Un subtil parfum d’encre violette

Avec « Le journal d’un instit de campagne », Michel Darriet nous fait revivre l’époque où l’instituteur était le « curé laïc » de son village.

Allons, un homme capable d’installer sa propre photo et celles de ses collègues instituteurs sur un tir aux pigeons pour que les enfants se défoulent le temps de la fête scolaire, se saurait être tout à fait mauvais ! Si vous éprouvez une aversion définitive pour les produits industriels et préférez l’artisanat, si vos parents se remémorent encore avec nostalgie leurs enseignants d’école primaire, voilà le livre à offrir !

Admis à l’école normale de Dax en 1961, Michel Darriet évoque le temps où l’instituteur était un personnage incontournable de son village, sorte de curé laïc chargé de véhiculer les valeurs de la République et de donner l’exemple à tous et toutes par son implication.

Son premier poste aurait pu le vacciner définitivement de l’enseignement avec des débuts en très catholique terre vendéenne, là où l’animateur de l’école publique n’est pas toujours bien vu. Mais Darriet, avec sa joie de vivre et son sens de la fête a l’art de se faire des amis partout où il passe. Sa première inspection est un désastre puisqu’il récolte un 2 qui lui fait encore monter la colère aux oreilles. Heureusement pour lui l’inspecteur constatera que le jeune normalien est complètement livré à lui-même et ne s’opposera pas à ce qu’il revienne sur ses terres. À Ondres, Saint-Vincent-de-Tyrosse puis Tarnos, cet animateur inépuisable qui se donne pour mission de faire comprendre aux enfants le monde qui l’entoure, donnera la pleine mesure de ses capacités. Fanatique de football et de rugby, il animera des sections sportives multiples, présidera le comité des fêtes d’Ondres et multipliera les échanges avec d’autres établissements scolaires pour élargir l’horizon de « ses » gamins.

Avec toujours cette touche personnelle qui suscite, aujourd’hui encore, l’attendrissement de ses anciens élèves. À cette époque, l’instituteur chaque matin remplit les encriers des pupitres, et les enfants de primaire ont cours le samedi après-midi, à l’heure même où Pierre Albaladejo ou Claude Dourthe multiplient les exploits avec le maillot tricolore lors du Tournoi des Cinq Nations. L’ingénieux Michel Darriet va trouver la solution, en posant un pot de fleurs sur le téléviseur au moment où Roger Couderc s’empare du micro et en demandant aux enfants : « Dessinez ce que vous voyez ! »

Et même si on regrette que quelque cancre du dernier rang ne soit venu parfois bousculer un peu son écriture d’enseignant plus que parfait et y causer du désordre, on referme ce merveilleux « Journal d’un instit de campagne » avec une certitude : qu’est-ce qu’on aurait adoré avoir le père Darriet comme instituteur !

« Journal d’un instit de campagne », Michel Darriet, éditions Bookédition, 200 pages, 15 €.

 

 

 

Justice pour Lola

Mediabask a réalisé une remarquable interview de la jeune femme qui a eu la mâchoire fracturée, suite à un tir de flashball des forces de l’ordre. Le coupable doit être sanctionné.

On n’arrête décidément pas le progrès : il y a quelques années, on risquait au pire un coup de matraque en allant manifester. Désormais, on risque sa vie. Comment ne pas avoir une pensée pour Lola, la jeune étudiante de l’école Supérieure d’Art du Pays basque, qui filmait tranquillement l’opposition entre gilets jaunes et forces de l’ordre sur la grande plage de Biarritz et qui s’est pris un tir de flashball en pleine face ? Avec beaucoup de sensibilité, beaucoup de tact, Anaiz Aguirre Olhagaray interviewe la jeune blessée pour « Mediabask », ainsi que son père. Le récit est glaçant, car il est évident que la jeune femme a été directement visée, alors qu’elle était en train de filmer les événements. 

https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20181224/jamais-je-naurais-pense-surtout-a-biarritz-que-ca-tirerait-au-flash-ball

Le propos de Bisque, Bisque, Basque ! n’est pas de fustiger les forces de l’ordre. Elles piétinaient depuis le matin pendant que les officiels banquetaient et recevaient des cadeaux Hermès et l’on peut excuser la fatigue et l’énervement de certains CRS. Mais les vidéos et les photos publiées de cet affrontement inédit en plein centre de Biarritz montrent des attitudes inacceptables. Des tirs tendus de flashball, d’autres latéraux sur des passants qui ne manifestaient pas et des policiers en civil, regagnant leur camp après avoir « chauffé » les manifestants et lançant contre eux des lacrymos. De la même façon que la CGT savait virer les « casseurs » venus mettre le bazar à la périphérie des cortèges parisiens et discréditer les manifestants, la hiérarchie doit prendre des sanctions contre les policiers qui perdent leurs nerfs. Sortir son téléphone portable pour filmer ce qui se passe, n’est pas l’attitude d’un casseur. Le policier coupable de cette exaction doit être sanctionné. Justice doit être rendue à Lola !

Monsieur trois minutes, compassion comprise

À l’époque de sa flamboyance, Jacques Chirac, pour sa propension à embarquer les accortes jeunes femmes qui l’entouraient, était surnommé « Monsieur dix minutes, douche comprise ». Michel Veunac, lui, se contentera modestement du titre de « Monsieur trois minutes, compassion comprise ». Mediabask raconte cette surréaliste visite du maire de Biarritz à Lola, où il ne s’enquiert nullement de l’état mental et physique de la blessée, se contentant d’affirmer que la Ville n’y est pour rien.  Une visite à l’image de son pitoyable mandat.

 

Trois petits anges égarés au tribunal

 

Accusés d’avoir favorisé la sœur du maire, les trois élus dacquois ont fait un grand numéro au tribunal correctionnel de Bayonne. Une affaire qui rappelle celle de Sophie Borotra travaillant pour papa à la Cité de l’Océan.

De gauche à droite, André Drouin, adjoint aux Finances, Élisabeth Bonjean, actuelle maire de Dax et Gabriel Bellocq, maire de Dax au moment des faits.

Rien n’est plus touchant qu’un élu cherchant à convaincre le tribunal de sa bonne foi. Gabriel Bellocq, maire de Dax au moment des faits : « J’étais dans le décisionnel pas dans l’opérationnel » Sous-entendu, j’étais maire mais je ne savais pas ce qui se passait à l’Office de Tourisme. Élisabeth Bonjean, première adjointe à l’époque, devenue maire en 2016 : « J’étais en Nouvelle-Zélande à l’époque des faits. J’ai vaguement su que ma sœur postulait pour une mission à l’Office de Tourisme et ne m’en suis pas inquiétée plus que cela ». André Drouin, chargé des Finances, et supérieur direct de la directrice de l’Office de Tourisme : « Personne n’a dit que c’était sa sœur, mais personne ne l’a caché » Encore un élu spécialiste en sémantique et désinvolture publique !

