À qui profite l’agitation ?

Les généraux ont toujours besoin de fantassins pour aller à la guerre. La seule question qui vaille est de savoir pourquoi la mairie et le camp Blanco mettent en péril le BO par leurs prises de position publiques. 

respectbuteurs

Le message affiché sur l’écran du Montpellier Hérault rugby.

Tous ceux qui fréquentent les stades de Top 14 ou de Pro D2 ont déjà vu sur les écrans géants ces messages projetés au moment des pénalités « Merci de respecter les buteurs » ou « Merci de respecter l’ensemble des acteurs du jeu ». Et tous ceux qui ne sont pas dans une loge, coupe de champagne à la main, savent qu’il y aura toujours à ce moment un petit malin dans les tribunes qui imitera le cri du corbeau pour jeter un mauvais sort au buteur adverse. Comme si, un joueur de rugby professionnel de haut niveau, habitué à tenter plus d’une centaine de coups de pied, chaque semaine à l’entraînement, pouvait se laisser perturber par cette agitation puérile !

Vous avez tous souri, la semaine dernière en voyant François Hollande, grosses joues et petites blagues retrouvées, dédicacer avec un plaisir évident au Centre Leclerc de Plerin « Les leçons du Pouvoir » et ne pas résister à jouer les corbeaux en balançant des piques sur son successeur. Démonstration qu’il n’a jamais réussi à endosser le costume présidentiel, car quelqu’un qui a exercé le pouvoir suprême pendant cinq ans et qui en connaît les difficultés, ne devrait jamais s’abaisser à de telles facilités.

BrusqueQu’est donc allé faire Nicolas Brusque, ex-président du BO sur le parking du BO devant des caméras ? L’ancien arrière du Biarritz Olympique, accompagné de Jean-Baptisite Aldigé, démontre avec cette faute de goût que, tout comme François Hollande, il n’a vraiment pas l’étoffe d’un président. Car, quand on aime un club qui traverse une zone de turbulences et se trouve dans une période de négociations difficiles, on ne fait rien, on ne dit rien qui puisse lui nuire… sauf si on est dans une guerre de pouvoir.

(Pour ceux qui n’ont pas vu : https://www.youtube.com/watch?v=puSEfU9Nyt8)

Magnifiques et authentiques supporters

Heureusement le Biarritz Olympique compte de magnifiques et authentiques supporters, d’une sincérité touchante dans leur amour du club. Prenez par exemple l’organisateur de cette manifestation, Jean-Alexandre Barrère et lisez les innombrables réactions de ceux qui le suivent sur Facebook pour mesurer la passion qui anime tous ces gens qui se saignent parfois aux quatre veines pour pouvoir s’offrir les matches. Dans son orthographe si personnelle, Jean-Alexandre Barrère semble estimer que l’article publié dans ce blog, « BO : Le drôle de jeu de Veunac et Blanco » a eu douze lectures (Six seulement, Jean-Alexandre !) et que le but de cet article est une récupération politique. Un propos qui me fait rire, car j’ai toujours dit que j’étais journaliste et que je ne ferai jamais de politique ! Et je crois vraiment aimer le rugby.

Commentaire JA Barrère

Parfois, les commentaires de ces mêmes supporters me vont droit au cœur, même s’ils se veulent satiriques. Ce doit être mon tempérament « bonne pâte », comme l’écrit Aurélia Barella qui se définit comme « Passeuse de livres » et qui a la « patte satirique » bien involontaire, mais j’ai rougi du compliment quand on trouve « digne de Mediapart » ce torchon de Bisque, Bisque, Basque ! »

Digne de Mediapart

Et puis on découvre aussi des supporters plus lucides qui s’interrogent sur la gestion Blanco-Brusque, sur le déficit chronique du club et se demandent si le tandem, soudainement réconcilié Blanco-Gave peut représenter une solution d’avenir.

Réaction anti Blanco

Qu’ils me soient hostiles ou qu’ils apprécient ce que j’écris, je les adore ces supporters, car ils sont passionnés et sincères tout comme moi. Et ils sont incontestablement le plus merveilleux actif du BO. Même si certains ont des stratégies très personnelles comme on le découvrira sous peu.

Un deal très clair

Benoît RaynaudMon point de vue – Mais je n’ai pas de boule de cristal pour le confirmer ! – est que les deux camps sont en passe de trouver l’argent pour sauver le club et éviter la relégation. Face aux grands moulinets de Brusque et Aldigé, j’ai apprécié le courage du président Raynaud qui n’a pas fui ses responsabilités et est venu s’expliquer dans ce qui ressemblait sérieusement à une embuscade. Écoutez bien ce qu’il dit : « Si l’argent n’est pas trouvé avant l’assemblée générale du 6 juin, je partirai ainsi que Ledoux et Gufflet ». Ce qui veut dire que le tandem Blanco-Gave aura les coudées franches pour le plus grand plaisir de la mairie. On ne peut être plus clair. Ensuite, il n’y a pas besoin d’avoir fait une école de commerce pour comprendre qu’un sponsor ne peut pas être annoncé tant que le contrat n’est pas signé. Quand on a l’esprit rugby, on ne siffle pas le buteur adverse. Quand on aime le BO et qu’on veut le soutenir, surtout dans les moments difficiles qu’il traverse, la seule attitude possible est d’attendre les échéances fixées pour voir qui dit la vérité.

Des politiques à la manœuvre…

Et la vraie question à se poser est de se demander à qui profite l’agitation actuelle ? Bien sûr que ce dossier est politique quand on sait que nombre de négociations sensibles de la Ville se traitent dans les tribunes présidentielles, les soirs de match, comme en témoigne cette étrange tentative de Veunac de convaincre son conseil municipal de racheter 400 000 euros le local à Kleber que le promoteur Mindurry n’avait pas réussi à vendre ! Bien sûr qu’une relégation possible du Biarritz Olympique, club emblématique du monde de l’Ovalie, concerne tout le monde du rugby, surtout quand un Serge Blanco, candidat évincé à la présidence de la fédération française de Rugby, éprouve sans doute des envies de revenez-y !

Les guerres sont toujours le fait des généraux. Mais, comme ces galonnés détestent le plus souvent se salir les mains, il leur faut des troupes pour servir de chair à canon. Et les manipuler un peu pour qu’elles aillent se faire tuer en chantant.

Cette prise de position indécente de Veunac pour le camp Blanco-Gave, ces politiques qui se rallient soudainement, ce tintamarre médiatique ne sont que des postures pour reprendre le pouvoir et faire fuir d’éventuels sponsors d’envergure susceptibles de rejoindre Ledoux et Gufflet. Et les bobards racontés à longueur de journée, comme le prétendu salaire de Raynaud, ne sont là que pour créer une agitation propre à décourager les sauveurs potentiels.

