Journal d’un buté de campagne (2)

Des permanences illuminées, des insultes gratinées, le bonjour d’Antoine, le trou récurrent du BO et encore et toujours les manœuvres de Mimi-La-Malice.

APPRENDS TA VILLE ! – Avec un directeur de publication comme celui-là, Bisque, Bisque Basque ! ne serait pas très bien barré. Sur l’affiche annonçant fièrement sa première réunion publique au Colisée, Michel Veunac se proclame « Directeur de publication ». Las, le candidat montre qu’il ne relit rien puisqu’il ne connaît visiblement pas sa Ville et situe le Colisée avenue Saraste et non Sarasate. Il n’y avait sur cette affiche que cinquante mots à vérifier et même cela l’apprenti Veunac n’a pas su le faire correctement. Voilà qui rassure pour l’avenir.

AVENUE DES PRÉTENDANTS. – En 2014, tout se jouait rue du Helder où Max Brisson et Michel Veunac avaient leurs permanences à un magasin d’intervalle. Cette année, c’est l’avenue du Maréchal Foch qui semble remporter tous les suffrages avec à l’intérieur de l’espace Foch la permanence de Maider Arostéguy, peu après Le Royal, celle de Michel Veunac, à côté du Sissinou celle de Jean-Benoît Saint-Cricq et au 25 de l’Avenue, celle de Nathalie Motsch. Au point que les Biarrots ne parlent plus que de « l’avenue des prétendants ». Seul Guillaume Barucq fait bande à part en ayant établi ses quartiers électoraux rue Gambetta. Une certitude : pour les alliances au soir du premier tour, le chemin ne sera pas long à faire.

LA PLUS BELLE POUR ALLER VOTER. – Si certaines permanences sont chichement décorées avec l’affiche du candidat pour seul ornement, celle de Maïder Arostéguy, riche en couleurs avec une planche de surf orange vif, une coiffe d’indien un ballon aux couleurs du BO et une chistera, attire l’œil. Les machos de service vont encore dire que Maïder soigne la forme plus que le fond. Mais nul doute possible : sa permanence est la plus belle.

LE BORDEL HOLLANDAIS DE SAINT-CRICQ. – Incontestable affluence, jeudi soir, pour l’inauguration de la permanence électorale de Jean-Benoît Saint-Cricq. Dans un premier temps, le candidat avait placardé une affiche à son effigie avant de la retirer et de se contenter d’un modeste et collectif « Biarritz ensemble ».  Mais la surprise nocturne des passants est venue des lumières rouges et de la grande vitrine de l’établissement choisi qui ne sont pas sans rappeler certaines maisons spécialisées d’Amsterdam. Après le Saint-Cricq chahuté de 2018, allons-nous avoir un Saint-Cricq dévergondé en 2020 ?

CETTE MAUVAISE LANGUE DE GUY. – Le premier adjoint « La Faillite-Nous-Voilà » ne rate pas une occasion de se moquer des maigres soutiens de la liste emmenée par Michel Veunac. « Il a tellement peu de monde autour de lui que le voilà obligé de repartir avec les Castaignède, Blanco, Destizon, Vial, alors qu’il affirmait ne vouloir d’eux à aucun prix ». Il est vrai que les nouveautés sur sa liste promises par Veunac semblent quelque peu se faire attendre.

MOTS FLÉCHÉS BIENVENUS. – Bisque Bisque, Basque ! a passé de longs moments à faire le trottoir pour observer la permanence de Michel Veunac et confirme totalement les propos de Guy Lafite. Il ne s’y passe rien et tous les « invendus » de la politique biarrote qui n’ont eu d’autre choix que de poursuivre avec le maire sortant s’y ennuient de longues heures sans recevoir la moindre visite. Si vous avez quelques mots fléchés ou sudokus en trop pour les occuper, soyez charitables…

APPELEZ-LE GUYGUILLAUME. – Lundi matin sur France Bleu Pays basque, le ministre de l’Agriculture a surpris tout son monde en adoptant une position totalement alignée sur celle des dirigeants du BO. Un coup de brosse à reluire sur Jean-Baptiste Aldigé, « un gestionnaire avisé » et une position pour le moins favorable au BO sur la dernière réserve foncière appartenant à la Ville. Quand on sait que Jean-Baptiste Aldigé ne tarit pas d’éloges sur le Premier adjoint, « le seul à avoir compris mon projet », on constate que Guy Lafite, même s’il ne sera pas l’adjoint de Didier Guillaume, va à l’évidence rester son inspirateur, ce qui n’est pas la meilleure nouvelle du monde.

