Que la volonté des Biarrots soit faite…

Maïder Arostéguy doit sa belle victoire au fait de plaire beaucoup à ses concitoyens mais aussi et surtout à une stratégie très efficace.

Maïder Arostéguy peut avoir le sourire. Elle a joué la partie à la perfection.

Tous les « voileux » ayant disputé une régate savent bien que le choix du plus court chemin d’une bouée à une autre est la meilleure solution pour être distancé. En voile, comme en politique, il faut savoir jouer avec les courants, le gros temps et les dépressions, cacher à ses adversaires le plus longtemps possible la route choisie et à un moment ne plus barguigner, border les voiles et foncer. Même si aux yeux de pratiquement tous les électeurs interrogés, Maïder Arostéguy faisait figure d’évidente favorite, les étranges incertitudes de cet entre-deux tours de quinze semaines, conjuguées à la combativité retrouvée de l’amiral Motsch, aux errances du matelot Barucq et aux jurons du capitaine Saint-Cricq, repêchant Castaignède, Destizon et Vial pour former un improbable équipage, ne pouvaient pas laisser imaginer que la navigatrice en eaux claires Arostéguy allait remporter aussi haut la main l’épreuve.

À l’image de Florence Arthaud, surnommée « La petite fiancée de l’Atlantique » après sa victoire en solitaire sur la Route du Rhum 1990, Biarritz va connaître sa première femme maire de son histoire. Et si, incontestablement, « La petite fiancée de la Côte des Basques » jouissait auprès des Biarrots d’une cote d’amour bien supérieure à ses adversaires, c’est surtout grâce à deux manœuvres tactiques d’une grande audace qu’elle a emporté aussi nettement cette traversée électorale au long cours.

Il fallait partir avant le G7 !

Alors que tous les candidats réels ou supposés (on en a compté jusqu’à dix quelques mois avant le premier tour) disposaient des mêmes cartes de météo marine, Arostéguy est la seule à avoir perçu l’avis de gros temps qu’allait entraîner le G7, en août 2019. Fort sagement, Maïder flanquée de son imposante flottille de soutiens, a pris le large dès juin 2019, multipliant dès cette époque les réunions publiques et les rassemblements. Tous les autres équipages ont préféré attendre sagement au Port-vieux la fin du grand raout mondial avant de se lancer à leur tour dans la course. C’était compter sans les remarquables « empêcheurs de régater en rond » qu’ont pu être Veunac courant après l’investiture du sponsor LaRem, mais aussi Didier Guillaume et Jean-Baptiste Lemoyne, grands champions du hissage de grande voile ministérielle et du captage de la lumière des projecteurs. De septembre à décembre 2019, ils ont rendu invisibles toutes les petites armadas qui s’élançaient à leur tour, donnant le sentiment aux Biarrots, même si ce n’était pas tout à fait la réalité que seule Arostéguy avait consciencieusement ratissé le plan d’eau où s’ébattent les Biarrots.

Il fallait écouter les Biarrots !

Et puis il y a eu ce fameux soir du premier tour dans le climat anxiogène que l’on connait, le Premier ministre annonçant que tous les marins allaient devoir rentrer au port et vivre calfeutrés pendant plusieurs semaines. Heureusement, avant de fermer les écoutilles pour un bon bout de temps, une divine nouvelle a permis aux Biarrots de dissiper l’anxiété. L’indéboulonnable Mimi-la-Malice, le redoutable flibustier que tout le monde redoutait de voir repartir pour six ans de navigation en eaux troubles, arrivait en cinquième position avec seulement 12,22% des suffrages. Aucun capitaine de bateau porteur d’une écharpe tricolore n’avait subi en France un désaveu semblable à celui-là !

Mais si les deux candidates Arostéguy et Motsch ont bien lu le vote des Biarrots et leur refus des pratiques d’antan, les deux candidats qui se sont maintenus, à force de louvoyer et de multiplier les manœuvres hasardeuses, ont fini par se prendre la bôme de leur voilier en pleine poire et démontré qu’il était grand temps qu’une femme prenne la barre.

– C’est Jean-Benoît Saint-Cricq qui à 20 heures pétantes, le 15 mars au soir, annonce à grand fracas qu’il se rallie à Maïder Arostéguy. Avant de se dédire et de repêcher ces élus de la liste Veunac dont plus personne ne veut entendre parler comme Jocelyne Castaignède, Louis Vial, ou Patrick Destizon. Résultat, alors qu’il aurait dû bénéficier d’une partie de l’électorat Veunac, l’avocat biarrot réussit à perdre 1,85% de son propre électorat (8,74% contre 10,59% au premier tour). Il va désormais devoir écoper seul de son équipe au conseil municipal pour venir à bout des voies d’eau. À moins que lassé de ses échecs successifs – il entame son quatrième mandat d’opposant pas toujours très… opposant depuis 2018 ! – il ne laisse sa place à un de ses colistiers peu regardant comme le naufragé Patrick Destizon qui, après avoir trahi Saint-Cricq en 2008, est venu se réfugier dans ses bras en 2020.

