Et maintenant Veunac engueule Mimiague

Au tour de la sixième adjointe d’être soupçonnée d’être trop bavarde. Et pendant ce temps-là, les marchandages financiers continuent !

Françoise Mimiague, forte de sa longue expérience municipale, ne s’attendait pas à être ainsi montrée du doigt.

Cinquante ans après mai 68, le happening permanent se poursuit à la mairie de Biarritz.  Malheureusement, au lieu de parler « contestation », ou « émancipation », il n’est plus question que de « délation » ou de « pognon ». Mercredi dernier encore, les membres de la majorité, qui se rendent désormais aux convocations du maire comme on part en garde à vue tant Veunac leur en fait voir, ont dû subir les humeurs, colères et soliloques d’un premier magistrat qui se demande toujours à quel moment il va se prendre le prochain pavé dans la gueule et se montre aussi dépassé par les événements que De Gaulle à Baden-Baden.

La réunion était à peine commencée, lorsque notre-maire-qui-ose-tout-et-c’est-même-à-ça-qu’on-le-reconnait, interrompt soudain l’interminable monologue dans lequel il vient de se lancer. En effet, la sixième adjointe, chargée du logement et de l’habitat, prend consciencieusement des notes.

– Françoise, qu’est-ce que tu fais ?

Éberluée par cette interpellation musclée, que n’aurait pas désavouée un CRS du Quartier Latin, Françoise Mimiague ne sait trop quoi répondre.

Michel Veunac explose alors : « Cest toi qui balance à Viollier !»

Françoise Mimiague, consternée qu’on puisse mettre en doute sa bonne foi, préfère se taire. Mais Veunac n’en démord pas. Ayant totalement oublié qu’il est « interdit dinterdire », surtout à des élus, notre Super-Mimi, après l’échec de sa « Charte de confidentialité »   s’imagine maintenant qu’en fliquant tout le monde, il finira par débusquer les bavards. Continue à pédaler, Michel, le Tour de France approche !

Veunac : « Je vais finir en slip ! »

Sud Ouest , 28 mars.

Et surtout n’allez pas croire que le destin de la Ville est le sujet de ces réunions de majorité. Une seule préoccupation, le silence dans les rangs et, éventuellement, le prix à y mettre pour l’obtenir. Quelques heures avant le grand raout sur la démocratie participative, qui doit se tenir mercredi 28 mars à 18 heures au casino municipal, Michel Veunac apprend que Sud Ouest envisage de consacrer une page à Hervé Boissier. Panique ! Le maire sait très bien que son conseiller, qui a effectué un énorme boulot pour mettre au point la démocratie participative, est à juste titre furieux. Il est en effet le seul élu en charge de délégation à ne pas être rémunéré. Après les départs de Chazouillères et Amigorena, il a espéré toucher quelque chose mais n’a rien vu venir face à l’appétit féroce de ses colistiers de la majorité. C’est un Veunac tout miel qui téléphone à Boissier : « Tu vas venir à la réunion au casino municipal ? ». « Non ! ». Patelin, Veunac enchaîne : « Écoute, Hervé, j’ai réfléchi. Je te jure sur mon honneur que je vais réparer cette injustice et te trouver une indemnité ». Finalement, Hervé Boissier accepte d’être présent à la réunion du casino municipal et Sud Ouest doit dénicher un autre sujet en catastrophe, se contentant d’un bref encadré sur le conseiller municipal chargé de la démocratie participative.

Dans les coulisses, après cet échange téléphonique tout miel, Veunac se lamente sur son triste sort, conscient qu’il va devoir donner à Boissier 600 euros pris sur ses propres indemnités, faute de pouvoir retirer aux autres ce qu’il leur a promis, à un moment où les départs s’enchaînent à la vitesse des lacrymogènes tombant sur des manifestants : « Si ça continue, je vais finir en slip ! »

Veunac : « J’achète la paix ! »

Qu’on rassure tout de suite, les enfants et les personnes âgées : il est peu probable que le maire mette sa menace à exécution, même si quelques grand-mères biarrotes, nostalgiques des nuits  soixante-huitardes, seraient sans doute secrètement ravies. Et dans le cas improbable où le maire, saisi par l’esprit « Peace and Love » de 68, se décidait à l’effeuillage, les Biarrots découvriraient que le caleçon est en or massif. En effet, quand Veunac fait un cadeau, c’est aux frais du contribuable. Quand il offre un lot de consolation à Éric Bonnamy (800 euros par mois) avec la vice-présidence du syndicat des transports, c’est juste une charge supplémentaire pour le syndicat, puisque Veunac, dépassant le plafond financier autorisé, n’était pas rémunéré. Quand il donne une (minime) partie de son indemnité à Boissier, il en va de même, puisque, écrêtage oblige, il ne peut toucher toutes les indemnités liées à ses multiples mandats, le plafond autorisé étant à 8141 euros. Veunac va donc récupérer à la Région ce qu’il perd à la Ville.

« J’achète la paix ! »  confie à ses troupes les plus proches notre malin qui a un rapport plutôt curieux à l’argent. Même tactique avec l’opposition, que tout le monde a vu étrangement apathique lors du dernier conseil.  Dès qu’il le peut, et souvent avec la complicité du directeur d’un hebdomadaire local, Veunac dîne en tête à tête avec un élu de l’opposition pour lui parler de 2020 et lui promettre des merveilles. Avec d’autres opposants, il se contente d’apéritifs réguliers. Et enfin il ignore superbement la piétaille.

Les élus d’opposition seront donc ravis d’apprendre grâce à Bisque, Bisque, basque ! à quel niveau de dangerosité ils se situent pour celui qui ne pense qu’à 2020. Ceux qui n’ont pas été invités par Veunac, levez-le doigt !

Le gros bobard de Peio Claverie

Un adjoint au maire qui ment en plein conseil municipal ? C’est à Biarritz et nulle part ailleurs…

Tranquille, à la Cahuzac, Peio Claverie s’est moqué de tout le monde lors du conseil municipal du 23 mars.

