Le carnet de rugby d’un Angloy au Japon

De père anglais et de mère japonaise, Max Tomlinson a pu assister aux premiers matches de la Coupe du monde de rugby.

Max (au deuxième plan) est totalement épaté par l’ambiance qui règne au Toshiba Stadium.

C’est dans l’avion me transportant de Hong Kong à Tokyo après une petite escale de trois heures, que je réalise que la « rugbymania » va bientôt déferler sur le Japon. Non loin de moi se trouve un homme vêtu d’un survêtement « Canada Rugby« , avec un gabarit plutôt imposant. Je reconnaîtrai son visage deux semaines plus tard en ouvrant par hasard un vieux numéro de L’Équipe. Ce « beau bébé », c’est Benoît Piffero, l’un des talonneurs du Canada avec plus de 20 sélections.

Le lendemain après avoir passé une nuit à Yokohama dans la partie sud de Tokyo, un ami et moi décidons de faire un tour dans le quartier chinois non loin de l’hôtel, avant de prendre un autre avion vers Okinawa. En marchant devant un petit restaurant chinois, j’ai alors la chance de croiser un autre visage du rugby mais cette fois-ci beaucoup plus célèbre. L’homme est vêtu d’un sobre costume noir décoré d’une petite fougère argentée au niveau de son torse avec écrit « All Blacks » juste en dessous. Ce gentleman est en fait le cerveau de l’équipe gagnante des deux précédentes coupes du monde (2011, 2015), Monsieur Steve Hansen ! Et non, il n’est pas occupé à descendre des bières mais en train d’enchaîner les interviews avec la presse.

Quelques jours plus tard, je me retrouve dans un pub anglais, dans ma ville natale de Toyohashi, pour regarder Japon-Russie, le match d’ouverture.

Ce pub a aussi été choisi par un groupe de banquiers qui ont décidé de regarder le match après une longue journée de travail à la japonaise pour décompresser. Tous sont très enthousiastes avec leurs verres de gin tonic a la main, même s’ils ne comprennent pas très bien les règles. Après comment leur en vouloir de ne pas bien maîtriser les règles quand d’anciens internationaux anglais comme James Haskell ou Dylan Hartley ont démontré lors d’un match contre les Italiens en 2017 où ces derniers avaient décidé de ne pas jouer les rucks, qu’ils avaient eux-mêmes de sérieuses carences ?

Le début du match est intense, avec les Japonais concédant un essai dès les premières minutes. Les spectateurs ressentent que les Japonais ont une grosse pression sur leurs épaules, surtout après leurs exploits durant la coupe du monde 2015 ! Mais juste avant la mi-temps les Japonais reviennent dans le match avec un essai marqué par l’ailier Matsushima qui leur permet de passer devant 12 à 7. En deuxième mi-temps les Japonais déroulent en marquant d’autres essais et s’imposent sur un score final de 30 à 10.

Rien ne pouvait mieux lancer la Coupe du Monde que ce résultat. Le rugby entre petit à petit dans les mœurs des Japonais, avec les parents qui regardent les matches chez eux sur une chaîne grand public (NHK tv), d’autres comme en France sur des chaines câblés (J sport), tandis que les plus jeunes préfèrent vivre le match ensemble au pub. La victoire, superbe et inattendue du Japon contre l’Irlande, va encore accroître l’engouement. Pour preuve : le chiffre de 1,8 millions de billets vendus, qui était annoncé comme presque irréalisable, est déjà atteint à mi Coupe du Monde.

Au tag rugby, les enfants Japonais ridiculisent par leur vivacité les moniteurs qui sont censés leur apprendre le jeu.

Trois jours après le match d’ouverture, je me dirige vers le Toyota Stadium avec en poche un billet pour le match entre les Pays de Galles et la Géorgie, un cadeau qui m’a été offert par mon bon vieux père pour mon anniversaire. Expérience unique ! Toujours accompagné de mon ami, nous sommes arrivés à Toyota Stadium vers 15h pour profiter de l’atmosphère à l’extérieur du stade et pour nous laisser le temps nécessaire pour boire des pintes de bière Asahi. De plus, avant le match nous assistons à des matchs de Tag rugby ou des minots de 7-10 ans ridiculisent par leur vivacité les vieux bénévoles qui les affrontent. Un moment qui symbolise la transmission de valeurs d’une génération à l’autre au travers du rugby.

