Biarritz lave plus vert

Les deux seuls militants EELV de Biarritz ont décidé de quitter leur parti. Juste au moment où Marine Batiste adhère.

Éric Ménard était persuadé avoir très bien défendu les intérêts des Verts en obtenant de Nathalie Motsch que tous les projets municipaux soient soumis à une commission environnementale. Menacé d’exclusion, il vient de démissionner des Verts.

Habituelle surenchère des publicitaires, nous avons connu la lessive qui lave « plus blanc » et même, immortalisée par Coluche, la lessive qui lave « plus blanc que blanc ». À Biarritz, la fièvre environnementale semble s’être emparée de toutes les listes qui la jouent « plus verte que verte ». Mais certains chiffres ramènent à la raison. En 2019, Europe Écologie Les Verts (EELV) ne comptait à Biarritz que… deux militants à jour de cotisation, Éric Ménard et son épouse. Ces deux derniers viennent de quitter leur parti, qui retrouve tout de même… 50 % de ses effectifs puisque la candidate Marine Batiste vient de décider d’adhérer, suivie peut-être par quelques membres de son équipe. Éric Ménard a en effet décidé de rejoindre les rangs de Nathalie Motsch qui lui promet qu’une commission environnementale examinera tous les projets municipaux si elle est élue. Une décision qui n’a pas plu à la secrétaire départementale Sophie Bussière, elle-même alliée sur Bayonne aux Abertzale. Contactée par SMS, Sophie Bussière n’a pas souhaité commenter la lettre de démission d’Éric Ménard, une lettre qui en dit pourtant long sur les pratiques d’arrière-boutiques électorales et que nous nous faisons un plaisir de publier.

La lettre de démission d’EELV d’Éric Ménard

À l’attention de Sophie Bussières, secrétaire départementale, de Jean Lissar, secrétaire régional d’EELV Pays Basque, et à l’attention de l’ensemble des mes camarades de lutte et membres du groupe.

Simple écologiste de base, plus habitué aux actions qui induisent un investissement personnel sur le terrain, une implication dans les milieux associatifs et du bénévolat, je dois humblement avouer que je me suis perdu dans les méandres stratégico-politiciens et je tiens donc à vous présenter toutes mes excuses pour ma naïveté intellectuelle. Mon manque de maîtrise sémantique sur le propos et le discours politique, amplifié par mon incapacité à décrypter le message de Yannick Jadot me confortent dans mon choix actuel.

J’ai toujours eu peur du vide et donc être suspendu du parti ne me met pas dans une situation confortable. Pour toutes ces raisons, je vais me libérer d’un poids en vous présentant de ma propre initiative ma démission. Je ne peux pas me reconnaître dans ce qui est en train de se passer à EELV et surtout EELV Pays Basque.

Ma génération a eu la chance de pouvoir vivre sans guerre, sans Sida, sans pollution, la liberté de quitter un boulot le matin pour en retrouver un autre le soir même, de côtoyer des gens qui se respectaient et mettaient en pratique la devise de la République : Liberté Egalité FraternitéQue laisserons-nous à nos enfants, nos petits enfants et aux générations futures ? Il y a urgence à s’unir pour sauver ce qui peut encore l’être. Sophie Bussière et Jean Lissar, quelle est votre interprétation de ce slogan : « GRANDIR ENSEMBLE, POUR GAGNER ENFIN ». C’est ensemble mais pas tous ensemble c’est cela, ou, ensemble mais pas avec tous. Expliquez-moi.

EELV refait ce qu’il a toujours su faire avec brio, rater le coche.

Maintenant je pose une question à la secrétaire départementale d’EELV Pays Basque, signataire et élue sur la motion « Le temps de l’Écologie ». Page 38 de la tribune concernant les deux congrès du 16 et 30 novembre 2019, en colonne trois il est écrit ceci : « Notre priorité des prochains mois est la réussite des élections municipales. Elles doivent permettre le rassemblement des citoyens et des autres formations autour du projet écologique pour amorcer le processus de dépassement ». Et dans la réalité vous refusez tout dialogue avec les autres partis, sans même prendre le temps de la réflexion, sans vous intéresser à ce que font les autres et sans tenir compte des spécificités ? C’est un bien curieux sens de la démocratie. Je n’ai même pas eu la possibilité de pouvoir m’expliquer au sein d’EELV Pays Basque.

