Le régime riches de Macron

(Chronique publiée dans La Semaine du Pays basque du 11 décembre 2021)

Figurez-vous qu’il y a quarante ans un de mes copains a gagné le gros lot du Loto, de l’ordre de dix millions de nos actuels euros. Sans doute parce que nous avions en commun d’avoir connu quelques années de pauvreté mordante, j’ai été l’un des rares à être informé de ce que Pierre nomme « son accident de parcours », c’est-à-dire l’irruption brutale de l’argent dans son existence. Détail cocasse, la semaine précédant cette bonne fortune, la jeune femme qu’il aimait éperdument lui avait annoncé qu’elle le quittait et cédait aux injonctions de ses parents, de bons catholiques pourtant, qui estimaient qu’un simple vendeur dans un magasin de chaussures n’était pas digne de leur fille. La vie étant une farce, il aura ensuite le plaisir de voir ses ex-futurs potentiels beaux-parents tout faire pour que le couple se réconcilie. Efforts jusqu’à ce jour demeurés vains.

Mais rassurez-vous, c’est une histoire drôle que je vous conte aujourd’hui. Pierre, en effet, ne fait pas partie de ces « heureux gagnants » de la Loterie nationale qu’il faut flanquer d’un psychiatre et qui finissent sur la paille. Il n’a jamais arrêté de se lever le matin, est devenu petit à petit propriétaire de six magasins prospères en région parisienne et, ce qui est à son honneur, pratique pour ses salariés un intéressement très militant.
Ce qui nous amuse lors de nos échanges téléphoniques, c’est qu’avant son « accident de parcours », il était très peu politisé, contrairement à moi. Il a commencé par exécrer les banquiers, ceux qui lui ont refusé un prêt pour monter son affaire lorsqu’il était simple salarié et qui souffrent de lumbagos depuis que son compte s’est subitement garni.
Avec un jugement décidément très sûr, Pierre s’est mis ensuite à détester les gens de droite qu’ils se retrouve à fréquenter avec son nouveau statut de commerçant prospère, ne dédaignant pas une partie de golf, « Tous persuadés que c’est grâce à leurs talents personnels qu’ils sont riches, alors qu’ils n’ont eu qu’à se donner la peine de naître».

Depuis 2017, nos échanges téléphoniques concernent souvent Macron. Malgré des qualités évidentes par rapport à un Sarkozy ou un Hollande, nous ne lui pardonnons pas ce qui à nos yeux constitue la grosse ombre de son quinquennat. Le très sérieux -et officiel ! – Institut des Politiques Publiques est catégorique : les plus pauvres sont les grands perdants des années Macron.

Le « bébé Rothschild », élevé au sein de la banque qui symbolise le plus le capitalisme n’a pas trahi ses copains du CAC 40. Les classes moyennes ont eu quelques fleurs avec la suppression de la taxe d’habitation et les plus nécessiteux se sont encore un peu plus affaiblis et précarisés avec un président qui ne s’est pas soucié d’eux, malgré la révolte des gilets jaunes.
Avec Pierre, nous sommes d’accord. Le rôle d’un président est de réparer la France, de réduire les inégalités au lieu de les accroître, de voler au secours des plus démunis. Malheureusement le sujet ne semble guère préoccuper les futurs candidats à la présidentielle. Dans un pays où 8,9 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit 1041 euros par mois, les Macronades sur le ruissellement, les séances d’auto-persuasion de Valérie Pécresse pour faire croire qu’elle a des muscles ou les élucubrations du Zemmoureux transi obsédé par l’immigration deviennent totalement obscènes. Comment voulez-vous qu’une grande partie de la France se sente concernée par de tels discours ?

Ils nous surprendront toujours…

Dans « Farce basque », le tome 5 des Aventures de Manzana et Patxaran, les deux policiers se retrouvent totalement à contre-emploi.

Vous imaginez le « rustique » Patxaran discutant d’art basque d’égal à égal avec l’adjoint à la Culture de Bayonne, Yves Ugalde ? Ou le très placide Manzana amoureux au point d’être dans l’impossibilité d’enquêter correctement ? Décidément dans cet épisode on va de surprise en surprise. Rajoutez à cela ces nouveaux maires qui ne savent pas toujours bien s’y prendre avec nos deux policiers, que ce soit le Luzien, Jean-François Irigolepas ou la Biarrote Maïder Arostégriffe.

Et pour parachever le tableau, c’est le cas de le dire, voilà qu’un nouveau personnage maléfique apparaît dans cette aventure, le très mondain Alexandre Picratès de la Vinasse, épris d’art et de vin rouge. À cause de lui et de l’homme au casier judiciaire chargé Hubert Vindemess, Patxaran va comprendre qu’il n’a rien d’un grand sportif, au moment où tout le Pays basque tremble en craignant avoir perdu à jamais ses plus beaux tableaux…

Le scénario

Deux macarons viennent d’être volés à l’arraché dans une pâtisserie de la ville. Face à cette insécurité croissante, le maire de Saint-Jean-de-Luz, Jean-François Irigolepas, convoque les deux policiers Patxaran et Manzana. Voilà qui tombe mal, car le Biarrot Manzana est en plein spleen amoureux tandis que le Bayonnais Patxaran débute sa saison de force basque après avoir fait des efforts considérables : de la ventrèche au petit-déjeuner, un matin sur deux seulement. Catastrophe supplémentaire, Patxaran découvre lors de sa visite que le tableau emblématique de la mairie de Saint-Jean-de-Luz, « Le Fandango » de Ramiro Arrue est un faux grossier. Même chose au musée basque de Bayonne et au musée historique de Biarritz où les plus belles œuvres ont été maladroitement copiées. Et que penser de ces deux étranges personnages qui gravitent dans les milieux de l’art et de la force basque, Alexandre Picratès de la Vinasse et Hubert Vindemess ?

 » Farce basque « , 52 pages, Éditions Atlantica, 16 €.

Les premières dates de signatures :

Vendredi 3 décembre, à partir de 10h30, au Leclerc d’Anglet.

Dimanche 5 décembre, à partir de 10h, au « Cultura » du centre Ametzondo.

Signature prévue à la librairie Darrigade de Biarritz, sans doute le 12 décembre.

Dimanche 19 décembre, à partir de 10 h, librairie « Le banc dessiné », à Bayonne.