La mairie estime avoir tenu tous ses engagements

Suite à l’article « De candidate à maire, la virevolte de Maïder », la mairie a demandé un droit de réponse que Bisque, Bisque, Basque! s’empresse de publier.

Image du projet dans un publi-reportage de Sud Ouest.

Le commentaire de Bisque, Bisque, Basque!

Une fois de plus, les réseaux sociaux se sont emparés de l’article publié pour tout mélanger ou régler des vieux comptes qui remontent à la campagne électorale. Je n’ai jamais dit, jamais écrit, jamais pensé que l’annulation du projet Ocean Start pouvait être remise en cause. Cette promesse de campagne a été tenue. Je me suis juste contenté de raconter la mésaventure des riverains du 36 rue de Cristobal qui ont le sentiment d’avoir été bien promenés. Techniquement, la réponse de la mairie est irréprochable. Mais ce n’est pas une histoire technique mais humaine que je raconte. Une histoire vieille comme le monde politique, où, lorsqu’on est en campagne électorale, on est tenté de dire à ses interlocuteurs ce qu’ils ont envie d’entendre. Deux exemples : le tract de campagne de la future maire parlait de « sanctuariser la zone verte littorale de la Milady« , mais visiblement le 36 rue de Cristobal n’était pas concerné par cette affirmation. C’est bête, personne n’a eu l’idée pendant la campagne de le dire aux riverains mécontents!

De même le mail envoyé par Maïder Arostéguy mi-juillet aux révoltés de la rue Cristobal disait  » Je n’accorderai plus de permis de ce type, c’est certain« . Là aussi, faute d’explication supplémentaire, les riverains en colère s’étaient persuadés que le projet de la Sagec ne verrait jamais le jour. C’est ce décalage fascinant entre ce que l’on annonce quand on est candidat et ce que l’on fait quand on enfile l’écharpe de maire qui méritait d’être conté, même si cette petite histoire révélatrice ne pèse pas grand chose, au regard des scandales qui ont jalonné le mandat précédent.

De candidate à maire, la virevolte de Maïder

En campagne, Arostéguy avait promis de « sanctuariser la zone verte littorale de la Milady ». Élue, elle a signé sans problème le permis de construire déposé par la Sagec.

Nul besoin de libations jusqu’au bout de la nuit, surtout en ces périodes de couvre-feu, pour que des commerçants vous avouent que « leur métier serait formidable s’il n’y avait les clients » ou que des élus reconnaissent que « s’asseoir régulièrement sur les promesses faites pendant la campagne électorale fait partie des fondamentaux du métier ».

Sauf information contraire, ils sont les premiers cocus de la mandature Arostéguy et la façon dont plusieurs riverains résidant entre la rue Cristobal et la rue de la Colline viennent d’être roulés dans la farine mérite d’être contée.

Il y a un siècle ou presque, à l’époque où Michel Veunac ne refusait jamais rien aux promoteurs, ces riverains qui jouissent d’un paysage et d’une tranquillité fort appréciables apprennent que la Sagec, s’apprête à construire une résidence et que le projet a été validé par la mairie. Immédiatement, ils unissent leurs forces pour déposer un recours et, comme la campagne électorale arrive, ils s’intéressent de très près aux propositions des candidats.

Sur l’avenir de la zone verte de la Milady, les tracts de campagne étaient on ne peut plus clairs.

Maïder Arostéguy se montre très claire. Elle a combattu en tant qu’opposante le projet « Océan Start » et, ainsi qu’elle l’annonce dans ses tracts de campagne, elle souhaite « sanctuariser cette zone verte littorale de la Milady ». L’ambiguïté vient sans doute de là. Les riverains étaient persuadés qu’ils faisaient partie de la « zone sanctuaire », tout comme l’emplacement où était prévu « Ocean Start« .

