Chez les Borotra, on se fait des chèques mais on ne se parle pas

Le système de défense de Didier Borotra pour justifier l’engagement de sa fille à la Cité de l’Océan a paru bien fragile devant la Cour d’appel de Pau.

À la sortie de l’audience, Didier Borotra discute avec quelques soutiens.

Comment reconnait-on quelqu’un qui sort du tribunal, lorsqu’on déambule dans les rues commerçantes de Pau ? À ses oreilles qui traînent par terre de fatigue après quatre heures d’audience ! Entre l’intention et l’action, on le sait, il y a parfois comme un léger décalage. Le maniement du micro, contrairement à la publicité des débats, n’est visiblement pas inscrit au programme des facultés de droit, ce qui est bien dommage.

Si la présidente de la chambre d’appel de Pau, Anne Dufau, captant les signaux de désespoir des nombreux journalistes et membres de l’association RamDam 64-40 venus à l’audience, a fait de louables efforts pour que l’assistance puisse suivre les débats, il n’en a pas été de même de ses collègues masculins, l’avocat général Dominique Boiron ou les avocats de la défense Daniel Lalanne, Jean-Baptiste Bordas ou Alain Astabie, qui, sans doute victimes de quelques poussées de testostérone, se sont sentis obligés de déambuler de long en large devant leurs micros ne permettant de comprendre ce qu’ils disaient que par éclipses. Heureusement, l’histoire racontée à la barre par Didier Borotra, sa fille Sophie et l’ex-directrice de la Cité de l’Océan Françoise Pautrizel est tellement croquignolette que les journalistes ont pu reconstituer toutes les « perles » qui ont jalonné l’audience.

On prend les mêmes et on recommence

Parfois, entre le procès en correctionnelle et celui en appel, les versions évoluent. Parfois les prévenus décident de s’accrocher à leur version, ce qui a été le cas, hier à Pau. D’où un grand sentiment de redite pour ceux qui avaient assisté en janvier 2017 au procès correctionnel à Bayonne où les trois prévenus avaient été relaxés de prise illégale d’intérêt et complicité de prise illégale d’intérêt, avant que le procureur ne fasse appel de la décision.

https://jeanyvesviollier.com/2017/02/01/les-borotra-ces-grands-pudiques/

Seule différence notable, Didier Borotra a paru beaucoup moins flambant qu’il y a deux ans, même si avec ses longs monologues il a souvent agacé les magistrats, tandis que Sophie Borotra et Françoise Pautrizel se sont montrées plus combattives qu’en 2017. Il faut dire que la tâche était rude pour les prévenus : expliquer comment Sophie Borotra, quelques jours après avoir créé son auto-entreprise, a pu signer en septembre 2013 un contrat avec la directrice de la Cité de l’océan, Françoise Pautrizel, sans que son père qui était maire de la Ville et président de la Société d’économie mixte ne soit informé par l’une ou l’autre.

« Guerre civile » à Biarritz

L’argument avancé par Didier Borotra qui aurait découvert « incidemment » en décembre 2013 que sa fille travaillait depuis deux mois à La Cité de l’Océan va faire sourire plus d’un Biarrot. Selon les dires de l’ex-maire « la tension était telle entre ses trois adjoints tous candidats à la mairie » qu’il était pris jour et nuit par « le climat de guerre civile » qui régnait à Biarritz. Les Biarrots ne se souviennent pas avoir vu des chars ou des hommes en armes sillonner les rues de la Ville, mais si notre ex-bon maire le dit…

Et s’il a laissé le contrat de sa fille courir après l’avoir découvert tardivement, c’est uniquement pour ne pas ajouter du trouble au trouble. Une version qui ne convainc nullement l’avocat général Boiron qui demande pourquoi le contrat de Sophie Borotra a alors été renouvelé en mars 2014, passant de 11 000 euros à 24 000 euros, trois semaines avant le retrait définitif de la vie publique du maire.

Grand moment de solitude pour Didier Borotra. Et grands moments de solitude ensuite pour Sophie Borotra et Françoise Pautrizel, la première expliquant que son immense carrière professionnelle justifiait tout à fait ce poste tandis que la seconde, de lin blanc vêtu, affirmait ne pas avoir vu le problème en engageant la fille du maire.

