Questions pour un fripon

Au niveau de l’ellipse, de la dissimulation et des demi-vérités, Veunac s’avère décidément un candidat imbattable. La preuve avec le dernier conseil municipal.

« Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup » affirmait la grand-mère de Martine Aubry. Ceux qui ont eu le courage d’assister jusqu’au bout au dernier conseil municipal, 3 h 46 tout de même, sont ressortis avec le sentiment de ne pas avoir été confrontés à un loup solitaire, mais à une meute innombrable, propre à donner des insomnies à n’importe quel berger pyrénéen. Avec un Veunac, visiblement gonflé à bloc par les résultats des européennes, rasé de près même s’il affirme ne pas penser tous les matins aux prochaines élections municipales et devenu un orfèvre dans l’art de promener son conseil municipal. Bisque, Bisque, Basque ! va donc s’efforcer de débusquer avec votre aide tous les loups probables dissimulés derrière les phrases onctueuses de Mimi-la-malice.

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On le sait, avant d’attaquer le gros morceau représenté par le dossier Aguilera, il est toujours nécessaire de chauffer la salle avec un intermède comique. Une fois de plus, c’est l’inénarrable Ghislaine Haye qui s’y est collée avec un vibrant hommage au disparu Coco Léglise, « homme discret et humaniste » et symbole « du militantisme et de l’engagement vrai » Ce petit couplet sur l’engagement vrai prononcé par la militante socialiste Haye, celle qui a refusé lors du vote de l’Hôtel du Palais de se conformer à la décision de refus prise par les militants de son parti et s’est empressée de cajoler le maire pour sauver ses émoluments d’adjointe, était un pur bonheur et laissait bien augurer de la suite.

Et effectivement, les Biarrots ne vont pas être déçus avec la prestation d’un Veunac très en forme et qui va promener son monde avec une maestria confondante. Avec, au final, la perspective pour les Biarrots d’être une fois de plus cocus.

Loup n° 1 : la fausse repentance

Le débat sur Aguilera s’engage à la 51e minute. Calme et posé, Veunac explique que le retard sur l’aménagement du plateau d’Aguilera, inscrit dans son programme électoral de 2014, est lié aux hésitations autour de la piscine. Il affirme que le projet global d’aménagement proposé par Jean-Baptiste Aldigé est « non recevable » car soumis à des « obstacles juridiques de toute nature » et qu’on se dirige donc en concertation avec le BO vers « un projet de coproduction ».

Le commentaire de BBB : Dès l’annonce du projet Aguilera, Nathalie Motsch avait souligné l’impossibilité juridique de le mener à bien, ce qui lui avait valu d’être insultée.  Mais Veunac n’a pas un mot d’excuse pour saluer la lucidité de son élue ou regretter ce qui s’est passé. Par ailleurs la piscine a bon dos pour excuser le retard. Un article très documenté de Sud Ouest à propos du réaménagement de Jean-Dauger intitulé « La refonte du stade pourrait aller vite » nous apprend que Jean-René Etchegaray a déposé un permis de construire dès le début de son mandat ce qui lui permet de lancer les travaux maintenant. Veunac, qui avait inscrit ce réaménagement d’Aguilera à son programme, a pour sa part lambiné et tergiversé comme à son habitude sans déposer le moindre permis.

Loup n° 2 : un projet global voulu par l’Agglo (55e minute)

Veunac explique ensuite qu’il va falloir passer par une procédure MECDU (Mise en compatibiliité des documents d’urbanisme) : « Nous sommes allés voir l’Agglo qui nous a conseillé de raisonner sur un aménagement global », c’est-à-dire de lancer une seule demande pour la partie logement et pour la réhabilitation de l’enceinte sportive.

Le commentaire de BBB : Tout cela semble parfaitement raisonnable. Sauf qu’il y a un léger problème. Selon plusieurs sources internes à l’Agglo, la ville de Biarritz n’aurait jamais fait la moindre demande en ce sens, les échanges ces derniers temps se limitant à de grosses engueulades entre Veunac et l’Agglo. Bisque, Bisque, Basque ! a donc contacté vendredi le service de presse de l’Agglo pour savoir à quelle date les représentants de la ville de Biarritz avaient rencontré les responsables de l’Agglo, et si des documents écrits avaient été rédigés. Pas de réponse pour le moment, mais il est évident que Michel Veunac se fera un plaisir de mettre tous les éléments prouvant ses dires à disposition de la presse.