Car, derrière les belles déclarations d’intention, les faits sont têtus. Revenue de Loire-Atlantique pour s’installer au Pays Basque, Joelle Burgau de la Tullaye, sœur d’Elisabeth Bonjean, avait crée une société d’import-export de produits australiens, nommé « Naturabilis ». Le chiffre d’affaires de cette société parle de lui-même. 1700 euros annuels en 2011, 16 000 euros en 2012 et 17 000 euros en 2013, années où un miraculeux contrat  de 25 916 euros hors taxes avec l’Office de Tourisme dacquois est venu arrondir les fins de mois, puis 1060 euros annuels en 2014.

Bien entendu, les trois élus cités n’hésitent pas à accabler les services et particulièrement la directrice de l’Office de Tourisme, « incompétente et seule décisionnaire pour les marchés de moins de 90 000 euros ». Cette fois encore, comme le rappellent le président Gérard Denard puis le procureur Samuel Vuelta-Simon, les faits mettent à mal les affirmations des prévenus. Six entreprises avaient postulé à l’appel d’offres de l’Office de Tourisme et c’est Naturabilis, la moins bien classée de toutes avec 23 points sur 100, qui avait remporté le marché.

Ils ont tout appris par voie de presse

À en croire le trio d’élus, la décision incombait aux services et ils ne s’en sont pas mêlés. Sauf que la police judiciaire chargée de l’enquête a recensé 427 SMS comminatoires et suaves d’André Drouin, adressés à la directrice de l’Office du Tourisme, du genre « Fais pas chier ! », « Et ce cahier des charges, il est rédigé ? », « Tu as l’impression que je t’impose quelque chose… » et ce magnifique « Si elle ne s’exécute pas, c’est moi qui l’exécute ! »

Visiblement, la directrice de l’Office du Tourisme a tout fait pour que Naturabilis n’obtienne pas le marché. « Je refuse de faire le sale boulot. Encore une magouille ! » écrit-elle à une collègue. Aux policiers qui l’interrogent, elle déclare : « Drouin m’a dit que je devais choisir cette offre et c’est tout ! ». La directrice raconte aussi « J’ai pris rendez-vous avec le maire. Il m’a reçu et donné l’ordre de signer dès le lendemain… Et que je ne m’avise pas d’être en arrêt maladie ! ».

 Gabriel Bellocq ne nie pas cette réunion avec la directrice mais, par malchance, sur tout ce dossier, il a la mémoire qui flanche : « Je n’ai jamais su avant l’attribution du marché que la lauréate était la sœur de ma Première adjointe. Ce n’est que cinq ans après que j’ai découvert par voie de presse ce qui m’a conduit ici ». Même trou de mémoire pour Élisabeth Bonjean : « J’étais destinataire en copie des messages concernant ma sœur, mais je reçois tellement de mails que je ne peux pas prêter attention à tout. J’ai tout découvert par la presse en 2017. J’ai peu de souvenirs précis et à aucun moment je n’ai été l’entremetteuse. »

Des arguments qui ne convainquent pas le Procureur de la République, Samuel Vuelta-Simon, qui au terme d’un réquisitoire tranchant – « Les trois prévenus ont sciemment faussé le jeu dans un marché public » – réclame pour favoritisme et prise illégale d’intérêt une condamnation à six mois de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour Gabriel Bellocq et Élisabeth Bonjean, trois mois avec sursis, 20 000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité pour le second couteau André Drouin et 15 000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité pour Joelle Burgau de la Tullaye.

Les quatre avocats des prévenus, après cette démonstration implacable du procureur, ont sans doute connu des jours d’audience plus faciles, même si, sans surprise, ils ont plaidé la relaxe de leurs clients, victimes d’un « complotisme judiciaire ». Et le malaise grandit quand maître Bellegarde, avocat de Gabriel Bellocq, se tourne vers l’assistance pour répéter à plusieurs reprises : « Est-ce que Gabriel Bellocq est stupide ? » Poser la question, maître, c’est parfois déjà y répondre.

Verdict le 5 mars 2019.

Un camouflet infligé à tout le Pays basque

Au lieu de s’appuyer sur l’artisanat local, Michel Veunac pour accueillir les délégations étrangères achète ses cadeaux chez… Hermès ! Provocation ou inconscience ?

Que voulez-vous, les-à-côté-de-leurs-pompes sont ainsi : ils mangent de la choucroute, le jour où ils visitent Toulouse, du cassoulet quand ils passent à Biarritz et se régalent de chipirons lors de leur séjour à Strasbourg. On le savait déjà et on peut le vérifier encore aujourd’hui, notre immenssissime Michel Veunac n’est pas du bois ordinaire dont on fait les makilas pour touristes. Lorsque notre très original Premier magistrat reçoit en sa bonne ville de Biarritz Jean-Yves Le Drian et 150 représentants de délégations étrangères, ce mardi 18 décembre 2018, il ne va pas comme tous les maires chercher platement à mettre en valeur les artisans et producteurs locaux lors des cadeaux d’usage, mais, en bon nouveau riche, s’efforcer d’en mettre plein la vue avec l’argent des contribuables, comme on peut le découvrir sur Instagram grâce à une touriste parisienne, de passage hier.

Un tweet du journaliste François Berland, très au fait du dessous des cartes, semble confirmer l’information.

Plusieurs témoignages biarrots semblent confirmer que le maire a osé l’impensable : privilégier une maison parisienne dont la réputation n’est plus à faire plutôt que de se tourner vers la production locale. Bisque, Bisque, Basque ! a bien été tenté de contacter la mairie pour vérifier l’information, mais comme Veunac n’a toujours pas montré à quiconque le nouveau contrat signé avec les banques pour L’Hôtel du Palais, ni répondu aux questions de François Amigorena posées lors du dernier conseil, ce blog prendra sagement sa place dans la file et attendra patiemment que le maire nous informe (en 2020 ou en 2021 peut-être) sur le nombre de cadeaux effectués en ce 18 décembre et le prix de l’addition finale.

De nos jours, pour trois salaires mensuels d’ouvrier, tu n’as plus rien… (Extrait du catalogue en ligne Hermès)

Les nombreux gilets jaunes présents dans la ville et qui se battent pour que le Président de la République améliore enfin leur pouvoir d’achat, seront sans doute enchantés d’apprendre cette idée une nouvelle fois fulgurante de notre maire. Les amoureux du Pays basque le seront tout autant en voyant comment Veunac défend haut et fort leurs couleurs.