Barucq ne pèse pas lourd vraiment pas lourd

– C’est Guillaume Barucq, le catogan le plus médiatique de la télévision française, qui oublieux du vote des Biarrots, refuse de composer un équipage hauturier de haute volée avec Nathalie Motsch et Brice Morin, pour tenter de faire une petite place à ses copains de la liste Veunac. Résultat, alors qu’une vague verte déferle sur la France, alors que son alliance improbable avec EHVS lui assurait un socle théorique de voix de 28,56% (16,22 % pour sa liste, 12,34% pour EHVS) sans compter tous ceux qui avaient décidé de voter « utile » au second tour, le rafiot du docteur surfeur a sérieusement pris l’eau et fini à 2,26% en dessous de son socle théorique avec 26,30% des suffrages. Pour quelqu’un qui voulait voir ce qu’il pesait, la réponse est claire : pas lourd, vraiment pas lourd. Et ce ne sont pas les vociférations et insultes de ses supporters sur la radio de bord ou plutôt sur les réseaux sociaux qui y changeront quelque chose !

– Reste le cas de Nathalie Motsch qui a multiplié les avaries pendant cette Transatlantique électorale. Se faire lâcher par Barucq à quelques jours du deuxième tour, alors que la composition de l’équipage était actée depuis le 15 mars, c’est comme déchirer sa grand-voile à quelques milles nautiques de la bouée d’arrivée. Rajoutez à cela une communication hasardeuse comme cette leçon de surf prise en vidéo et publiée sur sa page Facebook à trois jours de l’échéance finale et vous comprendrez pourquoi la candidate n’a progressé que de 0,5% par rapport à son socle initial. Mais Nathalie Motsch reste Nathalie Motsch : solide, courageuse, « Calamity Nathalie » a le potentiel pour devenir un grand maire de cette ville. À elle de nous le prouver désormais pendant les six ans à venir.

En sport, comme en politique, on ne retient de la compétition que le vainqueur. Surtout quand il s’est imposé aussi facilement. Maïder Arostéguy a promis une « gouvernance apaisée », sans les « tripatouillages » du passé et avec une véritable « écoute » des Biarrots. Et c’était ce que les Biarrots voulaient entendre. Ce matin, sur France Bleu Pays basque, elle a évoqué la possibilité d’organiser un referendum sur deux questions majeures qui préoccupent les Biarrots, l’avenir de L’Hôtel du Palais, et une réorientation possible de la Cité de l’Océan. Si ces promesses sont tenues, on ne peut que saluer une telle initiative qui permet ensuite au maire de gouverner sereinement en respectant la volonté de la majorité. C’est donc avec curiosité et bienveillance que Bisque, Bisque, Basque ! observera les premiers pas de cette nouvelle édile qui nous promet que la navigation va être paisible les six prochaines années, un souhait partagé par tous les Biarrots … Quitte à redevenir Bisque, Bisque, Basque ! plus ironique et incisif en cas de coup de tabac ou de manquement aux règles de la vie publique.

En attendant, bon vent, Maïder et que la croisière soit belle !

Barucq la joue « Plus belle la liste »

Parcours professionnels magnifiés, convictions fluctuantes, absence de démocratie interne, non-respect de l’humain : qu’est-ce qu’on rigole à Nouvelle vague !

Le fait d’être tête de liste, avec les caméras braquées sur sa personne, plonge visiblement le docteur Barucq dans une grande béatitude.

S’il est une tradition bien ancrée à Biarritz, c’est celle de s’affranchir des règles de la vie publique ! Un peu comme l’incontournable accent marseillais et les galéjades dans « Plus belle la vie », les électeurs biarrots sont priés d’applaudir le folklore local : Bernard Marie qui confondait sa cave personnelle avec celle du Palais ; Didier Borotra qui invitait à tout va le gratin politique dans le palace local mais ne mentionnait jamais sur les factures les noms des bénéficiaires des largesses municipales ; Michel Veunac qui traitait les dossiers en douce et les présentait aux conseillers municipaux au moment où on ne pouvait plus les défaire ; et maintenant Guillaume Barucq qui semble bien décidé à reprendre les traditions ancestrales et intituler le nouveau feuilleton local « Plus belle la liste ».

En effet, en examinant de près la liste Biarritz Nouvelle vague verte et solidaire, on peut se demander s’il y a quelqu’un dans cette liste qui a ouvert le code électoral.

L’article L88-1 est pourtant formel : « Toute personne qui aura sciemment fait acte de candidature sous de faux noms ou de fausses qualités (…) sera punie d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 15 000 euros. ». Ce qui signifie que lorsqu’on est candidat, on doit inscrire la profession que l’on exerce AU JOUR DU DÉPÔT DE LA LISTE et non celle que l’on occupait une décennie avant, ou celle que l’on a toujours rêvé d’exercer.

La liste « Biarritz nouvelle vague », telle que publiée par sud Ouest. Comme par hasard, ce sont des candidats en position éligible et présents dans la nouvelle liste de second tour qui ont un peu « amélioré » leur situation professionnelle.

Si la liste EHVS qui a fusionné avec Guillaume Barucq paraît avoir parfaitement joué le jeu, Biarritz Nouvelle vague semble avoir été tenté de vivifier un peu les parcours de certains colistiers. Il y a des années que Corine Martineau n’est plus dirigeante d’école de danse, que Virginie-Hélène Borteyru-Terpo a quitté la restauration ou que Justine d’Audiffret qui s’annonce en toute simplicité « Agent d’artistes, productrice et chargée de projet » ne veille plus sur le destin d’une quelconque célébrité. Comme s’il était déshonorant de se présenter sous le titre de « Demandeur d’emploi » ou de « Mère au foyer » !

