Le message perdu de mai 68

Les rebelles sont toujours bien plus créatifs que les flagorneurs. Macron rêve d’une jeunesse conformiste et « dans le moule ». Il tue la meilleure chance d’innovation des entreprises.

Une génération qui sait que les victoires ne s’obtiennent qu’en luttant.

Témoins directs d’événements actuellement revisités par la télévision, nous sommes sans doute un certain nombre à avoir le pavé qui nous démange et l’envie de le balancer à la tête de tous ces réalisateurs qui alignent les poncifs sur mai 68, sans en avoir le moins du monde compris l’esprit. En avant donc pour une série de clichés, toujours les mêmes, qui relèvent de la falsification de l’histoire : les CRS mal équipés, les barricades érigées par des manifestants chevelus, le théâtre de l’Odéon occupé, Cohn-Bendit narguant la police et les slogans de l’époque « Il est interdit d’interdire », « Sous les pavés, la plage ! » ou « On arrête tout et on réfléchit » …Et pour conclure ce bref intermède, avant la remise au pas de juin, la manifestation finale sur les Champs-Élysées, le 30 mai 1968, de tous les conformistes, enfants apeurés qui n’osaient imaginer la France sans pépé De Gaulle !

Comme si la crise d’adolescence de la jeunesse française n’avait duré qu’un mois et avait été limitée à Paris ! Comme si les accords de Grenelle, conclus dans la hâte entre le gouvernement et les syndicats, avaient suffi à remettre tout le monde sagement au boulot comme avant ! Comme si l’esprit de 68 s’était évaporé d’un seul coup !  En fait, le monde du travail va vivre pendant une quinzaine d’années, jusqu’à l’arrivée de François Mitterrand, premier président de gauche de la Ve République en 1981, une formidable effervescence dont feraient bien de s’inspirer tous les managers actuels persuadés qu’une bonne entreprise, c’est une entreprise où on ne voit qu’une tête.

Peur sur l’usine !

Le premier changement majeur va se produire dans les usines, où des contremaîtres, le plus souvent serviles et avinés, faisaient encore régner une discipline assez proche de celle des kapos dans les camps de concentration. Sauf qu’à cette époque, chiffre incroyable pour les générations actuelles, le nombre de chômeurs en France s’élevait à 130 000 et qu’il suffisait de traverser la rue pour changer de boulot tellement toutes les entreprises étaient à la recherche de petites mains. Pour sûr, le bras d’honneur au patron était autrement plus facile à faire que maintenant !

Tous les étudiants de 68 ne se sont pas rués à l’usine pour rencontrer la classe ouvrière et devenir « établi » suivant la terminologie en vigueur à l’époque, mais le petit pourcentage qui est allé au bout de ses convictions idéologiques a su susciter le débat, ouvrir les esprits et créer de nouvelles conditions de lutte en mêlant dérision chronique et détermination à l’affrontement si nécessaire. Avec des « autonomes » toujours prêts à venir donner un coup de main à telle ou telle cause, les contremaîtres désormais rasent les murs et se gardent bien des provocations dont ils étaient coutumiers, par crainte de sérieuses représailles.

Assassinat de Pierre Overney par Jean-Antoine Tramoni (Photo Christophe Schimmel)

L’historien Benjamin Stora, membre de l’Organisation Communiste Internationale (OCI) à l’époque, ne dit pas autre chose dans « Le Journal Du Dimanche » (29/4) : « On parle souvent de l’esprit ludique, festif de mai 68, presque hippie de cette époque, mais on oublie qu’il y avait des dizaines de milliers de jeunes qui sont entrés et sortis de 68 avec un esprit extrêmement dogmatique. On ne peut pas oublier que la tentation du terrorisme était également forte. Pourquoi le dissimuler ? Il y a eu entre 1968 et 1973 une montée de la radicalité en France qui était réelle ». » Cette tension extrême se soldera, le 25 février 1972, par l’assassinat d’un ex-ouvrier maoïste de l’usine Renault, Pierre Overney, par un vigile de l’entreprise, Jean-Antoine Tramoni, lui-même assassiné en 1977. Heureusement dans la plupart des usines, les choses se passent de façon plus paisible et l’habitude d’un dialogue se crée entre des salariés expérimentés qui vont suggérer des améliorations dont tout le monde va profiter et des cadres obligés de réviser leur (absence de) management.

Coup de foudre entre deux générations

Même effervescence dans le secteur tertiaire où mai 68 va amener de très importants changements. Ce que ne racontent jamais nos réalisateurs de pacotille qui traitent de façon identique mai 68 ou le futur mariage du prince Harry, c’est que ce mouvement a aussi été la rencontre entre deux générations qui n’ont pas lancé de pavés ensemble mais se sont retrouvées dans les entreprises. Certes, aux yeux de ceux qui avaient participé à la résistance et affronté les balles allemandes (la plupart frôlaient la soixantaine et terminaient leurs carrières professionnelles), nous n’étions que de sales gamins turbulents qui avions voulu enquiquiner le pouvoir avec nos frondes. Mais la détestation de la génération intermédiaire, celle des quadras de l’après-guerre, égoïste et consumériste aux yeux des anciens, était telle que le coup de foudre avec les nouveaux-venus issus de 68 fut immédiat. Imaginez un peu ce que pouvait être le Centre de Formation des Journalistes en 1973, avec toutes les nuances de gauches et d’extrême-gauche et quelques rares étudiants de droite ! Le premier journal école confectionné, quelques mois après notre admission, se termina en… bagarre générale, une minorité estimant que la teneur du journal devait être conforme au vote de la majorité des Français, tandis que les autres refusaient de devenir les valets du gouvernement. Le tout sous les yeux hilares de nos profs et du co-directeur de l’établissement, un certain Philippe Viannay, ancien chef du réseau « Défense de la France », qui jubilait de nous voir ainsi épris d’idéal journalistique, après plusieurs générations d’une grande mollesse idéologique.

Même accueil surréaliste à « L’Équipe », où je débute officiellement après deux ans de piges, le 2 janvier 1977. Ce jour-là Émilien Amaury, patron honni des syndicalistes et des ouvriers du Livre, se tue à cheval et le délégué syndical CGT débouche le champagne dans son bureau et invite toute la rédaction. En 1977, à « L’Équipe », demeuraient encore deux ouvriers du Livre et un journaliste, qui avaient obtenu le permis de publier en 1944 pour faits de résistance, tandis que Jacques Goddet, l’emblématique directeur, se le voyait refuser pour cause d’excessive sympathie aryenne. Ce sont eux qui nous ont poussés à aller toujours plus loin et à ne jamais rien céder en matière de contestation. Un an après mon arrivée, dans le journal des Antoine Blondin, Pierre Chany, Jean-Philippe Réthacker et autres grandes plumes, je suis élu délégué du personnel CGT, avec un score à faire rêver Michel Veunac et bien d’autres.

