Barucq tournicote et Arostéguy rigole

Pendant que Maïder Arostéguy repart avec sa liste du premier tour, Guillaume Barucq discute avec tout le monde et oublie le message des électeurs.

Guillaume Barucq a multiplié les appels du pied et semble désormais en grande difficulté pour présenter une liste cohérente et respectueuse des suffrages exprimés.

Le sport et la politique ont beaucoup de similitudes : quand Serge Blanco, unanimement reconnu comme le meilleur arrière du monde, jouait les phases qualificatives avec son cher Biarritz Olympique et perdait le match, il ne proposait pas ses services au Stade Toulousain pour jouer le dimanche suivant et restait à la maison pour suivre la fin de la compétition. Ce n’est pas faire injure à Éric Bonnamy ou Laurent Ortiz que d’affirmer que s’ils étaient les meilleurs élus du monde, quelqu’un s’en serait sans doute aperçu pendant cette mandature. Si rien ne change d’ici mardi, date limite de dépôt des listes de second tour, les voilà pourtant pressentis pour intégrer la liste recomposée de Guillaume Barucq, tandis que Patrick Destizon et Louis Vial, qui eux non plus n’ont pas grand-chose à voir avec l’aristocratie des adjoints en poste, tapent avec insistance à la porte du docteur à catogan. Les Biarrots sont sauvés !

À toutes les questions de Bisque, Bisque, Basque !  Guillaume Barucq se contente de répondre : « Pas de précipitation. Rien n’est encore acté. Soyez patient » avant de préciser dans un deuxième message : « Vous faites de la politique-fiction. Attendez mardi de découvrir notre liste de renouvellement+++ »

Pour aider les électeurs à s’y retrouver dans ce salmigondis si typiquement biarrot, nous allons donc partager avec vous les informations en notre possession, même si elles changent pratiquement d’heure en heure, et en profiter pour rappeler quelques principes républicains de respect du vote des électeurs.

Veunac essaie de fourguer son entreprise en faillite

Sévèrement fessé au soir du premier tour, Michel Veunac continue néanmoins à manoeuvrer. ( Photo Sud Ouest )

Et commençons par notre champion toutes catégories. Pas un maire sortant d’une ville de plus de vingt mille habitants ne s’est retrouvé cinquième avec 12,22% des voix, mais ce n’est pas ce genre de détail qui va arrêter notre maire-rien-qu’à-nous-que-le-monde-entier-nous-envie, qui essaie à tout prix de tirer encore quelques profits de son entreprise en faillite. La semaine dernière, une réunion houleuse a opposé l’actuel maire à ses colistiers, lui demandant quelle stratégie il compte adopter pour le second tour. Mimi-la-Malice s’est bien gardé de répondre, alors qu’il a fait le tour de toutes les listes pour tenter de négocier son soutien en échange de l’intégration de Claracq, Bonnamy et Ortiz et de l’obtention d’une SEM pour lui, histoire de prendre encore quelque menue monnaie.

Rapidement éconduit par Maïder Arostéguy qui le considère comme une machine à faire perdre des voix, ce qui démontre une lucidité certaine, notre brillant stratège a imaginé une alliance avec Saint-Cricq pour peser sur l’élection. Mais l’avocat biarrot qui a le sentiment de s’être bien fait rouler dans la farine en 2018 au moment du vote de l’Hôtel du Palais, s’est bien gardé de donner suite, décidant de maintenir sa liste pour le deuxième tour.

Veunac savait parfaitement qu’avec Nathalie Motsch, qu’il craint beaucoup, toute alliance était impossible. Sans aucune dignité, il a tout de même envoyé des émissaires qui ont affirmé à « Calamity Nathalie » que le maire sortant était prêt à la soutenir si elle renonçait à son recours contre lui au moment du vote de l’Hôtel du Palais. Tiens, tiens, on a peur ?

Barucq tombe dans le piège

Veunac s’étant fait claquer le museau presque partout, il ne restait plus qu’une porte à tenter d’entrebâiller. Mimi-la-Malice a alors entonné auprès de son adjoint à l’Environnement le grand couplet de « Biarritz ville centriste » qui n’est pas prête à tomber dans les bras d’une candidate de droite mais rêve d’un maire rassembleur comme Didier Borotra ou… lui-même. Une idée que partage visiblement Guillaume Barucq même s’il affirme que rien n’est fait. Lors d’une interview à France 3, le 26 mai, Docteur-surf laisse filtrer un peu sa stratégie : « Ma liste peut se maintenir en créant un grand rassemblement autour de l’écologie, de gauche à droite, avec une équipe de personnes complémentaires et compétentes. » Complexe de l’élève face au maître tacticien ? Visiblement Veunac préoccupe beaucoup Guillaume Barucq : « Va-t-il se maintenir ? Se retirer ? Et dans ce cas-là soutenir une liste ? J’attends de voir. J’ai été son adjoint pendant six ans : je l’ai aidé à gagner en 2014… ». Si ce n’est pas un appel du pied… Avant de laisser pointer le bout du catogan dans cette réflexion finale : « Je préfère un couple à deux qui fonctionne, qu’un ménage à trois qui dysfonctionne, ou à quatre, qui explose… »

Après l’avoir laissé poireauter une bonne semaine, Guillaume Barucq a rencontré Nathalie Motsch jeudi soir pour lui proposer une… sixième place sur sa liste, tandis que Lysiann Brao pourtant numéro deux de la liste EHVS et devancée de presque deux points par la liste Motsch se retrouve en quatrième position. De façon fort prévisible, Nathalie Motsch a refusé cet affront et a claqué la porte en décidant de maintenir sa liste.

