Le message perdu de mai 68

Les rebelles sont toujours bien plus créatifs que les flagorneurs. Macron rêve d’une jeunesse conformiste et « dans le moule ». Il tue la meilleure chance d’innovation des entreprises.

Une génération qui sait que les victoires ne s’obtiennent qu’en luttant.

Témoins directs d’événements actuellement revisités par la télévision, nous sommes sans doute un certain nombre à avoir le pavé qui nous démange et l’envie de le balancer à la tête de tous ces réalisateurs qui alignent les poncifs sur mai 68, sans en avoir le moins du monde compris l’esprit. En avant donc pour une série de clichés, toujours les mêmes, qui relèvent de la falsification de l’histoire : les CRS mal équipés, les barricades érigées par des manifestants chevelus, le théâtre de l’Odéon occupé, Cohn-Bendit narguant la police et les slogans de l’époque « Il est interdit d’interdire », « Sous les pavés, la plage ! » ou « On arrête tout et on réfléchit » …Et pour conclure ce bref intermède, avant la remise au pas de juin, la manifestation finale sur les Champs-Élysées, le 30 mai 1968, de tous les conformistes, enfants apeurés qui n’osaient imaginer la France sans pépé De Gaulle !

Comme si la crise d’adolescence de la jeunesse française n’avait duré qu’un mois et avait été limitée à Paris ! Comme si les accords de Grenelle, conclus dans la hâte entre le gouvernement et les syndicats, avaient suffi à remettre tout le monde sagement au boulot comme avant ! Comme si l’esprit de 68 s’était évaporé d’un seul coup !  En fait, le monde du travail va vivre pendant une quinzaine d’années, jusqu’à l’arrivée de François Mitterrand, premier président de gauche de la Ve République en 1981, une formidable effervescence dont feraient bien de s’inspirer tous les managers actuels persuadés qu’une bonne entreprise, c’est une entreprise où on ne voit qu’une tête.

Peur sur l’usine !

Le premier changement majeur va se produire dans les usines, où des contremaîtres, le plus souvent serviles et avinés, faisaient encore régner une discipline assez proche de celle des kapos dans les camps de concentration. Sauf qu’à cette époque, chiffre incroyable pour les générations actuelles, le nombre de chômeurs en France s’élevait à 130 000 et qu’il suffisait de traverser la rue pour changer de boulot tellement toutes les entreprises étaient à la recherche de petites mains. Pour sûr, le bras d’honneur au patron était autrement plus facile à faire que maintenant !

Tous les étudiants de 68 ne se sont pas rués à l’usine pour rencontrer la classe ouvrière et devenir « établi » suivant la terminologie en vigueur à l’époque, mais le petit pourcentage qui est allé au bout de ses convictions idéologiques a su susciter le débat, ouvrir les esprits et créer de nouvelles conditions de lutte en mêlant dérision chronique et détermination à l’affrontement si nécessaire. Avec des « autonomes » toujours prêts à venir donner un coup de main à telle ou telle cause, les contremaîtres désormais rasent les murs et se gardent bien des provocations dont ils étaient coutumiers, par crainte de sérieuses représailles.

Assassinat de Pierre Overney par Jean-Antoine Tramoni (Photo Christophe Schimmel)

L’historien Benjamin Stora, membre de l’Organisation Communiste Internationale (OCI) à l’époque, ne dit pas autre chose dans « Le Journal Du Dimanche » (29/4) : « On parle souvent de l’esprit ludique, festif de mai 68, presque hippie de cette époque, mais on oublie qu’il y avait des dizaines de milliers de jeunes qui sont entrés et sortis de 68 avec un esprit extrêmement dogmatique. On ne peut pas oublier que la tentation du terrorisme était également forte. Pourquoi le dissimuler ? Il y a eu entre 1968 et 1973 une montée de la radicalité en France qui était réelle ». » Cette tension extrême se soldera, le 25 février 1972, par l’assassinat d’un ex-ouvrier maoïste de l’usine Renault, Pierre Overney, par un vigile de l’entreprise, Jean-Antoine Tramoni, lui-même assassiné en 1977. Heureusement dans la plupart des usines, les choses se passent de façon plus paisible et l’habitude d’un dialogue se crée entre des salariés expérimentés qui vont suggérer des améliorations dont tout le monde va profiter et des cadres obligés de réviser leur (absence de) management.

