Ce soir ou jamais…

Face à la disparition programmée des commerces de proximité, c’est aujourd’hui, au moment du conseil municipal, que tout va se jouer. D’autant plus qu’une réunion avec le directeur de Streeteo est prévue vendredi matin.

Biarritz est un gros village l’hiver qui ne demande qu’une chose : vivre paisiblement sans que les automobilistes ne se fassent racketter par la mairie.

Le tract du syndicat de la police nationale Alliance. Veunac a réussi à se fâcher avec tout le monde, policiers y compris.

Oubliez Michel et ne l’appelez plus que Johnny Veunac, tant cet homme manifeste un talent inégalable à mettre le feu à sa propre ville ! Tel un blouson noir ayant joué avec les allumettes, notre Jojo local, que les Biarrots aimeraient parfois savoir en exil à Saint-Barth’, a multiplié les rendez-vous pour tenter d’éteindre l’incendie qu’il a provoqué avec son inflammable politique de stationnement. Réunion avec sa garde rapprochée, réunion avec les commerçants, réunion avec le syndicat Alliance et à chaque fois le même scénario : Veunac, au lieu de chanter « Que je t’aime, que je t’aime ! », devient rouge de colère au bout de trente secondes, dégaine son argument massue, « Je suis le maire de Biarritz ! Ne me coupez pas la parole ! », se répand en imprécations contre la terre entière, avant, à bout de souffle, de se tourner vers ses interlocuteurs du moment, « Et on fait quoi maintenant ? ». Parfois, comme lors de sa dernière réunion avec les syndicalistes policiers, il est tellement empêtré dans ses mensonges qu’il en devient ridicule. « Il n’y a pas de liste de plaques minéralogiques protégées… Enfin, ce n’est pas vraiment une liste… » Une liste qui n’existe pas, mais dont l’adjoint au commerce, Édouard Chazouillères, a officiellement demandé à être retiré. Allez comprendre !

Un bipolaire politique

Car il faut vraiment s’appeler Veunac et être à peu près aussi apte au poste de maire que notre ex-rocker national à celui de Ministre de la Famille, pour réussir dans une ville calme et paisible comme Biarritz à faire manifester côte à côte la police nationale, par l’intermédiaire de son syndicat Alliance, les commerçants et les habitants en colère.

Improbable bipolaire politique, Veunac, depuis 2014, lambine, tergiverse et atermoie sur les grandes décisions à prendre comme La Cité de l’Océan ou L’Hôtel du Palais, puis se persuade d’être un maire « humaniste et moderne », comme l’a qualifié un flagorneur local, et se précipite sur le premier gadget municipal à la mode sans en parler à personne et sans chercher à savoir ce qui se passe dans les autres villes. Il nous avait déjà fait le coup avec les compteurs Linky, où il avait accepté que Biarritz devienne ville test, avant que la Cour des Comptes ne souligne l’inanité financière de cette opération, Il recommence avec Streeteo où il s’est ficelé tout seul dans un contrat léonin dont il souhaite désormais se dépêtrer, maintenant qu’il a compris l’énormité de la bourde commise.

La mort du commerce de proximité

Car, au risque de faire choir de ses talonnettes Paul Bismuth, fidèle lecteur-commentateur de Bisque, Bisque, Basque !  et grand pourfendeur des commerçants locaux, l’enjeu de la partie actuelle n’est pas que les commerçants paient leur stationnement public comme tout citoyen, ce qui n’a rien de scandaleux. L’enjeu est le client décidé ou non à venir stationner dans une zone payante et la survie des petits commerces ouverts annuellement. Ces derniers sont en train de fondre comme neige sur la Rhune au profit de boutiques de colifichets, de fringues ou de restauration rapide, destinées à en mettre plein les yeux aux gogos de touristes.

