I.- Entre Groland et la Corée du Nord

Édifiant sur la gouvernance Veunac, le dernier conseil municipal, avec une opposition pugnace et la parole libérée des « dissidents » Amigorena et Chazouillères, mérite vraiment d’être écouté…

Virginie Lannevère n’a pas l’habitude de parler pour ne rien dire. Elle l’a démontré, jeudi dernier.

L’ambiance est si chaude en ce soir de conseil, que pour un peu on se croirait au stade Aguilera, un jour de derby entre le Biarritz Olympique et l’Aviron. Avec une grosse surprise d’entrée dans la composition des équipes. Le nouvel adjoint Louis Vial est obligé de se séparer de son pote Boissier et se retrouve coincé dans le pack des gros – ça lui apprendra ! – entre Destizon et Claverie. Quant aux deux trublions Amigorena et Chazouillères, les voilà exilés à l’aile, là où sévissait l’opposition de gauche sous Borotra.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Et pour reprendre la tradition du derby, le match commence très fort avec une belle « soupe de phalanges », comme les rugbymen qualifient les bagarres, dès la 9e minute. À l’origine de cette mémorable générale, la très discrète Virginie Lannevère qui n’a guère l’habitude de parler pour ne rien dire. Outrée par l’éviction probable de la Socomix des deux adjoints dissidents, Madame Lannevère rappelle qu’elle a passé « neuf années de sa vie à analyser le risque d’un investissement hôtelier » et estime qu’on ne peut « limiter ce débat à une vision binaire et uniquement politique. L’efficacité voudrait qu’on laisse ces deux administrateurs en place. ».  Naïve Virginie, qui s’imagine que l’intérêt des Biarrots doit passer avant l’ego du maire ! La conseillère municipale de la majorité s’interroge aussi sur « des prises de décision questionnables ». Affirmant très calmement que « ce serait une erreur d’interpréter ma parole de façon politique », Madame Lannevère rappelle qu’il était « déraisonnable de rejeter Four Seasons en hystérisant son risque ». N’ayant visiblement pas compris que l’omniscient Veunac a toujours raison et que les études de sociologie mènent à tout à condition d’en sortir, cette impertinente va même jusqu’à demander « un débat en interne » sur L’Hôtel du Palais. Michel Veunac promet et Madame Lannevère persifle : « Il faut donc demander en public pour que ça passe ? »

Ballon sous le bras, Laurent Ortiz fonce ensuite dans le tas pour défendre les deux réprouvés, « On a besoin de toutes les compétences » avant de faire une passe plein champ à Anne Pinatel qui parachève le travail : « Notre casquette d’élus nous a gênés dans notre mandat d’administrateur, L’entreprise Hôtel du Palais n’a que faire de nos règlements de comptes politiques ».

Ce n’est visiblement pas l’avis de Veunac qui fait donner sa garde rapprochée et met le feu au terrain après avoir rappelé les brillants résultats financiers du palace, cette saison. (Une affirmation que l’opposition se fera un plaisir de contrer en rappelant que la redevance reversée aux Biarrots est le dixième de ce qu’elle devrait être). Manque de sens politique ou duplicité extrême, Barucq fait du Barucq, genre bon copain un peu fayoteur : « François, Édouard, vous avez décidé de vous mettre en marge en ne votant pas le budget » avant de reconnaître qu’au vu des décisions importantes à prendre, cette éviction tombe mal car « le timing est mauvais ». Comprenne qui pourra.

Hystérique, Nathalie Motsch, qui a sans doute beaucoup à se faire pardonner, prend le relais : « Quand on est dans une équipe, on y reste et on fait le job. Mon cher Édouard, vous êtes un adjoint qui parle beaucoup mais qui ne fait pas ». Gloussements dans la salle. C’est pourtant elle que les services surnomment « L’éolienne », et non le « cher Édouard ».

L’échappée belle d’Amigorena et Chazouillères

BIarritz vient de découvrir deux voix libérées de plus. Chazouillères et Amigorena se sont montrés très lucides sur le système Veunac.

Heureusement après cette furieuse mêlée, et comme souvent au rugby, le vieil adage « Balle à l’aile, la vie est belle ! » va être vérifié avec les paroles totalement libérées de Chazouillères et Amigorena. Écoutez bien les Biarrots, vous allez en apprendre de belles sur la gouvernance de Kim Jong Veunac (33e minute).