Arostéguy, droite dans ses bottes

Peu de jours après le début du confinement, lors d’un échange téléphonique, Maïder Arostéguy avait confirmé son intention de repartir avec sa liste et de refuser les mains tendues de Michel Veunac et Jean-Benoît Saint-Cricq, estimant qu’ils incarnaient un passé et une façon de faire de la politique dont les Biarrots ne veulent plus. Deux mois plus tard, la candidate n’a pas dévié d’un pouce de la ligne tracée, déposant sa liste quatre jours avant la date limite et réaffirmant lors d’une conférence de presse vendredi sa conviction que les Biarrots n’en peuvent plus des « tripatouillages » permanents que leur a fait vivre Veunac. L’observateur local est bien obligé de reconnaître que la candidate LR a parfaitement saisi le message adressé par les Biarrots le 15 mars et manifeste beaucoup de sens politique. Et comme, pour être élu, il faut comme en sport avoir parfois un peu de chance, il semblerait que le dossier du BO, sujet sur lequel Maïder Arostéguy a parfois semblé mal à l’aise, ne refera pas surface avant le 28 juin, la DNACG, le gendarme financier du rugby, estimant qu’il faut laisser les clubs tranquilles avant de prendre des décisions.

Et si on respectait les électeurs biarrots ?

À mon sens, jamais dans l’histoire de Biarritz, résultat électoral n’a été aussi limpide que celui exprimé par les Biarrots le 15 mars dernier et Guillaume Barucq, en jouant le jeu des alliances improbables sauce Biarritz, commet une énorme erreur. Deux faits sont totalement incontestables. Michel Veunac a pris au premier tour une fessée comme jamais maire sortant n’en a pris. Ce n’est pas seulement sa personne que les Biarrots ont sanctionnée, mais aussi sa façon de faire de la politique.

Discuter, même si cela n’aboutit pas, avec les membres de cette liste, au vu du désastre que nous avons subi pendant six ans, constitue une faute majeure. Tous ceux qui ont soutenu Michel Veunac, tous les bénis oui-oui qui ont choisi de ne rien dire des abominations qui se passaient à la Ville pour sauver leur indemnité d’adjoints ou leurs délégations ne méritent pas d’être repêchés et ne peuvent figurer dans une liste Barucq qui affirme vouloir le renouvellement.

Le ticket-Barucq, Motsch, Morin séduisait les Biarrots. Pourquoi le refuser?

Par ailleurs, les Biarrots ont établi une hiérarchie avec leurs votes, Nathalie Motsch talonnant Guillaume Barucq et devançant la liste EHVS. Un vote très cohérent où tous les partisans de la fermeté républicaine face aux pressions de Jean-Baptiste Aldigé se sont retrouvés au coude-à-coude. Prendre en compte les votes des Biarrots, c’est présenter face à Maïder Arostéguy mardi, une liste où Guillaume Barucq est le numéro 1, suivi par Nathalie Motsch en deuxième position et Brice Morin en troisième position. Avec le soutien de Karim Guerdane, qui souhaitait voir cette liste de tous ses voeux et dont le talent politique doit être utilisé même s’il a fait un score modeste.

Tout le reste, c’est de la petite tambouille électorale, une tentation de « biarrotiser » l’élection avec des alliances improbables et des petits arrangements entre amis que les Biarrots ne supportent plus, c’est enclencher irréversiblement la machine à perdre. C’est bien connu, en sport comme en politique « la peur de gagner » fait commettre parfois des erreurs colossales. Barucq a encore trois jours pour se ressaisir et jouer sa balle de match. 

Tohu-bohu à la mairie

Jusqu’à la dernière minute, il nuira à sa ville ! Sans le moindre scrupule, Michel Veunac continue à prendre des décisions qui engagent l’avenir de Biarritz. Ainsi, avant la date du 28 juin il a prévu de tenir un ultime conseil municipal, où l’adjointe aux Sports Stéphanie Ricord présentera sa démission, car il l’a fait nommer entre temps Directrice des Ressources Humaines de la Ville. Une nomination qui est loin de faire l’unanimité en interne, où l’élue est peu appréciée et qui agace les candidats au poste de maire qui ont l’impression qu’on leur force la main. Dans la rubrique, « C’est un bonheur de travailler à la mairie », notons aussi la démission de la directrice de la communication qui a adressé à tous les chefs de service une lettre où elle détaille ce qu’elle a enduré. En attendant une nouvelle nomination, c’est l’inusable Claire Ripert qui va assurer l’intérim, tandis que la liste des employés tombés au front s’allonge sur le monument aux morts de la mairie.

Les Charentes n’ont pas de piment mais des idées

Pour relancer la machine économique, la Charente et la Charente-Maritime vont offrir des bons de cent euros aux touristes.

Le château de La Rochefoucaud à vingt kilomètres d’Angoulême.

Quelle période cruelle pour les politiques locaux qui se montrent souvent bien incapables d’avoir la moindre idée originale à proposer à une époque où la moitié des commerces est par terre dans les zones touristiques ! Tandis que certains en sont encore à mesurer l’espace entre les tables à l’aide d’un mètre ruban, d’autres innovent carrément avec des décisions totalement inédites qui démontrent combien la capacité d’imagination est fondamentale chez un élu.

Pour relancer le tourisme, la Charente et la Charente-Maritime ont décidé d’offrir 10 000 bons d’une valeur de cent euros aux touristes qui viendront leur rendre visite.

https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/charente-des-bons-de-100-euros-offerts-aux-touristes-qui-visiteront-le-departement-7800554370

Le plan marketing est d’une simplicité et d’une efficacité remarquables. L’agence « Charentes tourisme », chargée de la promotion des deux départements propose à tous ceux qui s’inscriront dès le 15 juin et visiteront la région entre le 1er juillet et le 1er novembre 2020 des coupons intitulés « Infiniment Charentes » permettant de se faire rembourser cent euros sur son séjour. Pour obtenir ce remboursement, il suffira de présenter une note d’une nuit d’hôtel, une note d’un restaurant local et le ticket d’un lieu culturel.

Craignant un trop fort engouement, « Charentes tourisme » a limité l’offre aux 10 000 premiers touristes qui se manifesteront, soit un investissement d’un million d’euros. Au vu de l’intérêt suscité par cette initiative à un moment où les Français hésitent sur la destination de leurs vacances, nul doute que ce plan de relance va connaître un grand succès.