Des affirmations qui ne résistent pas toujours très bien aux investigations menées par la Police judiciaire en novembre et décembre 2015 qui a pu établir que le compte de Sophie Borotra était alimenté de « manière non négligeable » par ses parents au titre de la « solidarité familiale » comme l’a déclaré Didier Borotra aux policiers puisque leur fille récemment revenue d’Amérique du Sud se trouvait sans emploi. Miracle, au moment où elle démarre son activité à la Cité de l’Océan et alors qu’elle n’a officiellement pas informé sa famille de son activité, les parents, avec cet instinct infaillible dès lors qu’il s’agit de leur progéniture, réduisent considérablement la voilure financière pour que leur fille, désormais accablée par un terrible labeur dont on n’a retrouvé nulle trace écrite conserve sensiblement les mêmes revenus. Tout ceci n’est-il pas admirable ?

Sophie la grande muette

Sophie Borotra avec son conseil, maître Jean-Baptiste Bordas.

C’est le moment que choisit fort subtilement la deuxième conseillère Viviane Peyrot pour interroger Sophie Borotra sur ses relations avec ses parents. Un ange passe, car Sophie Borotra voit bien le piège qui lui est tendu : « On ne se voit pas tous les jours, on ne se téléphone pas. Mon père est un bon communicant ici mais pas forcément avec ses proches… Je ne lui ai pas dit d’ailleurs il y a un an que j’avais trouvé un poste à Pau » Autrement dit, si Didier Borotra et Sophie se sont chaleureusement embrassés au bar du Palais et ont mangé ensemble avant l’audience (juste à mes côtés pour leur plus grand plaisir !) c’est uniquement pour amuser la galerie. La réalité c’est que papa fait des chèques à sa fille mais ne parle jamais de rien avec elle et qu’il ne lit pas non plus les journaux puisqu’il ignorait que son grand copain François Bayrou avait nommé sa fille directrice des halles de Pau. On est prié de le croire.

« Des trucs qu’on fait en deux heures de temps »

Il a tout d’un gros chat paisible et endormi, alors qu’il surveille sa proie sous sa paupière mi-close. S’il n’impressionne pas par son physique, l’avocat-général Dominique Boiron doit compter quelques concours d’éloquence à son actif, car il possède à l’évidence l’arme fatale des prétoires, le mot qui tue. Au point que les trois avocats de la défense après son intervention, pédaleront comme des coureurs du Tour de France pour tenter d’estomper son intervention et déploreront unanimement « la férocité » du réquisitoire.

D’entrée l’avocat général note « qu’il se passe de drôles de choses sur la Côte basque et qu’un certain nombre d’élus locaux se croient tout permis » estimant que c’est « se moquer du monde » quand on est sénateur et qu’on fait la loi de ne pas savoir qu’une convention avec une personne doit être soumise à l’autorisation du conseil d’administration. Dominique Boiron évoque ensuite le rapport de la Chambre régionale des Comptes et les anomalies constatées à propos de la Cité de l’Océan puis s’étonne que « le tribunal de Bayonne ait avalé la couleuvre » en relaxant les prévenus. Pour lui, « personne n’a été impressionné par la compétence de Madame Borotra. Madame Pautrizel qui cherchait à faire des économies est tombé par hasard sur Madame Borotra, alors qu’il existe 210 cabinets de conseil et gestion à Biarritz » L’avocat général note aussi que le contrat en lui-même ne contient pas la moindre contrainte imposée. Quant à la réalité du travail effectué « des économies sur le téléphone et l’assurance », il se déchaîne : « Des trucs qu’on fait en deux heures dans un bureau deviennent l’essentiel de la mission de Madame Borotra ! » estimant même qu’on est « dans la logique du site les furets.com qui consiste à gagner quelques euros. »

Fort logiquement, tandis que les avocats de la défense s’efforcent de démontrer que le jugement de relaxe à Bayonne était parfaitement équitable, l’avocat général réclame 12 mois de prison avec sursis et 35 000 euros d’amende pour Didier Borotra, avec interdiction des droits civiques pendant cinq ans, 4 mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende pour Sophie Borotra et Françoise Pautrizel.

