu’ils ou elles occupent. Je trouve que c’est ça qui est grave et le mal profond de la politique en France.

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