Journal d’un buté de campagne (6)

Motsch, catégorique : « Ni Veunac, ni Arostéguy »

L’ex-adjointe à l’Urbanisme ne louvoie pas sur son positionnement au second tour tandis que la liste Veunac se fait copieusement arroser et que Saint-Cricq prépare un grand coup de balai.

C’est un petit jeu délicieux que nous vous conseillons vivement de pratiquer pendant les dernières semaines de cette campagne électorale. Allez assister à la réunion publique d’un des huit candidats et, la bouche en cœur, demandez-lui ce qui se passera s’il n’arrive pas en tête au soir du premier tour. Pudeur de rosière au moment de passer à l’acte, mouvement de menton martial, grand moment de solitude, vous aurez droit à toutes les postures humaines traduisant l’embarras, alors que les citoyens avant de voter devraient clairement savoir avec qui les candidats sont prêts à s’allier ou ne pas s’allier le 15 mars au soir : « J’ai besoin de réfléchir » … « Je ne peux pas envisager la défaite » …  « C’est une question dont je dois débattre avec mon équipe ». Et en plus, on nous prend pour des imbéciles !

Avec le beau tempérament qui la caractérise, Nathalie Motsch est la seule à se montrer on ne peut plus précise sur le sujet : « Depuis le conseil municipal du 12 février, nous sentons une dynamique en notre faveur et les gens nous disent qu’ils ont apprécié mes positions très claires que ce soit sur le Palais ou Aguilera. Mais, si je devais être battue, nous sommes tous d’accord dans mon équipe et n’aurons pas une seconde d’hésitation. Nous ne nous rallierons ni à Michel Veunac ni à Maider Arostéguy ». Voilà Michel Veunac, qui laisse entendre partout qu’il a passé un accord de deuxième tour avec Nathalie Motsch et qu’il en fera sa première adjointe, une fois de plus pris en flagrant délit de mensonge.

LA LISTE VEUNAC PREND L’EAU – Lorsqu’il a pris la pose pour les journalistes avec son équipe devant le parapet de la Côte des Basques, Michel Veunac a juste oublié un détail : vérifier la force et l’horaire de la marée. Résultat, pour la plus grande joie des journalistes présents, la liste a copieusement été douchée. Avec le sens de la phrase creuse qui le caractérise, Michel Veunac a voulu badiner sur le sujet au micro de France Bleu Pays basque : « Les éléments sont venus nous rafraîchir. C’est une bonne chose ! Je le vois comme quelque chose de bon aloi ! »  D’autres y verront plutôt le signe d’un prévisible naufrage.

RENOUVELLEMENT FAÇON VIEUXNAC – Avec six septuagénaires dans la liste dont les inusables Castaignède, Vial et Blanco et neuf sexagénaires dont Ghis Haye, on ne peut vraiment pas dire que le maire fasse dans le rajeunissement massif, même s’il s’est offert l’attaché parlementaire de Vincent Bru, François-Xavier Menou en invité surprise. Quant à la numéro deux de cette liste, Sylvie Claracq, qui s’est distinguée pendant six ans par son inféodation totale au maire, son mutisme et son absence d’idées, son amitié avec le fils de Michel Veunac n’est peut-être pas étrangère à cette inespérée promotion. Visiblement, si par malheur il est réélu, Notre-maire-que-le-monde-entier-nous envie est bien décidé à gouverner plus seul que jamais.

BARUCQ TRANSCENDENTAL – Même s’il affiche toujours les mêmes valeurs de dialogue et de concertation, le changement qui s’opère actuellement chez Guillaume Barucq frappe les observateurs. Mardi 18 février au Colisée, lors de la présentation de sa liste, le docteur surfeur se montre beaucoup plus incisif qu’à l’accoutumée : « Ce qui s’est passé lors du dernier conseil municipal est inacceptable. Tout le long de la mandature, à chaque conseil on se disait : ça va aller mieux. Et à chaque fois, c’était pire. Nous ne voulons plus de ce fonctionnement et notre liste, cohérente et compétente est faite pour gagner et non pour se rallier ». Un peu plus tard, Guillaume Barucq, qui se déclare très fier à juste titre de son action pour le sport-santé au Pays basque, estime que « cinq minutes de méditation pour tous les élus avant le conseil seraient sans doute une bonne solution ». Et si Veunac fait le poirier, c’est promis, la presse fait de même.

