Barucq a les clés du camion électoral

Seul élu à parler encore à tout le monde, le médecin biarrot est actuellement ardemment courtisé, en particulier par les candidates déjà déclarées.

Ce que c’est d’être devenu une star de sa ville ! Les cinq premières minutes de l’entretien sont compliquées. Guillaume Barucq s’est placé à un endroit stratégique d’où il surveille du coin de l’oeil son vélo, car il a oublié son antivol. Heureusement, le patron du « Bar du Polo » perçoit le manège et n’hésite pas. « Guillaume, à cette heure il n’y a pas grand monde. Rentrez donc votre vélo dans le bar ». Et c’est ainsi que le chantre de la circulation douce se retrouve à discuter avec « Bisque, Bisque, Basque ! », son vélo électrique bleu trônant dans la salle.

Un peu nostalgique, Guillaume Barucq revient sur ce grand meeting au Casino Bellevue du 28 mars 2014, quand les Veunac, Lafite, Motsch, Amigorena, Claverie étaient à ses côtés et sentaient la victoire à portée de main. « Vous pouvez réécouter ce que j’ai dit ce jour-là. Nous avions signé un pacte-intergénérationnel, pour que les politiques expérimentés aident les jeunes et les préparent à diriger un jour la Ville. »

https://www.youtube.com/watch?v=RpiyI9xMW8A (minute 36)

On connaît la suite, les haines, les engueulades constantes, les dossiers planqués, les démissions successives d’Amigorena, Chazouillères, Lannevère, Motsch… et un Veunac qui pense plus que jamais à 2020. Guillaume n’a pas trop envie de s’attarder sur cet échec humain. « Après trente ans de vie municipale bien remplie, certains élus envisageront certainement une retraite politique méritée ». La rumeur biarrote, qui va parfois fort vite en besogne, raconte qu’il y a un mois, au moment où il a appris l’éviction de Nathalie Motsch, Guillaume Barucq a envisagé de tirer un trait sur la vie politique. L’intéressé refuse de confirmer, mais sa passion à défendre sa Ville, ses projets, son enthousiasme semblent accréditer l’idée d’une présence aux prochaines municipales.

« Décision en juin »

Image extraite de la page Facebook de Guillaume Barucq

Même s’il reconnait que sa candidature a été trop tardive en 2014, Guillaume Barucq refuse de franchir le pas pour l’instant. « J’écoute et je réfléchis ». Avant d’ajouter dans un sourire : « Et c’est vrai que je ne manque pas de sollicitations ». Le camp de Maïder Arosteguy comme celui de Nathalie Motsch ont sondé les intentions du médecin surfeur, tout comme les Abertzale. Guillaume Barucq a conscience que le G7 complique terriblement la donne politique. Pour que les Biarrots n’aient pas le sentiment d’une récupération politique si le rassemblement mondial se passe mal, il faut donc faire les grandes annonces avant l’événement. « J’annoncerai ma décision en juin ». L’homme qui semblait si perdu à ses débuts en politique a visiblement appris au bout d’un mandat et maîtrise mieux les codes du genre. Bisque, Bisque, Basque ! sait à quel point la situation peut évoluer vite en politique, mais a bien noté les propos de Guillaume Barucq : « De toutes façons, si je me présente, ce ne sera plus pour un poste d’adjoint mais pour tenter ma chance à la mairie ».

« Un mandat unique à la mairie »

Et pour renforcer l’impression d’une décision presque prise, Guillaume consciemment ou inconsciemment raconte comment il procèderait s’il se retrouvait au printemps 2020 à la tête de la ville. « J’ai une grande chance. Je suis le seul actuellement à la mairie à parler à tout le monde. Je pense que dans une ville comme Biarritz, il ne faut surtout pas se priver des talents. En revanche, il faut mettre fin à certaines pratiques et façons de faire de la politique ». Guillaume respire un grand coup : « Je suis pour le mandat unique et je me l’appliquerai à moi-même si je suis élu maire. Je n’accepterai même pas de cumuler et d’occuper un poste de vice-président à la communauté d’Agglomérations du Pays basque. J’enverrai un élu de confiance pour défendre les intérêts de Biarritz ». L’adjoint à l’environnement considère en revanche que faire de la politique à plein temps est désastreux aussi bien pour les citoyens que pour l’intéressé, car on finit par perdre le sens des réalités. « Je ne sais pas encore comment je m’organiserai, mais il est sûr que je continuerai la médecine au moins quelques heures par jour, car à la fin de mon unique mandat, je reprendrai avec plaisir mon métier. »

« En phase avec aucun parti »

Se pose la délicate question de l’investiture d’un parti politique dans une ville où de nombreux résidents secondaires, pas très au fait de la politique locale, sont inscrits sur les listes électorales et votent pour un parti plutôt que pour un homme. Le médecin biarrot fait preuve d’une franchise désarmante et tout à son honneur : « Je suis bien conscient que je me faciliterais les choses en adhérant à un parti. Il y aurait un parti écologiste de centre, tout serait simple. Europe Écologie Les Verts est trop à gauche pour moi et Écologie Bleue trop à droite. Il manque à l’heure actuelle en France ce grand parti écologiste qui transcenderait les tendances partisanes et accepterait tous ses courants. Pour moi l’écologie n’a ni à être de droite ni de gauche, et un positionnement au centre pourrait correspondre à beaucoup de citoyens qui ne se retrouvent pas dans l’offre actuelle. » Le surfeur sourit : « C’est peut-être naïf, mais je crois qu’on peut être élu à Biarritz en ayant une sensibilité centriste mais sans être membre d’un parti ». Avant de rajouter dans un sourire : « Après tout, il y a déjà eu des médecins aux commandes de Biarritz » (Pierre-Paul Jaulerry de 1864 à 1881 et Alcide Augey de 1881 à 1884).