Il faut dire qu’en matière de contestation, nous ne craignions pas grand-chose et osions tout. Le directeur affirme un jour que nous ne nous intéressons pas assez au sport. Vexés, nous arrivons le lendemain en shorts et crampons maculés de boue à la conférence de rédaction et lui saccageons son bureau à la moquette crème. Il fera comme si de rien n’était et évitera les propos discourtois lors des conférences suivantes. Une autre fois, des travaux s’improvisent sans que personne n’ait l’idée de nous prévenir. Nous prenons nos tables, nos chaises et nos bureaux que nous déplaçons dans le hall du journal. Nous coupons aussi avec nos ciseaux les fils des téléphones fixes et décidons d’occuper les lieux jusqu’à plus ample explication… Qui arrive sans tarder ! C’est ainsi que le secrétariat de rédaction aura le plus beau bureau du 10 faubourg Montmartre.

Lâchez la bride…

Mais tout cela ne serait qu’anecdotes d’anciens lanceurs de pavés, si notre passion ne s’était aussi exercée en matière de journalisme. Tandis que les cadres intermédiaires nous regardaient souvent avec défiance, ayant le sentiment de n’avoir rien compris à mai 68, nos lectures, nos centres d’intérêts, nos passions, nous incitaient à écrire différemment, à essayer autre chose que le reportage d’après-guerre symbolisé par Lucien Bodard et France Soir. Lecteurs pris à parti, expression très claire du ressenti de l’auteur de l’article refusant de se planquer derrière une objectivité qui n’existe pas, utilisation du « je » et du parler populaire dans les articles. Et quelle jubilation de voir les suiveurs, ceux qui n’avaient jamais pensé autrement que leurs chefs, s’agacer de nos audaces, tandis que les grandes plumes empreintes de classicisme, nous poussaient à oser, oser, encore oser…

Bien sûr, nous avions du déchet, mais nous avons décorseté une façon de faire du journalisme. Mai 68 n’a pas été seulement une époque de narcissisme et de repli sur son nombril, mais aussi une décennie de folle créativité et d’inventions, où la générosité et l’altruisme étaient le moteur de la plupart d’entre nous. Relisez les Actuel, Charlie Hebdo, Hara Kiri de l’époque, écoutez Coluche, Desproges et même le très droitier Thierry Le Luron et vous comprendrez mieux tout ce que la mouvance soixante-huitarde, avec son impertinence innée, a pu apporter au pays et aux entreprises.

D’où la consternation de notre génération pour cette jeunesse actuelle que nous n’avons pas su protéger et qui se retrouve précarisée. Une jeunesse salariée où seuls survivent les médiocres, les conformistes, les fils ou filles à papa. Tandis que les créatifs, les atypiques, les originaux sont obligés de se réfugier dans l’autoentreprise ou dans des start-up, sortes de miroir aux alouettes numériques où le désenchantement est souvent de mise et le patronat tout aussi exploiteur que dans les entreprises traditionnelles. Il ne suffit pas d’installer un babyfoot dans le hall de l’entreprise pour changer foncièrement les mentalités.

Aujourd’hui, la faillite du modèle républicain est totale et absolue. Sous Giscard d’Estaing, l’accès à une grande école de journalisme, quand on avait obtenu le concours, coûtait 300 francs de l’époque, la même chose qu’une inscription en faculté et le tiers du salaire minimum.  Aujourd’hui, il faut compter entre 6 000 et 9 000 euros, de cinq à sept fois le salaire minimum. Une somme qui interdit à un étudiant de famille modeste de devenir journaliste.

Le sentiment des lecteurs d’être confrontés à des médias qui sont tous d’accord entre eux, à des articles sur des sujets qui n’intéressent que la grande bourgeoisie, à une consanguinité journalistique absolue et dommageable, est totalement justifié. Comment pourrait-il en être autrement alors que 95% des admissibles aux écoles de journalisme sont désormais issus de la même classe sociale, la grande bourgeoisie ?

Et ce ne sont pas les lois sur la dérégulation du travail voulues par Macron qui peuvent arranger les choses. Quand l’emploi se fait rare, quand il faut baisser la tête et s’écraser pendant des années et des années de misérable CDD avant d’espérer un CDI, la créativité, et ce qu’elle implique de déstabilisation des habitudes de l’entreprise, ne peut pas être au rendez-vous. Seuls vont surnager les rois des courbettes, les médiocres, les flagorneurs qui vont s’empresser de devenir des copies conformes de leurs glorieux aînés.

Vite, un peu de créativité, un peu d’insolence, un peu de contestation dans toutes les entreprises de France pour que tout le monde se porte mieux ! Les gens intéressants sont ceux qui disent « Non ! » dès l’enfance, qui cassent les pieds à leurs parents et se révoltent contre leurs profs, ceux qui sont bien obligés d’emprunter des chemins de traverse pour mettre leurs actes en conformité avec leurs idées. Le bon élève, le toujours propre sur lui, le invariablement d’accord avec le système, a le droit de vivre comme les autres, mais qu’apporte-t-il véritablement à la collectivité par rapport à un rebelle ? Quel est l’intérêt pour une entreprise de recruter des trentenaires qui mettent soigneusement leurs pas dans ceux des quinquagénaires qui les ont précédés ? Macron, en réformant le pays à marche forcée, veut le façonner à son image :  celle d’un jeune déjà vieux.

… Quelle erreur !

Jacques-André Schneck : « Je constate que Biarritz souffre »

Le premier candidat déclaré à la mairie de Biarritz détaille son programme pour Bisque, Bisque, Basque !

Passionné par « la chose publique », Jacques-André Schneck a une vision très claire de ce qu’il peut apporter à Biarritz.

Il occupe près du jardin public un appartement cossu sans ostentation où les livres tiennent une place non négligeable. Premier candidat à faire publiquement dans Sud Ouest une « offre » aux Biarrots pour 2020, Jacques-André Schneck se livre à un entretien sans concession avec Bisque, Bisque, Basque !

– Jacques-André, on ne va pas se vouvoyer alors qu’on se tutoie dans la vraie vie. Comment les Biarrots ont vécu ta candidature ?

J’ai reçu des encouragements de personnes qui me connaissent et aussi subi quelques ricanements du genre : « J’attends votre score avec impatience ». Tout cela est parfaitement normal. Les handicaps de ma candidature, je les connais et ma faible notoriété à Biarritz en est un. Mais, à cette occasion, je découvre un petit nombre d’amis prêts à travailler avec moi. Aujourd’hui Biarritz souffre et l’amoureux de cette ville que je suis en est malheureux. C’est la raison pour laquelle je fais aux Biarrots une proposition restauratrice et rénovatrice. Ma stratégie n’est pas de commencer par faire une liste, mais de dire ce qui ne va pas et ce que j’imagine pour Biarritz. Il m’a semblé utile de démarrer assez tôt pour permettre à mes concitoyens de réfléchir à ce que je propose et de se rallier à moi éventuellement. Je ne me suis pas fixé de délai, mais si je vois que mes propositions ne prennent pas, je me retirerai.

– Dans Sud Ouest, tu as fait des propositions plutôt décoiffantes comme refuser toute indemnité si tu es élu maire. N’est-ce pas un peu démagogique ?