Hier, les services téléphoniques de « Charente tourisme » étaient saturés par les demandes de renseignements de Français nouvellement déconfinés et fort intéressés.

Et pendant ce temps-là, quand on se promène sur les plages de Biarritz, on doit subir toutes les dix minutes les aboiements d’un médiateur à haut-parleur estimant que la population de la plage n’est pas assez dynamique.

… Côte basque ou Charentes, à chacun son style effectivement.  

 

 

Le plan de relance pour Biarritz de Jacques-André Schneck

Jacques-André Schneck ne fera probablement pas partie du prochain conseil municipal puisqu’il a pris ses distances avec Nathalie Motsch. Ce qui ne l’empêche pas de rester passionné par la vie publique et inquiet pour l’avenir de Biarritz. Sans une politique très volontariste de la prochaine équipe municipale, il est persuadé que nombre de commerces n’arriveront pas à se relever. Alors que débute la campagne du second tour des élections municipales, Bisque, Bisque, Basque ! publie avec plaisir le texte qu’il nous a fait parvenir et qui a le mérite d’ouvrir le débat. D’accord ou pas d’accord, vous avez le droit de réagir et ce blog se fera un plaisir de publier vos propositions.

 

SORTIE DE CRISE POST COVID 19 A BIARRITZ :

Un plan de relance massif d’initiative municipale

Cette épidémie change tout ! Tout, ou presque, ce qui a pu être dit, promis, annoncé, est obsolète. Une telle crise appelle une sortie de crise ambitieuse. Qui « renverse la table ». Qui fasse fi de tous les tabous antérieurs. Quelle application à Biarritz ?

LA SITUATION

La souffrance des Biarrots aura décidément été extrême et rien ne leur aura été épargné, après un mandat municipal durement sanctionné le 15 mars, la crise sanitaire et le confinement.Biarritz en aura subi les traumatismes comme toute la France, mais Biarritz a ses spécificités.

Sur le plan social :

Biarritz avait 25404 habitants au 1er janvier.

Comment les 13 % de Biarrots (3300 personnes) dont le revenu est inférieur au seuil de pauvreté auront-ils vécu cela et avec quelles blessures ? Comment les sans abri ? Comment les 45 % qui sont âgés de plus de 60 ans ? Comment les 50 % (un sur deux!) qui vivent seuls ?

Comment les familles des actifs propulsés dans le chômage partiel ? Comment nos enfants, nos étudiants ? Comment les titulaires de petites retraites ayant un petit logement locatif à vocation touristique et besoin du petit revenu complémentaire correspondant ?

Sur le plan économique :

Comment et avec quelles blessures les commerçants, les PME et TPE auront-ils vécu cela?

Ces entreprises, ce sont les producteurs d’emplois et de richesse à partager, en même temps que le gagne-pain de leurs créateurs.Combien sont-ils en danger de disparition ?

QUE FAIRE ?

Comment une équipe candidate à la mairie ne verrait-elle pas que l’absolue priorité du début du prochain mandat est d’aider toutes ces victimes à guérir et à repartir de l’avant ? Et il ne saurait s’agir de « distribuer des miettes ». Il s’agit de le faire massivement, et à Biarritz, c’est possible !

Biarritz a besoin d’un plan de relance massif d’initiative municipale – en coopération, bien entendu, avec les autres collectivités publiques -, de type « keynésien », c’est à dire par la demande et la commande publiques.

(John Maynard Keynes, 1883-1946 – fut un grand économiste britannique qui avait théorisé la relance de l’économie et de l’emploi par l’investissement public. L’école de pensée économique qu’il a créée, le « keynésianisme », a inspiré avec succès de nombreuses relances économiques après la crise de 1929 et plus tard. Le « New deal » de Roosevelt, et le « plan Marshall » d’après guerre, relevaient largement de ses théories)

Ce dont il s’agit, c’est donc d’une « NOUVELLE DONNE » (New deal) appliquée à Biarritz et uniquement à Biarritz. Nous ne parlons pas de 10 ou 20 millions d’euros, mais de beaucoup plus. 100 millions d’euros, 200 peut-être….

EST-CE POSSIBLE, COMMENT FINANCE-T-ON ?

Oui, c’est possible. Mais aux grands maux les grands remèdes. Il ne s’agit que de volonté politique.Y compris, et c’est essentiel, celle de ne pas trop surcharger les impôts des habitants permanents de Biarritz.

I.- L’HÔTEL DU PALAIS

Quel dommage que Michel Veunac n’ait pas choisi de vendre les murs et le fonds de commerce !Guy PETIT avait eu raison de le reprendre, pour éviter sa « vente à la découpe ». Car les instruments juridiques qui existent aujourd’hui pour garantir qu’il reste l’Hôtel du Palais, catégorie palace, n’existaient pas encore à l’époque !Nous aurions au moins 200 millions d’euros dans les caisses de Biarritz !

Le montage actuel est, comme on pouvait le prévoir, virtuellement mort pour au moins deux raisons :

– une qui est indépendante de la crise sanitaire : l’augmentation du budget des travaux, prévisible pour une opération si complexe et lancée beaucoup trop à la hâte : le budget total initial était de 85 M€, tout le monde sait qu’il se terminera à plus de 100 ;

– la crise qui supprime la saison 2020, tant il est improbable que l’hôtel rouvre pour cet été, ce qui engendrera une perte d’exploitation supplémentaire considérable, non financée.

Pour boucler l’opération, il manquera au bas mot 30 M€, peut-être 40 ou davantage.

Il n’est plus d’actualité de se demander si la Ville doit garder la majorité dans la propriété des murs et du fonds de commerce. Cet hôtel a coûté extrêmement cher aux Biarrots depuis sa reprise par la Ville. Cela suffit.

Actuellement, la Ville possède encore 56 % de la Socomix, contre 38 % pour le groupe DECAUX, lesquels ont été obtenus pour le prix dérisoire de 15 M€, 1/4 de leur valeur.

