La dure condition du godillot

Lettre ouverte à Laurent Ortiz qui vient de prendre ses distances avec Guy Lafite et de quitter le groupe « Esprit Biarritz », tout en conservant précieusement ses mandats.

Laurent Ortiz a les épaules solides, mais la démarche politique hésitante.

Mon cher Laurent,

Pardonne-moi ce tutoiement alors que nous ne nous connaissons pas. Comme je te regarde à l’occasion de chaque conseil municipal, j’ai vraiment le sentiment que tu fais partie de mon paysage familier. Certes, tu n’es pas le plus volubile des conseillers municipaux et l’aumône de la parole t’est rarement accordée par ceux qui dirigent la ville aujourd’hui. Mais comme tu as un visage expressif et du mal à cacher tes sentiments, ce qui est un défaut en politique mais une qualité dans la vie courante, je me suis souvent amusé, lorsque le caméraman municipal condescend à accorder quelques secondes d’image aux godillots de la majorité, à détailler tes colères rentrées, tes indignations et tout ce que tu endures depuis 2014. Et j’ai constaté, Laurent, que tu avais souvent la fumée qui sortait des oreilles, lors des conseils municipaux, ce que je comprends sans peine.

Alerté par Sud Ouest (20/1), j’ai lu avec beaucoup d’intérêt ton texte sur ta page Facebook où tu annonces, ce qui est à ton honneur, que tu vas te « positionner aux côtés de tes amis d’enfance », plutôt qu’aux côtés de cette majorité improbable qui tire à hue et à dia depuis des mois. J’ai aussi scruté ton interview dans Mediabask et je dois reconnaître, malgré la sympathie que j’éprouve pour ta démarche, que j’ai souvent eu le sentiment de me retrouver dans le journal intime d’un puceau venant de découvrir les joies de la chair et vivant son premier chagrin d’amour.

L’illusoire équipe municipale

Voilà bientôt quatre ans que tu as été élu et je suis surpris que tu aies mis aussi longtemps à comprendre. Que pouvais-tu attendre d’une majorité aussi improbable composée de centristes, de transfuges de l’UMP, de gens de gauche et d’abertzale ? Comme le guetteur devant une banque, tu as contribué à ce que des braqueurs sans convictions ni programmes s’emparent de la Ville et des avantages sonnants et trébuchants qui vont avec. Et, depuis, comme il n’y a ni grand timonier, ni programme, ni envie de faire ensemble, tu manges régulièrement ton chapeau, obligé que tu es au nom d’un illusoire pacte de la majorité, de voter comme ton groupe, que ce soit sur l’EPCI ou le confortement des falaises de Marbella. Tu n’as pas un peu le sentiment d’avoir été le dindon de la farce électorale ?

Lafite sera toujours Lafite

Accablé par ton récent chagrin d’amour, tu sembles aussi découvrir qui est le vrai Guy Lafite : « Il n’y a au sein du groupe aucune place pour le débat, pour la concertation. Nous devons obligatoirement penser comme lui », affirmes-tu à Mediabask. Mais comment se fait-il que tu sois le dernier à découvrir ce que tout le monde sait à Biarritz ? Lafite est insupportable d’arrogance et n’a l’esprit d’équipe que lorsqu’il a besoin qu’on roule pour lui. S’estimant d’intelligence supérieure, il ne cache jamais son mépris pour la base et les demeurés qui peuplent sa liste. Tu étais un de ces godillots de la majorité, Laurent, un de ces pions à qui on demande de la fermer et de marcher au pas. François Amigorena, qui était le plus à même de faire de l’ombre à l’énarque vaniteux en a fait les frais le premier, il était normal que ton tour arrive un jour. Bienvenue en politique !

La parole libre devrait être la norme

Ensuite, tu annonces, comme quelqu’un qui prépare un exploit retentissant, que tu vas rester « fidèle à tes amis d’enfance » et retrouver ta « liberté de parole et de vote ». L’ancien rugbyman que je suis, fort de deux décennies de plus que toi, te dira que l’amitié est une vertu suprême et que rien ne doit mettre en péril son lien avec ses amis. Je t’approuve donc pleinement. Mais tu ne te sens pas un peu gêné aux entournures quand tu annonces que tu vas voter librement ? Tu es donc en train de nous dire que depuis quatre ans, la majorité municipale vote « aux ordres » ? Figure-toi que cela s’est vu. Est-ce qu’un conseil municipal ne devrait pas être une assemblée de « sages » où chacun dans son désir de servir au mieux la ville exprime en toute simplicité ses convictions au lieu de se plier au diktat d’une majorité municipale plus préoccupée par ses intérêts que par les citoyens ? Si tu as obtenu des suffrages, c’est pour que tu donnes ton opinion, je te le rappelle, et non pour devenir le porte-serviette des Veunac ou Lafite. Il est vraiment dommage de constater qu’il t’a fallu presque quatre ans pour le comprendre.