« Je m’interroge sur des alliances »

Reste l’épineuse question des alliances possibles, indispensables en politique. Les incessantes péripéties vécues sous cette mandature, avec un Veunac mis en minorité par sa majorité et sauvé par le « ralliement » de cinq opposants a bien démontré aux Biarrots que la « ligne de fracture » ne passait pas par une traditionnelle majorité face à une traditionnelle opposition, mais par une ligne anciens contre modernes, avec une grande envie de transparence et de moralisation de la vie publique pour les plus jeunes. Mais comment imaginer si chaque « quadra » monte sa liste (Arostéguy, Motsch, Tardits, Barucq) pouvoir l’emporter ? Et comment croire qu’un ralliement de dernière minute des « quadras » entre les deux tours, puisse convaincre les Biarrots et faire le poids, face à une liste emmenée par Veunac ou Lafite ? « Je suis conscient du problème et j’y réfléchis » reconnaît Guillaume Barucq.

Après avoir ingurgité des couleuvres pendant six ans, le docteur Barucq va visiblement devoir se mettre à l’aspirine pendant quelques temps.

Un livre à son image

Personne ne doute de la sincérité des convictions écologiques de Guillaume Barucq. « Detoxseafication » est un livre à son image, sympa, précis et efficace, qui fait le point sur les agressions que subit notre organisme chaque jour et réfléchit sur la capacité de l’océan à se régénérer. Conçu comme un guide pratique, l’ouvrage peut aussi bien se lire en continu qu’être utilisé comme un ouvrage de référence où l’on va chercher une réponse à une question précise.

(« Detoxseafication », éditions Surf prévention, 276 pages, 25 €)

 

 

 

Mauvaise foi, désinformation et ligne jaune

Saint-Cricq rase les murs après ses maladroites accusations, Sud Ouest a la mémoire courte et la campagne électorale prend une vilaine tournure avec des faux grossiers.

Sud Ouest du 23 février.

Surtout n’alertez pas inutilement les services municipaux si vous êtes surpris de voir dans Biarritz ce qui ressemble à des épines de porc-épic fichées dans la muraille. Rien d’anormal, c’est juste Jean-Benoît Saint-Cricq qui à force de raser les murs finit par sérieusement écorner sa barbe. Il avait clamé sur tous les tons que l’incendiaire de sa maison ne pouvait être qu’un « allumé » qui lui en voulait politiquement. Au final, la pyromane était une ressortissante allemande, relevant de la psychiatrie et se moquant de la politique locale et des réseaux sociaux comme de son premier strudel aux pommes.

Dans sa page Facebook, l’avocat biarrot fait amende honorable et présente ses « plates excuses à la blogosphère ». Qu’il sache que personne ne lui en a jamais voulu, car bien malin celui qui peut affirmer que ses mots n’auraient pas dépassé sa pensée après avoir subi plusieurs tentatives d’incendie.

www.facebook.com/jean.saintcricq

En revanche, à la lecture du post de Saint-Cricq, je repense à un de mes rédacteurs en chef du Canard enchaîné qui aimait répéter « un peu de mauvaise foi n’a jamais nui ».

Benoîtement, l’avocat biarrot nous explique que l’attentat n’était pas politique… mais qu’il aurait pu l’être : « les circonstances me dédouanent quelque peu, car le premier incendie est survenu à l’issue d’un conseil municipal enflammé » Que Jean-Benoît Saint-Cricq se rassure : il n’est pas encore d’exemple dans la Ve République où un élu local a vu sa maison incendiée après avoir disserté sur les déjections canines. Ce qu’a vécu l’élu local est abominable et je partage totalement son indignation. Mais, même si je garde toute ma sympathie à l’homme, je sais aussi que l’élu adore la peinture et je lui conseillerai vivement d’oublier la politique, où plus personne ne le prend au sérieux, et de se consacrer pleinement à son art à partir de 2020.

Sud Ouest écrit… puis oublie

Sud Ouest du 12 février.

Si je n’en veux nullement à Saint-Cricq pour ses dérapages, comment ne pas être perplexe face à l’article de Sud Ouest daté du 23 février ? Le quotidien régional raconte l’histoire de l’incendiaire allemande en oubliant totalement ce qu’il avait écrit onze jours plus tôt, où les réseaux sociaux étaient à l’évidence les coupables ou les inspirateurs de ce crime. Il ne doit pas y avoir de service archives dans ce journal ! J’avais déjà eu l’occasion de dire que je pardonnais des propos excessifs tenus sous le coup de l’émotion, mais que j’avais du mal à accepter qu’un journaliste ne garde pas la tête froide et aille plus loin que le communiqué de l’avocat biarrot en me désignant nommément comme un inspirateur possible. Une ligne d’excuse ou un coup de téléphone du responsable régional pour cette mise au pilori pas très confraternelle ? J’attends toujours ! J’apprécie ce quotidien, mais je ne pense pas qu’il sorte grandi de cette histoire. 

Un photomontage scandaleux

Mais il y a beaucoup plus grave, car on touche aux fondamentaux de la démocratie. Cette semaine un photomontage montrant Nathalie Motsch et Jean-René Etchegaray devant le panneau publicitaire de l’Aviron bayonnais a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux. Que ce soit un imbécile qui n’a pas mesuré la gravité de ce qu’il faisait ou un gros malin qui a parfaitement compris qu’on peut faire perdre une candidate avec une salissure, l’acte est abject et mérite une sanction exemplaire. Les deux élus ont à juste titre porté plainte car ils n’ont jamais parlé rugby publiquement. Ni sans doute en privé. Pour sa part, Bisque Bisque Basque ! espère que la police judiciaire saura faire aussi vite la lumière sur cette affaire que sur les tentatives d’incendie du domicile de Jean-Benoît Saint-Cricq. Mais ce qui me gêne, c’est de voir que l’acte n’a pas été condamné par la classe politique avec la même unanimité que les méfaits commis à l’encontre de Saint-Cricq. Un élu biarrot ricane : « Il n’y a pas de fumée sans feu » et un autre estime qu’il faut « avoir de l’humour ». Curieuse conception de la démocratie !