Coup de foudre entre deux générations

Même effervescence dans le secteur tertiaire où mai 68 va amener de très importants changements. Ce que ne racontent jamais nos réalisateurs de pacotille qui traitent de façon identique mai 68 ou le futur mariage du prince Harry, c’est que ce mouvement a aussi été la rencontre entre deux générations qui n’ont pas lancé de pavés ensemble mais se sont retrouvées dans les entreprises. Certes, aux yeux de ceux qui avaient participé à la résistance et affronté les balles allemandes (la plupart frôlaient la soixantaine et terminaient leurs carrières professionnelles), nous n’étions que de sales gamins turbulents qui avions voulu enquiquiner le pouvoir avec nos frondes. Mais la détestation de la génération intermédiaire, celle des quadras de l’après-guerre, égoïste et consumériste aux yeux des anciens, était telle que le coup de foudre avec les nouveaux-venus issus de 68 fut immédiat. Imaginez un peu ce que pouvait être le Centre de Formation des Journalistes en 1973, avec toutes les nuances de gauches et d’extrême-gauche et quelques rares étudiants de droite ! Le premier journal école confectionné, quelques mois après notre admission, se termina en… bagarre générale, une minorité estimant que la teneur du journal devait être conforme au vote de la majorité des Français, tandis que les autres refusaient de devenir les valets du gouvernement. Le tout sous les yeux hilares de nos profs et du co-directeur de l’établissement, un certain Philippe Viannay, ancien chef du réseau « Défense de la France », qui jubilait de nous voir ainsi épris d’idéal journalistique, après plusieurs générations d’une grande mollesse idéologique.

Même accueil surréaliste à « L’Équipe », où je débute officiellement après deux ans de piges, le 2 janvier 1977. Ce jour-là Émilien Amaury, patron honni des syndicalistes et des ouvriers du Livre, se tue à cheval et le délégué syndical CGT débouche le champagne dans son bureau et invite toute la rédaction. En 1977, à « L’Équipe », demeuraient encore deux ouvriers du Livre et un journaliste, qui avaient obtenu le permis de publier en 1944 pour faits de résistance, tandis que Jacques Goddet, l’emblématique directeur, se le voyait refuser pour cause d’excessive sympathie aryenne. Ce sont eux qui nous ont poussés à aller toujours plus loin et à ne jamais rien céder en matière de contestation. Un an après mon arrivée, dans le journal des Antoine Blondin, Pierre Chany, Jean-Philippe Réthacker et autres grandes plumes, je suis élu délégué du personnel CGT, avec un score à faire rêver Michel Veunac et bien d’autres.

Il faut dire qu’en matière de contestation, nous ne craignions pas grand-chose et osions tout. Le directeur affirme un jour que nous ne nous intéressons pas assez au sport. Vexés, nous arrivons le lendemain en shorts et crampons maculés de boue à la conférence de rédaction et lui saccageons son bureau à la moquette crème. Il fera comme si de rien n’était et évitera les propos discourtois lors des conférences suivantes. Une autre fois, des travaux s’improvisent sans que personne n’ait l’idée de nous prévenir. Nous prenons nos tables, nos chaises et nos bureaux que nous déplaçons dans le hall du journal. Nous coupons aussi avec nos ciseaux les fils des téléphones fixes et décidons d’occuper les lieux jusqu’à plus ample explication… Qui arrive sans tarder ! C’est ainsi que le secrétariat de rédaction aura le plus beau bureau du 10 faubourg Montmartre.

