C’est Le Palais ou le boulet ?

Dans ce conseil municipal de très bonne tenue, les points de vue étaient assez proches, face à ce « dossier pourri » hérité de la précédente mandature.

Sur le dossier de L’Hôtel du Palais, personne ne peut reprocher

à Maïder Arostéguy d’avancer masquée, contrairement à son prédécesseur.

Espérons que tous les anciens élus déçus qui geignent sur la fessée imméritée qu’ils ont subies lors des dernières élections municipales à Biarritz, ont eu la bonne idée de regarder le conseil municipal du 2 octobre. Hormis les nouveaux élus, ne se retrouvaient plus dans la salle du casino Bellevue que des opposants à l’acrobatique montage financier imaginé pour L’Hôtel du Palais par Mimi-la-Malice et le grand argentier Lafaillite-nous-voilà, à l’exception de l’inénarrable Patrick Destizon, élu qui ne doit son poste qu’aux défections de Saint-Cricq et Castaignède. Plus que jamais ce dinosaure de la politique donne le sentiment de sortir de Jurassic Park avec sa pitoyable et perpétuelle ritournelle sur le talent de l’équipe municipale précédente et la brillante façon dont elle a conduit les affaires municipales. (Il est permis de sourire).

Heureusement dans tout bon film, il faut des figurants, des seconds rôles et des têtes d’affiche et le conseil municipal d’hier, où les débats ont été de qualité, semble indiquer que le haut de l’affiche de la prochaine mandature se partagera entre Maïder Arostéguy, Édouard Chazouillères, Guillaume Barucq et Nathalie Motsch, si elle se décide à faire de son nouveau métier d’opposante une activité à plein temps. On a connu pire comme casting.

Tout commence par un aimable badinage entre Guillaume Barucq qui s’étonne de la fermeture des plages cet été à partir de 22 heures, persuadé que le risque de contamination par la Covid 19 était faible, et Maïder Arostéguy qui réplique en évoquant « des infectiologues qui ne partagent pas le même avis que vous mais qui sont tout de même des experts ». On admirera le savoureux « tout de même » adressé au médecin Barucq.

Un excellent Barucq

Le vrai débat, après ces amusantes agaceries, commence au bout de 55 minutes et concerne bien évidemment L’Hôtel du Palais et le financement des travaux. Les coupables du fiasco, à l’exception de Destizon, étant tous soigneusement planqués, les élus actuels qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition sont bien obligés de constater que la catastrophe qu’ils avaient annoncée en juillet et octobre 2018 est en train de se réaliser.

Guillaume Barucq se montre très lucide sur le dossier du Palais (Photo Fabienne DUHART)

C’est un excellent Guillaume Barucq (57e) qui exprime, avec un grand sens des responsabilités, sa colère et son désarroi face à la situation actuelle, « la chronique d’une catastrophe industrielle annoncée ». Colère contre l’État venu se baguenauder au Palais pendant le G7 de 2019, sans donner le moindre coup de pouce à la rénovation du prestigieux bâtiment, contrairement à ce qu’avait fait l’État italien, mais aussi colère contre ses anciens colistiers qui ont laissé la patate chaude à la nouvelle équipe, Veunac annonçant benoîtement à Maïder Arostéguy peu après son élection qu’elle devait trouver d’urgence 20 millions d’euros pour boucher le trou des travaux et la manque à gagner de la saison 2020. Avec beaucoup d’empathie pour son ancienne rivale des municipales, « Je me mets à votre place, ça ne devait pas être facile », le médecin surfeur énonce quelques principes de bon sens : « Vous nous faites jouer au casino avec Le Palais » … « Je suis très mal à l’aise par rapport à cette délibération » … « À un moment, la Ville devra se retirer du tour de table tout en gardant les murs ».

Arostéguy : « La Ville n’a pas vocation à gérer un palace »

Habile, Maïder Arostéguy lui répond qu’elle « est assez d’accord avec ce qu’il vient de dire, sauf qu’on est dans l’urgence ». Avant de proférer la phrase que nombre de contribuables biarrots rêvaient d’entendre depuis des décennies : « Une ville a-t-elle vocation à gérer un palace ? La réponse est non ! »

Édouard Chazouillères explique ensuite comment la Ville a divisé le risque par deux en ne faisant qu’une partie des travaux cette année, puis une autre l’année suivante. Et c’est alors qu’intervient, enfin présente pour ce troisième conseil, Nathalie Motsch, toujours aussi tranchante dans ses interventions et flamboyante dans ses plaidoyers. Elle aussi dédouane d’entrée Maïder Arostéguy : « Vous héritez d’un passé et vous n’êtes pas responsable d’un dossier financièrement lourd, juridiquement complexe, politiquement difficile, médiatiquement incompréhensible. ».

Motsch : « Un seul pourra suivre. Decaux ! »

L’ancienne adjointe à l’Urbanisme pointe du doigt les conséquences désastreuses des décisions prises par celui qui s’imaginait être un génie de la Finance et qui n’était qu’un bricoleur du dimanche : « La propriété du Palais s’est totalement diluée dans la Socomix ? Le palace d’un point de vue patrimonial s’est démonétisé. La perte sèche pour la Ville, c’est 200 millions d’euros. » Et de confirmer au passage une info donnée par Bisque, Bisque, Basque ! « Vous savez comme moi qu’il y a eu une offre de 180 millions d’euros en son temps ». (L’offre de rachat du fond et des murs a été faite en 2014 et, scandale absolu, Michel Veunac n’en a jamais parlé à son conseil municipal et a décidé de ne pas en tenir compte).