Loup n° 3 : un prochain conseil bien hâtif (60e minute)

Avec son air de ne pas y toucher, Veunac annonce ensuite qu’un conseil municipal aura lieu le 3 juillet prochain : « Si les choses n’avancent pas trop mal, nous pourrons avoir des éléments sur la programmation et le financement possibles ».

Le commentaire de BBB : Pourquoi tant de hâte, alors que la procédure MECDU prend au minimum dix-huit mois ? Veunac a visiblement quelque chose à faire voter le 3 juillet prochain mais se garde bien d’expliquer à ses conseillers ce qu’il a en tête. Nous y reviendrons.

Loup n° 4 : la phrase de trop (105e minute)

Calme et posé, comme à son habitude, Édouard Chazouillères demande au maire de préciser le calendrier des travaux. Entre les dix-huit mois de la procédure MECDU puis le dépôt spécifique des permis de construire, il faut compter deux ans au minimum. Raisonnablement, on peut donc envisager les premiers coups de pioche fin 2020 voir mi 2021. Agacé, Veunac ne dément pas mais ajoute : « Tout ce qui pourra avancer avant cette date avancera ».

Le commentaire de BBB : Avec cet aveu, qui relève sans doute plus de la maladresse que d’une confidence délibérée, on arrive sans doute au cœur du dossier Aguilera. Lors de la conférence de presse de présentation de l’équipe, le président du BO Jean-Baptiste Aldigé s’est montré étonnamment calme, alors que le retard de deux ans sur le projet, implique que le famille Gave remette au pot trois millions d’euros, somme qui correspondra probablement au déficit du club pour les deux saisons à venir. Qu’est-ce qui se cache donc derrière ce « Tout ce qui pourra avancer » ? Les Biarrots aimeraient le savoir, un maire étant garant de la loi et ne pouvant autoriser des travaux sans permis de construire.

Loup n° 5 : Veunac s’abrite à nouveau derrière l’Agglo (107e minute)

Dans une intervention de très haute volée, Nathalie Motsch déplore qu’on ait « vendu du rêve aux Biarrots » et estime « qu’on ne décide pas à dix mois des élections municipales de ce que sera Aguilera » Il semble assez logique en effet que ce soit l’équipe élue pour six ans en 2020 qui prenne en charge ce dossier. Nathalie Motsch revient aussi sur la stratégie prévue et affirme qu’il est impossible de regrouper dans une seule procédure des modifications qui relèvent de l’intérêt général avec les logements sociaux et d’autres qui sont d’ordre commercial avec la création de boutiques dans l’enceinte sportive. Visiblement Veunac n’a cure de ces propos et réitère : « Moi les conseils que j’ai, ce sont ceux de l’Agglo. Ils ont mis trois semaines pour me répondre ».

Le commentaire de BBB : Avant le très précipité conseil municipal du 3 juillet, nous espérons pouvoir avoir les réponses. Veunac se conforme-t-il comme il le dit aux desiderata de l’Agglo ou cherche-t-il à faire, comme semble le penser Nathalie Motsch, un paquet-cadeau d’Aguilera, la construction de logements sociaux et l’aménagement de l’enceinte sportive devenant indissolublement liés.

Un nouveau bail emphytéotique le 3 juillet prochain ?

Motsch et Chazouillères se retrouvent dans la détestation des méthodes du duo Veunac et Lafite.

Comme les lecteurs pourront le constater, ce conseil municipal relevait donc plus d’un spectacle de prestidigitation que d’une assemblée de sages où l’on débat en toute transparence. Le courage des élus qui ont flairé le piège, en votant contre comme Hervé Boissier, en s’abstenant comme Maialen Etcheverry, ou en refusant de participer au vote comme Nathalie Motsch doit être salué. Trop de dissimulations cachent à l’évidence un plan d’ensemble, comme dans le cas de l’Hôtel du Palais, que l’on se refuse à dévoiler aux élus.

