Le gauche contrarié

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1954 : Une véritable enfance campagnarde et un sale môme   – déjà ! – qui s’efforce de piquer le galurin de sa grand-mère.

Les joies de l’école laïque et républicaine dans un petit village rural de Charente des années soixante ! Les oreilles décollées par les instituteurs n’affolaient personne, pas plus que les baguettes de châtaignier cassées sur la tête des cancres ou les mains gauches attachées à la chaise pour apprendre aux récalcitrants à écrire comme tout le monde.

Définitivement gauche – une table de nuit Ikea à monter suscite autant de perplexité chez moi qu’un couteau manié par une poule! -, je suis devenu durablement à gauche, après une adolescence compliquée où j’ai cumulé les petits boulots et pu vérifier la capacité sans limite des patrons à entuber leurs salariés tout en geignant sur leur dur métier. J’ai débouché le champagne le 10 mai 1981 et me suis abstenu le 6 mai 2012, convaincu que la gauche était devenue une coquille idéologiquement vide. Je m’affirme désormais républicain. Et je ne parle pas, bien évidemment, du parti de Nicolas Sarkozy.

Issu d’une famille très militante, antigaulliste et anticolonialiste, j’ai vu tourner en permanence la ronéo paternelle qui servait à distribuer les tracts et décrété à douze ans que je serai journaliste. Mon rêve m’a rattrapé à dix-neuf ans, après une licence de lettres classiques et l’admission au Centre de Formation des Journalistes. Après un court passage à  » La Charente Libre  » et à  » Ouest-France « , j’ai sévi vingt ans à  » L’Équipe  » et seize ans au  » Canard enchaîné « , où je me suis bien amusé, même si de nombreux heurts m’ont régulièrement opposé aux directions de ces deux journaux. En 1996 et en 2012, j’ai quitté de mon plein gré ces deux titres, après des négociations que n’auraient pas reniées les maquignons de mon enfance.

J’ai croisé Biarritz pour la première fois en 1968. à l’occasion d’un match de rugby où les Basques nous avaient sérieusement étrillé. Comme j’adore souffrir, j’y suis régulièrement revenu depuis, avant de m’installer dans le centre ville, il y a dix ans. Depuis, je partage ma vie entre Paris et la Côte basque.

Un journaliste, pour moi, doit être un emmerdeur chronique. Ce blog a été intitulé  » Bisque, bisque, basque ! « , en référence aux gamins qui se narguent dans la cour d’école et parce que j’aime les frondeurs et les impertinents. Dans ce domaine au moins, j’espère ne pas vous décevoir. En effet, il n’entre pas du tout dans mon plan de carrière, la soixantaine venue, de déchirer ma carte de membre du club des incorrigibles garnements!