Le pied de nez d’Arostéguy à Aldigé

C’est en tribune… Serge Blanco que le maire de Biarritz a assisté au match d’ouverture contre l’USAP. Récit d’une semaine très tendue.

Manipuler c’est un art et visiblement le président du Biarritz Olympique a encore des progrès à faire, malgré un talent affirmé. En début de semaine, sous le sceau du secret, Jean-Baptiste Aldigé a annoncé à sa garde rapprochée qu’il n’allait pas envoyer d’invitation à Maïder Arostéguy pour le premier match de la saison et qu’il donnait l’ordre à la sécurité de l’empêcher de rentrer si elle s’avisait de venir par l’intermédiaire d’un sponsor. Et dans la foulée il aurait avoué qu’il « en avait plein le cul de Biarritz et qu’avec les Gave, ils allaient se casser ». Un propos à rapprocher d’une interview donnée, le 18 juin dernier au site Le Rugbynistère où Aldigé déclarait tout de go : « J’ai eu le malheur de tomber amoureux d’une jeune fille du Pays basque (…) Je n’avais pas d’appétence pour Biarritz ». Tant d’enthousiasme pour Biarritz, c’est trop !

Évidemment en début de semaine, Aldigé s’est arrangé à répéter ses menaces à suffisamment de monde pour qu’elles reviennent aux oreilles de la mairie qui planche déjà depuis un moment sur le scénario d’un départ brutal des Gave en milieu de saison. Officiellement le motif de la brouille est que la mairie ne va pas assez vite pour réaliser l’aménagement du BO, mais la réalité est beaucoup plus complexe.

Le mail de la discorde

Tout le monde l’évoque, mais personne ne peut certifier son existence. Mais d’après l’enquête de Bisque, Bisque, Basque ! son existence est plus que plausible. Comment expliquer autrement les affronts à répétition que Jean-Baptiste Aldigé fait subir à Maïder Arostéguy depuis peu, alors qu’il était présent à la mairie le soir de son élection et se félicitait ouvertement du succès d’une candidate particulièrement favorable au BO ? Peu après avoir enfilé son écharpe de maire, Maïder Arostéguy aurait écrit un mail à Charles Gave en disant qu’elle souhaitait continuer à travailler avec eux mais qu’elle espérait qu’ils nommeraient à la tête du BO un directeur plus consensuel. Refus catégorique de Charles Gave qui aurait répondu en substance : « C’est Aldigé ou rien ! ». On comprend mieux dès lors pourquoi les relations entre le président du BO et le maire de Biarritz sont devenues polaires.

Une ultime médiation mercredi

(Photo Sud Ouest)

Toujours selon les informations de Bisque, Bisque, Basque ! Aldigé, peut-être chapitré par la famille Gave, aurait pris conscience mercredi 2 septembre qu’il est tout de même assez difficile et contraire à tous les usages républicains, même si on est le bad boy du rugby français, de ne pas inviter un maire qui vous subventionne à hauteur d’un million d’euros par an. Ne voulant pas avoir l’air de se dédire, Aldigé aurait alors envoyé à la mairie un émissaire du BO très apprécié de tous. Maïder l’a courtoisement reçu, a écouté ce qu’il avait à dire mais n’a pas changé de point de vue.
Et c’est ainsi que les spectateurs de la tribune Blanco ont eu la surprise de voir jeudi 3 septembre une Maïder toute souriante prendre place au milieu d’eux après avoir acheté comme tout le monde son billet. Une initiative particulièrement astucieuse en matière de communication et une belle façon d’adresser un superbe pied de nez au président du Biarritz Olympique. D’autant plus que le sénateur Max Brisson a fait de même et a sagement pris place au milieu de la foule.

Charles Gave n’est pas venu pour bronzer

Et les surprises de continuer, en cette soirée décidément pas comme les autres, avec la présence inhabituelle de Charles Gave qui n’est certainement pas venu à Biarritz pour le simple plaisir de boire une bière avec Jean-Baptiste Aldigé ou pour parfaire son bronzage. Sans masque et avec le cigare en tribune, le « boss » est visiblement là pour décider si Gavekal, son fonds de pension basé à Hong Kong, doit continuer ou non à soutenir le Biarritz Olympique. En effet, on voit mal comment l’opération d’aménagement d’Aguilera dont rêvent les Gave pourrait être bouclée avant deux ou trois ans. Avec comme seule perspective entre temps de remettre de l’argent au pot chaque saison. En s’imaginant qu’ils pouvaient « dealer » avec Pichet et être les maîtres d’œuvre du réaménagement d’Aguilera, les Gave et Aldigé ont montré qu’ils avaient une connaissance plutôt approximative des institutions françaises. Les reproches qu’ils font maintenant à Maïder Arostéguy de « lambiner » sur ce dossier sont tout aussi infondés car la décision incombe maintenant à l’Agglomération et pas seulement à la Ville et le temps des politiques est beaucoup plus élastique que celui des entrepreneurs.