Mais pas du tout ! J’estime que je touche une retraite suffisamment correcte, en tant qu’ancien énarque et ancien ingénieur des travaux publics pour ne pas peser sur les finances de Biarrots moins chanceux que moi. Ensuite, je procéderai au cas par cas dans ma liste, en fonction des ressources financières de chacun.

– Tes écrits, en particulier au moment de l’affaire Fillon, alors que tu étais membre des Républicains, prouvent que tu es très attaché à la moralisation de la vie publique…

Je te rappelle que je suis membre fondateur, tout comme toi d’ailleurs, de l’association RamDam 64-40, désireuse de contribuer à une plus grande transparence de la vie publique et que ce n’est pas par hasard. En ce qui concerne les marchés publics, j’ai été maître d’ouvrage et je connais les règles. Dans toute ma carrière, je n’ai jamais eu la moindre difficulté avec les contrôleurs de l’État. C’est bien la moindre des choses que l’on doit aux Biarrots que de leur redonner confiance en ceux qui les dirigent.  (Jacques-André cherche ses mots pour être précis et bien compris. Ses yeux pétillent) On peut aussi évoquer l’urbanisme local, un monde de tentations permanentes et de conflits d’intérêts. Je peux garantir à tous que la transparence et l’intégrité totale seront la règle.

– Si tu es élu, que fais-tu de l’opposition ?

Je respecterai ceux qui ne partagent pas mon point de vue et je n’exclus pas de confier un poste d’adjoint à un membre de l’opposition. Je ne serai pas le maire qui décide de tout sans en parler à personne. Regarde par exemple le projet de démocratie participative d’Hervé Boissier. J’ignore s’il se représentera en 2020, mais si c’est le cas et qu’il se retrouve dans l’opposition, je lui ferai une place immédiatement, car il a toujours parlé en fonction de l’intérêt des Biarrots. Ce n’est pas de la fausse modestie, mais je pense par mon parcours avoir une vision un peu globale pour Biarritz. Ce que je vois ne me satisfait pas. L’exemple de l’aménagement de la Côte des Basques est frappant car la municipalité s’est lancée sans la moindre concertation en disant à ceux qui récriminaient : « Je sais ce qui est bien pour vous » Ce fonctionnement n’a plus lieu d’être.

( Lire aussi le CV de l’intéressé : https://www.jacques-andre-schneck.fr/a-propos/)

 Quelle va être ton action les prochains mois ?

 Je vais essayer de mettre en place avant la fin de l’année un « shadow cabinet », pour que chacun des futurs membres de la liste soit responsabilisé à ce qui l’attend bien avant 2020. Mes coéquipiers vont devenir les interlocuteurs des Biarrots, car je refuse d’être celui qui a réponse à tout, tout seul.

Si ce rassemblement ne s’opère pas, es-tu prêt à te rallier à une des listes qui sera en course ?

Bien évidemment, je serai déçu, mais je te rappelle que je ne suis plus encarté nulle part. Donc, tout s’étudie.

Venons-en à ce projet de rendre le ciel aux habitants du quartier de La Négresse. Il suscite à l’évidence beaucoup de sympathie et de curiosité. Mais plusieurs m’ont dit : « Il n’est pas bien l’énarque, c’est deux hôtels du Palais qu’il faudrait vendre pour réaliser un tel projet » Cette réalisation se chiffre vraiment en centaines de millions d’euros ?

– Je vais te répondre, mais je veux d’abord que tous les Biarrots sachent que mon projet numéro un n’est pas celui-là. Biarritz étouffe et il faut avant tout élaborer un plan de mobilité et de stationnement. La première mesure que je prends en tant que maire, c’est de résilier le contrat de Streeteo. Ensuite, établir un nouveau plan de circulation, ce n’est pas se contenter de mettre quelques panneaux de stationnement interdit à droite ou à gauche. Il faut se concerter avec la population et faire appel à des urbanistes et des ingénieurs. Lorsque Jean Lecanuet à Rouen puis Michel Crépeau à La Rochelle ont rendu leur ville piétonne, les commerçants et la population ont hurlé de concert. Maintenant, personne ne voudrait revenir en arrière. Avant toute chose, il faut réfléchir à la gestion de la circulation des habitants, à la desserte des commerçants, créer des parkings supplémentaires.

Et tu ne crains pas de te retrouver confronté à une fronde comme celle que traverse Veunac en ce moment ?

Non, parce que je ne travaillerai que dans la concertation et parce que je sais, par mon ancien métier, qu’établir un nouveau plan de circulation est une discipline en soi. J’ai les compétences et je sais sur qui m’appuyer pour réussir un tel projet. Et j’en arrive à l’aménagement du quartier de La Négresse. L’accès ferroviaire à Biarritz n’est pas digne de la ville. Je suis frappé par la laideur de ce viaduc qui nuit à l’environnement. Tout ce quartier doit être réaménagé. Je sais que Didier Borotra était farouchement contre ce viaduc mais qu’il n’a pu s’y opposer. Quant à ceux qui savent à l’avance combien coûteraient de tels travaux, ils me font sourire. J’ai été ingénieur pour des travaux publics d’État comme la construction de la ligne de TGV est. L’investissement à faire se chiffre en dizaines de millions, mais certainement pas en centaines ; Par ailleurs, ce n’est pas une voie communale qui passe sur ce viaduc mais la D 810. Ce sera donc un aménagement multi-financeurs où le département et la région prendront leur part.

Tu me confirmes que les Finances de la Ville ne sont guère brillantes ?

C’est pour cette raison que je milite depuis des mois, mon Facebook peut le prouver, pour la vente du fonds et des murs de L’Hôtel du Palais. La charge à payer est insupportable pour les Biarrots, alors qu’en le vendant, on peut réduire la dette, faire des investissements et diminuer l’imposition des Biarrots, ce que je promets de faire dès la vente du palace. Je te rappelle aussi que la relance de la Cité de l’Océan passe à mon sens par l’installation d’autres équipements ou établissements pour créer un véritable pôle d’attractivité autour de la thématique de l’océan et des sports nautiques. La piscine de 50 mètres donc, mais aussi une école de surf et l’incitation à la pratique d’autres sports nautiques comme le sauvetage côtier, le paddle ou l’initiation au maniement des traînières. Et pourquoi pas une entreprise tertiaire, créatrice de logiciels en relation avec la thématique générale ? Sans oublier que tous ces aménagements devront respecter la loi littoral…

Nous aurons l’occasion de reparler dans ce blog de l’avancée de ta candidature. Pour te poser une question plus personnelle, quel est le bouquin que tu relis régulièrement ?

« Je dirai malgré tout que cette vie fut belle » de Jean d’Ormesson. Dans dix ou vingt ans, j’espère bien pouvoir affirmer à mon sujet la même chose.

 

Les coulisses d’une interview

Jacques-André Schneck, devant une reproduction du TGV Est.