Casser les chaînes, toutes les chaînes

Ligoté à ton fauteuil municipal, tu as décidé de te libérer et tous les amoureux de la vie publique ne peuvent que s’en réjouir, tant le fonctionnement de cette majorité municipale, où les coups-fourrés succèdent aux défections, pose problème. Malheureusement, si tu as réussi à retrouver le contrôle d’une main, tu as gardé tes entraves et tes boulets aux pieds, comme tu l’avoues toi-même avec une certaine ingénuité dans ta page Facebook : « Je reste toujours membre de la majorité municipale tout en continuant avec engagement et respect ma délégation aux Sports de glisse, mes mandats au sein de l’Agglomération Pays basque et de l’Association nationale des Elus de Sport ».  Et tu crois nous faire plaisir en te drapant dans tes mandats que, bien entendu, tu poursuis par pur dévouement ? Tu penses sincèrement que tes nouveaux amis Veunac et Lafite vont te faciliter la vie auprès des surfeurs et te laisser briller ? En politique, encore plus qu’ailleurs la demi-mesure est impossible. En 2008, mon épouse s’est retrouvée élue de l’opposition. Peu après le parti socialiste lui a demandé de devenir porte-parole en remplacement de Galery Gouret-Houssein. Avant d’investir Guy Lafite (encore lui !) aux départementales de 2010, alors qu’il fricotait avec Borotra dans la majorité. Tu crois que mon épouse est restée en affirmant qu’elle voterait librement dans l’intérêt des Biarrots ? Elle est partie immédiatement, cédant sa place à Bernard Ithurbide, et j’admire sa façon de faire de la politique.

La politique est l’activité humaine la plus cruelle qui soit. Je sais que ta peine est sincère, Laurent, ainsi que ta révolte, mais la liberté à moitié, ça n’existe pas. Tu n’aurais été crédible dans tes propos qu’en renonçant à tous tes mandats, quitte à te représenter en 2020 dans une liste qui te corresponde, avec des convictions encore plus établies. Là, comme tes amis, j’aurais dit chapeau ! Car entre nous, tu ne prends pas grand risque en conservant tes mandats, puisque Veunac, comme l’a démontré le conflit l’opposant à Nathalie Motsch dans l’affaire des écuries de Bigueyrie, n’est même plus majoritaire au sein de sa majorité et dans l’incapacité de retirer sa délégation à quiconque. Ce que tu fais en reprenant ta liberté tout en conservant tes mandats, n’a pas grand sens, Laurent, et ressemble juste à une posture.

Si tu es capable de percevoir au-delà des mots mordants la sympathie que j’éprouve pour toi, Laurent, partageons une bière et je te raconterai l’histoire d’un chanteur des années soixante-dix, Henri Tachan. Son héros affirmait : « Dans mon parti, Y’a qu’moi et c’est déjà l’merdier ! ». Assez prophétique, non, et tout à fait adapté à Biarritz ?

20 réflexions sur “La dure condition du godillot

  1. Comme une évidence. En 2014 nous étions nombreux à avertir/rire de la liste et de la façon de faire de Michou Beau Gosse. Souvent preuves à l’appui, s’appuyant sur le vécu avec Maître Didier.
    4 ans plus tard les prédictions hélas s’avèrent toujours plus justes.
    Comme le dit Gandalf, « fuyez pauvres fous ». Il vous reste 2 ans, même moins pour une campagne, pour faire oublier aux biarrots vos erreurs, vos dévouements bafoués. Épargnez nous 8 ou 9 listes et rassemblez vous autour de vrais projets et de candidats qui pensent Biarritz, pas leur ego.

  2. pas d’accord Rico64 !!

    vous voulez les revoir en 2020 ?? les mêmes qui sont comptables du bilan ??? dans une nouvelle liste pour faire quoi ???? quelles convictions ??? quels projets crédibles ???

    Par pitié sortez les nuls. Soyez exigeants sinon vous ne ferez que de conserver cette équipe bancale pour la mandature qui vient.