Avant le réaménagement de la place Clémenceau, en 2005, la rue Mazagran était joyeuse et vivante et le Pays basque intérieur ne dédaignait pas y venir faire ses courses. Avec le paiement du stationnement à l’année du côté du Port-vieux, ce sont les dernières traces de commerces de proximité qui vont disparaître, après une avenue de Verdun quasi moribonde pour les mêmes raisons. La seule solution avant la partie décisive qui va se décider vendredi matin, est donc de venir en masse devant la mairie, ce soir peu avant 18 heures, pour accueillir les élus qui vont participer au premier conseil municipal de l’année et les inciter à revoir leur copie. Et dans l’optique des municipales de 2020, où ils sont déjà une bonne dizaine à se rêver tête de liste, il n’est pas interdit d’assister au conseil pour écouter et distinguer ceux qui ont du cran de ceux qui font du vent.

Paul Coiffard n’est pas flambard

Paul Coiffard, directeur général de Streeteo, a rendez-vous demain avec Michel Veunac. Qui va tirer les oreilles de l’autre?

Heureusement pour Veunac, et peut-être indirectement pour nous les Biarrots, l’incompétence est bien partagée dans ce dossier entre la mairie et Streeteo. Vous avez sans doute lu dans la presse la volée de bois vert que prend cette entreprise partout où elle sévit en France. Ex-délinquants et fichiers S recrutés à Paris, fumeurs de joints n’ayant pas le permis et ne connaissant pas les rudiments du code de la route ailleurs, et système informatique défaillant un peu partout. D’où une levée de boucliers des élus en France.

Sauf qu’à Biarritz, les trois recrues ont plutôt travaillé intelligemment en s’efforçant de faire de la pédagogie et que leur action, bien perçue de la population, n’est pas passée inaperçue à Paris. Et comme le hasard fait bien les choses, le responsable local est aussi le plus diplômé de toutes les recrues Streeteo, ce qui fait qu’on lui a demandé de réfléchir à un plan d’action applicable à toutes les villes. En clair, comment rendre le racket acceptable aux rackettés.

 La semaine dernière, la réunion entre le maire, ce responsable local et le directeur régional, s’est plutôt bien déroulée jusqu’à ce que le directeur général de Streeteo, Paul Coiffard, bloqué par la neige, intervienne de Paris en visio-conférence. Et là, catastrophe ! C’est toute la soupe commerciale mise en avant par Streeteo qui ressort, celle qui a servi à piéger le gogo Veunac, les 80 000 procès-verbaux qu’il « suffit » de distribuer pour que la Ville de Biarritz engrange des bénéfices mirifiques. Une rhétorique de vendeur de cravates qui, dans la pratique, est impossible à réaliser, la fourchette haute se situant à 50 000 prunes annuelles, ce qui n’est déjà pas rien aux dires des spécialistes.

(lire : https://jeanyvesviollier.com/2018/02/07/stationnement-un-plan-stupide-et-cupide/)

Chacun ayant essayé de duper l’autre, notre Johnny local s’étant étranglé tout seul dans le contrat qu’on lui tendait et notre Coiffard de service étant bien incapable de tenir les promesses qu’il a faites, il ne reste plus qu’à espérer que le bon sens va prévaloir, avec un quasi retour à l’état antérieur. Même si notre vedette locale, aussi dépensière que notre Halliday national, a déjà claqué dans cette affaire plus d’un million d’euros que les contribuables biarrots ne reverront jamais. Si avec ça notre affreux Jojo Veunac ne décroche pas un disque d’or du pipeau…

5 réflexions sur “Ce soir ou jamais…

  1. Cher Jean-Yves

    ne t’inquiète pas, je suis droit dans mes talonnettes ! Je sais prendre les coups (bas;o) n’oublie pas que je suis né à Clermont-Ferrand et que nous savons jouer au rugby nous ;o)

    Belle tirade mais encore une fois : je ne pourfends aucunement les commerçants Biarrots (j’entretiens avec les miens de solides relations de respect et amitiés car je ne retiens que les bons). Simplement je remarque qu’il y a à Biarritz trop de ceux qui ne veulent que des clients qui déposent de l’argent dans leur tiroir caisse sans les déranger et sans avoir à fournir le moindre effort ou service. Ces derniers font du tort à tous: aux autres commerçants, aux citoyens, à la ville.

