Un superbe costard pour les gilets jaunes

Le deuxième débat public au casino Bellevue a souvent été consternant. Seul le Biarritz réactionnaire était présent.

Veunac avait attiré la grande foule.

Pas de risque de voir un album de Tintin sous le bras des participants à ce second « débat national » organisé jeudi soir au casino Bellevue. En effet les concurrents directs de Jeanne Calment semblaient beaucoup plus nombreux que les moins de 77 ans, les seuls selon le slogan à être autorisés à lire les albums d’Hergé.

Après une première partie un peu fourre-tout mais intéressante sur les questions environnementales et la transition écologique, des interventions très pointues alternant avec d’autres très bateau, le deuxième sujet abordé concernait la démocratie et la citoyenneté. Un sujet visiblement trop tardif – il était tout de même 19h30 ! – pour un certain nombre d’élus locaux comme Lafite ou Sauzeau qui en ont profité pour s’éclipser. Veunac est donc resté seul au front avec les inusables Destizon, Blanco Bonamy et Pradier, tandis que Guillaume Barucq, pris par ses obligations professionnelles partait au milieu du deuxième débat.

Et ils sont où les gilets jaunes ?

Sans aucun complexe, l’homme de l’attentat démocratique de L’Hôtel du Palais, a osé parler de démocratie.

Seul problème de taille, le petit peuple des ronds-points qui mène une lutte exemplaire depuis treize semaines, avait boudé la fastueuse et bien désertique salle du casino. Bonne décision car, à deux ou trois interventions près, ils auraient entendu un ramassis d’horreurs venant de Biarrots obtus et réactionnaires qui trouvaient là une belle occasion de se venger des « gueux » qui leur avaient fait tomber le dentier de saisissement lors des images télévisées des manifestations. « On se plaint, on se plaint, mais pour les téléphones portables et autres y’a de l’argent » affirme une mamy tout juste libérée de sa permanente Réjacolor du plus beau violet. « Ils n’ont qu’à aller voir ailleurs comment ça se passe ». Un autre est tout aussi sentencieux : « Les gilets jaunes ? Un gouffre financier ! ». Le troisième ronchonne avant d’y aller de son anecdote sur son petit-fils qui vit en Australie et qui doit rédiger des devoirs sur le respect, « Ah, c’est pas en France qu’on verrait ça ». Quant au quatrième, il conclut péremptoire : « Un referendum, ça coûte très cher » C’est sûr que fermer sa gueule c’est tellement mieux.

Et, comme à l’accoutumée, Veunac ne ratera pas une belle occasion de se taire en évoquant « une vision trop classique de la démocratie, celle de Tocqueville ou Rousseau » Quand on a fait voter le dossier du Palais à ses conseillers municipaux sans leur donner la moindre information, celle-là, il fallait oser.

Un débat national, ce bric-à-brac de haines recuites et de réactionnaires qui ne voient pas au-delà de leurs lunettes double foyer ? Non, une consternation nationale !

 

Voilà ce que j’écrivais, il y a dix jours dans « Mediabask ». Ce n’est pas la maigrelette réunion d’hier qui me fera changer d’avis.

Le débat de cons

À un moment ou l’autre de notre existence, nous avons tous reçu une inopinée invitation à dîner de quelqu’un que nous connaissons peu, soudain pris de passion pour nous. Après une longue hésitation, mon épouse et moi acceptons finalement la proposition de notre improbable ami. Appelons-le Jupiter.

Dès notre arrivée dans la belle demeure où sont censées se dérouler les agapes, nous sommes pris dans un tourbillon de mots : « Cher François Pignon, chère Madame Pignon, quel bonheur de vous recevoir. Depuis le temps que j’attendais ce moment ». Les autres convives présents ne nous sont pas présentés. La salle à manger est magnifiquement dressée. Première surprise, nous apercevons derrière la baie vitrée qui donne sur le jardin quelques personnes en gilets jaunes qui suivent le dîner. Heureusement, Jupiter nous met à l’aise : « J’ai toujours eu la fibre sociale et quand je reçois, j’autorise parfois quelques gueux à assister au spectacle ». Il adresse même des gestes de la main pleins d’empathie à ces spectateurs qui brandissent des pancartes « Jupiter, démission ! » et sourit : « Ils sont taquins, mais je sais qu’ils m’aiment bien ! », avant de rassurer une des convives qui semble un peu inquiète : « Ne vous inquiétez pas, en cas de problème mon majordome dispose de quelques grenades de désencerclement et de fusils lance-grenades pour rétablir l’ordre ».

