Ce trublion qui fait l’unanimité

Contrairement à sa blonde voisine, dont la candidature était vouée à l’échec, Karim Guerdane a commencé par avoir un programme avant de se décider à se présenter. Et tous ses rivaux reconnaissent qu’il a vu juste.

Petite piqûre de rappel à tous ceux qui ne circulent que dans le périmètre doré de Biarritz : Plus de 3 000 Biarrots vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit 13% des habitants de cette ville. Ce chiffre, tout proche de la moyenne nationale qui est à 14,7% a été évoqué lors du débat télévisé de France 3 et il ne doit plus sortir de l’esprit de tous les candidats qui seraient tentés de s’imaginer que Biarritz est une ville d’ultra-privilégiés. Karim Guerdane a été le premier à se rendre compte que l’environnement, le débat sur les eaux de baignade ou le tourisme de masse, sujets municipaux majeurs qui méritent réflexion, ne devraient pas faire oublier tous les laissés pour compte de la Macronie triomphante, ceux qui vivent les fins et parfois les débuts de mois difficiles et qui voient l’écart avec les plus riches s’accroître sans cesse.

Fort de la conviction que le devoir d’un futur maire est d’aider ces plus démunis, Karim Guerdane a eu la modestie d’aller d’abord frapper à toutes les portes où on l’a accueilli avec parfois un peu de condescendance.

Discussions chaleureuses avec les Abertzale, mais « le poids de leur structure a fait que je ne pouvais m’intégrer » puis tentative de liste commune avec Marine Batiste, sa voisine de Saint-Charles, avant de se rendre compte que lui seul pouvait incarner les valeurs de gauche qu’il porte. Avec un effet inattendu et qui l’enchante. Le parti socialiste s’est allié à lui « sans condition ». Les autres listes se sont aussi rendus compte de la justesse de son propos et ont réinjecté des mesures sociales dans leur programme. Rencontre au « Cyrano » avec ce candidat qui gagne vraiment à être connu.

 – Tu es né à Biarritz ?

– Je suis né en 1976 à Bayonne, mais j’ai été élevé à Biarritz. Je suis un enfant de la grande plage.

– Tu as été politisé très jeune ?

– Je suis passé entre les gouttes très longtemps. Biarritz était un cocon. Mais j’ai eu le déclic au collège Rostand avec mon prof d’histoire, Monsieur Filho, puis en première au lycée Malraux avec une professeur de français, Madame Libaros. Les deux m’ont donné envie de lire et d’apprendre.

– Concrètement, ça a donné quoi ?

– La littérature m’a ouvert des horizons, m’a fait penser la société autrement. J’ai dévoré Camus mais aussi les grands auteurs américains avec une conscience sociale comme John Steinbeck. Comme beaucoup de familles maghrébines, mes parents lisaient peu, car ils n’ont pas eu la chance d’aller à l’école. Et, comme beaucoup, ils ont travaillé durement toute leur vie et n’ont pas eu le temps de se former à autre chose.

« J’étais juste quelqu’un qui aimait parler politique à l’apéro »

– Et l’histoire ?

– J’ai lu beaucoup de choses concernant la seconde guerre mondiale, les guerres coloniales et naturellement l’histoire m’a entraîné en direction de la politique. Je suis passé entre les gouttes longtemps, comme je te le disais, mais en même temps dès la première ou la terminale, je commençais à m’intéresser aux mouvements basques. Ensuite, j’ai cherché à comprendre ce que faisaient Julien Dray ou Harlem Désir, mais j’étais trop jeune pour percevoir le mouvement SOS racisme. D’un point de vue personnel, et même s’il a apporté beaucoup, je l’ai trouvé réducteur et manipulé ensuite.

– Tu as eu des engagements politiques auprès d’un parti ou d’un mouvement ?

– Non, je n’ai jamais pris ma carte à un parti. (Rires) J’étais juste quelqu’un qui aimait beaucoup parler politique à l’apéro. Mes activités professionnelles étaient accaparantes. J’ai été journaliste et éditeur avant d’avoir une pizzeria, puis de redevenir journaliste. Avec la naissance de mon deuxième enfant, j’ai pris conscience de beaucoup de choses et j’ai estimé que je devais m’engager pour tenter d’offrir à ma descendance un monde meilleur.

– Concrètement, tu as fait quoi ?

– J’ai pris mon bâton de pèlerin et je suis allé voir les gens. Je me suis rendu compte que beaucoup partageaient mon point de vue, avaient le sentiment d’une société injuste et sans pitié pour les plus démunis, avec une insupportable mainmise des notables sur les strates de la vie locale. Mais de là à s’engager, il restait un sacré pas à faire. Il a fallu que je dise aux gens « C’est le moment, on y va ! ». Finalement, j’ai pu constituer un groupe de réflexion d’environ soixante-dix personnes et, malgré les pressions ou les menaces bien réelles que certains de mes colistiers ont subies, nous avons pu déposer notre liste en préfecture.

– Tu vas axer ta campagne sur les plus pauvres ?

– Nous avons appelé notre liste Biarritz-Bonheur car nous voulons que la bienveillance soit toujours présente entre élus et citoyens. Le social pour moi ce n’est pas que les plus démunis. La classe moyenne à Biarritz c’est une précarité qui ne dit pas son nom ! Mais mon grand projet, dans une logique de social et de progrès est un projet numérique ultra-innovant. Je veux prouver que social et modernité peuvent coexister. Que le numérique peut servir l’humanisme. Je vais dévoiler tout cela la semaine prochaine.