Avec sa voix rocailleuse, ses effets de sourcil et son débit posé, l’ancien instituteur Peio Claverie devait exceller quand il racontait « Les trois petits cochons » à ses élèves qui tous se mettaient à chercher le loup sous leurs pupitres. Le seul problème est que l’ancien enseignant est devenu adjoint au maire et que, les yeux dans les yeux, avec un toupet confondant, il continue à raconter aux électeurs biarrots des histoires à dormir debout. Illustration avec le conseil municipal du 23 mars dernier.

Fort malicieusement, Jean-Benoît Saint-Cricq a rappelé que Peio Claverie, opposant dans une vie intérieure, avait signé avec lui le recours juridique contre la Cité de l’Océan. Sortant de sa torpeur, l’élu abertzale estime alors qu’il doit expliquer son évolution. Et il attaque très fort avec le mot « flagorneur » qu’il utilise presque à chaque conseil et, au passage, une belle faute de français qui fait désordre pour un enseignant : « Au titre de paraître pour un flagorneur… »  L’ami Peio doit avoir visiblement la conscience qui le gratte devant sa propre bassesse et il en perd son français.  Il n’y a pourtant nul risque qu’il « passe pour » autre chose qu’un courtisan de la pire espèce, puisqu’il cire les pompes du maire à chaque conseil. Et question brosse à reluire, à part Destizon, il n’y a pas meilleur à Biarritz !

 Peio enchaîne donc : « Je suis heureux que le maire ait fait ce qu’il fallait pour qu’enfin les enfants rentrent dans ce bidule »

Vient enfin le morceau de bravoure du conteur magnifique : « Quand j’étais enseignant, j’avais des consignes écrites de ma hiérarchie qui me disait de ne pas emmener les enfants à la Cité de l’Océan » Et pour que tout le monde partage l’indignation de l’élu qui dit la vérité, Peio de rajouter « Je n’ai jamais vu ça de ma vie ».

L’éducation nationale : « Nous n’émettons jamais d’interdiction »

Le sénateur Max Brisson qui reste un observateur attentif de la vie biarrote émet des doutes au récit de l’ami Peio : « J’ai du mal à imaginer que la Cité de l’Océan ait pu être ciblée et citée » Max Brisson se souvient même avoir discuté avec le recteur de l’époque et « n’avoir entendu aucun argument hostile à l’utilisation pédagogique de l’outil »

Sylvie Cuculou, inspectrice de l’éducation nationale pour Biarritz, en poste depuis trois ans, estime l’affirmation de l’instituteur abertzale « difficilement imaginable » Cette inspectrice, qui est aussi conseillère culture pour le département, se montre très claire : « Je suis pour le libre choix des écoles pour décider des lieux où ils doivent envoyer leurs élèves. Je ne fais pas de marketing touristique, mais nous n’émettons jamais d’interdiction pour fréquenter des lieux de culture, sauf raison de sécurité ». L’inspectrice précise même que dans son équipe, Madame Laxague et Monsieur Strill s’efforcent d’aider les enseignants à proposer des projets pédagogiques à partir des ressources culturelles existantes, comme la Cité de l’Océan.

Pour retrouver cette fameuse note qui aura « marqué à vie » l’ami Peio, le plus simple est donc de se tourner vers l’adjoint puisqu’il est évident que, quand quelque chose vous marque à vie, vous avez tendance à le conserver. Bisque, Bisque, Basque ! s’est donc fendu d’un SMS pour avoir quelques explications :

Mais fort bizarrement, le très volubile Peio Claverie a opté depuis ce SMS pour le silence radio absolu.  Après cet article, il va sans doute se faire un plaisir de nous prouver qu’il n’a pas menti en nous fournissant le document évoqué. Car qui imaginerait  qu’un élu, en public, puisse inventer de toutes pièces une telle histoire pour se faire mousser ?

La grande souffrance de la police municipale

Référent national de la Fédération interco CFDT police, Serge Haure, au nom des policiers municipaux en grève, dénonce l’hypocrisie du maire de Biarritz et de Louis Vial.

Ce sont les grands discrets de la Ville. Comme on les croise souvent et qu’ils sont d’un abord agréable, tout le monde croit les connaître, mais bien peu seraient capables de décrire avec précision leurs missions. Si les policiers municipaux de Biarritz sont en grève reconductible depuis le vendredi 16 mars, ce n’est pas par hasard. Comme nombre de fonctionnaires municipaux de la Ville, ils ont le sentiment d’être confrontés à un mépris incommensurable de la majorité en place.

Lorsque Michel Veunac a été élu en 2014, les syndicats de police ont adressé sept courriers au nouveau maire pour être reçus et entendus. Ils n’ont eu droit qu’à une seule réponse, au bout d’un an. Quatre ans plus tard, ne voyant toujours aucune amélioration venir, ils se sont décidés à faire grève, Michel Veunac a joué l’étonné devant les médias, se déclarant « surpris » et affirmant « ne pas comprendre ce mouvement ». Si seulement, c’était le seul domaine !

Les policiers municipaux en grève devant la mairie de Biarritz (Photo Sud Ouest)

Mais avant de détailler les revendications de nos policiers municipaux, il est urgent de remettre à jour ses connaissances et de réinitialiser son logiciel personnel. Que penseriez-vous d’un conférencier qui viendrait parler de téléphonie en 2018 et n’évoquerait que l’appareil de notre enfance, fixé au mur avec le combiné relié par un fil ? Pour la police municipale, il y a à l’évidence un avant et après 2015, date des attentats de Charlie Hebdo. Si la police municipale est cantonnée au contrôle du stationnement, ce qui n’est pratiquement plus le cas, elle n’a pas besoin d’un équipement sophistiqué. Si elle se retrouve dans des missions de sécurité publique, voisines de celles de la police, il est normal qu’elle bénéficie des mêmes équipements. La récente tuerie du supermarché de Trèbes, près de Carcassonne, prouve que Biarritz, comme toutes les villes de France, n’est à l’abri de rien.

