Ces adjoints qui décident les yeux bandés

Ce document le prouve : la majorité a été tenue dans une ignorance totale de la politique de stationnement imaginée par Veunac, Lafite et Claverie.

« On reste, car on a des dossiers à mener à bien », affirment en chœur les adjoints non-démissionnaires. La réalité est peut-être légèrement différente.

C’est un document particulièrement édifiant qui n’aurait jamais dû tomber entre les mains de « Bisque, Bisque, Basque ! ». Alors que la grogne s’amplifie dans la ville à propos de l’insensée politique de stationnement mise en place par Veunac, plusieurs adjoints, qui avaient voté comme un seul homme la convention signée entre Biarritz et Streeteo lors du conseil municipal du 20 décembre dernier, commencent à se dire que leur carrière politique sent le roussi et se tournent vers Muriel Guesdon, du service juridique de la Ville de Biarritz, pour avoir les détails sur les sommes reversées à la Ville après chaque contravention, joliment appelée désormais Forfait Post Stationnement (FPS).

En effet, une somme de 1,5 million d’euros a été engagée, somme qui n’a d’ailleurs jamais été évoquée lors du conseil municipal du 20 décembre, et c’est bien la moindre des choses que les élus puissent calculer par eux-mêmes le nombre de « prunes » qu’il va falloir balancer pour « rentabiliser » l’opération. (Bisque, Bisque, Basque ! persiste et signe : dans le projet initial, les jolis cœurs qui nous dirigent avaient envisagé en toute simplicité 80 000 procès-verbaux par an !)

La réponse de Muriel Guesdon claque comme un coup de fouet. On ne peut communiquer « les éléments qui reflètent la stratégie commerciale d’une entreprise, opérant dans un secteur d’activité et dont la divulgation est susceptible de porter atteinte au secret commercial ».

Une affirmation, juridiquement douteuse, car il y a un fossé énorme entre rendre publique une stratégie commerciale et donner en privé des éléments de réflexion à des élus pour qu’ils prennent une décision en toute connaissance de cause.

Désormais les choses sont claires pour les Biarrots : les godillots élus de la majorité votent ce qu’on leur demande les yeux bandés, sans accéder aux détails des contrats passés. Et tout le reste est du cinéma.

L’alibi commode des dossiers à terminer

Et il est plus que temps de fustiger l’hypocrisie de ces adjoints qui, en privé, n’ont pas assez de mots pour railler l’incompétence, le goût du secret et les hésitations permanentes de Veunac. Les mêmes, en public, affirment ensuite sans ciller qu’ils ont des dossiers à mener à bien, qu’ils continueront « par devoir » jusqu’en 2020 et que la majorité après les départs de Chazouillères et Amigorena est « unie comme jamais ».  Soyons clair : les adjoints n’ont que les dossiers qu’on leur confie, c’est-à-dire les secondaires, Veunac ayant la manie de garder sous le coude sans en parler à personne ceux qui l’intéressent.

« Il faut augmenter le taux de respect », affirme Michel Veunac pour justifier sa politique de stationnement. Mais comment espérer, avec un maire qui ne sait se garer qu’à cheval sur deux places, que la Ville puisse aller droit un jour?

Ainsi l’adjointe à l’urbanisme, Nathalie Motsch, n’a jamais eu le moindre contrôle au départ sur les écuries de Bigueyrie ou sur la transformation de l’ancien garage Honda. Et l’on pourrait multiplier les exemples à l’infini, comme cet improbable comité de pilotage de la politique de stationnement dont aucun adjoint, à l’exception de Claverie, ne connaissait l’existence.

Mais visiblement, cet état de fait ne pose pas beaucoup de problèmes à la plupart d’entre eux, si l’on se fie aux déclarations de Guillaume Barucq, totalement désarmant dans sa façon de faire de la politique. Il finira ce qu’il a entrepris, mais envisage en toute simplicité de faire liste séparée en 2020. Une incohérence qu’il est le seul à ne pas percevoir, mais dont les Biarrots, au moment de glisser un bulletin dans l’urne, se souviendront. Si Barucq reste jusqu’au bout du mandat, c’est qu’il est en accord avec la politique du maire actuel. Comment dans ce cas-là, peut-il imaginer faire cavalier seul et s’opposer électoralement à Veunac en 2020 ? Du grand guignol !

