Soutien inconditionnel à Oloronblog

Marre de ces élus qui dégainent la matraque judiciaire dès qu’un citoyen ne leur cire pas les pompes !

C’est un de ces blogs porteur d’une information libre et citoyenne comme on en souhaiterait à toutes les villes de France (https://oloron.blog/). Son auteur Joel Adam, a, entre autres exploits rédactionnels, révélé les capacités d’ubiquité hors du commun de son maire, Hervé Lucbéreilh, capable d’encaisser le même jour des indemnités kilométriques pour un aller-retour Oloron-Bayonne et un Oloron-Tours ou de présenter quelques jours plus tard des notes de frais pour être allé à Paris en avion ET en voiture à la même période. Depuis que Le Canard enchaîné a repris cette information, le torchon brûle à Oloron-Sainte-Marie entre l’élu et le blogueur. À Biarritz, le responsable de Bisque, Bisque, Basque ! est juste un « journaliste de merde qui fait les poubelles », à Oloron, où on ne dédaigne pas l’emphase, le blogueur, aux dires du maire, est un simple « pervers narcissique » et un « délateur digne de la Gestapo ». Rien que ça ?

Mais pas gêné, le maire annonce à Sud Ouest qu’il porte plainte contre le blogueur pour cyber harcèlement.

Des annonces pas toujours suivies d’effet

Ancien cadre de la fonction publique territoriale, ayant pu assister tout au long de sa carrière à bien des turpitudes, Joël Adam ne s’émeut guère de cette annonce du maire, si l’on en croit son blog : « Hervé Lucbéreilh a effectivement brandi cette menace. Mais l’a-t-il vraiment mise à exécution ? Si tel était le cas, je pense que j’en aurais été le premier avisé. Rien de tel à ce jour. Cela étant, j’attends de pied ferme toute procédure de ce genre, si tant est qu’elle arrive. Car rien dans le blog ne caractérise ce délit de cyberharcèlement. » Au Canard enchaîné, nous recevions chaque semaine une dizaine de menaces de plaintes. En réalité, à peine une sur cent se terminait au prétoire, les politiques adorant jouer les offensés et se draper dans leur dignité, tout en sachant pertinemment que les électeurs sont tellement habitués à leurs mensonges qu’ils oublieront bien vite leurs moulinets verbaux.

Le dévoiement de la loi sur le cyberharcèlement

Qu’un adolescent prenne conscience qu’il risque gros depuis 2014, s’il s’amuse à publier des photos dénudées de sa petite copine sur les réseaux sociaux, quoi de plus normal ? Mais quand un blog local parle en priorité du premier magistrat de la ville et consacre de nombreux articles à ses actions, ce n’est pas du cyberharcèlement, mais de l’information libre et citoyenne. Vous pouvez parcourir tout le contenu de « Oloron blog ». Les articles s’appuient sur des faits, la seule différence par rapport à la presse locale étant que le blogueur, journalistiquement et économiquement libre, ne se sent pas obligé de cirer les pompes des édiles locaux.

L’ancien propriétaire de La Semaine du Pays basque, Hubert de Caslou, avait cru judicieux, en juin 2017, de traîner Bisque, Bisque, Basque !, devant le tribunal civil de Grande Instance de Paris pour cyberharcèlement. Sa charmante idée a coûté à l’ancien officier de marine une condamnation à 3 000 euros, le tribunal ayant estimé que les dix-huit articles mis en cause contenaient tous une information justifiant la publication. Qu’on se le dise…

Quand les menaceurs ne sont pas les payeurs…

Cette envie des maires d’en découdre au tribunal, dès qu’un mot dépasse d’un article n’est pas tout à fait liée au hasard. Les élus savent parfaitement que leurs frais de justice seront pris en charge par leur commune, donc par les contribuables. Contrairement à leur opposant qui devra casser sa tire-lire personnelle. L’article L.21236-34 du Code Général des Collectivités territoriales prévoit que la commune accorde une protection juridique au maire dans l’exercice de ses responsabilités. Si un arbre tombe sur un piéton, alors que rien n’indiquait que cela puisse survenir, il est logique que le maire soit défendu gratuitement.

Mais comme pour la loi sur le cyberharcèlement, nos amis politiques se sont empressés de détourner la volonté du législateur à leur profit. Selon la loi, le maire ne peut être défendu aux frais des contribuables que s’il n’a pas commis « une faute détachable » de ses fonctions.

Constituent une faute détachable :

– les faits qui révèlent de préoccupations d’ordre privé.

– les faits qui procèdent d’un comportement incompatible avec les obligations qui s’imposent dans l’exercice de fonctions publiques.

– les faits qui revêtent une particulière gravité.