Provisoirement au moins, on vous épargnera le nom des politiques locaux qui assurent les deux camps de leur soutien, même si c’est pitoyable et l’on se contentera de l’exemple de Max Brisson.  Le sénateur parle sur son Facebook d’un « curieux papier ». Bisque, Bisque, Basque ! va donc se faire un plaisir de « décoder » son soutien au camp Blanco.

Max Brisson facebook

En 2014, le candidat aux élections municipales battu par Michel Veunac s’était fâché avec Serge Blanco. Max Brisson a toujours estimé que cette fâcherie lui avait coûté le poste de maire. Depuis 2017, Max candidat-à-tout se retrouve dans ses petits souliers sénatoriaux. Élu d’extrême justesse aux sénatoriales (Il a même cru un instant avoir perdu), Max voit arriver avec inquiétude la réforme constitutionnelle qui va ramener de trois à deux le nombre des sénateurs dans les Pyrénées-Atlantiques.

Sachant qu’il mourrait dans les trente secondes s’il se retrouvait sans mandat, il commence donc à mettre des fers au feu dans l’optique des élections municipales de 2020 (Ces informations ne sont pas de mon cru, elles sont racontées de façon désopilante dans La Semaine du Pays Basque sous la plume de la Marquise de Vérité). Lors des dernières fêtes de Hendaye, un ami charitable a placé le sénateur à côté de Serge Blanco pour un déjeuner de réconciliation. Et depuis Max ne jure plus que par Blanco.

Voilà les vraies raisons des prises de position de tel ou tel.

Le grand public ne doit pas être dupe et ne doit pas avaler des couleuvres grosses comme des ballons de rugby par amour de son club. Mes années L’Équipe sont loin derrière moi et je n’avais pas l’intention a priori d’écrire sur le BO. Mais j’ai été scandalisé de voir que le goût du pouvoir et les stratégies personnelles ou politiques pouvaient conduire des hommes à préférer le BO relégué en fédérale plutôt que sauvé et dirigé par des mains autres que les leurs.

En attendant l’heureuse réponse dont nous rêvons tous, une seule question à se poser.  Qui est le chef d’orchestre du bazar ambiant et à qui profite cette agitation ?

Une manifestation totalement « spontanée »

JABIl est attendrissant, ce Jean-Alexandre Barrère qui se présente comme un supporter désireux de sauver son club… Attendrissant, mais peut-être un peu plus coquin qu’il ne le dit ! Comme beaucoup de gens de sa génération, il laisse beaucoup de traces sur Internet de ses exploits. Le sémillant patron de la société « Appli pour tous », au capital social de 100 euros, fermée le 21 février 2018 (Source : societe.com), a en tous cas les moyens si l’on se fie au groupe Facebook « Pour tous ceux qui aiment le BO ». Le 18 mai dernier, Jean-Alexandre Barrère n’a pas résisté au plaisir d’adresser aux foules ébahies son billet d’avion pour Hong Kong. C’est probablement l’amour des Dim Sum, ces raviolis à la vapeur locaux, qui l’a conduit là-bas. Et c’est un pur hasard si le 24 mai, il organisait une manifestation « très spontanée » sur le parking d’Aguilera, flanqué de Brusque et d’Aldigé.

Billet d'avion JAB

Comme Jean-Alexandre Barrère se pique d’honnêteté intellectuelle, il va se faire un plaisir d’expliquer si sa passion du BO l’a conduit à ses frais jusqu’à Hong Kong ou s’il a accepté une invitation de la famille Gave.

BO : Le drôle de jeu de Veunac et Blanco

Alors qu’une solution de sauvetage semble possible pour éviter la relégation du Biarritz Olympique, la mairie et les « historiques » paraissent préférer un BO en fédérale à un BO sauvé par Ledoux-Gufflet-Raynaud.
Veunac marche sur l'eau

L’heureux temps où Veunac et le BO marchaient sur l’eau (Photo Claude Thetaz)

Ah, la belle époque où l’on pouvait proférer n’importe quelle absurdité sans que les journalistes puissent retrouver la trace de vos propos quelques mois plus tard ! Prenez par exemple Charles Gave, très remonté contre l’équipe Brusque-Blanco en février dernier : « Mes associés et moi n’aimons pas trop qu’on nous prenne pour des gentils garçons qui mettent de l’argent et qui ne demandent plus rien après. Nous ne sommes pas Serge Kampf. » Et, au cas, où les lecteurs de Sud Ouest (8/2/2018) n’auraient pas bien compris son propos, l’homme d’affaires vivant à Hong-Kong enfonce le clou : « Ce club – je ne dis pas qu’il est au bord du gouffre parce qu’il a des actifs incroyables – est quand même dans une situation de trésorerie qui avait tendance à devenir critique de façon récurrente. Ce n’était pas une façon de gérer. »

Michel Veunac, le 10 mai dernier, toujours dans Sud Ouest, prônait l’apaisement entre les différentes parties devenues irréconciliables.

Veuanc apaisement 02

Quel dommage que Veunac ne se relise pas, lui qui, au lieu de se contenter de la stricte neutralité que réclame sa fonction de maire, demande maintenant au trio dirigeant de « partir dans la dignité » pour laisser les coudées franches au duo improbable Blanco-Gave. Pour une fois visionnaire, il a bien compris que le combat pourrait se terminer avec « seulement des vaincus ». Et pour bien enfoncer les clous dans le cercueil du presque macchabée en rouge et blanc, c’est Louis-Vincent Gave qui en rajoute, avec des propos ahurissants (Sud Ouest », 21/5) : « Mon enthousiasme pour venir est très très très limité (…) Je ne suis pas basque, je n’ai pas de maison au Pays basque, je ne passe pas mes vacances au Pays basque… » avant de se lancer dans une diatribe contre l’équipe dirigeante actuelle qui « ne connaît rien au rugby ». À part « les actifs incroyables » évoqués par papa Charles, on se demande donc vraiment ce qui l’intéresse au BO.

Pas de doute possible, avec des propos aussi calmes et équilibrés, les sponsors vont se précipiter pour renflouer ce club où tout le monde tire dans le même sens !