Le plus drôle étant que Veunac est non seulement maire de Biarritz, mais aussi vice-président de la communauté d’agglo du Pays basque, en charge de… « l’attractivité touristique ». Avec des amis du Pays basque comme lui, plus besoin d’ennemis !

Alors à la place du très militant président de l’agglo Jean-René Etchegaray, après une telle bévue, pas la moindre hésitation possible : retrait immédiat de sa délégation au vice-président irréfléchi. Et pas façon Veunac avec Nathalie Motsch, où on lambine et atermoie… Effet immédiat !

 

Tu n’es pas le bienvenu, Manu !

Mardi, les élus enamourés accueilleront le Président de la République dans un Biarritz barricadé. Mais bien peu de Biarrots se réjouissent du futur G7.

Photomontage extrait du blog « Les moutons rebelles »

Vous êtes sûrs que notre pays a connu une révolution et que les privilèges ont été abolis ? Pour ma part, je ne vois pas de différence significative entre ces nobles qui saccageaient les récoltes des paysans en chassant à courre, il y a plus de deux siècles, et ce Président qui va obérer la future saison touristique en décrétant que le G7 se tiendra à Biarritz en plein mois d’août. Même morgue de caste, même mépris des populations qui travaillent, même volonté de faire continuellement la leçon aux plus pauvres et d’épargner systématiquement les plus riches.

Emmanuel, la courtoisie républicaine voudrait qu’on se réjouisse de ta venue, mais tu manques tellement de courtoisie à notre égard qu’à l’impossible nul n’est tenu.

Lundi soir à la télé, tu nous as fait le grand numéro du bourgeois de Calais, ou plutôt du bourgeois du Touquet, en pleine repentance, mais qui peut te prendre au sérieux ? Pour justifier les cadeaux fiscaux destinés aux plus riches, suppression de l’ISF et Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), tu as donné plus de quatre milliards à ceux qui, t’ont fait roi et tu te retrouves maintenant fort démuni pour distribuer des miettes quand les gilets jaunes sont dans la rue. Mais comme tu adores faire la leçon aux Français, tu continues à défendre ta « théorie du ruissellement », voulant que l’argent versé aux riches finisse par profiter aux pauvres. Tu ne vois pas qu’avec le matraquage fiscal auquel tu te livres, tes petits ruisseaux font les grandes misères ?

Si encore, conscient d’être un privilégié depuis l’enfance, tu avais la dignité de la mettre un peu en veilleuse. Mais visiblement, tu n’as pas retenu les leçons du « Casse-toi, pauvre con ! » de Sarkozy, ou les « sans-dents » de Hollande et tu te permets, avec une belle inconscience de classe, un festival de petites phrases méprisantes. Les « illettrés », les « fainéants », les « cyniques » ou les « gaulois réfractaires », ceux qui ne veulent pas travailler « pour se payer un costard », par flemme de « traverser la rue », alors qu’on leur consacre « un pognon de dingue », apprécient beaucoup de ne pas savoir comment ils vont offrir des jouets à leurs enfants pour Noël tout en se faisant insulter par leur Président.

Brigitte et Emmanuel Macron vous le diront : Biarritz est une ville où on fait de belles rencontres (Photo Paris Match, août 2016)

Mardi prochain, tu vas parader dans un Biarritz barricadé et à ta dévotion, avec autour de toi des petits élus locaux qui vont te regarder comme si tu étais capable de les guérir des écrouelles mentales qui les frappent. Mais as-tu conscience que deux jours avant ta venue, les commerçants qui ont des commandes à honorer, les chefs d’entreprise qui ont besoin de circuler n’arrivent pas à avoir la moindre réponse de la mairie sur ce qu’ils pourront ou ne pourront pas faire ?

Et comme tu dois être en panne de phrases creuses, tu as même prévu un entretien en tête à tête avec Michel Veunac. En revanche, des questions aussi triviales que celles posées par des élus comme Guillaume Barucq sur le coût du G7 et le fait de savoir qui va payer l’addition de ce raout présidentiel, ou sur un dédommagement possible pour le manque à gagner que vont subir tous ceux qui vivent du tourisme, ou sur des aides pour la rénovation de L’Hôtel du Palais, ne t’intéressent visiblement pas. Le mépris de caste, encore et toujours !

Pour ma part, je ne m’abaisserai même pas à venir manifester pour ta venue. Pas envie de me prendre un coup de froid, un coup de chaud ou même un coup de sang avec des policiers aux abois et n’hésitant jamais à frapper les manants et les gueux qui osent dire qu’ils ne sont pas d’accord. Puisque tu aimes les beaux vêtements, je me contenterai donc de t’offrir le joli « costard » que tu es en train de lire et de me permettre ce conseil amical : en attendant une VIe République, plus que jamais nécessaire, traverse la rue et change de job, car, à l’évidence, tu n’es pas et tu ne seras jamais le président de tous les Français.

 

 

L’enfumeur public numéro 1

Faire croire, en plein conseil municipal, que la descente de police qui a eu lieu à la mairie, ressemblait à un thé mondain, il fallait oser… Veunac l’a fait !

Après « le casse du siècle » de Nathalie Motsch à propos du Palais, c’est Maïder Arosteguy qui alimente le concours des petites phrases au sortir du conseil municipal du 12 décembre, avec un tweet bien dans le style de celle qui effectue un très respectable travail d’opposition depuis 2014 : « Si l’actuel maire de Biarritz n’existait pas, il faudrait l’inventer ». Avant de rajouter « Opacité et enfumage sont les deux piliers de l’actuelle majorité ».

Comme c’est curieux : Maïder Arosteguy évoque La Cité de l’Océan et Jean-Benoît Saint-Cricq n’a rien à dire sur le sujet.

Désolé, Maïder, mais il n’est probablement pas né, le docteur Jekyll ou autre savant fou, capable de programmer dans un cerveau humain un sens aussi inné des vieilles ficelles politiciennes, de la phrase creuse et de la non réponse aux questions posées. Il était en effet tout à fait légitime pour une élue de s’étonner que personne n’ait été informée de la visite policière effectuée à la mairie aux alentours du 15 octobre et de ses motifs. Mais le grand démocrate Veunac, juste avant de lire un papier soigneusement rédigé, prévient : « Il y a ma réponse et c’est fini. Il n’y aura pas de débat oral derrière ». On a connu mieux, niveau démocratie.

