Les appliqués, les fumistes et le gros lourd

Ce deuxième conseil municipal sur le budget a donné lieu à des échanges fructueux. Malgré certaines absences discutables et un Destizon décidé à faire son intéressant.

À l’aise et maîtrisant ses dossiers, Maïder Arostéguy a su créer une ambiance de dialogues et d’écoute réciproque.

Ôtez-moi d’un doute pour le cas où Alzheimer aurait fait une visite impromptue : la liste conduite au printemps par Nathalie Motsch s’appelait bien, avec une immodestie certaine, « Biarritz en a besoin » et non « Biarritz par-dessus la jambe » ? Hier soir, lors d’un conseil municipal de très belle tenue qui nous ferait presque oublier les errances et autres approximations de Mimi-la-Malice et ses troupes, il y avait de quoi avoir mal au ventre pour tous les gens de qualité qui étaient présents sur la liste de « Calamity Nathalie », en constatant que pour la deuxième fois consécutive leur championne avait donné son pouvoir à Sébastien Carrère et joué les filles de l’air. Comme aurait dit Chevènement, « Un élu, ça fait le job ou ça démissionne ».

Agacement similaire en ce qui concerne le Monsieur météo de TF1, Louis Bodin, absent pour la deuxième fois en deux conseils municipaux. Même si son cas est moins grave que celui de Nathalie Motsch, puisque simple godillot de la majorité, il est exaspérant de constater que les Biarrots crient au « parachuté » quand un ministre envisage d’être candidat dans une ville qu’il pratique depuis trente ans, mais sont en émoi comme des midinettes lors de leur premier bal en voyant le « grand nom parisien » qui va embellir l’affiche, alors que tout le monde sait qu’il sera trop pris par ses activités professionnelles pour consacrer du temps à Biarritz. Et quand je m’étonne sur Twitter de son absence, son beau-père Jean-Bernard Pinatel sort le fusil mitrailleur : « Il apporte son expérience et son conseil à l’adjoint à l’environnement. À l’heure du travail à distance, c’est tout à fait amusant de voir ce genre de réflexion ». Drapeau blanc, Jean-Bernard, mais que je sache le poste de conseiller municipal en télétravail n’a pas encore été prévu par la Constitution.  Et il n’est pas obligatoire d’occuper un mandat pour aider une ville.

Chazouillères explique au lieu de pérorer

Édouard Chazouillères s’est montré plutôt pédagogue et intéressant, mais visiblement certains préfèrent lire le journal.

Mais revenons plutôt aux bons élèves de cette rentrée au lieu de nous intéresser aux fumistes. Tous ceux qui passent actuellement leurs après-midis à la plage confirmeront sans doute une rumeur venue du personnel de la mairie : ce ne sont pas les coups de soleil qui gênent beaucoup Maïder Arostéguy et sa majorité. De mémoire de fonctionnaire territorial, il y a longtemps que l’on n’avait vu une équipe se mettre au travail avec une telle ardeur et impliquer autant les services qui sont globalement ravis de ce bol d’air frais. Bisque, Bisque, Basque ! se gardera bien de toute conclusion anticipée, les bonnes résolutions de la rentrée s’étiolant parfois au cours d’un mandat, mais il est évident que pour rectifier en trois semaines, compte-tenu du Covid, les orientations budgétaires il a fallu que les élus et les services se mobilisent sacrément.

Au lieu des péroraisons autosatisfaites de Guy Lafite et des sentences aussi creuses que définitives de Michel Veunac, nous avons eu droit de la part du maire, d’Adrien Boudousse son premier adjoint, et surtout du « ministre des Finances » Édouard Chazouillères à des explications limpides sur le budget avec des chiffres projetés permettant à chacun de suivre précisément les points évoqués. De la pédagogie à la place de l’enfumage permanent, on va finir par croire que le Dieu de la démocratie et du respect de la vie publique est enfin venu faire un tour à Biarritz !