Des chiens autour d’une gamelle trop petite

La réalité est évidemment bien plus prosaïque, comme en témoigne l’éviction de François Amigorena, votée à l’unanimité, alors que certains adjoints avaient annoncé à Bisque, Bisque, Basque ! leur intention de démissionner eux aussi. Ont-ils reproché à Michel Veunac d’avoir une fois de plus décidé seul dans le dossier du stationnement, alors qu’il avait pris l’engagement contraire après le piteux épisode des écuries de Parme ? Se sont-ils étonnés des sommes versées à Streeteo, alors qu’on aurait pu faire beaucoup mieux pour beaucoup moins cher ? Ont-ils reconnu que l’adjoint au numérique méritait d’être écouté pour son parler vrai ? Sûrement pas !

Tous paisibles à l’heure de la distribution de la gamelle…

La seule chose qui a préoccupé tous ces adjoints si soucieux de l’intérêt des Biarrots, c’était de savoir si Michel Veunac allait remplacer Amigorena et Chazouillères. Et quand Super Mimi, a évoqué l’idée que l’on pouvait nommer au Commerce Frédéric Domège, le plus Veunaco-compatible des opposants, la meute a aboyé en chœur. Politiquement, c’était astucieux, mais les indemnités abandonnées par Chazouillères et Amigorena représentent à peu près 2200 euros par mois, et tout le monde réclame sa part de gâteau, puisque la somme va être repartagée entre tous.

Les commerçants qui appréciaient beaucoup Édouard Chazouillères n’auront plus d’interlocuteur attitré jusqu’en 2020, mais qui s’en soucie ? Il est aussi envisagé que Guy Lafite, l’homme qui ne maîtrise pas un compte Twitter et qui se fait piquer comme un bleu ses abonnés, pose sur ses belles bouclettes la casquette de responsable du numérique. Défense de rire.

Voilà où en est Biarritz. Voilà les grand esprits altruistes et généreux qui nous dirigent actuellement. Voilà ceux qui s’imaginent un grand destin politique à venir…

…Avec quel plaisir on va les balayer en même temps que Veunac en 2020.

Amigorena : « Je m’en veux d’avoir voté pour »

Interrogé par Bisque, Bisque, Basque ! François Amigorena reconnaît sans peine ce que dénonce ce blog : « Qu’il y ait des dispositions pour préserver la politique commerciale des sociétés, en tant que chef d’entreprise je suis le premier à m’en féliciter. Mais il ne faudrait pas utiliser ces dispositions juridiques contre la transparence qui s’impose lorsqu’il est question d’argent public. D’autant moins quand on cache, y compris aux adjoints élus et en responsabilités, les conditions commerciales négociées avec une société (Vinci pour que les choses soient bien claires pour tout le monde) qui par ailleurs semble truster toute la ville sous une marque ou une autre (Indigo, Streeteo…).

Sur une amende de 30€, connaître le pourcentage qui va revenir à Streeteo et ce qui va rester pour la Ville me semble être un minimum pour garantir qu’en plus de se voir verbaliser les Biarrots ne vont pas devoir financer le fonctionnement de Streeteo avec leurs impôts.

Évidemment, j’ai voté ce texte lorsqu’il a été présenté au Conseil, dans la précipitation et sans les informations suffisantes. Je suis le premier à m’en vouloir mais c’est aussi pour cela que je suis aujourd’hui si impliqué dans ce dossier. Quand on fait des erreurs, il faut les reconnaitre et rapidement savoir les corriger. »

Note de la rédaction : Saluons le courage intellectuel du futur ex-adjoint qui ne fuit pas ses responsabilités et reconnaît avoir manqué de vigilance. À sa décharge, comme à celle de tous les présents, lors de ce conseil municipal du 20 décembre, une présentation totalement trompeuse et édulcorée de la nouvelle politique de stationnement à Biarritz. Le tout, vote compris, expédié en 8 minutes !

Mardi : « Stationnement : retour sur un enfumage total »