On peut penser que la valeur des murs et du fonds de commerce après les pharaoniques travaux en cours sera comprise entre 250 et 300 €. Pour en calculer l’actif net, il faut en retirer le passif : emprunts, surcoût des travaux, pertes d’exploitation. Soit un actif net d’au moins 150 à 200 M€.

La Ville n’a d’autre choix, compte tenu du droit de préférence accordé par le pacte d’actionnaires, que de négocier avec DECAUX la reprise de la totalité. En rappelant le caractère déséquilibré en sa faveur du montage précédent. La cession totale avec disparition de la Socomix en tant que SEML doit donc lui  rapporter de l’ordre de 100 M€.

II.- LA CAPACITE D’ENDETTEMENT

Globalement, la Ville n’est pas en mauvaise situation financière et peut encore emprunter.

Avec :

– un encours de dette de l’ordre de 45 M€,

– une annuité de dette de 4,5 M€  (175 € par habitant), pour un budget de fonctionnement de 50 M€,

– une capacité de désendettement inférieure à 5 ans,

les marges de manœuvre existent.

Sans prendre un risque énorme sur l’avenir et moyennant une gestion dynamique très professionnalisée de sa dette, la Ville de Biarritz peut encore, en cette période propice de taux historiquement bas, emprunter significativement.

III.- LA FISCALITÉ

Là encore, gouverner, c’est choisir, et aux grands maux les grands remèdes.

Le choix politique doit être d’aider les Biarrots victimes de la crise à s’en sortir, moyennant « monnaie sonnante et trébuchante ».

Il n’est plus  de favoriser le sur-tourisme, mais il est aussi de faire entrer Biarritz dans une ère de 21ème siècle digne d’une station balnéaire à la pointe du modernisme social et environnemental.

La surtaxe foncière sur les résidences secondaires sera donc portée au maximum légal de 60 %. Quand on sait que 45 % des logements de Biarritz sont des résidences secondaires….

La taxe de séjour sera augmentée de façon importante.

Des arbitrages seront effectués entre les nouvelles ressources, les nouvelles charges d’emprunt, les taux des taxes locales fixées par la commune, afin de ne pas trop augmenter les impôts des Biarrots permanents.

LE REDÉPLOIEMENT BUDGÉTAIRE

La volonté et le courage budgétaire, les priorités politiques clairement définies ici, impliquent l’acceptation d’une puissante réflexion de redéploiement budgétaire et de remise en cause de certaines dépenses. Place au bien commun ! Le budget de la Ville fera l’objet d’un audit approfondi conduisant à une profonde restructuration. Le principe sera qu’aucun euro public ne sera plus accordé sans contrepartie, sans une contractualisation claire avec des objectifs, un suivi des résultats et des rendez-vous annuels de contrôle. Même les associations devront entrer dans cette logique.

LA CHASSE AUX FINANCEMENTS EXTERNES

Depuis cinquante ans que je fréquente les collectivités territoriales, notamment depuis le CGEFI (Contrôle général économique et financier), je suis frappé d constater à quel point cette dimension est trop souvent ignorée ou très mal gérée, à quel point elle est « sous-staffée » dans ces collectivités, les communes en particulier. Par exemple, de nombreux financements européens sont disponibles, mais jamais sollicités ; par ignorance de leur existence ou de leurs procédures de dévolution ou incapacité de monter les dossiers et d’aller les plaider à Bruxelles. C’est vrai aussi pour les financements de l’État. Par exemple, il est évident qu’on aurait pu en obtenir pour l’Hôtel du Palais, monument historique classé. Encore eut-il fallu anticiper. Au lieu de cela, pour cause de G7, un projet lancé dans la précipitation et non optimisé. Idem pour la Région, le Département, la CAPB. Et même le privé ou le mécénat, qui peut financer des équipements publics (Cf sauvetage du Canal du Midi, par mécénat organisé par VNF).

Je préconise donc la création à la mairie d’un service spécial, une « mission »,  composée de juristes, de financiers et de lobbyistes de haut niveau, dont le seul rôle serait d’aller monter des financements externes. Un commando de très haute compétence. On l’appellerait la MIRFIE (Mission de recherche des financements externes).

 Ayant dit tout cela, qui ne voit qu’on pourrait trouver assez vite 200 M€ ?

POUR EN FAIRE QUOI ?

UN FONDS D’AIDE AUX VICTIMES

Le Covid 19 aura traité les personnes physiques et les personnes morales de la même façon : Les formes graves et a fortiori mortelles interviennent en cas de co-morbidité, c’est à dire lorsque la personne n’allait déjà pas très bien.

Il s’agira donc dans les deux cas d’aider à guérir ceux qui n’auront pas déjà succombé. Ce fonds sera donc subdivisé en un volet « personnes physiques » et un volet « personnes morales ».

UN FONDS D’INVESTISSEMENT PUBLIC

Pour que Biarritz soit parmi les premières à sortir par le haut de la crise, ce fonds de relance économique de type « keynésien », c’est à dire de relance par la demande et la commande publiques, prévoira des investissements publics massifs.

Ces investissements, créateurs d’activité économique et d’emploi, sollicitant la sphère de la construction, seront essentiellement orientés vers :

l’environnement : refondation de la ville à l’issue d’un plan de mobilité, circulation, transport tous modes, stationnement, conçu par une équipe d’urbanistes, architectes et ingénieurs recrutée sur concours avec cahier des charges municipal ;

– le social au sens le plus large : accueil des sans abri, de certaines formes de dépendance, équipements d’inclusion sociale, numérique…

le logement : lancement rapide des nouveaux quartiers : un vrai grand et nouveau quartier de la gare à La Négresse, Aguilera

la voirie et les réseaux : en fonction du plan de mobilité, il faut changer complètement de paradigme, de doxa : parcs de stationnement (la gare, Floquet, Port Vieux, entrée sud…); l’assainissement séparatif est indispensable, par étapes, sans exclure la « désimperméabilisation » ni la multiplication intérimaire des réservoirs d’orages pour, au plus vite, cesser d’envoyer nos eaux usées dans l’océan….

le paysage urbain :  une grande politique de parcs publics, d’espaces verts et de fleurissement de la ville, la route du littoral transformée en promenade plantée, un urbanisme de quartiers existants fondé sur l’embellissement et la correction progressive des erreurs du passé (exemples: suppression de « dents creuses » ; mise en valeur des bâtiments prestigieux aujourd’hui trop cachés…) ;

les équipements éducatifs et culturels : modernisation des écoles, rénovation de la Gare du Midi, du cinéma Le Royal, nouvelle salle de spectacles type « Zénith » à Aguilera…..

