Saint-Cricq au fond du seau

Quelle tristesse de voir le superbe opposant d’hier obligé, pour exister sans offenser ses nouveaux amis, de disserter sur… les déjections canines. Le jour où on parle orientations budgétaires!

Avec une opposition comme celle-là, avec des Saint-Cricq, Puyau, Domège totalement enamourés, Michel Veunac n’a même plus besoin de majorité… ça tombe très bien puisqu’à l’évidence il n’en a plus, ce qui ne soucie guère celui qui est devenu aux dires de ses détracteurs « la risée de la Côte basque ». Le vieil homme à écharpe tricolore semble toujours aussi perdu, est capable de se tromper dans ses votes en arguant d’une procuration qu’il n’avait pas, utilise des ficelles de la taille de câbles, mais il sait faire de la politique ! Et vendredi soir, lors de ce dernier conseil municipal édifiant et désespérant à la fois, notre Mimi-la-Malice a une fois de plus royalement enfumé tout le monde.

https://www.youtube.com/watch?v=L2e4pLO4WHA

En plaçant en quatrième point de l’ordre du jour le retrait de délégation de Nathalie Motsch, braquant sur elle les projecteurs des médias à un horaire idéal pour les bouclages, et en point vingt-huit le débat d’orientation budgétaire, à l’heure où tout le monde dort, Super-Mimi a magnifiquement joué le coup, à la manière des adversaires du XV de France qui laissent le pack bleu cracher son venin la première mi-temps en attendant tranquillement la suite pour reprendre le contrôle du match. Une ruse que Maïder Arosteguy, trop contente au passage de montrer le peu de cas qu’elle fait de Nathalie Motsch, dénoncera dans l’indifférence.

Sans adversaire, la partie est difficile

En laissant tous les soutiens de Nathalie Motsch s’exprimer et en interdisant à ses troupes de répliquer, Michel Veunac, sous les yeux de son épouse vêtue de rouge tout comme Nathalie Motsch, a subi pendant quarante-cinq minutes une volée de bois vert mémorable qui semble l’avoir laissé parfaitement indifférent.

Une fois Nathalie Motsch partie, Super Mimi, comme à l’accoutumée, s’est emmêlé les pinceaux sur à peu près tous les sujets, que ce soit l’élection du nouvel adjoint Laurent Ortiz, promu pour avoir bien voté sur le dossier du Palais en octobre, ou la nouvelle politique de stationnement, la notion de taux de rotation des véhicules le laissant à peu près aussi démuni qu’un gallinacé devant un couteau.

L’essentiel était ailleurs et à 22 h 30, l’homme qui ne se trompe jamais et qui d’année en année cumule les exploits financiers, à se demander comment la Ville peut se retrouver dans une telle situation avec tous les miracles qu’il réalise, vous avez compris que l’on parle de « La-Faillite-nous voilà », s’est lancé, sous prétexte d’orientation budgétaire, dans une apologie de son action à faire pleurer de rire n’importe quel étudiant en première année d’économie.

Le grand show de l’énarque fanfaron

Le livre que tous les Biarrots devraient lire.

Si pour équilibrer mon budget, je vends la maison qui m’appartient et explique le même jour à mes copains que je pratique de « la gestion intelligente », ils vont sans doute sourire. Quand on sort du budget municipal l’emprunt pour rénover le Palais en le planquant dans la coquille vide qu’est la Socomix, on peut jouer à l’énarque fanfaron. Surtout quand la bulle spéculative immobilière vous est favorable et gonfle mécaniquement – pour quelques temps du moins ! – vos recettes. Et comme décidément, notre brillant argentier a tous les toupets, il nous explique dans la foulée avoir réalisé un emprunt auprès des banques, car « les taux étaient particulièrement intéressants ». Un peu comme un mari qui rentre à la maison et annonce à son épouse et ses cinq enfants qu’au lieu d’acheter la berline prévue, il a fait l’acquisition d’une Ferrari car elle était en soldes.

Toutes ces rodomontades de petit coq ivre de lui-même auraient mérité d’être reprises, mais la fatigue, l’heure tardive et le fort légitime sentiment d’user de la salive pour rien avec un tandem qui n’écoute personne auront eu raison des plus endurants conseillers. Silence radio de François Amigorena, d’Édouard Chazouillères et même de Maïder Arosteguy qui avait déjà bien bataillé pendant les quatre premières heures du conseil.

