La gauche si gauche de Haye. La droite si maladroite de Brisson

C’est bien connu, en période électorale, les bonnes paroles n’engagent que les imbéciles qui y croient.

Sud Ouest du 18 novembre.

L’époque étant à la grandiloquence et aux contre-vérités absolues prononcées avec le culot qui convient aux périodes préélectorales, nous ne saurions trop conseiller à tous les passionnés de la vie publique biarrote d’équiper jusqu’en mars leurs sièges de ceintures de sécurité afn d’éviter de choir par surprise en lisant leurs journaux favoris.

Prenez par exemple Jean-Baptiste Lemoyne, ce secrétaire d’État au Tourisme qui n’est connu que de sa concierge et de la sénatrice Frédérique Espagnac mais qui se découvre une passion soudaine pour Biarritz. Est-on vraiment crédible en sortant des bêtises comme « Michel Veunac n’est pas un diseur, c’est un faiseur. Il a réalisé de grandes choses pour Biarritz : l’aéroport, l’hôtel du Palais… Il laisse le « tout à l’égo » aux autres car il a plus d’ambition pour sa ville que pour lui  » ? Tous ceux qui ont pu suivre de près les dossiers évoqués auront du mal à ne pas sourire de cette couronne de lauriers adressée à un homme qui n’aurait aucune ambition personnelle. Si Macron crée un ministère de la Flagornerie lors du prochain remaniement, il va avoir un prétendant de classe mondiale avec Jean-Baptiste Lemoyne.

Que pense le PS de « la gauche loyale » de Ghis Haye ?

Et il ne se passe désormais pas une journée à Biarritz sans son lot de candidats plus ou moins déclarés qui sont visiblement persuadés que c’est en racontant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui. Ghislaine Haye, cette élue qui met en avant ses valeurs de gauche les rares fois où elle prend la parole au conseil municipal, en est un magnifique exemple. Dégoûtée par l’ambiance qui règne au sein de la majorité, elle avait annoncé qu’elle se retirait de la vie politique.

Grand revirement dans Sud Ouest du 18 novembre. Notre brave Ghis’ va finalement donner son corps à la science électorale : « Il est inacceptable pour moi que cette gauche loyale, qui travaille efficacement ne soit pas présente ». On reste confondu devant tant d’abnégation et de dévouement et on savoure particulièrement l’évocation de « la gauche loyale » faite par celle qui, avec Alain Robert et Jeanine Blanco, n’a absolument pas respecté le vote interne des militants socialistes au moment du débat sur L’Hôtel du Palais et s’est ralliée au maire pour sauver son indemnité d’adjointe. On sortirait presque les mouchoirs quand la même geint sur l’attitude du ministre de l’Agriculture Didier Guillaume qui « ne l’a jamais contactée » bien qu’elle soit « la seule élue socialiste de l’exécutif… Et pourtant, il sollicite tout le monde à Biarritz ! ». Seule explication pour la pathétique adjointe socialiste : « Son mépris pour les petits élus et les femmes ». Et si, tout simplement, Didier Guillaume manifestait du bon sens en fuyant ce genre d’élue et en ne l’estimant pas digne de représenter la Ville ?

Brisson ne se souvient plus qu’il est élu des Républicains

Mediabask du 18 novembre.

À droite, cela ne va pas mieux si l’on se fie à l’interview un peu surréaliste donné par Max Brisson à Mediabask (18/11). Le sénateur biarrot fait une fois de plus de la politique à sa façon, c’est-à-dire détestable, en affirmant que « Les Biarrots attendent une impulsion nouvelle », ce qui ne mange pas de pain, avant d’affirmer que « L’offre actuelle me déçoit, elle ne me convient pas, donc je ne procède pour l’instant à aucune élimination. ». Rappelons tout de même que Max Brisson a été élu sénateur sous l’étiquette Les Républicains, qu’une des candidates, Maïder Arostéguy, a obtenu l’investiture LR et que la moindre des choses dans ce cas-là, quand on respecte le maillot que l’on porte, est de s’abstenir de tout commentaire contre la candidate de son camp, même si l’on n’est pas capable d’imaginer quelqu’un d’autre que soi à la mairie.

Mais il y a plus fort encore. Si l’on en croit La Semaine du Pays basque (22/11) Max Brisson, en compagnie de Michel Poueyts, aurait signé une lettre destinée à Macron pour que Didier Guillaume reçoive l’investiture LARem. Et plus fort encore, des signataires se sont retrouvés à l’insu de leur plein gré mentionnés dans la lettre, comme Laurent Borotra qui avait refusé catégoriquement l’idée. Un sénateur républicain qui vole au secours d’un socialiste repeint aux couleurs En Marche, ça doit être ça l’ouverture façon Biarritz.