    Je veux juste revenir – une fois encore – sur la piétonisation. Si cette dernière est menée correctement (avec transports en communs, parking à proximité),et …. SI ET SEULEMENT SI les commerces sont attractifs de par les produits proposés, les prix pratiqués et le service aux clients, alors les centres villes piétons sont pleins partout.

    Il faut donc concevoir un modèle de développement pour le centre de Biarritz qui ne soit pas concurrencer BAB 2 (car la c’est mort) ou « de la tongue en plastique chinoise à 1 euros la paire ».

    Avenue de Verdun (mon quartier) les commerçants qui « vivotent » sont ceux dont le commerce est défraichi, les produits d’un autre siècle et le service inexistant. Nombres fonctionnent très bien depuis des années (voir des décennies). Il s’est monté un fromager il y a 3 ans (dans le haut de l’avenue avant la médiathèque), dans un lieu improbable. Ils ont de supers fromages, sont très sympas + proposent une partie restauration (tournée autour des fromages) : il font un tabac. Ils ont pris un pari audacieux basé sur la compétence, les produits et le service et….ça marche.

    Entre nous Jean-Yves si la France était connue pour la qualité de service de ses commerçants cela se saurait. On vient en France pour son histoire, sa culture, son patrimoine architectural de haut niveau (tout cela c’est notre passé). Quel est notre futur? L’Espagne, l’Italie, le Portugal ne sont pas des pays sans intérêts, sans culture (avec le soleil en plus….). Ils ne dorment pas, rénovent, investissent, nous font de la concurrence.

    Le futur de Biarritz doit s’écrire sur une base mondiale ou Biarritz regarde ce qui se fait ailleurs et s’inspire de cette offre nouvelle.

    Biarritz est une très belle station parmi des centaines de très belles stations en Europe. SVP arrêtez de penser que Biarritz serait une exception qu’elle n’est pas (ce qui vous permet confortablement de rester a grogner et à rien faire pour vous adaptez). Il faut sortir de Biarritz et de France de temps en temps. Vous allez vite vous apercevoir que le concept national de « la plus belle avenue du monde » est juste cocardier et ridicule et que nos commerçants Biarriots ne brillent pas par leur prévenance et/ou leur compétence (ni encore une fois la qualité de service), bien sur pas tous.

    Les commerces poussiéreux aux produits poussiéreux et aux commerçants grincheux ne fonctionnent nul part, ni à Biarritz ni ailleurs. La qualité du commerce (choix, service, prix) est donc ce qui fait que des clients y vont ou pas.

    Enfin ce que j’observe et qui m’interpelle est que Biarritz est administrée sans aucune ligne cohérente quant à son développement spatial et comme de nombreux lecteurs l’ont à juste titre rappelé, il fallait d’abord prévoir la planification, puis la concertation et enfin la mise en place (et non l’inverse).

    Seul ce schéma permet de modifier des systèmes monolithiques (par ex le tout bagnole depuis 60 ans) car on porte alors l’attention nécessaire aux besoins de substitutions/alternatives (eg P+R, transports en communs etc), on reçoit les commentaires et suggestions (dont nombres sont pertinentes et permettent d’améliorer le projet initial sauf si le maire considère qu’il est l’ELU et que personne ne peux lui donner conseil), on met en place le projet par phases afin de donner le temps aux citoyens de s’adapter et de modifier leur comportement en douceur..

    Je maintiens que la petite bronca de quelques dizaines de grincheux ne sert pas la ville mais leur seul intérêt corporatiste et que Biarritz ils s’en moquent (encore une fois que cela vous plaise ou non nombreux sont ceux qui n’y vivent pas). Cela ne fait pas une politique cohérente, ni juste si l’effort n’est pas supporté par tous équitablement.

    C’est donc bien la méthode Veunac (absence de projet clair, manque de cohérence, aucune structure dans la gestion de projet et communication contradictoire, passes-droits pour les happy few) qui fait ce flop fabuleux qui au final porte préjudice à Biarritz, ville qui décroit faute d’un vrai projet ambitieux et moderne, faute d’un image claire et lisible en France et au dela.