Et le maire de s’enferrer lourdement dans des nuances de sémantique pour mieux promener tout le monde. Non, ce n’était pas vraiment une « perquisition, la police est arrivée pour une remise de document sur commission rogatoire ».  Le public est prié de croire qu’il s’agit d’une simple visite de courtoisie de la police, et d’un événement presque banal. Sauf que, bien évidemment, il n’en est rien. 

 

Le rapport de la Chambre régionale des Comptes a montré de graves irrégularités sur la gestion de la Cité de l’Océan, aussi bien pour la période Borotra que pour la période Veunac-Lafite, au point qu’un signalement a été fait. Et ce n’est pas pour le simple plaisir de venir se renseigner sur la pousse des hortensias dans la colline du même nom que la police judiciaire a pris la peine de se déplacer jusqu’à la mairie.  Mais Veunac adore se rouler dans les phrases creuses et s’en gargariser. Donc, nous sommes priés de le croire, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes biarrots. Comme dirait Coluche : « Circulez ! Y’a rien à voir ! ».

Amigorena expédié en deux minutes

L’autre grand moment de démocratie, dans ce conseil municipal plutôt calme après les deux tempêtes force 6 du 30 juillet et 15 octobre, restera l’échange entre François Amigorena et Michel Veunac à propos de L’Hôtel du Palais. Le chef d’entreprise, qui garde la même courtoisie ironique et le même mordant malgré son inéligibilité, s’étonne que la première tranche de travaux se soit élevée à 9,4 millions d’euros contre 8,8 annoncés, demande si un prévisionnel a été fait pour l’été 2019 et voudrait connaître « la situation de trésorerie de la Socomix à la fin novembre »

Vous admirerez tous, dans la vidéo, la façon dont le grand timonier Veunac patauge entre bilan et prévisionnel avant de trancher « On vous communiquera les chiffres ». Avec un homme qui maîtrise aussi bien ses dossiers et qui a appris comment fonctionne une entreprise dans un album Panini, les Biarrots peuvent être tranquilles…

Robert et Puyau récompensés pour leurs « loyaux » services

Le socialiste Alain Robert n’a pas respecté les consignes de son parti. Il était donc parfaitement logique de le promouvoir au conseil d’administration de la Socomix.

Dans ce conseil municipal marqué par de la pure politique politicienne, Veunac n’aura donc rien épargné aux citoyens biarrots accablés par le spectacle proposé. À propos de l’incubateur de jeunes entreprises érigé par le Crédit Agricole à la place de l’ancien garage Honda, Veunac n’oublie pas (1 h 07’) de balancer un grand coup d’encensoir à l’adjointe à rien du tout Nathalie Motsch « pour avoir porté ce projet… Il n’y a pas de raison de l’oublier ». Insultée ces dernières semaines, virée de son poste d’adjointe à l’Urbanisme sans que Veunac ait le courage de soumettre au vote du conseil municipal sa décision, « Calamity Nathalie » se retrouve félicitée pour son travail d’ex-adjointe à l’Urbanisme. Pourquoi donc l’avoir écartée et la ménager maintenant si ce n’est par peur des conséquences de son recours judiciaire ?

Comme Michel Veunac a dû être liftier dans sa jeunesse, tant il se montre habile dans le renvoi d’ascenseur, il fallait bien que la mascarade se poursuive jusqu’au bout. L’historien Alain Puyau et le retraité Alain Robert n’ont pas manifesté jusqu’à maintenant des compétences particulièrement pointues en matière de palace et d’hôtellerie de luxe, mais ils ont bien voté, le premier en trahissant son mandat d’opposant et le second en méprisant le vote interne du parti socialiste dont il est membre. Ils seront donc parfaits pour faire la claque au conseil d’administration de la Socomix.

Que c’est triste la politique à Biarritz !

Les services de sécurité furieux contre Veunac

Et vantard avec ça ! Les déplacements d’Emmanuel Macron ne devaient pas être annoncés pour des raisons de sécurité, mais notre brillantissime maire n’a pas loupé l’occasion de se pavaner en public. Tous les élus sont donc invités à boire un verre à la mairie avec le président de la République, le mardi 18 décembre à 11 heures du matin. « Il suffira de se présenter avec sa carte d’identité » a même précisé notre gros malin. Les gilets jaunes, les retraités en colère, les cégétistes, les indépendantistes basques, les anti G7, les membres de la France insoumise et autres agacés chroniques des sornettes politiciennes, qui n’avaient pas encore décidé où ils allaient offrir à Macron l’accueil qu’il mérite, remercient donc du fond du cœur le maire pour son aide inespérée.

Didier Borotra, l’homme à qui on cachait tout

Didier Borotra a réussi à convaincre les juges bayonnais qu’il n’était pas au courant de l’engagement de sa fille au sein de La Cité de l’Océan qu’il présidait. Les juges de la Cour d’appel de Pau seront-ils du même avis, mardi prochain ?

(Photo Sud Ouest)

 Jean-Philippe Ségot m’a interviewé dans La Semaine du Pays basque datée du 7 décembre 2018. Voici l’intégralité de l’entretien.

– Dans quelques jours, à Pau, aura lieu le procès en appel de ce que l’on appelle « L’Affaire Borotra ». Qui est à l’initiative de cet appel devant le tribunal correctionnel ?

Il convient d’abord de rendre à Sud Ouest ce qui revient à Sud Ouest. C’est un article publié par Muriel Bonneville le 7 février 2015 et intitulé « Le flou règne sur l’étude de recherche d’économies » qui me décide à passer à l’action. J’avais eu vent d’un conseil d’administration de la société d’économie mixte de la Cité de l’Océan très houleux où un administrateur avait parlé de « folie qui pouvait envoyer tout le monde en prison ». Dix minutes après la lecture de l’article, j’ai le bon réflexe de téléphoner à la directrice de la Cité de l’Océan pour avoir communication des écrits rédigés par Sophie Borotra dans le cadre de son contrat. La réponse de la directrice, Madame Pautrizel, est journalistiquement inespérée : « Cette jeune femme n’a pas de bureau chez nous et n’a pas rédigé de rapport. Mais elle nous a fait des préconisations orales très pertinentes ».  A partir de cette réponse, qui ne permettait plus de produire devant la Justice des documents postdatés, j’étais quasiment sûr que ce contrat était suspect. Le réseau mis en place depuis la création de « Bisque, Bisque, Basque ! », en juillet 2013, a fonctionné et m’a donné des éléments supplémentaires. Ce qui m’a décidé à aller voir un avocat, maître Malherbe, et à porter plainte sur ses conseils pour prise illégale d’intérêt.