Je n’ai pas la moindre idée de qui sera maire en 2020, mais je souhaite que cette campagne soit loyale, que tous les candidats soient à égalité sur la ligne de départ, que les Biarrots puissent être sereins le soir du deuxième tour, que le vainqueur soit Veunac ou un de ses adversaires. Dans la passion d’une campagne électorale, il y a toujours un peu de mauvaise foi. Mais si boules puantes il y a, elles doivent correspondre à des faits. Ce n’est à l’évidence pas le cas pour ce photomontage, où la ligne jaune a très nettement été franchie. Quand je vois comment des Biarrots, plusieurs jours après, continuent de maugréer à propos de cette image totalement fictive et de ce qu’elle suggère, j’espère que le coupable pour cette offense à la démocratie sera très sévèrement condamné.

Bisque, Bisque, Basque ! : une ligne éditoriale claire

On ne reproche pas à L’Humanité d’être proche du parti communiste. Bisque, Bisque, Basque !, blog gratuit et qui ne se réfugie pas derrière l’anonymat, n’a jamais caché son point de vue local ni ses convictions de gauche. Je souhaite tous les bonheurs possibles aux hommes Veunac et Lafite dans leur vie personnelle, mais je suis persuadé qu’ils ne sont pas aptes à exercer les mandats qu’ils occupent actuellement et je ferai tout pour qu’ils se consacrent à leurs familles dès 2020. C’est mon droit absolu de citoyen vivant dans une démocratie d’écrire cela. Et si je dérape ou allègue de faits inexacts, je serai condamné par les tribunaux comme la loi le prévoit. Comme tous les journalistes, je fais preuve parfois de mauvaise foi en forçant le trait, ce qui est le propre de la satire. Je vais essayer d’être plus vigilant et équitable dans la perspective d’une campagne électorale 2020 qui s’annonce pour le moins « musclée ». Mais depuis 2013, date du lancement de ce blog, je me suis toujours interdit de publier quelque chose quand je sais que c’est faux. Les réseaux sociaux, quand ils ne se réfugient pas derrière des masques, sont l’oxygène de la démocratie. Battons-nous pour qu’ils le restent !

 

 

 

 

35 ans, le bel âge

Avec l’Hawaïen Kai Lenny invité d’honneur, la Biarritz Quiksilver Maïder Arostéguy 2019 s’annonce particulièrement alléchante. Au point de durer un jour de plus.

Robert Rabagny ne désarme pas et, avec son équipe de fidèles, prépare une nouvelle édition de la « Maïder Arostéguy » qui devrait enchanter les locaux comme les vacanciers.

Assister à une conférence de presse de Robert Rabagny, c’est comme se lancer dans une bringue effrénée avec des vieux copains. On sait qu’on commencera par un apéro prolongé à Biarritz qu’on se couchera à pas d’heure à Saint-Jean-de-Luz, mais entre temps un dégagement par Bordeaux, Toulouse ou Pampelone relève tout à fait du possible. L’homme, même s’il affirme « songer à passer la main » est toujours aussi passionné, toujours aussi chien fou. La conversation part dans tous les sens, les journalistes qui s’efforcent de prendre des notes passent à une vitesse vertigineuse d’Hawaï à Biarritz avant de relever le stylo comme un surfeur novice face à la vague de Nazaré, mais la sincérité, la sensibilité à fleur de peau et la passion de Robert Rabagny sont telles qu’on ne peut être que séduit.

Alors que le surf fête son entrée aux Jeux Olympiques de 2024, le maître mot pour Robert Rabagny est de « rassembler ». À l’occasion de cette trente-cinquième édition, la compétition biarrote doit réunir « Le Pays basque Nord et le Pays basque Sud » et valoriser le « patrimoine » exceptionnel de Biarritz avec une compétition qui se déroule en pleine ville.

Preuve d’un succès jamais démenti, la compétition se déroulera du 19 au 22 avril sur quatre jours au lieu des trois habituels avec 250 surfeurs et surfeuses venus de toute l’Europe. Placée sous le patronage de Kelly Slater qui ne pourra être présent car il dispute encore le Tour Pro, elle accueillera Kai Lenny, l’homme qui a pour terrain de jeu les vagues de Jaws à Hawaï.

Et comme Robert adore réunir les sportifs, l’équipe de passionnés qui travaille pour lui a réussi à convaincre les rugbymen Thierry Dusautoir et Vincent Clerc, et peut-être le cycliste Miguel Indurain d’assister au dîner de gala qui aura lieu au Maria Cristina à Saint-Sébastien. La cérémonie de clôture, le dimanche 21 avril, se déroulant comme d’habitude au casino de Biarritz.

Sacrée fête en perspective sur le promenoir de la grande plage de Biarritz dont on ne peut que se réjouir à l’avance. Avec Monsieur « Biarritz bonheur » Rabagny, c’est comme autrefois avec les Galeries Lafayette : il se passe toujours quelque chose !

Un superbe costard pour les gilets jaunes

Le deuxième débat public au casino Bellevue a souvent été consternant. Seul le Biarritz réactionnaire était présent.

Veunac avait attiré la grande foule.

Pas de risque de voir un album de Tintin sous le bras des participants à ce second « débat national » organisé jeudi soir au casino Bellevue. En effet les concurrents directs de Jeanne Calment semblaient beaucoup plus nombreux que les moins de 77 ans, les seuls selon le slogan à être autorisés à lire les albums d’Hergé.

Après une première partie un peu fourre-tout mais intéressante sur les questions environnementales et la transition écologique, des interventions très pointues alternant avec d’autres très bateau, le deuxième sujet abordé concernait la démocratie et la citoyenneté. Un sujet visiblement trop tardif – il était tout de même 19h30 ! – pour un certain nombre d’élus locaux comme Lafite ou Sauzeau qui en ont profité pour s’éclipser. Veunac est donc resté seul au front avec les inusables Destizon, Blanco Bonamy et Pradier, tandis que Guillaume Barucq, pris par ses obligations professionnelles partait au milieu du deuxième débat.

Et ils sont où les gilets jaunes ?

Sans aucun complexe, l’homme de l’attentat démocratique de L’Hôtel du Palais, a osé parler de démocratie.