La décision sera connue le 29 août prochain.

Deux grands absents à ce procès

Depuis 2015 Didier Borotra et Guy Lafite ne s’aiment plus et ils ont quelques raisons pour cela. C’est en effet notre grand argentier en pull cachemire qui aurait paniqué et informé Sud Ouest que derrière l’agence AGC se cachait Sophie Borotra. Le procès-verbal d’audition de Madame Pautrizel est très éloquent. Si elle affirme ne pas avoir informé Didier Borotra du recrutement de sa fille, elle est très claire, en ce qui concerne le nouveau maire annonçant avoir prévenu Michel Veunac, devenu président de la SEM Cité de l’Océan, de la situation dès son élection.

Dans ces conditions, puisque le contrat a continué pendant presque un an, alors que tout prouve que Michel Veunac et Guy Lafite étaient parfaitement informés, on peut se demander pourquoi ils n’ont pas été inculpés de complicité de prise illégale d’intérêt.

Et si les deux compères ne savaient pas que Sophie Borotra travaillait pour la Cité de l’Océan, comme ils l’ont dit à l’époque dans Sud Ouest, ces deux élus soucieux des deniers publics auraient dû se porter partie civile pour réclamer au nom de la Ville le remboursement des deniers indûment perçus.

Mais « Mimi-La-Malice » et « La Faillite-nous-voilà !»  sont tellement occupés à cajoler Macron qu’ils n’ont plus le temps de rien… Et puis, avec 35 000 euros, on fait quoi de nos jours ?

Sur le sujet, lire aussi :

https://jeanyvesviollier.com/2017/02/02/contrat-de-sophie-borotra-veunac-savait/

https://jeanyvesviollier.com/2018/12/09/didier-borotra-lhomme-a-qui-on-cachait-tout/

Élise triomphe en son jardin

Passionnée d’agriculture naturelle, Élise Tinel, est lauréate du budget participatif avec son « Permis de végétaliser sur le domaine public ».

Elle ne vit que depuis sept ans à Biarritz, autant dire qu’elle est stagiaire première année, et cumule les handicaps dans un Pays basque parfois très autocentré, puisqu’elle est Lorraine d’origine. Mais l’adage dit « ce que femme veut, Dieu le veut ! ». En proposant de mettre en place à Biarritz un « Permis de végétaliser sur le domaine public », Élise Tinel vient donc d’être désignée lauréate du premier budget participatif, une initiative de la mairie que Bisque, Bisque, Basque ! a toujours saluée. Rencontre avec une sympathique obstinée qui a le mérite de se battre pour ses idées et nous accueille aux serres de la Milady où elle anime l’association Bio Divers Cité.

https://www.facebook.com/BioDiversCite/

En mai 2012, lorsque Élise, en tant qu’éducatrice spécialisée, accompagne un groupe d’adolescents à Capbreton pour une initiation au surf, notre Lorraine ne sait pas encore que son destin va basculer. Elle prend sa décision dès son retour sur sa terre natale et arrête tout : « Je suis revenue sur la Côte basque un mois plus tard par passion de l’océan. Sans connaître ni la région ni les us et coutumes locales. J’ai choisi de m’installer à Biarritz, car je voulais vivre dans une ville vivante toute l’année ».

Déjà préoccupée par la nature et l’environnement, la toute jeune Élise réussit à faire son service civique au Musée de la Mer et passe son temps libre en longues promenades dans la nature où elle apprend à identifier la flore locale. Avant de se lancer dans toutes les aventures végétales possibles. Jardins ouverts à tous à La Négresse, projet sur Pétricot en 2016 et puis la création de l’association Bio Divers Cité aux serres de la Milady qui organise des ateliers pédagogiques pour les enfants et les adultes et distribue indifféremment des conseils et des graines à ceux qui le souhaitent.

