La Faillite, nous voilà !

Le Premier adjoint se surpasse dans La Semaine du Pays basque : contrevérités, omissions et approximations, avec toujours cette humilité qui le caractérise.

Guy Lafite pérore et ne se remet pas en cause dans cette interview. Il est aussi loin des préoccupations des Biarrots que Macron de celles des Français.

C’est l’histoire d’un énarque qui se promène en montagne. Il croise un berger qui garde son troupeau et tout de suite se sent obligé de faire étalage de sa supériorité : « Je suis capable de vous dire en cinq secondes, combien vous gardez de moutons, mon brave homme ». Le berger rigole : « Si vous me donnez le chiffre exact, vous pouvez emporter le mouton que vous voulez ». Deux secondes après, l’énarque triomphe : « Vous avez 543 moutons ! » Beau joueur, le berger basque lui demande de choisir un mouton, ce que l’énarque fait. Le berger lui dit alors : « Je parie que vous avez fait l’ENA ». Stupéfait, l’énarque qui a déjà un animal dans les bras sursaute : « Comment le savez-vous ? » Le berger rigole : « Parce que seul un énarque peut confondre mon chien avec un mouton ».

Nul ne sait si Guy Lafite, le suffisant énarque qui nous tient lieu de Premier adjoint, est capable de distinguer un manech à tête noire d’un border collie, mais à l’évidence, dans cette longue interview à La Semaine où il s’exprime en toute liberté, celui que les Biarrots surnomment désormais « La Faillite, nous voilà ! » démontre une absence totale de sens pratique et cherche à nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Bisque, Bisque, Basque ! va donc se faire un plaisir de vous décoder les propos tenus.

Le mépris des électeurs

En 2014, Guy Lafite se présentait en homme de gauche. Mais comme le dit son épouse Anne dans les dîners mondains : « Mon mari est beaucoup trop à gauche pour les Biarrots ». Personne à vrai dire ne s’en était aperçu. Lafite, l’air de rien, mange le morceau sur cette gauche caviar qui ne l’intéresse plus : il est membre de La République en Marche depuis 2016. Le souci, c’est qu’il n’a pas jugé bon d’informer les électeurs de cette nouvelle volte-face. Quel mépris pour ceux qui ont voté pour lui ! Comme le disait l’ancien ministre Edgar Faure, « Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent ».

Les zones d’ombre d’une carrière

Guy Lafite espère sans doute en mettre plein la vue au bon peuple avec sa carrière. Mais il oublie de dire qu’il est parti précipitamment du cabinet de Bertrand Delanoë où il était secrétaire général adjoint. « Une rivalité avec le secrétaire général » affirme l’énarque, même si une autre version, moins à l’avantage de l’élu biarrot, circule. De la même façon, Lafite se montre bien discret sur Dexia, la banque qui a multiplié les emprunts toxiques auprès des municipalités et ruiné un certain nombre d’elles. Déjà à l’époque, le jeune Lafite avait une grande affection pour les emprunts à taux variable comme celui qu’il vient de souscrire pour le Palais. On peut parler d’une certaine cohérence dans sa carrière. N’est pas « La Faillite, nous voilà ! » qui veut.

https://www.publicsenat.fr/article/debat/emprunts-toxiques-aux-collectivites-locales-a-qui-la-faute-81264

Où sont les « fake news » ?

De Veunac à Claverie en passant par Lafite, tous répondent « fake news !» quand est évoquée la renégociation des banques avec la Ville. Le Premier adjoint n’hésite pas à se contredire puisqu’il a reconnu devant les journalistes une « renégociation aux marges ». Si l’on en croit la page Facebook de Jacques-André Schneck, un autre énarque lui aussi détenteur d’un solide réseau mais plus sympathique et crédible que le premier nommé, la renégociation avec les banques aurait été importante. Un propos fort proche de ce que dit Nathalie Motsch.