– En quoi consiste précisément cette affaire qui réunit Borotra père et fille, et l’ancienne directrice de Biarritz Océan, devant le tribunal ?

– En septembre 2013, alors que Sophie Borotra, fille de Didier, vient de rentrer en France pour mettre au monde un enfant, elle crée une société AGC et propose « spontanément » ses services à la Cité de l’Océan « sans en parler à son père ». Six jours plus tard, elle signe un contrat avec la Cité de l’Océan pour une étude de « recherche d’économie » (Alors qu’un contrat avec Suez existait déjà !) et son père, quand il l’apprendra, se déclarera « très contrarié », selon ses dires à la barre du tribunal correctionnel de Bayonne… Ce qui ne l’empêchera pas de laisser sa fille poursuivre le contrat. Tout cela est difficile à croire. D’autant plus que les investigations policières ont montré que Sophie Borotra touchait de la Cité de l’Océan une somme mensuelle qui correspondait exactement à ce que lui donnait sa famille, au titre de la « solidarité familiale » quand elle était au chômage.

– Où est la limite entre légalité et illégalité dans ce genre de comportement ?

C’est à la Justice et à personne d’autre de l’établir. Je suis donc allé voir maître Malherbe pour savoir si la prise illégale d’intérêt était « une vue de l’esprit ». Non seulement, il a abondé dans mon sens, mais a refusé de se faire payer puisque Bisque, Bisque, Basque ! est un blog gratuit et citoyen. Le 25 juin 2015, le procureur décide d’ouvrir une enquête. Le 8 décembre 2015, Didier Borotra, Sophie Borotra et Françoise Pautrizel sont interrogés par la police avant d’être convoqués au tribunal correctionnel le 31 janvier 2017, pour prise illégale d’intérêt et complicité de prise illégale d’intérêt.

– Quelles furent les motivations du tribunal correctionnel de Bayonne, en première instance, pour rendre un jugement disculpant les Borotra et Madame Pautrizel ?

Mystères de la Justice ! J’ai trouvé remarquable l’audience qui a duré plus de trois heures. Le président Gérard Denart comme le procureur Samuel Vuelta-Simon maitrisaient parfaitement leur dossier. Au passage, on en a appris des belles. Malmenée par les juges sur son maigre bagage professionnel, Sophie Borotra a lâché qu’elle avait été assistante parlementaire de son père, sénateur. Alors qu’elle vivait en Amérique du Sud ! À la fin de l’audience, tous les confrères sont venus me voir pour me dire à quel point ils étaient persuadés que le trio allait être lourdement condamné. Il faut croire que le tribunal a cru plausible cette version voulant que Françoise Pautrizel ait engagé la fille de son président sans lui en parler, puisque le trio a été relaxé. Heureusement, le procureur a immédiatement fait appel d’où ce nouveau procès en cour d’appel de Pau, le 11 décembre prochain. Pour ma part, je suis débouté comme partie civile, ce qui m’arrange car je retrouve ainsi ma liberté d’écrire sur le sujet.

 – Vous êtes à l’origine de la révélation de cette affaire. Comment en avez-vous eu vent et comment avez-vous pu enquêter ? Avez-vous subi des pressions au cours de votre enquête ? En subissez-vous parfois ? De quelles sortes ?

Je travaille avec des réseaux très solides et difficilement identifiables, ce qui agace bien l’actuelle mairie je crois. Pourvu qu’un jour je ne devienne pas gâteux et me mette à lâcher des noms d’informateur, car je crois que beaucoup tomberaient de leurs chaises ! Des pressions, des menaces de procès, j’en subis continuellement. Tout cela fait partie de la vie d’un journaliste et me laisse assez indifférent.

– Une affaire qui pour vous est révélatrice de la défiance des citoyens face à certains hommes politiques et à cette fameuse expression « Tous des voleurs » ?

Je déteste l’expression « Tous des voleurs ! » ou « Tous pourris ! », car il y a une majorité d’élus qui font bien leur travail. En revanche, existait un « système » qui se poursuit encore aujourd’hui, de passe-droits et de copinages, tout à fait inadmissible. Lorsque Steven Holl, qui était l’architecte le plus cher, s’est vu confier la conception de la Cité de l’Océan, il s’est immédiatement fait assister par un cabinet d’architectes bayonnais où travaillait… Laurent Borotra, ce qui est plus que limite. Et des histoires comme cela, j’en ai encore et encore !

– Cette affaire, votre rôle de lanceur d’alerte, a-t-elle été à l’origine de votre envie de fonder avec quelques citoyens votre association « RamDam » ? Ou en est cette association quelques mois après sa naissance ?

– Effectivement, c’est grâce à Didier Borotra que s’est créé RamDam 64-40. Peut-être devrions-nous en faire notre président d’honneur ? Dans le procès Borotra, j’ai sollicité Anticor, dont j’étais membre, pour être partie civile. Et là, courage fuyons ! Mais j’avais repéré dans l’association des citoyens remarquables, des gens de terrain qui menaient dans leurs villes, que ce soit à Ciboure, Saint-Jean-de-Luz, Urrugne, Lahonce ou Ondres, des combats édifiants. Comme nous étions d’accord sur la « nécessaire moralisation de la vie publique » mais totalement opposés politiquement, nous nous sommes laissés un an pour voir si nous arrivions à fonctionner. La réponse est clairement oui. RamDam 64-40, c’est comme une équipe de rugby, il y a des grands et des petits, des impulsifs et des réfléchis, des gens de droite et d’autres de gauche. Lors de notre première réunion publique en septembre 2018, à la maison des Associations de Biarritz, nous nous sommes retrouvés avec une vingtaine de personnes debout tant la salle était bondée. Et dans la foulée, une cinquantaine de personnes ont signé un chèque pour devenir sympathisants de l’association, ce qui montre bien qu’il y a un problème de confiance entre les citoyens et les élus. Comme je le répète à nos nouveaux adhérents : « Soyez économes de votre vindicte, il y a tellement de politiques nécessiteux ! »

– Finalement, un ancien journaliste du Canard Enchainé est incorrigible, non ? Jamais à la retraite…

Tout le monde sait ce que je pense de Veunac et Lafite. Je rêve de m’arrêter, mais tant qu’ils seront aux manettes, je les combattrai, car ils incarnent tout ce que je déteste en politique.

Le « NathalieGate » panique totalement la mairie

Veunac et Lafite sont en train de tout faire pour que Nathalie Motsch retire son recours. Bisque, Bisque, Basque ! vous aide à comprendre pourquoi.