Bisque, Bisque, Basque ! va donc avancer quelques hypothèses, à charge pour le maire de rassurer les élus et les citoyens biarrots, si elles s’avèrent de pures élucubrations.

Quand Lafite parle, Françoise Mimiague est visiblement passionnée.

Veunac n’a pas dit pourquoi il convoquait à une date tout à fait inhabituelle les élus. On va le savoir sous peu, mais je verrais bien une extension du bail emphytéotique alloué au BO et comprenant toute la zone où des réaménagements sont prévus. Ainsi, les modifications prévues ne seraient plus du ressort de la Ville et tout pourrait aller beaucoup plus vite. Et s’il se trouve un opérateur – au hasard Pichet – qui accepte de faire les travaux sans que cela ne coûte un sou aux Biarrots, pourquoi se priver. Et si, au terme d’un appel d’offres en bonne et due forme, Pichet était retenu pour construire les logements sociaux d’Aguilera – le hasard fait si bien les choses parfois ! -, alors tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes et au final on se retrouverait tout près du projet initial voulu par la famille Gave. Comme l’a dit Jean-Baptiste Aldigé lors de sa conférence de presse « les travaux à Aguilera ont déjà commencé avec l’aménagement de Bender et du stade d’athlétisme »

Toutes ces hypothèses ne sont peut-être que pure construction d’esprit. On va pouvoir très vite vérifier dans les jours à venir si l’Agglo et Veunac marchent main dans la main et si les procédures publiques vont être respectées.

Mais, avec des Veunac et Lafite qui depuis 2014 n’ont cessé de mentir, de ruser ou de louvoyer, comment ne pas avoir envie de crier au loup à chaque dossier qui se présente ?

Arosteguy-Chazouillères, un ticket intéressant

Au lendemain de ce conseil municipal, Maïder Arosteguy a annoncé qu’elle serait candidate pour 2020, ce qui ne constitue pas une véritable surprise. Ce qui est intéressant en revanche est de voir que tous les candidats opposés à Veunac, que ce soit Barucq, Motsch ou Maïder semblent décidés à faire de la morale publique leur cheval de bataille. Après les dernières années de Borotra et le calamiteux mandat du duo Veunac-Lafite, il était plus que temps ! Maïder Arosteguy a choisi le sympathique Thomas Habas comme directeur de campagne et s’est montrée très entourée lors de sa conférence de presse. On notait en particulier la présence de Philippe Domège, de Jean-Bernard Pinatel ou de son épouse Anne Laffolé-Pinatel. Mais c’est surtout Édouard Chazouillères qui aura marqué les esprits avec une intervention très musclée sur le respect : respect des institutions, respect des lois, respect des élus et de l’opposition. Nul doute qu’avec le dossier Aguilera, qui ne semble pas tout à fait dans les clous de l’orthodoxie, en matière de règles publiques, Édouard va avoir beaucoup à dire.

Chazouillères, belle gueule et ironie mordante

Courtois et pondéré, l’ancien adjoint au commerce manifeste beaucoup de talent pour les petites phrases et estime que « Veunac fait le mandat de trop ».

Le rendez-vous, pris au Royalty, tient un peu de retrouvailles entre adversaires de rugby qui partagent une bière après s’être sérieusement chamaillés pendant le match. En 2014, alors qu’il était le directeur de campagne de Michel Veunac, Édouard Chazouillères avait lancé, au détour d’une conversation « off » avec un journaliste, à propos de ceux qu’il pensait « monter une affaire » contre son candidat, « ils finiront, comme disait l’autre, sur un croc de boucher » en référence aux propos privés rapporté de Sarkozy à l’endroit des instigateurs de l’affaire Clearstream ». Déjà la dent dure ! Il reconnaît un propos malheureux, une envolée bravache, une imprudence, bref un écart de jeunesse. Depuis, alors que nous ne nous connaissions pas, nous nous sommes parlés… et appréciés, car Édouard Chazouillères est très politique et réfléchi.

