Une Arostégaffe spontanée ou calculée ?

En évoquant « les punks à chien venus de l’Est », on peut se demander si le maire de Biarritz s’est raté ou a cherché à cajoler son électorat dans le sens du poil.

Avec ses phrases à l’emporte-pièce, Maïder Arostégaffe fait le bonheur des commentateurs. Mais n’est-ce pas une façon habile de promener tout le monde ?

N’en déplaise à tous les chihuahuas des réseaux sociaux, toujours prêts à aboyer sur tout ce qui bouge sans jamais rien proposer de constructif, le début de mandat de Maïder Arostéguy et de son équipe est bon. Quand Michel Veunac, en 2014, faisait 158 fois le tour de son bureau avant de se décider à élaguer ou non un arbre, « Cheftaine Maïder » tient ses promesses de campagne et fonce. Création du marché Saint-Charles, aménagements des horaires de stationnement payant pour aider les commerçants, résiliation du contrat Streeteo… Toutes ces mesures font du bien à la Ville et méritent d’être saluées. Mais, ce qui a le plus surpris tous ceux qui ont vu en 2008 débuter Maïder Arostéguy en politique est l’autorité avec laquelle le nouveau maire de Biarritz a conduit ses premiers conseils municipaux, maîtrisant totalement ses dossiers et laissant la parole à l’opposition. Sans pour autant transformer ce grand rendez-vous municipal en champ de foire, contrairement à son prédécesseur.

Alors que tout semble sous contrôle et que la communication « arostéguienne » paraît réglée au millimètre, la sortie la semaine dernière de « Maïder Arostégaffe » à France Bleu sur la différence entre « les SDF traditionnels et les punks à chien venus de l’Est » interpelle beaucoup.

Le propos a de quoi hérisser pas mal de monde, même si on ne peut pas se plaindre à la fois de la langue de bois pratiquée par la plupart des politiques et de la spontanéité de langage de la nouvelle maire. La vraie question que se pose Bisque, Bisque, Basque ! outre le devenir de ces SDF, est de savoir si ces petites phrases ne seraient pas en fait beaucoup moins spontanées qu’elles n’y paraissent. Alors, Maïder Arostéguy sympathique gaffeuse ou rouée absolue ?

Le maire doit être le maire de tous

Avec douze ans d’expérience politique, Maïder Arostéguy ne peut ignorer qu’un maire n’a pas le droit de faire le tri entre ses administrés, même si comme tout humain elle peut éprouver des sympathies et des antipathies. Pas question dans ce blog de faire de la gauche angélique ou des procès d’intention alors que la nouvelle mandature démarre à peine. Mais un maire doit toujours avoir en tête que ce sont les plus faibles, les plus démunis qui doivent mobiliser le plus l’équipe municipale. En faisant une telle déclaration à la radio locale, Maïder sait donc parfaitement qu’elle se met à la faute par rapport aux principes républicains qui doivent prévaloir à la destinée d’une ville. D’autant plus que tous ceux qui sont sur le terrain et côtoient les SDF mis en cause estiment que les Français à la rue sont souvent beaucoup plus indisciplinés et turbulents que leurs collègues de l’Est.

Des petites phrases très connotées

Deuxième question qui mérite d’être posée après les sorties de notre « Arostégaffeuse » sur « les femmes voilées au Pays basque », sur « Les Gave qui après tout ne sont ni Auschwitz ni Buchenwald » ou sur « les punks à chien venus de l’Est », c’est la cohérence politique, consciente ou non, des propos tenus. Un débat un peu stupide pendant la campagne électorale a cherché à présenter Maïder Arostéguy comme quelqu’un d’extrême-droite, alors que l’intéressée a oscillé entre Jean-Christophe Lagarde et François Fillon. Mais ces petites phrases sont tout de même extrêmement connotées à droite et l’on doit donc se demander si Maïder Arostéguy est beaucoup plus à droite qu’elle ne l’imagine elle-même ou si elle distille ce genre de propos délibérément, car elle sait qu’ils auront le soutien de beaucoup de Biarrots. Il est très révélateur de constater les très nombreux encouragements que ses propos ont reçu sur les réseaux sociaux.

