Une épastrouillante affluence

Plus de 80 personnes étaient présentes à la réunion publique de RamDam 64-40 où Virginie Lannevère et Jean-Pierre Laflaquière ont été chaleureusement applaudis.

Difficile, en dehors d’un exposé sur la reproduction des crabes verts les soirs de pleine lune au rocher de la vierge, de faire plus dissuasif qu’un débat sur les Sociétés d’économie mixte, les sociétés publiques locales et les délégations de service public ! Mais il faut croire que la démarche de RamDam 64-40 consistant à créer un lieu où les citoyens et les élus peuvent se parler sans animosité ni tabou intéresse, puisque 80 personnes étaient présentes, une veille de fête de la Musique et alors que se déroulait dans une salle voisine de la maison des associations de Biarritz un autre débat tout aussi intéressant animé par le comité anti G7. De quoi être totalement épastrouillés, comme le disaient les titis parisiens au XIXe siècle lorsqu’ils voulaient exprimer leur étonnement.

Il convient de préciser aussi que dans ce débat animé par le redoutable « inspecteur de la vie publique » Guy Aubertin, RamDam 64-40, recevait deux personnalités marquantes du monde politique local, Virginie Lannevère, conseillère municipale démissionnaire, administratrice de la SEM Cité de l’Océan puis de la Socomix, et Jean-Pierre Laflaquière, ancien préfet, adjoint au maire d’Anglet et membre du Conseil d’Agglomération du Pays Basque.

Lannevère : « Un risque invraisemblable »

Virginie Lannevère déteste les caméras et les projecteurs et n’aurait jamais imaginé sortir de l’anonymat. Spécialiste du risque financier pour les palaces, elle pensait mettre bénévolement ses compétences au service de la Ville, elle qui compte de nombreux conseils d’administration à son actif.

« Mon exposé sera bien sûr un peu à charge » annonce d’entrée Madame Lannevère qui rappelle que le rôle d’un administrateur est de travailler dans l’intérêt de l’entreprise. Quand le public et le privé se mélangent comme dans les sociétés d’économie mixte, tout devient beaucoup plus complexe car les administrateurs sont souvent aussi des élus qui votent ce qu’on leur demande de voter et arrivent au conseil d’administration sans même avoir ouvert les documents adressés.

C’est ce fonctionnement autocratique avec un maire seul décisionnaire et des élus au pas, qui a conduit Virginie Lannevère, en compagnie d’autres administrateurs comme François Amigorena ou Anne Pinatel, à exprimer publiquement son désaccord. Création de sous-commissions d’où étaient exclus ceux qui n’étaient pas d’accord avec Veunac et Lafite, rétention de l’information avec des dossiers qui arrivaient la veille pour que les administrateurs n’aient pas le temps de les étudier, menaces multiples, Virginie Lannevère raconte avec beaucoup de calme et d’émotion contenue son quotidien d’élue bénévole : « À un moment, je me suis retrouvée à plus consacrer de temps au Palais qu’à mon propre travail »

Sous les applaudissements nourris du public qui salue son courage, Virginie Lannevère, qui souhaite évidemment un avenir radieux pour le Palais, confie son pessimisme : « Les 64 millions empruntés représentent un risque invraisemblable et supposent une rentabilité jamais atteinte par les leaders du marché hôtelier. Les travaux de rénovation et d’investissement dépassent les capacités de la ville et donc, en cas de défaut, l’acteur privé minoritaire (Decaux) absorbera la SEM. »  Comme les élus l’ont dit à l’époque, on se retrouve en présence d’un hold-up organisé par Veunac et Lafite.

Laflaquière : « Peu de brebis galeuses »

Plus orthodoxe et consensuel, Jean-Pierre Laflaquière estime que « malgré quelques brebis galeuses, presque tous les élus effectuent leur mandat avec passion et intégrité », ce que RamDam 64-40 qui suit de près la vie publique locale lui accorde volontiers. Il concède que l’Agglo connaît quelques problèmes de croissance compte-tenu de sa taille, mais affirme que les 170 marchés publics passés en son nom (presque un tous les deux jours !) sont suivis avec beaucoup d’attention, la défense des intérêts des contribuables étant la priorité absolue.

Élu connu pour sa rigueur et son intégrité, Jean-Pierre Laflaquière maîtrise parfaitement son sujet et sait se montrer convaincant, même s’il se trouve un peu plus déstabilisé quand je l’interroge sur « les brebis galeuses » et lui demande pourquoi les élus d’Anglet ont fermé les yeux pendant plusieurs années sur le fait que le premier adjoint Jacques Veunac, ancien médecin de son état, ait bénéficié d’un logement de vacances du promoteur Alday, ce qui fait un peu désordre quand on s’occupe d’urbanisme. « Le problème a été réglé en interne » affirme l’élu. C’est exactement ce que déplore RamDam 64-40, cet entre-soi si prisé des politiques pour régler les affaires un peu troubles, ce qui n’ôte rien aux qualités de Jean-Pierre Laflaquière qui a eu le courage de venir s’expliquer face au public.

Les nombreux élus présents dans la salle se sont contentés de sourire en coin. Maïder Arosteguy, Guillaume Barucq, Nathalie Motsch, candidats potentiels ou déclarés pour 2020, mais aussi François Amigorena, Anne Pinatel, Richard Tardits, Édouard Chazouillères, Françoise Mimiague, Brigitte Pradier avaient fait le déplacement (Mes excuses si certains m’ont échappé).

Seul absent de marque, pour le plus grand regret de Virginie Lannevère, Guy Lafite qui avait annoncé un peu partout qu’il viendrait porter la contradiction à l’ancienne élue, mais qui a été visiblement retenu, comme pronostiqué, par une activité pottok.