Toujours calme et pondéré, Chazouillères fait mouche : « La décision de nous évincer est une décision qui m’apparaît injuste, quand on considère notre implication et notre assiduité aux conseils d’administration du Palais depuis quatre ans, implication et assiduité qui ne sont, semble-t-il, pas partagées par tous les élus de cette assemblée si l’on en croit les comptes-rendus d’autres conseils, conseils d’agglomération par exemple. Mais surtout c’est une décision qui me semble hors sujet, absurde. »

Tandis que Nathalie Motsch s’étrangle (Pas de chance pour elle, les Biarrots ont tous vu la « débordée » Nathalie soignant son bronzage du côté de la Chambre d’amour peu avant le conseil !), Édouard Chazouillères, qui a décidément de bonnes lectures, poursuit : « Vous considérez, constituez et manœuvrez le conseil d’administration de l’entreprise de l’Hôtel du palais comme vous considérez, constituez et manœuvrez votre majorité au conseil municipal. C’est à dire : « Je ne veux voir aucune tête qui dépasse, aucune contestation, aucune idée qui vienne contredire mon idée ». À ce titre, je vous rappellerai cette phrase que j’ai déjà exprimée ici lors d’un autre débat, cette phrase de votre très cher François Bayrou mais que vous avez tant de mal à vous appliquer : « Quand on commence à penser tous la même chose, c’est que l’on ne pense plus rien ! ».

Après avoir accusé Veunac d’être dans une stratégie électorale pour 2020 (Comme si c’était possible !) Chazouillères franchit la ligne d’avantage et détaille la partie de poker à 50 millions d’euros conduite par Veunac : « Puisque la fin justifie les moyens, on ferme les yeux sur le déclassement en cours de l’hôtel, on qualifie l’offre de Hyatt avec une méthodologie et des critères de choix avec lesquels l’enseigne Four Seasons que vous avez rejetée aurait été qualifié haut la main, on prend des engagements avec l’enseigne Hyatt, avec les entreprises de travaux voire avec des banques choisies. Bref on fait de la cavalerie… qui est interdite dans le monde économique, mais heureusement qui n’est pas interdite dans le monde politique… »

Ce n’est pas grave, une fois de plus à Groland-Biarritz, ce sont les contribuables qui paieront.

« Il faut vendre Le Palais ! »

Même rage contenue chez François Amigorena : « Cette délibération est tristement emblématique de votre manière habituelle de faire. Où est la vision pour Biarritz ? Où est le souci de l’intérêt général ? Où est l’impératif d’efficacité que nous devons aux salariés de l’Hôtel du Palais et aux Biarrots ? Où est la compréhension de ce qu’est la vie d’une entreprise ? Car l’Hôtel du Palais est une entreprise et devrait être gérée comme telle. » Membre du conseil d’administration de la Socomix, François Amigorena, tout comme Edouard Chazouillères a pu admirer de près la « méthode » Veunac et pense qu’il faut vendre le palace pour s’éviter d’ultérieurs déboires. « La Ville de Biarritz est véritablement le pire actionnaire que cet hôtel puisse avoir. Il est grand temps de briser les tabous d’un autre temps et de mettre en débat la solution que vous avez toujours refusée de considérer, de la manière la plus arbitraire qui soit : la vente de cet hôtel. » Soudain, la salle se tait.

« Pourquoi vendre cet hôtel ? Au moins pour trois raisons. Tout d’abord, parce qu’héberger des clients fortunés pour leurs vacances n’est absolument pas une mission de service public. Cet hôtel est structurellement déficitaire depuis des dizaines d’années et l’argent des contribuables biarrots serait bien mieux employé ailleurs. Ensuite, parce que le produit de cette vente donnerait à Biarritz la possibilité de se désendetter massivement et de se doter d’une capacité d’investissement qui nous permettrait de transformer et d’embellir cette ville au bénéfice de tous ses habitants, sans aucun recours à l’impôt. Enfin parce que, contrairement à certaines craintes – légitimes – parfois exprimées, des solutions juridiques existent pour garantir que, même vendu, cet hôtel reste un hôtel et un vecteur majeur de l’attractivité touristique de Biarritz. Voilà le véritable débat mes chers collègues, celui que nous devrions avoir tous ensemble, plutôt que d’avoir à nous prononcer sur cette délibération mesquine à laquelle bien sûr je ne participerai pas. »

« J’ai honte de ce que je viens de voir »