Seul problème de taille, le petit peuple des ronds-points qui mène une lutte exemplaire depuis treize semaines, avait boudé la fastueuse et bien désertique salle du casino. Bonne décision car, à deux ou trois interventions près, ils auraient entendu un ramassis d’horreurs venant de Biarrots obtus et réactionnaires qui trouvaient là une belle occasion de se venger des « gueux » qui leur avaient fait tomber le dentier de saisissement lors des images télévisées des manifestations. « On se plaint, on se plaint, mais pour les téléphones portables et autres y’a de l’argent » affirme une mamy tout juste libérée de sa permanente Réjacolor du plus beau violet. « Ils n’ont qu’à aller voir ailleurs comment ça se passe ». Un autre est tout aussi sentencieux : « Les gilets jaunes ? Un gouffre financier ! ». Le troisième ronchonne avant d’y aller de son anecdote sur son petit-fils qui vit en Australie et qui doit rédiger des devoirs sur le respect, « Ah, c’est pas en France qu’on verrait ça ». Quant au quatrième, il conclut péremptoire : « Un referendum, ça coûte très cher » C’est sûr que fermer sa gueule c’est tellement mieux.

Et, comme à l’accoutumée, Veunac ne ratera pas une belle occasion de se taire en évoquant « une vision trop classique de la démocratie, celle de Tocqueville ou Rousseau » Quand on a fait voter le dossier du Palais à ses conseillers municipaux sans leur donner la moindre information, celle-là, il fallait oser.

Un débat national, ce bric-à-brac de haines recuites et de réactionnaires qui ne voient pas au-delà de leurs lunettes double foyer ? Non, une consternation nationale !

 

Voilà ce que j’écrivais, il y a dix jours dans « Mediabask ». Ce n’est pas la maigrelette réunion d’hier qui me fera changer d’avis.

Le débat de cons

À un moment ou l’autre de notre existence, nous avons tous reçu une inopinée invitation à dîner de quelqu’un que nous connaissons peu, soudain pris de passion pour nous. Après une longue hésitation, mon épouse et moi acceptons finalement la proposition de notre improbable ami. Appelons-le Jupiter.

Dès notre arrivée dans la belle demeure où sont censées se dérouler les agapes, nous sommes pris dans un tourbillon de mots : « Cher François Pignon, chère Madame Pignon, quel bonheur de vous recevoir. Depuis le temps que j’attendais ce moment ». Les autres convives présents ne nous sont pas présentés. La salle à manger est magnifiquement dressée. Première surprise, nous apercevons derrière la baie vitrée qui donne sur le jardin quelques personnes en gilets jaunes qui suivent le dîner. Heureusement, Jupiter nous met à l’aise : « J’ai toujours eu la fibre sociale et quand je reçois, j’autorise parfois quelques gueux à assister au spectacle ». Il adresse même des gestes de la main pleins d’empathie à ces spectateurs qui brandissent des pancartes « Jupiter, démission ! » et sourit : « Ils sont taquins, mais je sais qu’ils m’aiment bien ! », avant de rassurer une des convives qui semble un peu inquiète : « Ne vous inquiétez pas, en cas de problème mon majordome dispose de quelques grenades de désencerclement et de fusils lance-grenades pour rétablir l’ordre ».

Le savant ordonnancement des mets et des vins débute, tandis que notre hôte discourt interminablement, n’autorisant que quelques hochements de tête ou de brefs « oui » ou « non » à ses interlocuteurs. À deux heures du matin, alors que les convives lorgnent désespérément vers la sortie, notre hôte impose avant de partir le selfie avec lui pour « garder un souvenir de cette merveilleuse soirée ».

Et le lendemain, alors que nous sommes KO debout après cette éprouvante soirée, Jupiter se sent obligé de nous adresser un mail, modestement intitulé « Lettre à tous les Français » où il se « félicite, lui l’homme de dialogue, de la qualité des échanges de la veille ».

Ce « dîner de cons » que nous avons tous vécu à un moment ou l’autre ne vous rappelle rien ? Interminables monologues présidentiels relayés par une télé mise sous séquestre, sujets qui fâchent comme le retour de l’ISF, la hausse du salaire minimal ou la moralisation de la vie publique soigneusement écartés, invitation à s’exprimer dans des cahiers de doléance en partant de l’idée que ça fera du bien au bon peuple de se défouler, illusoire constitution d’une liste gilets jaunes aux élections européennes, histoire de mieux diviser le mouvement, la liste des actuels enfumages présidentiels de notre Jupiter national est longue.

Avec une seule certitude : le grand bla-bla national ne sert strictement à rien et tourne au débat de cons. L’histoire des revendications sociales démontre une chose avec certitude : que ce soit en 1789, en 1936, en 1968 ou en 1981, les victoires se remportent dans la rue et nulle part ailleurs.

 

 

Pyromanie et citoyenneté

Les accusations un peu à la légère de Saint-Cricq sont compréhensibles après ce qu’il vient de vivre. Remercions-le donc de nous donner l’occasion de parler citoyenneté.

Sud Ouest du 12 février, dans lequel Saint-Cricq accuse les réseaux sociaux.

Sous le coup de l’émotion, on peut dire de grosses bêtises…

Une fois n’est pas coutume, Bisque, Bisque, Basque ! n’a pas un mot à changer au twitt de Michel Veunac à propos des deux tentatives d’incendie subies par Jean-Benoît Saint-Cricq : « Cette violence intolérable et lâche, que rien ne peut justifier, n’a pas sa place dans notre démocratie ».  Bisque, Bisque, Basque ! a parfois la plume acide à l’égard des politiques locaux, mais ses critiques ne visent que les hommes publics qui savent à quoi ils s’exposent en se présentant à une élection et non les maris ou pères de famille. On va donc le dire et le redire : il faut être un abruti parfait pour vouloir mettre le feu à la maison d’un élu.

Sous le coup de l’émotion, on peut dire de grosses bêtises…

C’est au journaliste qui vient d’interviewer le boxeur descendant du ring, le survivant d’un accident d’automobile, ou l’élu victime d’une tentative d’incendie de nuancer les propos entendus et de faire la part de l’émotion. Depuis que j’exerce ce métier, je pense qu’il devrait y avoir un Ordre des journalistes comme il existe un Ordre des médecins, pour intervenir en cas de faute déontologique. Si cet Ordre avait existé, je l’aurais saisi dans la minute qui a suivi la lecture de l’article de Carole Suhas dans Sud Ouest. Dans son communiqué Jean-Benoît Saint-Cricq, fustige les « faiseurs d’opinion, la prose véhémente et les sites de désinformation ». Il vise probablement ce blog et quelques sites locaux qui déplorent son surprenant revirement politique. Mais est-ce le rôle de Sud Ouest de me désigner nommément comme inspirateur possible de ces actes criminels, ce que n’a pas fait Saint-Cricq dans son communiqué, sans prendre la peine de m’interroger ? J’en doute.