Les questions posées par Bisque, Bisque, Basque ! à ce sujet provoquent comme un léger malaise. Corine Martineau envoie ses diplômes et attestations datant des années quatre-vingt-dix et répond : « Je pense que ce que les gens veulent connaître c’est ton expérience et c’est dans ce but que j’ai gardé le titre, ce qui me paraît essentiel dans une élection où l’expérience de chacun compte. Peut-être aurais-je dû mettre ex devant, mais ce n’est pas parce que tu mets ex-mari que tu renies tes enfants et que tu n’es plus mère. » Allez soutenir ce genre d’explication face à un juge et vous verrez !

Même embarras chez Justine d’Audiffret qui reconnaît ne plus avoir d’activité professionnelle réelle : « J’ai créé l’agence COCO Management (2011-dec 16) (…) Depuis mon installation à Biarritz en septembre dernier, je travaille en tant que freelance et conseil, et ai participé à un projet de conseil artistique pour Roland Garros, malheureusement annulé. J’ai également le plaisir de m’occuper de mes trois enfants. »

Quant à Virginie Borteyru-Terpo qui a longtemps tenu un restaurant à Bayonne mais n’exerce plus depuis plusieurs années, elle semble tomber des nues : « J’ignorais la loi. Je me suis déclaré restauratrice, car je suis une restauratrice dans l’âme, actuellement à la recherche d’une nouvelle affaire ».

La sincérité de l’intéressée est probable, mais n’incombait-il pas aux responsables de la liste de vérifier la véracité des déclarations, surtout concernant des amies très proches de Guillaume Barucq ?

Des nouvelles vagues, très très vagues

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, la liste de Guillaume Barucq essuie une nouvelle dissidence après la démission d’Emmanuelle Brisson, jugeant la liste trop à gauche et la prise de distance d’Aurélie Siou estimant la communication du docteur à vélo plutôt catastrophique. Plusieurs colistiers ou ex-colistiers du docteur Barucq, qui selon leurs dires se situent « à gauche », très déçus du comportement de leur tête de liste ont adressé aux médias locaux une très longue lettre intitulée « Voulez-vous pour Biarritz un maire insincère et déloyal ? » accompagnée de captures d’écran des conversations échangées qui prouvent un fonctionnement qui fait un peu frémir.

Extrait de la Lettre intitulée « Voulez-vous pour Biarritz un maire insincère et déloyal? « 

 La Marquise de Vérité, avec son humour habituel dans La Semaine du Pays basque, a déjà raconté l’affaire. Bisque, Bisque, Basque ! de son côté, après une enquête fouillée, a pu vérifier la véracité de ce qui était affirmé. Si Guillaume Barucq met en avant dans ses discours « le renouvellement ou l’humain », il y a apparemment quelques progrès à faire en interne.

Des convictions pour de rire

Lors de son interview sur France Bleu, le 24 mai dernier, Guillaume Barucq d’un fort joli mouvement de catogan avait annoncé qu’il « allait réunir ses colistiers dès le lendemain pour définir la stratégie ». Belle promesse qui n’a pas été suivie d’effet au moins pour les signataires de cette lettre, très impliqués. Pas la moindre réunion du groupe ne s’est tenue et ce n’est que le 1er juin, à la veille de la conférence de presse, qu’est dévoilé aux colistiers l’accord avec EHVS.

Le message qui démontre qu’aucun des colistiers n’était informé du détail des tractations, le 1er juin.

Ces derniers apprennent aussi par la bande que Nathalie Motsch a refusé la place indigne de numéro six qui lui était proposée, mais aussi et surtout que sans la vigilance de EHVS, Barucq arrivait avec sept colistiers de Veunac dans la corbeille de mariage, à savoir Jacques Papon, Louis Vial, Laurent Ortiz, Eric Bonnamy, Marina Gouvry, Grégoire Le Taillandier, Betty Larronde. D’où ces mines de dix pieds de long dans la liste initiale le jour de la conférence de presse, tandis que la liste EHVS affichait le sourire des grands jours : seize places sur trente-cinq quand on a terminé quatrième avec 12% des suffrages, c’est inespéré et on peut presque parler de hold-up du siècle.

Consternation des signataires de la lettre aux médias qui découvrent que leur champion commet quelques arrangements avec la vérité mais aussi et surtout qu’il n’a pas le moindre sens politique ni la moindre conviction idéologique. Comme Bisque, Bisque, Basque ! l’a déjà raconté, Jakes Abeberry que l’on ne peut accuser de ne pas savoir faire de la politique a estimé qu’il n’y avait qu’une solution pour gagner, celle qui consistait à mettre Nathalie Motsch en numéro deux et Brice Morin en trois, ce qui respectait le suffrage des Biarrots. Son point de vue a été minoritaire après un vote en interne, ce qui prouve que la démocratie fonctionne chez EHVS. On ne peut pas en dire autant à Nouvelle vague où visiblement Guillaume Barucq et Corine Martineau ont décidé seuls.