– La campagne électorale se passe bien ?

– C’est une campagne électorale avec son lot de bonnes et de mauvaises surprises. Il y a des gens, au vu de ma photo, qui me répondent : « Niet ! », parce qu’un arabe ne saurait être un candidat valable à la mairie. Mais, de la même façon que j’ai assez peu souffert du racisme dans mon enfance et que je me suis toujours senti un petit Biarrot, la majorité des réactions nous sont très favorables. On nous félicite d’oser nous lancer, de soutenir les plus pauvres. Le ralliement du Parti socialiste, sans poser la moindre condition, nous a fait un plaisir énorme et nous nous sommes sentis légitimés dans nos revendications. En fait, cette campagne me fait énormément de bien dans mon identité et en croisant les électeurs, je peux me dire : « Je suis Biarrot ».

– Et si au soir du premier tour, tu ne l’emportes pas, tu fais quoi ?

(Karim se marre franchement) Au cas improbable où je ne serais pas élu maire dès le premier tour, je verrai comment faire perdurer alliance constructive ou combat en parallèle sous d’autres formes.

Un candidat plus préoccupé par le triomphe de ses idées que par son propre triomphe électoral, voilà qui est rare en politique. Il n’a décidément rien à voir avec sa blonde voisine de Saint-Charles et son apparition météorique dans la campagne électorale avant un pitoyable retrait. 

Le vilain rapport à l’argent de Veunac

À la fin du premier conseil municipal de sa mandature, Michel Veunac a emprunté 6 500 euros à sept de ses adjoints qui attendent toujours leur remboursement. Une distraction, sans doute.

Ce n’est pas un hasard si Michel Veunac est fan d’Enrico Macias et en particulier de sa chanson : « Donnez-moi, donnez-moi, Dieu vous le rendra ». Parfois des mimiques en disent beaucoup plus qu’un long discours. Si vous interrogez ses anciens colistiers sur le rapport à l’argent de Michel Veunac, vous aurez droit à tout une gamme de soupirs éloquents, sourires crispés ou sourcils froncés. En effet nombre d’entre eux ont le sentiment de s’être fait arnaquer en beauté par le maire de Biarritz et n’ont pas digéré sa façon de fuir depuis six ans les questions qui fâchent. Si l’engagement politique du jeune Michel Veunac a sûrement été sincère, très vite l’argent est venu polluer son parcours de sociologue qui n’avait pas beaucoup de travail mais qui trouvait des mains tendues auprès de ses amis politiques, à Pau, à Bayonne ou à Bordeaux.

C’est ainsi qu’en 2012, la ville de Bayonne avait payé 56 000 euros au cabinet MVC (Michel Veunac Consultant) une étude impérissable sur « Les rassemblements festifs des jeunes dans le petit-Bayonne », ce qui avait fait dire à l’élue socialiste Colette Capdevielle que « des pratiques de ce genre ne sont plus acceptables ».

Dans le même genre, on avait découvert que pour financer sa campagne des municipales de 2014, celui qui était à l’époque l’adjoint à la communication et au tourisme de Didier Borotra n’avait pas hésité à emprunter à l’un des principaux fournisseurs de la ville, Jacques Darrigrand, 15 000 euros. Au niveau morale républicaine, on a vu mieux. Il n’était donc guère étonnant que sur l’élan, ce jeune talent prometteur tape tous ceux se trouvant sur sa liste. Et qu’il oublie complètement de les rembourser.

https://jeanyvesviollier.com/2014/02/02/i-les-discutables-acrobaties-de-lelu-michel-veunac/

https://jeanyvesviollier.com/2014/02/02/ii-un-souciologue-a-bayonne/

Les adjoints, au rapport !

Le piège à gogos désireux d’être élus a fonctionné en deux temps et ceux qui en ont été victimes sont tellement honteux de ce qui leur est arrivé qu’ils préfèrent, par peur du ridicule, raconter sous couvert d’anonymat. Mais que Mimi-la-Malice ne se réjouisse pas trop vite. Certains de ses proches se sont retirés de la vie publique, parfois volontairement, parfois involontairement et les témoignages sont tellement nombreux, tellement précis que l’histoire ne fait pas le moindre doute.

Dans un premier temps, comme nombre de candidats, Michel Veunac souhaite que tous ceux qui peuvent l’aident à financer la campagne. Une démarche habituelle pour un candidat à une élection municipale. La plupart donc, de sortir leur carnet de chèques et de recevoir en retour une attestation leur permettant, comme le prévoit la loi, de déduire une partie de la somme versée de leurs impôts, ce qui va contribuer à les rassurer.

Première surprise à quelques jours du premier tour, lorsque Veunac demande à tous de restituer les attestations distribuées en expliquant qu’on leur rendra dans quelques jours.

Sur ce l’élection arrive et, au deuxième tour, contre toute attente la coalition Veunac-Lafite-Barucq, l’emporte sur Max Brisson et ses alliés Tardits et Saint-Cricq. Dans l’ivresse de la victoire, plus personne ne se soucie des attestations ni du remboursement des frais engagés, persuadé que tout arrivera en son temps.