Autre question que je pose à Nicolas Balerdi, ton conjoint, qui se retrouve lui sur la motion « l’Écologie au pouvoir, grandir ensemble pour gagner enfin ». Page 25 et sur la troisième colonne : « Nous devons assumer notre responsabilité de moteur d’une nouvelle dynamique, sans céder à l’hégémonisme. Autour du projet écologiste, nous avons vocation à rassembler des partenaires issus d’autres traditions politiques, pour gouverner des communes, des régions et demain le pays ». Et page 26, première colonne : « Dépassant les idéologies politiques anciennes, l’écologie propose de gouverner différemment nos destinées », puis page 26 colonne 3 : « il s’agit notamment de proposer aux partis politiques historiquement inscrits dans la mouvance écologique ou issus d’une écologisation plus récente de cheminer ensemble. Nous devons nous confronter sans crainte et nous unir sans arrières pensées. Toutes celles et ceux qui veulent sincèrement construire avec nous des réponses écologiques à la crise sont les bienvenu.e.s. »

Vous faites quoi avec ça aujourd’hui, c’est juste un effet d’annonce, un rond dans l’eau, un effet de fumée ? Pour pouvoir se faire une opinion encore faut-il prendre un instant pour pouvoir échanger et discuter ?  Comment arriver à prendre le leadership si dès le départ vous estimez qu’il n’y a aucune possibilité de travailler ensemble avec plus de la moitié de la population. ? Quid du cas spécifique de Biarritz ?

Sept mois de réflexion, il aura fallu sept mois de réflexion à la néo-candidate de EELV à Biarritz pour savoir si elle était écologiste, si elle s’encartait. Et vous lui sautez au cou sans la moindre réflexion ! Si les décisions concernant la gestion de la ville de Biarritz mettent autant de temps pour mûrir, c’est sûr que la commune sera bien gérée. 

Quelle stratégie EELV Pays Basque compte mettre en œuvre pour ravir la municipalité de Biarritz ? Pendant combien de temps encore la candidate d’EELV Pays Basque va-t-elle faire illusion ?  J’ai dû rater un épisode car cette même candidate se vantait par SMS interposés, au début du mois de septembre d’avoir l’investiture d’EELV Pays Basque auprès des journalistes locaux. Ce qui à l’époque m’a juste fait bondir quelque peu puisque nous étions seulement deux encartés à Biarritz, ma compagne et moi-même.

Quelle perte de temps et d’énergie !

Je milite et m’intéresse à la vie politique depuis mes seize ans. Je me suis toujours impliqué dans la vie politique et associative locale dans mes actes du quotidien. J’ai grandi et fait évoluer mes idées au fur et à mesure que ma réflexion et ma conscience politique s’étoffaient. Plus militant de terrain que stratège, j’ai du mal à comprendre qu’au XXIe siècle certains et certaines responsables politiques réagissent encore avec des réflexes du siècle dernier.

Pour un parti qui prône la solidarité, il serait bon de déterminer avec qui la faire et comment. S’il s’agit d’une solidarité de l’entre soi, la cause écologique telle que vous la défendez n’est pas prête à prendre le pouvoir. Ce qui est étonnant chez EELV c’est la facilité avec laquelle ce parti arrive à s’autodétruire dès qu’il y a une embellie.

Juste une dernière question, qu’allez-vous faire des Verts allemands qui s’ouvrent aux libéraux pour travailler ensemble à la mise en place d’une politique écologique efficiente et efficace face à l’urgence actuelle ? (Reportage du journal d’Arte du 07/01/2020).

Je vous souhaite une excellente année 2020.

Éric Ménard

 

 

Un Didier Guillaume très convenu

Le ministre de l’Agriculture s’est livré à un prêchi-prêcha électoral fort prévisible avec la volonté affirmée de ne surtout fâcher personne.

Non, l’homme au chapeau Serge Istèque n’est pas là par hasard sur la photo, mais au terme d’une stratégie très élaborée.

La déclaration de candidature d’un homme politique est au journalisme ce que la leçon de mathématiques est au cancre. Un moment qui pourrait être d’un ennui mortel si le paysage derrière la fenêtre ne venait sauver le mauvais élève et la succulente comédie humaine qui se déroule dans ces occasions divertir le porteur de stylo. Foule des grands jours, samedi matin, dans le hall du jai-aläï d’Aguilera, à l’occasion de la conférence de presse donnée par Didier Guillaume. Les médias nationaux sont nombreux tandis que, côté supporters, nous assistons à un raccourci saisissant de tout ce qu’est devenue LaRem, cette lessiveuse idéologique apte à lyophiliser toutes les convictions les plus établies, qui permet aux Républicains bon teint, aux rares représentants de la gauche et aux Abertzale de se taper désormais sur le ventre sans complexe.

