Le vilain rapport à l’argent de Veunac

À la fin du premier conseil municipal de sa mandature, Michel Veunac a emprunté 6 500 euros à sept de ses adjoints qui attendent toujours leur remboursement. Une distraction, sans doute.

Ce n’est pas un hasard si Michel Veunac est fan d’Enrico Macias et en particulier de sa chanson : « Donnez-moi, donnez-moi, Dieu vous le rendra ». Parfois des mimiques en disent beaucoup plus qu’un long discours. Si vous interrogez ses anciens colistiers sur le rapport à l’argent de Michel Veunac, vous aurez droit à tout une gamme de soupirs éloquents, sourires crispés ou sourcils froncés. En effet nombre d’entre eux ont le sentiment de s’être fait arnaquer en beauté par le maire de Biarritz et n’ont pas digéré sa façon de fuir depuis six ans les questions qui fâchent. Si l’engagement politique du jeune Michel Veunac a sûrement été sincère, très vite l’argent est venu polluer son parcours de sociologue qui n’avait pas beaucoup de travail mais qui trouvait des mains tendues auprès de ses amis politiques, à Pau, à Bayonne ou à Bordeaux.

C’est ainsi qu’en 2012, la ville de Bayonne avait payé 56 000 euros au cabinet MVC (Michel Veunac Consultant) une étude impérissable sur « Les rassemblements festifs des jeunes dans le petit-Bayonne », ce qui avait fait dire à l’élue socialiste Colette Capdevielle que « des pratiques de ce genre ne sont plus acceptables ».

Dans le même genre, on avait découvert que pour financer sa campagne des municipales de 2014, celui qui était à l’époque l’adjoint à la communication et au tourisme de Didier Borotra n’avait pas hésité à emprunter à l’un des principaux fournisseurs de la ville, Jacques Darrigrand, 15 000 euros. Au niveau morale républicaine, on a vu mieux. Il n’était donc guère étonnant que sur l’élan, ce jeune talent prometteur tape tous ceux se trouvant sur sa liste. Et qu’il oublie complètement de les rembourser.

https://jeanyvesviollier.com/2014/02/02/i-les-discutables-acrobaties-de-lelu-michel-veunac/

https://jeanyvesviollier.com/2014/02/02/ii-un-souciologue-a-bayonne/

Les adjoints, au rapport !

Le piège à gogos désireux d’être élus a fonctionné en deux temps et ceux qui en ont été victimes sont tellement honteux de ce qui leur est arrivé qu’ils préfèrent, par peur du ridicule, raconter sous couvert d’anonymat. Mais que Mimi-la-Malice ne se réjouisse pas trop vite. Certains de ses proches se sont retirés de la vie publique, parfois volontairement, parfois involontairement et les témoignages sont tellement nombreux, tellement précis que l’histoire ne fait pas le moindre doute.

Dans un premier temps, comme nombre de candidats, Michel Veunac souhaite que tous ceux qui peuvent l’aident à financer la campagne. Une démarche habituelle pour un candidat à une élection municipale. La plupart donc, de sortir leur carnet de chèques et de recevoir en retour une attestation leur permettant, comme le prévoit la loi, de déduire une partie de la somme versée de leurs impôts, ce qui va contribuer à les rassurer.

Première surprise à quelques jours du premier tour, lorsque Veunac demande à tous de restituer les attestations distribuées en expliquant qu’on leur rendra dans quelques jours.

Sur ce l’élection arrive et, au deuxième tour, contre toute attente la coalition Veunac-Lafite-Barucq, l’emporte sur Max Brisson et ses alliés Tardits et Saint-Cricq. Dans l’ivresse de la victoire, plus personne ne se soucie des attestations ni du remboursement des frais engagés, persuadé que tout arrivera en son temps.

La deuxième mauvaise surprise survient à la fin du premier conseil municipal. Un ancien adjoint raconte : « Lors de ce premier conseil municipal, où déjà on percevait les futures tensions, Veunac se dirige vers sept d’entre nous et, sans un mot d’explication, nous intime l’ordre de le retrouver dans son bureau. J’étais sidéré par le ton comminatoire qu’il employait et je me souviens que tous les sept nous regardions nos chaussures en nous demandant bien quelle boulette nous avions commise ». Selon tous les témoignages, les sept « punis » étaient Jocelyne Castaignède, Nathalie Motsch, Peio Claverie, Régine Daguerre, Patrick Destizon, Françoise Mimiague et Michel Poueyts. Comme toujours quand il est en tort, Michel Veunac prend alors un air excédé : « Il nous faut boucler nos comptes de campagne. Il me manque 6500 euros et j’ai besoin que vous me fassiez un chèque ».