La deuxième mauvaise surprise survient à la fin du premier conseil municipal. Un ancien adjoint raconte : « Lors de ce premier conseil municipal, où déjà on percevait les futures tensions, Veunac se dirige vers sept d’entre nous et, sans un mot d’explication, nous intime l’ordre de le retrouver dans son bureau. J’étais sidéré par le ton comminatoire qu’il employait et je me souviens que tous les sept nous regardions nos chaussures en nous demandant bien quelle boulette nous avions commise ». Selon tous les témoignages, les sept « punis » étaient Jocelyne Castaignède, Nathalie Motsch, Peio Claverie, Régine Daguerre, Patrick Destizon, Françoise Mimiague et Michel Poueyts. Comme toujours quand il est en tort, Michel Veunac prend alors un air excédé : « Il nous faut boucler nos comptes de campagne. Il me manque 6500 euros et j’ai besoin que vous me fassiez un chèque ».

Aucune échappatoire n’est possible, car Super-Mimi a tout prévu y compris d’exiger des sommes proportionnelles aux revenus de chacun. C’est ainsi que Peio Claverie, Jocelyne Castaignède et Nathalie Motsch seront chacun délestés de 1500 euros, tandis que les « chanceux » Poueyts, Destizon, Daguerre et Mimiague ne sont rançonnés qu’à hauteur de 500 euros. Chacun est éberlué, d’autant plus qu’une fois les chèques empochés Veunac part sans dire un mot. Tout le monde essaie de se rassurer comme il peut face à cette ponction imprévue « Le maire est stressé par ses nouvelles fonctions. Il va nous rendre cet argent dès qu’il sera remboursé de ses frais de campagne ».

« Tu es grassement payé comme adjoint »

Le temps passe et comme sœur Anne, les « simples » conseillers municipaux tout comme les adjoints ne voient rien venir et n’entendent parler de rien. Les premiers ne récupèreront jamais leur attestation qui leur aurait valu une déduction fiscale et les autres se feront sévèrement rembarrer quand ils oseront parler d’argent au maire plus d’un an après, alors que les frais de campagne avaient été remboursés depuis longtemps. Patrick Destizon sera un des plus virulents et protestera à de nombreuses reprises, ce qui ne l’empêchera pas de rejoindre la liste Veunac 2020… Quand on aime souffrir ! À un autre qui tentera d’évoquer le sujet, la réponse sera cinglante : « Tu oses te plaindre alors que tu es grassement payé comme adjoint ? »  se serait contenté de répliquer Michel Veunac, superbe, en tournant les talons immédiatement. Selon les témoignages, seul Hervé Boissier qui aurait interpellé publiquement l’épouse du maire, aurait été remboursé.

Pas de chance pour les lecteurs de Bisque, Bisque, Basque !  Michel Veunac a totalement refusé de répondre au SMS que nous lui avons envoyé.

Six ans après et alors que le maire souhaite se faire réélire, la question se pose donc de savoir ce que Michel Veunac a fait de cet argent. Seuls des esprits chagrins pourraient s’imaginer qu’il l’a mis dans sa poche et gardé pour lui. Trois hypothèses demeurent donc :

– Soit le maire sortant a remboursé en douce certains de ses adjoints et pas d’autres et dans ce cas-là, il serait intéressant qu’il nous explique pourquoi.

– Soit Michel Veunac a largement dépassé le plafond légal prévu par la loi pour les frais de campagne. Pour masquer sa tricherie il a fait payer ses colistiers en sachant parfaitement qu’ils ne seraient pas remboursés. Et il s’est bien gardé de leur dire.

– Soit Michel Veunac, trop occupé par son écrasante tâche de maire pendant six ans, a fait preuve d’une distraction totale et il va donc se faire un plaisir de mettre ses comptes à jour avant la fin du mandat et de rembourser ce qu’il doit à ses adjoints involontairement plumés.

Qui osera dire après ce récit que Veunac, ce n’est pas la créativité au pouvoir ?

Cet argent qui pollue totalement la vie municipale

C’est un site que tous les citoyens devraient consulter tant il apporte d’informations sur nos élus. Comme tous les maires, présidents ou vice-présidents d’agglomération, Michel Veunac a dû par deux fois déclarer ses revenus à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie publique.

https://www.hatvp.fr/

Point n’est besoin d’être inspecteur des impôts pour découvrir, lors de sa première déclaration de 2015, qu’il ne roule pas sur l’or, ce qui arrive à des gens très bien. En revanche, en 2017, lors de sa deuxième déclaration au moment de sa nomination comme vice-président de la communauté d’Agglo Pays basque, tout baigne pour le beau Michel. En 2016, entre ses revenus de maire, son mandat de conseiller régional et sa vice-présidence, Notre-maire-que-le-monde-entier-nous-envie dépasse les 108 000 euros bruts annuels. Et au même moment, il explique à ses adjoints qu’il ne peut pas les rembourser avec ses modestes émoluments !

Étonnez-vous après cela que Veunac se redécouvre en 2020 une passion brûlante pour les Biarrots et l’envie à 74 ans, après un premier mandat catastrophique aux dires de tous, d’en faire un second qui sera sans nul doute encore pire.