Heureusement que Christian Jacob ne doit plus avoir grand monde sur qui compter car on a connu des élus exclus de leur parti pour beaucoup moins que ça.

Papy manœuvre comme un chef

Bisque, Bisque, Basque ! l’a souvent écrit : prenez tout ce petit monde qui s’agite actuellement pour décrocher l’écharpe tricolore et expédiez-le dans un des îlots où s’est tourné Koh Lanta. À la dizaine de candidats affamés qui vont concourir en mars prochain, ne laissez à manger qu’une seule noix de coco. Vous pouvez être certains que c’est Veunac qui s’en emparera.

Difficile de décrire avec précision, une situation particulièrement mouvante même si beaucoup d’informations filtrent de Paris. G7 oblige, Macron souhaite « débrancher » Veunac en douceur, ce qu’a bien compris notre Mimi-La-Malice local. Le week-end dernier il était encore à Paris pour négocier son cas et tenter d’obtenir l’investiture LaREM. Et il clame partout qu’il se présentera quoi qu’il arrive. Info ou intox ? Les deux probablement et une très belle manière de faire monter les enchères.

Comme en témoigne sa déclaration de patrimoine déposée en 2014 au moment de son élection, Veunac était loin de rouler sur l’or en 2014. Quand on a pris l’habitude d’être invité partout et de gagner 8 000 euros par mois, il doit être assez difficile de renoncer à ce genre de facilité. Il suffit alors de dire qu’on est uniquement préoccupé par « l’intérêt supérieur des Biarrots »  pour se représenter en se drapant dans la vertu. La République regorge de fromages qui offrent beaucoup d’argent pour peu de travail et Macron a probablement réfléchi à cette hypothèse, seule capable de faire renoncer ce maire décrié de 74 ans qui semble incapable de mener à bien un second mandat.

Mais le pouvoir est une drogue dure et Michel Veunac savoure certainement la revanche qu’il prend sur tous ceux qui l’ont méprisé de Borotra à Brisson. Et il est fort possible que rien ne puisse le convaincre de renoncer à l’élection. D’autant plus qu’il va intégrer Jean-Baptiste Lemoyne, et probablement l’ex-patron de la SNCF et néoretraité biarrot, Guillaume Pepy dans sa liste. Et force est de constater que ce maire au bilan catastrophique aura une fois de plus manœuvré comme un chef.

Didier Guillaume de son côté est totalement coincé. Il est prêt, sa candidature intéresse les Biarrots même si certains crient au parachutage, et l’actuel ministre de l’Agriculture se déclare persuadé de gagner la Ville. On espère seulement s’il l’emporte qu’il n’invitera pas dans sa liste des candidats de l’ancien monde comme Guy Lafite ou Michel Poueyts, tant ces deux-là incarnent tout ce que détestent les Biarrots.

Mais Didier Guillaume, qui va jouer un rôle majeur dans la future campagne présidentielle de Macron (ses soutiens à gauche sont plutôt rares) ne peut pas se permettre le luxe d’un affrontement avec Veunac et Lemoyne. Il se présentera, comme le souhaite Macron, uniquement si Veunac accepte un poste honorifique et se laisse débrancher en douceur.

Ce qui est loin d’être fait.

Et comme Max Brisson, qui rêve d’un poste de conseiller communautaire pour s’emparer à terme de l’Agglo, a bien compris que Veunac, avec Lemoyne et Pepy, n’a pas vraiment besoin de lui, il pose des jalons dans toutes les listes pour tenter de faire partie de l’équipée gagnante.

Vous l’avez compris, en politique, la seule chose qui compte ce sont les convictions.

20 réflexions sur “La gauche si gauche de Haye. La droite si maladroite de Brisson

  1. Tristes sires
    Pourquoi à leur retraite, se sentent ils investis du bien commun ? Eux qui ne l’ont jamais servi.
    Les soutiens à Veunac seront les complices de son bilan. Brisson et Larem aussi, tous acteurs de ce désastre moral, cette gabegie financière, et j’en passe.

  2. Bonjour

    Hors sujet mais info a confirmer

    Supression des marchands ambulants autour des halles de Biarritz au profit des terrasses de café. C’est certain pour Miranda derrière la halle aux poissons. Seul le marché de première main du samedi serait conservé. Cordialement

    Corinne Mallet

    ________________________________

  3. Magnifique analyse….comme d’habitude !
    Mais avouez qu’avec Biarritz, vous êtes gâtés et la matière première ne manque pas !
    Audiard y aurait trouvé lui aussi une belle source d’inspiration et compléter les répliques du style ; ‘ les cons çà ose tout ….. ‘
    Merci de vos papiers, nous attendons avec délectation la suite..