Sous le coup de l’émotion, on peut dire de grosses bêtises…

Après les « acides » années soixante-dix et quatre-vingts où la presse était économiquement puissante et n’avait pas peur de grand-chose, les élus ont traversé une grande période de quiétude. L’économie des journaux, alors que les ventes au numéro s’effondrent, dépend désormais beaucoup des pouvoirs en place grâce à de la publicité institutionnelle et des partenariats. Plus ou moins consciemment, des pactes de non-agression se sont conclus. Ce qui n’empêche pas des journalistes, malgré une structure étouffante, de bien faire leur boulot. C’est le cas à Biarritz, malgré cet article malencontreux. La nature ayant horreur du vide, des citoyens qui jusque-là avaient l’habitude de discuter entre eux, ont pris leur plume, consacré leur temps leur énergie et leur argent à raconter dans des blogs ou des pages Facebook ce qu’ils ne trouvent plus dans les médias traditionnels. Les communiqués officiels, les conférences de presse, c’est bien, mais ça n’est que la partie visible de l’iceberg politique. Bisque, Bisque, Basque ! avec ses moyens limités, ses convictions et ses détestations qu’on peut discuter, s’efforce de raconter la partie invisible, les coulisses politiques, les alliances improbables, les raisons d’une vente d’un terrain annoncé non constructible ou d’une villa promise à un copain. Apparemment (et je n’en tire aucune gloire, puisque ce blog est gratuit et ne représente pas un modèle économique), vous êtes un certain nombre à apprécier ce travail puisque dix-mille visiteurs viennent faire un tour pour chaque papier politique publié.

Sous le coup de l’émotion, on peut dire de grosses bêtises…

Bisque, Bisque, Basque ! fait partie de ce qu’on appelle « les réseaux sociaux », un endroit où comme en politique on peut côtoyer le meilleur ou le pire. Mais ce n’est sans doute pas un hasard si un peu partout dans les Pyrénées-Atlantiques, que ce soit à Pau, Oloron ou Ciboure, fleurissent des blogs de très bonne facture où des citoyens exaspérés dénoncent ce qu’ils apprennent. L’heureux temps où, d’une élection à l’autre, les élus faisaient à peu près ce qu’ils voulaient est fort heureusement révolu. Grâce aux réseaux sociaux, un maillage du territoire s’organise, des informations remontent, reprises ensuite par la presse traditionnelle. Allez savoir pourquoi, les Veunac, Lafite, Claverie ou Saint-Cricq parlent « d’incitation à la haine » des réseaux sociaux quand je n’y vois pour ma part que l’expression d’une citoyenneté militante et une passion pour la vie publique, fort rassurante pour notre démocratie.

Sous le coup de l’émotion, on peut aussi… conserver un peu de malice

Jean-Benoît Saint-Cricq a été mon avocat. L’homme est cultivé, intelligent, travailleur et doté d’une vraie fibre sociale qui en aurait probablement fait un bon maire de Biarritz. Si la même mésaventure que Jean-Benoît Saint-Cricq m’arrivait, je dirais sans doute beaucoup de bêtises sous le coup de l’émotion. Je ne lui en veux donc nullement de sa façon de braquer les projecteurs en ma direction même si l’accusation est incongrue. J’espère seulement que les policiers trouveront le coupable. Souhaitons pour l’avocat que le fautif ne sera pas un ivrogne, un voisin en colère ou un client mécontent. Depuis juin 2018, suite à quelques infos en ma possession, je suis fasciné par la façon dont le maire a embobiné l’homme public qu’est Jean-Benoît et a réussi à « retourner » le brillant opposant qu’il était en lui faisant voter par deux fois l’acrobatique montage de l’Hôtel du Palais. De toute ma carrière de journaliste, je n’ai jamais vu une opposition venir au secours du maire le jour où il est en minorité dans sa majorité. En octobre, Saint-Cricq a été hué par les Biarrots, et, au vu des commentaires reçus et entendus à Bisque, Bisque, Basque ! on peut imaginer, même si les gens ne sont pas toujours très courageux, qu’il a dû subir quelques publiques explications de texte pas très agréables à vivre, lui qui était il y a peu encore un des « héros » de la Ville.

Alors, oui, Jean-Benoît Saint Cricq peut-être en colère contre lui-même d’avoir disposé de tant d’atouts dans ses mains et de les avoir si mal joués, se faisant au final berner par un maire qui l’a mené en bateau. Mais de là à dire « On a voulu me punir parce que j’ai trouvé que le rapport d’orientation budgétaire de Guy Lafite était correct », c’est se prêter une importance qui ne correspond plus tout à fait à la réalité. Et le propos semble plus relever du calcul politique que de l’émotion.

N’en déplaise à tous les pourfendeurs de réseaux sociaux, c’est tout à fait mon droit de citoyen-blogueur d’estimer que l’homme public Saint-Cricq est désormais totalement démonétisé politiquement, qu’il n’y a plus grand monde pour le prendre au sérieux, ni écouter ce qu’il a à dire. Jean-Benoît Saint-Cricq, espérant sans doute un improbable « Retenez-moi ! » des Biarrots, annonce à Sud Ouest qu’il « réfléchit » à son implication future dans la vie politique.  À sa place, mon choix serait vite fait. Vendredi soir, lors du conseil municipal, un des spectateurs a résumé la situation : « Saint-Cricq ? Ce n’est plus qu’une barbe et des lunettes ! ».

Le communiqué à la presse de Jean-Benoît Saint-Cricq

 

Saint-Cricq au fond du seau

Quelle tristesse de voir le superbe opposant d’hier obligé, pour exister sans offenser ses nouveaux amis, de disserter sur… les déjections canines. Le jour où on parle orientations budgétaires!