D’autant plus qu’il y a un petit détail mis en avant par les gilets jaunes au moment de la rédaction des cahiers de doléances que les politiques ont malencontreusement oublié en route. Contrairement aux citoyens ordinaires qui paient des impôts sur l’ensemble de leurs revenus annuels, les élus sont prélevés à la source sur chacune de leurs indemnités et bénéficient donc d’une fiscalité beaucoup plus douce que le commun des mortels. Ajoutez à cela pour un maire comme celui de Biarritz, les invitations un peu partout, les buffets gratuits, le plaisir de serrer la louche à Macron et vous comprendrez qu’on est loin de l’indemnisation symbolique voulue par le législateur aux débuts de la Ve République.

Avec 1100 euros pour un adjoint et 600 pour un conseiller municipal en charge d’une délégation, on est là aussi en apparence sur des indemnisations modestes. Mais malheureusement pour certains, à cause de pensions alimentaires à verser, d’une carrière discrète ou de retraites modestes, garder à tout prix cette petite rente mensuelle devient vital. Le vote en faveur de l’Hôtel du Palais s’explique en grande partie ainsi et a été le fait de conseillers bénis-oui-oui qui avaient trop peur de s’opposer au maire et de perdre ce qu’ils touchaient. Et la même explication est sans doute valable pour ces vieux chevaux de retour qui n’ont pas une fois exprimé leur différence dans toute la mandature passée, pas une fois lancé une idée originale et qui continuent leur carrière de courtisans dans la liste Veunac avec l’espoir insensé de manger quelques miettes du gâteau municipal pendant six ans de plus.

Je pense en particulier à ce simple conseiller municipal en 2014 qui ne cessait de qualifier le maire « d’autiste » à chaque fois que nous nous croisions. Devenu subitement adjoint par le jeu des démissions multiples subies par la majorité municipale, il ne tarit plus d’éloges pour le maire actuel et en reprend pour six ans avec enthousiasme.

En politique, c’est bien connu, rien ne vaut les convictions !

 

 

Journal d’un buté de campagne (6)

Motsch, catégorique : « Ni Veunac, ni Arostéguy »

L’ex-adjointe à l’Urbanisme ne louvoie pas sur son positionnement au second tour tandis que la liste Veunac se fait copieusement arroser et que Saint-Cricq prépare un grand coup de balai.

C’est un petit jeu délicieux que nous vous conseillons vivement de pratiquer pendant les dernières semaines de cette campagne électorale. Allez assister à la réunion publique d’un des huit candidats et, la bouche en cœur, demandez-lui ce qui se passera s’il n’arrive pas en tête au soir du premier tour. Pudeur de rosière au moment de passer à l’acte, mouvement de menton martial, grand moment de solitude, vous aurez droit à toutes les postures humaines traduisant l’embarras, alors que les citoyens avant de voter devraient clairement savoir avec qui les candidats sont prêts à s’allier ou ne pas s’allier le 15 mars au soir : « J’ai besoin de réfléchir » … « Je ne peux pas envisager la défaite » …  « C’est une question dont je dois débattre avec mon équipe ». Et en plus, on nous prend pour des imbéciles !

Avec le beau tempérament qui la caractérise, Nathalie Motsch est la seule à se montrer on ne peut plus précise sur le sujet : « Depuis le conseil municipal du 12 février, nous sentons une dynamique en notre faveur et les gens nous disent qu’ils ont apprécié mes positions très claires que ce soit sur le Palais ou Aguilera. Mais, si je devais être battue, nous sommes tous d’accord dans mon équipe et n’aurons pas une seconde d’hésitation. Nous ne nous rallierons ni à Michel Veunac ni à Maider Arostéguy ». Voilà Michel Veunac, qui laisse entendre partout qu’il a passé un accord de deuxième tour avec Nathalie Motsch et qu’il en fera sa première adjointe, une fois de plus pris en flagrant délit de mensonge.

LA LISTE VEUNAC PREND L’EAU – Lorsqu’il a pris la pose pour les journalistes avec son équipe devant le parapet de la Côte des Basques, Michel Veunac a juste oublié un détail : vérifier la force et l’horaire de la marée. Résultat, pour la plus grande joie des journalistes présents, la liste a copieusement été douchée. Avec le sens de la phrase creuse qui le caractérise, Michel Veunac a voulu badiner sur le sujet au micro de France Bleu Pays basque : « Les éléments sont venus nous rafraîchir. C’est une bonne chose ! Je le vois comme quelque chose de bon aloi ! »  D’autres y verront plutôt le signe d’un prévisible naufrage.

RENOUVELLEMENT FAÇON VIEUXNAC – Avec six septuagénaires dans la liste dont les inusables Castaignède, Vial et Blanco et neuf sexagénaires dont Ghis Haye, on ne peut vraiment pas dire que le maire fasse dans le rajeunissement massif, même s’il s’est offert l’attaché parlementaire de Vincent Bru, François-Xavier Menou en invité surprise. Quant à la numéro deux de cette liste, Sylvie Claracq, qui s’est distinguée pendant six ans par son inféodation totale au maire, son mutisme et son absence d’idées, son amitié avec le fils de Michel Veunac n’est peut-être pas étrangère à cette inespérée promotion. Visiblement, si par malheur il est réélu, Notre-maire-que-le-monde-entier-nous envie est bien décidé à gouverner plus seul que jamais.