SAINT-CRICQ VEUT DU BALAI – L’avocat biarrot qui a réuni jeudi 20 février une petite chambrée à la Maison des associations pour la présentation de sa liste, concurrence du rugby oblige, a décidé comme première mesure de son programme, de doter les employés municipaux… d’un balai, parce que « les trottoirs sont dégueulasses, on n’en peut plus ». Peu convaincu par les outils actuels qui déplacent la saleté au lieu de l’enlever, Jean-Benoît Saint-Cricq est persuadé de la justesse de l’investissement. Et si au passage, il pouvait profiter de ces balais neufs pour permettre un grand ménage dans l’équipe municipale actuelle, Bisque, Bisque, Basque ! approuverait totalement.

LES ÉTOILES, C’EST TELLEMENT CHIC – Décidément, il est du dernier chic cette année d’avoir dans son comité de soutien ou sa liste un général dûment étoilé. Jean-Benoît Saint-Cricq n’échappe pas à la règle avec en dernière position de sa liste le général Francis Lenne, connu pour ses prises de position contre l’arme nucléaire. Peut-être va-t-il réussir à faire cesser les bombardements incessants à chaque conseil municipal ?

FAIS BISOU À BIZI – Bisque, Bisque, Basque ! est totalement fan des actions de Bizi et de la façon dont cette association sait mettre les rieurs de son côté. Et pour circuler lui-même en vélo dans la ville, il approuve totalement l’occupation momentanée du hall de la mairie par des vélos, seule piste cyclable non dangereuse de la ville. Une initiative qui a mis hors de ses gonds Michel Veunac comme en témoigne la photo prise ce jour-là, qu’un internaute farceur a légendé : « Ta piste cyclable, tu la veux sur la joue droite ou sur la joue gauche ? » Quel est le médecin qui va convaincre Michel Veunac de ne plus se mettre dans cet état et d’arrêter toutes affaires cessantes la politique ?

IL N’Y A PAS QUE LE CENTRE-VILLE – Toutes les listes déplorent la politique qui a été conduite pendant les deux derniers mandats où seul le petit périmètre sacré, allant du Palais au casino Bellevue en passant par le jardin public a été entretenu, mais presque tous les candidats ont choisi ce même périmètre pour leurs permanences. En s’installant 140 avenue du président Kennedy, la liste emmenée par Brice Morin, Lysiann Brao et Matthieu Accoh, affiche sa volonté de rester au contact de tous les Biarrots. Belle initiative.

LA BOULETTE DE FRANCE 3 – Alors que la rédaction de Sud Ouest Biarritz traite remarquablement bien cette campagne municipale avec un grand souci d’équité et des thématiques de fond qui permettent de mieux comprendre les programmes des candidats, la chaîne publique France 3 se montre visiblement beaucoup plus décontractée avec la démocratie. Elle a prévu d’organiser un débat mercredi prochain avec… cinq des huit candidats déclarés à Biarritz. Jean-Benoît Saint-Cricq, Karim Guerdane et Marine Batiste ont ainsi appris qu’ils n’étaient pas conviés. Une injustice qui a fait bondir l’avocat biarrot qui a immédiatement saisi le CSA. On espère que les candidats retenus uniront leurs protestations à celle des évincés pour ce fâcheux manquement à la démocratie.

LAPSUS RÉVÉLATEUR – Lors de la première rédaction de son communiqué, annonçant le report de son assemblée générale au… 1er avril, histoire de bien souligner le côté farce de l’opération de chantage menée par Aldigé, le Biarritz Olympique s’est livré à un lapsus très révélateur, en affirmant qu’il attendait, avant de procéder à la liquidation du club, le résultat de l’élection municipale et le nom du prochain « idylle » (au lieu d’édile). Le BO et la mairie, ça a toujours été une histoire d’amour compliquée.

L’HUMOUR D’AMIGORENA – Fustigé aussi bien par la Ligue professionnelle de rugby que par le magazine « Têtu » pour ses commentaires sur « Barucq et sa copine Amigorena », Jean-Baptiste Aldigé s’est livré à une esquisse de laborieuse repentance en affirmant que ses mots avaient dépassé sa pensée et qu’il n’est nullement homophobe. Sur sa page Facebook, François Amigorena s’est surtout étonné du manque de solidarité de certains élus qui n’ont pas cru bon de s’indigner face aux propos du président du BO. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il se montre autrement percutant qu’Aldigé.