C’est une cohorte enamourée qui arrive dans le sillage de Didier Guillaume où l’on reconnaît Guy Lafite, Michel Poueyts, mais aussi Régine Daguerre, Frédéric Domège, Alain Pouyau ou la présidente de « Femmes de droite » Maria François.

Un câlin électoral pas très défenestrant

Et c’est là qu’il convient d’admirer, alors que la conférence de presse n’a pas encore démarré, la capacité à jouer placé de certains. Prenez par exemple le président de l’association des commerçants des halles, l’homme au chapeau gris de la photo, Serge Istèque. Négligemment, quinze minutes avant que Didier Guillaume ne prenne la parole, il va s’installer au pied du pupitre juste à côté du micro en devisant avec ceux qui passent. Et bien malin celui qui l’en délogera ! Philippe Nalpas fera une tentative pour que l’espace autour du candidat se dégage mais en vain. Andy Wahrol avait précisé que chaque individu connaitrait son « quart d’heure de célébrité » mais avait oublié de préciser à quelles contorsions il fallait se livrer pour y arriver.

Après des préliminaires aussi prévisibles, il était clair que le « câlin électoral » prodigué par le candidat ministre n’allait pas être du genre défenestrant. Quelques punchline bien troussées afin de donner un peu de picore aux médias « Je ne viens pas là par amour mais par raison ». Des critiques tellement diaphanes, tellement voilées, que seuls les connaisseurs, adeptes de l’entre-soi, peuvent les décoder. « Biarritz a besoin d’une nouvelle impulsion », façon en creux de dire qu’il est grand temps pour papy Veunac de s’occuper de ses petits-enfants. Enfin des promesses de « passer à la vitesse supérieure » pour « faire rayonner notre ville en France et à l’international ». Trop d’imagination tue l’imagination !

Ajoutez au passage un hommage appuyé au premier adjoint : « Je veux saluer le Premier adjoint qui a réussi à ce que les Finances soient très bonnes », ce qui montre bien que Didier Guillaume n’est pas souvent à Biarritz et n’a pas encore découvert les dettes planquées sous le tapis par « La Faillite nous voilà ! », avant de préciser dans un heureux mouvement de balancier « Aucun des adjoints de l’actuelle municipalité ne sera adjoint dans la prochaine ».  

Rajoutez la nécessité de « faire travailler ensemble des hommes et des femmes », la promesse d’une « ville citoyenne » et la belle réponse du présumé parachuté « Les racines les plus fortes sont celles que l’on se choisit ».  Comme vous le découvrez en lisant cet article, vous avez bien fait de rester aux halles à prendre un café plutôt que de monter jusqu’à Aguilera.

Non au parachute de secours

Même sentiment de malaise lors du pot qui suit la déclaration de candidature. De l’attaché de presse qui vient vous expliquer qu’il a beaucoup insisté pour que Bisque, Bisque, Basque ! soit convié, comme si le fait d’être ou non invité allait changer quoi que ce soit à l’esprit d’impertinence assumé par ce blog, à tous ces élus qui vous expliquent que depuis le premier jour ce mandat est un désastre (pourquoi diable ne se sont-ils pas manifestés bruyamment pour dénoncer l’incurie de Veunac aux côtés des Nathalie Motsch ou Maïder Arostéguy ?), on a le sentiment d’être dans le vieux monde des élites qui estiment que le citoyen ordinaire n’a pas à connaître la vérité. Sentiment renforcé par le discours de Didier Guillaume qui ne veut attaquer personne et surtout pas se risquer à faire le bilan de son prédécesseur alors que la population est totalement traumatisée par ce qui s’est passé pendant six ans.

L’honnêteté intellectuelle oblige à dire que l’exercice est difficile et que l’on a rarement vu un homme politique à son avantage dans cet exercice. On sent que Didier Guillaume en a sous la pédale et serait à la tête de la Ville d’une toute autre dimension que l’actuel maire. En tant qu’homme de gauche, j’ai envie de croire en lui et l’on va donc lui faire crédit au moins jusqu’à sa prochaine réunion publique, en espérant que le candidat va enfin fendre l’armure. Mais certains détails ne trompent pas. Il est des hommes amoureux qui quittent tout du jour au lendemain pour suivre la femme qu’ils aiment. Il en est d’autres qui naviguent de longs mois entre épouse légitime et maîtresse avant de voir comment les événements tourneront. Didier Guillaume a annoncé qu’il démissionnerait du ministère de l’Agriculture s’il était élu. Ce qui est une façon de dire qu’il va faire campagne à Biarritz en fin de semaine tout en occupant son poste de ministre le reste du temps. « Biarritz est la seule ville non capitale connue dans le monde entier » affirme l’intéressé.