Une heure avant le match nous rentrons dans le Toyota Stadium, et en prenons plein les yeux. C’est une sensation difficile à décrire mais, pénétrer dans un stade éclairé avec des milliers de supporters, me rappelle mes rêves de petit gosse s’imaginant porter le maillot d’un grand club et marquer un essai qui permet à l’équipe de gagner à la dernière minute.

Même pour une affiche comme Pays de Galles-Géorgie, les Japonais ont réussi à faire stade comble.

D’emblée les Gallois marquent un essai sous l’en-but signé par Jonathan Davies, l’ancien centre clermontois. Ensuite le choc total. La transformation 10 mètres de l’en-but face aux perches est ratée par Dan Biggar ! Un moment d’inattention pour le 10 Gallois, joueur star de l’équipe galloise quatre ans auparavant.  Le match continue avec une promenade de santé pour les Gallois qui s’imposent face aux Géorgiens sur un score de 43-14.

Comme à la fin de tout match la foule de supporters se dirige vers la sortie et les sourires sur les visages, les conversations des gens par rapport à l’ambiance et au match montrent que beaucoup, pour qui le rugby était une découverte, sont en train de se convertir.

La dernière expérience que j’ai eu du rugby au Japon fut le jour de mon départ pour Tokyo, un jour avant mon vol de retour pour la France, où j’assisterai à un passionnant Fidji-Uruguay dans le hall de l’aéroport. Et je ne serai pas le seul à vibrer au spectacle des Uruguayens triomphant 30 à 27 des Fidjiens.

Depuis, j’ai repris le travail en Angleterre, mais je m’arrange pour voir l’essentiel de la Coupe du monde. Quant au rugby au Japon, je crois qu’avec cette Coupe du monde, il va durablement s’installer dans le pays. Surtout si l’équipe nationale bat l’Écosse dimanche et se qualifie pour les quarts de finale.

Max Tomlinson

Veunac louvoie et Motsch se met en ordre de bataille

Tandis que Veunac tente assez pathétiquement de faire monter les enchères, Nathalie Motsch effectue une déclaration de candidature très réussie.

Ce n’est plus un maire, ce n’est plus un probable futur candidat aux municipales de 2020, c’est juste un commissaire-priseur de seconde zone qui tente de faire monter les enchères autour de sa bien immodeste personne. Bisque, Bisque, Basque ! partage en effet tout à fait l’analyse de La Semaine du Pays basque (28/9) estimant que la candidature de Michel Veunac est suspendue à un feu vert de l’Élysée, avec un Emmanuel Macron pas très enthousiaste à l’idée d’un Mimi-la-Malice portant les couleurs de LRM et entraînant dans son sillage le secrétaire d’État et compagnon de Frédérique Espagnac, Jean-Baptiste Lemoyne. Selon ce qui se murmure, ce dernier hériterait du poste de maire dans deux ou trois ans, au terme d’une élection interne après une opportune démission de notre Mimi-rien-qu’à-nous-que-le-monde-entier-nous-envie. (C’est la solution pour éviter un parachutage hasardeux, mais se fier à une promesse de Veunac semble tout de même d’une rare témérité).

Au passage, les Biarrots auront noté qu’une fois de plus, Michel Veunac n’a pas tenu sa promesse d’annoncer sa candidature ou son départ fin septembre. Mais le commissaire-priseur est tellement occupé à tenter de faire monter les enchères avec un poste honorifique et rémunérateur qu’il ne se souvient même plus de ce qu’il a dit quelques semaines auparavant. D’autant plus que, pour montrer aux foules ébahies l’œuvre immense qu’il a accomplie pendant son mandat, Veunac monte en épingle tout ce qui est possible. Mardi 3 octobre après-midi, il inaugurait… le hall d’accueil de l’office de tourisme. Et la semaine suivante, la porte repeinte à neuf des toilettes publiques de la grande plage ? Et la semaine suivante, le nouveau portail du château Boulard donnant sur la villa Sion ?

Lannevère, Pradier, Boissier au soutien

Dans ce climat de désespérance citoyenne, l’annonce de la candidature de Nathalie Motsch, trois heures avant l’inauguration par Veunac du hall d’accueil de l’Office de tourisme, même si elle ne constitue pas à proprement parler une surprise, ne peut qu’intéresser tous ceux qui pensent qu’il est grand temps pour le maire actuel de s’occuper de ses petits-enfants. Le rendez-vous était fixé dans les locaux de l’ancienne libraire « Le Festin nu ». Est-ce à dire que « Calamity Nathalie » envisage de ne faire qu’une bouchée du duo Veunac-Lafite ? Bisque, Bisque, Basque ! n’ira pas jusque-là mais a été très agréablement surpris par ce qu’il a vu et entendu.