BARUCQ TRANSCENDENTAL – Même s’il affiche toujours les mêmes valeurs de dialogue et de concertation, le changement qui s’opère actuellement chez Guillaume Barucq frappe les observateurs. Mardi 18 février au Colisée, lors de la présentation de sa liste, le docteur surfeur se montre beaucoup plus incisif qu’à l’accoutumée : « Ce qui s’est passé lors du dernier conseil municipal est inacceptable. Tout le long de la mandature, à chaque conseil on se disait : ça va aller mieux. Et à chaque fois, c’était pire. Nous ne voulons plus de ce fonctionnement et notre liste, cohérente et compétente est faite pour gagner et non pour se rallier ». Un peu plus tard, Guillaume Barucq, qui se déclare très fier à juste titre de son action pour le sport-santé au Pays basque, estime que « cinq minutes de méditation pour tous les élus avant le conseil seraient sans doute une bonne solution ». Et si Veunac fait le poirier, c’est promis, la presse fait de même.

SAINT-CRICQ VEUT DU BALAI – L’avocat biarrot qui a réuni jeudi 20 février une petite chambrée à la Maison des associations pour la présentation de sa liste, concurrence du rugby oblige, a décidé comme première mesure de son programme, de doter les employés municipaux… d’un balai, parce que « les trottoirs sont dégueulasses, on n’en peut plus ». Peu convaincu par les outils actuels qui déplacent la saleté au lieu de l’enlever, Jean-Benoît Saint-Cricq est persuadé de la justesse de l’investissement. Et si au passage, il pouvait profiter de ces balais neufs pour permettre un grand ménage dans l’équipe municipale actuelle, Bisque, Bisque, Basque ! approuverait totalement.

LES ÉTOILES, C’EST TELLEMENT CHIC – Décidément, il est du dernier chic cette année d’avoir dans son comité de soutien ou sa liste un général dûment étoilé. Jean-Benoît Saint-Cricq n’échappe pas à la règle avec en dernière position de sa liste le général Francis Lenne, connu pour ses prises de position contre l’arme nucléaire. Peut-être va-t-il réussir à faire cesser les bombardements incessants à chaque conseil municipal ?

FAIS BISOU À BIZI – Bisque, Bisque, Basque ! est totalement fan des actions de Bizi et de la façon dont cette association sait mettre les rieurs de son côté. Et pour circuler lui-même en vélo dans la ville, il approuve totalement l’occupation momentanée du hall de la mairie par des vélos, seule piste cyclable non dangereuse de la ville. Une initiative qui a mis hors de ses gonds Michel Veunac comme en témoigne la photo prise ce jour-là, qu’un internaute farceur a légendé : « Ta piste cyclable, tu la veux sur la joue droite ou sur la joue gauche ? » Quel est le médecin qui va convaincre Michel Veunac de ne plus se mettre dans cet état et d’arrêter toutes affaires cessantes la politique ?

IL N’Y A PAS QUE LE CENTRE-VILLE – Toutes les listes déplorent la politique qui a été conduite pendant les deux derniers mandats où seul le petit périmètre sacré, allant du Palais au casino Bellevue en passant par le jardin public a été entretenu, mais presque tous les candidats ont choisi ce même périmètre pour leurs permanences. En s’installant 140 avenue du président Kennedy, la liste emmenée par Brice Morin, Lysiann Brao et Matthieu Accoh, affiche sa volonté de rester au contact de tous les Biarrots. Belle initiative.

LA BOULETTE DE FRANCE 3 – Alors que la rédaction de Sud Ouest Biarritz traite remarquablement bien cette campagne municipale avec un grand souci d’équité et des thématiques de fond qui permettent de mieux comprendre les programmes des candidats, la chaîne publique France 3 se montre visiblement beaucoup plus décontractée avec la démocratie. Elle a prévu d’organiser un débat mercredi prochain avec… cinq des huit candidats déclarés à Biarritz. Jean-Benoît Saint-Cricq, Karim Guerdane et Marine Batiste ont ainsi appris qu’ils n’étaient pas conviés. Une injustice qui a fait bondir l’avocat biarrot qui a immédiatement saisi le CSA. On espère que les candidats retenus uniront leurs protestations à celle des évincés pour ce fâcheux manquement à la démocratie.

LAPSUS RÉVÉLATEUR – Lors de la première rédaction de son communiqué, annonçant le report de son assemblée générale au… 1er avril, histoire de bien souligner le côté farce de l’opération de chantage menée par Aldigé, le Biarritz Olympique s’est livré à un lapsus très révélateur, en affirmant qu’il attendait, avant de procéder à la liquidation du club, le résultat de l’élection municipale et le nom du prochain « idylle » (au lieu d’édile). Le BO et la mairie, ça a toujours été une histoire d’amour compliquée.

L’HUMOUR D’AMIGORENA – Fustigé aussi bien par la Ligue professionnelle de rugby que par le magazine « Têtu » pour ses commentaires sur « Barucq et sa copine Amigorena », Jean-Baptiste Aldigé s’est livré à une esquisse de laborieuse repentance en affirmant que ses mots avaient dépassé sa pensée et qu’il n’est nullement homophobe. Sur sa page Facebook, François Amigorena s’est surtout étonné du manque de solidarité de certains élus qui n’ont pas cru bon de s’indigner face aux propos du président du BO. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il se montre autrement percutant qu’Aldigé.