Alors peut-être que la moindre des choses était de se consacrer à plein temps à Biarritz et de prouver aux Biarrots, en démissionnant de ses fonctions, qu’on est prêt à prendre tous les risques pour diriger la ville qu’on aime, au lieu de garder… un parachute de secours.

Être de gauche n’est pas une maladie honteuse

À plusieurs reprises, des Biarrots sont venus m’aborder avec la mine de conspirateurs désireux d’évoquer les turpitudes de Gabriel Matzneff avec les adolescents pré-pubères : « On voterait bien pour lui, mais Didier Guillaume est de gauche ». Comme si je n’avais pas l’information ! Je déplore justement que pas une fois lors de sa conférence de presse, le ministre de l’Agriculture n’ait cru bon d’évoquer son long cheminement à gauche ou ses « valeurs de gauche » avant de se rallier à Emmanuel Macron.

Plus que jamais, le communiqué de Mathieu Accoh, au nom des Insoumis biarrots, pose les bonnes questions : « Qui me représente en tant qu’électeur biarrot ? » C’est donc avec plaisir que nous le publions dans son intégralité.

Mathieu Accoh, porte-parole des Insoumis biarrots (Photo Sud Ouest)

« L’électorat de Biarritz soucieux de justice sociale, d’égalité, de transparence démocratique et d’indépendance par rapport aux intérêts économiques peut légitimement se poser cette question : qui me représente ? Qui aujourd’hui parmi les chômeurs, les ouvriers, les employés, les personnels précaires, les retraités aux petits revenus, l’ensemble des classes populaires pour résumer, est représenté au Sénat, à l’Assemblée nationale ou plus près de nous au conseil municipal ? Cette partie de la population est-elle vouée à ne même plus pouvoir se rendre aux urnes dans une ville comme Biarritz ? Des centaines de milliers de Français ont manifesté leur détresse et leur colère pendant des mois sur les ronds-points, ont battu le pavé depuis des semaines pour défendre notre système de retraite. Et pourtant la volonté et les intérêts de cette majorité sont systématiquement piétinés et humiliés. Pour l’instant huit listes semblent se rassembler dans le souci de ne pas paraître « à gauche » comme si l’idéal de services publics de qualité, d’égalité dans la redistribution des richesses, de démocratie, de préservation des biens communs et de nos écosystèmes n’était plus qu’un lointain souvenir et tout sauf un objectif. C’est face à ce trop-plein unicolore qui semble se satisfaire de la contagion de la pauvreté, de l’accumulation insensée et ostentatoire de richesse, de la destruction d’une nature que le capitalisme vert n’enrayera pas, que nous, insoumis biarrots, écologistes, citoyens investis dans la vie associative, décidons de nous engager dans cette campagne électorale. Nous avons le souci de représenter l’électorat de gauche et d’empêcher la division des listes partageant la même fibre écologique et sociale, c’est pourquoi nous allons œuvrer à l’unité dans les prochaines semaines en espérant que les Biarrots soucieux d’une vie plus juste et plus proche de la nature trouveront une réponse dans nos propositions. »

Mathieu Accoh, pour les Insoumis biarrots

Et on attaque quand ?

 Si les trois écuries Arostéguy, Barucq, Motsch semblent en place, pour les autres le flou est encore de rigueur.

Avec huit à dix listes en compétition, il est clair qu’il va y avoir des morts au soir du premier tour.

Comme si cela manquait à notre bonheur, une nouvelle liste vient d’éclore si l’on en croit Sud Ouest du 7 janvier. Mené par l’enfant de Saint-Charles Karim Guerdane, elle s’intitule Biarritz Bonheur par allusion à l’heureux temps où les Biarrots pouvaient faire leurs courses quotidiennes dans le grand magasin de la Place Clemenceau, devenu depuis les snobinardes Galeries Lafayette. Joli nom pour une liste électorale, même si on peut se demander si ajouter de la confusion à la confusion ne fait pas au final le jeu du maire sortant Veunac.