Biarritz n’est à l’abri de rien

Ceux qui imaginent que le gauchiste qui anime Bisque, Bisque, Basque ! ne peut être qu’anti-police vont être surpris, mais j’ai été très choqué en juillet et août 2016 de voir des policiers municipaux organiser des barrages routiers et interdire tous les accès sensibles de la ville, en ne disposant que d’une matraque télescopique et d’une bombe lacrymogène. Si une voiture-bélier avait foncé dans la foule, il se passait quoi ?

Partout ailleurs qu’à Biarritz, une révolution considérable est en train de s’opérer que le sociologue qui nous dirige n’a visiblement pas captée. Savez-vous qu’actuellement 82% des policiers municipaux sont armés et que l’État aide les villes à acquérir des gilets pare-balles et des revolvers ou pistolets semi-automatiques 9mm, les mêmes armes que les policiers nationaux et gendarmes.

https://infos.emploipublic.fr/article/securite-les-policiers-municipaux-sont-ils-armes-eea-7715

« Ils sont gérés par des administratifs »

Référent national, Secrétaire Fédéral chargé de mission forces de sécurité publique de la Fédération interco CFDT police, Serge Haure a accepté de parler au nom de ses collègues biarrots, tenus au devoir de réserve. Son propos est d’autant plus intéressant qu’il a été informé des négociations menées avec Michel Veunac, Louis Vial et Christophe Landrin, le directeur général des Services et qu’il en est ressorti totalement effaré : « Je suis amené par mes fonctions syndicales à beaucoup circuler en France. Pour ne prendre que l’exemple de Pau ou de Bayonne, les policiers municipaux sont parfaitement équipés pour leur mission et disposent de tasers, de flashball et de pistolets. Il n’y a quasiment plus qu’à Biarritz que le folklore continue. » Le syndicaliste rappelle que le gouvernement et les préfets ont rappelé à de nombreuses reprises que les policiers municipaux étaient engagés tout comme leurs collègues nationaux dans la lutte anti-terrorisme. « Chaque policier municipal reçoit désormais une formation initiale de six à 12 mois avec des stages d’application, comme pour la police nationale. Il est également prévu des formations préalables aux armes à feu, aux gestes techniques d’intervention et a l’obligation de suivre une formation de remise à niveau tous les cinq ans »

Le policier syndicaliste lève les bras au ciel quand il évoque l’équipement de ses collègues biarrots : « Les agents de la police municipale de Biarritz sont gérés par des administratifs qui ne comprennent rien à notre métier. Les policiers demandent des gilets pare-balles depuis 2015. La loi prévoit de les changer tous les cinq ans. Lors de la réunion avec Monsieur Veunac, l’un des policiers a dit que son gilet pare-balles avait quatorze ans d’ancienneté et ressemblait à du carton bouilli. Tout ce que Monsieur Veunac a trouvé à répondre c’est de demander pourquoi il ne prend pas celui d’un collègue ».

Même triste farce pour le parc automobile. « Biarritz doit être une des seules villes de France, poursuit Serge Haure, dotée d’un véhicule à boîte de vitesses automatique. Avec un tel engin, les agents ne peuvent même pas imaginer rattraper un scooter. Quant aux deux autres véhicules, ils passent leur temps au garage vu leur ancienneté et même si les mécaniciens du service technique font un travail remarquable, les réparations nécessaires ne peuvent pas toujours êtes effectuées faute de pièces et de budget (boîte de vitesse en fin de vie), mais aussi car la direction générale a un mépris certain pour les policiers ». Et c’est la même histoire pour tout le matériel : « Les policiers municipaux ne disposent que de dix matraques télescopiques pour 25 ! Les autres prennent leurs vieux tonfas » Étonnez-vous après cela qu’il y ait un peu de grogne dans les rangs.

« Louis Vial n’est plus du tout policier »

Mais aux yeux du syndicaliste, là n’est pas le plus grave : « Biarritz n’est pas Paris et les Biarrots vivent parfois dans un illusoire sentiment de quiétude. Pourtant au Pays basque comme ailleurs la délinquance progresse. Il y a vingt ans, le promenoir de la grande plage était noir de monde l’été. Maintenant, passé 23 heures, plus grand monde ne s’y aventure. Les équipes de policiers municipaux qui patrouillent la nuit à Biarritz pourraient raconter des histoires qui feraient frémir les Biarrots. La drogue, les armes et les violences sont fréquentes à Biarritz. Les voies de fait sur les policiers aussi. Lorsque qu’il a été demandé au nom de mes collègues à ce qu’au minimum les patrouilles de nuit soient armées, Monsieur Vial s’est perdu dans des considérations métaphysiques en expliquant que depuis 2015 le Maire avait demandé à un groupe de sociologues de réfléchir au sujet. Si la police n’était pas plus prompte à arrêter les voleurs, que les sociologues à prendre une décision, la délinquance serait tranquille. »

Ironie du sort, La CFDT travaille depuis bien longtemps en lien étroit avec des sociologues tel que Jacques de Maillard ou Sébastien Roché. Ce travail a pour but de faire évoluer les conditions de travail des forces de sécurité publique afin de s’adapter à la diversité des menaces (délinquance, terrorisme) et de proposer des transformations et réformes !

Serge Haure raconte ensuite des anecdotes dont les Biarrots n’ont jamais trouvé le moindre écho dans les médias. « Il y a quelques semaines, des videurs d’une boîte de nuit biarrote ont appelé mes collègues pour leur dire qu’ils avaient aperçu une arme dans le vêtement d’un de leurs clients. Le policier municipal n’avait en sa possession qu’une bombe lacrymogène et un bâton télescopique pour arrêter le délinquant. Est-ce normal ? Un autre collègue s’est pris une grosse balafre au front lors d’une intervention musclée sur un groupe de jeunes qui était ivre et très agressif. Et l’an dernier un des policiers municipaux biarrots s’est fait charger et a manqué de se faire renverser délibérément par une voiture. Heureusement sans trop de dégâts » Serge Haure ne peut s’empêcher d’exprimer son amertume quant à l’attitude de l’ancien commandant de police, désormais en charge de la sécurité au sein de l’équipe municipale : « Louis Vial a tout oublié. Il n’est plus du tout policier » L’intéressé appréciera.