Un calendrier qui devrait amener des éclaircissements

Fort heureusement le calendrier devrait très vite nous apporter des éléments de réponse. Demain, 1er octobre, le maire de Biarritz tient une conférence de presse où elle va évoquer les dossiers pourris hérités de son prédécesseur comme L’Hôtel du Palais. Vendredi 2 octobre, le conseil municipal devrait nous en apprendre un peu plus. Et dans les jours qui viennent, on devrait savoir si la transformation du Point d’Accueil de Jour des SDF en centre d’accueil pour les femmes victimes de violence, cache une réelle volonté de trouver une solution pour les 70 marginaux qui battent le pavé de la Ville ou une volonté de les exfiltrer en douceur et donc de refiler la patate chaude aux autres communes.

Un divorce inéluctable

Jean-Baptiste Aldigé est un ancien petit joueur de rugby qui, à force de gesticulations, voudrait faire croire qu’il a été grand. Et un petit président qui n’arrivera jamais à être grand. Le chef de file du BO porte une atteinte considérable à l’image de Biarritz dont il se contrefiche éperdument, même s’il empoche sans barguigner l’argent municipal. Selon Sud Ouest, une bande son enregistrée clandestinement lors d’une rencontre avec des supporters circulerait dans la ville et Jean-Baptiste Aldigé tiendrait des propos injurieux sur Maïder Arostéguy.

Le nouveau maire de Biarritz a totalement raison de porter le différend sur la place publique et de ne pas se laisser intimider, au lieu de manœuvrer en coulisses comme le faisait Michel Veunac, face à ce trublion qui brandit de façon récurrente la menace de partir et de laisser le club en fédérale. Aldigé ne semble pas réaliser que beaucoup d’amoureux du rugby préfèrent un BO libre et apte à se reconstruire en fédérale plutôt qu’aux mains de l’improbable trio Aldigé, Louis-Vincent et Charles Gave.

Et comme décidément, il ne doute de rien, Aldigé affirme selon Sud Ouest qu’il est pour beaucoup dans l’élection de Maïder Arostéguy. Un exemple type de la folie des grandeurs du personnage : si dix supporters lors de ces municipales ont été influencés par sa façon de jouer au moulin à vent, c’est bien le bout du monde.

Le renvoi d’ascenseur ne connaît pas la crise

Quand l’éditorialiste politique de Sud Ouest devient chroniqueur littéraire, le coup de cœur du jour ne doit pas grand-chose au hasard.

Bruno Dive, s’il arrête la critique littéraire pourra prétendre au rôle de liftier.

Président de l’association de la presse ministérielle depuis 2018, Bruno Dive est un acrobate hors-pair que j’ai pu admirer pendant seize ans au « Canard enchaîné ». Abonné à Sud Ouest, je pouvais lire le matin ses éditoriaux de centre-droit, bien conformes au lectorat du quotidien régional, puis l’après-midi relire la poignée d’échos qu’il offrait chaque lundi au « Canard », nettement plus épicés à gauche. La cuisine, c’est un art !

Dans Sud Ouest daté du 20 septembre, en plus d’un papier sur Macron, « En ce moment, tout l’énerve », l’éditorialiste politique se fait chroniqueur littéraire en page 30 pour saluer le livre sur Michel Piccoli d’Anne-Sophie Mercier « journaliste au Canard enchaîné » qui signe chaque semaine une « prise de bec » remarquée. »  Et pour achever de convaincre le lecteur sur les qualités de l’auteur dotée « d’une plume alerte » Dive se décarcasse : « C’est le grand talent d’Anne-Sophie Mercier de nous aider à percer le mystère de ce personnage public et engagé qui aimait tant se protéger ».

Critique dans Sud Ouest dimanche du 20 septembre 2020.