Mêmes incohérences lors des tractations secrètes menées avec la liste Veunac et belle démonstration du peu de cas que fait Guillaume Barucq des convictions. Le 12 février, lors de l’avant-dernier conseil municipal, le docteur surfeur séduit une partie de l’électorat en se prononçant très fermement contre la création du centre de formation du BOPB. Ce qui ne l’empêche pas de négocier en douce avec la liste Veunac et de proposer à trois adjoints qui ont voté en faveur de ce centre de formation une place dans sa liste. Surfer dans un tel océan de contradictions, c’est vraiment du grand art !

L’humain quand on a le temps

Et puis il y a ce qui mortifie le plus les signataires de la lettre, et qui les amène à dire qu’ils ne feront « plus jamais de politique ». C’est le mépris de l’humain, le non-respect des promesses tenues, la désinvolture avec laquelle on traite les compétences, contrairement à tous les beaux discours effectués devant les caméras où l’humain est toujours mis en avant.

Extrait de la Lettre intitulée « Voulez-vous pour Biarritz un maire insincère et déloyal? « 

Certaines captures d’écran du groupe qui échangeait sur WhatsApp montrent une désinvolture totale et des méthodes que même le pire DRH de la grande distribution n’oserait utiliser. Autre anecdote qui montre le peu de respect de l’humain du candidat : « Vous serez sur la liste en position éligible » écrit le 31 mai sans sourciller Guillaume Barucq à un colistier très favorable à cette nouvelle alliance. Avant de se raviser le lendemain et d’annoncer par SMS au malheureux qu’il n’entre plus dans les plans. Conférence de presse, dépôt de la liste en préfecture et le 4 juin, sans le moindre coup de téléphone d’excuse pour ce revirement, envoi d’un faire-part écrit à l’éliminé : « Même si je n’ai pu vous intégrer dans la liste, nous espérons compter sur vous parmi nos premiers soutiens ». Clairement, on a connu plus courageux.

Et se pose désormais la question qui préoccupe tous les Biarrots : est-ce que on peut devenir un bon maire, soucieux de la démocratie et du respect des lois régissant la vie publique, quand avant même d’être élu on commet de tels arrangements avec la vérité, de telles acrobaties avec la démocratie, de telles désinvoltures avec ses colistiers ?

Histoire d’un désamour

Le 15 mars au soir, je n’ai pas le moindre doute. Je vais voter Guillaume Barucq qui semble avoir beaucoup évolué et être capable de faire preuve de plus de fermeté politique. Je suis convaincu qu’il va faire alliance avec Nathalie Motsch, comme il l’a toujours annoncé, et avec EHVS, ce qui va donner à la Ville une liste cohérente et équilibrée.

– Première inquiétude à la fin du confinement, quand j’apprends que Guillaume est prêt à intégrer des membres de la liste Veunac. Je mets cela sur le compte de la trop grande gentillesse du bon docteur.

– Deuxième inquiétude quand je découvre la mauvaise manière faite à Nathalie Motsch, alors que les deux candidats, depuis juillet 2019, parlaient d’un désistement mutuel au soir du premier tour.

– Nouvelle inquiétude quand des membres de la liste me racontent ce qui se passe véritablement à l’intérieur, loin très loin des valeurs humanistes proclamées.

Mail adressé à Guillaume Barucq et Corine Martineau, le 19 juin au matin avec 9 questions posées : Les 4 premières concernent les professions des colistiers et la neuvième une vilaine rumeur accusant Lysiann Brao d’avoir exercé son droit de retrait pendant le confinement, ce qu’elle démentira immédiatement de façon très convaincante.

Guillaume m’informe par SMS que « les personnes mises en cause me répondront personnellement » avant de lancer une menace à peine voilée « Comme vous le savez, il est par contre illégal de diffuser des conversations privées et je m’étonne que vous nous interrogiez là-dessus » Avant de rajouter : « Je vous appellerai après le débat ».

Ce à quoi je réponds qu’un journaliste a tout à fait le droit de faire état de conversations qui lui ont été transmises par une source quand elles concernent la vie publique.

Corine Martineau, Virginie-Hélène Borteyru-Terpo et Justine d’Audiffret répondent très vite.

Quatre questions sur le « fonctionnement démocratique de la liste », les appels du pied à Veunac et la gestion humaine sont donc restées sans réponse, Guillaume Barucq sans doute trop pris par ses activités professionnelles, ayant oublié sa promesse.

Une nouvelle relance de Guillaume Barucq et Corine Martineau par SMS le samedi 20 juin au matin n’a pas connu plus de succès.

 

 

Niaiseries biarrotes

Cabotinages, minauderies, flagorneries… Ce dernier conseil municipal a été à l’image de toute la mandature Veunac : consternant !

Tous ceux qui ont travaillé en entreprise se sont retrouvés un jour ou l’autre invités au pot de départ en retraite d’un collègue unanimement décrié. Les circonstances et l’alcool aidant, on dit publiquement du bien du partant, et le salopard qui a pourri la vie des autres salariés pendant des décennies, rentre chez lui ragaillardi : « Finalement, tout le monde m’aimait bien dans cette entreprise ».