Le savant ordonnancement des mets et des vins débute, tandis que notre hôte discourt interminablement, n’autorisant que quelques hochements de tête ou de brefs « oui » ou « non » à ses interlocuteurs. À deux heures du matin, alors que les convives lorgnent désespérément vers la sortie, notre hôte impose avant de partir le selfie avec lui pour « garder un souvenir de cette merveilleuse soirée ».

Et le lendemain, alors que nous sommes KO debout après cette éprouvante soirée, Jupiter se sent obligé de nous adresser un mail, modestement intitulé « Lettre à tous les Français » où il se « félicite, lui l’homme de dialogue, de la qualité des échanges de la veille ».

Ce « dîner de cons » que nous avons tous vécu à un moment ou l’autre ne vous rappelle rien ? Interminables monologues présidentiels relayés par une télé mise sous séquestre, sujets qui fâchent comme le retour de l’ISF, la hausse du salaire minimal ou la moralisation de la vie publique soigneusement écartés, invitation à s’exprimer dans des cahiers de doléance en partant de l’idée que ça fera du bien au bon peuple de se défouler, illusoire constitution d’une liste gilets jaunes aux élections européennes, histoire de mieux diviser le mouvement, la liste des actuels enfumages présidentiels de notre Jupiter national est longue.

Avec une seule certitude : le grand bla-bla national ne sert strictement à rien et tourne au débat de cons. L’histoire des revendications sociales démontre une chose avec certitude : que ce soit en 1789, en 1936, en 1968 ou en 1981, les victoires se remportent dans la rue et nulle part ailleurs.

 

 

7 réflexions sur “Un superbe costard pour les gilets jaunes

  1. Ah si seulement le Maréchal était encore là, la France serait mieux tenu je vous le dis Môssieur le Maire !

    Ce piège à cons de « grand (d)ébat » ne fonctionne visiblement pas (ce qui n’est pas vraiment une surprise dans une société ou de telles méthodes de management grossièrement manipulatrices sont connus de millions d’employés avec le succès que le sait au quotidien dans les entreprises (et donc avec le même succès dans la société civile…)

    Spotté sur le Figaro, le résultat sur plus de 60000 réponses est clair: http://www.lefigaro.fr/politique/2019/02/13/01002-20190213QCMWWW00062-un-mois-apres-son-lancement-le-grand-debat-national-vous-parait-il-utile.php?fbclid=IwAR3uSjDtJuJvfhzqcDJ8q4L8-zLFsBiTOwSuf15YfexPoIDE2sXZu1s52PQ

    Pour les partisans de la démocratie et du progressisme : c’est un exercice d’enfumage qui ne peut déboucher sur rien car il est illusoire de penser que les vraies questions de fond (par ex. fiscalité injuste, écarts de revenus inadmissibles, pouvoir d’achat, logement, mobilité etc) soient réellement améliorés suite à ce grand bazar.

    Pour les partisans de l’ordre: cet exercice revient à donner la parole aux gueux – que l’on voudrait anihiler une fois pour toute via la police ou mieux encore l’armée – donc un complot crypto-communiste

    Donc Macron arrive à faire la synthèse ultime : 100% de mécontents pour des raisons diamétralement opposées !

    Elle est belle la politique autrement, la start-up nation. Quel fiasco!

    PS: et pour couronner le tout ce soir Juppé (l’ancien condamné) nommé au Conseil Constitutionnel car ses retraites ne lui suffisaient pas à vivre dignement (et qui ose prétendre (après avoir sollicité un énième mandat à la mairie de Bordeaux qu’il n’aurait plus la flamme pour la politique)… quelle tartufferie ! il n’assume pas même d’aller à la soupe…

    Notre pays s’enlise chaque jour un peu plus

  2. Tout à fait d accord. Ces débats citoyens ne sont qu’enfumage qui finiront par une colère énorme et si rien n est débloqué de la part de Jupiter attention a la casse pleinement justifiée !!!!