Journal d’un buté de campagne (5)

Veunac en lévitation, Aldigé en élucubration

Michel Veunac est désormais persuadé qu’il va gagner l’élection, tandis que Jean-Baptiste Aldigé se distingue une fois de plus.

Les pieds de Michel Veunac ne touchaient plus terre, mercredi soir au sortir du conseil municipal après le vote, sans grande difficulté, des trois délibérations « consultatives » en faveur du BO. Et comme Mimi-La-Malice n’a même pas la reconnaissance du bulletin de vote, il ne se montrait pas tendre envers les Arostéguy, Tardits ou Saint-Cricq qui avaient pourtant voté comme le maire : « Ils veulent me piquer la place, mais il faudrait d’abord qu’ils apprennent à faire de la politique ». Et donc à s’abstenir quand Veunac sort les grosses ficelles. Face à sa garde rapprochée, le septuagénaire a écharpe tricolore se montrait encore plus enthousiaste : « Un vote comme celui-là nous fait gagner au minimum mille voix. Je suis désormais certain d’être réélu ». Et quand un de ses proches évoque devant lui la capacité de nuisance du président Aldigé, il éclate de rire : « Quand j’aurai six ans devant moi, on verra bien ce que je décide. Les promesses n’engagent que les imbéciles qui y croient ».  Il ne reste plus à Aldigé qu’à différer de six ans l’assemblée générale où il menace de dissoudre le BO.

LA DOUCHE FROIDE. Malheureusement pour Notre-maire-que-la-terre-entière-nous-envie l’euphorie a été de courte durée. Jeudi 13 février à 18 heures, se tenait une réunion publique au casino Bellevue organisé par Michel Veunac, ses boys et ses girls et les chaises vides étaient légion. À peine 75 personnes étaient présentes, ce qui ne fait pas lourd si on ôte les 25 colistiers de Mimi-Imperator qui avaient daigné se déplacer. Et encore au vu de la moyenne d’âge des participants, on pouvait presque croire à une sortie organisée par les maisons de retraite de la ville. Il existe donc encore quelques mémés amoureuses de notre beau maire.

MAÏDER REFUSE DU MONDE. – Presque au même moment, Maïder Arostéguy présentait sa liste au Colisée, à 18 h 30 précisément. À 18 h 10, les 189 places assises de la salle de spectacle étaient occupées et une quarantaine de personnes s’étaient installées debout derrière les sièges ou dans les travées. Au point que le régisseur a ordonné la fermeture des portes pour des raisons de sécurité. Voilà qui va faire des envieux.

BARUCQ, LE GRAND VAINQUEUR. – Il nous avait tellement habitué à ménager le Guy et le Michel, à prôner le « Aimons-nous les uns les autres », et à la jouer « Bisounours », que le docteur Barucq a surpris tout son monde avec une intervention très ferme contre les délibérations présentées par Mimi-La-Malice. Si François Amigorena ou Nathalie Motsch ont été très bons mais dans un registre prévisible, l’intervention du docteur à catogan a visiblement marqué les esprits des Biarrots qui n’ont parlé que de lui pendant trois jours aux halles.

LES PILULES MAGIQUES D’HERVÉ BOISSIER. – Très commentées aussi, les interventions de Brigitte Pradier et Maialen Etcheverry, deux conseillères municipales qui interviennent assez peu, mais qui ont fait preuve de beaucoup de détermination dans leurs propos, la première déplorant les « menaces sur des élus qui posent des questions d’élus » et la seconde rappelant combien « elle voit de Biarrots en difficulté ». Mais la rock star de la soirée a été sans conteste Hervé Boissier qui pour sa dernière intervention s’est offert un feu d’artifice verbal à l’encontre de Veunac. Et tout le monde d’évoquer son allusion au film de Francesco Rossi « Main basse sur la Ville » et de se demander s’il n’a pas quelques pilules magiques à refiler à Michel Veunac, histoire de lui redonner un peu de tonus.

ALDIGÉ SE DISTINGUE. – La semaine aurait pu être excellente pour Jean-Baptiste Aldigé. Victoire mercredi au conseil municipal où le président du BO, général Pinatel à ses côtés, est venu mettre un coup de pression aux élus et victoire du club qu’il dirige vendredi à Vannes. Mais se faire oublier n’est pas le genre du personnage. Alors que Guillaume Barucq se félicitait de la victoire du BO, le très diplomate président lui a répondu en langage fleuri : « Comment peux-tu oser pointer ton nez ici ? Elle est pour toi et ta copine Amigorena ce soir #fossoyeurs ». On savourera la façon dont le président s’adresse aux élus. Et parler de « ta copine Amigorena » quand on a soi-même porté plainte pour homophobie contre des supporters bayonnais est d’un bon goût exquis.

DES ÉLUS À INDIGNATION VARIABLE. – La liste abertzale, verte, insoumise emmenée par Brice Morin a fermement réagi aux propos du président du BO : « Biarritz ne devrait pas avoir à traiter avec pareil personnage ». Presque tous les candidats ont officiellement exprimé leur désaccord absolu avec les propos tenus. Sauf erreur de Bisque, Bisque, Basque ! trois têtes de liste se sont pourtant gardés de manifester officiellement leur solidarité républicaine avec les deux élus insultés : Michel Veunac, Maïder Arostéguy et Jean-Benoît Saint-Cricq. Pas très glorieux. Mais quand on accepte le chantage d’un président le mercredi, voilà où cela conduit le samedi.