Christophe Landrin : « Vous êtes un service lambda »

Serge Haure a visiblement été marqué, et pas en bien, par les récits de ses collègues, lors de la rencontre avec l’équipe municipale de Biarritz : « Monsieur Veunac a servi des phrases creuses et ne savait visiblement pas de quoi il parlait. Monsieur Vial était un peu silencieux dans son coin et visiblement « emmerdé ». Et celui qui tenait le crachoir, c’était le directeur général des services Christophe Landrin. Quand a été évoquée la question du stationnement, il a tout de suite dit : « que le service de la police municipal était un service comme les autres » ce qui a sidéré les agents. Finalement, Monsieur Veunac a proposé de ramener le coût du stationnement mensuel (NDLR : initialement fixé à 60€ mensuels pour les policiers municipaux) à 30 € l’hiver et 40 l’été » Une mesure pour Serge Haure qui démontre une fois de plus la méconnaissance absolue du métier de policier. « Les policiers sont des citoyens comme les autres qui paient leur stationnement quand ils utilisent leurs véhicules personnels. Mais ce sont aussi des hommes et des femmes qui se font tirer dessus, simplement parce qu’ils portent un uniforme marqué police, comme le démontrent les assassinats de Clarissa Jean-Philippe ou d’Aurélie Fouquet. Lorsqu’un policier termine son service et revient à son véhicule, il peut devenir la cible d’un mécontent (comme les CRS de Carcassonne, en tenue de sport, visés par ce terroriste).  À Ondres, à Bayonne, les municipaux ont un parking fermé ou sécurisé à leur disposition.  À Biarritz, Monsieur Veunac nous propose de stationner les véhicules à Iraty. Cherchez l’erreur ! »

Le policier chargé par une voiture s’est défendu à ses frais !

Reste ce qui constitue sans doute la pire arête en travers de la gorge des policiers municipaux biarrots. Lorsque Didier Borotra a été convoqué au tribunal correctionnel pour prise illégale d’intérêt puisqu’il faisait travailler sa fille à la Cité de l’Océan, la Ville n’a pas hésité une seconde à prendre en charge ses frais de justice, ce qui est pour le moins discutable. Lorsque le malheureux policier municipal, dans le cadre de son travail, a manqué de se faire renverser et perdre la vie du fait d’un chauffard mécontent, la Ville lui a refusé la moindre assistance juridique et c’est à ses frais qu’il a dû se payer un avocat.

Étonnez-vous après cela qu’il y ait comme un peu de friture sur la ligne entre la mairie et les policiers municipaux !

Le silence radio de Louis Vial et les contre-vérités de Veunac

Louis Vial est un homme avenant qui ne refuse pas d’habitude le dialogue. Pourtant, lorsque Bisque, Bisque, Basque ! lui fait savoir le mercredi 21 mars qu’il est sévèrement mis en cause par les syndicats de police, le conseiller municipal en charge de la sécurité explique que, « dans les circonstances actuelles », il préfère ne pas commenter. Parce qu’il doit être désigné comme adjoint, lors du conseil municipal du 23 mars ?

Serge Haure rappelle que Michel Veunac avait assuré aux agents de la police municipale de Biarritz que leur indemnité administrative et technique (IAT), serait revalorisée pour atteindre celle des autres services, soit environ 100 euros par mois à la fin de son mandat. A ce jour le compte n’y est pas car les municipaux ont vu leur salaire augmenté de 15 euros seulement en 4 ans.

Le syndicaliste de la CFDT accepte ensuite fort courtoisement d’écouter sur Internet le conseil municipal du 23 mars. Le sujet police municipale est évoqué au bout de 2 h 43’. Serge Haure est un peu sidéré par ce qu’il entend, entre méconnaissance totale de la fonction et approximations plus qu’évidentes : « Tout d’abord il est surprenant de découvrir que le maire ignore l’actualité du jour, à savoir la fusillade dans un supermarché qui entraînera la mort d’un officier de gendarmerie lors d’une attaque terroriste. Le maire déclare ensuite qu’une convention a été créée avec la police nationale pour rehausser le sentiment d’importance…. C’est faux, car la Convention de coordination est obligatoire dès lors que votre police municipale comporte au moins 5 agents. Elle est justifiée également dans le cas où vous travaillez 24 h/24h, 7 jours sur 7.

Monsieur le Maire déclare ensuite avoir attribué une indemnité administrative et technique, IAT, à la police municipale qui n’y a pas droit. Faux, les agents de police municipale sont éligibles à l’IAT. Les critères d’attribution sont fixés par l’assemblée délibérante. Cette indemnité est même cumulable avec les IHTS et l’ISMF. 

Monsieur le Maire évoque le recrutement de 8 renforts saisonniers de policiers municipaux pour amener les effectifs à 32. Faux, les fonctions d’agents de police municipale ne peuvent être exercées que par des fonctionnaires territoriaux recrutés à cet effet et non par des contractuels (article 5 du décret n° 2006-1391 du 17 novembre 2006). Seuls les agents temporaires de police municipale ATPM peuvent renforcer les policiers municipaux sans pouvoir relever aucune infraction, à l’exception du stationnement. Ils n’ont aucune formation de police. Ce sont généralement des emplois saisonniers pour des étudiants, mais pas des policiers ! Les recrutements saisonniers à Biarritz que nous voyons chaque été, sont des agents de surveillance de voie publique, ASVP, cantonnés aux barrières et au stationnement.

Monsieur le Maire déclare ne pas être fermé au dialogue concernant l’armement. Faux, ses déclarations à la presse prouvent le contraire. Monsieur Vial laisse entendre lors du conseil qu’il existe une solution alternative au pistolet lors du conseil. Les moyens alternatifs au pistolet, Taser ou Flashball, ne sont pas des armes de protection individuelle, ce sont des armes à létalité réduite qui ne répondent pas au contexte actuel.