Quoiqu’il en soit, il est inadmissible, alors que le prêt a été renégocié que les élus du conseil municipal – et les Biarrots ! – n’aient toujours pas connaissance des modifications que le contrat a subies. Nathalie Motsch a demandé par voie légale communication de toutes les pièces du dossier. Elle a raison, même si pour Lafite « on ne lui a pas communiqué les pièces car elle ne les aurait pas comprises ». Les électrices apprécieront.

Planquer les dettes sous le tapis n’est pas gérer

Toujours aussi content de lui, l’élu se pâme ensuite sur la situation financière de la Ville « grandement améliorée », ce qui montre un toupet d’airain. Effectivement en laissant le soin d’emprunter à La Socomix pour ce qui est le plus gros emprunt jamais souscrit par Biarritz, on peut présenter des finances saines, en planquant la dette sous le tapis. En jargon d’énarque, ça devient une « stabilisation de la dette malgré un plan d’investissement ambitieux. » Défense de rire.

La démocratie façon Lafite

Le donneur de leçons Lafite ne s’interroge pas sur la méthode, ne se demande pas si le Palais n’aurait pas mérité un referendum, ne remet pas en cause les cachotteries faits aux élus, mais se plaint simplement que deux élus aient introduit un recours devant le tribunal administratif. Le discours de l’élu montre pourtant à quel point, ces recours sont justifiés. Et le matois Lafite a tellement conscience que ces recours risquent d’aboutir qu’il tente par avance de discréditer ses adversaires. Nous avons monté un dossier catastrophique, commis des attentats répétés contre la démocratie, mais, à cause de ces recours, le dossier va coûter encore plus cher… Mais quelle blague ! Si le dossier avait été monté en respectant la démocratie, on n’en serait pas là.

Le G7 excuse tout… Oh, le bel aveu !

Et le grand mot est enfin lâché : Toute cette hâte, ces surcoûts inévitables, cet argent versé à Eiffage avant même que les conseillers municipaux n’aient voté les travaux n’ont qu’une raison. Permettre aux grands ce monde de péter dans la plus belle soie possible, le 27 août prochain, dans un Hôtel du Palais totalement rénové. Désolé, mais l’addition finale de cette récréation pour grands de ce monde est un peu trop chère au goût des Biarrots qui, une fois de plus, auraient mérité d’être consultés. Guillaume Barucq a bien raison quand il demande une aide de l’État pour un événement qui va être particulièrement pénible à vivre et douloureux pour le portefeuille des Biarrots. Mais de ces petites considérations matérielles, l’énarque et futur président de la Socomix, ne se soucie point.

2020 : Et en plus, il nous prend pour des cons…

Modeste, avec son petit pull cachemire et son auréole immaculée, Lafite nous affirme que 2020 « n’est pas sa préoccupation ». Bisque, Bisque, Basque ! va donc se faire un plaisir de rapporter les conversations de l’énarque dans les dîners en ville, qui annonce qu’il ira quoiqu’il arrive, « avec ou sans Veunac ». Et notre homme si près des préoccupations des Biarrots, de rajouter qu’il se voit faire liste commune avec Saint-Cricq et probablement Brisson. En voilà une martingale gagnante, novatrice et ambitieuse pour la Ville ! Et pour faire bonne mesure, Lafite se croit obligé d’en rajouter : « le dossier du Palais m’aura déjà montré avec qui je ne partirai pas ». Voilà qui tombe bien, car personne parmi les opposants au dossier du Palais ne veut de lui.

Heureusement, avec le mépris des électeurs et l’absence de capacité à se remettre en cause que manifeste Lafite dans cette interview, incarnation même de tout ce que je déteste en politique, notre énarque semble avoir plus de chance de décrocher la queue du Mickey aux manèges de la fête foraine de l’hippodrome qu’une belle écharpe tricolore en 2020. Un souci de moins pour les Biarrots !

 

 

8 réflexions sur “La Faillite, nous voilà !

  1. Triste mairie et tristes élus. Il faut balayer tout cela. Si les prêts sont à taux variable c’est l’endettement assuré et les élus le savent. Je vais m’engager dans une campagne contre les personnes de cette municipalité avec qui ? Je vais trouver des personnes dont le probité. E sera jamais remise en cause est ce possible?