Une telle approche nécessitera, comme on l’a vu,  une véritable « révolution culturelle » en matière économique, financière et budgétaire et en matière de projet de ville.

Biarritz en sortira profondément transformée et ouvrant une nouvelle page de son histoire.

Répétons-le,  audit complet du budget, de ses possibilités de redéploiement, sera réalisé dès les premiers mois du nouveau mandat. « L’argent est le nerf de la guerre » !

Il faudra négocier durement avec Decaux la sortie de la Ville de l’Hôtel du Palais et la dissolution de la Socomix en tant que SEML, société publique. 

 (NB : Contrairement à une idée fausse répandue, une SEML (société d’économie mixte locale) n’est aucunement une société privée, mais une société publique par la majorité de son capital, qui relève du Code des collectivités territoriales pour ses règles essentielles, mais est « autorisée » à appliquer les règles de fonctionnement des sociétés commerciales, ce qui n’en fait nullement une « société privée »).

 Bien sûr, il faudra trouver de nouveaux financements en plus. Hors chasse aux subventions qu’il faut absolument professionnaliser.

 Pour beaucoup de projets, des financements privés seront mobilisés et les fonds publics pas ou peu sollicités (parcs souterrains en concession, équipements dans les ZAC, et autres…).

La Ville n’est pas globalement en situation financière difficile.Elle peut encore emprunter sans trop augmenter les impôts. Elle devra impérativement mettre en place une gestion dynamique de sa dette (swaps de crédits, gestion performante de trésorerie,…) afin de profiter très vite des taux bas actuels avant qu’ils n’augmentent, ce qui va sûrement se produire !

Biarritz demain, c’est d’abord des Biarrots qui sortent de la crise par le haut et avant les autres.

C’est ensuite conserver ce qui est merveilleux, éliminer ce qui fut manqué, et c’est l’ambition d’une station océanique apaisée et douce à vivre qui servira de modèle à toute l’Europe maritime.

Jacques-André Schneck

Une prime à la créativité

Sauf retour de la pandémie, on en aura fini le 28 juin prochain avec les municipales. Aux candidats maintenant de montrer qu’ils ont imagination et talent.

Parfois les politiques sont tellement « hors sol » qu’ils en deviennent burlesques. Pendant les deux mois de confinement obligatoire, l’ensemble du pays, du petit producteur au chef d’entreprise en passant par le télétravailleur, a été contraint à se réinventer, à innover, à se projeter, mais il ne faudrait surtout pas modifier en quoi que ce soit les petites habitudes de nos chers élus. Si tout va bien, le 28 juin prochain, les enfants seront majoritairement à l’école, les restaurants auront réouvert, les entreprises se seront réorganisées, mais il ne serait pas possible d’aller voter. C’est ce qu’essaient de nous faire croire le député de la France Insoumise Éric Cocquerel : « On contamine aussi la démocratie: organiser une élection sans le droit de faire une vraie campagne est une dangereuse première », l’eurodéputé Rassemblement national Gilbert Collard : « Le gouvernement organise le second tour le 28 juin : il se débarrasse des municipales ! » ou le maire sortant de Tours Christophe Bouchet, nettement devancé au premier tour et qui, hasard absolu, milite pour une élection à deux tours en janvier 2021.

Le gouvernement a pris la décision qui s’impose

Rappelons d’abord que le second tour « classique » d’une élection municipale dure une semaine avec des négociations jusqu’au mardi en cas de fusion des listes, et grosso modo la possibilité de tenir un meeting public et d’effectuer une ou deux séances de distribution de tracts. Cette fois les candidats à l’écharpe tricolore vont avoir cinq semaines pour préparer la future échéance. Et c’est le moment ou jamais de se poser la question de savoir ce que nous attendons de nos futurs élus. Le deuxième mois de confinement a déjà été un bon test sur les capacités de projection de nos candidats. Certains se sont peureusement terrés chez eux quand d’autres se projetaient et remuaient ciel et terre pour tenter d’aider leurs concitoyens. De la même façon entendre dire que la campagne est faussée parce que les réunions publiques ne pourront avoir lieu relève de la blague totale.

Aux candidats d’aller à la rencontre de leurs concitoyens en veillant à ne pas créer d’attroupements, de faire connaître leurs programmes en utilisant les prodigieuses facilités que nous offrent maintenant les outils numériques et la possibilité de dialoguer en direct. Les Français auraient été capables d’organiser des apéros à distance avec leurs amis tous les soirs et les candidats ne seraient pas capables de trouver les moyens, en 2020, de s’adresser à leurs concitoyens avant le scrutin du 28 juin ? Voilà qui en dit long sur la ringardise de certains. Pour ma part, je me réjouis de cette « prime à la créativité » qui vient d’être donnée à tous ceux qui ambitionnent de devenir maires.

Alors qu’Emmanuel Macron était réticent, le Premier ministre Édouard Philippe a pesé de tout son poids pour qu’on en termine au plus vite avec l’élection municipale. Il a bien fait.

Je ne suis toujours pas un grand fervent d’Emmanuel Macron, mais le gouvernement a pris la décision qui s’impose en décidant de « sacraliser » le premier tour et d’organiser le second tour le 28 juin prochain, sauf recrudescence de la pandémie. Il suffit de prendre l’exemple de Biarritz, avec les appétits qui se réveillaient et de nouvelles listes qui se préparaient, pour comprendre à quel point une élection à deux tours en septembre 2020 ou en janvier 2021 aurait été désastreuse dans l’opinion publique pour l’image de marque des candidats. Sans compter la nouvelle enveloppe budgétaire à prévoir pour le financement de cette campagne à un moment où chaque euro compte pour relancer le pays.