Concernant les éthylotests Louis Vial déclare qu’il y a 300 ballons en magasin. Faux, d’après les déclarations aux médias, les stocks sont périmés depuis novembre 2017. Les policiers demandent un éthylotest électronique depuis 2 ans car les ballons ne sont pas fiables.

Concernant les déclarations de monsieur ViaL sur les agents syndiqués à la CFDT, seuls les agents de nuits seraient concernés. Faux, des agents de jour sont également à la CFDT qui représente aujourd’hui plus d’un tiers des effectifs de la police municipale. »

Autrement dit, Louis Vial et Michel Veunac ont tout faux… Et c’est la police qui le dit !

Une soirée de dupes

Les petits calculs personnels en vue de 2020 ont prédominé et personne, en dehors de François Amigorena, n’a paru jouer franc jeu lors de ce conseil. Vite, de l’air !

Seule l’intervention de François Amigorena a relevé le niveau d’un conseil municipal désolant.

Streeteo ? Allez, on est entre gens de bonne compagnie et on ne va pas prononcer le nom qui fâche ! Heureusement que François Amigorena, qui avait adressé sa démission au préfet, est redevenu un homme libre, car sinon, à l’écoute de ce conseil, on aurait pu se persuader que tout va pour le mieux dans le meilleur des parcmètres à Biarritz. Bisque, Bisque, Basque ! qui vous incite toujours à écouter attentivement les conseils municipaux pour mieux comprendre la partie qui se joue, n’a cette fois qu’un conseil à vous donner : curez-vous le nez, grattez-vous les doigts de pied ou faites des ronds de fumée mais ne perdez pas  presque quatre heures de votre vie à écouter un jeu de dupes, où chacun par peur d’insulter l’avenir ou de mettre à mal une alliance possible qui permettrait de garder le pouvoir ou de le reconquérir, évolue sur la pointe des pieds en se gardant bien d’évoquer les sujets qui fâchent.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Alors oui, on a beaucoup parlé de la grosse verrue en béton qui se prépare avenue Moureu, avant d’arriver à la conclusion qu’une nouvelle réunion s’impose, oui on a longuement évoqué le ratage de la Cité de l’Océan et ceux qui s’étaient opposés dès le début comme Jean-Benoît Saint-Cricq ont pu en tirer quelque satisfaction, mais le présent et l’avenir de la Ville ? Pas un mot !

Amigorena : « Réveillez-vous ! »

Heureusement dans ce naufrage collectif totalement indigne, trois minutes méritent d’être sauvegardées (10’24 à 13’35), celles où François Amigorena se libère enfin d’une emprise qui durait depuis bientôt quatre ans. Pas un mot à changer dans son intervention qui, elle, mérite d’être écoutée attentivement pour comprendre l’ampleur du désastre en cours : « Tout le monde connaît, Monsieur le maire, l’étendue et la profondeur de nos désaccords sur les dossiers Marbella, la fiscalité locale, Biarritz Océan, L’Hôtel du Palais ou la vente des écuries Bigueyrie (…) Notre dernier désaccord en date concerne le plan de stationnement de la Ville. Je vous ai demandé la résiliation du contrat conclu avec Streeteo. Vous m’avez répondu qu’aucune anomalie suspecte n’a été constatée ni aucune plainte reçue. (…) alors que le Parquet de Paris vient d’ouvrir une enquête pour faux et escroquerie contre la société Streeteo (…)  Je crois que nous ne vivons pas dans la même ville (…) Je suis soulagé et libéré de quitter définitivement votre majorité. À mes anciens collègues de la majorité municipale, je dis : « Réveillez-vous ! » Vous pensez sans doute, ce que j’ai longtemps cru moi aussi, être utile de l’intérieur. Vous vous trompez ».

L’insupportable morgue de Veunac et Lafite

Après une telle perche tendue, on pouvait imaginer que l’opposition allait saisir le parcmètre au bond pour s’étonner de la présentation faite du futur plan de stationnement par le maire le 20 décembre dernier où il n’avait été question ni de Streeteo ni de la somme versée de 1,3 million d’euros. En fait, personne ne semble vouloir évoquer cette nouvelle dissimulation de Veunac, ni chercher à comprendre pourquoi on a signé un contrat avec cette filiale de Vinci alors qu’on pouvait faire beaucoup mieux pour quatre fois moins cher. Eh, les élus, vous êtes vraiment décontractés avec nos impôts !

Face à une opposition éteinte, le tandem infernal Lafite-Veunac n’a guère eu à pédaler et a pu afficher une arrogance insupportable.

Agréablement surpris par cette opposition qui joue « Les muets du sérail », Veunac peut donc pérorer à satiété. Pas le moins du monde gêné d’avoir été l’auteur dans la semaine d’une grande première nationale en demandant à sa majorité la signature d’une charte de confidentialité (Encore un sujet qui n’a pas intéressé l’opposition !), celui qui-ose-tout-et-que-c’est-même-à-cela-qu’on-le-reconnait, va sortir, en réponse à Amigorena, une de ces phrases creuses qu’il affectionne : « Tout ce qui est excessif est insignifiant ». Avant de tenir ce propos totalement sidérant à l’égard d’un élu : « N’oubliez pas que l’ensemble des adjoints VOUS ONT DONNÉ CONGÉ » On donne son congé à un valet félon ou à un salarié indélicat, mais certainement pas à un élu qui exprime des divergences de vue ! Et force est de constater que les propos de Veunac démontrent une méconnaissance absolue de ce qu’est la fonction d’un maire.

Une fois de plus l’opposition, au lieu de pourfendre ces propos indignes, se contentera de sourires entendus. Elle aura aussi l’occasion de se rattraper à l’oral de rattrapage, près de deux heures plus tard, lors du débat sur la Cité de l’Océan, mais ne mouftera pas plus. Cette fois, après l’intervention d’Amigorena, déplorant les incuries de Veunac (3h05’), c’est Guy Lafite qui sort le lance-flammes : « J’avoue que je suis extrêmement surpris d’une expression politique qui se limite à cibler un homme. J’espère QUE VOUS SAUREZ VOUS TENIR et je doute que c’est quelque chose qui va vous attirer beaucoup de sympathie »

Et maintenant l’énarque calamiteux, l’homme qui s’est trompé sur à peu près tout depuis qu’il est en poste, se permet des leçons de maintien à un élu ! Et une fois de plus l’opposition qui se contente de hocher la tête en ricanant de ces propos de chatelain en colère, au lieu de s’indigner de ce non-respect du statut de l’élu.