Serge Blanco ne s’intéresse pas qu’aux cadets du BO

Est-ce un hasard si Maïder Arostéguy a choisi d’acheter une place en tribune Serge Blanco ? Rien n’est moins sûr. En effet, gouverner c’est prévoir et avec une équipe dirigeante aussi peu attachée à Biarritz on peut craindre un départ à tout moment. Sachant que le club appartient à 95% à la famille Gave, on peut même redouter un retrait en pleine saison ce qui entraînerait une relégation administrative du club.

Serge Blanco, qui a repris du service avec les cadets du BO et qui affiche des ambitions électorales à la tête de la FFR aux côtés de Florian Grill, serait redevenu un interlocuteur très privilégié de la mairie et s’agiterait beaucoup pour dénicher des partenaires que le très roboratif Aldigé, avec son caractère impossible, a été incapable de séduire.

Sans compter qu’un certain nombre d’anciens champions de France du BO, accompagnés de partenaires financiers intéressants, pourraient eux aussi venir se mêler à la partie et offrir une autre alternative plausible.

Tous les amoureux du rugby et du BO l’auront compris : entre la menace du Covid et les rodomontades de l’agitateur permanent Aldigé, la saison 2020-2021 va nous réserver bien des surprises extra-sportives avec ce nouveau feuilleton intitulé « Aguilera, ton univers impitoyable ».

 

17 réflexions sur “Le pied de nez d’Arostéguy à Aldigé

  1. Madame Arosteguy ne doit pas accepter un tel affront.
    Il est temps qu un élu digne de ce nom se fasse respecter et les Biarrots avec. Madame le Maire a l occasion rêvée d affirmer son autorité, qu elle fonce, elle a tout à y gagner.
    Ces gens là ne comprennent que l épreuve de force. Tant que ce » pistolet « fait le beau à la présidence du BO, la mairie devrait cesser illico toutes aides à la section pro.
    Faire revenir les anciens …? Les mêmes qui se sont faits insulter, congédier par Gave et Cie, pour revenir sans aucune pudeur les soutenir quelques semaines après contre le duo Ledoux – Guffet ?? Non merci.
    Tant que la masse salariale d un club pro ne sera pas divisée par deux, Biarritz est condamné à jouer en Pro D2. Mais ou est le problème , si en plus ce sont des jeunes du coin qui défendent les couleurs du BO et non pas une douzaine de mercenaires étrangers comme hier soir? L’odeur de la ventrèche et de la bière d après match n en seront que plus agréable !!

    • très bon point JP !

      Quel est le problème de la Pro D2 si c’est le niveau réel du club? faut il continuer à vivre dans l’illusion d’un passé révolu ? au dessus des moyens réel du club, grâce à des millions d’euros de subventions payées par les Biarrots sans consultation démocratique pour ce faire quand l’argent manque pour des infrastructures d’avenir ?

  2. Je dois admettre que je trouve très bien que Mme le Maire ait payé sa place.

    Le montant des subventions municipales ne justifie pas de recevoir des invitations, pratique qui crée une confusion des genres malsaine.

    De surcroît les subventions sont nos impôts qui sont dépensés sans notre accord préalable donc si des gens doivent bénéficier d’invitations du club que ce soit des Biarrots et pas les élus qui dépensent notre argent sans compter.

    Pour les Gave comme le nom l’indique sans confusion possible : leur métier est de se gaver, ce qu’ils sont venus faire à Biarritz et ce avec le soutien de Mme Arosteguy durant la campagne quand d’autres avaient le courage et la dignité de ne pas se compromettre avec ces gens.

    A la fin elle sera cocue et les Biarrots avec, qui paieront les « subventions ».

    Cela ne semble pas te poser de problème, dans une ville très mal tenue, sale et avec nombre d’infrastructures en mauvais état.

    Je vois que la lune de miel continue

    • Paul,
      Tu me gonfles avec tes allusions fielleuses. Tu habites loin de Biarritz mais tu sais mieux que moi ce qui se passe dans cette ville. Le point de vue d’un citoyen ne peut se fonder uniquement sur la lecture assidue des réseaux sociaux sans avoir une vision totalement faussée de la réalité. Le journalisme ne consiste pas à raconter ce que l’autre a envie d’entendre mais de raconter ce qui se passe. J’étais un peu sceptique sur Maïder Arostéguy et je ne l’ai jamais caché. Mais quand le début de mandat est bon, quand les commerçants se montrent élogieux en disant que la mairie les prend enfin en compte, on se doit de le raconter. Diriger une ville n’est pas une chose simple et les erreurs arriveront sans doute tôt ou tard. En tant que contribuable biarrot, je ne les souhaite évidemment pas. En tant que journaliste local, je n’aurais aucun problème à les raconter.