  4. Bonjour,
    Merci pour ce nouvel article !
    Une petite remarque : Dans le 2nd paragraphe du chapitre sur Brisson, vous évoquez Laurent Borotra, fils de Didier ! Est-ce une erreur ou le « fils de » prend la relève (ce qui serait extrêmement surprenant !) ?
    En tout cas, on voit bien que ce sont les vieux briscards, locaux ou parachutés, qui ont les cartes en main pour prendre la Mairie… Ça va être difficile de voir quelqu’un de « nouveau » en prendre les rênes…

  5. La politique ou l’art de savoir berner les autres. Chacun pour soi avec la main sur le coeur.
    Comment en sommes nous arrivés à ce point de déliquescence !

  6. Ce sont ces pratiques qui expliquent au final l’état de notre ville, de nos régions, de notre pays.

    La France est devenue un grand foutoir ou seuls les intérêts personnels et claniques prévalent, au mépris (que l’on ne prend même plus la peine de cacher) de l’intérêt GENERAL et de des Communs.

    Après comment s’étonner (alors que l’exemplarité toujours vient d’en haut) que ceux du bas finissent par eux aussi se moquer de respecter éthique, morale et règles ?

    Triste époque

  7. Pouvez-vous nous donner des précisions sur le salaire de 8000€ ????de Monsieur le Maire s’il vous plaît . Merci bien .

      • Pour être complet :
        Maire de Biarritz
        Membre du Conseil des Elus du Pays Basque
        11e Vice-Président de la Communauté d’Agglomération Pays Basque, en charge de l’Attractivité touristique, l’économie bleue
        Conseiller Régional d’Aquitaine et de La Nouvelle Aquitaine et, à ce titre, membre de l’assemblée de l’Euro-Région Aquitaine-Euskadi.
        Président du Syndicat de l’Aéroport Biarritz Pays-Basque
        Président de la SEM Hôtel du Palais
        Président de la SEM Biarritz Océan
        Président du CCAS (Centre Communal d’Action Sociale)
        Administrateur de « La Société des Golfs de Biarritz »
        Président de l’Office Municipal de Tourisme « Biarritz Tourisme »

      • En fait la taurine c’est pour les nourrissons. Les kilos de cocaïne très pure sur les plages des Landes, c’était pour lui, n’est-ce pas ?

      • S’il occupe toutes ces fonctions avec la même intelligence que la Mairie, on a une grosse explication au désastre.
        Chaque poste devrait être occupé par une personne différente, non ? Ou alors ces organisations ne servent à rien ?
        Il y a d’abord à faire une remise à plat des missions et des structures qui les portent. Et il ne faudra compter sur aucun de ceux nommés dans cet article pour réorganiser ces services. Car Il faudrait avoir une vision pour ce territoire. Quelle est elle ? Quelles sont-elles ?

  8. Poueyts un soit disant amoureux de Biarritz et du Pays Basque qui vote pour un inconnu de la Drome, Brisson un républicain qui ne soutien pas son parti mais ce même Drômois socialiste, un Veunac qui apparemment a été affligeant mais qui compte bien remettre le couvert avec l’aide de parachutés. Décidément cette ville est le théâtre de toutes les surprises et autres désolations c’est peut être à ça qu’on la reconnait d’ailleurs. Espérons que les biarrots ne se laisseront pas duper, abuser voire escroquer par des listes où seul les interêts personnels comptent. Mais alors pour quelle liste peuvent ils voter ? Doc Barucq qui a l’air vertueux ou M. Arosteguy au nom bien basque et qui serait la première femme maire de Miarritze ?
    Au fait, une étude publiée en 2013 (source https://www.npr.org/2013/08/10/210686255/a-sense-of-power-can-do-a-number-on-your-brain?t=1574412027845) par des neuroscientifiques a démontré des preuves suggérant qu’avoir du pouvoir altère la partie de notre cerveau qui aide à l’empathie. Donc attention à ceux qui sont encore vierge de toute malveillance…

  9. Ce qui est désespérant, c est que quand cette génération ne sera plus aux commandes, la nouvelle avec ce triste LEMOYNE reprend exactement les mêmes codes.
    Entre les deux interviews de LEMOYNE et BRISSON, ce n est uniquement que du foutage de gueule de la population Biarrotte ! Quel mépris !!

  10. Ce qui continue de m’épater, c’est qu’une ville comme Biarritz soit, à de très rares exceptions près, entre les mains d’individus incompétents, malhonnêtes, menteurs, arrogants et j’en passe, et que ceux qui la convoitent ne valent guère mieux. Serait-ce dû à la naïveté du septuagénaire que je suis, doublé d’un incorrigible idéaliste ? Non, je plaisante (il n’y a pourtant pas de quoi) : ni naïf, ni idéaliste. Je fais partie des pessimistes désespérés qui pensent que le personnage qui nous tient lieu de maire risque d’être reconduit. Mais qui va nous sauver de cette catastrophe annoncée ? Au secours !

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s