Heureusement, trois opposants féroces étaient là pour défendre l’honneur des Biarrots après les fadaises entendues sur les prévisions budgétaires.

Des opposants d’une férocité extrême

C’est Alain Puyau qui lance la première flèche et frappe l’équipe dirigeante en plein cœur. « Les chiffres et les taux sont peu critiquables », mais le rapport qui a été remis aux élus est « peu lisible » et il aurait fallu « changer les polices de caractère ». Tout le monde sait que le brave Puyau n’a aucun caractère, mais malmener l’équipe dirigeante à ce point-là !

C’est ensuite Frédéric Domège qui intervient pour dire que les choix budgétaires vont dans le « bon sens » et qu’il approuve les propos de ses collègues. Domège, c’est connu, c’est le bon sens près de chez nous.

Le match de trop de Saint-Cricq

Mais, à l’image de ces sportifs qui ne savent pas s’arrêter à temps et s’obstinent à revenir dans les stades où ils se sont couverts de gloire alors qu’ils n’y ont plus leur place, les sourires se dissipent et laissent place à une profonde tristesse au moment de l’intervention de Jean-Benoît Saint-Cricq. Comment le brillant opposant dont les interventions pertinentes et travaillées étaient toujours attendues avec impatience et crainte pendant quatorze ans, peut-il s’être tiré une balle dans le pied à ce point-là ?

 Dans la droite ligne de son ralliement à la majorité sur le dossier du Palais en juin et octobre, « l’opposant » Saint-Cricq trouve désormais remarquables toutes les décisions de l’équipe dirigeante : « Ce qui compte, c’est la direction qui a été prise. Elle est incontestablement bonne ». Heureux de distribuer les bons points, Saint-Cricq ajoute même à l’égard du tandem Veunac-Lafite : « Vous êtes sur la bonne voie ».  Mais comme il faut exister tout de même, montrer son indépendance sans fâcher ses nouveaux amis, le brillant avocat biarrot va se permettre une critique terrible sur la façon dont est dirigée cette ville : « On voit fleurir dans nos belles rues des déjections canines qui vivent leur belle vie jusqu’à ce que la pluie ait fait son œuvre et que tout ça se délite. Ce n’est pas très agréable de suivre la vie d’un étron sur le trottoir biarrot pendant une quinzaine de jours. »

Les Biarrots en avaient déjà conscience, mais après cette désespérante séance de bénis oui-oui qui a duré près de cinq heures, ils repartent avec une certitude : la Ville est dans une merde noire !

Quelle dégelée !

Si vous voulez avoir une idée exacte de ce qui se passe à la mairie, prenez quarante-cinq minutes pour écouter tous les griefs adressés au maire. Et vous pourrez au passage admirer ses talents d’encaisseur (De la minute 13 à 1h02, moment où Veunac décide de couper le micro de Nathalie Motsch).

Des griefs littéraires, façon Amigorena, qui avec son talent habituel évoque « La cour du roi Pétaud avec ses bouffons tristes et son monarque acariâtre ». Des envolées humanistes avec un texte très touchant de Guillaume Barucq qui pleure « la dream team que nous formions en 2014 » et « le psychodrame permanent ». Du réalisme avec Brigitte Pradier et Hervé Boissier qui constate que « comme aux Galeries Lafayette, il se passe toujours quelque chose » à la mairie. Des interventions plus nuancées comme celles d’Anne Pinatel évoquant le général de Villiers ou d’Édouard Chazouillères qui pense que Nathalie Motsch, comme le préconisait Jean-Pierre Chevènement en son temps (« Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne ») aurait dû partir d’elle-même.