Décevant conseil qui laisse vraiment un goût amer. Décevante partie de bonneteau où chacun a planqué ses cartes en attendant de lire le jeu adverse. On espère que lors du prochain épisode, le 5 avril, qui devrait voir de nouvelles démissions au sein de la majorité (Ce n’est plus une équipe municipale mais une hémorragie permanente !), chacun se souviendra qu’il n’est pas anormal quand on aime la politique de se livrer à des petites spéculations, mais que ce jeu politique ne doit pas se faire sur le dos des Biarrots, comme il s’est fait vendredi.

Vivement la fin de ce pire mandat de l’histoire de la Ville !

Et si tout cela finissait au tribunal ?

Face aux irrégularités répétées du maire, les élus de la majorité ne semblent pas tous réaliser qu’ils pourraient avoir à rendre des comptes très prochainement.

Le tribunal administratif ? Le tribunal correctionnel ? Les deux ? Le passage entre les gouttes ? Pronostiqueurs, faites vos paris sur l’avenir judiciaire de Veunac et sa clique…

Stupeur, rires et incrédulité : « Ton maire n’a pas fait cela tout de même ? ». Depuis hier, les coups de téléphone arrivent d’un peu partout en France, tant mes anciens confrères n’arrivent pas à imaginer qu’un élu, qui par définition doit être libre de sa parole, puisse se voir imposer par le premier magistrat de la ville « une charte de confidentialité » lui interdisant de communiquer avec les médias ou les réseaux sociaux. Mais Veunac ose tout et c’est même à cela qu’on le reconnaît !

Coup de chapeau, donc, à Anne Pinatel, Brigitte Pradier et Hervé Boissier qui ont refusé de signer cette charte infâme. Quand un gouvernement devient félon et ne respecte plus les règles élémentaires de la démocratie, c’est un honneur de se révolter. Ces mêmes confrères vont certainement faire chauffer à nouveau le téléphone, quand ils vont apprendre la pitoyable excuse servie à Sud Ouest (21/3) par certains des élus signataires : « On a signé sans regarder » Un élu, c’est bien connu, ça ne sait ni lire, ni écrire, ni même réfléchir. Nous voilà rassurés.

Sud Ouest, 21 mars.

Mais ce nouveau manquement à la démocratie n’est qu’une petite anecdote folklorique par rapport à tout ce qui attend Biarritz. Le premier rapport de la Chambre Régionale des Comptés (CRC) était assassin et un deuxième sur le PPP souscrit par la Ville, qui va être rendu public dans les jours prochains, n’est guère plus aimable. En attendant un audit plus fouillé qui détaillera attentivement l’ensemble de la gestion de la Ville sous l’ère Veunac.

La gestion Veunac relève du tribunal administratif

Sud Ouest, 15 mars.

Bisque, Bisque, Basque ! partage totalement le point de vue de Jean-Benoît Saint-Cricq, qui estime dans Sud Ouest du 15 mars qu’il y a dans le rapport de la CRC, matière à poursuites « si le parquet le veut » Les magistrats, rappelons-le, avaient eu des mots très durs parlant d’irrégularités, malfaçons et dissimulations et cette désinvolture de l’équipe municipale pourrait bien se terminer devant le tribunal administratif. Une décision qui ne dépend pas que du parquet, mais qui peut aussi être provoquée par un membre de l’opposition ou un citoyen déterminé de la Ville.

Car être opposant, ce n’est pas seulement constater à chaque conseil les ratés de la majorité et les dégâts commis par le duo Veunac-Lafite. Quand une décision est inique, quand les manquements aux règles de la démocratie sont monnaie courante, il n’est pas interdit de ruer dans les brancards et de se tourner vers le tribunal administratif pour lui demander son arbitrage. Ce que Jean-Benoît Saint-Cricq et d’autres opposants avaient fait en 2009 pour contester le partenariat public-privé signé au moment de l’édification de La Cité de l’Océan. À l’évidence, les dissimulations permanentes de Veunac lors des conseils municipaux, sa façon de décider seul sans en référer à son conseil d’administration comme l’ont souligné les magistrats de la Cour des Comptes à propos de La Cité de l’Océan et comme ils auraient pu le faire pour L’hôtel du Palais relèvent du tribunal administratif. Au lieu de maugréer et de se lamenter, il suffit juste d’oser.

En correctionnelle pour prise illégale d’intérêt ?

Et finalement la grande question est de savoir si ce pitoyable mandat, le pire jamais connu par les Biarrots, se terminera pour Veunac par une visite du tribunal administratif ou du tribunal correctionnel. Ou les deux, son talent si personnel lui permettant l’embarras du choix.

Didier Borotra, sera finalement jugé en appel à Pau, le 11 décembre prochain, pour prise illégale d’intérêts en compagnie de sa fille et de l’ex-directrice de la Cité de l’Océan, après avoir été relaxé en première instance à Bayonne. Une sorte de parcours traditionnel pour les politiques locaux, si l’on se fie à Odile de Coral, lourdement condamnée en appel après avoir été blanchie à Bayonne.

Au moment du procès en correctionnelle de Didier Borotra, le 1er février  2017, les milieux judiciaires se sont beaucoup étonnés de l’absence à la barre de Michel Veunac. Un maire soucieux des intérêts de sa ville aurait dû demander le remboursement des sommes indûment versées, mais Veunac s’est bien gardé de le faire. Si Françoise Pautrizel a toujours affirmé avoir engagé la fille de Didier Borotra sans en avoir parlé à son père, elle a précisé, lors de son interrogatoire à la police avoir immédiatement informé en 2014 le nouveau maire, Michel Veunac de l’engagement de Sophie Borotra via sa société AGC. Celui-ci lui aurait dit de continuer comme avant.  Et personne n’aurait jamais rien su de cette affaire si Guy Lafite, membre du Conseil d’administration de la Cité de l’Océan n’avait mangé le morceau en parlant à la presse. Pendant quinze mois, Michel Veunac a donc cautionné le versement d’un salaire à la fille de son mentor politique. Cet argent doit être remboursé aux contribuables biarrots et l’on peut vraiment estimer que nous sommes dans un cas de prise illégale d’intérêts totalement avérée.