Au sein de Ramdam 64-40, nous nous qualifions mutuellement, avec ironie et affection de « petit homme vert », tant l’écart entre l’ancien géomètre-grand commis de l’État et l’ancien saltimbanque-journaliste est grand. Mais c’est le charme de cette association : elle a été fondée par huit personnes opposées politiquement, mais résolues à lutter ensemble en vue d’une plus grande moralisation de la vie publique. Et bien évidemment, si l’aventure électorale se poursuit, Jacques-André, qui sera traité dans Bisque, Bisque, Basque ! comme tous les candidats capables de mettre fin au pire mandat que la ville ait connu, démissionnera du bureau de l’association le temps des élections. De sa propre initiative, cela va sans dire, tant est grand son souci de rigueur et d’exemplarité.

L’histoire de notre amitié amusera sans doute les lecteurs car nous avons commencé par un sévère pugilat verbal, Bisque, Bisque, Basque !  s’étant permis d’évoquer le « douillet confort des cabinets ministériels ». Colère de Jacques-André qui se souvient encore de ses nuits blanches passées au ministère des Finances. Les échanges, qui doivent encore pouvoir se retrouver dans les profondeurs de ce blog, furent plutôt musclés. Et puis, un jour, où j’étais en pleine séance de dédicace, un inconnu avec une petite flamme dans l’œil a attiré mon attention dans la file d’attente. C’était Jacques-André. J’ai trouvé l’attitude très rugby, et quelques bières plus tard, j’ai commencé à lire ce qu’il écrivait et à me retrouver souvent en accord avec ses positions. Drame du grand âge ou crise de gâtisme prématuré, grâce à lui, je découvre sur le tard qu’on peut s’entendre avec un énarque, même si, malgré ses qualités de gros bosseur et son humour, je confirme qu’il a parfois… tout d’un petit homme vert !

Bayrou engage Sophie à l’insu de son plein gré

Pour Jean-Paul Brin, adjoint du maire de Pau, ce sont les services qui voulaient l’engagement de Sophie Borotra. François Bayrou n’aurait appris ce recrutement qu’après coup.

La Marquise de Vérité, avec la complicité du dessinateur Olivier Ruiz raconte « Les malheurs de Sophie » dans La Semaine du Pays basque datée du 20 avril.

 C’est une étrange maladie qui frappe nos élus des Pyrénées-Atlantiques et le ministère de la Santé ferait bien de se pencher sur la question avant que l’épidémie ne gagne tout le pays. Ils dirigent, ils prennent des décisions, mais il ne se savent pas, ne se souviennent pas ou découvrent à retardement ce que les citoyens ordinaires ont compris depuis longtemps. Président de la DSPL Halles & République, et donc supérieur hiérarchique de la directrice générale Sophie Borotra, Jean-Paul Brin a accordé à Bisque, Bisque, Basque ! un entretien téléphonique qui s’est terminé de façon un peu musclée.

Monsieur Brin, n’auriez-vous pas, lorsque vous étiez avocat, défendu Didier Borotra et les intérêts de la ville de Biarritz ?

J’ai peut-être défendu la Ville de Biarritz, il y a vingt ans. Mais je ne suis pas sûr de mon fait, il faudrait que je cherche dans mes archives…

(Cherchez, maître, vous y trouverez certainement la confirmation des faits). Jean-Paul Brin enchaîne : « Je vois que cette question n’est pas neutre. Pour votre gouverne, sachez qu’il y a douze à quinze ans que je n’ai pas croisé Didier Borotra » (Et probablement que les liaisons téléphoniques entre Pau et Biarritz ne fonctionnent pas !)

Venons en au recrutement de Sophie Borotra comme directrice générale des halles de Pau…

C’est une affaire d’une banalité absolue. Les commerçants locaux avaient besoin d’une assistance de maîtrise d’ouvrage. Sophie Borotra les a tous conquis, alors que nous avions beaucoup de soucis avec la société AO conseil de Monsieur Casamayou.

Ce n’est vraiment pas ce que disent les commerçants locaux.

C’est faux. Nous avons lancé un premier appel à candidature et avons reçu 40 candidatures. Personne ne faisait vraiment l’affaire. Nous avons donc procédé à un deuxième appel et cette fois Sophie Borotra a postulé.

Alternatives Pyrénées semble penser que ce poste, avec la présence de Philippe Sinapian à la mairie, n’a pas de raison d’être.

– (Jean-Paul Brin monte dans les tours) Bien sûr, si vous lisez n’importe quoi ! (Merci pour les confrères !) C’est un équipement totalement nouveau où nous avons besoin des compétences de Sophie Borotra. L’appel à candidature s’est fait en dehors de nous. Ce sont les services qui ont voulu Sophie Borotra. François Bayrou n’a appris son recrutement qu’une fois qu’il a été effectué.

Au tour de Bisque, Bisque, Basque ! de se montrer sarcastique :

Sophie Borotra est décidément poursuivie par la malchance. Elle est engagée à la Cité de l’Océan, mais son père ne l’a su qu’après et, selon ses dires au tribunal « en a été très contrarié », et maintenant vous engagez à Pau la fille de Didier Borotra et vous voulez me faire croire que personne n’en a touché un mot à François Bayrou ? Qui peut gober cela en 2018 ?

– (Se rendant compte, qu’il est allé trop loin, Jean-Paul Brin appuie sur le frein) Quand nous avons signé un appel d’offres avec AO conseil, nous ne savions pas que Sophie Borotra faisait partie de cette société.

Mais bien sûr, puisque la première année Pascal Casamayou a exercé seul pour la plus grande satisfaction de tous.

– (Jean-Paul Brin explose de colère) Mais qu’est-ce que vous voulez ? Que Sophie Borotra ne puisse plus travailler nulle part dans l’hexagone ? (Et il raccroche le téléphone furieux)

Bisque, Bisque, Basque ! va donc se faire un plaisir de répondre au colérique adjoint qui devrait apprendre à maîtriser un brin ses nerfs. On peut être « fils ou fille de » et être parfaitement légitime à un poste à responsabilité. Mais par respect pour les six millions de Français au chômage qui galèrent pour retrouver un travail, on se doit de disputer la compétition à la loyale. Lorsque Sophie Borotra a déroulé son parcours universitaire et professionnel devant le tribunal correctionnel de Bayonne, les juges et le procureur se sont étonnés de la minceur du bagage. Savoir qu’elle a devancé quarante candidats possibles laisse rêveur. D’autant plus que son curriculum vitae semble à géométrie variable selon qu’elle le présente au tribunal ou à la mairie de Pau. Mais après tout, on n’est qu’à quarante-cinq kilomètres de Lourdes, la ville des miracles permanents.

Dartigolles demande un conseil municipal extraordinaire

Opposant communiste à François Bayrou, Olivier Dartigolles est un client assidu des halles de Pau. Et, hasard absolu, ses informations sur la grogne des commerçants face à l’arrogance de Sophie Borotra recoupent exactement celles de Bisque, Bisque, Basque ! Il demande donc, par l’intermédiaire de sa page Facebook, la tenue d’un conseil municipal extraordinaire entièrement consacré au recrutement de Sophie Borotra. Nul doute que le chevalier blanc de la moralisation de la vie publique qu’a été François Bayrou pendant les présidentielles de 2017, va se faire un plaisir d’accepter.