Et même sentiment de clarté et de connaissance des dossiers lorsque les adjoints, que ce soit Michel Laborde, Richard Tardits, Maud Cascino, Anne Pinatel ou Nicolas Martinez ont pris la parole. Ce conseil dure 3 h 21, mais il mérite vraiment d’être écouté de bout en bout et de sacrifier une séance de bronzette, tant les échanges sont passionnants. Vous y apprendrez entre autres comment le Covid a coûté 4 millions d’euros à la Ville, pourquoi il y a cette année 20% de véhicules automobiles en plus et aurez la confirmation que la danse et le rugby touchent tous les deux annuellement plus d’un million d’euros par an d’argent public.

https://www.youtube.com/watch?v=NN3ZC0Y6WZs

Une opposition constructive et intéressante

D’autant que l’opposition a su se montrer à la hauteur et profiter de la volonté de dialogue, très perceptible lors de ce conseil, pour poser beaucoup de questions intelligentes. Les sept opposants présents ont pris la parole à un moment ou l’autre de la soirée, démontrant souvent une autre vision de l’avenir de la ville mais faisant toujours preuve d’une courtoisie républicaine de bon aloi dans leurs interrogations.

Jean-Baptiste Dussaussois Larralde a fait remarquer que « 92 000 euros seulement pour l’amélioration des eaux de baignade » c’était fort peu, Lysiann Brao s’est interrogée sur les modalités d’attribution de la prime post-Covid, Corine Martineau a défendu une association comme « Équilibre », Brice Morin évoqué son poste de salarié de l’Atabal pour ne pas voter certaines délibérations susceptibles d’entraîner un conflit d’intérêts et Sébastien Carrère demandé des précisions sur le mode de calcul des droits de mutation. À chaque fois, les réponses de la majorité ont été précises et détaillées.

D’habitude, c’est la majorité qui veut augmenter les impôts quand l’opposition se récrie. Le plus surprenant de tous les opposants est donc Guillaume Barucq qui se retrouve à prôner une fiscalité beaucoup plus dure pour les résidents secondaires, ce qui est plutôt inhabituel, même si idéologiquement parlant le docteur à catogan est cohérent avec ses annonces de campagne.

Un vote qui marquera une première lézarde dans l’opposition puisque le « centriste-équilibriste » Barucq votera contre, tout comme Brice Morin et Lysiann Brao, tandis que Corine Martineau et Jean-Baptiste Dussaussois Larralde se rangeront aux côtés de la majorité. Le signe avant-coureur d’un éclatement idéologique de ce groupe d’opposition ?

Un comique malgré lui

« Survivor », l’élu qui ne doit sa place qu’à deux défections, s’est montré insupportable toute la soirée.

On le sait dans tout rassemblement, il y a toujours un gros lourd qui en fait des tonnes et ne comprend rien à l’ambiance générale. À sa place, compte tenu du cinglant échec électoral subi, on raserait les murs, puisque cet élu ne doit son fauteuil d’opposant qu’aux défections successives de Jean-Benoît Saint-Cricq et Jocelyne Castaignède, mais Patrick Destizon n’est pas du genre à se contenter de s’empiffrer gratuitement des petits fours offerts par la Socomix où Maïder Arostéguy lui a laissé un strapontin par charité. Décidé à jouer l’intellectuel de service et à peu près aussi convaincant dans ce rôle que Gérard Larcher briguant un poste de danseur étoile pour les ballets Malandain, l’inénarrable Patriiiiick se lance dans une interminable apologie de la mandature précédente qui ne convainc que lui. Et comme la lumière braquée sur lui s’est éteinte beaucoup trop vite à son goût, il remet le couvert en fin de conseil avec une tirade sur le recrutement d’un cabinet qui va coûter « annuellement 250 000 euros par an ». Notre économiste oublie juste de préciser combien l’absence de cabinet et des compétences qui y sont rattachées a coûté à la Ville lors de la dernière mandature avec les bourdes en série qui auront caractérisé la mandature Veunac, malgré la présence de l’immense adjoint aux travaux qu’il était. Avant que Maïder Arostéguy ne sorte ses griffes pour la seule fois de la soirée en évoquant le recrutement lors du mandat précédent d’Olivier Lépine, « conseiller spécial de Michel Veunac » payé par les contribuables biarrots. Petit élève fessé en public, Patrick Destizon boudera sur sa chaise et arrêtera immédiatement ses attaques.

Et, un peu comme un ivrogne repenti qui garde dans son salon une photo de lui allongé dans le caniveau datant de ses bitures passées, on se dit que finalement c’est peut-être une grande chance pour la vie politique d’avoir au sein du conseil municipal un personnage comme Patrick Destizon : il incarne l’arrivisme, la duplicité et tout ce qu’on déteste dans la politique et rend sympathique ce grand bol d’air frais qui nous arrive avec tous ces nouveaux visages de la majorité et de l’opposition.

Un accord Arostéguy-Etchegaray à propos de Motsch ?

