Veunac fait du vieux avec du vieux

Malgré la présence de Jean-Baptiste Lemoyne, bien planqué derrière Veunac, la liste du maire sortant est consternante et montre à quel point le vide s’est fait autour de lui.

Avec cette ébauche de liste, digne de Pif-Gadget, Veunac nous prend vraiment pour des jambons.

«  La politique est l’art d’arriver par n’importe quel moyen  à une fin dont on ne se vante pas » disait Jules Romain. Pendant tout leur mandat, vous ne les avez jamais entendus, au mieux juste vus opiner du bonnet quand leur seigneur et maître  à écharpe tricolore énonçait une de ses platitudes dont il a le secret. Il est donc normal qu’ils se représentent pour obtenir une nouvelle chance au suffrage. Michel Veunac nous avait annoncé une liste où l’on allait voir ce qu’on allait voir. On voit et on est édifié. Pour faire nombre et arriver à trente-cinq, Michel Veunac, qui n’en est pour le moment qu’à une quinzaine de ralliés, a donc récupéré tous ceux qui n’ont jamais soufflé mot pendant six ans, tous ceux qui n’ont jamais exprimé une idée et se sont contentés d’encaisser leurs indemnités d’adjoints en marchant docilement au pas. En avant donc pour le grand renouvellement avec Jocelyne Castaignède, Sylvie Claracq, Patrick Destizon, Laurent Ortiz ou Louis Vial ! Et c’est avec ça qu’il compte gouverner ? Mais où sont les compétences ?

Pour donner un petit air de nouveauté à ce qui se fait de plus ranci dans la majorité municipale, Veunac a donc été obligé d’aller chercher parmi ses obligés comme Josette Cazaux, la présidente du musée historique ou Olivier Cami-Sarti, l’actuel directeur du centre équestre au terme d’un appel d’offres qui avait fait grincer bien des dents à l’époque. Là aussi, il n’y a vraiment pas de quoi être ébloui.

Reste enfin la présence du secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur et du Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne qui a accepté de figurer en troisième position sur la liste, ce qui n’est pas faire montre d’un grand caractère que d’accepter de servir de caution à un Michel Veunac. En effet, tous ceux qui ont un vrai tempérament de patron, vous diront que « la règle numéro un est de ne jamais accepter d’être numéro deux », surtout quand on se sent intellectuellement supérieur à celui qui vous devance. Il faut donc croire que ce n’est pas le cas et que notre néo-parachuté, inconnu du grand public, mais bien connu de ses pairs pour ses traîtrises successives ( Lire ci-dessous) a gobé la promesse de Veunac de lui laisser son poste en cours de mandat.

« La politique, c’est comme l’andouillette, ça doit sentir la merde mais pas trop ». se plaisait à dire Édouard Herriot.  Après l’annonce d’une liste aussi pitoyable, les opposants à Veunac peuvent rigoler et se frotter les mains.

JB Lemoyne, alias Mister Nobody

C’est l’un des plus diaphanes parmi les membres du gouvernement et il n’est guère étonnant que vous ne le connaissiez pas. Après une longue carrière dans l’Yonne, marqué par des incessants changements d’écurie, celui qui a commencé en flirtant avec la droite dure, éprouve soudainement un amour immodéré pour le Pays basque depuis qu’il vit avec la sénatrice Frédérique Espagnac. Un petit tour sur le web vous en apprend beaucoup sur la stature morale et la fidélité politique de l’intéressé. Et surprise, ce sont les journaux de droite comme « Les Échos » ou « Valeurs actuelles » qui se montrent les plus sévères :

 

Jean-Baptiste Lemoyne, le “traître” de Marrakech

Aussi ambitieux que discret, Jean-Baptiste Lemoyne a beaucoup trahi avant de devenir cet “obscur secrétaire d’Etat”.

Publié par Raphaël Stainville de « Valeurs actuelles » le 14 décembre 2018 (Extrait)

C’est comme s’ils s’étaient tous passé le mot. Aux Républicains, pas question de faire de la publicité à Jean-Baptiste Lemoyne. Au mieux, lorsqu’ils évoquent le signataire du pacte de Marrakech, dépêché au débotté par Emmanuel Macron pour le représenter au Maroc le 10 décembre, alors que le chef de l’État recevait à tour de bras à l’Elysée pour tenter d’apporter une réponse forte à la colère des gilets jaunes, les députés LR parlent de lui, lors de leurs questions au gouvernement, comme d’« un obscur secrétaire d’État » (Éric Ciotti), « ce je ne sais quel secrétaire d’État » (Constance Le Grip), comme pour mieux le renvoyer à son anonymat. Pas une seule fois, au sein de l’hémicycle, les parlementaires de droite ne s’aventurent à prononcer son nom. Ce serait faire trop d’honneur à celui que beaucoup considèrent encore comme un « traître professionnel ».