La gestion Blanco-Brusque mise en cause par Bousquier

Bisque, Bisque, Basque ! n’est pas en capacité de juger des qualités du trio dirigeant et ne dispose malheureusement pas de 2,4 millions d’euros cachés au fond de sa tirelire pour sauver le BO. Ce qui ne l’empêche pas de s’agacer quand il entend des contre-vérités tranquillement énoncées par ceux qui veulent à tout prix voir partir le trio Ledoux-Gufflet-Raynaud. L’intérêt du club, mis en avant par tous, n’est qu’un alibi commode pour masquer une querelle d’argent et de pouvoir.

Ce n’est pas tout à fait un hasard si le camp des « historiques » s’est montré fort peu bavard au moment de l’éviction de Nicolas Brusque. En effet, le déficit actuel du club peut difficilement être imputé au trio dirigeant, arrivé depuis trop peu de temps. De même, la mort tragique de Pierre Bousquier, directeur du Biarritz Olympique, ne doit pas faire oublier la procédure toujours en cours. Si maître Romuald Palao refuse d’évoquer cette affaire devant la presse, la lecture de la requête devant le conseil de Prud’hommes rédigée par l’avocat est édifiante. Contrairement à ce qui a été dit, Pierre Bousquier n’a pas appris son licenciement la veille de sa mort. Depuis septembre 2017, il se savait sur la sellette et avait préparé sa défense avec maître Palao. Prudent, il avait aussi mis de côté des pièces révélatrices concernant la gestion, disons parfois très particulière, du BO.

Prud'hommes page

Une requête envoyée au tribunal de Bayonne, le 28 mars 2018, alors que le clan Blanco affirme que Pierre Bousquier a été licencié le 29 mars, ce qui est faux.

Quand Pierre Bousquier, par l’intermédiaire de son avocat, demande 280 000 euros au BO, c’est bien pour être indemnisé de ce qu’il a enduré du temps de Blanco-Brusque : les heures supplémentaires non payées, les congés non pris, le travail dissimulé (nombre d’heures de présence minorées sur la feuille de paie). Fort habilement, Serge Blanco a tenté de faire de Pierre Bousquier après son décès brutal un martyr, victime de la présidence Gufflet, mais personne ne s’était inquiété de son sort à l’époque où les « historiques » cohabitaient en paix avec les « Parisiens ».

De la même façon, la mairie et le camp Blanco relaient à plaisir des calomnies sur le président Raynaud qui prendrait 9 000 euros par mois pour diriger le BO. Pierre Bousquier touchait en tant que directeur 5 800 euros mensuel tandis que Nicolas Brusque était confortablement défrayé. Pour diriger le BO, et cumuler les fonctions de directeur et de président, Raynaud a dû suspendre son activité d’ostéopathe.

Selon des sources internes, qui semblent confirmer le propos de Bruno Ledoux, il touche actuellement un peu moins de 5 000 euros, ce qui dans le monde du rugby est tout à fait raisonnable. Question : pourquoi colporter de telles rumeurs, sinon pour discréditer les actuels dirigeants dans l’opinion publique ?

Prud'hommes rémunération

Le document qui prouve que Pierre Bousquier émargeait à 5800 euros par mois.

Les mauvaises habitudes de Serge Blanco

Entre ceux qui ne jurent que par Blanco et ceux qui souhaitent une gestion plus moderne, le débat est animé, chacun des salariés du BO craignant actuellement pour son avenir. Et comme dans ces périodes de tension, le club, comme toute entreprise en difficulté, est une passoire, de nombreuses informations et des documents se retrouvent entre les mains des journalistes. Documents à manier avec précaution, car ils peuvent être sujets à caution.

Serge Blanco, actuellement en Guadeloupe, n’a pu être contacté, mais il se fera un plaisir de répondre à Bisque, Bisque, Basque ! si les chiffres communiqués sont faux. Tout le monde se souvient du meilleur arrière du monde et de sa fidélité au BO. Tout le monde à Biarritz lui est reconnaissant, ainsi qu’à Marcel Martin, des trois titres offerts à la Ville. Mais autant le joueur fut magnifique, autant le chef d’entreprise a souvent dû être dépanné par Serge Kampf. Le château de Brindos et la thalasso d’Hendaye n’affichent pas des résultats mirobolants. Le problème est que Serge Blanco se sent chez lui au BO et s’exonère donc totalement des obligations qui incombent à toute autre personne.

Partenariat avec Blanco 2016- 2017

Ce document confidentiel distribué sous le manteau aux journalistes tendrait à prouver que Blanco ne paie rien pour les 32 places qu’il occupe à l’année. À lui de démentir si c’est faux, l’actuelle direction du BO refusant de communiquer sur le sujet.

Blanco dispose à l’année d’une loge de 18 places, de 14 sièges en tribune Kampf et de nombreux avantages comme son nom sur le ballon. Selon ce document distribué à la presse, sous la présidence de Nicolas Brusque, il n’aurait jamais rien payé.Selon plusieurs sources concordantes (Et ce sera facile à l’ancien dirigeant de démontrer le contraire si cette rumeur est fausse !), le groupe Serge Blanco n’a jamais signé le moindre contrat avec le club pour tous ces avantages. Comme un enfant qui se sert dans le frigo familial, il s’est gratuitement octroyé ce qui l’intéressait au sein du BO. Pour services rendus, sans doute. Même s’il a été un joueur exceptionnel, même s’il est actionnaire du club, est-ce tout à fait logique vingt-six ans après la fin de sa carrière sportive ?

Offre de partenariatClub Premium loge 2016-2017

L’offre de partenariat pour la saison 2016-2017 avec un tarif de 3 120 euros à l’année pour une place dans les loges semble valider le document envoyé aux journalistes.

D’après le document qui s’est « égaré » dans les mains de quelques journalistes, l’ensemble de ces prestations serait facturé 124 820 euros par saison à un client ordinaire. Quand il s’agit d’un actionnaire ou d’un client habituel, il peut bénéficier d’un tarif préférentiel qui réduit l’addition à 100 000 euros. Mais depuis 2013, le chef d’entreprise Blanco n’aurait jamais versé un centime à son club de cœur. À l’époque, il avait effectivement été question d’un « échange marchandise », les joueurs professionnels étant invités à bénéficier des bienfaits de sa thalasso hendayaise (Ce qui n’est pas loin de constituer un abus de bien social). Mais avec leur calendrier ultra-chargé, les joueurs se sont assez rarement égarés à Hendaye. Même s’il a énormément apporté à son club de toujours, est-ce que ces 500 000 euros au bas mot de prestations de relations publiques dont a bénéficié le groupe Blanco pendant cinq ans, n’auraient pas dû être versées au club qui en a bien besoin en ce moment ?