Ce grand distrait de Bruno Dive, tout à sa passion de la littérature, a juste oublié de préciser une chose aux lecteurs : il connaît très bien Anne-Sophie Mercier puisqu’il la croise toutes les semaines au siège du « Canard enchaîné ».

Critique parue dans Le Canard enchaîné.

Et comme le renvoi d’ascenseur est décidément un art très pratiqué dans la presse française, comment ne pas être saisi d’émotion en se rappelant en quels termes élogieux, la chroniqueuse littéraire Anne-Sophie Mercier parlait dans « Le Canard » du livre de Bruno Dive, « Au cœur du pouvoir » : « Un livre utile et documenté de Bruno Dive, éditorialiste à Sud Ouest qui a eu accès dans les heures qui ont suivi les attaques aux protagonistes et a recueilli nombre de témoignages inédits ».

Si après tous ces allers et retours dans l’ascenseur qui va vous conduire au septième ciel littéraire, vous n’avez pas envie d’acheter ces deux ouvrages, c’est vraiment à désespérer de tout !

Il y a quelques années, quand un journaliste de « Libération » évoquait le livre d’un de ses collègues, un surtitre intitulé « Spécial copinage » prévenait opportunément le lecteur de la situation. Mais c’était l’époque où la presse écrite manifestait encore un semblant de vertu.

Le pas de géant de RamDam 64-40

Réorganisation totale, nouveau blog, l’association citoyenne ne se l’est pas coulée douce pendant le confinement.

Pendant le confinement, l’ancien président de RamDam 64-40 Michel Gellato, alias Kim M’ Me Suive, s’est assidûment entraîné à la pêche aux gros poissons politiques. (Photo François BERLAND)

Et dire que certains ont passé leur temps à roupiller devant Netflix de mars à mai ! Privés du sel de leur existence, la vie publique, les membres de l’association citoyenne RamDam 64-40 ont mis à profit ce temps de réclusion forcée pour réfléchir et se réorganiser. De nouvelles recrues ont grossi les rangs de l’association et désormais les principales villes des Landes et Pyrénées-Atlantiques ont leur observateur averti qui va au contact des élus et signale tout ce qui lui semble un peu hors des clous.

Reste l’impossibilité actuelle d’organiser des réunions publiques en raison des contraintes sanitaires. Très vite, nous sommes arrivés à la conclusion qu’il devenait urgent de créer un média où nous pourrions exprimer notre propre petite musique, commenter avec notre regard l’actualité des Landes et Pyrénées-Atlantiques, voire même publier nos propres scoops grâce à notre réseau d’informateurs.

Comme vous l’avez bien compris l’association regorge de talents multiples et se distingue par ses capacités exceptionnelles à confectionner des îles flottantes à l’orange, à traquer les insectes drosophiles dans les pâtures ou à désigner les gloutons laissant traîner leurs gros doigts dans les confitures publiques.

Mais tout cela était un peu juste pour faire un blog lisible et moderne.
C’est pour cette raison que nous nous sommes tournés vers une directrice artistique professionnelle, Aïtana Design, (http://www.aitanadesign.com) qui par passion citoyenne et militante tient depuis plusieurs mois la main des grands enfants que nous sommes et vers Alex, un développeur à la patience infinie.

www.ramdam6440.fr est en ligne depuis le 15 septembre et nous espérons que vous serez aussi fiers que nous du résultat obtenu.

 

Le plus simple pour vous tenir informé de toutes nos nouvelles parutions (Nous en prévoyons deux à trois par semaine) est de cliquer sur le bouton « Abonnez-vous » dans la colonne de droite de la page d’accueil.

Grande nouveauté par rapport à la page Facebook de l’association, tous les articles seront signés par leurs auteurs, car l’expression citoyenne doit se dérouler à visage découvert. Et compte tenu des actuelles dérives des réseaux sociaux où trolls haineux et courageux anonymes du clavier pullulent, nous ne publierons que les commentaires écrits eux aussi à visage découvert.

Et l’on dira ensuite que septembre n’est pas le mois des bonnes résolutions !