LE ROI DE L’ENFUMAGE. – Quand vous avez un pistolet braqué sur la tempe, vous êtes généralement du même avis que celui qui tient le pistolet. La commission générale consacrée au BO mercredi 22 janvier a été perçue par la majorité des élus comme un vaste enfumage ou plutôt, comme l’a dit Nathalie Motsch, une « mascarade ». Veunac, à quelques semaines des élections a fait plancher les élus sur quatre projets possibles, alors qu’il sait parfaitement qu’il n’a pas la main et doit attendre le feu vert de l’Agglo. Mais Aldigé a la langue bien pendue et Veunac redoute de se faire flinguer par lui en pleine campagne électorale. D’où ces signaux d’apaisement et de bonne volonté pour faire croire que Mimi se décarcasse pour le BO.

UN MINI TRUMP ? – Tous ou presque le pensent, mais très peu le disent par crainte de représailles sur un sujet aussi sensible que le BO. Les élus sont sortis furieux de cette réunion en ayant le sentiment de s’être fait manipuler une fois de plus par Mimi-la-Malice. Est-il raisonnable de prendre une décision qui engage l’avenir de Biarritz à quatre semaines d’une élection ? Si les points de vue sont partagés sur ce qu’il faut faire pour le BO, tous les élus ayant le désir sincère d’aider le club phare de la Ville, l’unanimité se fait contre la personnalité pour le moins rugueuse du président Aldigé qui a réussi à se fâcher avec tout le monde ou presque. Dans un tweet, François Amigorena a magnifiquement résumé le problème : « En adoptant le comportement d’un mini-Trump de sous-préfecture, indigne d’un président de club de rugby de Pro D2, M. Aldigé est devenu le principal obstacle à l’élaboration d’un projet juste et pérenne pour le BOPB et la plaine d’Aguilera », ce qui lui a valu (en douce) des félicitations de ses collègues de tous bords politiques.

CLASSE PRÉSIDENTIELLE – S’il est quelqu’un doté d’une exquise urbanité, c’est bien Guillaume Barucq. Au sortir de la commission générale, le docteur Barucq, pourtant fervent défenseur du BO, a exprimé des doutes sur la méthode choisie, ce qui lui a valu de recevoir un tweet plein de poésie du président du BO sur… ses « bijoux de famille ». C’était notre rubrique, « Amis de la poésie, bonsoir ! »

KAMPF TOUJOURS LE SAUVEUR – Pour éviter tout dépôt de bilan du BO juste avant les scrutins du 15 et 22 mars, Michel Veunac croit avoir trouvé une ruse et s’agite énormément au téléphone pour être sûr d’avoir la majorité lors du prochain conseil municipal du 12 février. La Ville rembourse 300 000 euros par an au BO pour la tribune Kampf qui avait été financée par le club au temps de sa splendeur. Comme il reste une dizaine d’annuités à payer, la Ville anticiperait et donnerait les 3 millions de reliquat dès cette année, ce qui correspondrait au « trou » actuel du BO. Il est très fort ce Veunac pour engager l’argent de celui qui lui succèdera !

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C’EST ANTOINE QU’ELLE PRÉFÈRE – Nathalie Motsch avait annoncé dans un communiqué de presse qu’elle n’assisterait pas à la commission générale. Il faut dire aussi qu’à la même heure arrivait sur Biarritz Antoine Waechter, venu accorder à la candidate « la caution morale » de son microscopique Mouvement Écologiste Indépendant (MEI). Le lendemain, lors de la conférence de presse commune, Antoine Waechter qui souhaitait apparaître plus vert que vert a même précisé que, pour limiter son empreinte carbone, il était venu en train. Pour épater les foules, il aurait dû venir à pied de son Alsace natale.

Lâchez-vous, c’est la fête !