    Nous sommes en 2020 après demain pas en 1977. Biarritz mérite mieux que cela, que ceux là (a l’exception d’un(e) ou deux)

  3. Esprit Biarritz
    Chers amis,
    Je suis moi aussi membre d’esprit Biarritz et membre suppléant du C.A. J’étais sur la liste municipale conduite par Guy Lafite et mes camarades de la section du P.S.se souviennent que j’avais mis toute mon énergie pour convaincre les camarades à rejoindre la liste esprit biarritz ,d’union , clairement située à gauche.
    Une compétence professionnelle et des publications me laissaient espérer une place éligible pour assurer la délégation solidarité handicap.pendant la campagne j’ai avalé par 3 fois des couleuvres :
    1/on trouvait qu’il y avait trop de noms à consonance maghrébine moi qui porte le même nom que le père Hamel et que ceux qui ont avancé cette obscénité ne connaissent rien de ma vie et mon attachement fait par le sang versé à la France. Mes 2 autres camarades elles également n’ont rien à prouver de leurs liens indéfectibles à notre pays.
    2/ les 3 élus socialistes ont été désignés car nous n’avions pas le choix des places et le vote formel n’a fait qu’entériner cet état de fait. Il fallait entourer le leader de la liste de gens qui lui soient soumis. Si bien qu’ils n’ont jamais rendu compte de leur mandat à leurs camarades qui les ont promus. Ils sont là ,achetés pour leur propres petits privilèges.Se servir sans servir parce qu’ils n’ont ni savoir faire, ni savoir ni savoir être.
    3/ le jour même de l’investiture de la liste au Colisée la ministre de la justice Christiane Taubira est violemment attaquée par la droite extrême et traitée de singe.
    Je demande au directeur de campagne de l’époque d’ouvrir la présentation de la liste par un soutien fraternel à la ministre de la justice d’autant que Guy était président départemental du P.R.G.et il me répond qu’on ne prendra aucune initiative qui pourrait nous faire perdre ou détourner des voix y compris venant de droite.
    Je me suis mis à l’écart de la campagne sans donner aucune explication pour ne pas compromettre la dynamique de la campagne. Je ne dirai rien sur Guy car je le crois sincère et le défaut de sa qualité c’est qu’il pense être plus légitime que les autres en raison de son passé professionnel de fonctionnaire de municipalité. Seulement il a gardé les réflexes d’obéissance à ses élus hiérarchiques. Ajouter à cela quelques erreurs stratégiques essentiellement dues à une absence de concertation et de réflexion collective. L’orgueil technocratique faisant croire qu’on peut tout maîtriser tout seul.
    Personnellement, je reste fidèle à mon parti et je ne suis pas homme à quitter le navire quand il risque de couler, comme les rats qui bouffent à tous les râteliers croyant sauver leurs privilèges de petits bourgeois égoïstes, impotents et dégénérés .
    Pour préparer demain ,il faut dès à présent dire que nous conduirons une liste d’union de la gauche de Biarritz et écarter les 3 actuels collaborateurs de la municipalité actuelle. Macron a fait la preuve qu’il n’était pas Hollande et qu’il est clairement au centre droit de Juppé et Bayrou.Il n’y a donc rien à attendre de ceux et celles qui Le soutiennent.Qu’ils continuent là où ils sont ,et s’ils veulent revenir, on leur tend la main.
    L’actuel majorité municipale a clairement échoué dans son approche consensuelle et participative.Elle a de plus faillit à ses engagements électoraux.Les quelques réussites sont dues au travail individuel acharné d’élus qui ont su écouter les biarrots.
    Personnellement je soutiens le maire dans son refus de vendre l’hôtel du Palais qui n’est pas seulement un bien commercial mais avant tout un bien culturel et historique qui n’a pas besoin d’être rentable au sens marchand mercantile pour être soutenu. C’est cet aspect culturel et historique qui tire Biarritz par le haut et pas les quelques riches corrompus et exploiteurs de la planète ,qui n’ont que mépris et indifférence pour le peuple.
    Je ne suis pas d’accord quand on touche à Marbella au mépris de l’opposition de la jeunesse qui y tient comme la moule au Rocher.
    Je ne suis pas d’accord avec la pâle imitation de Bordeaux pour les stationnements car Biarritz qui est un village n’est pas Bordeaux. Nous n’avons pas une offre étendue et efficace de transport en commun.Beaucoup de personnes viennent travailler ou dépenser leur argent des villes de l’arrière pays et ils ne peuvent le faire qu’en voiture, comme Bidache,Briscous,Hasparren,SaintPalais ect.
    Je ne suis pas d’accord avec la suppression des conseils de concertation remplacé par un conseil décidé sans les principaux intéressés.
    Je ne suis pas d’accord avec l’abandon de la piscine à Aguilera alors qu’on trouve l’argent pour refaire la piscine du Palais.
    Voilà les quelques points qui méritent débat collectif et recherche d’équilibre dans le sens de l’intérêt général et le respect des uns et des autres…
    A suivre…
    Hocine