Au menu de cette semaine :

– Pourquoi la Pignada d’Anglet a brûlé

https://ramdam6440.fr/2020/09/10/pourquoi-la-pignada-danglet-a-brule/

– Les Grands Projets Absurdes des élus

https://ramdam6440.fr/2020/09/10/chez-les-elus-chose-promise-nest-pas-chose-due/

– Bayrou, le haut-commissaire aux planques

https://ramdam6440.fr/2020/09/13/bayrou-le-haut-commissaire-aux-planques/

–  Jean-Baptiste Lemoyne, Don Juan en brasse coulée

https://ramdam6440.fr/2020/09/14/lemoyne-don-juan-en-brasse-coulee/ 

– Jean-René Etchegaray, le virtuose de la double casquette

https://ramdam6440.fr/2020/09/12/le-virtuose-de-la-double-casquette/

– Ciboure : le carrosse de Monsieur le maire est avancé

https://ramdam6440.fr/2020/09/08/le-carrosse-de-monsieur-le-maire-est-avance-2/

 

Barucq désormais presque à poil

C’était prévisible : Comme Saint-Cricq en 2008, le médecin-surfeur vient de se faire lâcher par deux de ses colistiers. Que vont faire maintenant ceux de droite ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le principe de précaution n’est pas un vain mot pour les élus de l’opposition de la liste EHVS, Brice Morin et Lysiann Brao. Quand ils étaient petits, on leur recommandait certainement de tourner sept fois la langue dans leur bouche avant de parler. Cette fois, ils ont préféré la tourner 77 777 fois avant de prendre une décision. C’est donc quarante-deux jours après le dernier conseil municipal du 29 juillet que les deux élus de l’opposition, membres de la liste Barucq ont annoncé dans Mediabask qu’ils reprenaient leur liberté, déplorant que Jean-Batiste Dussausoix-Larralde et Corine Martineau n’aient pas respecté la discipline de groupe et refusé de voter une surtaxe à 60% des résidences secondaires.

https://www.mediabask.eus/eu/info_mbsk/20200910/euskal-herrian-vert-et-solidaire-reprend-son-independance

Une défection qui ne surprend pas grand monde car le concours de paris était ouvert entre tous les observateurs de la vie biarrote pour savoir combien de temps tiendrait cet improbable attelage composé de gens de gauche et de droite regroupés derrière la bannière écologique de Guillaume Barucq. Personne n’imaginait ces cinq opposants faire route commune jusqu’en 2026, ce qui démontre une fois de plus qu’on ne compose pas une liste électorale au décrochez-moi ça, en assemblant n’importe qui autour de n’importe quoi.

Barucq : « Même pas mal !»

On ne sait jamais avec Guillaume Barucq s’il est foncièrement gentil ou s’il met en avant sa gentillesse comme arme politique. Probablement les deux ! L’élu d’opposition, qui a certainement lu la fable de La Fontaine « Le renard et les raisins », où le rusé animal estime que les raisins beaucoup trop hauts d’une treille « sont trop verts et bons pour des goujats », s’efforce de la jouer grand seigneur : « La richesse et la percussion d’une opposition naissent de sa diversité. Comme en 2014, les courants qui composaient la liste arrivée en deuxième position reprennent leur autonomie. Mais nous continuerons à nous concerter au sein de l’opposition et je reste en excellents termes avec Lysiann Brao, Brice Morin et EHVS. Je comprends leur décision de voler de leurs propres ailes. Je leur souhaite bon vent et je sais qu’ils apporteront un plus à ce conseil municipal pour renforcer les exigences sociales, écologiques et de développement de la langue basque. » Ce qui s’appelle faire bonne figure dans la déroute.