Dans la grande salle du Bellevue, où se tenait le dernier conseil municipal de la mandature Veunac, les rares spectateurs présents ont eu droit à une soirée verbeuse, minaudière et hypocrite digne de la cérémonie de remise des César, où l’essentiel, l’après-Covid, a été oublié au profit de l’anecdotique et des auto-célébrations les plus pathétiques.

https://www.youtube.com/watch?v=F7ZaCohiDiY

Nous vous conseillons donc d’éviter à tout prix les 3 h 15 de ce débat, incarnation du pire en politique. Pour preuve, trois des quatre candidats ont poussé le mauvais goût jusqu’à féliciter le retraité du jour accessoirement maire, qui n’en croyait pas ses oreilles et se tortillait d’aise sur sa chaise. Seule Maïder Arostéguy, a eu le bon goût de se taire et de rester dans son rôle d’opposante.

Tout avait pourtant bien commencé avec une Nathalie Motsch refusant de signer le procès-verbal du conseil précédent, car l’estimant insincère puisque Veunac a déjà dépensé 240 000 euros en consultation d’architectes, pour un centre de formation du BO, alors qu’il avait annoncé le 12 février dernier que le vote était « purement consultatif », et un François Amigorena, incisif comme à l’accoutumée, s’étonnant qu’en ces temps de crise on alloue sans se poser de questions 500 000 euros de frais de communication au BO et 1,1 million d’euros seulement pour la relance du commerce biarrot.

À la trappe, les « muets du sérail »

Mais les sujets de fond n’intéressaient visiblement personne, hier soir. Les « muets du sérail », comme Bonnamy, Ortiz, Haye et bien d’autres que l’on n’a presque jamais entendus pendant six ans, étant décidés à offrir aux Biarrots qui n’en demandaient pas tant, une intervention impérissable et hors de propos avant de passer définitivement à la trappe de la vie politique.

Et les candidats du deuxième tour, tout en se livrant à un marquage à la culotte sans pitié, sous couvert de parler de Biarritz, de se laisser aller, lors de ce pot de retraite, à des excès verbaux dont nous nous serions bien passés. Volonté de ratisser large ou attendrissement qui n’était pas de mise ? C’est Barucq qui déclame « Je resterai fier d’avoir servi Biarritz à vos côtés », Nathalie Motsch, qui a un mot aimable pour Veunac, ou Saint-Cricq qui en fait des tonnes en s’adressant à Guy Lafite : « Vous avez magnifiquement redressé les finances de la Ville. Ne faites pas le modeste. C’est un opposant qui vous le dit » Et dire que Jean-Benoît Saint-Cricq a été dans une vie antérieure un opposant respectable… Qui osera faire remarquer qu’il est très facile de présenter un budget en équilibre quand on a planqué les dettes sous le tapis et refilé à la Socomix un emprunt sur les travaux de l’Hôtel du Palais ?

Et comme la pantalonnade s’éternise, comme Veunac sent que ceux qui lui crachent habituellement à la gueule quand il a le dos tourné, sont décidés ce soir à le caresser dans le sens du poil, il ose même pour résumer son bilan une de ces phrases creuses dont il a le secret : « Il semble que les résultats sont là ! » 

Bisque, Bisque, Basque ! qui adore jouer les rabat-joie rappellera donc que pas un maire sortant d’une ville de plus de vingt mille habitants n’a fait au premier tour un aussi mauvais score que notre Mimi-la-Malice et n’aura qu’un mot :

Au revoir, petit maire !

Mauvais exemple

Plusieurs élus, dont Édouard Chazouillères, ont déploré la mauvaise image donnée par Biarritz à la suite du reportage diffusé dimanche soir sur TF 1, où l’on voit le patron d’un célèbre établissement de la ville faire la bise à ses clients avec son masque. Et comme si cela ne suffisait pas, le fils de ce patron a passé une vidéo où, au volant de sa voiture, il se moque du « 4×4 » d’un malheureux SDF poussant son chariot de supermarché. Indignation sur les réseaux sociaux, retrait gêné de la vidéo et excellent dessin de Victor-la-Licorne pour dénoncer ce fait peu glorieux

https://www.facebook.com/VictorLaLicorne/

https://www.mediabask.eus/fr/info_mbsk/20200612/biarritz-la-video-d-un-serveur-de-bar-moquant-un-sans-abri-enflamme-la-toile?fbclid=IwAR0rHJkoEiTF4WEW5-BWZma4DE2kz524bUDIBH3m4N2J9PwDqwXA6oTB6Mk

Les vertus du ménage à trois

En refusant une alliance logique qui rassurait les électeurs, Guillaume Barucq a sans doute compromis ses chances de devenir maire de Biarritz.

Ces temps-ci, que ce soit devant les caméras de France 3 ou face à la presse, lors de sa conférence de presse au phare de Biarritz le mardi 2 juin, Guillaume Barucq s’affirme furieusement monogame et répète à l’envi : « Je préfère un couple à deux qui fonctionne, qu’un ménage à trois qui dysfonctionne, ou à quatre, qui explose… » Si l’on peut comprendre la pruderie du très sage docteur à catogan, face aux exploits des « libertins » Destizon et Vial qui auront fréquenté tous les clubs échangistes disponibles sur Biarritz avant de tomber dans les bras de Saint-Cricq, il est dommage que le candidat écologiste n’ait pas compris que les règles qui prévalent ordinairement dans la vie conjugale ne s’appliquent pas à la politique.