    • Etre de « gauche » ou de « droite » = hémiplégie = exlcusion de la moitié = pas bon en 2018.
      Est-ce ce dont BTZ a besoin en 2020 ? ou plutôt de citoyens motivés par un projet concret et qui ne sont pas forcément tous des clones godillots (quelque soit la couleur de drapeau qu’ils disent défendre) ? Oui il faut une union mais trans-courants car personne ne détient la vérité seul ni à gauche, ni à droite, ni au centre.

      Biarritz n’a pas de pétrole, pas de foncier, pas d’industrie.

      Donc soit elle se positionne sur le tourisme très haut de gamme (car Hamel ce n’est pas une insulte que le haut de gamme et cela crée de l’emploi cf Cannes, St Trop, Nice, Monaco) soit c’est une cité de seconde zone (qui perd de la population et dont la population actuelle vieillit…) et elle va périr comme une plante séchée par le manque de nutriments et d’eau (bien que le ciel soit plutôt « clément » question flotte ces derniers mois ;o)

      Vendre le Palais ? mais bien sur qu’il faut le faire et vite ! La ville n’a aucune vocation a entretenir une danseuse (qui est financée par les impôts des citoyens !!!!!!!) et ce n’est pas un lieu culturel mais un lieu privé ou il faut payer pour manger et dormir.

      Reconvertir la Cité du Surf ? mais bien sur qu’il faut le faire et vite ! Cut the losses ! c’est un puit sans fond qui mobilise des deniers qui devraient être investis ailleurs.

      Oui il faut piétonniser et beaucoup plus encore (en virant tous les trottoirs facteurs de chutes et qui ne servent plus à rien une fois les voitures chassées du centre).

      Oui il faut du car-sharing de voitures électriques (la Smart est produite en FR !!! ), des vélos électriques (ou mieux Basques et à hydrogène !!! ) en partage, partout.

      Oui il faut une offre culturelle encore plus active : plus de concerts, de théatres, de moyens pour les assoc.

      Oui il faut faire de Biarritz la Gstaad, la Zermatt des stations du Sud Ouest. Il faut tirer la ville vers le haut et alors tout le monde en bénéficiera à commencer par ceux qui y vivent et veulent y travailler.

      Arrêtons de faire des bons sentiments qui ne créent aucune valeur économique ni sociale ni culturelle. Toutes les vraies stations de luxe ont des politiques cohérentes et exigeantes.

      Voulez vous faire de Biarritz une cité moyenne ? moi pas.

      Pour 2020 il faut UN PROJET + UNE UNION LARGE POUR LE PORTER + DE NOUVEAUX CANDIDAT(E)S CAR LES VIEUX BAUDETS QUI SQUATTENT DEPUIS 15 ANS CELA SUFFIT

      • Il Y A de très bonnes idées dans votre réponse à mon commentaire. Ce qui manque à Biarritz c’est des outils et des lieux de débats avec des regards différents ,des opinions différentes et de ce débat il en sortira des réflexions collectives,constructives, sources de sagesse et de respect.
        La villa Eugénie appelée Hôtel du Palais est avant tout un bien culturel et historique comme le château de Fontainebleau.C’est lui qui est le pôle d’attraction de la classe moyenne et supérieure qui consomment et dépensent son argent à Biarritz et la région. Tout comme l’hôtel Maria Christina qui n’est pas un palace et qui accueille non pas les patrons du 4/40(car ceux là ils sont au château de Versailles)mais des patrons de PME ,des professions libérales, quelques commerçants aisés et bien sûr des artistes célèbres mais pas forcément fortunés. C’est ceux la mêmes qui viennent à Biarritz.Si vous pensez que Cannes est tirée par le haut avec l’hotel Martinez,c’est que vous ne connaissez pas Cannes et ses immenses Yachts de croisière sur la rade ,mon cher Paul Bismuth. La frustration nourrit le voyeurisme et la mythomanie de croire que l’on a la même vie des nantis dont la très grande majorité a bâti des fortunes sur le dos des pauvres gens, dans la spéculation, le vol et la corruption.Pas tous bien sûr mais beaucoup d’entre eux venant de Russie, d’Amérique du Sud et autres contrées.