Avec une opposition comme celle-là, avec des Saint-Cricq, Puyau, Domège totalement enamourés, Michel Veunac n’a même plus besoin de majorité… ça tombe très bien puisqu’à l’évidence il n’en a plus, ce qui ne soucie guère celui qui est devenu aux dires de ses détracteurs « la risée de la Côte basque ». Le vieil homme à écharpe tricolore semble toujours aussi perdu, est capable de se tromper dans ses votes en arguant d’une procuration qu’il n’avait pas, utilise des ficelles de la taille de câbles, mais il sait faire de la politique ! Et vendredi soir, lors de ce dernier conseil municipal édifiant et désespérant à la fois, notre Mimi-la-Malice a une fois de plus royalement enfumé tout le monde.

https://www.youtube.com/watch?v=L2e4pLO4WHA

En plaçant en quatrième point de l’ordre du jour le retrait de délégation de Nathalie Motsch, braquant sur elle les projecteurs des médias à un horaire idéal pour les bouclages, et en point vingt-huit le débat d’orientation budgétaire, à l’heure où tout le monde dort, Super-Mimi a magnifiquement joué le coup, à la manière des adversaires du XV de France qui laissent le pack bleu cracher son venin la première mi-temps en attendant tranquillement la suite pour reprendre le contrôle du match. Une ruse que Maïder Arosteguy, trop contente au passage de montrer le peu de cas qu’elle fait de Nathalie Motsch, dénoncera dans l’indifférence.

Sans adversaire, la partie est difficile

En laissant tous les soutiens de Nathalie Motsch s’exprimer et en interdisant à ses troupes de répliquer, Michel Veunac, sous les yeux de son épouse vêtue de rouge tout comme Nathalie Motsch, a subi pendant quarante-cinq minutes une volée de bois vert mémorable qui semble l’avoir laissé parfaitement indifférent.

Une fois Nathalie Motsch partie, Super Mimi, comme à l’accoutumée, s’est emmêlé les pinceaux sur à peu près tous les sujets, que ce soit l’élection du nouvel adjoint Laurent Ortiz, promu pour avoir bien voté sur le dossier du Palais en octobre, ou la nouvelle politique de stationnement, la notion de taux de rotation des véhicules le laissant à peu près aussi démuni qu’un gallinacé devant un couteau.

L’essentiel était ailleurs et à 22 h 30, l’homme qui ne se trompe jamais et qui d’année en année cumule les exploits financiers, à se demander comment la Ville peut se retrouver dans une telle situation avec tous les miracles qu’il réalise, vous avez compris que l’on parle de « La-Faillite-nous voilà », s’est lancé, sous prétexte d’orientation budgétaire, dans une apologie de son action à faire pleurer de rire n’importe quel étudiant en première année d’économie.

Le grand show de l’énarque fanfaron

Le livre que tous les Biarrots devraient lire.

Si pour équilibrer mon budget, je vends la maison qui m’appartient et explique le même jour à mes copains que je pratique de « la gestion intelligente », ils vont sans doute sourire. Quand on sort du budget municipal l’emprunt pour rénover le Palais en le planquant dans la coquille vide qu’est la Socomix, on peut jouer à l’énarque fanfaron. Surtout quand la bulle spéculative immobilière vous est favorable et gonfle mécaniquement – pour quelques temps du moins ! – vos recettes. Et comme décidément, notre brillant argentier a tous les toupets, il nous explique dans la foulée avoir réalisé un emprunt auprès des banques, car « les taux étaient particulièrement intéressants ». Un peu comme un mari qui rentre à la maison et annonce à son épouse et ses cinq enfants qu’au lieu d’acheter la berline prévue, il a fait l’acquisition d’une Ferrari car elle était en soldes.

Toutes ces rodomontades de petit coq ivre de lui-même auraient mérité d’être reprises, mais la fatigue, l’heure tardive et le fort légitime sentiment d’user de la salive pour rien avec un tandem qui n’écoute personne auront eu raison des plus endurants conseillers. Silence radio de François Amigorena, d’Édouard Chazouillères et même de Maïder Arosteguy qui avait déjà bien bataillé pendant les quatre premières heures du conseil.

Heureusement, trois opposants féroces étaient là pour défendre l’honneur des Biarrots après les fadaises entendues sur les prévisions budgétaires.

Des opposants d’une férocité extrême

C’est Alain Puyau qui lance la première flèche et frappe l’équipe dirigeante en plein cœur. « Les chiffres et les taux sont peu critiquables », mais le rapport qui a été remis aux élus est « peu lisible » et il aurait fallu « changer les polices de caractère ». Tout le monde sait que le brave Puyau n’a aucun caractère, mais malmener l’équipe dirigeante à ce point-là !

C’est ensuite Frédéric Domège qui intervient pour dire que les choix budgétaires vont dans le « bon sens » et qu’il approuve les propos de ses collègues. Domège, c’est connu, c’est le bon sens près de chez nous.

Le match de trop de Saint-Cricq

Mais, à l’image de ces sportifs qui ne savent pas s’arrêter à temps et s’obstinent à revenir dans les stades où ils se sont couverts de gloire alors qu’ils n’y ont plus leur place, les sourires se dissipent et laissent place à une profonde tristesse au moment de l’intervention de Jean-Benoît Saint-Cricq. Comment le brillant opposant dont les interventions pertinentes et travaillées étaient toujours attendues avec impatience et crainte pendant quatorze ans, peut-il s’être tiré une balle dans le pied à ce point-là ?

 Dans la droite ligne de son ralliement à la majorité sur le dossier du Palais en juin et octobre, « l’opposant » Saint-Cricq trouve désormais remarquables toutes les décisions de l’équipe dirigeante : « Ce qui compte, c’est la direction qui a été prise. Elle est incontestablement bonne ». Heureux de distribuer les bons points, Saint-Cricq ajoute même à l’égard du tandem Veunac-Lafite : « Vous êtes sur la bonne voie ».  Mais comme il faut exister tout de même, montrer son indépendance sans fâcher ses nouveaux amis, le brillant avocat biarrot va se permettre une critique terrible sur la façon dont est dirigée cette ville : « On voit fleurir dans nos belles rues des déjections canines qui vivent leur belle vie jusqu’à ce que la pluie ait fait son œuvre et que tout ça se délite. Ce n’est pas très agréable de suivre la vie d’un étron sur le trottoir biarrot pendant une quinzaine de jours. »

Les Biarrots en avaient déjà conscience, mais après cette désespérante séance de bénis oui-oui qui a duré près de cinq heures, ils repartent avec une certitude : la Ville est dans une merde noire !