À Biarritz, il nous reste donc cinq semaines pour finir ce qui a été commencé, choisir le ou la candidate qui paraît le plus à même de diriger la ville et prendre ensuite des vacances paisibles en se disant que Veunac, magnifiquement fessé lors du premier tour, a enfin quitté la vie publique et ne risque plus de faire des dégâts majeurs.  Et vous auriez-voulu que Bisque, Bisque, Basque ! patiente jusqu’en 2021 à l’idée d’une si radieuse perspective ?

Ce grand étourdi de Peio Claverie

L’adjoint à la vie associative continue à toucher ses indemnités d’adjoint à Biarritz, alors qu’il est élu depuis le 15 mars à Saint-Martin d’Arosa. Une distraction, vraiment ?

Ah on l’imagine bien l’instituteur Peio Claverie, œil noir et sourcil en bataille, prodiguant un cours d’instruction civique à ses élèves en leur vantant la noblesse et le désintéressement du poste d’élu ! L’homme en effet adore donner des leçons de vertu républicaine à la terre entière et, si on ne l’avait vu à l’œuvre pendant cette mandature, il serait presque convaincant. Le problème, c’est qu’entre ce que dit et ce que fait Peio Claverie, il y a parfois comme un léger décalage, comme on avait pu le constater lors d’un conseil municipal où pour défendre la Cité de l’Océan de l’ineffable Didier Borotra (Cité que Peio avait combattue lorsqu’il était dans l’opposition) l’adjoint au maire nous avait servi un gros bobard.

https://jeanyvesviollier.com/2018/03/30/le-gros-bobard-de-peio-claverie/

Cette fois, c’est Sud Ouest du 15 mai qui nous dévoile le pot aux roses ou plutôt le pot de confiture auquel l’élu n’a pas su résister. Peio Claverie qui a allègrement voté toutes les hausses d’impôts souhaitées par Veunac et Lafite pendant cette mandature ne vit plus à Biarritz depuis des lustres et a décidé de s’installer à quarante-cinq kilomètres d’ici à Saint-Martin d’Arossa. Ce qui est son droit le plus absolu. Et comme la politique est une drogue dure, notre ami Peio a décidé d’être candidat dans sa nouvelle commune. Et a même réussi à être élu dès le 15 mars en huitième position avec un score très soviétique de 92,52% des voix. ( Il n’y avait qu’une liste). Et, c’est ballot, le nouvel élu Claverie a tellement été occupé avec le confinement qu’il n’a pas trouvé en deux mois le temps de rédiger sa démission de son poste d’adjoint.

D’où cette situation ubuesque, fort bien racontée par Raphaëlle Gourin dans Sud Ouest : le conseil municipal de Saint-Martin d’Arossa doit être installé ce lundi 18 mai avant de procéder dans quelques jours à l’élection du maire. Seul petit hic,  le nouvel élu a complètement oublié de démissionner de son poste biarrot et il n’est pas possible d’être élu dans deux conseils municipaux à la fois.

https://www.sudouest.fr/2020/05/15/municipales-peio-claverie-un-elu-sur-deux-communes-7486296-4037.php

Seuls les mauvais esprits, ceux qui voient le mal partout, imagineront que Peio Claverie a délibérément « fait durer le plaisir » afin de continuer à toucher les 1100 euros mensuels de son indemnité d’adjoint. Et pour nous prouver qu’il est distrait mais pas retors, Peio Claverie va sans doute se faire un plaisir de donner au CCAS de Biarritz ou à d’autres associations de la Ville ce qu’il a indûment perçu. C’est promis, même si la restitution de l’argent a lieu en 2030 ou 2060, Bisque, Bisque, Basque ! se fera un plaisir d’en informer ses lecteurs !

Sylvie Claracq ou l’inexistence faite élue

La benjamine du conseil municipal, qui s’est distinguée pendant six ans par son absence d’idées, multiplie les bourdes depuis qu’elle est numéro deux de la liste Veunac. Décidément, qui se ressemble s’assemble…

Voix inconnue au téléphone, lundi 11 mai vers midi : « Mais pourquoi vous me persécutez ainsi ? » On m’avait prévenu que Sylvie Claracq adorait jouer les victimes, mais je ne m’attendais pas à une telle réaction, après avoir écrit que Michel Veunac se démenait beaucoup pour recaser la numéro deux de sa liste, ce que nombre de témoins confirmeront. « Vous ne vous rendez pas compte du tort que vous me faites, alors que je suis en couple, en écrivant que je suis proche du fils de Michel Veunac ». Me demandant un moment si je ne suis pas victime d’un canular, j’essaie d’argumenter : « Mais, Madame, vous êtes journaliste comme moi et vous connaissez le sens du mot proche. Il n’y a aucune ambiguïté. Mais si ça peut vous apaiser, je suis prêt à publier un droit de réponse de votre part ».

À ce moment-là, l’adjointe en colère sort l’argument massue pour tenter de m’intimider : « Je vais voir si je vous réponds, mais je vais saisir mon association (Sylvie Claracq est référente pour le département du réseau Élues locales.fr et je l’avais félicitée en 2018 pour cette nomination) et dénoncer votre sexisme ».

J’avoue en être resté sans voix, Bisque, Bisque, Basque ! se voulant observateur de la vie publique et se fichant éperdument du sexe, de la race, de l’orientation sexuelle de celui qui est élu, comme peuvent en témoigner les écrits de ce blog.

La jérémiade de trop arrive : « Mais pourquoi vous m’attaquez ainsi, alors que vous ne m’aviez jamais attaqué auparavant ? » Je suis sidéré : « Mais, Madame, parce que vous êtes devenue numéro deux de la liste Veunac après un mandat où on ne vous a jamais entendue, où vous n’avez jamais exprimé une idée, où vous avez toujours approuvé ce que faisait le maire. En un mot, vous n’avez strictement rien apporté à la vie municipale ».