  2. Très bon article et excellent titre Jean-Yves !

    Les banques les tenaient ! comme l’avait dit François Amigorena dès le départ: négocier sous la pression du calendrier se fait toujours au bénéfice du prêteur….

    En effet avec des prêts à taux variable, c’est la faillite assurée. Quelle irresponsabilité de la part de Mr Veunac et de ses associés: auraient ils agit de même si il c’était agit de leur propres deniers ? La réponse est dans la question.

    La République en Marche vers le ravin….

  3. Je conviens volontiers d’être un tout petit peu,juge et partie, et je concède ne connaître de cet homme que la partie visible, publique, mais pour autant:
    1. M. Lafite a été le Premier adjoint finances de Didier Borotra et a oeuvré à ses côtés pour le montage catastrophique largement dénoncé par deux rapports de la Chambre Régionale des Comptes de la Cité l’Océan, rapport démontrant en quoi ces élus se sont fait rouler dans la farine par DEXIA (hasard?) et VINCI;
    2. Il est resté au même poste avec M. Veunac et, tout ancien de l’ENA qu’il est, semble n’avoir rien appris, tant il est pour moi évident que la Ville se fait à nouveau rouler dans la farine par Crédit Agricole, Decaux et Hyatt…
    3. Selon mes informations, ce serait lui qui aurait amené Decaux dans le dossier, à des conditions scandaleusement favorables (« Take the money and run », ce qui s’applique aussi aux banques et à Hyatt)…
    Dans ces conditions, les Biarrots doivent se demander si cet homme est digne de leur confiance, s’ils veulent qu’il reste en responsabilité.…
    « Avec ou sans Veunac » ???
    Avec Veunac et Saint-Cricq (et Brisson)? Franchement…
    Biarritz n’a-t-elle besoin que des vieux routiers responsables de toutes les graves erreurs enregistrées?
    Ou a-t-elle besoin d’hommes et de femmes nouveaux pour tourner définitivement une page et changer d’époque?

  4. Attendons les élections européennes et ensuite on y verra sans doute plus clair quant aux au prétendants à la Mairie avec ou sans étiquette. La campagne promet d’être Animée et Musclée. J’ai hâte d’y être ….

  5. « L’ambition est le dernier refuge de l’échec » disait Oscar Wilde … Au vu des échecs successifs et couteux de notre financier vernaculaire il ne peut y avoir pour couronner le tout qu’une ambition de Mairie en 2020 pour celui qui pourrait être pour nous un Veunac à la puissance 3 (la morgue du nouveau riche et la technicité auto-proclamée en plus …) ….

  6. C est avec ce genre de bonhomme, méprisant, hautain, pleinement imbu de sa personne , que petit à petit le populisme étend sa toile et pas seulement dans ses régions habituelles. Moscovici ne vient il pas de déclarer que pour la première fois il avait peur…!!! Mr LAFITE, une compétence politique ne se résume plus à un cahier de classe bien noté. L altruisme, le désintéressement, l humilité, la compétence sont autant de qualités qui vous sont éloignées. Marre de ces égos surdimensionnés qui nous enfonce encore et encore. L histoire est un éternel recommencement, notre regard est encore tourné vers l Allemagne et à l après MERKEL. Chacun à son petit niveau doit lutter, à BIARRITZ cela commence par virer ce genre de type !

    • Certaines grandes institutions ont pour mission de privilégier la diffusion de leur production aux besoins de l’État après une sélection sévère . Il en est ainsi de la manufacture de Sèvres et de ses porcelaines raffinées ou de l’ENA et de ses fonctionnaires formatés …. La différence dans la qualité de leurs produits finis tient au fait qu’à Sèvres le second choix est envoyé à la casse alors qu’à l’ENA le second choix termine dans les conseils municipaux des chefs lieux de canton ou dans les directions de la grande distribution ….

  7. Il n’y a pas que Brisson qui tienne la jambe…
    Notre avocat Saint-Cricq est ensuite rentré presque main dans la main avec Lafite après la cérémonie de ce 11 novembre.

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