Info ou intox ? Une plongée dans la luxueuse plaquette éditée par le club à l’entame de la saison 2016, semble accréditer ces chiffres. Une place en loge premium coûte 3120 HT à l’année. Si l’on multiplie par 18 personnes, on obtient bien 56 160 euros et avec une remise de 20% pour ceux qui restent fidèles d’une saison sur l’autre au BO, un coût de 47 250 euros. Interrogé par téléphone, le président Benoît Raynaud est visiblement embarrassé et « refuse de répondre pour ne pas entretenir de polémiques » Mais « sans être certain des chiffres avancés, puisqu’ils concernent la présidence Brusque », il concède qu’ils lui paraissent réalistes. Et quand on lui demande si Blanco paie désormais pour ses places de stade, il se contente d’un vigoureux « Joker ! » Au final, cette haine entre le clan Blanco et le clan Ledoux cacherait-elle une vulgaire histoire de gros sous ?

Un gros sponsor dans le viseur

Le sort du prestigieux club de la Côte basque ne peut laisser indifférent le monde du rugby. Ledoux et Gufflet ont un carnet d’adresses qui vaut largement celui des Gave père et fils. Un très gros poisson se montre intéressé, tout à fait susceptible de sauver durablement le BO. Ce sponsor potentiel, en négociation actuellement avec le trio dirigeant, ne demande qu’une chose, fort légitime : arriver dans un climat serein et apaisé.

Les convocations pour une assemblée générale prévue le 6 juin, permettant d’annoncer que les 2,4 millions d’euros manquants ont été trouvés, sont déjà parties. Contrairement à ce qu’affirment les « historiques », le calendrier est serré mais jouable. À condition que Veunac et Blanco, comme des paysans pourchassant les merles de leurs cerisiers, ne fassent pas délibérément du tintamarre pour faire fuir le sponsor. Dans leur détestation de l’équipe dirigeante actuelle, dans leur volonté de reprendre le contrôle du BO, et des avantages qui vont avec, sont-ils prêts à laisser le club être relégué en fédérale 1 plutôt que de le voir sauvé par des gens qu’ils détestent ? Nous allons le savoir sous peu.

 

 

Les sous-doués refont la Côte des Basques

Âneries, bévues, rafistolages… L’aménagement de la plus belle plage de France, selon Trip Advisor, est emblématique de la façon de travailler de la mairie. Et les coûts s’envolent !

On pose un dallage, puis on le casse… avant de décider qu’il est trop rugueux et qu’il faut le polir.

Faire venir de Grèce à grand frais une pierre rugueuse, comme si le Pays basque en manquait, et s’apercevoir une fois posée qu’elle est inadaptée et qu’il faut la rendre lisse… Si par hasard le cinéaste Claude Zidi, après « Le grand Bazar » tourné avec les Charlots, mais aussi « Les sous-doués » et « Les sous-doués en vacances », décide de reprendre la caméra, nul doute qu’il viendra à Biarritz et qu’il n’aura guère à se creuser la tête pour écrire son scénario, tant nos élus municipaux sont en train de devenir « Les rois du gag ». Récit d’une série de bévues, âneries et autres calembredaines, qui dure depuis sept mois, tandis que la moutarde commence sérieusement à monter au nez des riverains et des contribuables.

C’est vraiment utile de voir l’océan ?

Erreur sur le muret, trop surélevé. Pour que les petits puissent voir l’océan, il a fallu installer une disgracieuse marche.

L’inspection municipale des travaux pas finis a encore frappé. Sur le côté de la Côte des Basques, on ne rehausse pas le muret et tant pis pour l’esthétique.

Première surprise à la fin de l’année 2017 pour les habitants du Sunset et autres promeneurs habitués de la Côte des Basques. Le muret, qui avait été malmené par les assauts de l’océan, est réhabilité… et rehaussé de vingt centimètres. Tous ceux qui sont dotés d’une taille moyenne et ne peuvent plus voir le paysage s’étonnent, mais la réponse est catégorique « C’est la loi ! » Sauf que ce n’est pas la loi, mais une erreur du maître d’œuvre. Dans un cas comme celui-là, pour peu qu’on soit un particulier en train d’aménager sa maison, on demande à ce que l’erreur soit réparée. Mais pas à Biarritz ! « ça coûte trop cher, déclare le grand argentier Lafite. Et puis d’abord j’arrive très bien à m’asseoir sur le muret » Tout le monde n’étant pas aussi sportif et athlétique que notre premier adjoint, décision est donc prise de construire une petite marche du plus bel effet esthétique, un « hausse-mioche » pour permettre à ceux qui regardent Nicolas Sarkozy dans les yeux plutôt qu’Édouard Philippe, d’avoir eux aussi accès à la mer. Et puis, comme le muret rehaussé n’avait pas été terminé, on arrête les frais dans le virage avant la Côte des Basques. Après tout, les petits, s’ils veulent admirer l’océan, n’ont qu’à se mettre sur le côté et les grands au centre. Combien aura coûté cette fantaisie charmante ?

Des bancs montés sur échasses ?

C’est tout le mobilier urbain qui est maintenant à revoir avec cette bévue. Dans le projet municipal daté de septembre 2017, des bancs étaient implantés un peu partout. Avec ce mur rehaussé de vingt centimètres, les touristes n’auront pour seul horizon que le béton. Une façon de les dépayser et de leur donner le sentiment qu’ils font face au mur des lamentations ?

Belle image, mais qui ne correspondra pas tout à fait à la réalité. Les utilisateurs de bancs publics auront pour seul horizon un mur.

Autre solution, appeler à l’aide nos amis landais pour qu’ils conçoivent d’urgence des bancs avec échasses afin de permettre à tout le monde de voir la mer. Décidément, cette municipalité a un problème avec les bancs. Avenue de l’impératrice Eugénie, à proximité du phare, les bancs ont été installés dos à la mer et face à la route, avec vue sur le Regina. Mais il est vrai que lorsqu’on a l’habitude de se faire dorloter à L’Hôtel du Palais, on ne fréquente pas les bancs publics.

Ah, zut, on n’avait pas prévu la pluie !

Amenée à grands frais de Grèce, la quartzite verte utilisée est très spectaculaire… tant qu’on ne marche pas dessus.