Malgré toutes ces expériences cumulées, Élise a parfois du mal à convaincre de ses compétences : « Parfois, on doutait de mon savoir, on me prenait de haut. Alors, pour faire taire mes détracteurs, j’ai passé et obtenu en juin 2018, à trente ans, mon bac pro en production horticole » Quand on vous disait ce que femme veut…

Très intéressée par la vie locale, Élise suit avec beaucoup d’attention la mise en place de la démocratie participative par Hervé Boissier. Depuis 2015 elle est passionnée par l’expérience du permis de végétaliser initiée à Paris. Le principe est simple : un citoyen repère un espace près de chez lui qu’il souhaiterait végétaliser ; il en fait la demande à la mairie qui, après avoir vérifié la faisabilité du projet, fournit terreau, clôture, panneau d’information et jardinière si nécessaire. La mairie délivre également un permis de végétaliser d’une durée de 3 ans qui stipule les obligations du citoyen à l’égard de cet espace : entretenir, ne pas utiliser de pesticides, favoriser les plantes locales, les végétaux servant de refuge aux insectes auxiliaires.

Lorsqu’elle apprend qu’un budget participatif de 100 000 euros est alloué à tous ceux qui souhaitent améliorer la vie quotidienne à Biarritz, Élise fonce immédiatement. Elle propose une opération à 15 000 euros qui sera ramenée à 8 000 euros par les services de la mairie.

https://www.jeparticipe-biarritz.fr/projects/budget-participatif-1/collect/depot-des-propositions/proposals/permis-de-vegetaliser

La concurrence est rude puisque 62 projets sont adressés à la mairie. 19 seront finalement retenus avec un vote des citoyens par Internet et par papier. 1332 Biarrots vont donner leur avis pour un total de 2593 suffrages, chacun pouvant voter pour plusieurs projets à hauteur de 100 000 euros.

Avec 481 voix, Élise Tinel l’emporte largement. Elle espère maintenant que les gens intéressés vont venir la rencontrer aux serres de la Milady, car l’horticulture c’est comme la cuisine : la générosité et le partage sont les maîtres-mots.

 

 

Tous adeptes du très sélect G7

Pour contrer les grincheux et soutenir les merveilleuses décisions de Michel Veunac, le « G7 fan club » n’a pas hésité à manifester dans les rues de Biarritz.

Heureusement qu’il existe des citoyens un peu plus réfléchis que les autres qui osent descendre dans la rue pour acclamer le G7 à venir, au moment même où une majorité de grincheux, disséminée dans tout le Pays basque, crie à la folie furieuse avec cette quarante-cinquième édition prévue du 24 au 26 août 2019. Posément, les militants de la plate-forme « G7 Ez ! », revêtus de leurs plus beaux atours et rassemblés samedi 11 mai sur l’esplanade du casino, expliquent aux passants la pluie de bienfaits qui va pleuvoir sur le Pays basque avec le G7 et saluent le côté visionnaire du grand timonier Veunac, pilote de l’opération. Des bienfaits que beaucoup, par ignorance crasse, ne soupçonnent même pas. C’est bien la peine que Veunac se décarcasse et que Lafite s’efforce d’avoir la frite…

Prenez par exemple la menace qui pèse sur la biodiversité de la planète. Rassembler dans le même périmètre Trump, Merkel, May, Trudeau, Macron, Veunac et Lafite, c’est à coup sûr régler une grande partie du problème dont souffre la terre. Les militants du « G7 fan club » ont d’ailleurs demandé au préfet, que le périmètre réservé aux chefs d’état et élus municipaux en voie d’extinction soit nettement agrandi, allant de Hossegor à Hendaye, pour que les espèces rares séjournant à Biarritz n’aient pas le sentiment d’être enfermées dans un zoo, mais dans une spacieuse réserve favorisant les contacts.

Une chanson obligatoire

Malheureusement pour eux, ils n’ont pas été entendus par les autorités qui leur ont juste accordé une concession. Outre les indispensables sésames pour les manants qui souhaiteraient s’aventurer en zone bleue ou rouge, au risque de déranger les grands fauves présents, tout candidat à la visite devra parfaitement posséder les paroles de la chanson « Au pas G7 ! » et devra l’entonner devant les forces de l’ordre pour avoir l’autorisation de passer.