Le jour de sa démission de son poste d’adjoint.

Visiblement l’ancien adjoint, malgré sa démission de son poste au commerce, a marqué les esprits, car les électeurs locaux demandent souvent de ses nouvelles ou s’interrogent sur ses intentions en 2020. « Je ne suis pas très surpris que les Biarrots se retrouvent dans mes préoccupations actuelles. Le rôle que je me suis fixé depuis ma démission et ce, jusqu’à la fin du mandat, est d’être, avec d’autres, dans une vigilance totale vis-à-vis des décisions mauvaises voire litigieuses du maire. 
Ceci dit, repérer, dénoncer et rattraper les bêtises de Veunac, cela devient un job à plein temps ! ». On l’a vu récemment avec son action pour obtenir l’annulation in extremis de la subvention de 100.000€ au festival brésilien de Vincent Cassel Onda Carioca.

La conversation roule sur la liste élaborée par le futur maire au soir du premier tour de 2014 et sur les nombreux talents qu’elle recelait, talents qui ont tous à un moment ou l’autre décidé de démissionner de leurs fonctions. « Le bon manager, c’est celui qui recrute des meilleurs que lui et qui n’en a pas peur ». Michel, pourquoi tu tousses ?

Depuis sa démission, Chazouillères affirme que ses rapports avec le maire confinent au « néant absolu » et ajoute « qu’ils étaient déjà proches de zéro avant sa démission ! » Curieusement, Michel Poueyts qui lui a succédé au commerce ne l’a jamais contacté sur le moindre dossier. Parce qu’il est omniscient ou parce qu’il ne fait rien ?

« Il faut établir des règles saines »

 Chazouillères ne veut pas épiloguer estimant que « comme c’est, hélas, souvent le cas chez les maires – Veunac fait le mandat de trop », ce qui est particulièrement cruel si l’on se souvient que Veunac en est à son premier mandat de maire. Quant aux rares élus qui suivent inconditionnellement le maire, ils ne trouvent pas plus grâce à ses yeux : « Tous les élus, non démissionnaires, issus de la majorité sont solidaires du maire et comptables de son bilan et par conséquent, étant donné la médiocrité de ce mandat, aucun élu sortant ne dispose, à mes yeux, de la légitimité pour prétendre à la fonction de Maire en 2020. »

On ne saurait être plus clair. Édouard Chazouillères veut se projeter au-delà de 2020 : « Je n’ai aucun regret sur ce qui s’est passé. Je vais travailler pour que le ou la future maire soit l’antithèse de ce qu’a été Veunac. Il faut que l’élection de 2020 permette de changer totalement le système. Changer le système pour remettre le citoyen au cœur de tout. »

Soudain passionné, l’ex-adjoint énumère tout ce qu’il faut changer : « Contrairement à ce qui se passe dans ce mandat, il faut établir des règles saines de respect de l’argent public, des lois, des citoyens, des élus et des salariés de la mairie » La démonstration se poursuit : « En France, le maire est le dernier élu à bénéficier encore de la confiance des citoyens. C’est extrêmement important qu’il participe, par son action, à préserver l’espoir que les citoyens croient encore en la politique et en leurs élus. Or on constate que très souvent le maire utilise les failles de la loi, des réglementations et des procédures, obligeant les services de la mairie à « tordre » ces règles, pour imposer ses vues politiques et ses choix personnels ». A la question « mais vous ne croyez pas que tous les maires font un peu cela ? », Chazouillères répond « si des maires le font c’est fort dommage ! Car je crois foncièrement qu’un élu, et qu’un maire en particulier, doit scrupuleusement garantir la bonne application des procédures et des lois ; sinon on accroît la crise du politique et les citoyens finiront par ne plus croire en personne. Regardez l’exemple de l’attribution de la subvention à Onda Carioca dans l’irrespect total des procédures pourtant imposées à l’ensemble des associations de la ville ; c’est l’iniquité totale, résultat les dirigeants d’association sont en colère et n’ont plus ni confiance ni respect pour la mairie. »