Nous avons tous vécu des cérémonies de mariage où une famille est extatique, tandis que l’autre se montre nettement plus réservée. Mardi, pour l’observateur extérieur, le contraste était saisissant entre les mines joyeuses des membres de la liste Abertzale Verte et Solidaire (EHVS) et l’air nettement plus pincé des membres de « Nouvelle Vague Biarritz ». Il faut dire aussi que faire 12,34% des voix au premier tour et se retrouver avec seize candidats sur trente-cinq dans la nouvelle liste recomposée, constitue une aubaine inespérée pour la liste EHVS. Après tout si vous êtes jeune et démuni(e) et qu’un(e) milliardaire vous épouse sans contrat de mariage, il n’est pas interdit d’accepter.

Parfois, les unions les plus improbables s’avèrent les plus durables, mais il est clair que parmi les observateurs extérieurs le scepticisme était de mise. Pour le cas, où Guillaume Barucq l’emporterait, on voit mal comment cette liste qui va de Clémentine Autain  à Bruno Retailleau pourrait fonctionner dans la durée, sans le point d’équilibre que pouvait représenter Nathalie Motsch.

C’est pour ne pas faire peur à Corine Martineau ou aux électeurs que Mathieu Accoh se cache derrière Lysiann Brao sur la photo ?

Vous le savez comme moi, que ce soit à la sortie de l’église pour un couple improbable ou à la fin d’une conférence de presse annonçant la constitution d’une liste de second tour, il est de bon ton de voir la vie en rose. Alors qu’Emmanuelle Brisson, jugeant la liste « trop à gauche », a claqué la porte et refusé une place éligible, ce qui est à son honneur et démontre un beau caractère, Corine Martineau explique suavement qu’elle ne se sent pas gênée par la présence sur sa liste d’abertzale, d’écologistes ou de membres de  » Ensemble Insoumis « , car « c’est une liste locale qui s’est construite avec un programme local ». On prend les paris que la politique va reprendre ses droits dès l’élection terminée ? Quelques minutes plus tard, c’est Mathieu Accoh, représentant de  » Ensemble insoumis « , qui affirme sans rire qu’il était impossible à sa liste de fusionner avec la liste de Nathalie Motsch car « les programmes étaient trop différents et Nathalie Motsch trop à droite » … Tandis que Tata Corine est une gauchiste bien connue ?

Une erreur politique

En trente-cinquième position, Jakes Abeberry était présent lors de la conférence de presse.

Selon des sources abertzale, les discussions au sein du mouvement auraient été « très violentes » entre les jeunes et les plus anciens, Jakes Abeberry estimant que l’on doit « respecter le suffrage universel » et que la nouvelle liste ne pouvait être articulée autrement qu’avec Guillaume Barucq en numéro 1, suivi de Nathalie Motsch et de Brice Morin. Même s’il était présent à la conférence de presse, le vieux leader n’a visiblement pas été suivi et c’est fort dommage.

Contrairement à Guillaume Barucq, qui décidément ne se montre pas grand stratège, Jakes Abeberry sait que dans la vie publique le trio représente souvent l’équation gagnante et permet l’équilibre des forces, quand le duo est dangereux en cas de conflit. C’est bien en s’appuyant sur des socialistes et des membres de LR qu’Emmanuel Macron a su créer à partir de rien le mouvement En Marche. Plus loin de nous, François Mitterrand est devenu président de la République en 1981 en s’aidant des radicaux de gauche et des communistes. Et en 2014, si le docteur Barucq est devenu adjoint à l’environnement, c’est grâce à un « ménage à trois » avec les listes de Veunac et Lafite.

Une erreur psychologique

Mais plus que l’erreur tactique, c’est l’erreur psychologique qui étonne de la part d’un candidat intelligent comme Guillaume Barucq. Pour la première fois depuis des décennies, cette élection était limpide et traduisait clairement ce que voulaient les Biarrots. Le 15 mars au soir, malgré l’angoisse du Covid, tous les passionnés de vie publique avaient de quoi se réjouir : un personnel politique totalement discrédité à force de tromperies et de trahisons allait prendre une retraite bien méritée, et le ou la futur(e) maire de Biarritz allait incarner un renouvellement considérable. Avec une démarcation claire entre Arostéguy, Veunac et Saint-Cricq, plutôt prêts à discuter avec le BO, Barucq, Motsch, EHVS et Karim Guerdane, plutôt fermes face à Aldigé.

Tous ceux qui se sont mariés savent que l’on a toujours un doute au moment de se dire « oui ». Et tous ceux qui ont travaillé dans une entreprise savent que le charmant collègue que l’on côtoie peut devenir un dictateur odieux après avoir reçu une promotion.

Légitimement, les Biarrots s’interrogent sur leur futur maire, se demandent si Maïder Arostéguy qui n’est à l’évidence pas d’extrême-droite même si elle est très à droite, saura prendre ses distances avec son entourage, si Guillaume Barucq, d’un caractère trop gentil, saura faire preuve de fermeté, si Nathalie Motsch, d’un caractère plus affirmé, ne tombera pas dans l’autocratisme d’un Borotra si elle se retrouve avec l’écharpe tricolore.