LE PROMENEUR SOLITAIRE D’ANGLET. – Dimanche en début d’après-midi, Didier Guillaume profitait du beau temps au-dessus du VVF d’Anglet du côté de « Kostaldea ». Curieusement, personne ne l’a vu ce week-end du côté des halles de Biarritz qu’il affectionnait tant il y a peu encore. C’est sûrement parce qu’il ne voulait pas évoquer le cas de Benjamin Griveaux…

DU JEAN LASSALLE EN SAINT-CRICQ. – Jean Lassalle a l’art de faire pleurer de rire les députés même s’ils ne sont pas de son bord politique. Dans ce genre d’exercice, l’avocat biarrot Jean-Benoît Saint-Cricq n’est pas mal non plus et le récit du « mur de la honte » bâti juste en face de son cabinet a fait passer un bon moment au conseil municipal. Dans le bâtiment art déco de la poste, les services de la Ville ont décidé en toute simplicité de transformer une fenêtre en porte d’accès de la police municipale. Mais ils n’avaient pas tenu compte de la pente assez marquée de la rue Jaulery. Il a donc fallu « décaisser le trottoir » et pour que les piétons ne tombent pas bâtir un mur protecteur. Surprise de l’avocat venu avec sa colistière Pierrette Echeverria consulter le permis de construire à la mairie.  Rien, nada, que pouic, et gros embarras des services concernés. « C’est Ubu-roi. On est en pleine science-fiction. Quelqu’un qui ferait ça, se retrouverait en correctionnelle à l’initiative du maire » a asséné l’avocat. « Une erreur des services en voie de règlement, a rétorqué Mimi-Imperator avant de rajouter : Je vais réfléchir à porter plainte contre moi-même. » Et il trouve ça drôle ?

UN BEAU RENFORT POUR KARIM GUERDANE. – La petite musique sociale de la liste « Biarritz bonheur » emmenée par Karim Guerdane a attiré l’attention du parti socialiste, qui a proposé son soutien au candidat. « Et on ne m’a pas posé la moindre condition » affirme le journaliste. Les derniers socialistes en carte, avec à leur tête Laurent Riberolles, devraient donc faire partie de la liste Biarritz Bonheur qui sera dévoilée la semaine prochaine.

GARE À LA BRASSE COULÉE. – Marine Batiste revient sur la promesse qu’avait faite Veunac en 2014 et qu’il n’a jamais tenue : la construction d’une piscine olympique. Une excellente idée qui enchanterait tous les Biarrots. Seul hic : en 2014, la décision n’appartenait qu’à la Ville, elle appartient désormais (comme pour les terrains d’Aguilera) à la communauté d’Agglo du Pays basque. Mais nul doute que les conseillers communautaires ne verseront pas une larme si Veunac venait à partir.

Le degré zéro de la démocratie

Le dernier conseil municipal présidé par Michel Veunac, du moins faut-il l’espérer, aura été sans conteste possible le pire de tous.

Bénédicte Darrigade est une élue discrète mais pragmatique qui, après avoir envisagé de figurer sur la liste de Didier Guillaume, va quitter la vie publique sur la pointe des pieds. Elle a voté hier soir pour les trois délibérations en faveur du BO, ce qui n’était pas la meilleure idée du monde tant les dés étaient pipés, mais a parfaitement résumé l’ambiance de ce dernier conseil municipal de la mandature Veunac qui aurait dû être léger et apaisant et s’est révélé consternant : « Le sentiment des Biarrots est que ce conseil municipal est nauséabond ».

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Bon résumé, mais est-ce vraiment étonnant avec un maire qui se contrefiche de la démocratie et dont le seul souci est d’être réélu ? Bisque, Bisque, Basque ! avait mis au défi les troupes de Veunac de trouver une seule ville en France où une délibération de cette importance est votée à quatre semaines de la fin du mandat. Et une seule ville de France où une telle pression est organisée sur les élus avec Jean-Baptiste Aldigé et ses troupes en personne dans la salle pour huer les élus récalcitrants ? Vous pouvez chercher, ça n’existe qu’à Biarritz et c’est consternant.

Officiellement, les trois délibérations pour l’aménagement d’Aguilera étaient « pour rire ». Ce n’est pas Bisque, Bisque, Basque ! qui l’affirme, mais Michel Veunac : « C’est une délibération de principe qui indique une orientation, une volonté politique, un chemin à suivre. Une délibération qui n’engage pas juridiquement ».  Belles paroles, sauf qu’en cours de soirée on découvrira que ces délibérations largement votées ne seront pas si faciles que cela à annuler, ne serait-ce qu’à cause des études qui seront lancées et des cabinets d’architectes à dédommager en cas de changement d’orientation.

Bisque, Bisque, Basque ! n’accordera donc que peu d’intérêt aux Arostéguy, Domège, Saint-Cricq, et aux affidés du maire, qui ont voté en faveur de ces délibérations. Au lieu de protester comme il se doit contre cette farce à quatre semaines de la fin du mandat, ils auront involontairement aidé le maire à se faire réélire comme on le verra un peu plus loin.

Heureusement quelques élus ont eu le cran de ne pas avoir peur des huées d’une partie du public et de s’élever contre ce nouvel attentat démocratique imaginé par Michel Veunac.