Mais, bizarrement, personne ne bouge !

Un conseil municipal décisif

Vendredi soir, alors qu’un nouveau conseil municipal haut en couleurs se profile, on espère que les élus, conscients de leurs responsabilités, vont enfin poser les bonnes questions à propos de la politique de stationnement voulue par Veunac au lieu de dire oui à tout. Pourquoi a-t-on signé avec la filiale de Vinci, Streeteo, un contrat qui révolte les Biarrots et dont le maire n’a jamais parlé en public, alors qu’on aurait pu faire beaucoup mieux pour quatre fois moins cher en recrutant des policiers municipaux ou des ASVP ? Pourquoi certains maires comme Juppé font preuve de pragmatisme et reviennent en arrière, tandis que d’autres comme Veunac campent sur leurs positions et tentent des diversions qui ne leurrent personne ? Pourquoi tant de dissimulation et de cachotteries dans ce qui aurait dû relever d’une réflexion collective ?

Allez, les opposants, allez les godillots de la majorité, c’est le moment de poser les questions qui fâchent et qui intéressent les Biarrots !

Sur le sujet des dépenses inconsidérées, lire aussi ce magnifique exemple dans le blog The blond biarrote :

https://blondbiarrote.wordpress.com/2018/03/14/se-faire-enfler-par-une-campagne-de-com/

Une belle occasion pour les élus de demander combien va coûter cette campagne de communication de dernière minute.

Foire d’empoigne au sein de la majorité

 

Les postes d’adjoints de Chazouillères et Amigorena – et les indemnités qui vont avec ! – ont été l’objet d’une guerre sans merci entre Veunac, Lafite et Barucq.

Entre Lafitourix et Barucoqhardix, le dialogue est suave et nuancé. (Dessin Uderzo)

Parce que vous vous imaginez, naïfs que vous êtes, qu’une réunion de majorité sert à évoquer des questions aussi triviales que le discutable plan de stationnement biarrot, la douloureuse rénovation de L’Hôtel du Palais ou la nécessaire transparence des dossiers municipaux ? Passez votre chemin, vous n’avez rien compris à la politique ! Seul sujet de la réunion de majorité du lundi 19 mars au soir, les postes d’adjoints laissés vacants par Chazouillères et Amigorena, les petits « plaçous » à occuper comme on dit en patois limousin, et bien entendu les « sous-sous » qui vont avec.

Lafite et Barucq sur leurs ergots

La bataille fait rage depuis un mois, particulièrement entre Barucq et Lafite, qui ont chacun un pion municipal à avancer en la personne de Sylvie Claracq et Éric Bonnamy. Onctueux à souhait, Veunac se sent donc obligé de calmer ses troupes, lundi soir. En effet, le cas François Amigorena soucie notre Super-Mimi, car il redoute que son turbulent adjoint ne démissionne pas. Il a bien envisagé un duo de tueurs yougoslaves pour le renverser quand il fait du vélo, une bombe à neutrons pour le disperser façon puzzle ou une capsule de cyanure à lui faire avaler la prochaine fois qu’il se trouvera à la mairie, mais il a peur que cette disparition fasse un peu voyante. Alors, Veunac se contente d’admonester ses troupes à propos du point 2.a du prochain conseil du 23 mars, concernant le maintien ou non d’Amigorena dans sa fonction d’adjoint au maire. « Nous devons être unanimes. Si quelqu’un ne veut pas voter cette décision, il doit nous le dire maintenant, les yeux dans les yeux. » Comme si la franchise était la caractéristique première du mandat inauguré en 2014 par Michel Veunac ! Bien évidemment, personne ne moufte, à l’exception de Brigitte Pradier qui, courageusement, annonce qu’elle s’abstiendra.

Vial et Claracq adoubés

Et l’on en arrive à ce qui intéresse tout le monde, à savoir les prébendes à distribuer. Comme dans tout remaniement ministériel, la prudence s’impose, car d’ici à vendredi, avec un indécis chronique comme Veunac, bien des tables peuvent être encore renversées. Si l’on se fie à ce qui a été annoncé lundi soir (« et qui ne doit en aucun cas fuiter à l’extérieur » dixit Veunac), Nathalie Motsch et Michel Poueyts se partageraient le Commerce, en remplacement d’Édouard Chazouillères. Motsch affirme être débordée entre l’urbanisme et l’AVAP et Poueyts, en tentant de caser son fils à « Plazza Berri », a montré son sens très personnel de l’équité, mais les commerçants devront faire avec. Une façon de dire qu’ils n’auront plus d’interlocuteurs jusqu’à 2020. En effet, les visées électorales du maire ont une toute autre importance que le commerce, et dans l’optique de l’élection municipale de 2020, il faut se faire des alliés. Comme adjoint, Veunac a donc décidé de nommer Louis Vial, le fidèle du premier jour du maire actuel, et Sylvie Claracq, protégée de Barucq. Ce sont donc eux qui empocheront chacun 1200 euros d’indemnités mensuelles.

Lot de consolation pour Bonnamy

Une décision qui a fait hurler Lafite. L’énarque estime que ses troupes sont mal traitées. Alors, magnanime, Veunac abandonne son poste de vice-président du STACBA, le syndicat des transports de l’Agglo, au profit d’Éric Bonnamy, qui, en plus de son mandat, cumule déjà les fonctions d’inspecteur aux Affaires maritimes et de moniteur de surf, mais ne se fera pas prier pour toucher un lot de consolation de 800 euros mensuels.