Comment Guillaume Barucq a pu proposer une place de numéro 6 à Nathalie Motsch, qui constitue une insulte au résultat du scrutin, sans comprendre que le ticket Barucq-Motsch-Morin s’avérait très rassurant pour les Biarrots, la gentillesse visionnaire de l’un étant équilibrée par la technicité et la pugnacité de la deuxième et les préoccupations basques et sociales du troisième ? Avec le maintien de la liste Saint-Cricq, cette liste recomposée aurait pu poser un sérieux problème à Maïder Arostéguy.

Barucq hué au Royalty

On peut s’étonner que Bisque, Bisque, Basque ! clairement à gauche n’éprouve pas plus d’enthousiasme pour cette liste qui est la plus à gauche des quatre, même si Nathalie Motsch a eu tort dans sa conférence de presse de parler de « liste d’extrême-gauche ». La raison est double : cette liste ne respecte pas le suffrage exprimé par les Biarrots et elle paraît vouée à d’inévitables conflits. Sur les réseaux sociaux beaucoup s’étonnent et se montrent plutôt critiques pour le docteur à catogan. Mercredi 3 juin à 14 h 45, alors que les Biarrots fêtaient le déconfinement en retrouvant leurs cafés favoris, Bisque, Bisque, Basque ! a pu assister à une scène surréaliste à la terrasse du Royalty : trois quadragénaires à la mise soignée que j’ai souvent croisés à Biarritz sans pour autant pouvoir les identifier, chantaient à tue-tête « Barucq montre-nous tes fesses, Barucq montre-nous ton cul ! », juste sous les fenêtres du cabinet du docteur qui devait les maudire s’il était en consultation.

Le gentil Guillaume Barucq ne mérite à l’évidence pas un tel traitement, mais il est vrai que dans les mariages improbables, tôt ou tard il y a toujours un gros malin pour chanter : « Les cocus, au balcon ! » …

L’entourloupe faite à Robert Rabagny

Tout le monde sait à quel point Robert Rabagny aime sa ville. « L’indien », avec son masque aux couleurs du BO, est donc arrivé pendant la conférence de presse de Guillaume Barucq et n’a pu résister au plaisir de prendre la parole : « Tout le monde sait que je soutiens Maïder Arostéguy à 150%, mais je me réjouis de voir disparaître certains élus et de voir une liste composée de jeunes et de surfeurs ». Quelques minutes plus tard, une photo, publiée sur les réseaux sociaux et retirée depuis, montrait Rabagny discutant avec les membres de la liste et remerciait Robert « pour son soutien ». Un procédé plus que discutable.

Croquignol et Filochard font de la politique

Patrick Destizon et Louis Vial ont frappé à toutes les portes avant de tomber dans les bras de Saint-Cricq. Une Odyssée qui résume tellement les dérives politiques de la Ville.

L’Histoire aime les héros prêts à tout pour défendre leurs convictions. Il y a eu le général De Gaulle, le 18 juin 1940, pour refuser la défaite et huit décennies plus tard Patrick Destizon et Louis Vial qui ont décidé d’offrir leurs cerveaux à la ville de Biarritz et de sauver la campagne électorale de l’infinie médiocrité qui la menaçait. Et quand les lecteurs de Bisque, Bisque, Basque ! vont apprendre l’énergie, la constance et la détermination montrées par Croquignol-Destizon et Filochard-Vial, ils ne pourront être que béats d’admiration devant tant d’altruisme et de générosité.

Un petit tour chez Maïder

Tout commence avec des signaux à peine subliminaux adressés à Maïder Arostéguy. Avec la discrétion de deux phacochères dansant sur un fil tendu entre le Rocher de la Vierge et l’église Sainte-Eugénie, nos deux larrons de la liste Veunac qui sentent que leur champion a du mal à trouver une famille d’accueil pour le second tour après son score calamiteux du 15 mars, commencent à encenser Maïder Arostéguy à toutes occasions, avant de lui proposer le cadeau suprême : le don de leurs personnes afin de rehausser le niveau de sa liste composée d’incompétents absolus par rapport aux deux politiques expérimentés qu’ils sont. Mais Maïder n’a pas bon goût, c’est bien connu, et elle ose refuser les avances des deux génies définitifs et leur dire qu’elle continue avec sa liste. Bizarrement Destizon et Vial vont se mettre soudainement à dire pis que pendre de la candidate LR. Une crise de lucidité, sans doute.

Un petit tour chez Guillaume

Louis Vial peut être heureux de sa stratégie gagnante et de son nouveau surnom, « Le cerveau ». (Photo Sud Ouest)

Un vent de panique souffle alors sur les membres de la liste Veunac qui se demandent s’ils ne vont pas devoir renoncer à la vie publique… et aux indemnités qui vont avec. Et la jalousie s’en mêle quand Destizon et Vial apprennent que Guillaume Barucq semble prêt à accueillir, sans le moindre état d’âme sur sa liste Éric Bonnamy et Laurent Ortiz. Comment peut-on s’enticher de modestes caporaux comme le spécialiste des mobilités douces et le représentant des surfeurs, quand des généraux comme eux sont sur la touche ? Un peu comme De Gaulle avec Pétain, Croquignol-Destizon et Filochard-Vial décident de remonter les bretelles à leur chef, en train de sombrer dans le défaitisme le plus complet. « Michel, tu dois défendre ton bilan admirable, ce mandat apaisé et magnifique que tu as réalisé.  Laisse-nous négocier en ton nom et nous te promettons que tu vas être accueilli dans une liste avec tous les honneurs dus à l’extraordinaire maire que tu es ».