L’adjointe à la Jeunesse et à la vie scolaire se récrie : « Mais ce n’est pas vrai. J’ai dit parfois en réunion de majorité à Michel Veunac que je n’étais pas d’accord ». Je sais que c’est faux : « Vous trouvez que votre parcours depuis six ans, justifie une place de numéro deux ? Vous avez une idée de ce qu’implique la direction d’une ville quand le maire est absent ? Vous pensez sérieusement avoir les compétences pour cela ? » Sylvie Claracq se cabre : « Mais tout le monde dit que j’ai fait de très bonnes choses à l’Atabal » Je ne peux m’empêcher d’éclater de rire : « Non, tout le monde ne dit pas cela et si vous pensez que cela suffit à justifier votre place, permettez-moi de sourire ».

Sylvie Claracq ferraille encore : « À part vous, tout le monde m’apprécie ». J’éclate de rire en pensant à ces employés de mairie, très agacés par les grands airs de la dame.

Démocratie façon Claracq

L’échange en restera là. Et puisque la journaliste Sylvie Claracq réclame des faits, Bisque, Bisque, Basque !  va se faire un plaisir de raconter le dernier exploit de l’élue, qui vient de mettre une sacrée pagaille dans toutes les équipes en campagne. Lors de la préparation de la rentrée scolaire post-déconfinement, l’adjointe à la vie scolaire, au mépris de toutes les règles démocratiques en vigueur dans ce pays, va décider que certains représentants des parents d’élèves élus, ne peuvent pas participer au débat… car ils sont membres d’une liste adverse !

Voici donc ce qu’écrit aux autres élus Sylvie Claracq : « Parmi ces parents je lis déjà sur trois noms le nom d’un candidat aux élections (Sic !). Il me semble qu’il est naturel pour un travail sain et une collaboration constructive que les parents délégués soient neutres sur ce dossier, ce sujet étant déjà suffisamment complexe. Je demanderais donc que à ce que les têtes de liste à l’élection n’invitent pas la campagne électorale dans cette crise sanitaire autant que faire se peut et n’avancent pas un colistier dans ce travail complexe afin de pouvoir travailler en confiance dans l’intérêt général ». Mais depuis quand en France est-il interdit d’être à la fois délégué élu des parents d’élèves et candidat sur une liste ?

Autrement dit, Sylvie Claracq est favorable à un échange démocratique mais uniquement avec ceux qui lui plaisent. On comprend mieux pourquoi Michel Veunac l’a choisie entre tous et toutes !

Frédéric Domège, sans doute par pure détestation des femmes et non par passion de la vie publique, estimant « qu’il y en a marre de l’amateurisme », va être le premier à dégainer, jugeant que les méthodes de Claracq ont cours en Corée du Nord mais pas en France.

Maïder Arostéguy, que l’on n’accusera pas de sexisme, va à son tour exprimer son indignation :

Nombre d’autres conseillers vont faire de même, dont Brigitte Pradier et la vigie républicaine de ce conseil municipal, Hervé Boissier : « Être adjointe, ce n’est pas seulement un titre et des indemnités, c’est aussi un job que l’on doit assurer, avec difficulté parfois, mais avec compétence et surtout pas en excluant ceux qui ne sont pas d’accord » Il est bien évident que ce phallocrate de Boissier n’aurait pas dit la même chose si le coupable avait été un homme.

Heureusement pour elle, Sylvie Claracq qui fêtait cette semaine son anniversaire et approche désormais sérieusement de la quarantaine, adore toujours jouer à la petite dernière que les grands protègent. Elle a donc reçu deux soutiens inattendus.

Guillaume Barucq, retrouvant ses réflexes « Tout le monde il est gentil », n’a visiblement pas été très offensé par l’attentat démocratique que voulait commettre Claracq et a volé à son secours :

 Et, surprise, pour quelqu’un qui avait érigé la citoyenneté en cheval de bataille, Nathalie Motsch a fait de même :

Même si ce « réflexe gentil » pour leur collègue est à l’honneur de Guillaume et Nathalie, on ne peut pas d’un côté râler quand Aldigé fausse le jeu démocratique en faisant pression sur les élus et d’un autre cautionner un déni de démocratie comme celui que voulait commettre Claracq. D’où un joli bazar dans les listes, quelques grincements de dents et même des engueulades mémorables !

Qu’on se rassure, tout sexisme mis à part, la vie politique de Sylvie Claracq va bientôt se terminer comme celle de Veunac, et ça c’est une excellente nouvelle pour la Ville.

Un curé qui se fait sonner les cloches

Pour résoudre un problème avec le clergé, quelques bouteilles valent parfois beaucoup mieux qu’un long discours.

Mon grand-père avait une façon bien à lui de diriger sa commune. Il savait que la gentillesse de son épouse n’avait d’égale que son incapacité à tenir sa langue.  Aussi, lorsque qu’il avait en tant que maire quelque message non-officiel à faire passer à un de ses administrés, il entonnait en direction de sa femme sa formule magique préférée : « Surtout, tu ne le répètes pas ! ». Présent toutes les vacances scolaires, je connaissais parfaitement les habitants du village et j’arrivais à cet âge enchanté de la préadolescence où l’on commence à très bien décoder les petites manigances des adultes tout en passant encore suffisamment inaperçu pour pouvoir capter toutes les conversations sans que l’on ne se méfie de vous.

Ma grand-mère Raymonde vivait son heure de gloire quotidienne à partir de dix-huit heures, peu après la traite des vaches. Elle avait toujours vendu son lait aux voisins, mais, curieusement, depuis qu’elle était devenue la femme du maire, les gamins étaient plus rares, remplacés par leurs mères qui semblaient ravies d’échanger avec elle. Le rituel était immuable : « Je vous fais confiance car je sais que vous êtes discrète, mais mon mari est très en colère contre Coco qui est en train d’empiéter sur le terrain municipal et il va lui envoyer les huissiers ». Autant de bidons de lait remplis, autant de messages distribués. Dès le lendemain, le drôle de Coco qui avait succombé à la tentation d’agrandir son domaine, le sport national de la paysannerie française, était informé de la colère du maire et tout se réglait en douceur sans qu’il soit besoin de faire appel au garde-champêtre et à son tambour annonçant un « Avis à la population » ou de dépenser de l’argent pour des huissiers.