Et puis, comme les compétences manquent singulièrement dans cette majorité municipale, la benjamine Nathalie Sauzeau va se voir offrir une délégation au numérique non rémunérée. Même sanction pour Hervé Boissier à qui rien n’a été proposé, malgré le colossal travail accompli sur le sujet de la démocratie participative. Furieux, le conseiller municipal claquera d’ailleurs la porte de la réunion avant la fin. Dans la majorité de bric et de broc imaginée par Veunac, il y a effectivement ceux qui bossent et ceux qui touchent. Et ce ne sont pas les mêmes.

Le ridicule engagement de confidentialité de Veunac

Une bonne réunion de majorité ne saurait fonctionner sans une surprise finale et c’est Michel Veunac qui endosse le costume du clown blanc. Veunac se fait grave pour mieux capter l’attention de ses troupes : « Chaque fois que j’ouvre le journal, j’ai peur d’une catastrophe ! », oubliant que la catastrophe, c’est lui et que, s’il était limpide, transparent et respectueux des règles d’une démocratie municipale, il n’y aurait jamais d’article. Toute honte bue, il brandit alors une liasse de feuilles imprimées : « Je fais appel à votre honneur et je vous demande de signer cet engagement de confidentialité » Confondant majorité municipale et école maternelle, le-prince-qui-nous-gouverne poursuit : « Vous devez jurer sur l’honneur que vous n’établirez aucun contact personnel avec les médias locaux ni n’exprimerez de prise de position sur les réseaux sociaux »

Et les CONS-JURÉS d’obtempérer !

Michel Veunac sera ravi en lisant ce blog de voir à quel point il est craint et ce que la majorité pense du texte qui a été signé.

Quant aux Biarrots, de plus en plus convaincus qu’ils vivent en direct le pire mandat de toute l’histoire de la Ville, ils n’oublieront pas de sanctionner en 2020 tous ces coureurs de gamelle qui les ont précipités dans le mur. Quel gâchis, alors qu’il y a dans cette majorité d’authentiques talents qui ne peuvent s’exprimer !

Demain : Et si tout cela finissait au tribunal ?

 

Borotra et Veunac fessés par la Chambre Régionale des Comptes

Irrégularités, malfaçons, dissimulation de pièces, les magistrats viennent de rédiger un rapport de 114 pages accablant pour « l’inventeur » de la Cité de l’Océan comme pour son successeur.

La Cité de l’Océan, l’exemple même de ce qu’il ne faut pas faire, selon les magistrats chargés de surveiller les Finances publiques.

Une volée de bois vert comme il est rare d’en lire ! Les magistrats de la Chambre régionale des Comptes, plutôt adeptes de la périphrase ou de la tournure ampoulée, n’ont pas vraiment fait dans la nuance au moment de remettre leurs conclusions. Dans les 114 pages de ce rapport consacré à la Cité de l’Océan, tout y passe, de l’inanité du projet, aux malfaçons et aux mensonges répétés sur la billetterie. Sud Ouest (14/3) a fort bien raconté l’affaire, mais le détail de ce qui a été écrit par les magistrats mérite d’être révélé.

Dès la page 3, le ton est donné et les chimères de papy Borotra sont épinglées, puisque la Chambre Régionale des Comptes (CRC) évoque « un modèle économique ambitieux mais irréaliste »

En termes feutrés, la CRC dénonce le fonctionnement cautionné par Borotra et ses adjoints de l’époque, Brisson, Veunac et Lafite d’une société à la gestion « marquée par de nombreuses irrégularités ».

Et ce n’est pas le plan de relance de Michel Veunac et son fameux : « Je vais vous faire aimer la Cité de l’Océan ! » qui changera grand-chose à la situation catastrophique de la Cité naufragée.

Au contraire, la mairie a visiblement joué l’obstruction et a traîné des palmes pour transmettre les procès-verbaux du conseil d’administration de la Cité de l’Océan.

Borotra avait eu au moment du vote de la Cité de l’Océan, des propos très méprisants pour ceux qui s’opposaient à l’édification de son joujou. Dix ans plus tard la CRC donne raison à ces derniers.

Et depuis 2014, comme le souligne l’opposition actuelle, le nombre réel de visiteurs est très en dessous de ce qui est annoncé. 57 000 entrées pour la Cité de l’Océan, ce n’est vraiment pas glorieux.

Alors, pour compenser, on a distribué à tour de bras des entrées gratuites, comme l’a souligné à de nombreuses reprises Jean-Benoît Saint-Cricq.

« Irréalisme » semble décidément être le mot préféré des magistrats de la CRC dans ce rapport.

Rien n’a été fait dans les règles de l’art et la scénographie n’a pas plus été au niveau que le reste.

Et pour couronner le tout, de nombreuses irrégularités ont été commises dans ce dossier où aucune des règles concernant les marchés publics n’ont été respectées. Quant à la gouvernance « de type moniste » (autrement dit, le maire décide et le conseil d’administration approuve), elle est en droite ligne avec tout ce qui se pratique à Biarritz.

Quand on est responsable de l’argent public, on défend les contribuables en s’élevant contre les malfaçons. La scénographie n’a absolument pas tenu ses promesses. Mais, comme la société était dépourvue d’assurance professionnelle (sic !), aucun recours contentieux n’a été effectué. On croit rêver.

Didier Borotra a été le « père » du projet, mais les trois adjoints Brisson, Veunac et Lafite n’ont rien fait pour l’empêcher. Pour ce désastre que les contribuables biarrots n’ont pas fini de payer, ils doivent être sanctionnés en 2020 s’ils ont l’impudence de vouloir prétendre se présenter à nouveau devant les électeurs. La conclusion du rapport de la Chambre Régionale des Comptes est limpide : le premier imbécile venu n’aurait pas fait pire qu’eux dans ce dossier.

Après le fiasco des écuries de la Bigueyrie, Michel Veunac avait annoncé, lors du conseil municipal du 20 décembre, qu’il allait demander aux magistrats de la Chambre Régionale des Comptes d’enquêter. Nul doute que ces derniers vont s’empresser de revenir pour saluer les performances du gestionnaire hors pair Veunac.