Maïder Arostéguy élue maire, les riverains restent donc confiants. Dans des échanges informels, leur voisine à écharpe tricolore rappelle qu’elle habite et aime ce quartier. En réponse en juillet à une pétition des riverains qui demandaient « le retrait pur et simple du projet » et suggéraient de « créer un écoquartier plutôt qu’un énième projet immobilier juteux dont le but n’est pas de loger des jeunes Basques en créant des logements sociaux, mais bien de vendre des appartements vue mer à plus de 10 000 euros le mètre carré », la nouvelle élue va même jusqu’à leur écrire, trois semaines après son avènement qu’elle n’accordera plus de permis de ce type. Ce qui tombe bien puisque la Sagec a déposé un permis modificatif qui doit être validé par la nouvelle équipe municipale.

Rassurés par leur échange avec le maire, mi-juillet, les riverains ont cru pouvoir dormir sur leurs deux oreilles.

La mécanique humaine ayant des limites, Maïder Arostéguy prend des vacances méritées pour une semaine autour du 15 août. Stupeur des pétitionnaires qui découvrent que la nouvelle adjointe à l’Urbanisme, Maud Cascino, a donné son accord pour le nouveau permis. Les riverains attendent avec impatience le retour de vacances de Maïder Arostéguy, car ce document doit être paraphé par la chef suprême. Et là, ils tombent de haut car Maïder Arostéguy leur annonce qu’elle « ne désavouera pas son adjointe ».

À chacun d’estimer si la nouvelle adjointe à l’Urbanisme a imposé sa volonté au maire ou si elle a servi d’alibi commode.

« Arostégaffe » ou remarquable stratégie d’enfumage dès le départ, chacun jugera à son idée tandis que les riverains ruminent désormais ce vieil adage : « Les promesses électorales n’engagent que les imbéciles qui y croient ».

La mairie : « On a fait en sorte de rendre ce projet plus vivable et acceptable »

(Entretien téléphonique réalisé le mardi 21 octobre avec un membre du cabinet)

Contrairement à la mandature précédente, et c’est une bonne nouvelle pour la démocratie, la mairie ne refuse pas le débat et répond avec précision aux questions :

« Il n’y a pas la moindre opacité dans ce dossier. On a agi au vu et au su de tout le monde. Nous avons eu une négociation serrée avec la Sagec et imposé 50% de logements sociaux, dont certains avec des baux réels et solidaires. Plusieurs riverains ne semblaient pas vouloir de ces logements sociaux » (Interrogés par Bisque, Bisque, Basque ! sur le sujet, les protestataires affirment que l’affirmation de la mairie est fausse et qu’ils ne se sont jamais opposés à la construction de logements sociaux) ;

La mairie ne voit vraiment pas où est le problème : « Nous avons aussi imposé une modification du permis de construire et une sortie vers le bas pour éviter les accidents. Maud Cascino, l’adjointe à l’Urbanisme est partie au feu sur ce dossier et a réussi à convaincre tout le monde en réduisant le nombre de logements prévus et en obtenant une sortie nord pour éviter les accidents. La ville de Biarritz a un besoin vital de logements sociaux. (Face à cette affirmation, les riverains font encore des bonds. Le nombre de logements a été réduit pour la simple raison que plusieurs acquéreurs fortunés ont acheté 2 appartements chacun pour les réunir en un seul. La sortie Nord (vers la station d’épuration) mentionnée par la mairie n’est qu’une recommandation afin d’améliorer la sécurité, pas une obligation. En plus, cette route serait alors située sur une zone EVP (Espace Vert Protégé).

Le cabinet poursuit sa démonstration : « Ce besoin de logements sociaux pèse plus lourd que quelques riverains mécontents. Par ailleurs, ce n’est pas à la mairie de dénoncer ce permis. Les riverains sont libres de faire des recours. Ce dossier à nos yeux est exemplaire. La mairie a fait en sorte de rendre le projet plus vivable et acceptable ».

Et renier ses promesses de campagne quand on est aux commandes relève sans doute du principe de réalité ?

C’est Le Palais ou le boulet ?

Dans ce conseil municipal de très bonne tenue, les points de vue étaient assez proches, face à ce « dossier pourri » hérité de la précédente mandature.