Une sinécure sur mesure pour Sophie ?

Sophie Borotra n’avait ni bac +5 ni « expérience professionnelle équivalente » comme demandé dans l’appel à candidature. Elle est pourtant devenue directrice des halles de Pau.

Un appel à candidatures avait été lancé pour le poste de directeur des halles de Pau. Sophie Borotra est bac +2 et n’a guère d’expérience. Il était donc logique qu’elle devance les 40 autres candidats.

Jusqu’à preuve du contraire l’océan ne vient pas lécher la ville de Pau, ce qui n’empêche pas l’équipe municipale en place de maîtriser toutes les techniques de la plongée et des paliers de décompression. Quand on n’a pas exercé pendant une décennie, il pourrait être délicat pour un salarié de se remettre brutalement à un travail à plein temps. Mais que ceux qui craignent pour la santé de la nouvelle directrice des halles Sophie Borotra se rassurent. Selon les commerçants des halles, « si ce poste l’occupe une demie heure par jour, ce sera le bout du monde ». Un peu comme celui de la Cité de l’Océan ?

C’est d’ailleurs exactement ce qu’affirme l’excellent blog Alternatives Pyrénées dans son article : « Directeur des halles : un poste injustifié »

https://alternatives-pyrenees.com/2018/04/18/directeur-des-halles-de-pau-un-poste-injustifie/

Réécrivant « Les malheurs de Sophie », version 2018, les impertinents déchaînés palois se sont procurés l’appel à candidature qui avait été émis à l’époque. Sophie Borotra ne correspondait guère au profil souhaité. C’est pourtant elle qui a décroché la timbale avec ce job à 45 à 50 000 euros annuels.

L’explication réside peut-être dans l’évocation d’un nouveau protagoniste de cet interminable feuilleton, Philippe Sinapian. Une pointure avec un CV long comme le bras, école polytechnique et parcours d’ingénieur de haut niveau. Avant d’intégrer la fonction territoriale, au poste de directeur de l’attractivité et du développement économique, Philippe Sinapian avait supervisé l’aménagement de la grande surface Carrefour à Lescars. Pour un polytechnicien comme lui, ce qui reste à faire aux halles de Pau est donc l’équivalent de la résolution d’un sudoku de niveau 1

Selon Alternatives Pyrénées, le partage des tâches va être très simple : les honneurs, la représentation et la présence symbolique pour Sophie, les vrais problèmes à régler pour Philippe.

De quoi vous réconcilier avec le monde du travail que Sophie n’avait jusqu’alors qu’entraperçu ! Sauf que les blogueurs palois ont raison de se demander si la création de cette paisible sinécure à 4 000 euros par mois est vraiment justifiée. Sauf que les contribuables palois risquent de l’avoir un peu mauvaise, à deux ans des élections municipales, en découvrant comment on utilise leur argent… Le Tour de France va bientôt traverser les Pyrénées-Atlantiques. À quand le rétropédalage de Bayrou et son équipe ?  

La véritable histoire de Sophie B.

Pour nommer Sophie Borotra directrice des halles de Pau, François Bayrou s’est livré à quelques acrobaties assez éloignées de la moralisation de la vie publique qu’il défend.

L’article de Sud Ouest a fait sourire jaune les commerçants de Pau.

Ce commerçant palois, croisé samedi matin aux halles de Pau, était mort de rire à la lecture de Sud Ouest (14/4) : « Il n’y a que deux commerçants sur cinquante-trois aux Halles qui sont à peu près favorables à Sophie Borotra et, par un hasard incroyable, ce sont ces deux-là que le quotidien a interrogées ». En effet, si la fille de l’ex-maire de Biarritz, 38 ans à ce jour, semble avoir pour seul diplôme un DUT de commercialisation, selon Mediabask, il est clair dans cette affaire qu’elle n’est ni titulaire d’une licence de stratégie, ni même d’un BTS de diplomatie, son intervention sur le Facebook de Colette Capdevielle à un moment où elle aurait dû se faire oublier s’avérant particulièrement malencontreuse.

https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20180412/sophie-borotra-recompensee-par-francois-bayrou-a-pau

et https://jeanyvesviollier.com/2018/04/11/limpudence-de-sophie-borotra/

Pas de chance pour la nouvelle promue, Bisque, Bisque, Basque ! compte pas mal de copains à Pau et va donc se faire un plaisir de raconter une saga commencée il y a presque trois ans et qui tourne autour d’un personnage central, bien connu à Biarritz, même si son nom n’a pas encore été cité dans la presse, Pascal Casamayou.

Le bon samaritain et la pimbêche

« Un bon mec qui connaît vraiment bien son boulot, lui, et avec qui c’était un plaisir de discuter » affirme le même commerçant. Effectivement, en matière de commercialisation et de réaménagement, Pascal Casamayou en connaît un rayon, comme en témoigne sa société, créée il y a six ans, LLD conseil, qui a réalisé 209 300 euros de chiffre d’affaires en 2017. Ce Biarrot d’adoption, venu se réfugier au Pays Basque après une séparation, va spontanément offrir ses services à la Maïder Arosteguy Cup et aux commerçants de Biarritz pour les aider à négocier avec la mairie. Détail croustillant, les commerçants présents racontent même que la première fois qu’il s’est présenté à la mairie, Didier Borotra le prenant pour un juriste, l’avait viré de son bureau. Avant de comprendre qu’il avait un excellent médiateur face à lui. La qualité de son travail bénévole et de ses idées feront l’unanimité à Biarritz. 

Malgré de nombreuses sollicitations, Pascal Casamayou n’a jamais voulu répondre à nos sollicitations. Le récit qui suit a donc été obtenu par recoupements auprès d’amis scandalisés par ce qui vient de lui arriver. C’est en 2013, peu après le réaménagement des halles de Biarritz, qu’il fait la connaissance de Sophie Borotra, fraîchement rentrée d’Amérique du Sud. Les deux sympathisent. La rumeur veut même qu’il aurait aidé Sophie Borotra à créer sa société, AGC, lui permettant de postuler à la Cité de l’Océan.

En 2014, Pascal Casamayou répond à un appel d’offres de la mairie de Pau qui souhaite rénover ses halles. Précédé d’une flatteuse réputation, les commerçants biarrots ayant discuté avec les commerçants palois, il remporte le marché et crée à cette occasion une société spécifique AO conseil.  À cette époque, il a souvent au téléphone Sophie Borotra, qui, avec son maigre bagage professionnel (en dehors de son activité d’assistante parlementaire de papa, elle n’a quasiment jamais exercé après ses études) peine à trouver du travail. Le jeune chef d’entreprise, qui est un peu débordé avec ses multiples activités, décide de lui tendre la main. Il lui propose de devenir associée d’AO conseil et la nomme directrice.