L’article de Sud Ouest du 6 décembre.

Découvrir Guy Lafite hissant le drapeau blanc avec Nathalie Motsch dans « Sud Ouest » du 6 décembre, c’est comme imaginer, le 18 décembre prochain, Emmanuel Macron avec un gilet jaune devant le péage de la Négresse en train de protester contre le coût de la vie. Le Premier adjoint semble totalement oublier que Bisque, Bisque, Basque ! a recueilli plusieurs témoignages d’une réunion de majorité le 12 novembre où « La Faillite nous voilà ! », comme le surnomment les Biarrots, avait totalement perdu ses nerfs et hurlé : « Je ne veux plus travailler avec elle. Michel, tu prends tes responsabilités ! »

Plus malin, plus politique, Michel Veunac a pris ses responsabilités… en courtisant assidûment Nathalie Motsch et en s’enfermant régulièrement avec elle dans son bureau. Teneur du discours : « Nathalie, tu dois démissionner et tu dois retirer ton recours » Pas de chance pour lui, « Calamity Nathalie », comme la surnomment ses ennemis, a la tête dure et les idées claires. Non, elle ne retirera pas son recours, car il est légitime. Non, elle ne démissionnera pas, préférant être virée, car L’Hôtel du Palais n’a jamais fait partie du pacte de majorité et, en défendant son point de vue et les Biarrots, elle ne s’est pas montrée déloyale.

Bisque, Bisque, Basque ! va donc se faire un plaisir de vous raconter le dessous des cartes depuis le 15 octobre dernier et vous expliquer pourquoi le « NathalieGate » actuel panique totalement la mairie. Au point que le maire, qui a pourtant adressé une lettre à Nathalie Motsch pour lui annoncer qu’il lui retirait sa délégation, s’est bien gardé de mettre ce retrait de délégation, obligatoirement soumis à un vote des élus, à l’ordre du jour du conseil municipal du 12 décembre. L’incohérence absolue !

L’opposition qui a « bien » voté réclame son dû

Au sortir du conseil municipal du 15 octobre, Veunac est rayonnant… et bien décidé à régler ses comptes avec ceux qui se sont opposés à lui. Il sait qu’il a pris des risques insensés en laissant les conseillers dans l’ignorance du dossier Palais jusqu’au 6 octobre et en faisant valider le 15 des travaux décidés et partiellement payés depuis des mois, mais tout s’est bien passé. Entre les conseillers qu’il a su amadouer en échange d’une écoute améliorée sur Marbella, les socialistes désireux de conserver leurs avantages, l’opposition décidée à se rallier à lui et les flagorneurs de sa garde rapprochée, il a réussi à l’emporter assez facilement. Mais les huées et les sifflets du public, lors du dernier conseil municipal, ont malmené des egos et Veunac sait qu’il doit avoir un geste. Il annonce donc un grand ménage. Exit Barucq, Motsch, Mimiague, Pinatel et Boissier, ce qui permettrait de promouvoir les opposants qui ont voté pour lui et d’annoncer une « recomposition de sa majorité ».

Très vite le plan fait pschitt. En effet pour retirer une délégation à un adjoint, il faut obtenir l’approbation du conseil municipal. Il est évident que le joli projet concocté par Mimi-la-malice et La Faillite nous voilà, ne fonctionnera jamais. Barucq n’aura jamais une majorité contre lui et il en va sans doute de même des autres. Comme Nathalie Motsch est la plus virulente et annonce avoir déposé un recours contre le vote, décision est alors prise de faire un exemple avec elle seule. Veunac et Lafite estiment que le fait qu’elle soit candidate déclarée la rend impopulaire et qu’ils devraient pouvoir l’éliminer sans trop de peine… Ils vont s’en mordre les doigts.

Une perquisition qui vise Lafite et Veunac tout autant que Borotra

Veunac et Lafite ne s’étaient pas vantés de cette perquisition à la mairie. Alors, on a honte?

Oh les vilains petits cachottiers ! Tout le monde avait trouvé, peu après le conseil, une mine défaite à Veunac et Lafite, sans trop savoir pourquoi. Sud Ouest du 6 décembre, nous apprend qu’une perquisition a eu lieu mi-octobre à la mairie, suite au rapport de la Chambre Régionale des Comptes, relevant de nombreuses irrégularités dans la gestion de la Cité de l’Océan de 2009 à 2016. Habile, Veunac a tout de suite affirmé au quotidien régional que les problèmes dataient surtout de la mandature Borotra. Ce n’est pas tout à fait exact. Sans doute ne s’en souvient-il plus, mais « l’opposant » Jean-Benoît Saint-Cricq avait toujours soutenu que les chiffres de La Cité de l’Océan étaient artificiellement gonflés avec une distribution de billets gratuits aux clients de L’Hôtel du Palais.

Autre problème qui fait désordre : Sophie Borotra, après avoir créé la société AGC, avait été miraculeusement engagée par la Cité de l’Océan quelques jours plus tard, « sans que son père ne soit au courant », une version que les juges bayonnais ont accepté en correctionnelle, mais qui ne convaincra peut-être pas les juges palois de la Cour d’appel mardi 11 décembre. Lors de son interrogatoire, la directrice d’alors de La Cité de l’Océan, Françoise Pautrizel, s’était montrée catégorique : « Didier Borotra n’avait appris que bien après l’engagement de sa fille et s’en était montré fort contrarié. En revanche le jour de l’élection de Michel Veunac, elle l’avait immédiatement informé de la situation » Allez donc savoir si les policiers perquisitionneurs n’ont pas vu dans cette prolongation de contrat de 17 mois une complicité de prise illégale d’intérêt. D’autant plus que Michel Veunac, qui aurait fort bien pu se porter partie civile pour défendre les intérêts de la Ville et obtenir le remboursement des sommes indûment versées, s’est au contraire empressé de faire assumer par Les contribuables biarrots les frais financiers liés à la défense de Didier Borotra. On le voit, les policiers avaient vraiment de nombreuses raisons de mener cette perquisition.

https://jeanyvesviollier.com/2018/03/14/borotra-et-veunac-fesses-par-la-chambre-regionale-des-comptes/ )

Faire sauter à tout prix le verrou Motsch

Après cet épisode imprévu, Veunac et Lafite comprennent très vite que Nathalie Motsch est en train de leur poser un sacré problème, en refusant de se laisser amadouer. Alors que le duo est déjà dans les radars de la Justice, sur la Cité de l’Océan, ils n’ont pas envie que des juges s’intéressent au curieux montage qui a été réalisé sur l’Hôtel du Palais. D’autant plus que beaucoup de citoyens éclairés semblent penser que les faits relèvent du pénal. D’où ces cajoleries, ces flatteries, ces promesses qui n’engagent que ceux qui les croient. « Calamity Nathalie » se montre inflexible et refuse de changer de position.