Sur le dossier de L’Hôtel du Palais, personne ne peut reprocher

à Maïder Arostéguy d’avancer masquée, contrairement à son prédécesseur.

Espérons que tous les anciens élus déçus qui geignent sur la fessée imméritée qu’ils ont subies lors des dernières élections municipales à Biarritz, ont eu la bonne idée de regarder le conseil municipal du 2 octobre. Hormis les nouveaux élus, ne se retrouvaient plus dans la salle du casino Bellevue que des opposants à l’acrobatique montage financier imaginé pour L’Hôtel du Palais par Mimi-la-Malice et le grand argentier Lafaillite-nous-voilà, à l’exception de l’inénarrable Patrick Destizon, élu qui ne doit son poste qu’aux défections de Saint-Cricq et Castaignède. Plus que jamais ce dinosaure de la politique donne le sentiment de sortir de Jurassic Park avec sa pitoyable et perpétuelle ritournelle sur le talent de l’équipe municipale précédente et la brillante façon dont elle a conduit les affaires municipales. (Il est permis de sourire).

Heureusement dans tout bon film, il faut des figurants, des seconds rôles et des têtes d’affiche et le conseil municipal d’hier, où les débats ont été de qualité, semble indiquer que le haut de l’affiche de la prochaine mandature se partagera entre Maïder Arostéguy, Édouard Chazouillères, Guillaume Barucq et Nathalie Motsch, si elle se décide à faire de son nouveau métier d’opposante une activité à plein temps. On a connu pire comme casting.

Tout commence par un aimable badinage entre Guillaume Barucq qui s’étonne de la fermeture des plages cet été à partir de 22 heures, persuadé que le risque de contamination par la Covid 19 était faible, et Maïder Arostéguy qui réplique en évoquant « des infectiologues qui ne partagent pas le même avis que vous mais qui sont tout de même des experts ». On admirera le savoureux « tout de même » adressé au médecin Barucq.

Un excellent Barucq

Le vrai débat, après ces amusantes agaceries, commence au bout de 55 minutes et concerne bien évidemment L’Hôtel du Palais et le financement des travaux. Les coupables du fiasco, à l’exception de Destizon, étant tous soigneusement planqués, les élus actuels qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition sont bien obligés de constater que la catastrophe qu’ils avaient annoncée en juillet et octobre 2018 est en train de se réaliser.

Guillaume Barucq se montre très lucide sur le dossier du Palais (Photo Fabienne DUHART)

C’est un excellent Guillaume Barucq (57e) qui exprime, avec un grand sens des responsabilités, sa colère et son désarroi face à la situation actuelle, « la chronique d’une catastrophe industrielle annoncée ». Colère contre l’État venu se baguenauder au Palais pendant le G7 de 2019, sans donner le moindre coup de pouce à la rénovation du prestigieux bâtiment, contrairement à ce qu’avait fait l’État italien, mais aussi colère contre ses anciens colistiers qui ont laissé la patate chaude à la nouvelle équipe, Veunac annonçant benoîtement à Maïder Arostéguy peu après son élection qu’elle devait trouver d’urgence 20 millions d’euros pour boucher le trou des travaux et la manque à gagner de la saison 2020. Avec beaucoup d’empathie pour son ancienne rivale des municipales, « Je me mets à votre place, ça ne devait pas être facile », le médecin surfeur énonce quelques principes de bon sens : « Vous nous faites jouer au casino avec Le Palais » … « Je suis très mal à l’aise par rapport à cette délibération » … « À un moment, la Ville devra se retirer du tour de table tout en gardant les murs ».