Nathalie Motsch revient ensuite sur la menace que fait peser Decaux : « La Socomix va perdre beaucoup d’argent dans les prochaines années, même hors Covid. Un seul pourra suivre les renflouements successifs, c’est l’actionnaire Decaux. »

Et de poser la question essentielle de ce débat d’où aucune bonne solution ne peut émerger, puisqu’il faut faire une avance de compte courant de 2,4 millions d’euros, Le Palais pouvant difficilement être vendu avec des échafaudages et des travaux inachevés : « Êtes-vous prêts à remettre la main à la poche chaque année, ? ».
C’est effectivement la grande question de ce débat, Maïder Arostéguy promettant de consulter l’ensemble des Biarrots sur le sujet.

Une fois de plus, Corine Martineau a fait cavalier seul (Photo Fabienne DUHART)

Sans surprise, la majorité vote derrière Maïder Arostéguy tandis que l’opposition est contre. À l’exception de Corine Martineau qui, une fois de plus, ne suit pas son chef de file. Contactée par BBB, Corine Martineau ne s’exprime pas sur son vote, tandis que Guillaume Barucq répond que « chacun a pris son indépendance de parole et de vote et c’est certainement mieux ainsi pour le débat ».

On le sait, avec le docteur Barucq, adepte de la pensée positive, tout va toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Une diva démasquée

Nathalie Motsch était la seule sans masque au conseil du 2 octobre. (Photo Fabienne DUHART)

Si l’Hôtel du Palais n’a plus de touristes depuis longtemps, le conseil municipal en dénombre encore quelques-uns, comme Nathalie Motsch qui en est maintenant à un demi conseil municipal sur trois possibles. Coups de téléphone hier soir et ce matin de lecteurs s’étonnant que l’on ait laissé Nathalie Motsch, qui faisait son grand retour, participer à tout le conseil sans masque en ces temps de panique sanitaire, contrairement à tous les autres élus. Nathalie Motsch a annoncé qu’elle partait après le débat sur Le Palais et une lectrice qui la suivait l’a distinctement entendue dire qu’elle avait 39 de fièvre. Interrogée sur ce fait, Nathalie Motsch s’est contentée de renvoyer à Bisque, Bisque, Basque ! qui n’en demandait pas tant un certificat médical et un extrait du Larousse médical sur son actuel problème de santé qui n’a rien à voir avec le vilain virus. Si un cluster se développait au sein de l’équipe municipale, manquerait plus qu’on accuse Nathalie !

3 réflexions sur “C’est Le Palais ou le boulet ?

  1. S il est une chose que l on peut apprécier avant tout, c est le changement de ton, d ambiance de ces conseils. Les échanges sont respectueux, courtois,constructifs, loin très loin de l ambiance délétère de l ancienne municipalité. Pour cela on ne peut que féliciter le duo Arosteguy – Chazouilleres.
    Je suis d accord avec vous sur la pertinence de de G Barucq sur l Hotel du Palais. Quand il laisse un peu de coté ses vagues et son surf, la qualité de ses interventions s en ressent immédiatement Un peu déçu du duo Brao – Morin, et de leur opposition systématique. Pour des personnes qui voulaient amener un renouveau, on s attendait à autre chose.

  2. Un vent de fraîcheur avec cette nouvelle équipe qui fait du bien :
    – Bravo pour ce coup de pouce aux familles avec la création de ce bon solidaire de 50 euros, avec un souci partagé de rattraper les lycéens professionnels issus de familles modestes obligés d’étudier en dehors de la commune
    – Bravo pour cette réelle volonté de remettre à plat les règles d’attributions des subventions aux associations. Merci Nicolas Martinez de rappeler que ce n’est pas parce qu’une association se voit verser une subvention chaque année depuis 40 ans que c’est acquis à tout jamais, là ou d’autres associations plus jeunes et méritantes se voyaient écartées ces dernières années pour de fausses raisons.
    – Merci, pour la réelle volonté de transparence et de réparation des erreurs comme le manque de transmission du business plan du palais réclamé par Lysiann Brao.
    – Bel effort constaté pour aller chercher des subventions en dehors de la commune. Merci à cet initiative qui comme le rappelle Barucq n’avait pas eu le soutien du maire lors du G7. C’est une bonne chose de ne pas toujours piquer au porte-monnaie du biarrot mais plutôt d’aller prendre une part du gâteau dans le plan de relance européen à 100 milliards d’euros ou dans l’agglo grâce aux 400.000 euros qui vont bénéficier à la piscine du Plan Cousut. Que dire aussi de l’introduction enfin concrétisée de la caisse des dépôts et consignations dans la Socomix là où l’ancien maire n’a pas fait que les effrayer pendant 6 ans.
    Là aussi, on sent qu’un bon travail d’équipe entre de nouveaux élus et les services de la mairie ne peut faire que des merveilles.
    Bref que du bon en perspective !!!
    Maintenant, ce boulet bien lourd accroché au pied qu’est Le Palais est loin d’être terminé. Pourquoi continuer à faire confiance à ceux qui estiment des travaux à la moitié de leur vraie valeur ? Comment croire que l’hôtel sera rempli à l’été prochain avec les chambres déjà faites?
    Il est urgent d’attendre parfois !

  3. L’énorme programme de la nouvelle municipalité … : essayer de limiter les conséquences des errements de ses prédécesseurs , de la braderie des logements sociaux (vente de la Sogicoba…) à la gabegie du Palais en passant par l’inutilité de la Cité de l’Océan ou du tonneau des danaïdes que devient un BO qui n’intéresse qu’une petite minorité de Biarrots…

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