Lâchez la bride…

Mais tout cela ne serait qu’anecdotes d’anciens lanceurs de pavés, si notre passion ne s’était aussi exercée en matière de journalisme. Tandis que les cadres intermédiaires nous regardaient souvent avec défiance, ayant le sentiment de n’avoir rien compris à mai 68, nos lectures, nos centres d’intérêts, nos passions, nous incitaient à écrire différemment, à essayer autre chose que le reportage d’après-guerre symbolisé par Lucien Bodard et France Soir. Lecteurs pris à parti, expression très claire du ressenti de l’auteur de l’article refusant de se planquer derrière une objectivité qui n’existe pas, utilisation du « je » et du parler populaire dans les articles. Et quelle jubilation de voir les suiveurs, ceux qui n’avaient jamais pensé autrement que leurs chefs, s’agacer de nos audaces, tandis que les grandes plumes empreintes de classicisme, nous poussaient à oser, oser, encore oser…

Bien sûr, nous avions du déchet, mais nous avons décorseté une façon de faire du journalisme. Mai 68 n’a pas été seulement une époque de narcissisme et de repli sur son nombril, mais aussi une décennie de folle créativité et d’inventions, où la générosité et l’altruisme étaient le moteur de la plupart d’entre nous. Relisez les Actuel, Charlie Hebdo, Hara Kiri de l’époque, écoutez Coluche, Desproges et même le très droitier Thierry Le Luron et vous comprendrez mieux tout ce que la mouvance soixante-huitarde, avec son impertinence innée, a pu apporter au pays et aux entreprises.

D’où la consternation de notre génération pour cette jeunesse actuelle que nous n’avons pas su protéger et qui se retrouve précarisée. Une jeunesse salariée où seuls survivent les médiocres, les conformistes, les fils ou filles à papa. Tandis que les créatifs, les atypiques, les originaux sont obligés de se réfugier dans l’autoentreprise ou dans des start-up, sortes de miroir aux alouettes numériques où le désenchantement est souvent de mise et le patronat tout aussi exploiteur que dans les entreprises traditionnelles. Il ne suffit pas d’installer un babyfoot dans le hall de l’entreprise pour changer foncièrement les mentalités.

Aujourd’hui, la faillite du modèle républicain est totale et absolue. Sous Giscard d’Estaing, l’accès à une grande école de journalisme, quand on avait obtenu le concours, coûtait 300 francs de l’époque, la même chose qu’une inscription en faculté et le tiers du salaire minimum.  Aujourd’hui, il faut compter entre 6 000 et 9 000 euros, de cinq à sept fois le salaire minimum. Une somme qui interdit à un étudiant de famille modeste de devenir journaliste.

Le sentiment des lecteurs d’être confrontés à des médias qui sont tous d’accord entre eux, à des articles sur des sujets qui n’intéressent que la grande bourgeoisie, à une consanguinité journalistique absolue et dommageable, est totalement justifié. Comment pourrait-il en être autrement alors que 95% des admissibles aux écoles de journalisme sont désormais issus de la même classe sociale, la grande bourgeoisie ?

Et ce ne sont pas les lois sur la dérégulation du travail voulues par Macron qui peuvent arranger les choses. Quand l’emploi se fait rare, quand il faut baisser la tête et s’écraser pendant des années et des années de misérable CDD avant d’espérer un CDI, la créativité, et ce qu’elle implique de déstabilisation des habitudes de l’entreprise, ne peut pas être au rendez-vous. Seuls vont surnager les rois des courbettes, les médiocres, les flagorneurs qui vont s’empresser de devenir des copies conformes de leurs glorieux aînés.