  3. Participer à un débat mené par un maire malhonnête est, en soi, impensable. Monsieur Michel Veunac, dans une société normale ne devrait plus être maire. Je ne vais pas rappeler ici toutes les preuves de sa malhonnêteté- affairisme, écuries de Parme, Villa Sion, son entretien avec la presse le 6 décembre 2017 etc…. Je rappelle que Monsieur Michel Veunac, maire de Biarritz, ne respecte pas la loi française depuis septembre 2018, pour le moment impunément, en refusant de me laisser consulter les contrats conclus à la SEM ( cité de l’océan ) comme la loi m’y autorise. Or, et c’est une certitude, parmi les contrats conclus à cette SEM, certains l’ont été illégalement. Aussi illégalement que le contrat accordé à la fille de Monsieur Didier Borotra – un ancien maire, déjà condamné par la justice française, mais toujours en lien d’amitié avec MM Max Brisson ou Philippe Morel et d’autres qui ont participé à la petite sauterie municipale, aux frais des contribuables, à la salle des ambassadeurs à Biarritz, à l’occasion de la sortie du livre de l’ancien maire ?- en 2013 . Monsieur Didier Borotra et sa fille, ainsi que l’ancienne directrice du musée de la mer, doivent se présenter en appel à Pau en mai prochain, pour répondre de cette attribution de contrat pour le moins abusive. Comme est abusif, le contrat, d’un montant de plus de 75 000 euros – que j’ai découvert en septembre 2018, en compulsant à la mairie de Biarritz tous les contrats publics regroupés dans 43 registres -, accordé en 2016 par Monsieur Michel Veunac, le maire actuel de Biarritz, au fils de Monsieur Didier Borotra. Un juge pourrait sans doute trouver un autre mot que celui d’abusif ? Les maires de Biarritz, depuis 1991 font ce qu’ils veulent , mais pas au profit de l’intérêt général ! Et parmi les personnalités politiques ou morales de Biarritz, personne ne dit rien ? Il ne faut donc pas s’étonner de la révolte qui gronde. C’est le sentiment d’injustice qui la nourrit. Les 100 euros par mois que le président de la République a royalement accordé aux précaires, n’ a rien réglé. Et le comportement du maire de Biarritz, qui viole la loi française, impunément, pour le moment, ne risque pas de désarmer celles et ceux qui souhaitent vraiment être gouvernés à tous les étages de la Maison France, par des élus honnêtes. Quand on entend Monsieur Castaner, un élu, devenu ministre, donner au peuple français des leçons de morale, alors que dans sa jeunesse, Monsieur Castaner n’a pas accompli son devoir national, -réformé !- la colère fait place à la stupeur. J’ai demandé à Monsieur Michel Veunac si, au temps de sa jeunesse, il avait accompli son devoir national .Pas de réponse. Dans ses différentes professions de foi, en vue d’élections, je n’ai pas vu la moindre trace de ce temps passé, bénévolement, par Monsieur Michel Veunac, au service de la France ? Voir sur une photographie, éprouvée par le temps, Monsieur Michel Veunac en tenue léopard semble aussi surréaliste que de voir son ami, Monsieur Max Brisson, sur un vélo ! C’est important de connaître le vrai comportement des gens face au respect de la loi et face à la vérité qui doit gouverner le monde. Et, au siècle dernier, en France, tout homme de vingt ans devait accomplir son devoir national. Tout le monde sait à Biarritz, que Monsieur Jean-Benoît Saint-Cricq a bel bien honoré ce devoir national : il s’est retrouvé à Berlin, à cette occasion. Les Biarrotes et les Biarrots ont le droit de savoir si les prochains candidats à la mairie de Biarritz ont accompli leur devoir national; c’est mentir par omission et par peur, de le celer. Les candidates à la mairie de Biarritz n’ont pas à obéir à ce devoir de conscience, puisque à cette époque – qui n’est d’ailleurs pas la leur, seuls des aveugles ou des éborgnés, pourraient s’en étonner ! – ,heureusement révolue, notre pays n’obligeait pas les Françaises à être des Françaises à part entière . Elles le sont maintenant .

  4. Biarritz a une population vieillie, timorée et égoïste qui est de sensibilité d’extrême droite même si elle vote au Centre, par snobisme, et pour ne pas être confondue avec le petit peuple démuni et aigri qui forme les cohortes de ce mouvement nauséabond . Par ailleurs ses critiques à l’égard du régime Veunac/Lafite relèvent plus de l’ordre esthétique que démocratique : elle lui reproche de trop faciliter la « mixité sociale » qui attire, c’est bien connu, les immigrés et/ou les délinquants, de faire la guerre au tout automobile alors qu’elle ne se sent en sécurité que dans sa carrosserie individuelle et polluante, et , pour ce qui concerne le « mobilier urbain » elle lui reproche d’être « moche », selon ses goûts définitivement arrêtés à l’aube du 19 ème siècle, et non d’avoir été choisi au mépris des règles démocratiques et dans un esprit de népotisme élargi … Alors 2020 verra bien (on le souhaite ….) la fin d’un règne stupide et indécent mais peut-être pas celui d’une aliénation largement consentie …