Elle voit bien que les Biarrots, qui l’arrêtent désormais dans la rue pour la féliciter, approuvent son combat. Veunac et Lafite font le tour des élus pour avoir la certitude que Nathalie Motsch perdra sa délégation lors du prochain conseil. Mais l’opposition qui s’est ralliée au maire et n’a strictement obtenu rien d’autre que de belles paroles commence à comprendre qu’elle a été roulée dans la farine par Veunac.

Sur sa page Facebook, Nathalie Motsch publie la lettre qu’elle a reçue du maire.

Bénédicte Darrigade annonce qu’elle s’abstiendra à l’occasion de ce scrutin. Le maire n’est guère plus rassuré avec sa majorité où les avis sont plus que partagés. Ne doutant de rien et misant sur son charisme, il se décide tout de même à envoyer le 26 novembre dernier une lettre officielle à Nathalie Motsch pour lui annoncer qu’il lui retire sa délégation. Mais les réactions sont telles que Mimi-imperator est obligé de retirer de l’ordre du jour du conseil municipal du 15 décembre, cette délibération par peur de subir un camouflet public. Nathalie Motsch est désormais « adjointe à rien du tout », mais le duo de téméraires Veunac-Lafite n’est même pas capable d’aller au bout de la démarche et de faire ratifier sa décision. Et quand on évoque cette indécision ahurissante, les deux affirment que le problème se règlera « en janvier », lors du prochain conseil. En matière de vie municipale, on croyait avoir tout vu avec Michel Veunac, mais l’homme à l’écharpe tricolore est décidément d’une créativité sans limite.

Les dirigeants du B.O. trop pressés et trop bavards

Ce nouveau sursis accordé à Motsch s’explique par deux raisons. D’abord, la peur de conséquences judiciaires pour les actes commis : un recours devant le tribunal administratif de François Amigorena, ça fait désordre, mais deux ça fait pagaille totale ! Ensuite, par le poste ultra-sensible qu’occupait Nathalie Motsch à l’Urbanisme. Ainsi, le site Rugbyrama nous apprend que le BO souhaite procéder à une augmentation de capital de 5 millions, la saison prochaine, mais aussi et surtout fermer totalement le stade, pourtant à moitié vide cette saison, (un vieux projet longtemps caressé par Blanco et Borotra), et bâtir un complexe hôtelier et un centre commercial sur neuf hectares jouxtant le stade d’Aguilera et appartenant à la Ville dès « janvier prochain ». Et connaissant Michel Veunac, il ne fait guère de doute que le prix devrait être d’ami, un peu comme pour la villa Sion qui semblait promise à Pierre Delalonde, les dirigeants du BO répétant avec une maladresse confondante à qui veut l’entendre que s’ils n’obtiennent pas ce projet immobilier, ils repartiront à Hong Kong.

https://www.rugbyrama.fr/rugby/pro-d2/2017-2018/pro-d2-augmentation-de-capital-de-5-millions-d-euros-et-de-nouvelles-recrues-au-bopb_sto7039798/story.shtml

Phomontage publié sur Twitter.

On le voit avec ce projet où l’intérêt des Biarrots ne semble pas être la préoccupation première, les sujets de friction à l’avenir avec l’ancienne adjointe à l’Urbanisme ne vont pas manquer. D’autant qu’à la mairie, plusieurs avouent sous le manteau que d’autres projets immobiliers du même acabit devraient être présentés avant l’échéance de 2020. Mais voir Nathalie Motsch renoncer à son combat est à peu près aussi plausible que d’imaginer Emmanuel et Brigitte Macron parader dans les rues De Biarritz en gilets jaunes signés Louis Vuitton, comme de facétieux internautes se sont amusés à le faire.

Il n’y a donc pas de sortie de crise en vue et lanterner ne sert plus à grand-chose. Les apprentis pyromanes Veunac et Lafite sont désormais totalement dépassés par le « NathalieGate » qu’ils ont créé. Ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes et, connaissant le caractère de l’intéressée, Bisque, Bisque, Basque ! leur souhaite bien du plaisir à l’avenir.

 

Aldigé agacé par Rugbyrama

Très sportif coup de téléphone de Jean-Baptiste Aldigé à Bisque, Bisque, Basque !   peu avant le coup d’envoi de Biarritz-Olympique-Béziers : « J’avais déjà remarqué que les journalistes n’étaient pas des grands spécialistes de la finance. Votre confrère de Rugbyrama a voulu bien faire mais a un peu tout mélangé. Nous procédons effectivement à une augmentation de capital de 5 millions d’euros, mais elle est surtout destinée à boucher les déficits antérieurs. Plutôt que de mettre 500 000 euros par ci, 500 000 euros par là et de devoir à chaque fois convoquer une assemblée générale, nous préférons lisser la situation le plus vite possible. Quant à ce qui est annoncé pour janvier prochain, on est en pleine fiction. Nous ne l’avons jamais caché : nous voulons faire d’Aguilera un lieu où les gens viennent déjeuner et s’amuser. Mais nous n’en sommes qu’au stade de la réflexion. Nous avons lancé un appel à projet que nous présenterons en janvier 2019. Ensuite, nous discuterons avec toutes les personnes impliquées. Rien n’est arrêté, rien n’est signé. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le BO est devenu apolitique et entend bien le rester ».

Intéressante précision du patron du BO, car ce n’est pas tout à fait le discours que l’on entend dans les couloirs de la mairie.

Gilets jaunes, peur bleue et colère noire

Pour avoir rançonné les plus pauvres au profit des plus riches, le gouvernement, et lui seul, est responsable de la violence actuelle. Une seule solution : écouter et céder.

Les CRS visiblement solidaires des gilets jaunes.

En adoptant, il y a quelques jours, une loi contre la fessée, nos députés ont négligé deux amendements de taille pourtant fort utiles en cette période troublée. Si l’interdiction des châtiments corporels à l’égard des enfants ne peut être que saluée, la fessée devrait être publiquement administrée quand le gouvernement se montre autiste à la colère de tout un peuple et quand des journalistes jouent aux complaisants valets du pouvoir.