Nous incitons donc vivement les Biarrots à s’entraîner dès maintenant afin de ménager au moment requis les mignonnes et délicates oreilles des CRS. Pour faciliter l’apprentissage des cancres qui perdent parfois leurs dimanches après-midi au stade Aguilera, la chanson se joue sur l’air de « Aupa BO ! » et sera répétée en chœur tous les dimanches matin à l’église Sainte-Eugénie :

 

« Au pas, Au pas G7 !

Venez tous à Biarritz

Faire la fête !

Au pas, au pas G7 !

Pour Macron, pour Veunac,

On se lève !

Au pas, Au pas G7 !

Soufflons tous le vent du changement

Pour bouger le climat

Et faire vivre nos entreprises

Surtout au Pays basque

Qui ne connaît pas la crise.

Et pour faire scintiller l’éco-libéralisme

On mise toutes nos actions

Sur le plus beau G7 !

Le G7, ça en jette

Supportons Macron et Veunac ! »

 

Malheureusement, ce merveilleux moment de communion, samedi matin, entre des citoyens éclairés et les plus hautes autorités a été gâché par quelques manants en gilets jaunes qui s’obstinent à réclamer du pain à l’état français. Et pourquoi pas de la brioche tant qu’on y est ? En désespoir de cause et malgré ce parasitage désagréable, les organisateurs du « G7 fan club », ont tourné leurs porte-voix en direction de la mairie, réclamant au maire une chanson et espérant avoir droit, comme les fidèles du pape à Saint-Pierre, à une bénédiction urbaine et aubaine. Michel Veunac qui n’avait pas fini sa tâche (Il avait encore deux albums à colorier en chantier et des crayons de couleur à tailler) n’est pas apparu au balcon pour la plus grande déception de ses admirateurs. C’est promis, il se montrera beaucoup moins timide lors de son deuxième mandat,

Cet homme visionnaire doit être aidé et défendu dans sa lourde tâche. Grâce à lui, le Pays basque va avoir droit à du cirque gratuit toute la fin du mois d’août. (La hausse des impôts locaux liée au surcoût des travaux de l’Hôtel du Palais fera que le pain attendra un peu) et peut être même à quelques feux d’artifice à base de grenades de désencerclement, de lacrymogènes et de balles de défense. C’est quand même autre chose que le trop prévisible feu d’artifice du 15 août !

Alors vite, vous qui êtes intelligents et réfléchis, vous qui voulez le meilleur pour le Pays basque, vous qui admirez les hommes politiques visionnaires, rejoignez le « G7 fan club » pour pouvoir faire la prochaine fois une haie d’honneur ô combien méritée au talentueux leader qui dirige notre bonne ville de Biarritz. Et si ce maire n’obtient pas l’investiture LREM ou n’est pas réélu en 2020, c’est vraiment que vous êtes des ingrats. 

 

 

 

Honteux moqué contre honteux adulé

Quand Vincent Bru ne se souvient plus de son appartenance au MoDem, La Semaine se moque. Quand Veunac est dans le même cas, silence radio.

La Semaine du Pays basque du 10 mai.

On le sait tous, la vie dans les rédactions n’est pas un long fleuve tranquille. Il suffit de feuilleter La Semaine du Pays basque du 10 mai pour vite ressentir comme un léger décalage rédactionnel entre la sémillante Marquise de Vérité et le propriétaire-directeur de la rédaction Jean-Philippe Ségot. L’impertinente Marquise dans sa désopilante rubrique hebdomadaire épingle cette fois-ci le député Vincent Bru et son goût immodéré pour les médias. Après une apparition remarquée aux côtés d’une serveuse dans une rubrique que l’on aurait pu intituler « Ouin-Ouin découvre le monde du travail », notre député local vient de se commettre dans une émission de France 3 intitulée « 20 heures, le rattrapage » dans laquelle la présentatrice l’annonce comme « député en Marche », ce que l’ex-maire de Cambo se garde bien de démentir. La timidité, sans doute.