RamDam 64 40 organise jeudi 30 janvier sa troisième cérémonie des klaxons. L’occasion ou jamais de venir ovationner nos élus les plus méritants.

Ils sont neuf élus en ce moment à vivre des pannes récurrentes d’oreiller. Il est vrai qu’obtenir un klaxon d’or, d’argent ou de béton à quelques semaines des élections municipales n’est pas du meilleur effet auprès des électeurs. Pourtant la situation est beaucoup plus limpide et la concurrence moins rude qu’il y a un an. Est-ce l’effet RamDam 64-40, avec des politiques qui se méfient désormais, ou le fait d’arriver en année électorale, année toujours propice aux élans de vertu, qui nous a amené à raccourcir notre liste des élus « méritants » ?

C’est en imaginant la tête des lauréats que l’artiste Victor La Licorne a réalisé l’affiche qui vous convie à notre cérémonie, le jeudi 30 janvier 2020, de 18h30 à 20 h 15 précises à la maison des Associations de Biarritz. Une affiche inspirée du « Cri » d’Edvard Munch, sans doute en imaginant les gémissements des futurs lauréats.

Et comme l’an passé, vous retrouverez pendant presque deux heures des rires, de la dérision, de la bonne humeur, agrémentés de photos et extraits vidéos insolites et d’un certain nombre de prix surprise décernés par l’équipe des jeunes et vieilles canailles de RamDam 64-40.

Avec nos habituels klaxons d’or, d’argent et de béton mais aussi la remise d’une harpe d’or qui va sans doute vous faire réfléchir.

Petite précision pour les éventuels fâcheux oublieux de ce qu’est la démocratie locale, RamDam 6440 a envoyé un mail et obtenu de la préfecture l’autorisation de mener à bien cette soirée.

Et si vous pensez que depuis deux ans notre association amène un peu d’air pur à la démocratie, manifestez votre solidarité en étant présents à cette manifestation libre et gratuite et rendez un énorme service à notre trésorier en l’informant de votre venue afin de savoir si nous pouvons nous contenter de la grande salle de la maison des associations (80 places environ) ou si nous devons louer les deux salles en enfilade. (120 places).

Vite, à vos claviers, avec un mail adressé à  ramdam6440@gmail.com, en précisant combien vous serez.

Merci d’avance !

Les nominés pour les Landes :

Marie-Ange Delavenne, 7e vice-présidente de la Communauté de Communes du Seignanx

Xavier Fortinon président du Conseil Départemental des Landes

Francis Géraudie, premier vice-président de la Communauté de Communes du Seignanx

Xavier Gaudio, maire de la commune de Soorts Hossegor qui était déjà monté sur la première marche du podium l’an dernier

Éric Guilloteau, président de la Communauté de Communes du Seignanx

Les nominés pour les Pyrénées-Atlantiques :

François Bayrou, maire de Pau

Max Brisson, sénateur des Pyrénées-Atlantiques

Christian Deveze, maire de Cambo.

Jean-Benoît Saint-Cricq, conseiller municipal d’opposition à Biarritz

Journal d’un buté de campagne (1)

Le programme électoral de Bisque, Bisque, Basque ! est simple. Faire comprendre aux Biarrots que Michel Veunac est le pire maire de l’histoire de la Ville.

Vous en avez marre d’entendre dans cette campagne électorale mugir ces féroces candidats qui viennent jusque dans nos bras pour nous vendre leurs combats ? Chaque lundi jusqu’au 23 mars, lendemain de l’élection du nouveau maire de Biarritz, Bisque, Bisque, Basque ! va vous offrir sa récolte d’échos insolites.