De la quartzite verte et rien d’autre ! Quand il fait ce choix de matériau, Michel Veunac est mis en garde par plusieurs architectes, qui lui affirment que cette pierre est parfaite pour un dallage de jardin mais absolument pas adaptée à un passage grand public. Sociologue de formation, le maire est à l’évidence le mieux placé pour décider en matière d’architecture… Et avec Destizon, jadis chargé de travaux dirigés à la fac de Bordeaux, le voilà bien secondé. Quand les premiers dallages sont posés, Veunac invite régulièrement ses visiteurs à venir contempler « son » œuvre, et, comme Borotra en son temps, se pâme sur son propre talent de visionnaire. L’illusion durera jusqu’aux premières pluies !

Après des mois de novembre et décembre plutôt secs, les grandes dépressions atlantiques de janvier et de février, alors que le pavement est terminé, vont transformer le boulevard du Prince de Galles en magnifique piscine presque olympique. Et après, on dira que Veunac ne tient pas ses promesses électorales !

Veunac tient ses promesses et offre une piscine olympique aux riverains de la Côte des Basques.

Catastrophe, il faut donc casser le dallage à plusieurs endroits pour prévoir un système d’écoulement. Ce sont les ouvriers espagnols qui sont contents (Parce que, bien évidemment, la Ville ne fait pas appel aux entreprises locales). Voilà des jours rémunérés en plus. Et ce n’est pas fini, car le réaménagement de la Côte des Basques va tourner à la Saint-Barthélémy !

À peine posé, il faut recasser le dallage, pour permettre des écoulements d’eau.

Secouez-moi ! Secouez-moi !

Depuis une semaine, deux malheureux ouvriers espagnols s’efforcent de polir au marteau et burin le dallage.

Bien entendu, avec tous ces aléas, les travaux sont en retard et les touristes des ponts de mai, qui bravant les FPS, ont l’inconscience de vouloir s’aventurer jusqu’à la Côte des Basques, vont aller de surprise en surprise. La chaussée étant devenue impraticable, les voitures roulent… sur le pavement et slaloment entre les piétons ! Et ne parlons pas des bébés en poussette ou des handicapés en fauteuils roulants. La quartzite, avec ses aspérités, s’avère terrible pour tous les objets roulants identifiés (Elle sera redoutable aussi pour les pieds des surfeurs sortant de l’eau). Les têtes brinqueballent, les bébés pleurent, les malheureux parents au désespoir, prennent les poussettes à bras le corps pour éviter le syndrome du bébé secoué, et les handicapés n’en peuvent mais et jurent un peu tard qu’on ne les y reprendra plus !

D’où ce spectacle surréaliste auquel assistent, médusés, les riverains de la Côte des Basques, depuis lundi dernier. Les ouvriers espagnols qui avaient passé tant de temps à poser les rugueuses dalles de quartzite, se retrouvent maintenant obligés au marteau et au burin de tenter de les rendre lisses. Même au bagne de Cayenne, on n’aurait pas osé imposer cela aux détenus ! Et il ne fait guère de doute que le résultat sera totalement médiocre. Pour quel surcoût supplémentaire ?

Les mauvaises surprises ne sont pas finies…

Le document qui n’aurait jamais dû quitter la mairie…

Contrairement à ce que montre l’image, les gradins seront réservés aux cochons de payants.

Les riverains de la Côte des Basques pensent être au bout de leurs peines… Ils ont tort ! Ce document qu’une bonne âme a prêté à Bisque, Bisque, Basque ! n’aurait jamais dû sortir de la mairie. Intitulé « Aménagement de la Côte des Basques » et daté du 23 janvier 2018, il recèle quelques trouvailles, comme le prouve cette affriolante image de synthèse, présentant des vacanciers heureux baguenaudant devant le restaurant Le Surfing. À gauche, des gradins, permettront à tous de « couper » avec la vie professionnelle et de respirer un grand coup devant un des plus beaux panoramas du monde. C’est compter sans nos grippe-sous municipaux, qui, après avoir rançonné les automobilistes sont bien décidés à ponctionner les touristes jusqu’à la moelle. Le touriste en visite Côte des Basques aura le droit de marcher et c’est tout. Si l’idée incongrue de s’asseoir sur les gradins lui vient, il verra une horde de serveurs se précipiter sur lui pour lui demander ce qu’il veut boire ou manger. Car, ces gradins, ne seront pas « offerts » aux visiteurs, mais transformés en concessions municipales pour ponctionner les derniers fifrelins des visiteurs. Envoyez la monnaie !

Après une liste de bourdes municipales, toutes plus coûteuses les unes que les autres, qui illustre bien la façon dont les dossiers sont menés à Biarritz, il est effectivement assez logique de se payer sur la bête. Claude Zidi n’a pas de souci à se faire avec son prochain épisode des « Sous-doués à Biarritz ». Il va faire un triomphe.

Claverie matraque d’abord et réfléchit ensuite

Consternante intervention de l’adjoint à la Réglementation expliquant à Sud Ouest que la mairie impose le stationnement sans concertation avant de réfléchir et discuter.

Un lecteur de Bisque, Bisque, Basque ! a adressé un message à ce blog en reconnaissant Peio Claverie. C’est à cause de lui qu’enfant, il n’a pas appris le Basque et convaincu sa mère d’arrêter l’ikastola, tellement il était terrorisé par l’enseignant Claverie. On se demande bien pourquoi.

Reconnaissons d’abord une qualité à Peio Claverie, si souvent l’objet de railleries dans ce blog : quand, du fait de son impréparation et de la fronde locale qui perdure, le dossier stationnement sent le roussi et que Veunac et Lafite se planquent, l’adjoint à la réglementation fait front courageusement et répond aux questions des journalistes. Passionnant dossier que celui de Sud Ouest, publié ce matin sous la signature de Raphaëlle Gourin. Les lecteurs peuvent découvrir l’usine à gaz qui est en train de se bâtir autour du stationnement, avec ses cinq zones, ses multiples variantes forfaitaires et, cerise sur le gâteau, se tordre de rire en lisant les réponses pour le moins emberlificotées de Peio Claverie. Bisque, Bisque, Basque ! ne va d’ailleurs pas manquer de lancer un financement participatif pour offrir à l’adjoint à la Réglementation les boîtes d’aspirine qu’il mérite.

Pour commencer, c’est un peu l’histoire du CRS qui se plaint d’avoir mal au bras quand il matraque la tête des manifestants. Peio Claverie essaie d’apitoyer la population sur son dur métier d’adjoint : « C’est d’abord très compliqué à mettre en place ! C’est compliqué pour nous. Et pour les gens aussi ! » Il y avait pourtant un moyen bien facile de se simplifier la vie en créant des zones bleues permettant aux Biarrots de faire leurs courses et en laissant le stationnement gratuit l’hiver quand Biarritz est un village… Mais là, ce n’était sans doute ni assez compliqué ni assez rentable. La Ville rançonne les citoyens de façon éhontée et l’équipe dirigeante voudrait en plus qu’on la plaigne.