Une timidité fort peu goûtée par la Marquise de Vérité qui, dans un article intitulé « La p’tite culotte à Bru » (Achetez le journal et vous saurez pourquoi !) se moque des pudeurs de vierge effarouchée de notre député et s’interroge : « Est-ce que brusquement être député MoDem, cela fait moins chic que d’être qualifié par une présentatrice à la télé de député En Marche ? Ou Tonton Bayrou sent-il le pâté pas frais ? »

Veunac ne sent pas le pâté

Ce n’est pas le chroniqueur politique Jean-Philippe Ségot qui se permettrait de comparer Michel Veunac, malgré son âge canonique, à un « pâté pas frais ». Dans une interview de deux pages où les questions les plus incisives se succèdent et où l’on craint pour la santé mentale de Mimi-la-Malice tellement il est malmené, le directeur de la rédaction de La Semaine attaque le maire septuagénaire avec une délectable férocité : « Il semblerait qu’au cours de plusieurs réunions liées au G7 vous ayez fait preuve d’un certain caractère et de fermeté. Le maire de Biarritz refuse-t-il qu’on lui impose certaines choses ? ». Avant d’enchaîner avec cette autre question qui en aurait ébranlé plus d’un : « L’un de vos adversaires les plus acharnés, Jean-Benoît Saint-Cricq, dit clairement que le bilan financier de la Ville est fort satisfaisant ». C’est ballot, mais Bisque, Bisque, Basque ! avait tendance à comparer la fermeté de Veunac à celle d’un fromage blanc du jour et s’était persuadé, comme bien d’autres Biarrots qui ne doivent rien comprendre à la vie publique, que Saint-Cricq était devenu depuis un an le plus fidèle encensoir de Veunac.

Heureusement, l’homme remarquable qui dirige Biarritz et qui est connu pour sa fermeté et son esprit de décision a réponse à tout et peut faire montre une fois de plus de son immense talent. Charitable, il concède quelques « contraintes et embarras » de deux ou trois jours pour les Biarrots mais promet en contrepartie une pluie de bienfaits. Les maires de la communauté d’Agglomérations du Pays basque sont furieux que le maire de Biarritz, accessoirement vice-président de l’Agglo ait joué perso dans l’affaire du G7 en ne prévenant personne mais Veunac explique qu’il a toujours été collectif et que tout le Pays Basque bénéficiera de l’événement. Effectivement, le contre-sommet et les violences des blacks-blocs seront probablement pour d’autres villes que Biarritz. Veunac offre aux maires locaux des animations gratuites pendant l’été et ils se plaignent !

Retournements de vestes à tous les étages

Veunac enchaîne en affirmant que les travaux au Palais sont une réussite totale et affirme que la liste dont il se sent proche pour les futures européennes est la liste « Renaissance » de la République en marche. Pas une fois, il n’évoque en deux pages son appartenance au Modem (On a honte ?) mais par chance il n’a pas La Marquise de Vérité en face de lui et peut donc continuer à nous embobiner dans les grandes largeurs. Avec ce petit coup de patte au passage pour « les réseaux sociaux qui contribuent à démanteler et hystériser la vie publique et où chacun peut célébrer son ego » Pas de doute, si Amigorena, Chazouillères, Motsch, Lannevère ont successivement démissionné, si la majorité actuelle ressemble à une pétaudière comme il est rare d’en rencontrer, c’est la faute des blogs locaux et ce n’est dû en aucun cas à l’absence de talent du duo Veunac-Lafite (Encore un, qui a rallié en douce la République en Marche sans même daigner en informer ses électeurs qui s’imaginent qu’il est toujours à gauche !)

Qu’on ne s’y trompe pas, malgré ces coups de becs amicaux, La Semaine est un hebdomadaire que j’adore pour de multiples raisons : le directeur même s’il a la plume sélective a du talent, les politiques ont de la place pour s’exprimer, et surtout on trouve chaque semaine ou presque un vrai bonheur de lecture, que ce soit la lettre de La Marquise de Vérité, une chronique ou un article local. Mais qu’est-ce que j’aimerais que la sagace Marquise de Vérité consacre une de ses prochaines lettres à Jean-Philippe Ségot ! Peut-être que le « petit bolchévique enragé » que je suis selon les dires de La Marquise, comprendrait enfin comment le fervent partisan de Max Brisson jusqu’en 2014 est soudain devenu Veunacophile militant.  