Un commerçant, qui refuse que son nom soit cité par crainte de représailles de la part du « roi du Béarn » François Bayrou, raconte : « On a vite compris de quoi il retournait. Sophie Borotra ne connaissait rien à la problématique des halles. Dès qu’elle faisait une suggestion, c’était pour dire une bêtise énorme. On voyait bien que Pascal, qui savait de quoi il parlait, tentait de recoller les morceaux sans pouvoir empêcher le désastre. » Selon son voisin de travée, les incidents se seraient multipliés avec les maîtres d’œuvre, les responsables de la mairie et les commerçants. « Quand on discutait individuellement avec Sophie Borotra, c’était quelqu’un de timide et gentil, mais dès qu’on se retrouvait en public et qu’on avait le malheur de ne pas être d’accord avec elle, elle montait sur ses grands chevaux et ne voulait rien entendre ». La génétique Borotra, que voulez-vous !

On la vire, elle rit sous cape !

Au bout de trois ans, la tension est telle avec la Ville et les maîtres d’œuvre, qu’ils décident de convoquer AO conseil pour résilier leur contrat. Des fonctionnaires de la ville de Pau racontent, sous couvert d’anonymat, cette réunion surréaliste où, pas plus au courant que les maîtres d’œuvre de ce que tramait François Bayrou et son adjoint Jean-Paul Brin, deux copains de papa Didier, ils admonestaient Sophie Borotra pendant que celle-ci souriait aux anges. Elle et elle seule savait qu’elle allait devenir la supérieure hiérarchique de ceux qui l’engueulaient.

La République des Pyrénées évoque la brillante collaboration de Sophie Borotra à la Cité de l’Océan, mais omet de raconter la fin de l’histoire et le double passage au tribunal.

D’où la création, le 6 avril dernier, d’une délégation de Service Public attribuée à la Société Publique Locale Halles & République, au capital entièrement détenu par la ville et l’Agglo, avec comme président Jean-Paul Brin, l’adjoint de Bayrou, et comme directrice générale Sophie Borotra. Les commerçants locaux sont outrés. Pascal Casamayou, qu’ils apprécient, n’est plus leur interlocuteur et sa société perd le marché, tandis que Sophie Borotra, qu’ils exècrent, est promue. Cherchez l’erreur !

Quels mauvais esprits ces socialistes! Ils imaginent que François Bayrou aurait pu donner un coup de pouce à la fille de Didier Borotra….

Ensuite, pour calmer la grogne de l’opposition, la mairie a dû envoyer quelques gros bobards à la presse locale comme la justification de cette nomination par le poste important occupé à … La Cité de l’Océan ! Un poste mémorable, effectivement : pas de bureau, pas d’écrit et… tout dans la tête, voilà un poste qui peut impressionner. Reste ce délicat problème du passage, le 5 décembre prochain, de Sophie en Cour d’appel pour « complicité de prise illégale d’intérêt ». Là aussi l’ancien bâtonnier Jean-Paul Brin a réponse à tout et ne voit pas le problème puisqu’elle est présumée innocente.

Seul écueil de taille que semble avoir oublié celui qui en 2017, aux côtés de Macron, s’était comporté en chantre de la moralisation de la vie publique. François Bayrou ne peut, tout étincelant maire de Pau qu’il soit, piquer une directrice à une société pour la reconduire au même poste dans une autre société. Bisque, Bisque, Basque ! n’a pas en sa possession le contrat de travail unissant Sophie Borotra à Pascal Casamayou, mais il est probable qu’une clause de non-concurrence a été signée. Du sport en perspective si Pascal Casamayou, le grand cocu de cette affaire où l’avenir d’une fille de famille est passé avant la demande des citoyens palois, décidait d’une action en justice contre son ancienne associée.

À moins que les juges n’estiment que quand on s’appelle Borotra, et qu’on fait don de sa personne à la ville de Pau, on n’a pas à se soucier de quelque chose d’aussi trivial que le droit du travail.

L’impudence de Sophie Borotra

La fille de Didier Borotra, attendue devant la cour d’appel de Pau pour complicité de prise illégale d’intérêt, se permet de faire la morale à Colette Capdevielle.

Colette Capdevielle s’est autorisée à ironiser sur les Biarrots. Heureusement Sophie veillait au grain.

C’est un peu comme si François Fillon s’élevait publiquement contre les emplois fictifs ou Jérôme Cahuzac contre les paradis fiscaux ! C’est bien de défendre son père… à condition de garder raison. Alors que l’ex-députée socialiste Colette Capdevielle s’étonnait sur son Facebook que les frais de défense de Didier Borotra dans l’affaire des PV annulés (20 000 euros tout de même) aient été pris en charge par la mairie et donc par les contribuables biarrots, Sophie, fille de Didier a vu rouge et s’est fendue d’un post vengeur en réponse au moqueur « Pauvres Biarrots ! Mais qu’ont-ils fait pour mériter cela ? »  de l’avocate bayonnaise qui précise sa pensée : « L’élu condamné devrait payer ses frais de défense ».

Sophie Borotra monte au filet et volleye fort : « Madame, je vous suis avec intérêt. Normalement, la médiocrité ne fait pas partie de vos commentaires… Continuez dans l’intérêt de nos pauvres amis bayonnais ! »

Tout cela ferait partie de la vie courante des réseaux sociaux et serait très amusant si le parcours professionnel de la demoiselle ne prêtait autant à contestation.

Assistante parlementaire de papa

De retour d’Amérique Latine, Sophie Borotra avait créé en 2013 une société de services AGC et, hasard, son premier contrat avait été obtenu à la Cité de l’Océan, alors que son père était président de la société d’économie mixte. Mais comme elle l’a affirmé à la barre du tribunal correctionnel de Bayonne, le 31 janvier 2017, elle a traité directement avec la directrice de l’époque, Françoise Pautrizel, « sans en parler à son père qui était très contrarié quand il l’a appris ». Le tribunal de Bayonne a finalement choisi de relaxer le trio de prévenus, mais le procureur Vuelta-Simon a fait appel et l’affaire sera jugée à Pau le 5 décembre prochain.

Mais là où l’admonestation de Sophie Borotra à l’égard de Colette Capdevielle, irréprochable pendant son mandat, prend tout son sel, c’est lorsqu’on repense à son interrogatoire à la barre du tribunal. Malmenée par le président Denart, qui s’étonne de la minceur de son expérience professionnelle, Sophie Borotra, pour donner un peu de contenance à son parcours, lâche alors : « Mais j’ai été assistante parlementaire de mon père quand je vivais en Amérique Latine ». Un peu gêné aux entournures, Didier Borotra profitera d’une pause pour expliquer à la presse que sa fille jouait un rôle très important dans le Foro, en convaincant les maires des grandes villes sud-américaines de se rendre à Biarritz. L’explication vaut ce qu’elle vaut, sauf que le Foro relevait uniquement de la ville de Biarritz et non des fonctions de sénateur de Didier Borotra.