En effet un trio majeur a effectué son « outing » lors de cette déclaration de candidature. Non pour parler de sa vie intime, mais pour déplorer un mandat où la démocratie a sans cesse été bafouée. Hervé Boissier, Brigitte Pradier et Virginie Lannevère ont tous les trois fait partie de la majorité aux côtés de Nathalie Motsch et ce qu’ils ont vu et entendu les a scandalisés. Leur parole a d’autant plus de poids qu’aucun des trois ne se représentera à la prochaine élection. Pour Hervé Boissier qui a accepté la présidence du comité de soutien à Nathalie Motsch : « Un mot est un mot. Une parole est une parole. Il faut recréer une ville apaisée et bienveillante et retrouver ce bien vivre ensemble qui caractérise Biarritz ».

Hervé Boissier et Brigitte Pradier ne se représenteront pas. De même que Virginie Lannevère. Mais ils vont soutenir Nathalie Motsch pour que les Biarrots n’aient pas à revivre un mandat aussi pénible que l’actuel.

Vice-présidente du comité de soutien, Brigitte Pradier tape encore plus fort, parlant « d’une majorité en pleine débâcle ». L’élue a visiblement été traumatisée par ce mandat et a besoin de le dire : « Nathalie Motsch a été insultée et bousculée lorsqu’elle prenait la parole. À chaque fois, j’ai eu honte » C’est Virginie Lannevère qui se charge d’habiller pour l’hiver le duo Veunac-Lafite : « La politique, ce n’est pas une carrière, ce n’est pas un trip, ce n’est pas une revanche narcissique. Un élu est là pour servir ses concitoyens. En ce sens, une page doit se tourner. Et une page doit aussi se tourner sur le sexisme archaïque qui a prévalu au sein du conseil municipal. Nous les femmes, n’avons pas à nous excuser d’être légitimes et compétentes ».

Motsch : « Une ville plus verte pour une eau plus bleue »

Un peu émue, mais ne perdant pas le sens de la formule qui la caractérise, Nathalie Motsch évoque ses débuts au conseil municipal en 2008, puis son poste d’adjointe à l’Urbanisme : « Dans cette délégation, j’ai beaucoup grandi. » Silence, sourire : « Oui, je sais, ça ne se voit pas » L’élue évoque brièvement le calamiteux mandat qui se termine : « Un processus démocratique en panne, des décisions prises sans concertation ». Ce qui l’intéresse surtout, c’est demain : « Nous ne ferons pas un mandat de transition, mais un mandat d’ambition. » Avec deux axes majeurs : « La démocratie participative et l’excellence environnementale ».

Une permanence fin prête à l’emplacement de l’ancienne librairie « Le Festin nu ».

Nathalie Motsch l’affirme : « Pour toutes les décisions majeures, les Biarrots seront consultés ». Quant à l’environnement, la candidate veut créer à Biarritz un Conseil supérieur de l’Environnement avec un adjoint qui aura droit de veto sur toutes les décisions prises par la Ville, dans le but de faire de l’écologie non un gadget mais une réalité. Ainsi, pour améliorer la qualité des eaux de baignade, Nathalie Motsch veut désimperméabiliser la ville, pour que les pluies torrentielles partent dans la terre et non dans l’océan. Avec la création d’une coulée verte, Nathalie Motsch et Éric Ménard, membre d’EELV, sont persuadés qu’il est possible d’avoir une ville « plus verte avec une eau plus bleue ».

Après cette déclaration de candidature rondement menée – une heure montre en main toutes interventions confondues ! – et ce programme très vert, on passe fort traditionnellement aux… verres et aux petits fours de fin de réunion.

Avec juste un détail qui semble avoir échappé à beaucoup et qui va sans doute intéresser tous ceux que la candidature de Motsch agace. « On va créer Biarritz à votre écoute, une structure où on pourra échanger ou téléphoner et qui sera ouverte 24 heures sur 24 », annonce la candidate.

À la place de ses rivaux politiques, on téléphonerait toutes les nuits vers 3 heures du matin pour tester la solidité de l’engagement et faire en sorte que l’impressionnant bataillon de soutiens qu’a réuni Nathalie Motsch ne puisse plus mettre un pied devant l’autre dans la journée. Mais surtout, ne le répétez à personne.