DÉMENTIS.- Il fallait de l’audace pour imaginer Laurent Riberolles et Corine Martineau tracter main dans la main. Sur la foi d’un écho paru dans Sud Ouest, Bisque, Bisque, Basque ! avait cru pouvoir annoncer le ralliement du secrétaire du PS à la liste de Guillaume Barucq. Laurent Riberolles a gentiment démenti par SMS et nous prenons acte. Olivier Camy-Sarthy, directeur par délégation de Service public (DSP) du pôle équestre de Biarritz, est lui monté sur ses grands chevaux à propos du même article : « C’est Michel Veunac qui est venu me chercher et non l’inverse. Ce qui tombe bien car j’avais envie de faire de la politique ». Bénéficier d’une délégation de service public, avoir Michel Veunac et comme patron et comme tête de liste ne lui poserait pas le moindre problème ? « Arrêtez de vous prendre pour une star du journalisme. Moi aussi, j’ai gagné dans ma carrière quelques grands concours ». Dont celui de l’anticipation, puisque Camy-Sarthy avait été félicité pour avoir obtenu le Pôle équestre deux jours avant que les appels d’offres ne soient examinés.

https://jeanyvesviollier.com/2020/01/08/et-on-attaque-quand/

JUDICIEUSE PERMANENCE. – Michel Veunac a installé sa permanence électorale dans les locaux de l’ancien pressing tenu par Monique Lajus, juste à côté du cinéma Le Royal. Un local parfait pour défriper un peu les convictions, raviver les couleurs d’une liste bien défraîchie et repasser devant les électeurs biarrots dans l’espoir de faire six ans de plus.

DES VŒUX TRÈS MALICIEUX. – Lors des vœux du maire, Michel Veunac a surpris tout le monde en allant chercher Nathalie Motsch qui se tenait en périphérie pour l’installer près d’elle… et l’avoir ainsi sur la photo. Le rusé Mimi-la-Malice prend un malin plaisir à laisser entendre en petit comité que Calamity Nathalie est prête à se rallier à lui et à accepter un poste de première adjointe. Ce qui est faux évidemment. Mais diviser pour régner est un art.

QUELLE CLAQUE ! – N’ayant pas beaucoup de talents à faire valoir dans sa liste, Michel Veunac, lors de cette même cérémonie, a tenté de faire applaudir Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’État qui prend « l’avion pour Biarritz comme on prend le métro ». Deux ou trois applaudissements du bout des doigts de sa garde rapprochée et c’est tout. Si le compagnon de Frédérique Espagnac avait des doutes sur l’enthousiasme qu’il suscite, il n’en a plus. Participer à La Manif pour tous est une chose, convaincre les Biarrots une autre.

FLAGORNEUR DE CLASSE MONDIALE – La lecture du Facebook des élus est souvent édifiante. En réponse à Mathieu BTZ qui se réjouit de la « déconfiture de Veunac », le très zélé Éric Bonnamy qui rempile après un mandat où rares sont les Biarrots qui ont entendu le son de sa voix, s’étouffe d’indignation : « Veunac transpire Biarritz ». Si Veunac a souvent connu des sueurs froides au cours des conseils, ce n’est sans doute pas à cause de son amour pour Biarritz mais à cause de son improbable majorité.

ENFIN UNE LISTE DE GAUCHE- Les Insoumis biarrots, Biarritz Euskal Herrian et EELV ont décidé d’unir leurs forces pour être un rempart « aux politiques d’austérité et aux désordres écologiques ». Brice Morin, Lysiann Brao et Mathieu Accoh devraient apparaître dans cet ordre sur une liste que plus d’une soixantaine de personnes souhaitent rejoindre. (Ils vont faire rêver tous ceux qui n’arrivent pas à boucler leur liste !) Fin du cauchemar pour tous les citoyens de gauche qui se demandaient pour qui voter au premier tour.

L’AVENTURIÈRE DE L’URNE PERDUE- La candidate Marine Batiste, fraîchement encartée à EELV et conviée à cette conférence de presse, a brillé par son absence, ce qui a bien fait ricaner tous ceux qui s’étaient déplacés à Plazza Berri. On murmure en effet, que forte de son appartenance pour le moins récente à EELV, la candidate, venue discuter avec les Abertzale et les Insoumis biarrots avait exigé en toute simplicité… la tête de liste. Ce qui lui a valu d’être vertement reconduite. C’était bien la peine de casser sa tirelire en adhérant aux Verts !

Biarritz lave plus vert

Les deux seuls militants EELV de Biarritz ont décidé de quitter leur parti. Juste au moment où Marine Batiste adhère.

Éric Ménard était persuadé avoir très bien défendu les intérêts des Verts en obtenant de Nathalie Motsch que tous les projets municipaux soient soumis à une commission environnementale. Menacé d’exclusion, il vient de démissionner des Verts.