Il est fort, ce Claverie !

Le dossier, dans Sud Ouest du 18 mai.

Peio Claverie, qui nous a déjà habitué à ses fulgurantes approximations, enchaîne sur ce qui parait être un gros bobard. « Nous sollicitons Streeteo plusieurs fois par jour quand des problèmes sont soulevés par les usagers et ils sont résolus en direct » Pas de doute, il est vraiment fort, ce Claverie, puisque la direction de Streeteo a été modifiée plusieurs fois et que partout en France les agents sur le terrain se plaignent de ne jamais réussir à obtenir le contact avec leur direction. Mais Streeteo sait visiblement reconnaître qui est important et qui ne l’est pas.

N’étant pas à une contradiction près, Claverie, l’homme qui appelle Streeteo plusieurs fois par jour, fait semblant de découvrir « la prime d’objectif », versée par Streeteo à ses agents. Le vertueux édile s’indigne. Cette politique de stationnement n’a été menée que pour le bien des Biarrots et en aucun cas pour rançonner le contribuable. La plus belle preuve ? « La récolte de FPS part dans les caisses de l’EPCI pas dans celle de la mairie ». Encore mieux ! Ce n’est plus une mairie, mais Ubu-au-pouvoir : on met la ville à feu et à sang, on détruit à petit feu le commerce, on incite les touristes à ne plus venir comme l’a affirmé Michel Veunac à une visiteuse un jour de manifestation, et tout cela pour l’amour du sport, pour faire plaisir à Anglet et Bayonne qui non seulement profitent des touristes éconduits mais en plus touchent de l’argent sur les procès-verbaux payés par les Biarrots. Devant un tel sens de la gestion et une telle défense des intérêts des Biarrots, on ne peut qu’incliner son chapeau bien bas.

Reste enfin le plus drôle pour la fin. « Le système n’est pas figé dans le marbre. Nous interrogerons toutes les parties à l’automne pour améliorer les choses » poursuit l’inénarrable Claverie. Trois pékins, qui ne paient pas leur stationnement en tant qu’élus et dont l’un, Peio Claverie, n’habite même plus Biarritz, décident en catimini, sans même en parler au conseil municipal, de signer un contrat à 1,5 million d’euros avec Streeteo, et, l’automne venu, quand des dégâts irréparables ont été commis et que les touristes, écœurés de s’être fait verbaliser les jours fériés de mai, sont partis à Anglet ou ailleurs, se décident à réfléchir. Et on fait comment pour dénoncer le contrat signé pour deux ans ? Mais quel talent ! Quelle hauteur de vues ! Franchement, ce serait un crime électoral que de ne pas accorder à des élus aussi visionnaires un nouveau petit mandat de six ans en 2020 !

Rendre à Streeteo, ce qui est à Streeteo

De l’avis de tout le monde et même si les prunes tombent actuellement presque intensément que les gouttes de pluie sur les Biarrots, les agents de Streeteo Biarritz ne la jouent pas trop cow-boy aux « pouces magiques », comme se qualifient eux-mêmes les agents parisiens capables de balancer une prune en quatorze secondes, et gardent une certaine humanité malgré leurs obligations chiffrées. Mais Bisque Bisque Basque ! n’a pas été sans noter l’hypocrisie de la mairie qui s’efforce de charger Streeteo quand les choses vont mal. Les recrues biarrotes sont là pour verbaliser… et rien d’autre. Les parcmètres, récupérés à la casse et incapables de fonctionner dans les délais, ce dont personne ne se plaindra, ne sont pas de leur fait. Les adhésifs qui se décollent non plus. Et l’incohérence de la communication de la Ville sur ce sujet, pas davantage.

La solitude du lanceur d’alerte

Lorsqu’un citoyen dénonce des faits qui s’avèrent exacts, il s’écoule souvent beaucoup trop de temps avant que la Justice ne lui donne raison.

Dominique de La Mensbruge, à gauche, avec son avocat maître Sagardoytho, en pleine conversation avec la presse après l’audience.

Peut-on dénoncer des faits avérés avant que la Justice ne les reconnaisse comme tels, sans risquer d’être traduit en diffamation ? C’est toute la problématique du passionnant procès qui a opposé, mardi au Tribunal de Grande Instance de Bayonne, Dominique de La Mensbruge, l’un des fondateurs de Ramdam 64-40, et l’ancien maire de Lahonce Bruno Guignard, à neuf des dix-neuf membres du conseil municipal de Lahonce, les accusant de diffamation. Et c’est toute la question du temps de la Justice qui n’a rien à voir avec celui des hommes, de la solitude du lanceur d’alerte obligé de prendre tous les risques pour tenter de dénoncer des faits qui ne seront juridiquement éclaircis que des années plus tard, qui a été posée.

En juillet 2010 et avril 2011, le conseil municipal de Lahonce modifie de façon substantielle le PLU et laisse deux élus, directement concernés par ces modifications, participer au vote. Les élus ne se contenteront pas d’une poignée de cacahuètes puisque leurs terrains agricoles, devenus miraculeusement constructibles, seront vendus pour un montant de 626.000 euros pour Jean-Marie Instaby, et 775.000 euros pour Jean-Marie Saldiboure. Une affaire qui n’est pas sans rappeler celle d’Odile de Coral à Urrugne.

Une liste un peu baroque de plaignants

Candidat à la mairie de Lahonce et soutenu par l’ancien maire, Dominique de La Mensbruge, dans deux tracts intitulés « Lahonce renouveau », rédigés par l’ensemble de son équipe, va dénoncer ces pratiques, parlant « d’exactions du maire » et estimant que ces élus « ont profité largement et abusivement de leurs mandats pour satisfaire leurs propres intérêts et ceux de leurs familles ».

En 2014, Saldiboure et Instaby portent plainte, bientôt suivis par le maire Pierre Guillemotonia et six autres conseillers, Bertrand Fouque, Jean-Marie Darrigol, Bernard Padeloup, Patrick Lembeye, et Mesdames Martine Charron et Sandra Laurent.

Pendant ce temps, à pas tranquilles, la Justice fait son travail et, après une relaxe au tribunal de Bayonne, condamne en Cour d’appel de Pau, le 18 février 2016, Messieurs Instaby et Saldiboure à cinq mois d’emprisonnement assortis du sursis et à une amende de 40.000 euros chacun pour prise illégale d’intérêt.

Quatre jours plus tard la Cour de cassation confirmera le jugement devenu définitif.