Un portrait de Jean-Baptiste Lemoyne ? « Vous perdez votre temps. Il ne mérite même pas qu’on s’intéresse à lui », prévient d’emblée l’un de nos interlocuteurs. Christian Jacob, le président du groupe LR au parlement, qui a peu goûté la réponse politicienne que le secrétaire d’État a faite à Claude Goasguen mardi dernier alors que le député demandait au premier ministre qu’un vrai débat sur l’immigration ait lieu et rappelait les conséquences que ne manqueraient pas d’avoir « ce pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », est cependant sorti de son silence pour railler celui qui fut pendant quelques années, le secrétaire adjoint du groupe UMP à l’Assemblée nationale. « Il ajoute l’incompétence à la médiocrité », lâche Christian Jacob. 
Guillaume Larrivé, qui n’a pas oublié que l’ancien sénateur de l’Yonne a soutenu un ancien socialiste recyclé LREM aux dernières législatives dans l’Yonne pour tenter de le faire battre, n’est guère plus amène et se fait un malin plaisir de l’habiller pour l’hiver : « Il correspond parfaitement à ce que de Gaulle appelait “les politichiens” : ne pensant rien sur rien, il va à la gamelle. » Non sans un certain cynisme.
D’abord membre du parti Démocratie libérale, il fait ses premières armes dans le Ve arrondissement de Paris auprès de Jean Tibéri, avant de se mettre dans la roue de Jean-François Copé dont il a longtemps épousé la trajectoire. Son CV est impeccable à défaut d’être impressionnant. Classes prépas littéraires, Sciences PO Strasbourg, Essec. Un petit passé militant dans un syndicat classé plus à droite que l’UNI. Il intègre le cabinet de Copé en 2002 quand le maire de Meaux devient ministre de Jacques Chirac et le suit à l’Assemblée nationale, après la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007. Jean-François Copé veut faire de l’Assemblée nationale un contre-pouvoir, le marchepied de ses ambitions élyséennes. Secrétaire général adjoint du groupe UMP, Jean-Baptiste Lemoyne joue volontiers les porte-flingues de son patron et fait la paire avec Jérôme Lavrilleux. Il s’affiche plus à droite que son patron et ne craint pas à l’occasion de jouer les anciens combattants dans les concerts de Jean-Pax Mefret. Il reprend à tue-tête ses chansons « nostAlgériques ». En 2012, après la défaite de Nicolas Sarkozy, il soutient Copé partisan d’une « droite décomplexée » contre François Fillon dans la campagne mortelle pour la présidence de l’UMP (…)

Puis il lâche Copé au profit de Fillon, avant de lâcher Fillon au profit de Macron et termine dans les bras de Veunac… Quand on vous parlait de dégringolade!

12 réflexions sur “Veunac fait du vieux avec du vieux

  1. En définitive une véritable girouette politique. Excellente nouvelle, les joutes a venir vaudront leur pesant de cacahuètes et vont assurément « distraire »les biarrots. Reste l’essentiel, proposer un bon programme et faire le bilan du précédent…

  2. Merci pour ce portrait, assez proche de ce que Chirac disait de Sarkozy, « il faut marcher dessus et du pied gauche, ça porte bonheur ».
    A la différence que je ne me risquerais à aucun prix à marcher sur ce « truc », je crains que l’odeur et la salissure soient indélébiles sur les espadrilles et les pavés biarrots. Car il est là aussi pour attirer les voix FN, et les connaissant bien, ça ne va pas être propre.
    Voilà les biarrot.e.s qui se plaignent de la saleté de leur ville et en premier lieu de celle son maire, et voilà qu’on leur propose d’être le déversoir de la plus grande déjection politique de ces 6 dernières années…
    Si ces lascars parviennent par malheur à la table du conseil municipal, nous devrons nous équiper de la plus grande flotte de moto-crottes jamais vue.
    Évitons-nous cette dépense inutile, Biarritz a biens d’autres priorités pour les 6 prochaines années.
    Et finalement, marchons dessus gaiement, ça porte bonheur !