18 réflexions sur “Journal d’un buté de campagne (6)

  1. Rooooh, Monsieur Violier : « seul le petit périmètre sacré, allant du Palais au casino Bellevue en passant par le jardin public a été entretenu ». Mais Jardin public à sa limite extérieure, alors ! vous l’avez vu ? Il est en ruine et… désert, évidemment. L’arpentant quotidiennement, je n’y croise personne. Pourtant, quand mes copains et moi y apprîmes à faire du vélo, il était super animé, agréable et sympa.
    Faire revenir des enfants en ville : bel objectif. Et ce Jardin public, quel lieu idéal pour y faire ses premiers pas, tours de roues de vélo ou de skate. Promis : Nathalie Motsch et ses acolytes le referont

    • Le refaire, c’est en sans nul doute une excellente idée.
      Mais quand on voit les protestations que soulèvent le moindre arbre enlevé, même s’il est remplacé par plusieurs autres… (cf. les fameux Tilleuls), ce n’est pas gagné ! Et pourtant, même si l’on conserve les arbres les plus intéressants, un VRAI projet paysagé, au goût du jour (et pas un espace 100% minéral comme on en voit partout), nécessitera malgré tout une refonte complète si l’on veut un projet cohérent, avec des circulations et espaces de vie revus.
      Espérons que ce lieu fera l’objet d’un vrai concours de paysage, ce ne sont pas les vraies agendes de paysage et d’urbanisme qui manquent, avec des concepteurs professionnels DPLG passionnés par leur métier, et le végétal of course.

    • Je peux même ajouter que quand j’appris à faire du vélo, AUCUNE ALLÉE n’était macadamisée… on dérapait peut-être un peu plus sur la terre caillouteuse qu’ensuite, mais nos grands-mères avaient des potions magiques terribles qui séchaient les larmes en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire. Et quand on avait soif d’avoir trop couru, un petit point d’eau charmant nous abreuvait tout en nous arrosant copieusement le visage. C’était chouette 😃 sans parler des parties de cache-cache entre deux passages du gardien (interdiction de marcher sur les pelouses) : oui, oui, il y avait suffisamment de végétation pour pouvoir s’y cacher !
      Il faut totalement repenser cet espace, l’horizontaliser pour faciliter son accessibilité aux PMR et personnes âgées et… permettre aux enfants de fouler les pelouses : ce sera ma revanche d’homme mûr sur le garde-champêtre 😛

      • Aujourd’hui dans ma boite aux lettres Biarritz ensemble et le programme de Saint Cricq. Jacques, soit rassuré il compte lui aussi s’occuper du Jardin Pubique (sic !). Chouette on va pouvoir s’éclater à Biarritz ! D’autant qu’il n’y a plus de garde champêtre… On dirait que depuis B. Griveaux tout le monde se lâche non ? Pardon Jean Yves, je me permets des diversions souriantes sur vos colonnes nous en avons bien besoin.

  2. Ce général souhaitait s’engager avec EELV. Le voilà avec Saint-Cricq. Que pouvons-nous en déduire ? Des convictions du général ou de l’incapacité de EELV à penser autrement qu’en boutiquier ? Un petit capital symbolique à faire fructifier certes, mais l’épicerie solidaire qui se rêve en grande surface bio doit encore faire la preuve de sa capacité à saisir pleinement le monde qui l’entoure.

    • Le colistier de Nathalie Motsch, l’excellent Éric Ménard, représentant du parti à Biarritz, a été éjecté manu militari (et c’est vraiment la bonne expression) d’EELV en deux jours. Il avait jugé notre programme en totale cohérence avec son mouvement et avait inspiré certaines mesures indispensables, idées partagées par Madame Motsch et l’ensemble de l’équipe. EELV a préféré comme d’hab, les querelles de boutiquiers au courage de l’engagement de son membre dont Biarritz a besoin. C’est Antoine Waechter en personne qui a remarqué l’intérêt programmatique de notre liste qu’il est venu soutenir lui-même… qui ne fait pas de politique politicienne. D’où peut-être la valeur de ce soutien.

  3. Il serait en effet pertinent que les différents candidats fassent de même que N. Motsch et se prononcent clairement avant le premier tour… pour éviter une surprise désagréable au second !
    J’espère de tout coeur, pour Biarritz, que nous n’aurons pas le duo Arostéguy/Veunac en tête, car j’ai bien peur que G. Barucq, appâté par un poste d’adjoint bien placé, la rejoue comme en 2014…
    Mais bon, nous aurons bien quelques sondages d’ici-là, même si l’on sait qu’il faut les prendre avec un peu de recul. Mais une alliance Barucq/Motsch au second, à condition que cette dernière dépasse les 10%, pourrait conduire à quelque chose d’intéressant. Bref ! Je suppute, je suppute…

  4. Le candidat ou candidate qui ne remplit pas le Colisèe ou casino municipal durant la campagne ne peut sérieusement prétendre etre pr^ésent(e) au deuxième tour.
    Ce n’est pas au café du commerce autour de 30 personnes dont la plupart font parti du comité de soutien du candidat(e),que se joue l’avenir de Biarritz.
    Croire le contraire ,à 3 semaines des élections n’est que chimère, rêves en bleu ou…vert.

