Biarritz croit à nouveau au Père Noël

La mairie vient de prendre une sage décision en rendant son traîneau lumineux au Père Noël Robert Rabagny.

Robert Rabagny, lors de son ultime tournée de Père Noël, en 2013.

Savez-vous pourquoi les Biarrots sont les Français qui se font le moins de souci pour les prochaines fêtes de Noël ? Alors qu’il faut tirer au sort les cinq personnes qui partageront notre repas le 25 décembre, envisager de faire manger papy et mamie à la cuisine et pourquoi pas la grande-tante dans la salle de bains, les habitants de Biarritz vont pousser un vrai soupir de soulagement en apprenant qu’une des traditions qui leur est particulièrement chère et qui a souvent fait briller leurs yeux d’enfants va être rétablie.

C’est en 1987 que l’infatigable animateur Rabagny a eu l’idée d’enfiler pour une journée la houppelande du Père Noël. Surpris par le succès rencontré, il récidive pour deux jours en 1988. Avant de se décider à sillonner la ville dans ses moindres ruelles pendant quatre jours d’affilée, conscient de la joie qu’il amène partout avec lui. Ce que Robert Rabagny raconte dans sa biographie « Monsieur Biarritz Bonheur » dans un chapitre intitulé « Quatre fois plus bosseur que le Père Noël ».

Si le Père Noël Rabagny a laissé un tel souvenir dans le cœur des Biarrots c’est aussi et surtout parce qu’il a toujours été le Père Noël de tous, n’hésitant pas à se déplacer dans un endroit éloigné pour arracher un sourire à une personne malade, à rendre visite à un camp de gens du voyage ou à stationner devant la prison de Bayonne, la fameuse Villa chagrin, pour saluer un copain en difficulté passagère. « Je suis heureux quand je vois les gens heureux » raconte avec un certain détachement Robert Rabagny, comme si tout le monde était capable d’en faire autant que lui.

Malgré les embûches que lui ont souvent tendu des élus jaloux de son succès, Robert a continué, vaille que vaille et bénévolement, à enchanter petits et grands jusqu’en 2013. Avant que son éviction houleuse de la mairie en 2014 par Mimi-la-Malice et Beria-Claverie, ne le conduise à passer Noël en maison de repos.

Depuis sept ans, les vieux Biarrots s’étonnaient de voir un Père Noël appointé et ne quittant pas le petit périmètre doré du centre-ville, remplacer celui qu’ils ont tant aimé.

Maïder Arostéguy avait promis de mettre fin à cette incongruité si elle était élue. Elle tient promesse en donnant carte blanche à Robert Rabagny pour ressusciter l’émotion d’antan. Le Père Noël est ravi de ce soutien : « La mairie m’aide beaucoup plus que les autres années. Tous les services de la Ville sont mobilisés pour me donner un coup de main, que ce soit l’éclairage, l’animation ou la méconique et je les en remercie. »

Alors que les animations de Noël vont se compter au compte-gouttes en France, voilà une perspective qui a de quoi nous rendre un peu moins pesant l’actuel confinement. À partir du samedi 19 décembre et jusqu’à Noël, le Père Noël va démarrer son périple chaque jour de la place Clémenceau à 17h30 : « Pour éviter les attroupements à cause du Covid, je ne ferai que passer. De 17h 30 à 20 heures, je ferai le tour de tous les quartiers commerçants de Biarritz. Ensuite, à partir de 20 heures, comme il n’y a évidemment pas de couvre-feu pour le Père Noël, je vais aller voir tout le monde, y compris dans les quartiers les plus reculés de Biarritz. Et je ne m’interdirai pas d’aller aussi faire un petit tour hors les murs pour saluer tous ceux que la présence du Père Noël réconfortera ».

Le rouge et blanc est toujours allé à merveille à Robert Rabagny, qu’il soit déguisé en Géronimo, l’indien inconditionnel du BO, ou en Père Noël.  « Monsieur Biarritz bonheur » sillonnant à nouveau les rues de la ville sur son char lumineux et c’est tout l’avenir qui nous paraît soudain moins sombre.

Déconfinez vos zygomatiques

Le duo infernal Patxaran et Manzana sera en dédicace dimanche 13 à Biarritz, samedi 19 à Hendaye et Bayonne, lundi 21 à Saint-Palais.

Si le projet de surfpark de Saint-Jean-de-luz semble bien prendre l’eau, celui imaginé par Gaiztoa dans l’Adour tourne à plein régime. Après une séance de dédicaces à Anglet samedi dernier, où des lecteurs sont parfois venus de loin pour nous dire avec quel plaisir ils retrouvaient le policier biarrot et son homologue bayonnais dans cette quatrième aventure, nous faisons escale à Biarritz dimanche 13 décembre à 15 heures à la maison de la presse Darrigade, une librairie chaleureuse qui nous a accueillis à chacun de nos albums.