  4. Pas de chance cher Hamel j’ai travaillé il y a quelques années à l’Hotel Majestic de Cannes (et aussi au Crillon à Paris, au Carlina à Courchevel ainsi qu’au Trianon Palace à Versailles) donc j’ai une petite idée de ce qu’est une station huppée et son économie et par comparaison je peux vous dire que Biarritz n’en est clairement pas une mais devient une ville très moyenne avec un nom prestigieux, ce qui ne manquera pas de décevoir ceux qui pourrait y venir et dépenser plus que vous et moi réunis (et qui donc font marcher le commerce, l’artisanat, la TVA etc).

    Je maintiens que le placement sur le créneau du grand luxe peut tirer une ville (et son économie) vers le haut (et créer des emplois) pour peux que l’offre soit de grande qualité et cohérente (ce qui n’est pas le cas de Biarritz). Quand aux palaces flottants vous avez tout faux: ils ne font que renforcer par ailleurs l’économie locale (en se ravitaillant dans la ville pour victuailles et autres sac à 10.000 Euros et montres à 50.000 Euros)

    Peut être pouvez-vous vous permettre de cracher sur les riches mais sorry ce n’est pas ma tasse de thé. Encore une fois hormis le tourisme Biarritz n’a rien à offrir (ce ne sont pas les surfeurs qui la font vivre). Si les touristes huppés ne viennent pas à Biarritz ils iront dépenser leurs millions ailleurs et c’est très bête de laisser passer une telle opportunité qui permettrait à la ville de se développer sur les recettes ainsi générées.

    Quant au Palais encore une fois c’est un hôtel privé pas et non un château public (comme Fontainebleau) donc votre argument ne tiens pas la route.

    Enfin SVP la lutte des classes le point levé c’est sympa 2 minutes mais Hamel….. combien de divisions avec vous pour faire la révolution ???

    Bonne journée à vous ;o))

    • Mr Bismuth, nul ne peut nier que le surf contribue considérablement au dynamisme économique de Biarritz et est aujourd’hui sans aucun doute l’un des vecteurs de communication principal de la ville. La mairie, contrairement à bien d’autres municipalité en Europe, n’a pas fait d’étude récemment (enfin même jamais me semble t’il) visant à évaluer qu’elle est réellement l’impact économique de la pratique du surf à l’année à Biarritz et on se doute bien pourquoi. Notre côte fait 4km de long et conserver chaque centimètre de plage, chaque « spot » de surf devraient être une priorité dans le respect de la pratique du sport et au delà de ça, dans le respect de notre patrimoine et de notre environnement naturel si précieux. Ç’est cela, j’en suis persuadée que viennent chercher en grande partie toutes sortes de touristes y compris ceux des hôtels de luxe.

      • Cher Delanne,

        analysez la sociologie de ceux qui pratiquent ce sport, leur nombre.

        Biarritz n’est pas une station de ski avec des dizaines de milliers de skieurs qui sont présents (et payent des forfaits de ski….). Nombre de surfeurs sont des jeunes sans moyens qui dorment et mangent chez des copains ou dans leur voiture. Si la relance éco de Biarritz dépend de l »économie surf alors croyez moi vos impôts locaux vont augmenter entre temps.

        Si cela vous rassure de croire que le modèle actuel est génial alors vous m’en voyez heureux! J

        e vous encourage donc vivement à continuer sur la même veine qui semble excellente puisque Biarritz perd des habitants (la moitié étant des 60 +), qu’aucun événement national de réel ampleur ni existe, que son endettement est abyssal.

        Un vrai succès !

      • Mr Bismuth. Laissons les vieux clichés de côté et demandons une véritable étude (n’importe école de commerce serait heureuse de travailler sur ce genre de projet) pour débattre de ce sujet sensible… Je pense qu’au final nous serions probablement d’accord puisqu’il me semble que nous voulons tous les deux que la ville retrouve une certaine sérénité et un dynamisme sain à tous les niveaux…

      • Jolie pirouette mais je maintiens ma position (sur les surfeurs ;o)

        Quand aux écoles de commerce à consommer avec modération: ce sont elles qui forment les managers FR qui conduisent notre pays (avec nos excellents énarques) dans l’impasse industrielle que nous connaissons, donc pas sur que cela soit LA solution.