Et maintenant, un poste en or à Pau

Quand on a aussi indûment profité de l’argent public, le bon sens voudrait que Sophie rase un peu les murs et évite de se répandre sur Facebook, mais sa nouvelle carrière étincelante en Béarn, qu’elle ne doit sans le moindre doute qu’à elle-même, lui donne toutes les audaces. Comme nous l’apprend « La République des Pyrénées » du 11 avril, Sophie Borotra devient responsable des nouvelles halles de Pau, chargée de la commercialisation des surfaces restantes.

http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2018/04/11/la-fille-de-l-ancien-maire-centriste-de-biarritz-va-diriger-les-halles-de-pau,2320701.php

Et l’on entend d’avance le grand copain politique de Borotra, François Bayrou, qui a créé cette SPL (société publique locale) nous expliquer avoir beaucoup cherché en vain dans tout le Béarn et avoir enfin déniché la perle rare de directrice dont il avait besoin en la personne de Sophie, qui, bien entendu, n’a pas parlé de son engagement à son père, qui, bien entendu, a été très contrarié quand il l’a appris.

Ceux qui gagnent péniblement le salaire minimal, ne se rendent pas compte. Sophie vous le confirmera : être fille de maire ou d’ancien maire, ce n’est vraiment pas un métier facile !

II.- Veunac stationne et papillonne

Un plan « aberrant » pour calmer la fronde contre le stationnement, va encore coûter 45 000 euros supplémentaires aux Biarrots. Merci qui ? Merci Mimi !

45 000 € d’argent public dépensés pour la tranquillité de Veunac, c’est vraiment cadeau…

À les voir épaule contre épaule, dans ce bout de salle malcommode au possible, comment ne pas penser à la montée du Puy-de-Dôme, le 12 juillet 1964, quand Anquetil, victime d’une défaillance et Poulidor qui ne s’en aperçoit pas, se disputent avec acharnement le maillot jaune. Le grand public, qui s’est toujours cru obligé de choisir, ignore que les deux cyclistes étaient très copains et s’amusaient de cette rivalité, montée de toutes pièces par les médias. Entre Chazouillères et Amigorena, il est bien trop tôt pour savoir qui sera l’éternel second, ou si l’un deux récoltera les honneurs, mais comment ne pas saluer l’intelligence politique manifestée jeudi soir par les deux chefs d’entreprise qui ont bien compris que l’urgence était de sauver Biarritz du désastre et qu’il sera toujours temps ensuite d’en découdre dans une joute électorale.

Enfin une bonne nouvelle pour les Biarrots.

Alors que l’on sait depuis longtemps qui dans les rangs de l’opposition a l’étoffe pour devenir maire et mettre fin au pire mandat de l’histoire de Biarritz, quelle bonne nouvelle que de constater que l’offre politique s’élargit, même si un humain peut totalement se transformer en bien ou en mal en occupant un nouveau poste. Une fois de plus sur la nouvelle politique de stationnement mise en place, les Biarrots ont pu mesurer le contraste entre des opposants qui réfléchissent avec perspicacité au devenir de Biarritz et des godillots majoritaires, soucieux de conserver leurs petits avantages et prêts pour cela à marcher dans le mur en suivant leur maire.

Saint-Cricq : « Vous pourrissez la vie des Biarrots !»

Trop content de faire taire les rumeurs de future alliance en 2020, colportées par Veunac et par le petit marquis de contre-vérité qui dirige La Semaine du Pays Basque, le fougueux avocat Saint-Cricq est le premier à dégainer sur le stationnement : « Vous êtes en train de pourrir la vie des Biarrots. Vous saisissez une aubaine pour améliorer les finances locales ». Tandis que Veunac s’embrouille dans des explications alambiquées, se perd dans sa politique tarifaire, tandis que Claverie montre une fois de plus qu’il ne connaît pas très bien ses dossiers, au point d’appeler Landrin au secours, Arosteguy attaque à son tour : « La concertation, je ne l’ai pas vue. Vous faites du saupoudrage. Où sont les mesures ambitieuses ? Autant essayer de travailler sur l’attractivité quand le centre-ville est désert », allusion à ce stationnement gratuit les fins de semaine d’avril… à un moment où la ville est pleine comme un œuf. Tandis que Boissier, pour qui la concertation n’est pas une simple posture politique, demande que des commissions thématiques se mettent en place avec des citoyens qui « apportent leur vision de l’usager », Domège s’étonne de la modification des zones de stationnement payant : « Où vont se mettre les gens qui habitent le quartier du parc Mazon ? Ils n’ont pas de solution alternative »

Étrange décision, en effet que de rendre payant ce quartier où il n’y a pas le moindre commerce, tandis que d’autres beaucoup plus vivants passent sous les radars. « Le quartier d’Espagne, est-ce une zone protégée par Monsieur Claverie ? » ose Saint-Cricq. Un ange, avec des drapeaux abertzale sur les ailes, passe.

Le Titanic d’Amigorena

François Amigorena, dans une intervention particulièrement ciselée, va alors poser la vraie question. Pourquoi ce ruineux contrat avec Streeteo ? Bisque, Bisque, Basque ! ne résiste pas à vous livrer la retranscription complète de son intervention : « Les anglophones ont une jolie expression pour désigner ce que vous faites avec le catalogue de demi-mesures contenues dans cette délibération. Ils appellent ça « ranger les chaises-longues sur le pont du Titanic ». En effet, si certaines des adaptations qui nous proposées ici vont plutôt et enfin dans le bon sens, la gravité de la situation appelle, non pas un rafistolage, mais une remise à plat complète de votre plan de stationnement. Ce dispositif que vous avez mis en place sans la moindre concertation, ni avec les élus de ce Conseil, ni avec les Biarrots, est en effet punitif, discriminatoire, illisible, et plombe la vie économique de Biarritz. Entendez Monsieur le Maire la voix des Biarrots, des habitants des villes voisines, de nos visiteurs habituels qui ont désormais décidé de déserter Biarritz et d’aller à la plage à Bidart ou à Guéthary, de faire leurs achats à Anglet ou d’aller au restaurant à Bayonne. »

Avec la gratuité partout à Anglet et une zone bleue près des Halles, Claude Olive se frotte effectivement les mains depuis les décisions de Veunac. Amigorena poursuit : « Dès le 12 mars dernier, je vous demandais la résiliation du contrat conclu avec Streeteo pour le contrôle du stationnement à Biarritz. Je vous réitère solennellement cette demande. Le Parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour faux et escroquerie contre la société Streeteo, la Ville de Paris va déposer plainte contre Streeteo pour faux, usage de faux et escroquerie, les dysfonctionnements du système mis en place à Biarritz se multiplient et provoquent l’exaspération légitime d’une immense majorité de ses usagers. Je pense pour ma part qu’une Ville doit être au service de ses habitants. Toutes nos décisions doivent viser à rendre la vie des Biarrots plus simple, plus pratique, plus agréable. Pas à les contraindre, à les harceler et à les punir. Résiliez ce contrat ruineux pour les finances de la Ville et nuisible à l’activité économique de Biarritz. Instaurez un moratoire sur ce dispositif. Lancez une large concertation avec tous les usagers concernés, les habitants, les acteurs économiques, nos visiteurs, les actifs travaillant à Biarritz. Vous serez surpris du caractère raisonnable de leurs attentes et du bon sens de leurs suggestions. En l’absence d’une telle démarche de votre part, je ne voterai pas cette délibération ».