Clairement visés, les dossiers du Palais mais aussi d’Aguilera, « le plus gros échec de la mandature ! Cinq ans que ça devait avancer et ça n’a pas bougé d’un pouce ! ». L’embarras du maire face au projet porté par Jean-Baptiste Aldigé et le promoteur Pichet ne le surprend pas : « Quand un maire n’avance pas, qu’il ne fait pas émerger de projets, un investisseur, lui, avance avec son projet, projet qui est du coup subi et qui ne correspond pas tout à fait à ce que le maire aurait imaginé ». Sur la conduite de ce dossier, l’élu n’a pas le moindre doute : « La gestion du foncier public relève de la compétence de la Ville. Le projet doit être retravaillé avec le porteur de projet sous la direction de la Ville et en respectant les règles qui régissent la vie publique.» Voilà qui est clair.  

« Oui, je soutiendrai un ou une candidate »

 Avec des idées aussi précises, est-ce une future tête de liste pour 2020 qui parle ? Édouard Chazouillères réfute catégoriquement l’hypothèse, car «  mes priorités sont familiales et professionnelles ». Passionné de vie publique, Édouard Chazouillères ne s’imagine pourtant pas sans mandat : « Oui, je serai derrière un ou une candidate, je discute en ce moment avec les prétendants ». Une façon de faire monter les enchères ? L’hypothèse est balayée d’un revers de main et, sans complexe aucun, l’ancien adjoint détaille les qualités et défauts de chacune des supposées têtes de liste.

« Nathalie Motsch ? J’apprécie son esprit critique. Je lui reconnais un certain talent et le sens de la communication, quand elle n’en fait pas trop… Je goûte moins le rôle qu’elle tente de jouer depuis quelques temps de critiqueur en chef avec beaucoup d’effets de manches ; c’est un peu le nouveau Saint-Cricq…en jupon !» Bien évidemment, le Saint-Cricq évoqué est celui qui s’est opposé pendant quatorze ans aux maires de Biarritz et non celui qui vient piteusement de se rallier à Veunac.

Le défilé continue : « Guillaume Barucq ? J’aime sa fraîcheur, son côté rêveur, son écoute, sa simplicité. En politique, il en faut. Il faudra clarifier quelques points pour travailler ensemble. » Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes des Bisounours ? « J’aime le Guillaume habituellement anticonformiste. J’aime moins celui qui met un costume et une cravate pour accueillir Macron ! 

 Reste Maïder dont la rumeur le dit très proche : « Maïder Arosteguy ? J’apprécie sa personnalité, son relationnel, sa grande qualité d’écoute et notamment sa capacité à prendre l’avis des uns et des autres et d’entendre des positions parfois très opposées à la sienne avant de décider. Elle connaît par cœur Biarritz et pour les électeurs, s’appeler Barucq ou Arosteguy ça compte».

Édouard évoque aussi François Amigorena: « C’est un talent et nous avons eu  une certaine complicité depuis le début du mandat. Les Biarrots ne savent pas par exemple que nous sommes à l’origine tous les deux de la mise en ligne des conseils municipaux, en ayant, dans la lancée de la campagne, contacté un prestataire de service alors que Veunac y était dans un premier temps opposé, nous lançant un « Hors de question ! » et souhaitait que la décision (de ne pas diffuser les conseils) passe par le service communication ; avant de s’y résoudre sous notre insistance appuyée par d’autres collègues élus.». Les Biarrots, qui ont pu mesurer sur Internet l’étendue du désastre à chaque conseil, seront donc éternellement reconnaissants aux deux larrons d’avoir réussi à obtenir la publicité des débats.

Édouard Chazouillères poursuit une réflexion en solitaire avant de décider qui il va suivre.

En attendant 2026 et un duel qui pourrait, entre autres, opposer Édouard à François, est-ce qu’un front commun des opposants à Veunac et Lafite ne serait pas dans l’immédiat la solution pour ne pas subir le duo infernal six ans de plus ? Chazouillères lève les yeux au ciel, un peu résigné. Comme Bisque, Bisque, Basque !, il vient d’apprendre que Guillaume Barucq va annoncer sa candidature en juin et qu’il ira seul car il veut voir ce qu’il pèse politiquement.