Quelle dégelée !

Si vous voulez avoir une idée exacte de ce qui se passe à la mairie, prenez quarante-cinq minutes pour écouter tous les griefs adressés au maire. Et vous pourrez au passage admirer ses talents d’encaisseur (De la minute 13 à 1h02, moment où Veunac décide de couper le micro de Nathalie Motsch).

Des griefs littéraires, façon Amigorena, qui avec son talent habituel évoque « La cour du roi Pétaud avec ses bouffons tristes et son monarque acariâtre ». Des envolées humanistes avec un texte très touchant de Guillaume Barucq qui pleure « la dream team que nous formions en 2014 » et « le psychodrame permanent ». Du réalisme avec Brigitte Pradier et Hervé Boissier qui constate que « comme aux Galeries Lafayette, il se passe toujours quelque chose » à la mairie. Des interventions plus nuancées comme celles d’Anne Pinatel évoquant le général de Villiers ou d’Édouard Chazouillères qui pense que Nathalie Motsch, comme le préconisait Jean-Pierre Chevènement en son temps (« Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne ») aurait dû partir d’elle-même.

Et puis, Nathalie Motsch qui, l’émotion aidant, a commis un discours un peu trop long mais remarquable dans sa partie centrale, évoquant « un management à l’envers, rétrograde, et c’est probablement le seul fait d’arme de ce mandat : l’exceptionnelle réussite de l’échec au moment de fracasser une équipe en quatre ans. » « Calamity Nathalie » s’en est ensuite prise à son grand copain l’énarque sarcastique : « Écoutez-moi bien, Monsieur le Premier adjoint, moi qui n’ai à vos yeux que des « ambitions ridicules ». Je ne vous reconnais aucune légitimité, votre équipe part en miettes et vous resterez pour la postérité le fossoyeur du Palais »

45 minutes pour vous convaincre que ce mandat est un désastre à nul autre pareil (À 23 heures, dans la salle ne restaient plus que l’épouse du maire et une journaliste de Mediabask, tous les autres avaient jeté l’éponge, écœurés). Un désastre qui n’empêche pas Michel Veunac d’avoir des chances d’être réélu en 2020 si des ententes ne se font pas et que chaque opposant y va de sa liste. Comme dirait mon confrère de L’Équipe Pierre Michel Bonnot à propos du manager du XV de France Jacques Brunel, l’opposition à Veunac est actuellement « aussi emmerdée qu’un caméléon atterrissant sur un tissu écossais ». Il va falloir s’adapter, et vite !

 

Chacun compte sur ses doigts

Le prochain conseil municipal promet d’être animé. Pour le moment chaque camp fait des additions, car l’éviction de Nathalie Motsch n’est pas encore totalement acquise.

Si Veunac veut compter ses amis au sein du conseil municipal, il peut faire appel à la Vénus de Milo.

Depuis huit mois, Marie-Lou n’en peut plus à l’heure du coucher. Au début, en voyant son mari, Michel Veunac, agiter ses doigts dans tous les sens au moment d’éteindre la lumière, elle a cru que c’était sa façon bien à lui de pratiquer son jogging. Avant de déchanter en comprenant depuis les deux conseils municipaux houleux sur L’Hôtel du Palais qu’il fait simplement ses comptes. Oh, certes, notre rusé politique ne s’amuse pas avec les doigts de ses mains, à chiffrer le nombre de ses amis à la mairie, car, il a assez de lucidité pour savoir que la Vénus de Milo suffirait amplement à la tâche. Michel Veunac fait juste le compte de ses affidés, courtisans, obligés et autres cireurs de pompes qui lui doivent quelque chose, en se disant qu’une fois de plus, ça devrait le faire lors du vote. Et tant pis si, une fois de plus, les Biarrots sont les dindons de la farce.

Tous les témoignages à l’intérieur de la mairie sont unanimes pour dire que Veunac et Lafite sont très nerveux et que le conseil du 8 février prochain est beaucoup plus important qu’il n’en a l’air. Lors de la réunion des adjoints, en début de semaine, Veunac a piqué une grosse rogne en apprenant que Peio Claverie, l’homme qui est capable de vous démontrer que la lune est violette si le maire lui demande, serait absent. L’excuse diplomatique d’un Abertzale habile qui a conscience de s’être ridiculisé à force de flagornerie ? Deuxième colère de Mimi-Imperator en découvrant que Laurent Ortiz, qui normalement doit être « promu » à un poste d’adjoint, serait absent lui aussi. Et comme Veunac sait compter jusqu’à trois, troisième colère en découvrant sur les réseaux sociaux de nombreux appels à venir en nombre à ce « conseil de la honte » où le duo Lafite-Veunac est bien décidé à faire payer à Nathalie Motsch ses prises de position sur le Palais. Tout le monde est prévenu, au moindre bruit, au moindre mouvement de foule, le grand timonier fera évacuer la salle. Pour inciter Veunac à un peu plus de modestie face au mécontentement des Biarrots, Bisque, Bisque, Basque ! qui ne souhaite nullement des perturbations pendant ce conseil, se contentera de rappeler qu’un vendredi à 18 heures, Veunac dispose en tout et pour tout de… trois policiers municipaux en service.

Un débat musclé d’entrée de jeu

Pour toutes ces raisons, ce conseil municipal qui signe incontestablement le coup d’envoi de la campagne électorale de 2020, sera absolument passionnant à suivre. D’autant plus que le retrait de délégation de Nathalie Motsch est prévu au point quatre d’un ordre du jour qui en compte… trente-cinq (Comment s’y retrouver quand on n’a que dix doigts ?) et que les hostilités probables devraient donc démarrer dès 18 h30. Et l’observateur ne va pas savoir où donner de la tête entre les membres de la majorité qui ne voteront pas comme le maire, les anciens membres de la majorité devenus opposants, les opposants ralliés au maire, les opposants qui s’opposent toujours et les opposants qui s’opposent mais n’ont pas envie d’aider Motsch. Dans un tel foutoir, deux mains ne suffiront pas et il est prudent de prévoir le boulier chinois.