Alors que se prépare l’assaut final, après cette drôle de guerre où chacun a fourbi ses armes et amassé des troupes, une tournée des popotes s’impose. Si les bataillons de Maïder Arostéguy, Guillaume Barucq et Nathalie Motsch semblent prêts au combat, d’autres sections d’assaut gardent la fleur au fusil et paraissent éprouver quelque peine à se mettre en ordre de marche. C’est donc le moment ou jamais de passer les troupes en revue avec le général Bisque, Bisque, Basque ! ce planqué de l’arrière qui a beaucoup moins de faits d’armes à faire valoir que le général Jean-Bernard Pinatel ou l’exubérant Guy Husson.

 

MAÏDER SE PACSE

Maïder Arostéguy peut afficher un sourire radieux. Elle vient d’annoncer aux journalistes locaux son récent PACS et le fiancé est plutôt du genre bel homme musculeux avec qui on peut aller à la guerre sans rien avoir à craindre. Richard Tardits, en effet, a décidé de s’allier à Maïder, un choix plutôt logique compte tenu de la sensibilité très libérale des deux tourtereaux et une initiative qu’on ne peut que saluer car elle va dans le bon sens.

 

MARIAGE POUR TOUS CHEZ BARUCQ

Chez Guillaume Barucq, on semble plutôt militer pour le mariage pour tous et les alliances… surprenantes. Si Corine Martineau a encore impressionné les foules pendant les vacances de Noël, avec sa capacité à aller distribuer des tracts aux bigorneaux du rocher de la Vierge ou à se baigner avec les ours blancs puisque la situation politique le commande, que dire de l’arrivée du responsable de la section socialiste Laurent Riberolles à ses côtés ? Un peu comme si Philippe de Villiers et Olivier Besancenot décidaient d’aller écouter ensemble une messe en latin du côté de Domezain.

 

VRAI OU FAUX SONDAGE POUR MOTSCH ?

L’affaire du faux-vrai sondage, lancé sur Twitter par Oier Oronos et annonçant que l’ex adjointe à l’Urbanisme se retrouvait en deuxième position derrière Veunac, agace profondément le camp de Nathalie Motsch qui est persuadé avoir affaire à un coup monté des services secrets adverses. Si l’on détaille le compte du « troll » Oier Oronos, on peut imaginer que c’est un ardent partisan de « Calamity Nathalie ». Mais est-ce si sûr ? En temps de guerre, le propre de l’agent double est de jouer… double jeu. Encenser pendant des mois une rivale pour mieux lui faire porter le chapeau ensuite peut s’avérer très astucieux. Bisque, Bisque, Basque ! est bien incapable de démêler le vrai du faux dans ce sondage flatteur pour Nathalie Motsch et pour Michel Veunac et sévère pour Maïder Arostéguy et Guillaume Barucq, mais peut témoigner que deux membres de la majorité actuelle restés fidèles à Michel Veunac (une espèce très rare !) murmuraient sous le manteau les chiffres finalement publiés plusieurs jours plus tard par Oier Oronos. Intox de Veunac pour galvaniser ses troupes, ou sondage réel financé par un promoteur ami du maire ? La question mérite d’être posée.

 

LES FANTÔMES DE LA LISTE VEUNAC

Quant au maire sortant Michel Veunac, il a beau clamer qu’il est en « pleine forme », il suffit de le voir marcher avec sa capote bleue horizon, son pantalon rouge garance et ses bandes molletières pour comprendre que ceux qui l’ont vu naître, comme l’aurait dit Coluche, ne sont plus tout jeunes. À l’évidence, Veunac peine à attirer de nouveaux talents dans sa liste, ce qu’on peut comprendre après le calamiteux mandat qu’il vient d’accomplir. Sa garde rapprochée se compose donc des bénis oui-oui qui ne peuvent envisager de renoncer à la vie municipale et aux indemnités qui vont avec : Jocelyne Castaignède, Patrick Destizon, Ghis Haye, ainsi que de l’inénarrable secrétaire d’état Jean-Baptiste Lemoyne, l’homme qui change de convictions à chaque fois que le vent tourne et qui pour le moment se bat avec les plans de la ville pour tenter d’apprendre le nom des quartiers. Et pour rajouter au scandale, quelques « obligés » du maire qui ont été gentiment conviés à venir lui apporter leur soutien comme le cavalier Olivier Camy-Sarthy, directeur par délégation de Service public (DSP) du pôle équestre de Biarritz. C’est un peu comme si votre employeur vous obligeait à vous présenter sur la liste électorale qu’il est en train de monter. Si une liste comme celle-là réussit à séduire les Biarrots, c’est à désespérer de la politique.