Prenez ce brave Christophe Jakubowski, chef du service politique de TF1, qui, de lin blanc vêtu, explique suavement deux jours avant la grande manifestation du 1er décembre que les gilets jaunes exhibent désormais des pancartes « ANTICAPITALISTES ! ». Et le brillant analyste de développer sa pensée : Les manifestants « réclament le SMIC à 1300 euros ». Cette revendication mesurée ne relève nullement de l’anticapitalisme mais du simple bon sens, alors que notre pays est devenu le plus taxé d’Europe, mais elle horrifie visiblement le chef de service politique (Au fait, son salaire représente combien de Smic par mois ?)

Des journalistes qui ne savent plus « lire » les manifestations

Les journalistes de ma génération ont pour la plupart participé à des manifestations, fait le coup de poing avec les forces de l’ordre et parfois senti les matraques leur caresser les côtelettes. Devenus observateurs, ils connaissent toutes les ficelles de ces affrontements publics, les autonomes venus pour durcir le mouvement en espérant le grand soir, les pilleurs jugeant trop belle l’occasion offerte et les infiltrés, flics en civil à la Alexandre Benalla, qui sont parfois les premiers à provoquer dans le but de susciter la peur des « braves » manifestants et la décrédibilisation du mouvement.

Malheureusement, les écoles de journalisme, avec leurs prix d’entrée astronomiques, sont devenus les repaires de la « bien-pensance », alors qu’elles devraient être le haut lieu de l’esprit critique. Et ils nous ont offert un festival, les journalistes de TF1, de BFM, ou de I-télé, et parfois même ceux du service public, en relayant sans le moindre esprit critique toutes les fables que le gouvernement leur soufflait à l’oreille ! Au départ, le mouvement était piloté en sous-main par l’extrême-droite. Puis par l’extrême-gauche. Et maintenant par des casseurs sans foi ni loi, voulant la ruine de notre pays. Et on tartine pendant des heures et des heures sur les voitures qui brûlent, les barricades érigées, les magasins saccagés. On se rend en cohorte dans le XVIe arrondissement interroger la bonne bourgeoise terrifiée ou le commerçant dévasté qui, les larmes au bord des yeux, affirment n’avoir jamais vu ça.

Ces mêmes journalistes, qui n’essaient même pas de dissimuler leur soutien inconditionnel au gouvernement, nous livrent parfois des images qui contredisent leurs propos, mais ils sont bien incapables de le remarquer. Pourquoi ces civils qui lancent des lacrymos aux côtés des CRS ? Pourquoi les voitures mises à feu le sont-elles par des hommes cagoulés de noir, tandis que de braves couillons de gilets jaunes posent à visage découvert devant le feu de joie improvisé et se font alpaguer ensuite par les forces de l’ordre ? Pourquoi si peu d’images de la manifestation de l’avenue de l’Opéra où des milliers de gilets jaunes se sont retrouvés dans le calme ? Pourtant, on trouve des « pépites » sur Youtube, qui, allez savoir pourquoi, ne sont jamais montrées au grand public (https://www.youtube.com/watch?v=8CZtDqIifCU)

Le mouvement des nouveaux pauvres

Relayé par des médias complaisants, le refus de comprendre par le gouvernement la nature même du mouvement des gilets jaunes est sidérante et en dit long sur le fossé qui sépare l’élite ministérielle des simples citoyens. La difficulté à trouver des porte-paroles montre bien que ce mouvement est spontané, même s’il s’organise avec le temps, ce qui est logique. Ceux qui occupent les ronds-points, ou bloquent les péages autoroutiers sont les nouveaux pauvres de notre pays. Ceux qui travaillent dur mais n’arrivent plus à s’en sortir avec leurs salaires, à force d’être taxés sur tout. La France est devenue le premier pays d’Europe au niveau de la pression fiscale, mais qu’a fait Macron en arrivant au pouvoir ? Il a supprimé l’impôt sur la Fortune, soi-disant pour ne pas faire fuir les possédants et fait un cadeau fiscal de plus d’un milliard d’euros au 0,01% de Français les plus riches.  

https://www.marianne.net/economie/127-milliard-pour-les-001-les-plus-riches-le-gros-cadeau-de-macron-enfin-chiffre

Et cela en s’attaquant aux retraites, en multipliant les taxes qui compliquent à chaque fois un peu plus les fins de mois et en repoussant au jour où Édouard Philippe dansera le tango avec Arlette Laguiller toute augmentation du salaire minimal. La taxation sur l’essence, c’est « La goutte d’essence qui a fait déborder la base », comme l’a joliment écrit Mediabask.

Alors oui, les gilets jaunes ont raison, mille fois raison de revendiquer encore et toujours. Oui, ils ont raison de faire pression jusqu’à ce que le gouvernement cède. Qu’ils se rassurent en écoutant le nouveau ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et la peur bleue qu’il affiche derrière ses paroles de matamore varois face à la colère noire des Français.  (C’est Gérard Collomb qui doit se féliciter d’être parti à temps !)

En France, seuls les grands patrons du CAC 40 peuvent obtenir des avantages sans lutte. (rémunération à 5 millions d’euros en moyenne, plus 14% par rapport à 2017).  Pour les autres, le seul espoir est de créer un rapport de forces favorable. Les avancées significatives de 1936, de 1968 ou de 1981 ne l’ont été qu’après des semaines de lutte. À chaque fois, l’augmentation a provoqué un tollé. En 1981, après que François Mitterrand ait décrété une augmentation de 10% du salaire minimal, nombre d’entrepreneurs ont annoncé leur intention de partir à l’étranger. En fait ils sont restés et la mesure a relancé la consommation.

Oui, il est intolérable que des gens perdent de l’argent en travaillant, entre le loyer à payer, les frais de garde des enfants et l’essence de la voiture. Le travail doit être respecté et le salaire obtenu, permettre de vivre.

Pour toutes ces raisons, les gilets jaunes ont mon soutien total et absolu. De ce mouvement, je ne retiendrai pas les images complaisamment véhiculées par les télés de barricades ou de casseurs, mais simplement la rencontre sur un rond-point entre cette mère de famille arborant son gilet jaune et un député LRM, dégoulinant de bon sentiment avec sa bouillie sucrée lui coulant du bec et son « Je vous comprends » digne d’un chanoine venu visiter ses pauvres. Et la femme en colère de lui répliquer : « Vous pensez que j’emprunte pour m’acheter un appartement ou une nouvelle voiture ? J’emprunte pour pouvoir offrir des jouets à Noël à mes enfants »

Tout est dit. Le peuple des gilets jaunes ne réclame ni pain ni brioche, comme le dirait Marie-Antoinette. Il réclame son dû, qui passe par une augmentation des salaires, et le respect des gouvernants qui doivent cesser immédiatement leur funeste rançonnage.