Aucune échappatoire n’est possible, car Super-Mimi a tout prévu y compris d’exiger des sommes proportionnelles aux revenus de chacun. C’est ainsi que Peio Claverie, Jocelyne Castaignède et Nathalie Motsch seront chacun délestés de 1500 euros, tandis que les « chanceux » Poueyts, Destizon, Daguerre et Mimiague ne sont rançonnés qu’à hauteur de 500 euros. Chacun est éberlué, d’autant plus qu’une fois les chèques empochés Veunac part sans dire un mot. Tout le monde essaie de se rassurer comme il peut face à cette ponction imprévue « Le maire est stressé par ses nouvelles fonctions. Il va nous rendre cet argent dès qu’il sera remboursé de ses frais de campagne ».

« Tu es grassement payé comme adjoint »

Le temps passe et comme sœur Anne, les « simples » conseillers municipaux tout comme les adjoints ne voient rien venir et n’entendent parler de rien. Les premiers ne récupèreront jamais leur attestation qui leur aurait valu une déduction fiscale et les autres se feront sévèrement rembarrer quand ils oseront parler d’argent au maire plus d’un an après, alors que les frais de campagne avaient été remboursés depuis longtemps. Patrick Destizon sera un des plus virulents et protestera à de nombreuses reprises, ce qui ne l’empêchera pas de rejoindre la liste Veunac 2020… Quand on aime souffrir ! À un autre qui tentera d’évoquer le sujet, la réponse sera cinglante : « Tu oses te plaindre alors que tu es grassement payé comme adjoint ? »  se serait contenté de répliquer Michel Veunac, superbe, en tournant les talons immédiatement. Selon les témoignages, seul Hervé Boissier qui aurait interpellé publiquement l’épouse du maire, aurait été remboursé.

Pas de chance pour les lecteurs de Bisque, Bisque, Basque !  Michel Veunac a totalement refusé de répondre au SMS que nous lui avons envoyé.

Six ans après et alors que le maire souhaite se faire réélire, la question se pose donc de savoir ce que Michel Veunac a fait de cet argent. Seuls des esprits chagrins pourraient s’imaginer qu’il l’a mis dans sa poche et gardé pour lui. Trois hypothèses demeurent donc :

– Soit le maire sortant a remboursé en douce certains de ses adjoints et pas d’autres et dans ce cas-là, il serait intéressant qu’il nous explique pourquoi.

– Soit Michel Veunac a largement dépassé le plafond légal prévu par la loi pour les frais de campagne. Pour masquer sa tricherie il a fait payer ses colistiers en sachant parfaitement qu’ils ne seraient pas remboursés. Et il s’est bien gardé de leur dire.

– Soit Michel Veunac, trop occupé par son écrasante tâche de maire pendant six ans, a fait preuve d’une distraction totale et il va donc se faire un plaisir de mettre ses comptes à jour avant la fin du mandat et de rembourser ce qu’il doit à ses adjoints involontairement plumés.

Qui osera dire après ce récit que Veunac, ce n’est pas la créativité au pouvoir ?

Cet argent qui pollue totalement la vie municipale

C’est un site que tous les citoyens devraient consulter tant il apporte d’informations sur nos élus. Comme tous les maires, présidents ou vice-présidents d’agglomération, Michel Veunac a dû par deux fois déclarer ses revenus à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie publique.

https://www.hatvp.fr/

Point n’est besoin d’être inspecteur des impôts pour découvrir, lors de sa première déclaration de 2015, qu’il ne roule pas sur l’or, ce qui arrive à des gens très bien. En revanche, en 2017, lors de sa deuxième déclaration au moment de sa nomination comme vice-président de la communauté d’Agglo Pays basque, tout baigne pour le beau Michel. En 2016, entre ses revenus de maire, son mandat de conseiller régional et sa vice-présidence, Notre-maire-que-le-monde-entier-nous-envie dépasse les 108 000 euros bruts annuels. Et au même moment, il explique à ses adjoints qu’il ne peut pas les rembourser avec ses modestes émoluments !

Étonnez-vous après cela que Veunac se redécouvre en 2020 une passion brûlante pour les Biarrots et l’envie à 74 ans, après un premier mandat catastrophique aux dires de tous, d’en faire un second qui sera sans nul doute encore pire.