Après tout, comme nous le prouvent Veunac, Lafite et Bru, le retournement de veste en politique s’élève parfois au rang d’œuvre d’art.

Biarritz joue à « Poubelle la vie »

Entre sauver la planète et sauver ses heures de repos, le choix est souvent vite fait dans une ville qui s’ingénie à compliquer la vie de ceux qui s’efforcent malgré tout de trier leurs déchets.

Sur cette vidéo diffusée par « Le piéton biarrot », on voit nettement les employés de l’Agglo mettre à la poubelle les sacs de déchets recyclables.

Si aucun Biarrot ne doute que le tri des indésirables va être parfaitement effectué au moment du G7, quand les grands de ce monde viendront se baguenauder fin août dans une petite cité balnéaire lustrée comme un sou neuf, ces mêmes Biarrots savent que l’envers du décor n’est pas tout à fait à la hauteur du petit périmètre doré. Comme toutes les villes côtières de la Côte basque, Biarritz rejette ses merdes au large quand les bassins de rétention sont pleins en s’efforçant d’être le plus discret possible pendant la haute saison. Dans le même temps, sans crainte de la contradiction, on exhorte le bon peuple à sauver la planète en opérant un tri sélectif des déchets, même si derrière l’approximation la plus totale est de mise. « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais » a toujours été un dicton fort prisé des politiques.

La vidéo publiée sur Twitter par Le Piéton Biarrot et relayée par près de deux mille internautes a suscité à juste titre l’indignation des Biarrots, car on y voit des employés de l’Agglo s’emparer des sacs transparents spécialement prévus pour les déchets recyclables et les enfourner dans la poubelle multi-usage pour gagner du temps. Elle n’est pas poubelle la vie ? Il ne s’agit nullement de fustiger ces salariés sans doute astreints à des cadences infernales, mais de s’étonner que de telles pratiques soient acceptées.

https://twitter.com/i/status/1120664335888596992

Un piéton et une personne occupée à trier ne peuvent se croiser avenue Jaulerry (Image Mappy).

Il faut reconnaître qu’en matière de containers à déchets, la politique municipale a de quoi laisser perplexe. Quand on peut tout poser au même endroit, comme aux halles, l’endroit est malcommode à souhait, l’avenue Jaulerry ne permettant pas aux piétons de circuler si quelqu’un a des sacs à déposer. Et que dire de cette nouvelle installation sur le parking de l’hippodrome des fleurs qui n’est pas sans rappeler les tranchées de nos glorieux ancêtres ayant disputé la guerre de 14 ? Au niveau esthétique, on doit pouvoir faire mieux même si la mairie sait parfaitement que ni Trump ni Macron ne s’aventureront de ce côté pendant le G7.

Dans les quartiers excentrés, c’est encore pire puisque la Ville a inventé le tri sélectif… partiel !

Rue de Salon, deux containers seulement.

Rue de Salon, à côté du domaine de Françon, vous pouvez déposer vos bouteilles et vos cartons d’emballage, mais débrouillez-vous pour les sacs d’ordures ménagères ou les journaux.

Allée du chanoine Manterola, on vous propose aussi en option les bouteilles (l’apéro à Biarritz, c’est sacré !) et les vieux journaux. Pour le reste faites preuve d’imagination ou utilisez votre voiture pour faire le tour des points de collecte des ordures, ce qui est tout à fait écologique.

Pourtant, malgré tous ces obstacles, malgré ces vidéos décourageantes, les Biarrots doivent persévérer et continuer à pratiquer le tri sélectif en vue de 2020, car à l’évidence nombre d’élus ne sont plus recyclables et ont dépassé depuis fort longtemps la date limite d’utilisation. Comme ils ne renonceront pas d’eux-mêmes, vous savez donc ce qu’il vous reste à faire pour sauver la Ville avant de sauver la planète.

Des containers du plus bel effet esthétique, parking de l’hippodromes des fleurs.