Habituelle surenchère des publicitaires, nous avons connu la lessive qui lave « plus blanc » et même, immortalisée par Coluche, la lessive qui lave « plus blanc que blanc ». À Biarritz, la fièvre environnementale semble s’être emparée de toutes les listes qui la jouent « plus verte que verte ». Mais certains chiffres ramènent à la raison. En 2019, Europe Écologie Les Verts (EELV) ne comptait à Biarritz que… deux militants à jour de cotisation, Éric Ménard et son épouse. Ces deux derniers viennent de quitter leur parti, qui retrouve tout de même… 50 % de ses effectifs puisque la candidate Marine Batiste vient de décider d’adhérer, suivie peut-être par quelques membres de son équipe. Éric Ménard a en effet décidé de rejoindre les rangs de Nathalie Motsch qui lui promet qu’une commission environnementale examinera tous les projets municipaux si elle est élue. Une décision qui n’a pas plu à la secrétaire départementale Sophie Bussière, elle-même alliée sur Bayonne aux Abertzale. Contactée par SMS, Sophie Bussière n’a pas souhaité commenter la lettre de démission d’Éric Ménard, une lettre qui en dit pourtant long sur les pratiques d’arrière-boutiques électorales et que nous nous faisons un plaisir de publier.

La lettre de démission d’EELV d’Éric Ménard

À l’attention de Sophie Bussières, secrétaire départementale, de Jean Lissar, secrétaire régional d’EELV Pays Basque, et à l’attention de l’ensemble des mes camarades de lutte et membres du groupe.

Simple écologiste de base, plus habitué aux actions qui induisent un investissement personnel sur le terrain, une implication dans les milieux associatifs et du bénévolat, je dois humblement avouer que je me suis perdu dans les méandres stratégico-politiciens et je tiens donc à vous présenter toutes mes excuses pour ma naïveté intellectuelle. Mon manque de maîtrise sémantique sur le propos et le discours politique, amplifié par mon incapacité à décrypter le message de Yannick Jadot me confortent dans mon choix actuel.

J’ai toujours eu peur du vide et donc être suspendu du parti ne me met pas dans une situation confortable. Pour toutes ces raisons, je vais me libérer d’un poids en vous présentant de ma propre initiative ma démission. Je ne peux pas me reconnaître dans ce qui est en train de se passer à EELV et surtout EELV Pays Basque.

Ma génération a eu la chance de pouvoir vivre sans guerre, sans Sida, sans pollution, la liberté de quitter un boulot le matin pour en retrouver un autre le soir même, de côtoyer des gens qui se respectaient et mettaient en pratique la devise de la République : Liberté Egalité FraternitéQue laisserons-nous à nos enfants, nos petits enfants et aux générations futures ? Il y a urgence à s’unir pour sauver ce qui peut encore l’être. Sophie Bussière et Jean Lissar, quelle est votre interprétation de ce slogan : « GRANDIR ENSEMBLE, POUR GAGNER ENFIN ». C’est ensemble mais pas tous ensemble c’est cela, ou, ensemble mais pas avec tous. Expliquez-moi.

EELV refait ce qu’il a toujours su faire avec brio, rater le coche.

Maintenant je pose une question à la secrétaire départementale d’EELV Pays Basque, signataire et élue sur la motion « Le temps de l’Écologie ». Page 38 de la tribune concernant les deux congrès du 16 et 30 novembre 2019, en colonne trois il est écrit ceci : « Notre priorité des prochains mois est la réussite des élections municipales. Elles doivent permettre le rassemblement des citoyens et des autres formations autour du projet écologique pour amorcer le processus de dépassement ». Et dans la réalité vous refusez tout dialogue avec les autres partis, sans même prendre le temps de la réflexion, sans vous intéresser à ce que font les autres et sans tenir compte des spécificités ? C’est un bien curieux sens de la démocratie. Je n’ai même pas eu la possibilité de pouvoir m’expliquer au sein d’EELV Pays Basque.