Outre la vie de la ferme et la compréhension de la nature, mon grand-père avec sa nouvelle écharpe tricolore m’offrait désormais à chaque séjour un magnifique cours d’instruction civique grandeur nature. Je ne ratais jamais une occasion de l’accompagner à la mairie où j’étais impressionné par sa volonté de défendre ses administrés et sa combativité lors de ses échanges téléphoniques avec le sous-préfet ou un membre de l’administration. Je l’idéalise sans doute, mais j’ai vraiment le sentiment que le souci de valoriser sa commune, d’être économe et d’assurer le bien commun de tous était chez lui une préoccupation absolue. Peut-être parce qu’il était Vendéen, parfois encore traité de « migrant » trente-cinq ans après son arrivée dans le village, et qu’il tenait à prouver aux Charentais sa valeur. Souvent après avoir accompli une longue journée dans les champs et opéré la traite de ses vaches, il passait à la mairie pour s’assurer qu’aucun courrier fâcheux n’était arrivé, puis repartait en voiture planter des jeunes plants de fleurs que son épouse avait fait pousser dans le jardin afin d’embellir le village. En le voyant, les gens s’arrêtaient pour engager la conversation avec lui et j’admirais son aisance de conteur-né ayant toujours un mot aimable pour tous.

Pourtant, en ce début d’été 1966, je perçois vite que quelque chose ou plutôt quelqu’un agace prodigieusement mon grand-père : « Il m’emmerde ce curé, Il m’emmerde ! ». Je comprends que l’homme en soutane est venu le voir pour lui réclamer l’électrification de la cloche de l’église. Le devis s’élève à 3 000 francs de l’époque et mon grand-père a refusé, estimant que la dépense est trop importante pour une petite commune rurale comme la sienne. Jusque-là, leurs rapports sont plutôt bons, car le curé est d’origine vendéenne tout comme lui. Fureur de mon grand-père lorsqu’il apprend que le dimanche suivant le curé, lors de son sermon, a fustigé l’attitude du maire.

« Celui-là, on va lui sonner les cloches et il va s’en souvenir !» me confie mon grand-père. J’avoue que l’expression m’amuse au-delà de tout car si je suis habitué à ce qu’on sonne les cloches sévèrement aux enfants turbulents et aux élèves médiocres, j’ai quelque peine à imaginer comment on fait dans le cas d’un homme qui est censé avoir Dieu comme allié.

« Raymonde, si tu es d’accord on invite à déjeuner mercredi, le curé, le facteur et le garde-champêtre » Cordon bleu réputée, ma grand-mère adore recevoir une grande tablée et ne soulève aucune objection. Profitant du moment de répit que constitue la traite des vaches, je demande à mon grand-père : « Pourquoi tu as invité le facteur et le garde-champêtre ? »  Le paysan madré sourit : « Pour que tout le village soit au courant de ce qui va se dire »

Avec trois invités « rompus à la picole » et qui « biberonnaient déjà en culottes courtes », l’apéritif me rappelle certaines consignes des entraîneurs de rugby : « On attaque à fond dès le coup d’envoi et ensuite on accélère ». Les « jaunes » s’enchaînent, des pastis tellement compacts qu’ils ressemblent à des sacs de ciment versés dans un verre, et au moment de passer à table chacun a déjà le verbe haut. Le curé est installé « à la place du mort », comme on dit dans la famille, c’est-à-dire entre mon grand-père et son frère qui vont veiller avec une attention soutenue à ce qu’il puisse étancher sa soif. Premier coup de théâtre : dès les entrées, le garde-champêtre se lève soudain et va s’allonger à l’ombre dans le petit jardin qui fait face à la maison. Contre-performance inhabituelle pour ce buveur de fond : c’est sans doute un des premiers signes avant-coureurs de la cirrhose qui l’emportera moins d’un an plus tard.

Après les poulardes rôties, le facteur commence à lâcher prise. Il bredouille une excuse, s’empare de son vélomoteur qui lui sert de béquille, avant de s’affaler dans le fossé à une centaine de mètres de la ferme pour une sieste réparatrice.

« Ce sacré curé, j’ai bien cru qu’il allait nous avoir » racontaient en se marrant les deux frères, quelques jours plus tard. Aussi frais qu’Obélix après avoir avalé douze sangliers rôtis, l’ensoutané vendéen ne semble en effet nullement entamé par le petit encas solide et surtout liquide qui lui est proposé. Heureusement ma grand-mère à qui rien n’échappe va sauver la situation et l’honneur de ses hommes. « Monsieur le curé, après le dessert, vous prendrez bien des petites prunelles à l’eau de vie que j’ai gardées pour les grandes occasions ».

Visiblement les prunelles ne constituent pas un péché pour l’invité. Et le curé de se resservir, de se resservir, avant de se lever, de prendre un congé titubant et de se mettre à chanter à tue-tête dès la porte franchie « J’ai deux grands bœufs dans mon étable ». Les bras en croix, occupant à lui seul toute la chaussée qui le mène au presbytère, l’homme en soutane alterne ensuite chansons païennes et jurons à faire rougir une nonne, sous l’œil effaré de tous les habitants du village se demandant d’où vient cet inhabituel chahut.

Le dimanche suivant, lors du sermon, le curé tenta une ultime fois d’évoquer l’électrification de la cloche, mais les rires mal étouffés, les messes basses et les coups de coude goguenards des paroissiens, l’incitèrent à changer très vite et définitivement de sujet.

Deux ou trois jours plus tard, René Audouin, l’adorable instituteur du village et aussi adjoint du maire, m’adressa une bourrade amicale : « Sacré Auguste, tout de même ! Ton grand-père, c’est vraiment un artiste dans sa façon de résoudre les conflits ».