Comme dans les trois tomes précédents, les deux policiers sont en butte à une hiérarchie obtuse et impatiente, tandis que les maires d’Anglet, Bayonne et Biarritz se chacaillent à qui mieux mieux. Etchepagaille, le maire de Bayonne, se permet même de dire à notre regretté Koudjarnac, qu’à « Biarritz, le seul endroit où il y a des vagues toute l’année, c’est à la mairie ».  

Heureusement, pendant que nos maires se battent comme des écoliers, Jérôme Thion est là pour prêter main-forte aux deux policiers. Et quand on parle de main forte… En cette période un peu morose, nous ne pouvons donc que vous conseiller de suivre les préconisations de la faculté de médecine et de ne pas rater cette occasion de vous détendre un peu les zygomatiques.

« Nouvelle vague à Bayonne », Pierre George et Jean-Yves Viollier, éditions Atlantica, – 56 pages, 16 euros.

Dimanche 13 décembre, 15 heures, librairie Darrigade à Biarritz.

Samedi 19 décembre à 11 heures, librairie le Banc dessiné, rue du pilori à Bayonne.

Samedi 19 décembre à 15 heures, librairie ikas leku, Hendaye.

Lundi 21 décembre à 10 heures, maison de la presse de Saint-Palais.

La mort d’un imposteur

Contrairement à un Chirac à qui on pouvait reconnaître certaines qualités, l’inventeur de la communication politique VGE avait tout faux, à commencer par sa particule.

(Photo La Provence)

Mais que c’est bon d’être vieux, le jour de la mort de Valéry Giscard d’Estaing et quelle rigolade en entendant des politiques et des journalistes réécrire une histoire que l’on a vécue en direct ! Car le défunt Giscard était tout sauf ce que l’on vient de vous raconter. « Président moderne, réformateur, défenseur de la cause des femmes », c’est fou comme les Elkabbach, Duhamel et autres commentateurs enamourés de l’époque peuvent avoir la mémoire sélective. La seule modernité de Giscard aura été de copier les méthodes électorales de John Fitzgerald Kennedy et de développer à partir de 1970 une communication tout à fait inédite pour l’époque : match de football contre les commerçants de Chamalières, duo d’accordéon avec Yvette Horner sur le tour de France et une fois élu, pour asseoir son côté peuple, un petit-déjeuner de Noël avec trois éboueurs et deux repas chez des Français soigneusement choisis.

On met aussi au crédit de Giscard deux réformes majeures, la majorité à dix-huit ans et le droit à l’avortement des femmes. La réalité est tout autre. En 1974, beaucoup n’avaient toujours pas digéré la façon dont Pompidou et la CGT avaient remis la France au travail et la rue restait très turbulente avec, en particulier en 1973 des affrontements très violents entre la police et les manifestants opposés à la loi Debré. Il fallait donc bien donner un gadget aux jeunes chevelus.

Quant à l’épique bataille menée par Simone Weil épaulée par Françoise Giroud pour l’avortement, Giscard a lui-même reconnu qu’il n’y était pas favorable et qu’il avait simplement cédé à l’air du temps et au fait que les femmes avaient voté en nombre pour lui.

À l’image d’un Sarkozy, annonçant en 2007 que s’il était élu, il irait se retirer dans un monastère pour réfléchir avant de se retrouver au lendemain de sa victoire sur le yacht de Bolloré, il ne fallut que quelques semaines en 1974 pour découvrir le vrai Giscard. Alors que la tradition française voulait lors des réceptions internationales que l’on serve les femmes en premier, Giscard a fait rétablir l’ordre monarchique datant des rois de France et exigé d’être servi en premier. Dans le même style, lorsqu’il invite à Brégançon son Premier ministre Jacques Chirac accompagné de Bernadette, il les reçoit avec Anne-Aymone, son épouse, installés dans de confortables fauteuils tandis que le chef du gouvernement se contente d’une chaise. Naïf, le chef du gouvernement s’attendait à avoir une ample discussion politique avec le Président. Giscard, pour sa part, avait jugé bon d’inviter en même temps son moniteur de ski. On ne peut mieux illustrer le peu de considération que Giscard pouvait éprouver pour tout autre que lui.

