C’est la faute à Chazouillères

Devenu inutile dans une ville qui s’efforce de se remettre sur rails et de respecter les lois, Bisque, Bisque, Basque ! va suspendre pour l’instant ses publications. Mais le combat continue dans les Landes et le Pays basque avec ramdam6440.fr

Et soudain une lumineuse évidence. Lorsque Guillaume Barucq prend la parole, lundi soir, après 111 minutes de conseil municipal pour saluer le ministre des Finances Édouard Chazouillères et le féliciter pour un exposé qui « n’a jamais été aussi clair et limpide », tellement loin des péroraisons ampoulées et autosatisfaites de son prédécesseur, le contribuable biarrot que je suis se réjouit de voir une équipe municipale qui prend les problèmes par le bon bout, et le journaliste polémiste que je reste se sent au chômage technique. Car, de même que les bons sentiments n’ont jamais fait de grande littérature, les trains qui arrivent à l’heure ne présentent pas grand intérêt pour le lecteur.

Et magie de la démocratie, alors que Maïder Arostéguy, continue à diriger avec une grande habileté souriante les débats, l’opposition, comme galvanisée par la qualité du match, se met au niveau, ce qui n’avait pas toujours été le cas auparavant. Avec un très bon Guillaume Barucq et une Nathalie Motsch qui est enfin restée jusqu’au bout du conseil et nous a offert une prestation en adéquation avec ses qualités incontestables.

Seul absent de marque, comme d’habitude, le monsieur Météo de TF1 dont la désinvolture et l’absentéisme quasi systématique par rapport à la vie municipale laissent assez pantois, au point que l’on invite les spectateurs des prochains conseils qui le croiseraient par miracle à chanter en chœur : « Tiens, Tiens, voilà du Bodin ! ».

69 millions de dettes : Merci Borotra ! Merci Veunac !

Le dernier conseil municipal a duré 3 h 41’, mais si vous voulez comprendre les enjeux humains et politiques de cette mandature, si vous voulez mieux cerner les murs dans lesquels nous ont envoyés le dernier mandat calamiteux de Didier Borotra et le premier et heureusement unique mandat de Michel Veunac, écoutez avec attention, car vous allez apprendre beaucoup de choses.

Une dette abyssale qui entrave le futur et un patrimoine immobilier inadapté et mal entretenu : voilà où la folie des grandeurs de Didier Borotra avec son improbable Cité de l’Océan et la couardise retorse de Michel Veunac manigançant sans en parler à personne des accords avec Decaux qui vont faire perdre à la Ville l’Hôtel du Palais nous ont conduits. Surtout qu’un élu ne propose pas un de ces deux noms, même pour une obscure impasse de Biarritz, car se serait leur faire trop d’honneurs.

Un poil à gratter … qui ne gratte plus

Ce blog n’a de raison d’être que dans la révolte, l’indignation et la contestation. Lorsque je l’ai lancé, en juillet 2013, j’étais effaré de voir à quel point les Biarrots semblaient ne pas se rendre compte de qui était Veunac, à quel point ils n’avaient pas mesuré les dégâts commis lors du « mandat de trop » de Borotra. En sept ans, j’ai le sentiment que les esprits ont évolué. Les citoyens n’acceptent plus ces copinages et ce clientélisme permanent qui étaient de mise à Biarritz. Je ne sais pas si BBB a tenu un rôle dans la cuisante défaite de Mimi-la-Malice, lors des dernières municipales, mais si je me fie aux audiences de cette dernière année, chaque papier dépassait allègrement les 10 000 lecteurs.

À Oloron Sainte-Marie, Joël Adam auteur du blog « Oloron blog », après un combat de tous les instants contre le maire Hervé Lucbereilh, l’homme qui est capable de produire le même jour à la même heure des notes de frais à Paris et à Pau, a décidé de remiser le stylo avec l’élection d’un nouveau maire. Comme lui, ma passion de la vie publique m’a coûté beaucoup de temps et pas mal d’argent, et le destin des blogueurs, à ne pas confondre avec les influenceurs, est de savoir remiser la charrue une fois le travail accompli.

J’ai voté blanc au deuxième tour de l’élection municipale, mais ce que fait la majorité municipale depuis son avènement, son souci de respecter ses promesses électorales, sa volonté de laisser une place à l’opposition, qui vient d’être augmentée de 150% puisque chacun de ses membres a droit désormais à 2500 signes dans le bulletin municipal au lieu de 1000, me paraissent aller dans le bon sens.

Ayant soigneusement organisé mon indépendance depuis que j’ai quitté « Le Canard enchaîné », n’ayant jamais rien demandé à personne depuis vingt ans que j’habite Biarritz, je ne m’interdis rien et surtout pas de rouvrir Bisque, Bisque, Basque !  si les événements le méritent.

801 articles plus tard, je retiendrai surtout de ce travail acharné, de ces longues enquêtes, de belles rencontres, comme celle avec le docteur Oualam, dessinateur inspiré et réactif, avec Hervé Boissier ou François Amigorena, élus modernes, courageux et passionnés par leur charge, et de moins bons moments comme les menaces, les insultes, les tentatives d’intimidation, et cette agitation parfois pénible des scribouilleurs anonymes qui, par le biais des réseaux sociaux, refont le monde derrière leur clavier sans savoir rien sur rien.

Rajoutez à cela une famille qui a besoin de moi en ce moment, une envie d’écrire des livres plus personnels et vous comprendrez pourquoi j’arrête.

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Dans les conditions actuelles, mes modestes capacités de sniper à stylo me semblent plus utiles ailleurs qu’à Biarritz. J’ai longtemps cru que les plus grands funambules de la Côte basque se trouvaient regroupés dans la ville du Rocher de la Vierge, mais les nombreuses enquêtes que nous menons désormais avec l’équipe de contributeurs de RamDam 64-40, nous ont montré que nombre de talents prometteurs émergeaient dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques. Tout le monde ou à peu près est au courant des exploits de Paul Baudry à Bassussary, l’homme qui gérait les appels d’offre à l’Agglo tout en étant salarié de Vinci en Espagne. Mais que dire de ce maire à Saint-Pierre-du-Mont, qui vend sa maison et occupe, en attendant que son futur domicile soit prêt, un bien communal sans en référer à son conseil municipal ? Ou de ce maire basque qui, plus fort que le curé de Cucugnan bâclant ses messes pour mieux engloutir son repas de réveillon, réussit à boucler son conseil municipal en quatorze minutes ? Ou de cette vaudevillesque passerelle des lamentations à Hendaye ?

Là aussi les esprits semblent évoluer à grande vitesse, si l’on se fie à la dernière remise de klaxons et de harpes effectuée par l’association citoyenne : plus de 15 000 visiteurs en deux jours.

… Comment ça, vous n’êtes pas encore abonné à Jamais Trop de RamDam, blog aussi libre et gratuit que celui que vous lisez actuellement ? Mais qu’est-ce que vous attendez ?

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