    • Quand vous parlez des snobs d’extrême-droite vous parlez manifestement des Biarrots que vous fréquentez mais dans ce cas évitez de prétendre parler de tous les Biarrots. Que la population soit vieille est un fait (40% de plus de 60 ans). Vous avez oublié de dire que ce sont de vieilles bonnes femmes puisque plus on monte dans les tranches d’âge plus il y a de femmes à Biarritz. Vous ignorez manifestement que le revenu médian à Biarritz (22103 euros) est seulement un peu supérieur à celui de Bayonne (19094 euros). Parce que, les gens riches à Biarritz c’est une toute petite frange qui payait l’ISF mais ce sont surtout ceux qui ont une résidence secondaire (40% des logements), pas les vrais Biarrots. Et manifestement vous ignorez aussi que parmi ces vieilles dames beaucoup ont le minimum vieillesse ou de toutes petites retraites et sont sur les listes d’attente pour un logement social. Et qu’il y a parmi tous ces Biarrots beaucoup de gens vaillants et solidaires qui ont refusé d’élire Max Brisson notamment parce qu’il tenait le discours de droite des LR (insécurité et non au mariage gay). Alors fréquentez qui vous voulez mais ne prêtez pax aux autres vos propos méprisants et vos fantasmes de vote d’extrême-droite. Le FN n’a jamais fait recette à Biarritz et ce n’est ni pas hasard ni par snobisme.

      • Très chère Nath ….Je n’ai jamais eu l’ambition de faire une analyse sociologique de la population biarrotte et encore moins en partant de la situation économique des personnes qui n’est pas un curseur fiable . Je ne veux que rapporter ce que l’expérience acquise au cours de deux campagnes électorales et quelques années passées dans les services de l’emploi et de l’insertion des personnes en difficulté (ANPE et Mission Locale) m’ont confirmé . A savoir que si la population biarrotte dans son ensemble n’est pas aussi aisée que l’on pourrait le croire (les revenus moyens sont plus élevés dans certains villages de la périphérie , l’Insee l’a encore confirmé en même temps qu’elle confirmait que nous sommes la 3ème ville (des plusde 20000h ..) la plus vieille de France (plus de 60 ans et plus de 75 ans) . Mais il n’est pas nécessaire d’avoir des revenus élevés pour avoir une idéologie de droite , voire de droite extrême , de même qu’il n’est pas nécessaire de voter FN (et il est vrai que Biarritz n’a jamais et ne sera vraisemblablement jamais un vivier pour ce parti…) lorsqu’on est certain que les élus « modérés » que l’on se choisit appliqueront une politique de discrimination sociale , de consolidation des inégalités et de mépris des populations défavorisées (pauvres , chômeurs , migrants…) que n’ont pas à envier les villes qui ont élu des représentants du FN . Sur le seul problème du manque de logement accessible et de la prolifération de logements spéculatifs les différents « mini scandales » (ou scandales étouffés…) sur les écuries de Bigueyrie , la villa Sion , demain le plateau d’Aguilera …, ont montré que le foncier prétendu inexistant par les Veunac Lafite et en fait réservé et vendu aux promoteurs privée telles les parcelles du 8 mai 1945 ou l’école Maternelle d’Alsace qui auraient pu être des éléments déclencheurs d’une politique de construction par la Mairie , selon des procédures juridiques connues et éprouvées comme les OFS (Organismes Fonciers Solidaires) qui ont donné des résultats probants à Lille ou Rennes , pour ne citer que deux pôles conséquents, en bloquant la spéculation à terme et en interdisant le retour « au prix du marché » , ce qui permet de réserver ce type de logement aux jeunes couples ou aux salariés moyens (à Biarritz ils disparaissent du paysage local par faute de moyens et pour laisser la place aux résidents secondaires aisés : en 1999 il y avait 30000 habitants , en 2018 il en reste un peu plus de 25000….) Nos élus vous diront qu’ils obéissent ainsi aux désirs de la population biarrotte qui s’inquiète à chaque construction nouvelle et va se renseigner auprès des services municipaux pour connaître le nombre de « logements sociaux » projetés …. car telle est une des terreurs (avec les crottes de chiens et le bruit des motocycles…) de notre population permanente , vieille , pas riche , mais craintive et confite dans un égoïsme petit bourgeois qui caractérise vraiment la droite extrême qu’elle n’ose soutenir ouvertement ….

  5. Oh non ces débats ne servent pas à rien : la preuve Macron remonte dans les sondages. C’est une campagne 2022 sans décompte de temps de parole et sans que le pognon de dingue que ça coûte ne choque personne surtout pas le candidat lui-même. Et comme il n’est pas bête il s’adresse aux jeunes qui ne votent pas beaucoup et dont il espère ainsi un bon réservoir de voix pour sa réélection. Et vu que pour l’instant à gauche c’est le désert et à droite LePenWauquiez ça peut parfaitement marcher pour Macron en 2022.

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