D’autant plus qu’il y a un petit détail mis en avant par les gilets jaunes au moment de la rédaction des cahiers de doléances que les politiques ont malencontreusement oublié en route. Contrairement aux citoyens ordinaires qui paient des impôts sur l’ensemble de leurs revenus annuels, les élus sont prélevés à la source sur chacune de leurs indemnités et bénéficient donc d’une fiscalité beaucoup plus douce que le commun des mortels. Ajoutez à cela pour un maire comme celui de Biarritz, les invitations un peu partout, les buffets gratuits, le plaisir de serrer la louche à Macron et vous comprendrez qu’on est loin de l’indemnisation symbolique voulue par le législateur aux débuts de la Ve République.

Avec 1100 euros pour un adjoint et 600 pour un conseiller municipal en charge d’une délégation, on est là aussi en apparence sur des indemnisations modestes. Mais malheureusement pour certains, à cause de pensions alimentaires à verser, d’une carrière discrète ou de retraites modestes, garder à tout prix cette petite rente mensuelle devient vital. Le vote en faveur de l’Hôtel du Palais s’explique en grande partie ainsi et a été le fait de conseillers bénis-oui-oui qui avaient trop peur de s’opposer au maire et de perdre ce qu’ils touchaient. Et la même explication est sans doute valable pour ces vieux chevaux de retour qui n’ont pas une fois exprimé leur différence dans toute la mandature passée, pas une fois lancé une idée originale et qui continuent leur carrière de courtisans dans la liste Veunac avec l’espoir insensé de manger quelques miettes du gâteau municipal pendant six ans de plus.

Je pense en particulier à ce simple conseiller municipal en 2014 qui ne cessait de qualifier le maire « d’autiste » à chaque fois que nous nous croisions. Devenu subitement adjoint par le jeu des démissions multiples subies par la majorité municipale, il ne tarit plus d’éloges pour le maire actuel et en reprend pour six ans avec enthousiasme.

En politique, c’est bien connu, rien ne vaut les convictions !

 

 

13 réflexions sur “Le vilain rapport à l’argent de Veunac

    • Une fois de plus, dans un exercice qui lui est familier, Monsieur le complimenteur en chef se montre grandiose, admirable, universel, inspiré, excellentissime, dithyrambesque, planétaire, flagornique, échevelé, incommensurable, équilatéral, dantesque, ciropompologue et bien d’autres choses encore. Si Mme Motsch est élue, et pourquoi pas, elle aura au moins auprès d’elle un vizir tout trouvé pour commenter avec ferveur et enthousiasme ses moindre propos. Pour l’instant, il s’entraîne avec M. Viollier, qui a dû une fois de plus repartir en orbite (je le dis avec toute ma sympathie bien entendu), ce qui nous promet de belles envolées !

  1. Incroyable… On a du mal à croire cette histoire de gros sous… Ce rapport semble pourtant bien étayé…

    Envoyé de mon iPhone

    >

  2. Non Jean Yves …..Mr Veunac a des convictions et c est par conviction qu’il defend non seulement
    sa candidature mais surtout l’age pivot de depart a la retraite à 80 ans pour les élus…..dans le
    besoin .
    Plus de 100000 euros par an pour un homme aussi qualifié …..avouez….c est tres peu !

  3. Egun on deneri

    56 000 euros pour du conseil sociologique : j’aimerais pour mes missions de conseil être aussi bien payé et avec des clients bons payeurs. Egiazki, en vérité, il y a quelque chose de pourri dans le monde et dans l’argent.

    Comment faire un monde plus juste, plus égalitaire ?

    Je suis loin des comptes de Michel Veunac et compagnie…

    A suivre
    Segi

  4. Désopilant et pahtétique …….. »en même temps ».
    C’est vrai qu’on en rirait franchement si l’envie de pleurer ne nous rattrapait pas aussi vite. Bravo pour le travail d’investigation. Pauvre Biarritz !!

  5. Il serait intéressant de tracer ( montants et destinataires) toutes les subventions accordées ces 6 dernières années par Biarritz ou l’agglomération sous Vice Présidence de l’immonde et répugnant Veunac.
    On y trouverait quelques belles Surprises : des associations lucratives sans but ni action réelle, des petites facilités bien utiles pour lancer des petites affaires parasites (un local par exe.) , une pratique (partagée sur tte l’agglo par un petit réseau ami) régulière du piqué copié collé des idées qu’ils n’ont pas pour le compte des amis locaux, qu’ils soient incompétents ou intentionnellement saboteurs, des entreprises malines et sans clients maintenues artificiellement à flot, etc..
    Et ensuite, comparer avec quelques indicateurs économiques et sociaux imparables. Pas ceux de la communication institutionnelle, experte en bonnes nouvelles, d’autres qui nous donneront l’étendue du désastre (dont aucun candidat ne parle étrangement)
    Il y a Veunac, et sa personnalité incompatible avec un mandat public, et il y a les petits réseaux d’amis. Les ressources de la Ville ont été grignotees petit à petit, pour le résultat que nous constatons effarés.L’assainissement et la transparence des finances publiques est aussi vital que l’assainissement de nos eaux usées.
    Un stagiaire en gestion de patrimoine (public) aurait mieux géré la Ville. Veunac est la partie visible d’un système qui a pris de mauvaises habitudes, rétif aux changements qu’il faudra sérieusement opérer pour remettre Biarritz sur les rails,. Un nettoyage des écuries sera nécessaire, de fond en comble. Virer Veunac n’est que la première étape d’une reconquête citoyenne de Biarritz. J’espère que les candidats en ont pris conscience…