Vite, un peu de créativité, un peu d’insolence, un peu de contestation dans toutes les entreprises de France pour que tout le monde se porte mieux ! Les gens intéressants sont ceux qui disent « Non ! » dès l’enfance, qui cassent les pieds à leurs parents et se révoltent contre leurs profs, ceux qui sont bien obligés d’emprunter des chemins de traverse pour mettre leurs actes en conformité avec leurs idées. Le bon élève, le toujours propre sur lui, le invariablement d’accord avec le système, a le droit de vivre comme les autres, mais qu’apporte-t-il véritablement à la collectivité par rapport à un rebelle ? Quel est l’intérêt pour une entreprise de recruter des trentenaires qui mettent soigneusement leurs pas dans ceux des quinquagénaires qui les ont précédés ? Macron, en réformant le pays à marche forcée, veut le façonner à son image :  celle d’un jeune déjà vieux.

… Quelle erreur !

18 réflexions sur “Le message perdu de mai 68

  1. Bonjour,
    Bon texte et pour l’occasion j’en profite.

    « … celle d’un jeune déjà vieux…. »

    Non je n’écrirais pas l’inverse d’abord par respect mais parce que la jeunesse d’esprit ça n’a pas d’âge.A une époque il était toujours par monts et par vaux,après c’était le kiné,maintenant ceux sont les séances de dialyses.Je veux parler de l’ami  » COCO » monsieur solex.Certes il n’enfourche plus sa monture mais c’est toujours un plaisir quand on le trouve chez lui comme il y a quelques jours,pas longtemps il est vrai.Toujours avenant,à l’écoute et éloquent même si l’on n’est pas forcément d’accord sur tout,un vrai régal…Si à 95 ans le pas n’est plus alerte il n’en reste pas moins pour autant que la sagesse et l’ouverture d’esprit qui le caractérise font que par comparaison Jupiter est déjà très très vieux!

    Vas y COCO!

  2. Les valeurs de mai 68 sont-elles encore d’une brûlante actualité en mai 2018,
    En mai 68, j’étais au quartier latin, dans ma première école, celle des ingénieurs des travaux publics de l’État, alors à l’angle du boulevard St-Germain et de la rue St-Jacques. J’habitais encore chez mes parents à Versailles. J’avais juste 21 ans.
    C’était une école de fonctionnaires stagiaires de l’État. La direction nous avait prévenus que nous étions tenus au devoir de réserve.
    Pas question de barricades ou de jets de pavés sur les CRS. Mais cela n’a pas empêché la tenue de grands amphis où tant les syndicats que les représentants du ministère de l’éipement, dont nous relevions, nous expliquaient leurs visions des évènements en toute démocratie.
    J’ai vécu cette période comme celle dune libération, d’un certan « déoinçage » de nottre société.
    « Faites l’amour, pas la guerre »
    « Il est interdit d’interdire »
    « On ne tombe pas amoureux d’un taux de croissance »
    Tout cela me plaisait assez. Pour autant, tombé dans la potion tout petit tel Obélix en raison des options de mon grand-père et de mon père alsaciens, j’étais gaulliste et le suis resté.
    Votant pour la première fois (21 ans alors) en juillet 68, je votai Vague bleue. Au referendum de 1969, je votai oui, et quel dommage que la vision formidablement progressiste qu’il comportait ne l’ait pas emporté alors!
    La situation de la France de 2018 n’a strictement rien à voir avec celle de mai 1968.
    J’ajoute que, babyboomer, je ne suis pas fier du tout de la façon dont ma génération a tourné, de la manière dont les soixante-huitards se sont reconvertis, de l’état dans lequel ils laissent la société et la planète à os enfantsvet petits-enfants.
    L’un des livres récents que j’aime est « Tant pis, nos enfants paieront » de Françis Lenglet. Un condamnation sans appel de cette généraion, de son égoïsme, de son individualisme, de son hédonisme spoliateur, et de ses descendants, et de ses ascendants…
    Aussi, pas d’amalgame.
    Les messages de 68 ont été intégrés. Ils n’ont plus d’actualité.
    Occupons-nous de l’islam radical, des banlieues, de l’emploi, de la solidarité, de l’Europe, de la performance de l’entreprise France…