 

GUILLAUME JOUE LE PLEIN TEMPS

Biarritz n’est pas une maîtresse que l’on honore à la va-vite en fin de semaine mais une grande dame qui mérite d’être choyée à plein temps, ce que Didier Guillaume semble avoir compris. Après avoir beaucoup hésité sur la stratégie à suivre, l’actuel ministre de l’Agriculture paraît décidé à démissionner du gouvernement, ce qui est sage. Pas étonnant qu’il ait connu quelques états d’âme, car ses deux poissons-pilote Guy Lafite et Michel Poueyts, surtout soucieux de leur propre survie politique, lui ont promis pour le convaincre d’y aller des foules en délire et des salles plus que combles. L’homme est suffisamment habile politique pour avoir vite compris que ses deux amis avaient un peu enjolivé la situation et que la partie était loin d’être gagnée. Si le procès en parachutage que lui font tous ses détracteurs (y compris le docteur Oualam dans les colonnes de ce blog !) me paraît hors de propos pour quelqu’un qui fréquente Biarritz depuis trente ans, il reste maintenant à voir ce que va proposer le candidat et surtout avec qui il compte gouverner. Samedi à 11 heures, au jai alaï, on devrait en savoir un peu plus.

 

SAINT-CRICQ Y CROIT TOUJOURS

Jean-Benoît Saint-Cricq, que tout le monde voyait partir avec Veunac, a finalement décidé de jouer solo. Le vieux routier des élections municipales biarrotes fourmille d’idées et d’enthousiasme. Malheureusement, il ne semble pas mesurer les dégâts faits à son image par ce mandat où il a commencé en s’opposant fermement à Veunac et Lafite avant de les rejoindre à un moment où ils étaient en grande difficulté sur le dossier de L’Hôtel du Palais et de leur sauver la mise par son ralliement. Le candidat assure qu’il sera en ordre de marche le 15 janvier avec une équipe plus mobilisée que jamais. On connaît les qualités et la « technicité » de Jean-Benoît Saint-Cricq, mais, s’il veut espérer quelque chose, il faudra que l’avocat biarrot s’explique sur les choix qui l’ont conduit à saccager la bonne image que les Biarrots avaient de lui.

 

MARINE BATISTE PLUS VERTE QUE VERTE

En 1971, lors du congrès d’Épinay, François Mitterrand avait réussi le tour de force de signer sa première adhésion au Parti socialiste le jour même où il avait été nommé Premier secrétaire. Nourrie aux grands classiques socialistes, puisqu’elle a travaillé dans l’entourage de Bertrand Delanoë, Marine Batiste, tente de faire de même en se découvrant soudain une conviction plus verte que verte et en adhérant il y a peu à Europe Écologie Les Verts (EELV) quelques jours après qu’un authentique militant de ce parti, qui labourait le terrain biarrot depuis quinze ans, Éric Ménard, ait été exclu pour avoir rejoint le camp de Nathalie Motsch. Et même si elle n’a pas encore l’investiture du parti, Marine Batiste lance un appel du pied aux Abertzale pour une alliance semblable à celle que fait Sophie Bussière avec Jean-Claude Iriart à Bayonne. Mais n’est pas François Mitterrand qui veut et l’affaire pourrait capoter très vite.

Ne reste donc plus à tous ces généraux ou aspirants généraux, bien au chaud dans leurs quartiers-généraux et se rêvant déjà tous en vainqueurs, qu’à trouver l’infanterie nécessaire à leurs ambitions. Suivant que l’on aura huit ou dix listes, c’est entre trois cents et trois cent cinquante couillons qu’il va falloir convaincre de venir faire de la figuration sur les listes, d’aller tracter dans le froid, de marcher au pas et éventuellement de donner quelques subsides pour financer la future campagne.

Il est désormais plus que temps pour tous ces candidats de se plonger dans « L’art de la guerre » du Chinois Sun Tzu, car il ne fait aucun doute que la bataille pour conquérir Biarritz va être féroce.

Max Brisson : « Biarritz est la risée du département »

Le sénateur a envisagé un moment d’être lui-même candidat. Mais il ne veut pas rajouter de la confusion à la confusion et estime que « plus le temps passe plus cette volonté s’émousse ».

Ironie de l’histoire ou sentiment que la page est définitivement tournée ?  C’est au « Café de Paris » que Max Brisson me propose de partager un verre, à l’endroit même où nous avions dîné six ans plus tôt, en compagnie de Jean-Philippe Ségot. Et à l’époque aucun de nous trois n’imaginait que Michel Veunac pouvait un jour devenir maire. Cette élection de 2014 est toujours étudiée à Sciences-Po, tant les résultats entre le premier et le deuxième tour ont été surprenants, et en particulier dans deux bureaux de vote, mais visiblement c’est de l’histoire ancienne pour Max Brisson, souriant et détendu en ce début de vacances parlementaires. Il fait comme si cette énorme blessure était définitivement guérie : « La République n’aura pas été mauvaise fille à mon égard », estime-t-il par allusion à son élection au conseil départemental en 2015 et à sa victoire de septembre 2017 aux élections sénatoriales.