Le septennat de Giscard a peut-être été celui du lancement du TGV, conçu et imaginé par son prédécesseur, mais il a été surtout celui des scandales à répétition et d’assassinats jamais élucidés, au point que le très estimé sénateur Pierre Marcilhacy, s’étonnera dans Le Matin de Paris du 29 octobre 1980 : « On meurt beaucoup et beaucoup trop mystérieusement sous la Ve République. Je n’aime pas ça » Assassinat de Jean De Broglie, grand copain de Giscard, de l’ancien ministre gaulliste Joseph Fontanet ou de Robert Boulin, tous ces crimes n’ayant jamais été élucidés. Sans compter l’affaire des diamants de Bokassa qui lui coûtera sa réélection en 1981 au profit de François Mitterrand.

Et n’allez surtout pas croire que Giscard a cessé d’être ridicule ou a oublié sa rapacité naturelle, une fois évincé de l’Élysée. Pendant quarante ans, il a émargé au conseil constitutionnel, histoire d’ajouter à sa retraite d’ancien inspecteur des Finances, et à sa retraite de Président de la République (6000 euros par mois) 12 000 euros par mois d’argent de poche. Même chose avec les gardes du corps qui veillaient sur lui dans sa résidence d’Authon où il s’est éteint. Le monarque en retraite disposait de quinze gendarmes à son service pour un coût annuel de 1,1 million de francs, mais quand au moment des attentats de Charlie Hebdo, le ministre de l’Intérieur lui a timidement demandé s’il pouvait récupérer un ou deux gendarmes pour les affecter à la lutte anti-terroriste, Giscard s’est récrié et a refusé, en affirmant que l’on s’attaquait à la République.

Même cuistrerie pédante avec cette fausse particule achetée dans la même solderie que celle d’un célèbre chroniqueur russophile de la Côte basque, ou ce poste d’académicien obtenu en 2003, malgré une production littéraire digne d’une bibliothèque de collège. Dans ses brefs opuscules que son éditeur qualifiait de romans, le septuagénaire émoustillé se complaisait à raconter sans aucun talent ses émois amoureux, que ce soit dans « Le Passage » (1994) ou dans « Mathilda » (2011). Dans ce dernier ouvrage, il laissait entendre que la princesse Diana n’avait pas été insensible à son charme. Ce qui lui avait valu une réflexion vacharde de Chirac en plein Conseil constitutionnel.  Pendant un soporifique discours de Giscard, Chichi qui en connaissait un rayon en matière de séduction, avait demandé à voix haute à son voisin immédiat : « Tu trouves qu’il a une tête à avoir baisé une princesse ? ». Éclat de rire général. Écarlate, Giscard était parti en claquant la porte, avant de revenir très vite histoire de percevoir ses émoluments.

Les sept ans au pouvoir de Giscard ? Une des pires périodes de la Ve République et une série de contes à dormir debout, n’en doutez pas, que l’on va vous servir jusqu’au jour de ses obsèques. Là où Chirac, par pudeur, dissimulait l’empathie qu’il éprouvait pour ses semblables, l’imposteur Giscard, par pur calcul, mimait une empathie qu’il n’éprouvait en fait que pour lui-même. Et le pire, c’est qu’il existe encore quelques idiots pour se proclamer Giscardiens !

https://www.liberation.fr/france/2015/09/11/ces-morts-mysterieux-de-la-ve-republique_1380270

http://polemitique.blogspot.com/2011/03/fausse-noblesse-et-vrais-imposteurs.html

https://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20150128trib86bcce70f/valery-giscard-d-estaing-le-plus-couteux-des-anciens-presidents.html

LA PAROLE À L’OPPOSITION

Comme promis, Bisque, Bisque, Basque! ouvrira tous les premiers du mois ses colonnes à l’opposition, limitée à 1000 signes dans le bulletin municipal. Pour cette première édition, seul Patrick Destizon a souhaité s’exprimer. Comme convenu, le texte n’a pas été retouché et les propos sont sous la seule responsabilité de leur auteur.

Qui connait Madame Arostéguy ?

¨Maider Arostéguy ou plutôt Marie Eder Arostéguy de son véritable prénom est issue d’une ancienne famille de commerçants biarrots. Déjà le simple fait de modifier son prénom pour créer une confusion avec celui de sa tante, une femme remarquable amoureuse de Biarritz et du surf, nous donne une indication sur sa personnalité. Car madame Arostéguy est une excellente communicante, ce qui lui a permis de devenir maire. Parce que pour ce qui est du programme, il faut bien admettre que la campagne municipale de 2020 restera dans les annales de l’histoire biarrote comme d’une indigence mortelle en termes de projets. Moi qui me suis longtemps opposé à Didier Borotra, je dois reconnaître qu’au moins avec lui, nous pouvions nous opposer, argumenter, confronter les projets et les contre projets dans un débat démocratique, certes très rude mais riche. Par contre là, le débat fut terriblement médiocre et décevant. Seule l’équipe sortante portait deux projets nouveaux, la création d’un centre de bio mimétisme marin et le projet Aguiléra, mal expliqués, mal compris et durement combattus au sein de l’ancienne majorité. Le premier est aujourd’hui abandonné au profit d’une autre ville et le second fortement contesté mais au moins nous proposions quelque chose car du côté de Madame Arostéguy, c’était un vide sidéral !