  3. Cher Mr Schneck

    ,je partage en partie votre position sur l' »héritage » de cette génération dont j’observe que si elle a pu jouir à profusion, elle laissera à ses enfants et petits-enfants une société et un monde bien malades …

    Toutefois si vous me permettez, il me semble votre liste de points d’intérêts en fin de billet ne soit pas dans le bon ordre: je vous soumets donc une proposition (qui correspond à ce qui me semble marcher après 25 ans d’expats dans d’autres pays EU) :

    1 – Santé,
    2 – Education – Culture – Formation Professionnelle,
    3 – Emploi – Logement – Social – Solidarité,
    4 – Sécurité,
    5 – Europe,
    6 – autres.

    Vous placez l’ « islam radical » en tête de votre liste mais sincèrement hormis sur BFMTV et les autres médias de piètre qualité, soit à mon avis la quasi totalité des chaines de TV FR (à l’exception d’ARTE, de LCP + quelques émissions du Service Public) qui jouent sur les peurs de façon scandaleuse, ceci n’est pas un sujet, pas plus que le burkini ou autre fadaises, qui se solutionneraient bien mieux si les priorités des gouvernements (de droite comme de gauche depuis 40 ans) étaient les bonnes (en lieu et place de la recherche du buzz médiatique permanent ou à nous bassiner avec la présumée « perte d’autorité » dont personne ne parle dans les pays voisins… (pays dont pour un certain nombre les résultats globaux sont supérieurs aux nôtres dans quasiment tous les domaines).

    Un pays EU en 2018 (et cela vaut pour une ville) ne peut obtenir de bons résultats que si sa population est en bonne santé, est éduquée/cultivée/formée, est correctement logée, a un emploi correctement rémunéré et stable, ceci avec un cadre de vie ou Solidarité et Sécurité (physique + des biens) sont assurés, tout en étant intégré dans un ensemble plus grand qui protège (Europe) .

    Me semble-t-il ;o)

    Bonne soirée à vous

    • Cher Paul Bismuth, nous sommes globalement d’accord.
      « Les peurs », vous avez raison, les medias aussi, sans oublier les réseaux sociaux. Tel que vous le dites, ce n’est pas mon truc…
      J’aime le regard des expatriés. (À ce que je crois savoir, vous l’êtes « de peu »😂
      La santé en n°1? Sans doute. Y compris mentale!…
      Vous évoquez implicement la hiérarchie des besoins humains, décrits par le psychosociologue, dont la large base est celle des besoins vitaux et l’étroit sommet celui du besoin de reconnaissance et d’appartenance.
      Est-il encore vrai que le système de santé de France soit l’un des meilleurs? En performance technique et scientifique, oui sans doute? Reste l’accès aux soins, les déserts médicaux…
      L’éducation bien sûr, mère de tous les pogrès, de toutes les intellgences, meurtrière des barbaries, des aveuglements, des extrémismes, Et ma confiance immense – là, vous serez peut-être réservé – en Jean-Michel Blanquer, maître d’oeuvre emblématique de ce que tente avec vision et courage l’exécutif français actuel, pour des résultats dans 15 ans!
      Et au fond, zappant sans vergogne sans pour autant les négliger par dessus vos items suivants, l’emploi, le logement, la solidarité, oui bien sûr, je les évoque aussi, pour en arriver à la sécurité, la boucle est bouclée…
      Car si sécurité (des biens et des personnes) signifie aujourd’hui pour bien des Français islam radical, terrorisme, zones de non droit, absnce d’intégration et d’adhésion, contestation des valeurs de la République, voire de notre culture ancestralement judéochrétienne, vs une interprétation obscurantiste et moyennâgeuse d’un islam intolérant qui n’est plus amour comme certains le défendent encore, c’est compréhensible et recevable, mais surtout c’est peut-être par ce qui est entrepris en maternelle aujourd’hui qu’on en viendra à bout.
      Mon popos était avant tout de dire, en réponse à Jean-Yves, que la situation de la France aujourd;hui n’a que peu de rapport avec celle de 68, et que les nostalgies des septuagénaires et sexagénaires ne sont plus de mise, quand bien même en effet les valeurs de 68 ont changé notre société, et pas toujours en bien comme je le disais.
      Besoins vitaux, besoins de sécurité, besoins matériels, besoins intellectuels, besoins spirituels, besoins d’appartenance, de considération et de reconnaissance… Où en est la France?
      Pas au trente-sixième dessous, assurément.
      Encore trop d’inégalités, de fractures sociales? Soit, mais dans quel sens? Celui du fric, des avantages sociaux, de la jalousie de classe, de quelque exigence de nivellement par le bas dont on a bien vu les dégâts dans les sociétés communistes? Et si on parlait d’abord de fraternité?
      Alors non, je ne suis pas nostalgique de 68, nonobstant tout ce que je disais de comment j’ai vécu ces évènements à 21 ans.
      Je suis dans 2018 et après. Avec toute la pêche chanceuse de mes 70 ans.
      J’ai conscience d’être un privilégié, matériellement (raisonnablement), intellectuellement, socialement.
      Je le dois assurément en partie aux gênes et neurones de mes aïeux (des gens simples), mais aussi, et tellement, à mon travail, sans relâche, depuis tout gamin, et aujourd’hui encore.
      Ce fut et c’est une chance d’être ainsi. Quelle part d’inné, quelle part d’acquis?
      S’il est une valeur à inculquer à nos jeunes, une seule, n’est-ce pas le goût de l’effort?
      Plutôt contra-soixante-huitard!