Autre question que je pose à Nicolas Balerdi, ton conjoint, qui se retrouve lui sur la motion « l’Écologie au pouvoir, grandir ensemble pour gagner enfin ». Page 25 et sur la troisième colonne : « Nous devons assumer notre responsabilité de moteur d’une nouvelle dynamique, sans céder à l’hégémonisme. Autour du projet écologiste, nous avons vocation à rassembler des partenaires issus d’autres traditions politiques, pour gouverner des communes, des régions et demain le pays ». Et page 26, première colonne : « Dépassant les idéologies politiques anciennes, l’écologie propose de gouverner différemment nos destinées », puis page 26 colonne 3 : « il s’agit notamment de proposer aux partis politiques historiquement inscrits dans la mouvance écologique ou issus d’une écologisation plus récente de cheminer ensemble. Nous devons nous confronter sans crainte et nous unir sans arrières pensées. Toutes celles et ceux qui veulent sincèrement construire avec nous des réponses écologiques à la crise sont les bienvenu.e.s. »

Vous faites quoi avec ça aujourd’hui, c’est juste un effet d’annonce, un rond dans l’eau, un effet de fumée ? Pour pouvoir se faire une opinion encore faut-il prendre un instant pour pouvoir échanger et discuter ?  Comment arriver à prendre le leadership si dès le départ vous estimez qu’il n’y a aucune possibilité de travailler ensemble avec plus de la moitié de la population. ? Quid du cas spécifique de Biarritz ?

Sept mois de réflexion, il aura fallu sept mois de réflexion à la néo-candidate de EELV à Biarritz pour savoir si elle était écologiste, si elle s’encartait. Et vous lui sautez au cou sans la moindre réflexion ! Si les décisions concernant la gestion de la ville de Biarritz mettent autant de temps pour mûrir, c’est sûr que la commune sera bien gérée. 

Quelle stratégie EELV Pays Basque compte mettre en œuvre pour ravir la municipalité de Biarritz ? Pendant combien de temps encore la candidate d’EELV Pays Basque va-t-elle faire illusion ?  J’ai dû rater un épisode car cette même candidate se vantait par SMS interposés, au début du mois de septembre d’avoir l’investiture d’EELV Pays Basque auprès des journalistes locaux. Ce qui à l’époque m’a juste fait bondir quelque peu puisque nous étions seulement deux encartés à Biarritz, ma compagne et moi-même.

Quelle perte de temps et d’énergie !

Je milite et m’intéresse à la vie politique depuis mes seize ans. Je me suis toujours impliqué dans la vie politique et associative locale dans mes actes du quotidien. J’ai grandi et fait évoluer mes idées au fur et à mesure que ma réflexion et ma conscience politique s’étoffaient. Plus militant de terrain que stratège, j’ai du mal à comprendre qu’au XXIe siècle certains et certaines responsables politiques réagissent encore avec des réflexes du siècle dernier.

Pour un parti qui prône la solidarité, il serait bon de déterminer avec qui la faire et comment. S’il s’agit d’une solidarité de l’entre soi, la cause écologique telle que vous la défendez n’est pas prête à prendre le pouvoir. Ce qui est étonnant chez EELV c’est la facilité avec laquelle ce parti arrive à s’autodétruire dès qu’il y a une embellie.

Juste une dernière question, qu’allez-vous faire des Verts allemands qui s’ouvrent aux libéraux pour travailler ensemble à la mise en place d’une politique écologique efficiente et efficace face à l’urgence actuelle ? (Reportage du journal d’Arte du 07/01/2020).

Je vous souhaite une excellente année 2020.

Éric Ménard

 

 

Un Didier Guillaume très convenu

Le ministre de l’Agriculture s’est livré à un prêchi-prêcha électoral fort prévisible avec la volonté affirmée de ne surtout fâcher personne.

Non, l’homme au chapeau Serge Istèque n’est pas là par hasard sur la photo, mais au terme d’une stratégie très élaborée.