        Par ailleurs je vous recommande la lecture d’un excellent article de Médiapart « Compétitivité et attractivité: les faux-semblants de l’Elysée – 24 janvier 2018 Par Romaric Godin – précisément sur la question de l’incurie des entrepreneurs FR (bien sur pas de tous je m’empresse de le préciser avant que vous ne m’opposiez de « vieux clichés », mais c’est ce que je constate depuis 25 ans que je ne vis plus en FR lorsque je compare ce qui se passe ailleurs avec ce qui se fait chez nous).

        Pour le reste vous avez raison nous voulons que Btz se redresse et cela passe par la mise en commun de toutes les bonnes volontés au delà des clivages:

        Belle journée à vous

      • Cher Mr Bismuth,
        Je vous propose de vous faire découvrir l’univers du surf et tout ce qu’il représente peut-être sous un angle différent de celui que vous connaissez. Votre jour sera le mien si vous acceptez (je travaille et vous aussi j’imagine, donc à définir si vous êtes intéressé).
        Cordialement,
        Marie Pascale Delanne

      • Chere Madame j’apprécie votre délicate attentions mais jamais de la vie : comme le disait Churchill: No sports, just whisky and cigars !
        ;o)
        Bien à vous et un bon week-end au Pays-Basque

      • Quelle dommage, j’ avais prévu une étape gastronomique sur le parcours. Je vois que vous apprécier l’Angleterre, pour la petite histoire, saviez-vous qu’Agatha Christie pratiquait le surf régulièrement et est même la première surfeuse en Europe? Enfin, si vous changez d’avis, n’hesitez pas. Bon WE ensoleillé à vous aussi!

  5. J’ai – encore une fois- adoré le texte de Jean Yves…tout simplement parce qu’il pourrait s’adresser à bon nombre d’élus »godillots » au service d’un baron infatué…omme je le vois chez moi, à Ondres…

  6. Chacun peut observer que les grands groupes de services collectifs et du BTP tiennent les maires et leurs conseillers en mains. Il suffit d’énumérer l’avalanche d’équipements sportifs, salles polyvalentes, centres commerciaux, parcs d’activités et d’expositions, parcs de stationnement, ronds-points, bretelles de raccordement, implantations de mobilier urbain ou encore réseaux de transports sans cesse modifiés, pour bien comprendre qu’au-delà des véritables besoins, des tas d’autres projets parviennent à être réalisés que pour répondre à l’attente des entreprises concernées.

    On peut se demander si la décentralisation de notre État jacobin n’est pas à l’origine de cette déferlante de réalisations coûteuses et souvent infécondes. En effet, du fait que quelques 500 000 élus siègent au sein de nos mairies et collectivités territoriales, et que la plupart d’entre eux n’ont jamais été préparés à cette fonction élective de « conseillers de base », ils sont désarmés face à la baronnie des édiles, de leur garde rapprochée ou encore des partis politiques pour qui seul un scrutin où règne la « discipline de groupe » à de la valeur.

    Comment parviendrons-nous à sortir de ce système digne des rapports de force qui prévalaient au sein du Soviet suprême de la défunte URSS, alors que nos prédispositions culturelles tendent déjà au caporalisme et à l’autocratie ?

    • vous avez surement raison Sirius : la décentralisation facilite la « tentation » mais….pourquoi cela n’arrive pas (ou alors dans de bien moindres proportions) en CH, DE, AT, NL, S, DK, NO etc… ?

      Encore une fois les élus de ces pays n’ont pas un gène en plus ou en moins !

      Par contre dans ces pays les citoyens ne tolèrent pas cela (impensable d’imaginer des Balkany en Allemagne). Dans ces pays la presse (qui n’appartient pas quasi-exclusivement à des marchands de canons vivant des commandes de l’état) ne sert pas la soupe aux puissants mais défend souvent les intérêts de ses lecteurs (citoyen(ne)s) et non celle d’une poignée d’élus corrompus qui prospèrent tels de petits barons chez nous nous en toute impunité.

      La FR (pays de culture catholique alors que les pays sus-cités ont de fortes composantes protestantes) n’inculque pas dans ses écoles publiques la rigueur (ou l’exigence) morale, l’éthique. C’est chacun pour soi avec le meilleur ( = le plus fort) qui gagne à la fin. Verticalité. Darwinisme social. Et puis le catholicisme c’est quand même bien fait: quand on commet un péché (oops)…. on se confesse et hop on ressort tout blanc direction le paradis !!!!

      Vous remarquerez qu’une des régions les mieux administrées de FR (par ex. chômage faible, système de sécu excédentaire etc) est…l’Alsace (frontière avec Allemagne).