Maider Arostéguy qui se noiera au large du port des pêcheurs, était la tante de l’actuelle maire.

Madame Arostéguy entre en politique en mars 2008 lorsque Jean Benoît Saint-Cricq avec qui j’animais l’opposition de centre droit à Didier Borotra depuis 2001 va la chercher. La campagne va se focaliser sur le projet de Didier Borotra de création d’une Cité de l’Océan à laquelle nous nous opposions farouchement, la jugeant financièrement démesurée pour les finances communales, hasardeuse en termes de fréquentation et dont le mode de réalisation à l’aide d’un Partenariat Public Privé (PPP) s’annonçait ruineux. Mais voilà qu’à peine élue, le 23 juillet, madame Arosteguy se désolidarise de la position qu’elle défendait durant la campagne et vote à notre stupéfaction le projet en déclarant : « Dormez tranquilles chers concitoyens, le PPP veille sur nous ! » Quand on sait que cette affaire va coûter 63 millions d’euros au contribuable, on fait mieux comme capacité de discernement.

Biarritz vaut bien que l’on renie ses convictions

Madame Arostéguy rejoint alors en 2008 un nouveau parti centriste, le Nouveau Centre qui rejoindra plus tard l’U.D.I. Elle manœuvre pour écarter son premier président départemental qui avait fait l’erreur de faire rentrer le loup dans la bergerie et devient la déléguée de ce parti pour Biarritz. Forte de sa nouvelle étiquette centriste, elle se présente aux cantonales de 2011 et échoue mais intègre en 2014 la liste conduite par Max Brisson et se fait réélire au conseil municipal. Puis toujours grâce à son étiquette U.D.I et au soutien du maire de Bayonne qui préside ce parti au niveau départemental devient la binôme de Max Brisson aux élections départementales de mars 2015, les accords départementaux prévoyant qu’un des deux sièges était fléché pour une élue centriste. Là voilà donc conseillère départementale de Biarritz et elle se met à croire en ses chances de devenir maire. Mais voilà l’U.D.I est un petit parti dans ce département dominé par le MODEM et il lui faut un grand parti pour devenir maire. Henri IV aurait déclaré que Paris valait bien une messe lorsqu’il s’est converti pour devenir roi, alors Biarritz vaut bien que l’on renie des convictions que l’on n’a pas. Donc voilà qu’à peine élue, madame Arostéguy adhère au parti Les Républicains et vous connaissez la suite. Chacun pourra apprécier la force des convictions de notre nouvelle maire.

Mais ce qui m’inquiète le plus pour les années à venir, c’est l’absence de vision de Madame Arostéguy. Depuis cinq mois qu’elle a été élue, qu’a-t-elle réalisé ou même proposé ?

Pour l’instant, elle s’évertue à casser ce qu’on fait ses prédécesseurs :

Elle chasse l’association ZUEKIN qui gère l’accueil jour des SDF de son local de l’allée du chanoine Manterola ainsi que l’association des 3A de son local historique de l’Age d’or square d’Ixelles que l’association occupait depuis 1975, Le fait que ces deux associations soient présidées par deux anciennes conseillères municipales des municipalités Borotra et Veunac est probablement une coïncidence fortuite.   

Elle résilie tout aussi brutalement le bail de l’auberge de jeunesse rue Philippe Veyrin qui fonctionne depuis 22 ans dans ces locaux et restreint les droits et l’expression des oppositions, etc.

Plus récemment, elle lance une seconde prolongation de la DSP du cinéma Le Royal de six mois car elle ne sait pas quoi faire alors que l’ancienne équipe avait déjà prolongé de six mois pour laisser ce choix à la nouvelle majorité. Outre le fait qu’une seconde prolongation est limite sur le plan légal, que compte t’elle faire de ce cinéma pour lequel nous avons déjà engagé plusieurs centaines de milliers d’euros de rénovation des fauteuils et des moquettes ?

Madame Arostéguy détricote les réalisations de ses prédécesseurs mais ne propose rien. Nous commençons d’ailleurs à nous demander si elle a quelque chose à proposer. La crise sanitaire que nous traversons ne peut pas tout justifier et il faut déjà préparer l’après crise du Covid. Cette ville a besoin, surtout en ce moment, d’un cap qu’à ce jour nous n’avons pas et le navire Biarritz part à la dérive.

Patrick DESTIZON