Persuadés d’être attendus comme des messies, Destizon et Vial viennent donc offrir leurs services, il y a une semaine, au petit médecin à catogan. Sauf que pour repeindre en vert Vial et Destizon, il faut prévoir quelques tonneaux de peinture. Barucq comprend qu’il va droit à la catastrophe et que Lysiann, sa nouvelle conquête abertzale verte et solidaire dont il est si fier, va sérieusement ruer dans les brancards. C’est comme cela que les chômeurs partiels Ortiz et Bonnamy qui étaient tout contents d’avoir retrouvé un petit boulot chez Barucq, se retrouvent sans emploi et éjectés de la liste !

Un petit tour chez Nathalie

Ne doutant décidément de rien, et prêts à mouiller leurs chemises pour que Biarritz soit sauvée, les deux pieds nickelés commencent samedi 30 mai des négociations avec Nathalie Motsch. S’imaginant que « Calamity Nathalie » est un cœur à prendre, fragilisée par le refus inattendu de Barucq de s’allier à elle, ils vont lui prouver qu’ils sont des vrais « mecs » sur qui elle peut compter et qu’ils détiennent la combinaison magique pour gagner les élections. Destizon et Vial lui proposent donc le « plan à trois » qui a horrifié le trop conventionnel Barucq, fusionner sa liste avec celle de Michel Veunac et celle de Jean-Benoît Saint-Cricq. Nathalie Motsch n’en croit pas ses oreilles et informe immédiatement ses colistiers de la démarche des deux Pieds nickelés. Redoutable en politique, ce qu’on savait déjà, elle décide de les laisser s’enfoncer pour voir jusqu’où ils iront dans l’ignominie. Et ce n’est pas triste.

La tête de liste ? La logique voudrait qu’elle revienne à Nathalie Motsch au vu de son score. Mais Destizon, on le sait, a réponse à tout quand il s’agit de sa survie. « Nathalie, Michel a toujours cru en toi et a toujours dit que tu étais la seule à avoir du talent en politique. Michel est le maire sortant. Tu dois lui laisser la tête de liste et devenir numéro deux tandis que Jean-Benoît sera en troisième position. Évidemment, la condition impérative pour que nos listes fusionnent est que tu renonces à ton recours sur l’Hôtel du Palais. Quant à Michel, il est vieux et fatigué et a juste besoin d’un an avant de te laisser la place et de permettre à Jean-Benoît de devenir Premier adjoint ». Allez comprendre pourquoi, mais Nathalie Motsch qui a toujours dit que Veunac est le dernier à qui elle achèterait une voiture d’occasion, n’a pas cru un mot de ces fadaises.

Mais fine mouche, elle se garde bien de les éconduire, se disant qu’elle va les faire poireauter jusqu’à ce qu’ils soient définitivement écartés de la vie publique, et joue donc les vierges effarouchées qui n’ose franchir le pas avant de leur dire non lundi soir. Un tout petit peu trop tôt, comme on va le voir.

Un deuxième tour chez Jean-Benoît

D’où ce communiqué de Michel Veunac publié mardi matin, peu avant la conférence de presse de Guillaume Barucq, annonçant qu’il se retirait de la compétition. Grande liesse des Biarrots, ces inconscients incapables de comprendre qu’ils sont en train de perdre 35 talents d’envergure comme Jocelyne Castaignède, Ghis Haye, Sylvie Claracq, sans compter tous les hommes précédemment cités et notre Mimi-la-Malice-que le-monde-entier nous-envie.

Le 2 juin, alors que l’heure de déjeuner à sonné depuis longtemps, Jean-Benoît Saint-Cricq, persuadé qu’il va se manger un quatrième mandat d’opposant, annonce à Sud Ouest qu’il ne sait pas s’il va maintenir ou non sa liste. C’est compter sans la ténacité légendaire de nos deux infatigables héros Croquignol-Destizon et Filochard-Vial, qui vont faire entendre raison à l’avocat biarrot. Patrick Destizon, alors flanqué de Maïder Arostéguy, avait trahi Saint-Cricq lors de l’élection de 2008. Mais c’est bien connu, Jean-Benoît aime souffrir et les convictions et la cause de Biarritz doivent prévaloir.

Ils se sont trahis et se sont réconciliés. C’est beau, l’amour! (Photo extraite du Facebook de Jean-Benoît Saint-Cricq)

C’est donc main dans la main qu’on apprend à 16 heures (soit deux heures avant la date limite de dépôt des listes et deux heures après les travaux d’approche enfin réussis), que l’opposant qui ne s’oppose plus Jean-Benoît et le très séduisant bourreau des cœurs Patrick vont convoler en justes noces jusqu’à la sous-préfecture, avec Louis Vial et Jocelyne Castaignède comme témoins du mariage. D’où ce selfie fait autour d’une bière (on est peuple où on ne l’est pas !) des deux compères, épaule contre épaule malgré la menace Covid, et déclarant à qui veut l’entendre : « On va faire perdre Maïder ! »

Eh, les loulous, vous ne vous surestimez pas un peu ?