Maire Gense en discussion avec le maire de Lahonce, veste marron.

L’audience commence par un coup de théâtre puisque Jean-Marie Instaby, par l’intermédiaire de son avocat maître Gense, fait savoir qu’il se désiste. Motif évoqué un peu plus tard « Compte-tenu de l’ancienneté des faits et de sa condamnation, Monsieur Instaby préfère se désister pour ne pas affaiblir la partie civile » Pourquoi diable alors Jean-Marie Saldiboure, dans la même situation qu’Instaby n’en a-t-il pas fait autant ? Mystère ! Pourquoi diable neuf seulement des dix-neuf élus se sont portés partie civile, certains n’étant même pas cités mais ayant « cru » se reconnaître ? Deuxième mystère.

Ancien officier de marine, Dominique de La Mensbruge assume totalement ses responsabilités de tête de liste. Il a inspiré et supervisé tous ses écrits, même s’il n’en est pas directement l’auteur. Position courageuse, car le lanceur d’alerte a été victime en décembre 2013 d’un grave accident de voiture qui lui a valu un long séjour à l’hôpital et il aurait fort bien pu se défausser.

Deux gaffes superbes

Maître Gense avocat d’une partie civile hétéroclite et clairsemée, car la plupart des élus qui ont porté plainte ne sont pas venus, va alors prendre la parole et commencer par une gaffe monumentale. L’avocat, que l’on a connu plus inspiré, ne manifeste pas une grande connaissance de son dossier en s’étonnant de l’absence de l’ancien maire Bruno Guignard, avant de découvrir que ce dernier vient d’être victime d’un AVC. Et comme si une gaffe ne suffisait pas pour mettre en joie l’assistance, plusieurs fois rappelée à l’ordre par une présidente qui mène avec beaucoup d’habileté les débats, maître Gense va enchaîner par une question plutôt surprenante à l’adresse de Dominique de La Mensbruge : « Vous avez un attachement à cette commune ? » Colère de l’ancien officier : « Mon grand-père a été maire de cette commune, mes parents y sont enterrés et je souhaite moi-même y mourir ».

Le maire de Lahonce ne « couvre » pas, il « accompagne » !

Tentant de rattraper ses débuts plutôt hasardeux, maître Gense interroge alors l’actuel maire de Lahonce Pierre Guillemotonia. Totalement mal à l’aise, presque inaudible, le maire affirmera que « les mots l’ont blessé » avant de partir dans des explications tortueuses sur la modification du PLU réalisée par sa commune. Il n’a pas « couvert » ses adjoints, mais les a « accompagnés » … Ce qui est bien pire en bon français !

Il ne reste plus à maître Gense qu’à dérouler des arguments bien prévisibles pour tenter de convaincre la Cour. « Les élus de Lahonce sont constamment au front. Certains d’entre eux ont sacrifié leur vie professionnelle (…) Dans cette affaire, les élus se sont abstenus alors qu’ils auraient dû s’absenter » Avant de sortir cet argument choc, démontrant à ses yeux la probité des élus : « Ils ont voté des taxes qu’ils ont eux-mêmes payés » C’est bien la moindre des choses dans une République ! Et il est vrai que lorsqu’on vient de vendre un de ses terrains pour 750 000 euros, on a un peu de marge.

Alerter les citoyens quand des illégalités sont commises

Alors que le ministère public s’en réfère à la sagesse de la Cour, maître Sagardoytho, tranchant et précis, s’engouffre dans le boulevard qu’il a devant lui : « Diffamation ou injure publique ? On ratisse large. Certains s’estiment identifiés alors que pour les autres, ce n’est pas le cas. Ne pensez-vous pas qu’il soit légitime d’alerter les citoyens que des faits illégaux ont été commis. Que préfère-t-on ? Que ça ne se dise pas ? Les citoyens ne cessent de dire qu’ils ne supportent plus la langue de bois. Ce qu’ils ont écrit ne sont pas des invectives personnelles ni des injures calomnieuses et gratuites mais des propos qui s’inscrivent dans le débat démocratique »

Le jugement sera rendu le 3 juillet prochain. À la sortie du tribunal, le maire de Lahonce, Pierre Guillemotonia, se sent obligé d’en rajouter une couche : « Je suis persuadé que Monsieur de La Mensbruge sera candidat aux prochaines élections municipales » Comme si cela excusait les petits arrangements entre amis vécus pendant le mandat de l’actuel maire !

Pas d’aménagement de peine pour Cahuzac

Avec deux ans de prison ferme en appel, Jérôme Cahuzac pourrait bénéficier d’un aménagement de peine. Une clémence qui passerait mal dans l’opinion publique qui y verrait une Justice à deux vitesses.

Pour le malin Dupont-Moretti, Cahuzac, son client, doit être traité comme n’importe qui d’autre. Mais Jérôme Cahuzac est-il n’importe qui ?

Tout le monde le sait, les prisons françaises, par leur vétusté, ont de quoi faire frémir les caractères les plus trempés. Avec 113 prisonniers pour 100 places (source : lefigaro.fr), la France est le mauvais élève de l’Europe et il n’est pas rare que trois ou quatre détenus se retrouvent dans une cellule de douze mètres carrés. Il est donc tout à fait normal que l’ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, fasse tout pour éviter de passer par la case prison et que son conseil, maître Dupont-Moretti, plastronne à la sortie de l’audience de Cour d’appel de Paris condamnant son client à 300 000 euros d’amende et quatre ans de prison, dont deux avec sursis : « Il n’y a aucune raison que Cahuzac soit plus mal traité que n’importe qui d’autre. ». Et pour que Jérôme Cahuzac n’aille pas en prison, Dupont-Moretti précise même que son client « offre de bons gages de réinsertion ».

Discours logique, mais qui mérite tout de même quelques sacrés bémols. Personne ne doute qu’un ancien ministre doit avoir encore quelques copains et que sa réinsertion ne doit guère poser de problèmes. Mais le grand public va sans doute » trouver qu’il y a quelque chose d’un peu « miraculeux » dans le parcours de l’ancien ministre. Condamné en première instance à trois ans ferme, ce qui l’envoyait automatiquement en prison, Jérôme Cahuzac voit sa peine réduite à deux ans ferme, c’est-à-dire le seuil limite pour pouvoir négocier sa peine.