L’information n’est pas encore officielle, mais elle fait déjà beaucoup parler au sein de l’Agglo Pays basque où Biarritz avait perdu une grande part de son crédit grâce à son éblouissant ex-maire. Solidarité UDI oblige, Jean-René Etchegaray souhaiterait garder Nathalie Motsch à la tête de l’AUDAP (Agence d’Urbanisme Atlantique-Pyrénées) où aux dires de tous, elle a effectué un très bon boulot. Il a donc approché par téléphone Maïder Arostéguy pour savoir si cette nomination poserait problème. Apparemment, Maïder Arostéguy aurait fait preuve de sens politique en acceptant le deal. Un deal qui n’interdirait pas à Nathalie Motsch d’honorer de sa présence, au moins une fois avant 2026, le conseil municipal où elle a été élue.

16 réflexions sur “Les appliqués, les fumistes et le gros lourd

  1. Bon Jean-Yves il faut te remettre de l’élection de celle qui visiblement t’a bien marabouté je le redoutais dès ton précédent article !

    Je comprends qu’elle soit plus sympa que Veunac mais revenons sur terre et jugeons sur pièce pas sur des impressions et des échanges relativement limités pour le moment. Aucune grande décision n’a été prise durant ces 2 derniers conseils je te le rappelle amicalement.

    Je suis surpris et un peu déçu que tu t’enfermes dans une impasse quand tu écris : « Notre économiste oublie juste de préciser combien l’absence de cabinet et des compétences qui y sont rattachées a coûté à la Ville lors de la dernière mandature avec les bourdes en série qui auront caractérisé la mandature Veunac »

    Techniquement et donc factuellement, toi non plus tu ne sais pas si le fait de n’avoir pas eu de cabinet sous la mandature précédente à au final couté à la ville et également, si le présent cabinet lui sera d’aucune aide. J’ai tenté de te le faire percevoir la fois dernière mais visiblement j’ai échoué.

    En l’état, rien ne peut assurer le contribuable que je suis que les dépenses pour ce cabinet (payées en partie via mes impôts locaux) vont ou non améliorer le fonctionnement général de la ville. Ce n’est qu’en fin (ou en cours) de mandat que nous serons si les emplois créés ont servi à quelque chose et vu le profil des personnes concernées, si toi tu les trouves fantastiques, moi j’ai d’énormes doutes quant aux résultats de leur action.

    Au fait t’es tu intéressé d’établir combien le cabinet actuel coutera aux Biarrots dont tu es car c’est cela que tes lecteurs souhaitent connaitre. Si Mr Desitzon dit vrai alors ce sont 1.250.000 Euros (avec les charges sociales?) qui seront dépensées en 6 ans soit au moins 2 logements sociaux qui pour le même montant auraient pu être réalisés.

    Tu te réjouis de voir Mr. Destizon remballé et c’est amusant (il le mérite certainement) mais la qualité de l’argument employé par notre édile est pour le moins douteux : justifier une dépense bidon (le conseiller spécial de Veunac) par une possible dépense bidon (le cabinet actuel) ne me parait franchement pas très malin et montre que pour l’instant ça ne vole pas très haut.

    Je pense que Didier Guillaume aurait été au dessus de ce niveau cours d’école mais cela aussi nous ne le saurons jamais.

    • Cher Paul,

      J’ai passé 3h30 à écouter le conseil en détail, tout autant à le réécouter et à réfléchir et 4 heures à rédiger le papier.
      Avant de m’accuser d’ être marabouté, alors que je raconte ce que je vois, tu peux me jurer sur la tête de Claude Guéant que tu as consacré plus de cinq minutes à ce conseil ?

      • Cher Jean-Yves tu sais combien je te respecte et aussi admire ton travail et ta pugnacité mais là tu prends soin de ne pas adresser le fond de mon post à savoir le coût d’un bidule servant à recaser des obligés, bidule que visiblement tu cautionnes sans accepter que si les coûts de la structure sont bien réels, les résultats eux ne sont qu’hypothétiques.

        Que n’aurais-tu dit si Veunac avait fait la même chose?

        Tu tentes de faire diversion selon l’adage « la meilleure défense est l’attaque » et veux me tacler mais tu rates ta cible: ton papier est ton papier avec toute ton honnêteté et aussi toute ta subjectivité et c’est très bien. Simplement assumes ta position de fan de Maïder, ce n’est pas une maladie honteuse.