Et puis, Nathalie Motsch qui, l’émotion aidant, a commis un discours un peu trop long mais remarquable dans sa partie centrale, évoquant « un management à l’envers, rétrograde, et c’est probablement le seul fait d’arme de ce mandat : l’exceptionnelle réussite de l’échec au moment de fracasser une équipe en quatre ans. » « Calamity Nathalie » s’en est ensuite prise à son grand copain l’énarque sarcastique : « Écoutez-moi bien, Monsieur le Premier adjoint, moi qui n’ai à vos yeux que des « ambitions ridicules ». Je ne vous reconnais aucune légitimité, votre équipe part en miettes et vous resterez pour la postérité le fossoyeur du Palais »

45 minutes pour vous convaincre que ce mandat est un désastre à nul autre pareil (À 23 heures, dans la salle ne restaient plus que l’épouse du maire et une journaliste de Mediabask, tous les autres avaient jeté l’éponge, écœurés). Un désastre qui n’empêche pas Michel Veunac d’avoir des chances d’être réélu en 2020 si des ententes ne se font pas et que chaque opposant y va de sa liste. Comme dirait mon confrère de L’Équipe Pierre Michel Bonnot à propos du manager du XV de France Jacques Brunel, l’opposition à Veunac est actuellement « aussi emmerdée qu’un caméléon atterrissant sur un tissu écossais ». Il va falloir s’adapter, et vite !

 

6 réflexions sur “Saint-Cricq au fond du seau

  1. Il faut reconnaître que cet infatigable opposant « bénévole » qu’a été Benoit Saint Cricq nous a parfois réjoui par ses critiques pertinentes et a pu nous faire espérer qu’il pourrait avoir une place dans une coalition municipale aussi hétéroclite que créative …. ce qui reste une spécificité de notre ville au même titre que le surf ou l’accueil du troisième age …. Las , depuis qu’il a rallié , après un spectaculaire et remarqué retournement de veste , la majorité municipale , il a sacrifié son esprit critique sur l’autel de la prochaine campagne électorale et s’est rallié aux propositions maladroites et au projet ruineux des duettistes « Mimi la Gnaque » et « La Faillitte nous voilà » qu’il s’est mis en tête de dépasser par l’originalité de ses propositions en préconisant un nettoyage au karcher des déjections canines et en envisageant une transformation de notre Cité du Vide en « musée d’art contemporain » (voir Biarritz Magazine de février ….) …. au risque de faire de l’ombre au Guggenheim dont il vise la clientèle et dont il espère les mêmes retombées économiques tant « investir dans l’art a du sens » … Nous voulions le changement il nous propose la continuité « aggravée » ….!

  2. MERVEILLEUX COMMENTAIRE comme d’habitude

    QUEL BONHEUR DE VOUS AVOIR ET DE VOUS LIRE …..

    Philippe de Noiret

  3. « Un désastre qui n’empêche pas Michel Veunac d’avoir des chances d’être réélu en 2020 si des ententes ne se font pas et que chaque opposant y va de sa liste.  »

    Je le dis depuis des mois !!!! il faut une liste pour Biarritz qui soit riche de sa diversité, bâtie sur des projets et non des partis, une liste qui rassemble les compétences disponibles de celles et ceux qui veulent par dessus tout éviter la reconduction de l’équipe actuelle mais aussi bien sur, une liste qui propose des projets concrets pour le quotidien des Biarrot(e)s.

    Le choix est simple : soit on sort de la logique de chapelles et cette union improbable se construit dans les mois qui viennent, soit les pieds-nickelés, les charlots qui sont à la manoeuvre l’emportent pour 6 ans de plus.

    Imaginez les de 2020 à 2026 ! Cette équipe qui ne comprend rien aux défis qui se posent à Biarritz et dans la société en général … Ils sont aujourd’hui incapables de gérer la ville décemment, ils sont inadaptés pour la tâche, ne se préoccupent que de leur seul intérêt personnel et se moquent de l’intérêt général, des citoyen(nes) mais… la division et l’abstention joueront en leur faveur je n’ai aucun doute la dessus et ils le savent.

    Même très mal élus, ils auront les clefs du camion. Encore une fois imaginez les reconduits de 2020 à 2026…

    AU SECOURS

    Mesdames et Messieurs les capables (vous vous reconnaitrez ;o) :ne perdez plus de temps. Assez de divisions. Rencontrez vous, parlez vous, travaillez ensemble ou alors non seulement vous serez 6 ans de plus dans l' »opposition » (qui ne sert à rien vous le constatez au quotidien) et vous ne rendrez pas service ni à Biarritz ni à ses citoyen(nes) que vous dites vouloir défendre et représenter.

