Ces artistes qui ne nous déçoivent jamais

En 2020, le confinement a donné des ailes aux politiques et occasionné une rude concurrence pour décrocher les tant convoités klaxons d’or de l’association RamDam 64-40.

Ce n’est pas parce que RamDam 64-40 n’a plus droit aux réunions publiques, que l’association citoyenne se tourne les pouces pour autant. Pour cette quatrième cérémonie de remise des klaxons aux élus ayant légèrement franchi la ligne jaune et des harpes pour ceux qui se sont distingué par leur sens de la vie publique, nous avons collecté tout le mois de décembre les votes de nos nombreux sympathisants avant d’établir ce palmarès tant attendu dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques.

Et nous avons dû nous livrer auparavant à un sacré travail d’investigation avec tous les artistes, connus ou méconnus de notre vie locale. Des artistes tellement timides qu’ils préfèrent en général faire leurs coups en douce, en priant pour que des illuminés comme les membres de RamDam ne les débusquent pas… Dans notre inventaire à la Prévert, vous trouverez aussi bien un député landais qui avait chargé un de ses copains de voter en ignorant qu’il n’avait pas le même point de vue que lui, qu’un maire inamovible qui s’occupait des marchés publics à l’Agglo, tout en servant de conseil à Vinci en Espagne, ce qui lui a valu dix ans d’inéligibilité. Mais aussi les rois des Grands Projets Absurdes au pays des croque-maïs, une sénatrice qui ne fait pas dans le social avec ses salariés ou un maire qui rêve de rendre invisibles les conseils municipaux de sa ville. Sans compter quelque communication politique désopilante à force d’être ratée ou un dialogue peu orthodoxe entre Jean Lassalle et un… perroquet.

Le Palmarès :

LANDES

Klaxon d’or : Lionel Causse

Klaxon d’argent : Jean-Marc Lespade, Xavier Fortinon et le préfet des Landes pour leur Grand Projet Absurde.

Klaxon de bronze : Élisabeth Bonjean, Cathy Delmon et Patrick Guilloteau, &lus battus et démissionnaires.

Harpe : Julien Fichot.

PYRÉNÉES-ATLANTIQUES

Klaxon d’or : Paul Baudry

Klaxon d’argent : Frédérique Espagnac

Klaxon de bronze : Michel Lahorgue

Klaxon spécial et perpétuel : François Bayrou

Klaxon spécial de l’inénarrable : Jean Lassalle

Klaxon spécial de la communication politique ringarde : Nathalie Motsch

Harpe : Joël Adam pour « Oloron blog »

Harpe : George Philip Chartier.

Pour retrouver nos textes, nos vidéos et nos joyeux délires, c’est sur le nouveau blog de RamDam www.ramdam6440.fr. Et vous pouvez au passage en profiter pour vous abonner afin d’être prévenus en temps en en heure de toutes les fantaisies charmantes de nos élus. La démocratie a besoin de vous !

L’INTERVIEW (PRESQUE) IMAGINAIRE DE DIDIER BOROTRA : « Nathalie qui ? »

Didier Borotra, mais qu’est-ce que vous faites là à déambuler un 1er janvier dans les rues de Biarritz ? Et sans masque en plus !

– Hier soir, à la maison de retraite d’Arbonne, à l’occasion du réveillon de 18 heures, j’ai fait exprès d’embrasser toutes les pensionnaires les plus décaties, en espérant qu’il y en aurait bien une pour me refiler le Covid. Pour ma part, je sais que je ne risque rien car je suis increvable, mais si je pouvais refiler cette saloperie à tous les Biarrots que je déteste, dont vous, ça illuminerait ma nouvelle année.

Ce n’est pas très sympa. Vous haïssez donc les Biarrots à ce point ?

– Encore plus que vous ne l’imaginez ! Et je sais de quoi je parle pour les avoir dirigés pendant vingt-trois ans. Alors que je n’ai jamais été qu’altruisme et désintéressement toute ma vie, j’ai même failli me retrouver en prison à cause de ces jobards, c’est dire !

Vous ne seriez pas plutôt un peu fâché de la défaite électorale de votre petite protégée, Nathalie Motsch ?

– Nathalie qui ? Ah oui, celle qui ne sait pas qu’en politique, il faut bosser pour exister. Personne n’imagine tout ce que j’ai dû endurer de la part de Bernard Marie avant de réussir à le dégommer. Vous aussi, mon pauvre garçon, vous ne comprenez décidément rien à la politique. Si je suis monté sur scène au Colisée, juste avant le deuxième tour, c’était pour la faire perdre. Et j’ai réussi au-delà de toute espérance. Elle avait bonne mine à parler de renouveau de la vie politique en m’exhibant sur scène…

– Vous continuez à la voir ou à lui téléphoner de temps en temps ?

– Mais pas du tout ! Je lui ai juste passé un coup de téléphone au lendemain du dernier conseil municipal du 18 décembre pour lui conseiller de mettre fin à ses souffrances… et aux nôtres. Elle devrait laisser sa place à la suivante sur sa liste, car elle fait plus fort que Brisson en 2014 : trois absences et deux présences écourtées en cinq conseils municipaux. C’est un record difficile à battre. C’est un peu comme l’autre gredin de la météo…

Vous voulez parler de Louis Bodin ?

À peu près aussi présent que Nathalie Motsch. On se demande bien pourquoi il s’est fait élire, à part pour faire le beau sur l’affiche.  Il doit se la péter à TF1 en jouant à l’élu biarrot.

– Finalement, vous continuez à vous intéresser à la politique biarrote ?

(Un soupir) À la maison de retraite d’Arbonne, soit j’écoute le conseil municipal de Biarritz, soit c’est atelier macramé avec les mémés…

– Que pensez-vous de l’actuelle opposition ?

– Barucq ? Il ne s’est toujours pas remis d’avoir nagé au Port-vieux aux côtés d’Adriana Karembeu et maintenant, dès qu’il voit une caméra, il frétille. Mais de là à affirmer en public que Maïder a été réélue de justesse… Destizon ? Il est comme les attractions ludo-scientifiques de ma si belle Cité de l’Océan : un peu dépassé avec sa façon de toujours remettre le couvert sur son si beau bilan aux côtés de son Michel Veunac adoré. Quant aux Abertzale, depuis le premier conseil, ils répètent en boucle qu’il faut surtaxer les résidents secondaires et qu’on pourrait ainsi trouver 1,8 million d’euros de recettes supplémentaires. Maintenant, s’ils étaient en mesure d’exprimer une deuxième idée, six mois plus tard, ce serait pas mal…

– L’élection de Maïder Arostéguy vous désespère donc totalement ?

– (Il sursaute !) Moi ? Mais pas du tout ! J’ai toujours été un soutien inconditionnel de Maïder Arostéguy. Une fille que j’ai vu débuter dans mon conseil en 2008 et qui a montré qu’elle avait du goût en quittant immédiatement Saint-Cricq et Destizon et en me soutenant au moment du vote de ma très onéreuse, oh pardon très chère, Cité de l’Océan. Dès le départ, j’étais un fan inconditionnel, quoique caché, de Maïder Arostéguy. (Constatant qu’il peine à convaincre) … Et d’abord, elle me promet depuis juillet que l’avenue Edouard VII va devenir l’avenue Didier Borotra !

– Vous plaisantez ?

– Mais pas du tout ! (Soudain dubitatif) Vous croyez qu’après avoir entubé tant de monde durant ma carrière, je me serais fait avoir à mon tour et que les promesses n’engagent que les imbéciles qui y croient ?

(Propos presque recueillis par Jean-Yves Viollier)