  4. Je comprends qu’il n’yaitqueluidanssonparti…et que ce ne soit pas simple de vieillir, la vue se déforme, il y a de la buée sur le rétroviseur…J’aime mieux quelques mots gouailleurs de Cohn-Bendit, c’est plus rafraîchissant et tonique, et il n’a pas de jugement hâtif anti-jeune ou jaloux, lui.

  5. Bonsoir.
    Mr. Macron a eu sa campagne électorale payée et financée par les 9 plus riches milliardaires de France, la Fondation Saint-Simon, et la Banque de Rothschild,etc..
    Toute sa couverture médiatique et médiatisée, comme depuis, l’a été notamment grâce à BFM/TV (Mr. Drahi..) et rien d’autre..
    C’est bien Mr. Macron, alors aux affaires avec Mr. Hollande qui a permis à Mr. Drahi (possesseur de BFM/TV..) de pouvoir acheter( ou racheter..) « S.F.R. », et, de plus, c’est lui, également, dans cette même période, qui a autorisé le prolongement du contrat en exploitation comme entretien des autoroutes par le groupe VINCI/EIFFAGE..
    Avec ces deux opérations, il avait eu, en guise de « Royalties », une somme assez rondelette (on parlait de 8,3 millions d’Euros, à l’époque, pas rien..) et placés sur un compte « OFFSHORE » dans un paradis fiscal..alors ?
    Mr. Macron veut « museler » la vindicte populaire comme l’expression à la rue, le droit de manifester comme grève et droit de grève et les syndicats et le droit d’expression, dans les journaux comme médias, et réseaux sociaux..
    Mr. n’aime pas être contrarié, et de plus, veux toujours avoir raison..
    Il a joué sur le fait d’avoir fait table rase en écartant les anciens partis politiques traditionnels, et avec cette majorité acquise à l’assemblée avec le groupe de son parti LREM et Mr. RichardFerrand ‘qui ceci dit en passant devrait être en prison..)..no comment !
    Après cette augmentation injuste de la C.S.G et qui, au bas mot nous (et me en passant..) grève d’une bonne partie de notre pouvoir d’achat, à l’année, avec, au bas mot..100-1200 Euros (sur une année.. et nous concernant..sans rouler sur l’or, loin delà..), il va encore d’avantage « ponctionner » la classe moyenne, au profit des riches comme tout riches..
    Je préfère m’arrêter là, tellement tout m’écoeure et me met, à juste titre en colère..
    Bonne soirée et sinon fin de soirée..Denis.