Ce qui donne beaucoup de regret à RamDam de ne pas avoir finalement organisé cette conférence sur les crabes verts au lieu de parler de SEM, SPL ou DSP. Car il se serait certainement trouvé un scientifique dans la salle pour expliquer que les vieux crabes deviennent très peureux avec l’âge.

4 réflexions sur “Une épastrouillante affluence

  1. Au sujet de l’intégrité des élus, il est, comme il a été dit à la réunion, complètement ahurissant que les élus restent coi, quand ils savent qu’une ou qu’un des leurs est une « brebis galeuse  » . C’est bien ce que je leur reproche, c’est bien ce que je reproche au plus important d’entre eux à Biarritz ; Monsieur Max Brisson, l’élu le plus imposant de Biarritz, ferme les yeux depuis belle lurette sur les malhonnêtetés commises par ses deux amis maires.Et les élus, au sein d’un conseil municipal, savent, par construction, beaucoup de choses. Quel élu de Biarritz ne savait pas que la fille de Monsieur Didier Borotra bénéficie en septembre 2013, amendé en 2014, d’un contrat public de 35 000 euros ? Quel élu de Biarritz ne savait pas que Monsieur Michel Veunac confie au fils de Monsieur Didier Borotra un contrat public de plus de 75 000 euros ? Je l’ai appris en consultant, avec l’accord du maire et l’autorisation de la loi, 43 registres de la mairie de Biarritz . Quel élu de Biarritz ignore que leur maire actuellement, viole la loi française, en refusant que je consulte les contrats conclus à la cité de l’océan ? Tous les élus savent pourquoi le maire actuel ne veut pas que j’aille mettre mon nez, comme la loi m’y autorise, dans ces affaires! Monsieur Max Brisson, comme beaucoup d’autres connaît toutes ces anomalies, toutes ces fautes perpétrées par des élus qui, lors des campagnes électorales, demandent la confiance des électrices et des électeurs. Cette confiance leur est accordée, ils sont élus et ensuite, font le contraire de ce qu’ils avaient promis. A Biarritz, nous l’avons vu avec Monsieur Michel Veunac, qui avait promis de ne pas augmenter les impôts, mais qui le décida cependant en 2016. Dans une entreprise, quand un responsable a la malhonnêteté chevillée au corps, il est exclu du groupe. Cette pratique devrait être la règle chez les élus. A Biarritz, on n’aurait plus ni maire, ni premier adjoint et à Anglet le maire serait enfin débarrassé de son premier adjoint, Jacques Veunac, grand affairiste devant l’éternel, dans l’immobilier , aussi, comme son frère. On a eu de la chance à Biarritz; on aurait pu avoir ensemble ,les frères jumeaux Borotra , et les deux frères Veunac ! Si Monsieur Michel Veunac décide de se représenter, après le G7 – à Biarritz, tout se décide après le G7 ! – une action, que je conduirai, aussi intense que celle qui a été menée naguère avec succès à Bayonne, placera dans le même sac de la malhonnêteté les trois amis, les trois compères, qui ruinent la réputation de la mairie de Biarritz; MM Didier Borotra, Max Brisson et Michel Veunac. La campagne pour les élections municipales à Biarritz en 2020, ne ressemblera à aucune autre, car on en a plus qu’assez d’être gouvernés par des gens malhonnêtes. Les fruits pourris, non bio, vont voler bas sur la tête des trois compères !
    Au cours de la réunion qui montre qu’il existe et qu’il existera toujours, toujours, des femmes et des hommes qui combattent les abus de toutes sortes-  » Le mal triomphe par l’inaction des hommes de bien » Burke- j’ai rencontré un candidat, déclaré pour remplacer nos derniers maires défaillants, Monsieur Jacques-André Schneck.

    • Monsieur Husson,
      La parole est libre sur Bisque, Bisque, Basque! mais attention à des raccourcis qui peuvent être problématiques. La majorité des élus ignorait totalement l’embauche de Sophie Borotra. En effet, elle n’avait pas été engagée sous son nom, ce qui aurait fait réagir je suppose les élus intègres, mais sous le nom de la société qu’elle venait de créer, ce qui fait que pendant longtemps, personne n’y a vu que du feu.
      De la même façon, Franck Borotra, qui a été ministre de l’industrie, n’a à ma connaissance, jamais eu la moindre casserole.
      Ceci dit, vous avez raison de déplorer cette façon de traiter les « brebis galeuses » en catimini au lieu de les virer immédiatement et publiquement.

  2. « Les 64 millions empruntés représentent un risque invraisemblable et supposent une rentabilité jamais atteinte par les leaders du marché hôtelier. Les travaux de rénovation et d’investissement dépassent les capacités de la ville et donc, en cas de défaut, l’acteur privé minoritaire (Decaux) absorbera la SEM. »

    Jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien….

  3. Bonjour,
    En tout cas,la gestion des établissements publics locaux est un sujet d’actualités qui fait couler beaucoup d’encre….

    DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE.

    Les entreprises publiques locales, une solution miracle ?

    ….La loi pour sécuriser l’actionnariat des entreprises publiques locales (EPL), adoptée début mai, a mis les parlementaires d’accord en un temps record : tous unis pour sauver le soldat EPL ! Il s’agissait de sécuriser ces sociétés privées, dont les collectivités sont actionnaires majoritaires, et dont elles usent – et abusent ? pour aménager leur territoire ou gérer les services publics locaux….

    Les entreprises publiques locales, une solution miracle ?
    https://www.lagazettedescommunes.com/…/les-entreprises-publiques-locales-une-soluti…
    Mais sont-elles pour autant une solution miracle pour les … … Publié le 24/06/2019 • Par Isabelle Jarjaille • dans : Actu juridique, Dossiers d’actualité, France.

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