La déclaration de candidature d’un homme politique est au journalisme ce que la leçon de mathématiques est au cancre. Un moment qui pourrait être d’un ennui mortel si le paysage derrière la fenêtre ne venait sauver le mauvais élève et la succulente comédie humaine qui se déroule dans ces occasions divertir le porteur de stylo. Foule des grands jours, samedi matin, dans le hall du jai-aläï d’Aguilera, à l’occasion de la conférence de presse donnée par Didier Guillaume. Les médias nationaux sont nombreux tandis que, côté supporters, nous assistons à un raccourci saisissant de tout ce qu’est devenue LaRem, cette lessiveuse idéologique apte à lyophiliser toutes les convictions les plus établies, qui permet aux Républicains bon teint, aux rares représentants de la gauche et aux Abertzale de se taper désormais sur le ventre sans complexe.

C’est une cohorte enamourée qui arrive dans le sillage de Didier Guillaume où l’on reconnaît Guy Lafite, Michel Poueyts, mais aussi Régine Daguerre, Frédéric Domège, Alain Pouyau ou la présidente de « Femmes de droite » Maria François.

Un câlin électoral pas très défenestrant

Et c’est là qu’il convient d’admirer, alors que la conférence de presse n’a pas encore démarré, la capacité à jouer placé de certains. Prenez par exemple le président de l’association des commerçants des halles, l’homme au chapeau gris de la photo, Serge Istèque. Négligemment, quinze minutes avant que Didier Guillaume ne prenne la parole, il va s’installer au pied du pupitre juste à côté du micro en devisant avec ceux qui passent. Et bien malin celui qui l’en délogera ! Philippe Nalpas fera une tentative pour que l’espace autour du candidat se dégage mais en vain. Andy Wahrol avait précisé que chaque individu connaitrait son « quart d’heure de célébrité » mais avait oublié de préciser à quelles contorsions il fallait se livrer pour y arriver.

Après des préliminaires aussi prévisibles, il était clair que le « câlin électoral » prodigué par le candidat ministre n’allait pas être du genre défenestrant. Quelques punchline bien troussées afin de donner un peu de picore aux médias « Je ne viens pas là par amour mais par raison ». Des critiques tellement diaphanes, tellement voilées, que seuls les connaisseurs, adeptes de l’entre-soi, peuvent les décoder. « Biarritz a besoin d’une nouvelle impulsion », façon en creux de dire qu’il est grand temps pour papy Veunac de s’occuper de ses petits-enfants. Enfin des promesses de « passer à la vitesse supérieure » pour « faire rayonner notre ville en France et à l’international ». Trop d’imagination tue l’imagination !

Ajoutez au passage un hommage appuyé au premier adjoint : « Je veux saluer le Premier adjoint qui a réussi à ce que les Finances soient très bonnes », ce qui montre bien que Didier Guillaume n’est pas souvent à Biarritz et n’a pas encore découvert les dettes planquées sous le tapis par « La Faillite nous voilà ! », avant de préciser dans un heureux mouvement de balancier « Aucun des adjoints de l’actuelle municipalité ne sera adjoint dans la prochaine ».  

Rajoutez la nécessité de « faire travailler ensemble des hommes et des femmes », la promesse d’une « ville citoyenne » et la belle réponse du présumé parachuté « Les racines les plus fortes sont celles que l’on se choisit ».  Comme vous le découvrez en lisant cet article, vous avez bien fait de rester aux halles à prendre un café plutôt que de monter jusqu’à Aguilera.

Non au parachute de secours

Même sentiment de malaise lors du pot qui suit la déclaration de candidature. De l’attaché de presse qui vient vous expliquer qu’il a beaucoup insisté pour que Bisque, Bisque, Basque ! soit convié, comme si le fait d’être ou non invité allait changer quoi que ce soit à l’esprit d’impertinence assumé par ce blog, à tous ces élus qui vous expliquent que depuis le premier jour ce mandat est un désastre (pourquoi diable ne se sont-ils pas manifestés bruyamment pour dénoncer l’incurie de Veunac aux côtés des Nathalie Motsch ou Maïder Arostéguy ?), on a le sentiment d’être dans le vieux monde des élites qui estiment que le citoyen ordinaire n’a pas à connaître la vérité. Sentiment renforcé par le discours de Didier Guillaume qui ne veut attaquer personne et surtout pas se risquer à faire le bilan de son prédécesseur alors que la population est totalement traumatisée par ce qui s’est passé pendant six ans.