  5. Difficile de pronostiquer le résultat d’élection sur la façon dont se remplit ou pas le Colisée. La campagne se joue plus dans les têtes que dans réunions. Beaucoup lisent les programmes, les commentent entre eux et se forme soudain une prise de conscience collective qui emporte tout. En ce moment, l’équipe Veunac prend l’eau de toute part (même l’océan s’y met). L’équipe Arosteguy après un départ sur les chapeaux de roue, marque le pas du fait d’une proximité avec des gens fort peu recommandables. Par sûr que les projets manifestement trop vélocipédiques de Barucq entraînent les Biarrots… Les choses bougent. Il est trop tôt pour voir clair. Y aura-t-il une surprise ? A ce stade de la campagne, ce serait souhaitable. Trop de réserves s’accumulent sur les listes favorites.

    • Pas facile de pronostiquer, certes. Mais on peut procéder par élimination. La candidature du sortant prend l’eau, OK. Arostéguy et Saint-Cricq ont voté la honteuse délibération du sortant. Dehors ! Barucq a démissionné mais il a prudemment attendu le dernier conseil : vous parlez d’un courage ! Morin et Guerdane, plutôt sympathiques et pas compromis, mais peu de chance de l’emporter, ou alors grosse surprise. Marine Batiste a déclaré forfait. N. Motsch a annoncé qu’elle ne se rallierait ni à MV ni à Arostéguy. Qu’attendent les autres pour afficher leur position au second tour ? On manque de courage ? On a envie d’un fauteuil ? S’agissant du pronostic je ne sais pas trop mais le choix, lui, n’est peut-être pas si difficile…

    • Naila Sezor, vous apportez de l’eau à mon moulin, pour se faire une idée des programmes il faut bien aller aux réunions publiques.
      Vous nous dites que les gens lisent les programmes, moi j’en suis à 1 programme papier dans ma boite aux lettres, celui d’Arostéguy,et nous sommes à 3 semaines des élections!
      Quant aux blogs ou sites des candidats,à part celui de Barucq qui est mis régulièrement à jour, ils sont inconsistants.

  6. Je doute que la très courte intervention de Motsch au dernier conseil municipal du 12 février ai pu lui apporter une quelconque dynamique. Intervention bien mise à mal par Chazouilleres qui a su lui rappeler qu’elle avait voté favorablement durant le mandat Veunac,à deux reprises l’évolution du dossier d’Aguilera. Il suffit de voir sa mine très embarrassée sur la vidéo à ce moment là. Elle n’a rien eu à répondre à Chazouilleres, dont acte.
    C’est ce qui s’appelle se faire clouer le bec.
    À la toute fin du conseil Motsch tente une escarmouche envers Veunac, mettant en avant l’abandon des écoles, reclouage de bec par le Maire ,lui rappelant la construction de l’école de saint Charles.
    Madame Motsch a beau communiquer à tout va, quoiqu’elle voudrait nous le faire croire, la mayonnaise ne prend pas.
    Motsch est resté 5 ans adjointe à l’urbanisme, nous parle t elle de son bilan? Que nenni.
    Il ne suffit pas d’attaquer pour exister,et surtout pour emporter la victoire.
    Quand à prétendre renoncer au deuxième tour à telle ou telle alliance, encore faut il faire 10% au premier tour,et à en croire le sondage sud ouest du 30 janvier,ce n’est pas gagné pour cette candidate.

    • Vous parlez de CHAZOUILLERES, ce chevalier BCBG qui suit tatie Maider ( celle qui avait voté pour la cité de l océan, défendu bec et ongles F FILLON , qui a voté pour le Palais et qui vote pour le plateau d Aguiléra….En matière de lucidité politique, on peut faire mieux, et il y a certainement consistance à fermer le bec du gendre idéal…

    • On va enfin comprendre que communiquer à tout va et afficher un beau portrait alors qu’on veut gagner l’égalité homme/femme, ne suffisent pas pour gagner. La meilleure des campagnes et la plus belle figure feront gagner dixit les sondeurs 0,5 à 1%. La bataille virtuelle restera virtuelle avec ses bénéfices secondaires comme l’ivresse sur un dépressif . Ça sera un accès maniaque.les 3/4 des électeurs biarrots ne suivent pas les réseaux sociaux et le vacarme des rues, donc celui ou celle qui sera élue sera celui où celle qui aura apporté le plus d’authenticité et de simplicité.

Répondre à Stéphane Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s