« Pour avoir une chance de vaincre, il faudra s’allier au soir du premier tour mais il faudra travailler les choses en amont et surtout se respecter pendant la campagne. Chacun va vivre sa vie et présenter son projet, ce qui n’est pas inintéressant ».

 Édouard Chazouillères évoque les élections de Hollande ou de Macron et estime que les surprises sont nombreuses en politique. Pour lui, rien n’est encore joué pour 2020, le G7, suivant qu’il se déroule bien ou mal, pouvant considérablement changer la donne. Alors qu’il n’est plus membre d’aucun parti, l’ancien adjoint reste passionné par la chose publique : « Mon engagement politique, je le vois au niveau local et sur la durée. Je n’ai pas d’ambition particulière, je n’ai pas de plan de carrière – c’est ce que je combats en politique – mais si je peux être utile, je m’impliquerai. À quel poste, je n’en sais rien, mais ce que je veux éviter, c’est que les mauvais ne l’emportent ! »

Vaste programme, comme aurait dit De Gaulle !

Enfin des places gratuites pour les Biarrots !

Sur le parking de la Côte basque, trois places sont réservées aux « Acteurs économique » (Sic !) Comme si les Biarrots n’en étaient pas eux aussi.

Tous les dictionnaires consultés sont unanimes : un acteur économique est quelqu’un qui participe financièrement à la vie d’un pays, d’une ville ou d’une entreprise. Vous n’en aviez sans doute pas conscience, mais, si vous achetez chaque jour votre baguette de pain ou votre journal à Biarritz, vous êtes donc un acteur économique de cette ville. Une ville où la question du stationnement a l’art de susciter des crises d’urticaire chez les Biarrots depuis un peu plus d’un an et l’arrivée de Streeteo.

Tandis que l’adjoint aux Finances, surnommé « La Faillite nous voilà ! », se frotte les mains publiquement en conseil municipal et est bien le seul à se féliciter – « L’argent rentre ! » -, les commerçants constatent avec effarement que les clients boudent de plus en plus le centre-ville pour aller déjeuner par exemple à la Chambre d’Amour d’Anglet, bondée pendant les vacances de février, tandis que les rues de notre ville offraient des places en veux-tu en voilà.

« La Faillite nous voilà! » a le sourire : les commerces meurent mais l’argent rentre grâce à Streeteo.

La mairie aurait-elle été soudain prise de remords ? Depuis un peu plus d’un mois, fleurit à nouveau sur le parking de la Côte des Basques une étrange inscription que le sagace photographe Daniel Velez avait déjà remarquée l’an passé, à la fin de la saison estivale : « ACTEURS ECONOMIQUE ».

Les mauvais citoyens qui la ramènent toujours vont se gausser de la faute d’orthographe commise par la mairie, alors qu’un minimum de réflexion leur aurait permis de réaliser le souci de l’argent public manifesté par ceux qui nous dirigent. S’il manque un S à « ECONOMIQUE », c’est uniquement parce que le préposé de service n’avait plus de peinture et que dans sa grande sagesse « La Faillite nous voilà ! » a refusé l’achat d’un nouveau pot après les 75 millions d’euros, et plus si affinités, engloutis dans la rénovation de l’Hôtel du Palais.

Les râleurs noteront aussi que des barrières ont été érigées sur ces trois places réservées sur le parking de la Côte des Basques, pour qu’elles ne soient pas occupées par n’importe quel acheteur exhibant sa baguette du matin et s’affirmant acteur économique.

Bisque, Bisque, Basque ! invite donc tous les Biarrots à écrire à la mairie pour revendiquer l’usage de ces places. Connaissant la promptitude avec laquelle Veunac répond à toutes les demandes de ses concitoyens, et le refus de tout passe-droit manifesté par la majorité en place, nul doute si votre demande est rejetée que vous saurez sous peu qui sont les bénéficiaires de ces places ultra-privilégiées.