Barucq prend de la hauteur

Le docteur Barucq a longtemps cru que la politique pouvait se faire autrement, sur la base du rassemblement de compétences et non de la courtisanerie. Le gentil surfeur commence à comprendre qu’évoluer au sein d’un conseil municipal harmonieux est un art parfois plus difficile que prendre une vague un 15 août à la Côte des Basques. Malmené par le départ de Virginie Lannevère, Guillaume Barucq s’est nettement élevé contre l’éviction de Nathalie Motsch. Interrogé par Bisque, Bisque, Basque!, l’adjoint  parti se mettre au vert en haut de la montagne pour échapper à « l’atmosphère toxique » n’y va pas par quatre chemins : « Je voterai contre l’éviction de la quatrième adjointe qui a grandement participé à la victoire inespérée de 2014 et a tenu sa délégation avec compétence et détermination. J’ai tout tenté pour qu’on n’en arrive pas là… Sans succès ».  D’autres voix habituées à dire ce qu’elles pensent se feront probablement entendre en faveur de Madame Motsch. On pense par exemple à Hervé Boissier qui n’a jamais cessé haut et fort de défendre les Biarrots ou à Françoise Mimiague. Quant aux interventions probables des Destizon, Haye et compagnie, qui ne vont certainement pas rater une occasion de se faire bien voir auprès de leur fournisseur de délégation, on sait d’avance à quoi elles vont ressembler.

Opposants ralliés et pas contents

Ils ont fait basculer le vote en faveur du Palais en juin dernier et estiment, à juste titre, qu’ils ont été payés en monnaie de singe par le grand distributeur de promesses Veunac. En trahissant, ils se sont ridiculisés auprès des Biarrots et… n’ont rien obtenu en retour pour leur surprenant revirement. S’il est difficile d’imaginer l’avocat Jean-Benoît Saint-Cricq, voler au secours de Nathalie Motsch qu’il déteste à peu près autant que le pape François les médecins avorteurs, d’autres surprises pourraient venir de Bénédicte Darrigade ou Frédéric Domège qui n’ont strictement rien contre l’ex-adjointe à l’Urbanisme et pourraient profiter de l’occasion pour montrer qu’ils ne sont pas tout à fait inféodés à Veunac. Quand Mimi Imperator a des insomnies et fait ses comptes sur ses petits doigts, ou quand il se confie à ses proches, c’est une hypothèse qu’il n’exclut pas du tout.

Maïder Arosteguy en embuscade

Elles font semblant de « réfléchir » pour 2020 et prennent les Biarrots pour des jambons ou pire pour des Bayonnais. Maïder Arosteguy et Nathalie Motsch seront sans nul doute rivales dans quatorze mois et mettent déjà leurs équipes en place. Et au lieu de se conformer à ce lieu commun de la politique qui consiste à affirmer qu’on est uniquement concentré sur son mandat, elles feraient mieux de dire qu’elles disputeront la joute municipale quoi qu’il arrive et feront tout pour gagner en 2020, ce qui rassurerait les Biarrots qui se demandent comment mettre fin au tandem maléfique « Super-Mimi et Lafaillite nous voilà ». Le lancement par Maïder du groupe de réflexion « Mon Biarritz » (quel nom peu collectif, comme si le pouvoir municipal n’était que l’affaire d’une seule ! Pourquoi pas « Mon nombril » pendant qu’on y est !), n’a d’autre but que d’alimenter la campagne électorale par avance. Vendredi soir, il est certain que Maïder Arosteguy va être observée à la loupe. Ayant à son actif un irréprochable mandat d’opposante, va-t-elle au nom des principes défendre l’exclue, s’abstenir de voter en estimant que c’est une affaire de majorité ou au contraire ne pas résister à la tentation de balancer quelques coups de griffe, soit directement soit par l’intermédiaire de quelques proches comme Anne Pinatel. Nul doute que tous les commentateurs sportifs du département seront là pour assister à ce prometteur duel de dames.

Un grand show « Calamity Nathalie »?

Tous les passionnés de vie publique ont encore en mémoire l’intervention de Nathalie Motsch lors du conseil municipal du 15 octobre et le morceau d’éloquence qu’elle avait prononcé, devant un conseil municipal et une assistance médusés. Tandis que Lafite ne quittait pas sa moue dédaigneuse qui est son uniforme quand une femme parle, Veunac avait eu une réaction étonnante et sympathique, comme un sportif chevronné qui reconnaît le talent de son adversaire. En privé, il avait même confié : « J’ai vu naître une femme politique sous mes yeux », ce qui est à son honneur. Depuis, il a pu vérifier que « Calamity Nathalie » sait être coriace : refus catégorique de démissionner, et refus tout aussi catégorique de retirer ses recours devant le tribunal administratif malgré les flatteries et promesses multiples de Mimi-la-Malice. Nathalie Motsch observe un silence total sur ce qu’elle va faire, mais on peut penser qu’elle souhaite retrouver sa liberté et va nous gratifier d’un discours de politique générale qui ira bien au-delà de sa simple éviction, pour dénoncer l’état de déliquescence absolu de l’actuelle majorité et les acrobaties financières à haut risque décidées en 2018. C’est ce que les Biarrots, lassés de cette gouvernance sans vision ni talent, souhaitent. Un duel électoral à la loyale, un retour à des pratiques démocratiques où le conseil municipal ne serait plus mis devant le fait accompli, une transparence totale en matière d’urbanisme et d’appel d’offres…. La politique, c’est aussi fait pour rêver.

En attendant, si dans la nuit de jeudi à vendredi, vous êtes réveillés par des bruits anormaux, ne sursautez pas, ne téléphonez pas aux pompiers : ce sont juste les craquements des jointures des doigts de tous ceux qui comptent et espèrent qui vous auront tiré de votre sommeil.