  3. La présence de la présidente du musée du vieux biarritz illustre à merveille le titre de votre papier «  Veunac fait du vieux avec du vieux » ..c’est tout un programme.

  4. Biarritz !!! le bil ta garbi de la politique et destination dorée pour les retraité aisés …Recyclage de toute nature ,de tous horizons .Biarritz ville attractive pour politiciens cherchant notoriété et surement une rente assurée au vu du nombre de prétendants pour les élections municipales…(vulgairement dit: « la place doit être bonne »)Biarritz ville ou il n’y a plus de Biarrotes et Biarrots les vrais ceux en majorité qui se sont exilé en périphérie ou ailleurs faute de revenus suffisants et sous la pression immobilière. Biarritz n’est plus et ne sera plus jamais comme du temps de ma jeunesse !!! MIARRITZE ASKATU!!!

    • Notre ville devient de plus en plus « ordinaire » et « endormie » ( excepté dans les bars aux halles ), mal entretenue et surtout regorge de mendiants et d’ivrognes occupant les lieux très fréquentés du centre ville . Une image pitoyable de notre « belle station ». La plupart sont jeunes ( entre 24 et 45 ans) donc aptes au travail mais préfèrent boire, mendier et vociférer c’est tellement plus facile. J’oubliais leurs pauvres animaux de compagnie véritables “esclaves” ambulants qui parfois nous gratifient de superbes concerts derrière la gare du midi lieu privilégié pour faire du bruit . On m’a rapporté de mauvaises nouvelles concernant les locaux fraîchement repeints qui leurs sont destinés. Certains voisins seraient excédés . L’association Zuekin subventionnée à hauteur de quelques 600.000€ doit commencer à se faire du soucis et moi avec…

      • Au contraire, il faut soutenir l’accueil et l’hébergement des laissés pour compte.
        Pour cela, nous pourrions créer une taxe sur la mauvaise haleine et les arguments toxiques des qq biarrot.e.s qui s’épanchent ainsi sur la voie publique.
        C’est le principe Pollueur- Payeur appliqué à nos cerveaux. Et ça peut coûter très cher.

      • Quand j’écris que marcher dessus du pied gauche porte bonheur, je pense aussi à vos idées et ceux et celles qui les porteront.

      • Je pense qu’il est erroné d’affirmer que zuekin est subventionné à 600 000€. Sur le site ville.Biarritz.fr en délibération du 05/04/2018, elgarri(épicerie sociale) y compris zuekin a été attribué une subvention de 141 000€ .
        Ne vous en déplaise, beaucoup de Biarrots ont du coeur et se soucient de leurs semblables ,dont entres autres la maraude dont je fais partie en tant que bénévole.
        Affirmer qu’il est plus facile de mendier et picoler que de travailler est simpliste. Essayez d’aller vivre 3 jours dans la rue ,surtout en ce moment ,et nous en reparlerons. Nous pouvons nous féliciter, hormis toute considération politique d’avoir une municipalité et une population qui se soucie des plus pauvres.

  5. Sa dernière phrase dans la courte video est à mourrir de rire : Il y a un moment je crois que les français demandent le respect de la parole donnée.

    Coppé, Sarkozy, Juppé, Fillon et Macron cet individuum est du genre sûr de lui c’est d’ailleurs à ça qu’on le reconnait…

  6. Ce n’est pas qu’ils soient « étrangers » au pays basque et cherchent à profiter d’un cadre accueillant pour une retraite paisible qui est rédhibitoire à nos yeux mais le fait qu’ils aient fait toute leur « carrière » à Paris et qu’ils arrivent comme des nouveaux riches en pays conquis, avides de nous imposer leurs « compétences » autoproclamées et persuadés de pouvoir nous apporter les bienfaits d’une « civilisation » qui ne peut être qu’extérieure au Pays Basque . Ce néo-colonialisme d’une « technocratie » qui fonctionne sur un monde clanique est un danger d’autant plus pervers qu’il nous propose comme modèles des individus dont la « carrière » présumée avait largement atteint ses limites dans la capitale et dont la survie artificielle ne pouvait être assurée que par une population rustique et provinciale composant un électorat complaisant .

  7. Pingback: Les ministricules – BiarritzMania

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