Arostéguy : « La Ville n’a pas vocation à gérer un palace »

Habile, Maïder Arostéguy lui répond qu’elle « est assez d’accord avec ce qu’il vient de dire, sauf qu’on est dans l’urgence ». Avant de proférer la phrase que nombre de contribuables biarrots rêvaient d’entendre depuis des décennies : « Une ville a-t-elle vocation à gérer un palace ? La réponse est non ! »

Édouard Chazouillères explique ensuite comment la Ville a divisé le risque par deux en ne faisant qu’une partie des travaux cette année, puis une autre l’année suivante. Et c’est alors qu’intervient, enfin présente pour ce troisième conseil, Nathalie Motsch, toujours aussi tranchante dans ses interventions et flamboyante dans ses plaidoyers. Elle aussi dédouane d’entrée Maïder Arostéguy : « Vous héritez d’un passé et vous n’êtes pas responsable d’un dossier financièrement lourd, juridiquement complexe, politiquement difficile, médiatiquement incompréhensible. ».

Motsch : « Un seul pourra suivre. Decaux ! »

L’ancienne adjointe à l’Urbanisme pointe du doigt les conséquences désastreuses des décisions prises par celui qui s’imaginait être un génie de la Finance et qui n’était qu’un bricoleur du dimanche : « La propriété du Palais s’est totalement diluée dans la Socomix ? Le palace d’un point de vue patrimonial s’est démonétisé. La perte sèche pour la Ville, c’est 200 millions d’euros. » Et de confirmer au passage une info donnée par Bisque, Bisque, Basque ! « Vous savez comme moi qu’il y a eu une offre de 180 millions d’euros en son temps ». (L’offre de rachat du fond et des murs a été faite en 2014 et, scandale absolu, Michel Veunac n’en a jamais parlé à son conseil municipal et a décidé de ne pas en tenir compte).

Nathalie Motsch revient ensuite sur la menace que fait peser Decaux : « La Socomix va perdre beaucoup d’argent dans les prochaines années, même hors Covid. Un seul pourra suivre les renflouements successifs, c’est l’actionnaire Decaux. »

Et de poser la question essentielle de ce débat d’où aucune bonne solution ne peut émerger, puisqu’il faut faire une avance de compte courant de 2,4 millions d’euros, Le Palais pouvant difficilement être vendu avec des échafaudages et des travaux inachevés : « Êtes-vous prêts à remettre la main à la poche chaque année, ? ».
C’est effectivement la grande question de ce débat, Maïder Arostéguy promettant de consulter l’ensemble des Biarrots sur le sujet.

Une fois de plus, Corine Martineau a fait cavalier seul (Photo Fabienne DUHART)

Sans surprise, la majorité vote derrière Maïder Arostéguy tandis que l’opposition est contre. À l’exception de Corine Martineau qui, une fois de plus, ne suit pas son chef de file. Contactée par BBB, Corine Martineau ne s’exprime pas sur son vote, tandis que Guillaume Barucq répond que « chacun a pris son indépendance de parole et de vote et c’est certainement mieux ainsi pour le débat ».

On le sait, avec le docteur Barucq, adepte de la pensée positive, tout va toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Une diva démasquée

Nathalie Motsch était la seule sans masque au conseil du 2 octobre. (Photo Fabienne DUHART)

Si l’Hôtel du Palais n’a plus de touristes depuis longtemps, le conseil municipal en dénombre encore quelques-uns, comme Nathalie Motsch qui en est maintenant à un demi conseil municipal sur trois possibles. Coups de téléphone hier soir et ce matin de lecteurs s’étonnant que l’on ait laissé Nathalie Motsch, qui faisait son grand retour, participer à tout le conseil sans masque en ces temps de panique sanitaire, contrairement à tous les autres élus. Nathalie Motsch a annoncé qu’elle partait après le débat sur Le Palais et une lectrice qui la suivait l’a distinctement entendue dire qu’elle avait 39 de fièvre. Interrogée sur ce fait, Nathalie Motsch s’est contentée de renvoyer à Bisque, Bisque, Basque ! qui n’en demandait pas tant un certificat médical et un extrait du Larousse médical sur son actuel problème de santé qui n’a rien à voir avec le vilain virus. Si un cluster se développait au sein de l’équipe municipale, manquerait plus qu’on accuse Nathalie !