L’homme à qui on aurait donné les îles Caïmans sans confession…

Bisque, Bisque, Basque ! ne souhaite à personne d’avoir à goûter aux « joies » d’une prison française. Mais il s’agit tout de même d’un ministre de premier plan, chargé de traquer les fraudeurs, et qui « les yeux dans les yeux » a affirmé à la représentation nationale n’avoir jamais eu de compte à l’étranger. Le très rusé Dupont-Moretti, quand il compare Cahuzac à « n’importe qui d’autre » est parfaitement conscient qu’il se moque du monde. L’ex-député du Lot-et-Garonne n’a pas seulement triché avec le fisc, il a souillé l’image que les Français se font de la vie publique et, tout comme Fillon, mérite d’être puni avec la plus extrême sévérité.

Par son statut d’ancien ministre, Cahuzac, s’il va en prison, bénéficiera de fait d’un aménagement de peine, puisqu’il aura droit à une cellule isolée, ce qui n’est pas le lot de tout le monde. Patrick Dils, innocent emprisonné pendant quinze ans, a subi des violences et sans doute des viols comme il le laisse entendre désormais, de la part de ses codétenus. Jérôme Cahuzac, ancien ministre, peut déjà s’estimer heureux d’échapper à cela, alors que la prison devrait être la même pour tous les citoyens, qu’elle que soit leur classe sociale. Carrignon, Tapie ou Le Floch-Prigent avant lui, ont connu le même parcours et en sont sortis bonifiés.

On espère donc que le juge d’application des peines, conscient du désastreux message qui serait envoyé à tous les Français s’il se montrait clément, ne cèdera à aucune pression et enverra Jérôme Cahuzac où il doit être. C’est-à-dire en prison.

Des élus menteurs comme des arracheurs de parcmètres

Contrairement à ce qui avait été affirmé en plein conseil municipal, les agents de Streeteo Biarritz touchent bien une prime d’objectif.

Le 8 mai était ensoleillé : Streeteo s’est offert une razzia avec les malheureux touristes qui ont cru, en toute bonne foi, que le stationnement était gratuit un jour férié.

Encore un gros mensonge de la Ville, un de plus diront les Biarrots qui suivent l’actualité municipale. Michel Veunac et ses deux complices Guy Lafite et Peio Claverie nous avaient juré que le contrat passé en douce avec Streeteo n’avait pour but que d’augmenter « le taux de respect » des citoyens pour le stationnement payant. La belle blague ! En effet, un document qui a circulé sur les réseaux sociaux (consultable sur www.indeed.fr) et en particulier sur l’excellente page Facebook « Biarritz notre ville » démontre que nos élus sont prêts à mentir sans vergogne pour faire passer en force ce nouveau plan de stationnement.

Compte-tenu des turbulences autour de Streeteo, les candidats verbalisateurs ne se bousculent pas pour venir se frictionner avec les locaux et les touristes tout l’été. Streeteo doit donc déployer tous ses atours pour convaincre les naïfs qu’ils se préparent à exercer le plus beau métier du monde. Vous admirerez la description du poste, nécessitant « le sens du service et de la relation client ». Qu’en pensent les verbalisés du 8 mai, qui, ignorant de bonne foi que les jours fériés sont désormais payants à Biarritz, se sont vus décerner de jolis FPS à 30 euros ? Si l’objectif de la mairie est de dégoûter les touristes de venir s’agglutiner à Biarritz les jours où il fait beau, alors félicitons-la, car elle est en train de réussir au-delà de toute espérance.

D’autant plus que c’est à la fin de cette annonce que réside l’information qui nous prouve que nous sommes dirigés par de fieffés menteurs.  Dans les conditions financières annoncées, Streeteo se sent obligé de préciser qu’outre la rémunération de 1610 euros mensuels, le justicier verbalisateur, pour peu qu’il fasse cracher la mitraillette à procès-verbaux, se verra doté d’une « prime mensuelle sur objectifs de 250 euros »

Interrogé sur ce sujet, un cadre de Streeteo Paris tente de botter en touche : « Non, ce n’est pas une prime de rendement, car pour l’octroyer nous prenons en compte différents paramètres comme la ponctualité ou la bonne présentation. Mais bien entendu, le nombre de FPS délivrés par l’agent entre aussi en jeu » Nous y voilà ! Michel Veunac, aveuglé par une société qui lui a fait miroiter une cagnotte considérable à encaisser, a signé un contrat qui coûte quatre fois plus cher que le recrutement de policiers municipaux dédiés au stationnement, et, non content de mettre à mal le commerce de sa ville, accepte froidement que les citoyens de Biarritz soient désormais rançonnés par des agents qui dans quelques mois, quand la controverse sur Streeteo se sera éloignée, ne toucheront leurs primes d’objectifs que s’ils se montrent de zélés verbalisateurs. Mais quelle honte !

Sur le même sujet, vous pouvez aussi écouter l’intervention de François Amigorena sur Sud Radio :

https://soundcloud.com/user-693170616/interview-francois-amigorena-sud-radio-stationnement-biarritz-12-mai-2018

 

Constitution d’un comité de salut public : la très bonne idée

Certains lecteurs de Bisque, Bisque, Basque ! s’étonnent que des candidats comme Jacques-André Schneck se déclarent dès 2018 pour les municipales de 2020, ou que des adjoints comme François Amigorena ou Édouard Chazouillères affichent publiquement leurs désaccords avec la politique municipale. Ces citoyens très intéressés par la vie publique ne semblent pas prendre conscience de la gravité de la situation et des dégâts qu’est en train de faire un Michel Veunac à la tête de la Ville. Ce dernier s’apprête en effet à endetter Biarritz, via la Socomix, à hauteur de 70 millions (chiffre officiel annoncé qui finira évidemment autour des 100 millions d’euros) pour rénover l’Hôtel du Palais. Or la Socomix est une coquille vide et c’est bien entendu la Ville qui devra honorer les engagements pris, en cas de désastre comme des attentats qui chasseraient quelques temps les touristes de France. Qu’ils soient de l’opposition ou de la majorité, ou même extérieurs à l’équipe municipale, tous se rejoignent pour dire qu’il faut absolument empêcher cela.

D’où l’idée de plusieurs grandes figures de la vie politique locale comme Saint-Cricq, Tardits, Amigorena, Chazouillères ou Schneck, de se rassembler en une sorte de « comité de salut public », toutes tendances politiques confondues, pour dénoncer en commun les errances de l’équipe dirigeante actuelle.

Rien n’est encore fait, mais voilà un projet respectueux des intérêts des Biarrots et qui honore la politique. Un projet d’une autre dignité que celui des élus de la majorité qui critiquent Veunac en douce mais le laissent faire en espérant qu’il va se planter et qu’ils pourront se présenter contre lui en 2020.