« Ce mandat est totalement chaotique »

Brisson et Veunac, en 2014, dans l’attente des résultats. (Photo Sud Ouest)

« On me prête beaucoup d’intentions mais je suis sorti du jeu biarrot pour m’investir pleinement dans mon mandat de sénateur des Pyrénées-Atlantiques. Et dans mes fonctions au quotidien, je m’adresse plus aux maires du département qu’aux acteurs biarrots. Mais je reste un citoyen biarrot, un électeur biarrot et un élu biarrot. Je porte un regard très critique sur les six années qui viennent de s’écouler. En 2014, la mayonnaise a été suffisante pour permettre à Veunac de gagner mais pas pour gouverner. On a eu pendant six ans le résultat du bal des seconds, capables en 48 heures de s’entendre ”contre”, mais pas pour gérer dans la durée une ville comme Biarritz.   D’où l’éparpillement, l’émiettement, la fragmentation à répétition de la majorité issue des alliances contre nature de 2014. Ce qui aurait été naturel, c’est que Michel Veunac reconnaisse qu’il avait fini, avec 17%, deuxième du premier tour et me rejoigne puisque j’étais en tête. Des alliances avec des personnes de sensibilité différentes sont possibles, j’en ai d’ailleurs accompagné, ce qui m’a valu d’être exclu de mon parti quand je me suis rapproché de Didier Borotra, mais les projets étaient travaillés au cordeau et très en amont. Ce sont ces petits arrangements politiciens qui expliquent le mandat totalement chaotique dans lequel Michel Veunac semble se délecter puisqu’il en redemande. »

En ancien bon élève qu’il est, Max Brisson a visiblement préparé cet entretien. Il sort des feuilles manuscrites d’une chemise en carton avec des grands chiffres pour ne pas oublier tous les sujets qu’il veut aborder. Nous évoquons aussi brièvement les « divergences de vue » qui l’opposent parfois à Bisque, Bisque, Basque ! et le sentiment d’injustice qu’il ressent, en particulier quand on lui dit qu’il « fait de la politique à l’ancienne » : « On me reproche parfois de faire de la politique à l’ancienne, mais les conseillers municipaux, les adjoints qui tapent sur le maire, c’est aussi la vieille politique. On a perdu tout sens des règles de l’ancien monde qui fait que la démocratie fonctionne. Dans mon rôle de sénateur, les maires me parlent de Biarritz, c’est vrai, mais pour s’en moquer. On est devenu la risée du département. Ce qui me chagrine c’est que les mêmes causes vont produire les mêmes effets. Si le maire est le fruit de petits arrangements réglés en vingt-quatre heures au soir du premier tour, on obtiendra le même résultat qu’en 2014. »

 « J’attends un projet d’impulsion »

Conseiller départemental et sénateur apprécié de ses collègues pour sa grosse capacité de travail, Max Brisson va-t-il enfin dire qui il va soutenir lors des prochaines municipales, lui qu’on accuse d’être allé voir toutes les listes ? « Je dirai le moment venu le projet qui me convient le mieux. Pour le moment, je ne connais pas le plat, je ne connais pas la sauce. J’attends un projet d’impulsion. De savoir quelles sont les trois ou quatre idées fortes de la future mandature. J’attends le rassemblement de gens différents qui ont eu des engagements politiques mais qui sont prêts à se retrouver sur une feuille de route partagée. Il faut des figures et de la légitimité. Il faut un patron à la tête d’une mairie, il faut de l’incarnation car le maire dit plus souvent non que oui. » Un portrait en creux de lui-même, tel qu’il se perçoit ?

Max Brisson soupire. Visiblement le destin de Biarritz lui tient toujours à cœur.  « Pour l’instant, je n’ai pris aucune position. Je ne me suis jamais caché de voir souvent Michel Veunac, Maïder Arostéguy ou Didier Guillaume. Je vois, je regarde et je l’assume. Contrairement à une légende tenace, j’ai souvent fait des choix courageux dans ma carrière politique. Je me méfie des solutions restrictives, des idéologies totalement arrêtées. »

« Oui, j’ai envisagé d’être candidat, mais cette volonté s’émousse »

Difficile de résister à la tentation de lui demander s’il a envisagé ou s’il envisage toujours de se porter candidat : « Oui, je l’ai envisagé. Mais plus le temps passe et plus cette volonté s’émousse, car je n’ai pas envie de rajouter à la cacophonie ambiante. Désormais, je suis plus dans l’idée d’un soutien que d’une participation. Mais si un candidat se retirait début janvier, ce qui me paraît fort peu probable, j’envisagerais une éventuelle candidature. » Voilà qui est précis.