  4. Si Saint-Cricq est si docile c’est parce qu’il a l’âge de la retraite, qu’il en a assez de jouer les figurants, qu’il se dit que les opposants ne parviendront pas à se souder et que les nombreuses vieilles biarrotes voudront un homme en costume cravate qui sait aller leur apporter des mauvais chocolats dans leur maison de retraite ou leur association de macramé. Voit-il juste ? Ce n’est pas exclu. Il faudrait juste qu’il parvienne à faire une liste et une liste paritaire.

    Concernant Veunac, le vote Motsch montre qu’il n’a plus que 13 voix de majorité. Il est donc surprenant que ceux qui très élégamment ont conseillé publiquement à Nathalie Motsch de démissionner n’aient pas pris acte de cette situation du maire pour lui suggérer de démissionner.

    Les tirades de Veunac puis Lafite sur l’excellence de leur bilan étaient un modèle d’indécence. Mais avec eux on n’est plus à une indécence près.
    On signalera quand même les absences de Laurent Ortiz (un candidat qui ne se présente pas ! ) et Peio Claverie dont les slurp sslurp de lèche ont manqué à ce conseil. On aura aussi noté que le discours de Nathalie Sauzeau a été reçu comme un bref courant d’air et que son plaidoyer pour le numérique les a laissés de marbre. Il est compréhensible que quand on fait censurer la diffusion du conseil municipal à certains moments on n’ait pas envie de se laisser enquiquiner par quelque transparence numérique.

  5. Mr Veunac,en fin stratège,savait qu’il ne prenait pas un grand risque en se séparant de Nathalie Motsch-Chemel, car il sait qu’elle est impopulaire, pour preuve le nombre de commentaires sur l’eviction de l’ex adjointe a l’urbanisme ,sur ce blog ou sur sud ouest,c’est le désert. Il sera difficile de rebondir a N.Motsch politiquement devant une telle indifférence.
    N.Motsch-Chemel est resté 5 ans comme adjointe à l’urbanisme,le jour ou elle se présentera à la mairie, l’heure de son bilan viendra, et nous verrons bien si comme elle nous le dit: »je n’ai rien à me reprocher, je suis droite dans mes bottes  »
    Encore merci à Mr viollier pour son travail d’information,c’est salutaire pour la démocratie.

  6. Je trouve en effet très rapide cette déclaration de « je n’ai rien à me reprocher ».

    L’affaire des écuries de bigueyrie reste un mystère pour moi. Comment une adjointe à l’urbanisme, avocate de métier, aussi compétente soit disant, peut s’être autant trompée lors de cette 1ère délibération de conseil municipal de septembre 2017 qui proposait la cession de ce terrain des écuries ? Comment est ce possible qu’elle ait lu un texte sans avoir vérifié quoi que soit et annoncé oralement qu’il s’agissait d’un terrain classé N ? Je rappelle qu’elle s’était permis de le préciser en insistant dès la première altercation de F Domege qui trouvait le prix faible:
    Elle avait rétorqué droit dans les yeux : « Mais c’est un terrain en zone N ».
    Je précise que c’est archi faux pour l’une des deux parcelles concernées, puisque classée UC1. C’est comme si vous demandiez à Barrucq de lire sans qu’il le vérifie avant un texte sur l’innocuité des perturbateurs endocriniens à la cantine de l’école. Et histoire d’enfoncer le clou, c’est comme si vous demandiez au docteur de répéter pour qu’il confirme de nouveau. Impensable !
    Et pourtant, c’est bien ce qui s’est passé avec Mme Motsch et ce terrain présenté comme en zone N, c’est à dire non constructible, ce qui change tout.

    Bref, erreur ou mensonge préparé, moi je pense que les bottes doivent trembler un peu quand même. Je suis donc mitigé sur son grand discours. Légitime plaidoirie de défense certes, mais quand même surtout un joli discours préélectoral d’une femme avec de l’ambition…..et des promesses !!!

    En revanche, on ne la remerciera jamais assez pour son alerte sur l’hôtel du palais et sa détermination à rendre justice aux biarrots avec son recours. Alors ? La verrons nous défiler fin aout avec les anti G7, lui qui est la cause de tout ce montage financier pourri ? Trop dangereux voyons ! On peut s’y prendre un flashball dans les dents, ce qui complique un peu une préparation de campagne des municipales !

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