      Vous souvenez de B. Tapie ? Escroc « magnifique » (une grande gueule digne d’un mauvais film) qui épataient le populo qui à la fin rêvait de lui ressembler en s’en mettant plein les poches ?!?! Le mensonge est normal, gruger les impôts est normal, gruger son voisin est normal bref nos « valeurs » sont tout simplement à très faibles signaux démocratiques et éthiques.

      En fait on peut se croire en FR au dessus de nos voisins (par ex espagnols, portugais, italiens) : quelle farce : nous sommes comme eux, pas mieux !

  7. Paul,

    Légitime question en effet que de se demander pourquoi la décentralisation fonctionne ailleurs (et même particulièrement bien dans le nord de l’Europe), alors qu’elle a le plus grand mal à donner des résultats cohérents et accompagnés de rectitude dans notre propre pays.

    Les raisons qui pourraient expliquer cela sont probablement multiples, mais l’une d’entre-elles, et ce n’est peut être pas la moindre, est évoquée dans la dernière phrase de ma réflexion ci-dessus où j’écris « … que nos prédispositions culturelles tendent déjà au caporalisme et à l’autocratie », deux dispositions d’esprit qui sont malheureusement situées aux antipodes d’une décentralisation fondée sur une nécessaire émancipation citoyenne.

    Notre caporalisme (autorité abusive et tatillonne) s’illustre dès le franchissement du seuil d’accès à l’hémicycle du Palais Bourbon où nos députés sont sommés « d’avoir en toutes circonstances une tenue respectueuse des lieux » (comprendre : obligation de porter la cravate et de ne pas tomber la veste) alors que, drapés dans leur rigorisme princier, ils peuvent ensuite en toute impunité avoir (parfois) des attitudes les plus honteusement misogynes envers la minorité de femmes qui siègent à leurs côtés. Quant à l’autocratie, on sait qu’elle est subie par l’entremise de notre texte constitutionnel de 1958 qui attribue des pouvoirs exorbitants au président de la république, sans que cela paraisse incommoder beaucoup de monde.

    D’accord avec vous pour admettre que la religion catholique porte une responsabilité indéniable dans la stratification des esprits. Tout comme il est par ailleurs également évident que ce même catholicisme a, dans l’Allemagne hitlérienne, contribué à la propagation du nazisme à partir de la Bavière, jadis très confessionnelle, en nouant un concordat avec le  » Führer  » au prétexte que cette alliance était un moyen efficace de parvenir à combattre le communisme d’un part, l’aspiration à l’athéisme qui avait cours sous la république de Weimar de l’autre. Mais Hitler ne parvint qu’à difficilement faire admettre son dogmatisme belliqueux dans les régions où prédominait le protestantisme, ce qui le conduira, dès 1933, à faire interner ou/et exterminer des centaines de milliers d’opposants internes, dont des protestants, pour parvenir à s’imposer.

    Pour connaître assez bien l’Allemagne et son idiome, ainsi qu’une partie des pays d’Europe que vous évoquez, permettez-moi de vous dire que je ne partage pas totalement vos vues sur l’aspect émancipatoire que pourrait avoir la presse écrite de ces pays comparativement à la nôtre. Les fabricants d’armes de ces contrées ne sont effectivement pas simultanément éditeurs de quotidiens comme cela est le cas de l’un des nôtres, mais leur presse quotidienne généraliste n’en est pas pour autant moins conservatrice que chez nous. La grande différence avec eux semble résider dans le contenu qualitatif (et parfois politiquement équilibré) qu’offrent leurs médias publics qui déploient souvent d’importants moyens financiers pour parvenir à ce but.

    Enfin, la décentralisation réussie de l’Allemagne semble être à mon sens due au fait que l’unification de ce pays en État-nation ne remonte qu’à 1871, et qu’une totale centralisation n’a été effective que pendant la dictature totalitaire du III-Reich (1933-1945). Cette période n’ayant laissé que des souvenirs détestables dans la plupart des esprits, les américains n’eurent aucun mal a imposer un système politique fédéral copié sur le leur.

    • Cher Sirius, entièrement d’accord avec vous. Vous avez raison quant à la verticalité FR « spécificité » bien de chez nous ou le « chef » a toujours raison et ou « penser c’est commencer à désobéir ».