        Elle n’a rien fait (ou plutôt si commencé par depenser des centaines de milliers d’euros d’argent public pour des postes occupés par des seconds couteaux sauf un) que tu chantes ses louanges. Accepte por favor que l’on puisse questionner ton point de vue.

        J’attends de toi la critique constructive pas un Biarritz Magazine bis.

        Comme le chantait Catherine Ringer « les histoires d’amour finissent mal en général »

      • Que ce soit Borotra, Veunac ou Arostéguy, j’ai toujours estimé qu’un cabinet pour une Ville était quelque chose de fondamental. Je n’essaie même plus de batailler pour te convaincre. L’avenir montrera qui a raison.

      • J’avais cru comprendre que sa liste était, selon elle, la plus compétente de tous les participants, j’ai du louper un épisode.

        Une chose est claire dès à présent: dépenser l’argent des autres ne lui posera aucun problème bien qu’élue par 25% des inscrits.

        Mais si tu ne vois pas ou est le problème dans une ville endettée, avec une majorité plus que large d’élus « compétents » de dépenser 250.000 Eur par an pour recaser deux obligés plus un énarque au lieu de procurer des logements sociaux pour les Biarrots alors là pour un homme de gauche comme toi, je ne comprends plus mon latin.

    • Bonjour Mr Bismuth, je crois qu’évoquer le nom de l’ancien et calamiteux ministre de l’agriculture est totalement déplacé et futile. Un ministre qui défendait le lobby du vin et pensait que ce breuvage n’est pas de l’alcool n’avait sa place nulle part et surtout pas à Biarritz.

  2. Cher ami
    Madame Motsch n’avait donné aucune procuration à personne ni davantage averti quiconque de son absence. Ça ce sont des faits.
    Maintenant, un souhait : qu’elle soit définitive

      • peut être des problèmes de santé ou familiaux. Il est difficile de porter un jugement définitif sans savoir avec certitude ce qu’il y a derrière.

      • J’ai du mal à échanger sur un tel sujet avec quelqu’un dont je ne connais pas l’identité. Sauf à ce que vous soyez un footballeur connu 😀 N’y voyez aucune critique, chacun a de bonnes (je n’en doute pas en ce qui vous concerne) raisons d’agir comme il le souhaite. Néanmoins je vous rappelle ou apprends que je fus sur la liste ce cette personne

  3. En bon général, Monsieur PINATEL a placé ses petits soldats dans l organigramme du conseil municipal, pour pouvoir en tirer les ficelles, ou tout simplement croire de vouloir toujours exister…là et au BO !.De grace, que ce Monsieur aille rejoindre les M VEUNAC, et consorts autour de l aire de jeux de la Milady avec leur petits enfants, et qu ils comprennent une fois pour toute qu il y ait un temps pour tout !!! Quand à Monsieur Météo, je voudrais bien comprendre ses compétences en matière d urbanisme écologique et Madame la général en matière de basque. Ou alors j ai peut être loupé un épisode.

  4. Je réagis au tweet solidaire des Angloys de Veunac concernant l’incendie de Chiberta.
    Pour mémoire nous avons une forêt pinède à Biarritz, sur la colline bleue,quartier milady. Certes elle n’a pas la superficie de Chiberta, mais doit bien faire une dizaine ou plus d’hectares, de nombreuses maisons sont collées à la pinède qui doivent se faire du souci et alerter la mairie de Biarritz à ce sujet. J’y habite depuis plus de deux décennies, et la forêt a du être nettoyé une fois.

  5. Quand vous laissez votre voiture sur un emplacement de parking il se passe moins de 10 minutes avant que ne surgisse le chien de garde préposé à la récolte des amendes pour absence de paiement ou dépassement de temps …. Imaginez que l’on avait eu les mêmes pour la surveillance du « poumon de la côte » et de ces 200 et quelques hectares de domaine public …! Ne rêvons pas et contentons nous de ce que nous offrent nos élus , des pleureuses qui vont conforter leurs explications embarrassées sur « l’ensauvagement » des populations défavorisées …. » « Dans le même temps, arrivé avec sa troupe sur les hauteurs d’un col surplombant Grenade d’où l’Alhambra se dessinait majestueusement, Boadbil, dans un instant de dépressive mélancolie se mit à pleurer. Le surprenant en larmes, sa mère Aïcha El Horra, s’exclama sur un ton de reproches : « Llora como una mujer, lo que como un hombre no supiste defender ! ». (Pleure comme une femme ce que tu n’as pas su défendre comme un homme). » d’après Chateaubriand ….

Répondre à philippe labarrère , biarritz Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s