L’honnêteté intellectuelle oblige à dire que l’exercice est difficile et que l’on a rarement vu un homme politique à son avantage dans cet exercice. On sent que Didier Guillaume en a sous la pédale et serait à la tête de la Ville d’une toute autre dimension que l’actuel maire. En tant qu’homme de gauche, j’ai envie de croire en lui et l’on va donc lui faire crédit au moins jusqu’à sa prochaine réunion publique, en espérant que le candidat va enfin fendre l’armure. Mais certains détails ne trompent pas. Il est des hommes amoureux qui quittent tout du jour au lendemain pour suivre la femme qu’ils aiment. Il en est d’autres qui naviguent de longs mois entre épouse légitime et maîtresse avant de voir comment les événements tourneront. Didier Guillaume a annoncé qu’il démissionnerait du ministère de l’Agriculture s’il était élu. Ce qui est une façon de dire qu’il va faire campagne à Biarritz en fin de semaine tout en occupant son poste de ministre le reste du temps. « Biarritz est la seule ville non capitale connue dans le monde entier » affirme l’intéressé.

Alors peut-être que la moindre des choses était de se consacrer à plein temps à Biarritz et de prouver aux Biarrots, en démissionnant de ses fonctions, qu’on est prêt à prendre tous les risques pour diriger la ville qu’on aime, au lieu de garder… un parachute de secours.

Être de gauche n’est pas une maladie honteuse

À plusieurs reprises, des Biarrots sont venus m’aborder avec la mine de conspirateurs désireux d’évoquer les turpitudes de Gabriel Matzneff avec les adolescents pré-pubères : « On voterait bien pour lui, mais Didier Guillaume est de gauche ». Comme si je n’avais pas l’information ! Je déplore justement que pas une fois lors de sa conférence de presse, le ministre de l’Agriculture n’ait cru bon d’évoquer son long cheminement à gauche ou ses « valeurs de gauche » avant de se rallier à Emmanuel Macron.

Plus que jamais, le communiqué de Mathieu Accoh, au nom des Insoumis biarrots, pose les bonnes questions : « Qui me représente en tant qu’électeur biarrot ? » C’est donc avec plaisir que nous le publions dans son intégralité.

Mathieu Accoh, porte-parole des Insoumis biarrots (Photo Sud Ouest)

« L’électorat de Biarritz soucieux de justice sociale, d’égalité, de transparence démocratique et d’indépendance par rapport aux intérêts économiques peut légitimement se poser cette question : qui me représente ? Qui aujourd’hui parmi les chômeurs, les ouvriers, les employés, les personnels précaires, les retraités aux petits revenus, l’ensemble des classes populaires pour résumer, est représenté au Sénat, à l’Assemblée nationale ou plus près de nous au conseil municipal ? Cette partie de la population est-elle vouée à ne même plus pouvoir se rendre aux urnes dans une ville comme Biarritz ? Des centaines de milliers de Français ont manifesté leur détresse et leur colère pendant des mois sur les ronds-points, ont battu le pavé depuis des semaines pour défendre notre système de retraite. Et pourtant la volonté et les intérêts de cette majorité sont systématiquement piétinés et humiliés. Pour l’instant huit listes semblent se rassembler dans le souci de ne pas paraître « à gauche » comme si l’idéal de services publics de qualité, d’égalité dans la redistribution des richesses, de démocratie, de préservation des biens communs et de nos écosystèmes n’était plus qu’un lointain souvenir et tout sauf un objectif. C’est face à ce trop-plein unicolore qui semble se satisfaire de la contagion de la pauvreté, de l’accumulation insensée et ostentatoire de richesse, de la destruction d’une nature que le capitalisme vert n’enrayera pas, que nous, insoumis biarrots, écologistes, citoyens investis dans la vie associative, décidons de nous engager dans cette campagne électorale. Nous avons le souci de représenter l’électorat de gauche et d’empêcher la division des listes partageant la même fibre écologique et sociale, c’est pourquoi nous allons œuvrer à l’unité dans les prochaines semaines en espérant que les Biarrots soucieux d’une vie plus juste et plus proche de la nature trouveront une réponse dans nos propositions. »

Mathieu Accoh, pour les Insoumis biarrots