      Pour votre info j’ai vécu 8 ans à Munich (et j’ai toujours plaisir à être en Allemagne ou je retourne plusieurs fois par an). Je vis depuis 17 ans aux Pays-Bas. Quand je vois le nombre d’appel à « restaurer l’autorité de l’Etat » en FR, dans la bouche des politiques (les mêmes violent la loi allègrement…) ou sous la plume d’éditorialistes… je dois confesser que je ne comprends pas ce dont il retourne. Mais à force d’être rabâché tel un mantra, cela fini par imprimer dans l’esprit des gens qui partout veulent…de l’autorité (mais par ailleurs ne veulent pas payer leur stationnement en ville, se garer ou ils veulent (les handicapés sont les meilleurs il faut bien le dire)….. comprenne qui pourra.

      Ici, c’est inclusif, trans-courants, trans-genres, tous ages confondus, bref une société patchwork telle que le monde est. On n’invoque pas l’Autorité de l’Etat (avec majuscules) pour tout et n’importe quoi. Par contre on se sourit souvent dans la rue quand on croise le regard de quelqu’un(e) qui vous fait face, on parle justice, vivre-ensemble, inclusion, éducation, logement, droits sociaux, on teste le revenu universel.

      Je ne vois jamais personne dormir dans les rues des grandes villes, on ne meurt pas dans les commissariats, les policiers ne se suicident pas massivement ni les prisonniers d’ailleurs.
      Une violence systémique, sociétale, culturelle (comme en France) n’est tout simplement pas possible, ni tolérée (culturellement). Le niveau de formation moyen est plus élevé (on ne mise pas tout sur les seules mathématiques comme en FR, verticalité la aussi) et on chérit la diversité des profils et parcours.

      Chez nous il faut un chef (notre « tradition militaire » avec son story-telling national hallucinant (nous aurions gagnés toutes les guerres même celles perdues et/ou « gagnées » grâces aux renforts d’autres armées…), tous résistants (surtout en 45), notre pathétique décente des Champs-Elysées par des chars et des militaires le 14 juillet (on peut rigoler des parades russes ou nord-coréennes; le tout à crédit vu que nos finances sont déficitaires; souvenez-vous du tollé provoqué par Eva Joly qui avait eu le courage de proposer son abolition). Notre Président qui convoque à Versailles, Chambord… Nos milliardaires (Arnault, Pinault etc) n’agissent pas contre la pauvreté ou pour l’éducation en France (mais ils font tout pour « optimiser » leurs impôts sans que le peuple ne s’en émeuve).

      Il semble que le système ne veuille pas en France d’individus libres-penseurs mais plutôt des « petits soldats » qui se taisent au sifflet du chef et font ce qu’on leur dit sans broncher, acceptant des conditions de travail indignes et sous-payées. L’Education Nationale n’élève pas, elle rabote, elle formate, elle castre.

      7% de syndiqués, aucune vraie mobilisation sur les réformes de fond qui impactent la vie des gens (loi du travail Macron, Sécu etc), des hôpitaux, les prisons au bord du collapse, mais on se bat en 2018 dans les supermarchés pour du Nutella …. https://www.theguardian.com/world/2018/jan/26/ce-nest-pas-normal-french-shoppers-bra-over-discounted-nutella

      Quant au niveau éditorial des grands titres DE (par ex. SZ, FAZ, Die Welt, Spiegel et vous avez raison de mentionner les excellents services publics de l’information TV et radios) il est beaucoup plus pointu par rapport aux nôtres (seul Médiapart ces dernières années a fait de l’investigation et d’ailleurs coopère régulièrement avec le Spiegel et la SZ sur un certain nombre de grands dossiers internationaux par ex Panama Papers) pour la simple raison que tous ces titres emploient pléthores de journalistes (qui ont des profils différents que la seule ESJ ou Science Po) qui ont les moyens d’enquêter (d’où la qualité, la variété des sujets proposés aux lecteurs). La presse locale est elle plutôt bas de gamme (mais contrairement à Sud-Ouest, elle défend souvent les intérêts du peuple (souvent de façon souvent populiste par ailleurs) vs les élites.

      Au plaisir de vous lire

  8. Cher Paul,

    Il me semble deviner en vous un passionné des œuvres de l’immense et visionnaire auteur que fut Heinrich Heine, polémiste et ardent défenseur de la liberté de pensée du XIXe siècle qui déclarait n’avoir « ni Dieu ni Maître ». Échanger avec vous est d’autant plus plaisant que cela s’effectue sur un blog d’un incomparable intérêt. Merci à Jean-Yves Viollier de nous offrir ses captivants papiers doublés de ce vivant lieu de dialogue.

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