  6. Selon de persistantes rumeurs, Madame pousserait son pauvre mari de Maire à se représenter pour venir en aide à leur fils… Ne cherchez pas plus loin.

  7. Monsieur VEUNAC peut et doit faire gratuitement une étude sur les rassemblements festifs des jeunes à BIARRITZ place Clemenceau ! Samedi dernier 15 février 2020 je suis restée DE 22 HEURES à 3 HEURES du matin à l’entrée de la RESIDENCE BELLEVUE CLEMENCEAU et je n’ai pas eu besoin de faire une étude pour me rendre compte que des filles et des garçons étaient dans la rue avec des bouteilles d’alcool et croyant que j’étais policière ne rentraient pas dans la résidence ou bien je refusais simplement l’accès car propriété privée. J’ai compris pourquoi le dimanche matin et le lundi je trouve des mouchoirs, des bouteilles, des excréments, des vomis, des préservatif des cigarettes etc… la résidence horrible, j’ai demandé tout simplement aux jeunes filles et garçons pourquoi ils urinaient dans la résidence BELLEVUE CLEMENCEAU et bien ils répondent : PAS ASSEZ DE WC ET NON PROPRES dans la boite de nuit LE PLAY BOY et aucun WC ouvert dans BIARRITZ et INEXISTANT depuis les HALLES jusqu’au GALERIE LAFAYETTE. (et ce n’est pas faute de l’avoir fait remarquer pendant 6 ANS aux élus.)

  8. Ouh là là, Bonjour la boule puante!
    Pour rester sur la campagne, débat hier soir sur france 3 des 7 candidats.
    Ça commence mal pour Veunac qui sort d’une grippe « excusez moi je suis sans voix » aie aie mauvais labsus, décidément après la photo qui prend l’eau!
    Lysiann Brao,candidate eelv crève l’écran par sa personne et l’aisance de son élocution, Karim Guerdane malgré un duplex s’en tire très bien. Motsch veut mettre des caméras partout, des bornes d’appel immédiat pour la police,ou là là , elle me fait froid dans le dos . Saint Cricq fait mouche en ironisant sur l’expression de Barucq et motsch, ‘ville éponge’ en expliquant que c’est irréaliste avec une ville toute en pente.
    Et enfin Arosteguy en correspondance avec son programme.

    • Saint Cricq croit ironiser, mais l’ironie doit stimuler l’Intelligence, alors que sa remarque est ridicule. Le principe même d’une éponge est… d’éponger. Encore un qui ne fait pas trop la vaisselle ou le ménage chez lui. Et puis l’éponge est un organisme vivant, ce que cet opportun de l’écologie devrait savoir. En plus, il a l’air très satisfait de lui-même. Parfois drôle, mais profondément creux.

  9. Le rapport à l’argent , chaque électeur a désormais suffisamment d’éléments pour se prononcer à l’occasion des futures élections dans notre pays !
    Suivi médiatique du procès FILLON ( Fin de la première journée d’audition du jeudi 27 Février 2020).
    https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/procès-fillon-«-madame-nous-avons-mal-pour-vous-»-lance-le-procureur-à-penelope/ar-BB10tUUD?ocid=spartandhp
    https://www.msn.com/…/à-la-barre-penelope-fill…/ar-BB10ux96…
    https://www.msn.com/…/collaboratrice-discrète-…/ar-BB10tZlL…
    https://www.msn.com/…/à-son-procès-françois-fi…/ar-BB10tHTj…
    https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/penelope-fillon-«il-ny-a-pas-beaucoup-de-preuves-concrètes-de-ce-que-je-faisais»/ar-BB10uk1e?ocid=spartandhp
    Question de fond
    Justice digne ou indigne de confiance ?
    A l’ issue de cette affaire « Hors Norme »
    La question posée restera t’elle sans réponse , les électeurs jugeront !

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