Quand Didier Borotra se retrouve accusé de « prise illégale d’intérêt » après avoir laissé sa fille signer un contrat avec la Cité de l’Océan dont il est responsable en tant que maire, la « faute détachable » ne fait pas de doute. Ce qui n’empêchera pas le conseil municipal de Biarritz de voter, à quelques exceptions près, la prise en charge des frais de justice de l’ancien maire. Ce qui est une honte !

Les blogs au secours de la presse écrite

Il est désormais de bon ton de vilipender les quotidiens régionaux, ce qui ne sera pas le cas de ce blog. Mais nous sommes tous bien obligés de constater que les riches heures de la presse écrite sont derrière elle et qu’un équilibre économique de plus en plus incertain la fragilise face aux petits potentats locaux, qui crient « Je suis Charlie » les jours d’attentats, mais n’aiment la presse qu’aux ordres. D’où ces articles souvent bien faits, où l’auteur manifeste une prudence de sioux de peur de se retrouver en exil à Dax, comme certains de ses prédécesseurs. Les blogs, avec leur liberté, leur insouciance, leur effervescence, leur absence délibérée de modèle économique, sont à l’écrit ce que les radios libres ont été dans les années quatre-vingts aux radios commerciales.

Toutes ces vigies citoyennes qui passent leur temps à observer ce qui se passe dans leur ville en se moquant éperdument du respect dû aux petits seigneurs locaux, amènent du dynamisme et de la vitalité à l’information et rétablissent un équilibre qui bénéficie au citoyen, profite aux quotidiens institutionnels et oblige l’élu à abandonner son sentiment d’impunité. On l’a vu avec l’affaire des écuries de Parme, il est difficile pour un quotidien régional de ne pas reprendre une information quand un blog la lance et fait causer toute la ville.

Pour toutes ces raisons, « Oloronblog » doit être défendu à la hauteur de ses mérites. Pour ma part, je rêve à Biarritz de pouvoir me consacrer à une écriture personnelle et de me lever le matin en trouvant dans mon journal favori toutes les informations dont j’entends parler lors de mes promenades en ville. Je rêve de fermer Bisque, Bisque, Basque !, devenu inutile, puisque cinquante impertinents, passeront au peigne fin l’actualité de leur ville et la traiteront avec leur regard et leur sensibilité.

Je rêve, mais je suis persuadé que ce jour est proche. Et qui est-ce qui est le plus ringard ? Joel Adam avec son blog généreux et désintéressé où il s’efforce de partager ses savoirs avec ses concitoyens ou Hervé Lucbéreilh avec ses notes de frais étonnantes et ses pathétiques menaces juridiques ?

10 réflexions sur “Soutien inconditionnel à Oloronblog

  1. Solidarité avec Oloronblog et Bisque Bisque Basque !!

    en cas de procès abusifs n’hésitez pas à faire un appel aux dons pour assurer les frais de défense !

    une belle mobilisation citoyenne donnera un effet Streisand du meilleur cru qui devrait permettre
    i) de vous voir gagner devant la Justice (puisque bien évidemment il n’y a RIEN de diffamatoire mais que du factuel;

    ii) de ridiculiser un peu plus l’édile au comportement indigne de sa fonction, qui aura ainsi perdu une belle occasion de se taire.

    Ne jamais accepter l’arbitraire, ne jamais céder aux menaces surtout quand on est dans son bon droit.

    Merci pour votre travail citoyen et salutaire !

  2. Ce soutien fait chaud au cœur. Un grand merci à Jean-Yves Viollier pour cet article dans lequel je retrouve totalement les faits ainsi que l’explication d’une démarche citoyenne que le blogueur biarrot et le blogueur oloronais ont en commun

  3. juste deux mots : le blog est une œuvre de salubrité publique et de démocratie. Rien à ajouter, si ce n’est longue vie à oloronblog

  4. Bonjour,
    Bravo à ces blogueurs locaux!

    Quant au maire il lui sera sans doute nécessaire d’avoir tous les justificatifs de ses frais vu la tournure des événements!

  5. Re,

    Le problème des élus qui se défendent en justice avec l’argent des …
    http://www.observatoire-corruption.org/le-probleme-des-elus-qui-se-defendent-en-justice-a...
    29 juil. 2016 – Les cas se suivent et se ressemblent, avec à chaque fois une asymétrie totale entre les édiles et leurs administrés : À Roquebrune-sur-Argens, dans le Var, le maire Luc Jousse s’est livré à un véritable harcèlement judiciaire contre Josette Mimouni, la présidente de l’Association citoyenne de contribuables …

  6. Trop de nos actuels potentats s’imaginent que seuls le drapeau tricolore, le son du clairon ou encore les médias voués à leur servitude ont pouvoir à occuper l’espace public.

    On ne peut être qu’admiratif devant la ténacité déployée par Joël Adam dans  » Oloron blog « .

  7. RIEN à ajouter !
    C’est parfaitement expliqué et présenté !
    ET les Commentaires abondent dans ce qu’il convient d’appeler : LA Vérité :-)))

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