Martineau : Silence radio

Car pour cacher sa totale nudité politique, Guillaume Barucq n’a plus que deux feuilles de vigne à sa disposition. Et, on le sait, les feuilles de vigne ont tendance à tomber l’automne venu. S’il ne veut pas pérorer dans la solitude, à l’image d’un Patrick Destizon obscène lors du dernier conseil municipal dans sa pathétique volonté d’exister, Guillaume Barucq a intérêt à garder à ses côtés Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde et Corine Martineau pour pouvoir varier les interventions et éviter les soliloques. Mais, à supposer qu’il réussisse cet exploit, son image se décentrera forcément aux côtés de ces deux tenants de la droite dure et décomplexée. (Et l’on pouffe de rire rétrospectivement en repensant à Matthieu Accoh expliquant à BBB qu’une alliance avec Nathalie Motsch était impossible car « elle est trop à droite ».  Tandis que tata Corine, c’est l’extrême-gauche ?)

Contactée par message téléphonique, Corine Martineau n’a visiblement pas souhaité répondre. Les deux militants républicains doivent être en pleine réflexion, car il est sûr qu’ils auraient beaucoup plus de visibilité en faisant leur propre groupe d’opposition et auraient à défendre des idées plus évidentes pour eux que celles du médecin-surfeur qui pourrait bien dans les jours à venir avoir à affronter des vagues autrement plus traîtresses que celles de la grande plage.

La politique est un métier impitoyable. Demandez-donc à Jean-Benoît Saint-Cricq ce qu’il en pense.

Les amours d’été ne durent pas toujours

Cette amusante vidéo a été prise le 28 juin dernier, au soir du deuxième tour, dans la permanence électorale de Guillaume Barucq. « On a pris une taule » reconnaît le candidat qui est persuadé qu’il a sous la main une « formidable équipe » et que « 2026, c’est demain. On sera prêts et motivés ». Visiblement, ce soir-là, la voyante Elizabeth Teissier n’était pas invitée.

Le pied de nez d’Arostéguy à Aldigé

C’est en tribune… Serge Blanco que le maire de Biarritz a assisté au match d’ouverture contre l’USAP. Récit d’une semaine très tendue.

Manipuler c’est un art et visiblement le président du Biarritz Olympique a encore des progrès à faire, malgré un talent affirmé. En début de semaine, sous le sceau du secret, Jean-Baptiste Aldigé a annoncé à sa garde rapprochée qu’il n’allait pas envoyer d’invitation à Maïder Arostéguy pour le premier match de la saison et qu’il donnait l’ordre à la sécurité de l’empêcher de rentrer si elle s’avisait de venir par l’intermédiaire d’un sponsor. Et dans la foulée il aurait avoué qu’il « en avait plein le cul de Biarritz et qu’avec les Gave, ils allaient se casser ». Un propos à rapprocher d’une interview donnée, le 18 juin dernier au site Le Rugbynistère où Aldigé déclarait tout de go : « J’ai eu le malheur de tomber amoureux d’une jeune fille du Pays basque (…) Je n’avais pas d’appétence pour Biarritz ». Tant d’enthousiasme pour Biarritz, c’est trop !

Évidemment en début de semaine, Aldigé s’est arrangé à répéter ses menaces à suffisamment de monde pour qu’elles reviennent aux oreilles de la mairie qui planche déjà depuis un moment sur le scénario d’un départ brutal des Gave en milieu de saison. Officiellement le motif de la brouille est que la mairie ne va pas assez vite pour réaliser l’aménagement du BO, mais la réalité est beaucoup plus complexe.

Le mail de la discorde

Tout le monde l’évoque, mais personne ne peut certifier son existence. Mais d’après l’enquête de Bisque, Bisque, Basque ! son existence est plus que plausible. Comment expliquer autrement les affronts à répétition que Jean-Baptiste Aldigé fait subir à Maïder Arostéguy depuis peu, alors qu’il était présent à la mairie le soir de son élection et se félicitait ouvertement du succès d’une candidate particulièrement favorable au BO ? Peu après avoir enfilé son écharpe de maire, Maïder Arostéguy aurait écrit un mail à Charles Gave en disant qu’elle souhaitait continuer à travailler avec eux mais qu’elle espérait qu’ils nommeraient à la tête du BO un directeur plus consensuel. Refus catégorique de Charles Gave qui aurait répondu en substance : « C’est Aldigé ou rien ! ». On comprend mieux dès lors pourquoi les relations entre le président du BO et le maire de Biarritz sont devenues polaires.