La politique est parfois difficile à comprendre pour le novice. Comment se fait-il qu’un sénateur membre des Républicains ne soutienne pas la candidate investie par son parti. ? « Je rappelle tout d’abord que j’étais proche d’Alain Juppé et que je suis proche de Valérie Pécresse qui vient de quitter le parti auquel j’appartiens ».

« La base actuelle de Veunac est étroite »

Maïder Arostéguy, Max Brisson et Philippe Nalpas, lorsqu’ils faisaient liste commune au moment des élections départementales de 2015.

Alors qu’on s’attend à voir Max Brisson un peu en difficulté sur le sujet, il va au contraire passer en revue (presque) tous les candidats déclarés. « J’ai de la sympathie pour la personne et pour la femme politique qu’est Maïder Arostéguy, mais je rappelle qu’elle était à l’UDI il y a peu encore. Je considère que Maïder est de ma famille politique mais que gravitent dans son entourage des personnes représentant la droite que je ne supporte pas. Je la soutiendrai peut-être mais je n’ai pas encore pris de décision et je ne suis pas disposé à recevoir de leçons de fidélité de ma famille politique alors que c’est la mienne depuis que j’ai une conscience politique ».

« Je n’ai aucun problème pour parler librement et publiquement de chacun des candidats. Je suis surpris de l’autosatisfaction de Michel Veunac sur son bilan et sa méthode de gouvernement. Le ressenti majoritaire est celui d’un mandat manqué. Il gagnerait à l’accepter. À sa décharge, l’hallali permanent qu’il subit m’a conduit parfois à voler à son secours. La base de Veunac est à l’heure actuelle étroite et il est devenu clivant. Biarritz n’aime pas les clivages, je sais de quoi je parle. »

« J’ai eu plusieurs rencontres avec Jean-Baptiste Lemoyne et estimé que ça pouvait être quelqu’un capable de réussir à Biarritz. Je l’aurais bien vu incarner une alternative. Il en a décidé autrement ».

« Je regrette que Nathalie Motsch ne jure que par Didier Borotra et oublie que j’ai été son premier mentor en politique. »

« Je vois Didier Guillaume, je ne m’en cache pas, aussi bien à Biarritz qu’à Paris. Sa candidature n’est pas encore en place et je ne sais pas pour le moment s’il est capable de sortir du marigot, de s’adresser à tous les Biarrots, de montrer son attachement pour notre ville et la plus-value qu’il pourrait apporter. »

« Quant à Philippe Nalpas, qui a décidé de rejoindre Didier Guillaume, personne ne m’engage, personne n’est mon poisson-pilote, pas même mon collaborateur. Philippe Nalpas a droit à son autonomie politique, à son autonomie d’action mais ça ne préjuge pas de ma position future. »

« Je ne suis pas un superhéros de la politique »

Mais n’est-il pas surprenant, à moins de trois mois des élections qu’un élu expérimenté soit incapable de dire pour qui il va voter ? Max Brisson s’amuse de la question : « Je ne suis pas un super héros de la politique. Je serais Angloy ou Bayonnais, je ne me poserais pas de question. Je serais Hendayais, je sais pour qui je ne voterais pas, même si j’ai de l’estime pour le maire sortant. Mais à Biarritz, la situation est d’une complexité totale et comme tout le monde j’ai vraiment besoin de réfléchir. »

Pressé et légèrement en retard, Max Brisson repart vers un autre rendez-vous. Visiblement, même en vacances, la vie publique n’est jamais loin. L’homme paraît plus détendu, plus apaisé qu’il y a six ans. Sa mémoire, sa culture politique sont fascinantes. La complexité de sa pensée, qui donne le sentiment qu’il est toujours à la manœuvre, tout autant. Malgré ses qualités et ses défauts, on se dit que les Biarrots ont vraiment fait le mauvais choix il y a six ans. Avec Brisson maire, nous aurions sans doute eu un mandat d’une toute autre tenue. L’urgence maintenant étant de ne pas refaire les mêmes erreurs et de ne pas renouveler la catastrophe de 2014.