    Profitez de la douceur du jour !

    • Tous ces commentaires ,idées,annonces,critiques, démontrent qu’il y a à Biarritz un grand dynamisme, de l’intelligence et surtout le besoin d’être utile aux autres, chez une partie des citoyens et qui n’est pas utilisé . Et si on commençait à réfléchir à se rencontrer pour préparer demain .

  2. Bonjour,
    Si les choix des marchés et contrats publics selon des critères et sous-critères bien souvent incompréhensibles pour le commun des mortels voire même pour des élus et sont parfois impénétrables par leurs complexités,il n’en reste pas moins que la réalité dépasse la fiction et laisse la réflexion vagabondé e sur des décisions pour le moins bizarres et sans doute contestables…

    Streeteo contrôle le stationnement payant dans plusieurs villes
    fps-stationnement.fr/…/streeteo-controle-le-stationnement-payant-dans-plusieurs-villes…
    1 févr. 2018 – La société Streeteo est également en charge du contrôle du stationnement payant dans d’autres villes. C’est le cas notamment à Metz où la aussi, une voiture LAPI est utilisée. En plus de Paris et Metz, vous croiserez les agents Streeteo notamment à Nancy, Strasbourg, Perpignan, Cagnes-sur-Mer, …

    Toutes nos marques | Crédit Agricole
    https://www.credit-agricole.com/marques-et-metiers/toutes-nos-marques
    Toutes nos marques : Découvrez toutes les informations sur le Crédit Agricole : présentation du groupe, ses actions, ses implantations en France et à l’étranger, ses actualités. … LCL Banque & Assurance. LCL, filiale du Crédit Agricole SA, est l’une des plus grandes banques de détail en France. Accéder à la page Accéder …

  3. Re…Pour rappel..
    Encore un exploit de l’incorrigible Veunac
    Publié le 26/01/2018 par yaqumoidansmonparti

    « Les yeux de Chimène pour le Crédit Agricole ».

    ….Tous ceux qui ont patienté des mois avant d’obtenir un permis de construire, vont sans doute s’étonner des facilités faites par la Ville au Crédit Agricole. Et sourire un peu jaune quand ils apprendront que c’est cette banque qui a avancé l’argent permettant de financer les travaux extérieurs de l’Hôtel du Palais. Et que c’est probablement cette même banque, les postulants ne se bousculant visiblement pas au portillon, qui prêtera les fonds nécessaires à la Socomix pour la deuxième tranche de travaux, qui devrait flirter avec les cinquante millions d’euros…..

    Les petits ruisseaux formant les grandes rivières,il n’y a pas de petits profits…

    Le crédit agricole SA société mère du groupe récoltera par le truchement de ses filiales une partie des amendes de sa sous-sous sous-filiale STREETEO !

    • Sud Ouest aujourd’hui ,pages Biarritz: interview de Mr. Amigoréna ,ancien socialiste à Strasbourg,ancien PRG,ancien société civile,sur la liste clairement à gauche avec des candidats socialistes et même 2 communistes:Esprit Biarritz menée par qui vous savez.Je ne veux pas citer son nom car en bon fonctionnaire il ne sait pas que la critique et la polémique sont les ressorts d’une politique démocratique. Alors je pense que quand on a été élu avec des voix de gauche et qu’on change de camps au milieu du match ,l’honnêteté et la clarté des engagements voudraient qu’on démissionne de son mandat. Tout ça n’est que de l’opportunisme à la recherche d’un pouvoir sans valeur et sans ligne claire. En management ,on dit que quand ça dysfonctionne dans une institution c’est que celle ci a perdu les valeurs pour lesquelles elle existe.Je vais vous surprendre, car je suis iconoclaste, le seul à être cohérent dans son engagement depuis le début c’est notre maire qui ne veut pas de calife à la place du calife, comme son prédécesseur et mentor.La course à ‘échalote a commencé et c’est les champignons au pieds du chêne qui poussent les premiers.

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