    • Sauf votre respect, je ne vois pas trop le rapport avec le propos de JYV, tout dur et à mes yeux injuste qu’il soit à l’égard du président de la République. Vous vous offrez une tribune aigrie et vitriolée assez gratuite. Je comprends que vous êtes en souffrance et cela seul me touche. Je ne connais pas votre vie et vos chiffres manquent de clarté. Mais pensez-vous que rancoeur et humeur biliaire soient bonnes conseillères? Et si vous vous intéressiez en premier à ceux, ils existent sans aucun doute, qui sont plus malheureux que vous? De quels 100 et 1200 euros parlez-vous, et de quelles « classes moyennes »?
      Il y a toutefois au moins un point sur lequel je suis d’accord avec vous: Au vu de ce qu’on sait, Ferrand devrait être en prison.
      Fillon aussi. Et dix fois plus.

  6. L’indiscipline aveugle et de tous les instants fait la force principale des hommes libres, écrivait de son temps Alfred Jarry. Cette matière à discussion, reprise quelques décennies plus tard derrière et autour des barricades de Mai 68, fait de nos jours hurler d’effroi certains apôtres aux propos lénifiants et moralisateurs.
    Si ce pays est « assurément » incapable de s’extraire de ce « trente-sixième dessous », c’est bien parce que la condition sociale de toujours trop de concitoyens rappelle encore celle peu enviable où l’on décédait sous les coups de grisou : http://fetidadour.blogspot.fr/2017/04/le-36ieme-dessous-bientot-boucau.html

    • Jolie citation Sirius (comme souvent les citations) mais l’indiscipline aveugle … produit aussi de l’indiscipline aveugle donc du grand n’importe quoi à la fin (car la masse n’est pas composée de Churchill, de Gaulle ou Che Guevara)

      La génération précédente avait fait la guerre mais aussi l’Europe. Quel sera le bilan de la génération 68 ?

      Qu’on fait nos parents si ce n’est jouir sans entraves (ça oui) et nous laisser un bon gros merdier à gérer en héritage (planète défoncée, inégalités sans précédent dans l’histoire etc etc ) ?

      Beaucoup de problèmes et peu de solutions.

      Gardons nous peut être de romantiser ces périodes qui mises en perspective de l’histoire récente de l’humanité (depuis JC ;o) ne sont finalement qu’assez anecdotiques.

  7. Vous avez raison Paul, ce n’est évidemment pas le quart et même parfois le tiers de notre électorat acquis au FN qui parviendra un jour à comprendre en quoi Churchill, de Gaulle, Che Guevara ou encore ce héros inconnu de l’indépendance algérienne qu’a été Maurice Audin, furent des indisciplinés notoires en regard des circonstances historiques et attentismes suicidaires qui caractérisèrent leurs temps.

    Partant de la constatation que c’est le suivisme aveugle qui a mené à deux reprises notre continent à la barbarie au cours du siècle dernier, je vous avoue craindre bien plus l’absence de convictions sincères et profondes d’un grand nombre de nos concitoyens qu’une indiscipline entêtée d’une minorité agissante d’entre eux.

  8. Cher Paul, l’article est fort long et n’apporte malgré cela pas d’analyse foncièrement nouvelle et/ou originale sur le phénomène « épistocratique » qui est également au cœur du débat du quinquennat Macron. Le constitutionnaliste Alexandre Viala avait dans une tribune du « Monde » de la fin 2017 développé quelque chose de convaincant et acerbe sur le même sujet : http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/10/18/le-macronisme-ou-le-spectre-de-l-epistocratie_5202341_3232.html

    Je ne peux à mon tour me retenir de remercier Jean-Yves pour la tribune d’échanges qu’il met ici à notre disposition.

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