Une ultime médiation mercredi

(Photo Sud Ouest)

Toujours selon les informations de Bisque, Bisque, Basque ! Aldigé, peut-être chapitré par la famille Gave, aurait pris conscience mercredi 2 septembre qu’il est tout de même assez difficile et contraire à tous les usages républicains, même si on est le bad boy du rugby français, de ne pas inviter un maire qui vous subventionne à hauteur d’un million d’euros par an. Ne voulant pas avoir l’air de se dédire, Aldigé aurait alors envoyé à la mairie un émissaire du BO très apprécié de tous. Maïder l’a courtoisement reçu, a écouté ce qu’il avait à dire mais n’a pas changé de point de vue.
Et c’est ainsi que les spectateurs de la tribune Blanco ont eu la surprise de voir jeudi 3 septembre une Maïder toute souriante prendre place au milieu d’eux après avoir acheté comme tout le monde son billet. Une initiative particulièrement astucieuse en matière de communication et une belle façon d’adresser un superbe pied de nez au président du Biarritz Olympique. D’autant plus que le sénateur Max Brisson a fait de même et a sagement pris place au milieu de la foule.

Charles Gave n’est pas venu pour bronzer

Et les surprises de continuer, en cette soirée décidément pas comme les autres, avec la présence inhabituelle de Charles Gave qui n’est certainement pas venu à Biarritz pour le simple plaisir de boire une bière avec Jean-Baptiste Aldigé ou pour parfaire son bronzage. Sans masque et avec le cigare en tribune, le « boss » est visiblement là pour décider si Gavekal, son fonds de pension basé à Hong Kong, doit continuer ou non à soutenir le Biarritz Olympique. En effet, on voit mal comment l’opération d’aménagement d’Aguilera dont rêvent les Gave pourrait être bouclée avant deux ou trois ans. Avec comme seule perspective entre temps de remettre de l’argent au pot chaque saison. En s’imaginant qu’ils pouvaient « dealer » avec Pichet et être les maîtres d’œuvre du réaménagement d’Aguilera, les Gave et Aldigé ont montré qu’ils avaient une connaissance plutôt approximative des institutions françaises. Les reproches qu’ils font maintenant à Maïder Arostéguy de « lambiner » sur ce dossier sont tout aussi infondés car la décision incombe maintenant à l’Agglomération et pas seulement à la Ville et le temps des politiques est beaucoup plus élastique que celui des entrepreneurs.

Serge Blanco ne s’intéresse pas qu’aux cadets du BO

Est-ce un hasard si Maïder Arostéguy a choisi d’acheter une place en tribune Serge Blanco ? Rien n’est moins sûr. En effet, gouverner c’est prévoir et avec une équipe dirigeante aussi peu attachée à Biarritz on peut craindre un départ à tout moment. Sachant que le club appartient à 95% à la famille Gave, on peut même redouter un retrait en pleine saison ce qui entraînerait une relégation administrative du club.

Serge Blanco, qui a repris du service avec les cadets du BO et qui affiche des ambitions électorales à la tête de la FFR aux côtés de Florian Grill, serait redevenu un interlocuteur très privilégié de la mairie et s’agiterait beaucoup pour dénicher des partenaires que le très roboratif Aldigé, avec son caractère impossible, a été incapable de séduire.

Sans compter qu’un certain nombre d’anciens champions de France du BO, accompagnés de partenaires financiers intéressants, pourraient eux aussi venir se mêler à la partie et offrir une autre alternative plausible.

Tous les amoureux du rugby et du BO l’auront compris : entre la menace du Covid et les rodomontades de l’agitateur permanent Aldigé, la saison 2020-2021 va nous réserver bien des surprises extra-sportives avec ce nouveau feuilleton intitulé « Aguilera, ton univers impitoyable ».