Barucq retrouve ses bijoux de famille

La première surprise est venue de Guillaume Barucq qui, en réponse sans doute au tweet moqueur du président Aldigé, a montré qu’il avait retrouvé ses bijoux de famille pour le conseil municipal. L’adjoint à l’environnement démissionne de ses fonctions pour « retrouver sa liberté de parole » et affirme dans un discours très dur pour le maire en place qu’il n’a pas « le monopole du cœur du BO » et votera contre « ce vrai-faux sauvetage »

Très inspiré le docteur Barucq poursuit en demandant que les citoyens soient consultés pour une décision de cette importance et se gausse au passage de la propagande des dirigeants du BO « Les élus seraient responsables de la situation du BO, après avoir versé plus de 10 millions au club ? »

Amigorena : « Quand c’est flou… »

François Amigorena, à son tour fustige le calendrier du maire et le « mépris stupéfiant pour la défense de l’intérêt général des Biarrots ».

Il pointe du doigt toutes les obligations que n’a pas remplies le BO, comme l’entretien de la villa Rose, affirme que « quand c’est flou, c’est qu’il y a un énorme loup » et estime qu’au vu des conditions consenties au club de rugby « toutes les sociétés de la planète voudraient signer un contrat avec la ville de Biarritz » Beau résumé.

Boissier déplore la « Main basse sur la ville »

Quel contraste entre le fourbe Michel Veunac, politicien retors prêt à tout pour sa survie et le très honnête Hervé Boissier, soucieux jusqu’à la dernière minute de son mandat de l’intérêt des Biarrots. Le premier s’accroche à toutes les branches possibles pour tenter de continue à péter dans la soie pendant six ans de plus, quand le deuxième se retire avec dignité. Quel magnifique maire aurait pourtant fait Hervé Boissier, avec son calme, sa pondération et son courage ! Nullement intimidé par les huées provenant de la salle, le conseiller chargé de la démocratie participative s’est livré à un réquisitoire impitoyable du mandat Veunac.

Hervé Boissier revient ensuite sur la commission générale de janvier et le « superbe show lyrique » du maire affirmant que « Le BO c’est l’âme de Biarritz ». Le conseiller municipal se montre sans pitié : « J’ai admiré ce bel exemple de sophisme. Moi, je m’imaginais que l’âme de Biarritz, c’était ses habitants, son océan, ses quartiers, sa vie sociale, ses artisans, ses commerçants » avant de préciser sa pensée : « Le BO est une entreprise privée de spectacles sportifs dont les dirigeants ne se sont jamais cachés d’être ici pour faire du business ». Un ange, un ballon ovale sous l’aile passe.

Et le conseiller de conclure en se demandant si des promesses n’ont pas été faites à Aldigé et aux Gave par Veunac. Comme si c’était le genre de Mimi-La-Malice de faire des promesses en douce sans en parler à son conseil municipal… Il a vraiment mauvais esprit ce Boissier !

Motsch « On marche sur du sable »

Pour s'expliquer, Nathalie Motsch se tourne vers le public.Quand Nathalie Motsch prend la parole, la tension est telle que l’ex-adjointe à l’Urbanisme est obligée de se tourner vers le public pour défendre son point de vue. Calomniée sur les réseaux sociaux, accusée de rouler en douce pour l’Aviron, Nathalie Motsch rappelle son attachement pour le club de rugby mais est bien obligée de constater que cette délibération est « la pire des infâmies de ce mandat ».

Avant de conclure, amère, « Ces délibérations n’ont aucun sens. On marche sur du sable ».

Veunac : « Ce soir, on a gagné 1000 voix »

Mais tout cela laisse de marbre Michel Veunac. Il sait parfaitement que l’essentiel pour lui est de faire croire à la famille Gave, au moins jusqu’au 22 mars, qu’il souhaite aider le BO afin de ne pas se prendre quelques saillies verbales de Jean-Baptiste Aldigé qui pourraient mettre à mal sa campagne électorale. L’adoption des trois délibérations est donc un immense soulagement pour lui. Quelques minutes après la fin du conseil, Michel Veunac, euphorique, confiera à son proche entourage : « Ce soir, on a gagné mille voix en notre faveur ».

Et les Arostéguy, Saint-Cricq, Chazouillères et autres qui ont cru sincèrement voler au secours du BO et qui découvrent qu’ils ont en fait aidé le maire à se faire réélire, ils n’ont pas le sentiment d’être légèrement cocus ?

L’oeil de Hong Kong était là pour surveiller les déclarations des élus.

Un président ne devrait pas faire ça

En guerre avec les élus qui ne partagent pas son point de vue, en guerre avec les journalistes, en guerre avec ceux qui l’ont fait venir comme Jack Isaac, Jean-Baptiste Aldigé est le vrai problème du Biarritz Olympique et son départ devrait être le préalable à toute négociation entre le BO et la Ville, tant l’ancien joueur se montre incapable d’endosser le costume d’un président. Hier soir, après avoir menacé verbalement un journaliste de Mediabask, François Berland, le président est venu assister en personne au conseil municipal avec des troupes qui huaient tous ceux qui émettaient des réserves sur les délibérations proposées. Jean-Baptiste, si tu aimes le BO autant que tu le dis, casse-toi, c’est le plus grand service que tu pourrais rendre au club…