Et l’opposition ? Imaginez un match de rugby où une équipe privée de ballon voit son adversaire s’étriper sur le pré et multiplier les bagarres générales entre joueurs portant le même maillot. L’ex trois-quarts centre puciste, Frédéric Domège, est le premier à exploser après presque une heure de jeu. Déjà cité comme exemple par la majorité, car il veille soigneusement aux intérêts de la Ville au sein du conseil d’administration de la Socomix même s’il est membre de l’opposition, Domège remet le ballon au centre du terrain : « Les Biarrots n’en ont rien à faire de vos histoires de majorité ». Maïder Arosteguy est tout aussi remontée : « Si mon collègue ne m’avait pas retenue, je partais. J’ai honte de ce que je viens de voir ». Heureusement l’opposition aura longuement l’occasion de s’exprimer, une heure plus tard, sur la nouvelle politique de stationnement et la pitoyable politique du maire.

Le Palais est sauvé, Destizon est arrivé….

En attendant Veunac, qui a sans doute fait sienne la devise de Chirac, « ça m’en touche une sans faire bouger l’autre », ne daigne même pas répondre aux salves qui fusent de toutes parts et conclut, impavide, les interventions musclées de ceux qui le combattent par un « Merci, cher collègue » avant de passer la parole à un de ses coupeurs de citrons de la majorité, que ce soit Lafite, Claverie ou Destizon.

Dans ces conditions, la nouvelle attribution des postes est presque une formalité, puisque, entre godillots et flagorneurs, la majorité municipale conserve encore une toute petite avance. En avant donc pour Vial et Mimiague au Siazim, Pour Lafite et la surmenée Motsch à l’EPIC tourisme, pour Bonnamy à Biarritz Océan, pour la transparente Ricord au Palais. Et puis comme dans le Destizon tout est bon, il fera lui aussi un très bon administrateur du Palais.

Plus mal élu de tous, il poussera le ridicule jusqu’à remercier ses « chers collègues ».  Arrête, Patrick, tu vas te faire un tour de reins à force de te prosterner !

À suivre : II.- Veunac stationne et papillonne

7 réflexions sur “I.- Entre Groland et la Corée du Nord

  1. Bravo à Mr Amigorena pour enfin dire tout haut ce qui est une évidence mais cela va toujours mieux en le disant :

    il faut vendre le Palais, désendetter la ville et investir pour le futur dans l’intérêt des Biarrots !

    Quant aux faux offusqués et aux fayots, qu’ils ne se fassent pas d’illusions les lecteurs de BBB sauront les reconnaître en 2020 et ne voteront pas pour eux.

    Bon week-end à vous toutes et tous

  2. vendre le palais est peut être une bonne solution mais je préférerai que l’argent arrive dans les mains d’une municipalité plus compétente…

  3. Bonjour,
    Vendre le « palais » sous certaines conditions (????) peut être une solution mais …à quel prix???

  4. Amigorena et Chazouillères… ne les faisons pas passer pour des héros. Quatre année pour se rendre compte que le pire était en place… pour des gens aussi intelligents c’est qu’il y avait un intérêt.
    Il est vrai qu’ayant vu les tours de passe passe de l’intérieur, ils peuvent être bon dans une opposition inexistante depuis le début du mandat.
    Besoin d’une révolution à Btz, il faut tout changer, rajeunir les politiques en y positionnant des gens qui savent ce qu’est le travail… la sociologie étudiée sur le tare n’a aucun intérêt, sauf pour celui qui l’utilise Pour justifier de ses choix. Stop aux majorités plurielles qui ne permettant rien si ce n’est de se tenir…
    Non à tous ces élus qui se succèdent et se ressemblent, oui à des biarrots qui aiment leur ville et y vivent.

  5. Il est incompréhensible pour moi que l’actuel maire qui a prouvé sa malhonnêteté lors du conseil municipal du 29 septembre 2017-vente truquée et finalement annulée après bien des mensonges de l’actuel maire,des écuries de Parme?- en sa qualité d’élu, puisse encore être le premier magistrat de Biarritz? Dans ce conseil municipal où tout le monde s’embrasse comme du bon pain- je l’ai vu- on ne peut pas savoir, où est le bien- l’intérêt général- et où est le mal- l’affairisme. A Biarritz, l’affairisme et c’est prouvé, c’est en tout état de cause Borotra et Veunac. Monsieur Veunac doit renvoyer sa légion d’honneur à Paris.

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