      • allusions fielleuses parce que l’on exprime une opinion différente de la tienne ? NathB avait raison Jean-Yves : dès que l’on émet un doute sur le contenu de tes postes, tu prends la mouche. Un peu moins d’ego et plus de tolérance pour qui ne partage pas ton avis stp. L’art de l’échange est à ce prix.

        J’ai le droit d’avoir un avis divergent de toi et ce n’est pas parce que 5 commerçants te racontent qu’ils l’ont vu deux fois leur promettre monts et merveilles que les choses changent dans les FAITS. Le ministère de la parole « je suis le boss » me fait bien rire: on va vite voir comment il se traduit dans les décisions et les actes.

        Ah mais pardon j’oubliais : elle a un directeur de cabinet, poste au combien essentiel pour se faire mixer comme elle vient de se faire mixer par l’agité du ballon ovale.

        Si ses actes et ses décisions vont dans le bon sens, alors bien sur il conviendra de le souligner. SI cela reste du pipeau ou des déclarations d’intentions alors il faudra aussi le dénoncer. Pour l’instant tu es ébloui d’admiration pour une dame de la droite dure (limite RN) toi qui revendique ton attachement à la vraie gauche alors tu me permettras de rigoler en toute amitié.

        Enfin contrairement à ton jugement lapidaire, je pratique la cote basque depuis bientot près de 5 décennies donc je n’ai pas besoin de toi ou de BBB ou des réseaux sociaux pour savoir ce qui se passe quand je ne suis pas sur place. J’y ai assez d’amis pour avoir un retour assez fiable.

      • Je ne suis pas ébloui d’admiration pour une dame de la droite dure (Ce goût que tu as pour les grands mots et les jugements péremptoires!), je raconte ce que je vois. Et question ancienneté à Biarritz et réseau, je peux soutenir me semble-t-il la comparaison.
        Un bon conseil : monte ton propre blog avec Nath B. au lieu de faire le coucou chez les autres.

      • Bien sur Jean-Yves tes réseaux sont excellents, nul doute sauf que tu ne connais pas les miens.

        Je regrette sincèrement le ton que tu emplois et qui montre que tu surreagis alors qu’il n’y a pas matière à fouetter un chat. Il me semblait que tu connaissais l’adage selon lequel qui aime bien chatie bien.

        C’est ton droit, toi homme de gauche avec des convictions grosses comme ça, de défendre une LR pure et dure qui fait de fines saillies sur l’islam et Buchenwald.

        On a tous le droit de devenir de droite, surtout pour la génération des soixante huitards qui ont tout renié ou presque.

      • Paul,
        Tes propos sont tout juste odieux. Ce n’est pas parce qu’on approuve l’action d’un maire de droite qu’on est de droite. Mais, décidément, tu affectionnes les raccourcis, les approximations et les anathèmes.

      • ODIEUX, -EUSE, adj. − Qui suscite la haine, l’indignation, le dégoût.

        Peux être une légère surchauffe de ta part Jean-Yves ? Mes propos ne sont en rien odieux et tu le sais parfaitement. Je ne fais qu’exprimer un point de vue que tu es libre de qualifier comme bon te semble, c’est ton blog.

        Nombre de propos de la dame que tu défends eux sont odieux mais apparemment tu appliques différents standards c’est aussi ton droit.

        Bonne continuation

      • Mais qui trouvera grâce auprès du commissaire au Peuple à la morale, qui inonde les réseaux sociaux de leçons péremptoires et d’attaques, reprochant incessamment aux autres ce qu’il pratique comme un stakhanoviste?
        « Un peu plus de tolérance pour qui ne partage pas ton avis » hu Hu Hu

      • Qui parle de morale pas moi mais vous Gilles ! Et puis la référence à l’URSS, je vois que si je radote, vous aussi. Chacun son opinion.

  3. Je suis un supporteur assidu du BO et j’ai un abonnement ,je paie donc ma place .Moi je ne pleurniche pas par la presse et radio etc. … pour avoir une place et si tel était le cas je m’adresse directement à la personne. Je reconnais qu’une invitation est une pratique de bonne relation. Madame Arosteguy qui est apparemment supportrice du BO, ce quelle disait pendant la campagne devrait avoir dans son sac sa carte d’abonnement depuis longtemps ! A moins quelle attende que M.Aldigé lui offre ,ce qui à mon avis n’est pas gagné !!!

    • Ne pas envoyer une invitation à la mairie, est d une bassesse des plus ridicules.
      Il est tout simplement reprocher à Madame Arosteguy de ne pas aller plus vite que la loi le lui autorise. Cela dénote déjà une incompétence sur ce sujet et entrevoie tout simplement une hate de faire leur marché sur Aguiléra et de repartir une fois fini.
      Je crois qu effectivement la Mairie doit vite anticiper un plan B pour le BO, renvoyer ces dirigeants qui n auraient jamais du mettre un pied à Biarritz, et permettre à votre club de retrouver de la sérénité.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s