La « gratuité perlée » de Chazouillères

Tout aussi offensif que son voisin, Édouard Chazouillères lance le débat sur l’image écornée de Biarritz et sur le coût d’une campagne publicitaire qui n’a aucun sens.

« Tout ça pour ça ! Deux mois de crispations, de pétitions, de manifestations, d’affiches sur les devantures des commerces… Et une vidéo qui tourne en boucle sur les réseaux recommandant aux touristes de ne pas revenir à Biarritz. Bref, deux mois d’image de Biarritz abîmée, écornée. Je dis « Tout ça pour ça », car ça fait deux mois, Monsieur le Maire, que nous vous avons fait la majeure partie de ces propositions d’aménagements, notamment pour ma part par mail le vendredi 2 février. »

Au lieu de louvoyer, Veunac aurait mieux fait de réfléchir et différer, selon Chazouillères : « Je regrette que vous n’ayez pas procédé à une suspension de ce système parfois injuste et souvent non compris, à un moratoire ces deux derniers mois pendant lesquels les amendes, les fameux FPS, ont frappé copieusement les automobilistes. » Pourquoi ce fameux FPS n’a pas été diminué et ramené à par exemple à 17€ maximum comme avant, ou même à moins comme d’autres villes l’ont choisi. Tant il est vrai que le contrôle ayant été renforcé, le fait d’augmenter le montant de l’amende s’apparente à une double peine injuste. » 

Après une polémique avec Claverie et Lafite sur la police municipale, l’ex-adjoint au Commerce porte l’estocade : « Un mot, enfin sur votre proposition de gratuité du stationnement de surface du jeudi au dimanche sur les trois prochaines semaines des vacances de Pâques.  Un mot et un seul :  » Aberrant «  Le stationnement sera donc gratuit pendant quatre jours tous les quatre jours. La CGT a inventé la grève perlée. Biarritz invente la gratuité perlée ! Cela va totalement à l’encontre de tout le reste de la politique choisie. Sur une période avec une très forte fréquentation, cela va contre la rotation des voitures des clients et visiteurs. Comme le disait à l’instant Eric Bonnamy pour ce qui est du stationnement « quand il y a gratuité, il y a encombrement« , cela va créer des voitures ventouses pendant les trois jours de fin de semaine, alors même qu’on aurait besoin de rotation spécifiquement sur ces trois jours, cela va profiter notamment aux touristes qui vont venir passer les week-ends prochains et pendant ce temps les Biarrots eux vont payer les lundis, mardis et mercredis. Mais au-delà de l’aberration de la mesure, « on rase gratis« , ce serait rigolo si, au-delà d’être contre-productif pour l’activité commerciale, cela ne coûtait pas très cher au budget de la ville. »

Veunac se tortille sur sa chaise, redoutant ce que va dire son ancien directeur de campagne :

Pour Lafite, une idée qui n’est pas de lui ne peut être que « stupide ».

Impitoyable, Chazouillères poursuit : « Pouvez-vous nous indiquer le coût de cette mesure ? 20.000 euros ! »

Et ce n’est pas fini !

« Cette mesure-gadget coûteuse va être accompagnée d’une campagne de pub tout aussi précipitée et tout aussi coûteuse. (Silence dans la salle) Pouvez-vous nous indiquer le coût de cette mesure ? 25.000 euros ! Bref, 45.000 euros des impôts des Biarrots dépensés, jetés par les fenêtres inutilement, juste pour essayer de faire oublier la gestion catastrophique de ce dossier. »

Et que répond Veunac à cette charge argumentée et chiffrée. « Merci, mon cher collègue » avant de passer à autre chose. C’est donc l’insupportable Lafite qui va s’efforcer de moucher les deux félons : « Quand on n’a pas d’idées, il faut bien en inventer de préférence stupides »

À croire qu’il parle pour lui et pour Veunac !

 

Les infâmes de la majorité

Si Veunac était un enfant, il y a longtemps que ses parents lui auraient retiré la boîte d’allumettes avec laquelle il joue depuis quatre ans. S’il était un animal domestique, ses maîtres n’auraient sans doute pas hésité, dans un réflexe d’humanité, à le conduire chez le vétérinaire pour mettre fin à ses souffrances. Malheureusement, il reste notre maire pour deux ans, quasiment indéboulonnable. Le souci de Bisque, Bisque, Basque ! comme de nombre de Biarrots est de savoir comment limiter le désastre, alors qu’il s’apprête à prendre des décisions qui engagent la ville pour plusieurs décennies.

Veunac, pas taillé pour le rôle et dépassé par le poste qu’il occupe, est beaucoup moins coupable qu’une partie de sa majorité, totalement lucide sur la situation, mais préférant faire passer ses intérêts personnels avant ceux des Biarrots. La chasse à la gamelle que l’on vient de vivre après la démission des deux adjoints, en est une preuve absolue.

Quand on est dans un groupe, il n’est pas simple de s’en démarquer. Amigorena et Chazouillères le prouvent.  Ils ont vite pris conscience du désastre qui s’annonçait. Mais comme beaucoup ils ont cru, pendant de longs mois, qu’ils seraient plus utiles à l’intérieur. Avant d’estimer que c’est un devoir de se révolter contre un gouvernement indigne et de retrouver du même coup dignité et liberté de parole… Et sans doute, un bien meilleur sommeil.

Nathalie Motsch, qui aurait quelques raisons d’en vouloir à Veunac, a décidé de fermer les yeux sur tout jusqu’en 2020, tout en annonçant qu’elle sera candidate contre lui. aux prochaines municipales.

Le dernier conseil municipal nous éclaire singulièrement sur cette majorité qui se délite. D’un côté, il y a d’authentiques talents comme Lannevère, Pinatel, ou Boissier. Des godillots aussi, qui marchent au pas tout en récriminant intérieurement. Et puis des courtisans, des infâmes, qui n’ont aucune illusion sur Veunac, qui se répandent en privé sur sa nullité, mais évoquent « le réflexe majoritaire » pour parer de vertu leur lâcheté. Et comme par hasard, la plupart d’entre eux ont des avantages pécuniers non négligeables à défendre.

Tout le monde n’est pas parti en Angleterre, le jour où les Allemands ont mis en pied en France. Certains de bonne foi, ont cru en Pétain le sauveur. Mais c’est une chose de se réveiller en 40, une autre en 42 et une troisième en août 44. Comble de la duplicité, comble de l’ignominie en politique, certains adjoints qui semblent prêts en public à suivre le maréchal Veunac jusqu’à Sigmaringen, préparent tranquillement une liste qui s’opposera à lui en 2020.

Un lecteur fidèle de Bisque, Bisque, Basque !, Paul Bismuth, demande à ce qu’on publie la liste de ces infâmes flagorneurs qui contribuent à envoyer Biarritz dans le mur. Aucun problème : Lafite, Motsch, Claverie, Destizon, avec un gros point d’interrogation pour Barucq qui suit aveuglément le maire tout en la jouant bon copain avec tout le monde. Ne sait-il pas faire de politique, ou, au contraire, en fait-il trop bien ?