Soutien inconditionnel à Oloronblog

Marre de ces élus qui dégainent la matraque judiciaire dès qu’un citoyen ne leur cire pas les pompes !

C’est un de ces blogs porteur d’une information libre et citoyenne comme on en souhaiterait à toutes les villes de France (https://oloron.blog/). Son auteur Joel Adam, a, entre autres exploits rédactionnels, révélé les capacités d’ubiquité hors du commun de son maire, Hervé Lucbéreilh, capable d’encaisser le même jour des indemnités kilométriques pour un aller-retour Oloron-Bayonne et un Oloron-Tours ou de présenter quelques jours plus tard des notes de frais pour être allé à Paris en avion ET en voiture à la même période. Depuis que Le Canard enchaîné a repris cette information, le torchon brûle à Oloron-Sainte-Marie entre l’élu et le blogueur. À Biarritz, le responsable de Bisque, Bisque, Basque ! est juste un « journaliste de merde qui fait les poubelles », à Oloron, où on ne dédaigne pas l’emphase, le blogueur, aux dires du maire, est un simple « pervers narcissique » et un « délateur digne de la Gestapo ». Rien que ça ?

Mais pas gêné, le maire annonce à Sud Ouest qu’il porte plainte contre le blogueur pour cyber harcèlement.

Des annonces pas toujours suivies d’effet

Ancien cadre de la fonction publique territoriale, ayant pu assister tout au long de sa carrière à bien des turpitudes, Joël Adam ne s’émeut guère de cette annonce du maire, si l’on en croit son blog : « Hervé Lucbéreilh a effectivement brandi cette menace. Mais l’a-t-il vraiment mise à exécution ? Si tel était le cas, je pense que j’en aurais été le premier avisé. Rien de tel à ce jour. Cela étant, j’attends de pied ferme toute procédure de ce genre, si tant est qu’elle arrive. Car rien dans le blog ne caractérise ce délit de cyberharcèlement. » Au Canard enchaîné, nous recevions chaque semaine une dizaine de menaces de plaintes. En réalité, à peine une sur cent se terminait au prétoire, les politiques adorant jouer les offensés et se draper dans leur dignité, tout en sachant pertinemment que les électeurs sont tellement habitués à leurs mensonges qu’ils oublieront bien vite leurs moulinets verbaux.

Le dévoiement de la loi sur le cyberharcèlement

Qu’un adolescent prenne conscience qu’il risque gros depuis 2014, s’il s’amuse à publier des photos dénudées de sa petite copine sur les réseaux sociaux, quoi de plus normal ? Mais quand un blog local parle en priorité du premier magistrat de la ville et consacre de nombreux articles à ses actions, ce n’est pas du cyberharcèlement, mais de l’information libre et citoyenne. Vous pouvez parcourir tout le contenu de « Oloron blog ». Les articles s’appuient sur des faits, la seule différence par rapport à la presse locale étant que le blogueur, journalistiquement et économiquement libre, ne se sent pas obligé de cirer les pompes des édiles locaux.

L’ancien propriétaire de La Semaine du Pays basque, Hubert de Caslou, avait cru judicieux, en juin 2017, de traîner Bisque, Bisque, Basque !, devant le tribunal civil de Grande Instance de Paris pour cyberharcèlement. Sa charmante idée a coûté à l’ancien officier de marine une condamnation à 3 000 euros, le tribunal ayant estimé que les dix-huit articles mis en cause contenaient tous une information justifiant la publication. Qu’on se le dise…

Quand les menaceurs ne sont pas les payeurs…

Cette envie des maires d’en découdre au tribunal, dès qu’un mot dépasse d’un article n’est pas tout à fait liée au hasard. Les élus savent parfaitement que leurs frais de justice seront pris en charge par leur commune, donc par les contribuables. Contrairement à leur opposant qui devra casser sa tire-lire personnelle. L’article L.21236-34 du Code Général des Collectivités territoriales prévoit que la commune accorde une protection juridique au maire dans l’exercice de ses responsabilités. Si un arbre tombe sur un piéton, alors que rien n’indiquait que cela puisse survenir, il est logique que le maire soit défendu gratuitement.

Mais comme pour la loi sur le cyberharcèlement, nos amis politiques se sont empressés de détourner la volonté du législateur à leur profit. Selon la loi, le maire ne peut être défendu aux frais des contribuables que s’il n’a pas commis « une faute détachable » de ses fonctions.

Constituent une faute détachable :

– les faits qui révèlent de préoccupations d’ordre privé.

– les faits qui procèdent d’un comportement incompatible avec les obligations qui s’imposent dans l’exercice de fonctions publiques.

– les faits qui revêtent une particulière gravité.

Quand Didier Borotra se retrouve accusé de « prise illégale d’intérêt » après avoir laissé sa fille signer un contrat avec la Cité de l’Océan dont il est responsable en tant que maire, la « faute détachable » ne fait pas de doute. Ce qui n’empêchera pas le conseil municipal de Biarritz de voter, à quelques exceptions près, la prise en charge des frais de justice de l’ancien maire. Ce qui est une honte !

Les blogs au secours de la presse écrite

Il est désormais de bon ton de vilipender les quotidiens régionaux, ce qui ne sera pas le cas de ce blog. Mais nous sommes tous bien obligés de constater que les riches heures de la presse écrite sont derrière elle et qu’un équilibre économique de plus en plus incertain la fragilise face aux petits potentats locaux, qui crient « Je suis Charlie » les jours d’attentats, mais n’aiment la presse qu’aux ordres. D’où ces articles souvent bien faits, où l’auteur manifeste une prudence de sioux de peur de se retrouver en exil à Dax, comme certains de ses prédécesseurs. Les blogs, avec leur liberté, leur insouciance, leur effervescence, leur absence délibérée de modèle économique, sont à l’écrit ce que les radios libres ont été dans les années quatre-vingts aux radios commerciales.

Toutes ces vigies citoyennes qui passent leur temps à observer ce qui se passe dans leur ville en se moquant éperdument du respect dû aux petits seigneurs locaux, amènent du dynamisme et de la vitalité à l’information et rétablissent un équilibre qui bénéficie au citoyen, profite aux quotidiens institutionnels et oblige l’élu à abandonner son sentiment d’impunité. On l’a vu avec l’affaire des écuries de Parme, il est difficile pour un quotidien régional de ne pas reprendre une information quand un blog la lance et fait causer toute la ville.

Pour toutes ces raisons, « Oloronblog » doit être défendu à la hauteur de ses mérites. Pour ma part, je rêve à Biarritz de pouvoir me consacrer à une écriture personnelle et de me lever le matin en trouvant dans mon journal favori toutes les informations dont j’entends parler lors de mes promenades en ville. Je rêve de fermer Bisque, Bisque, Basque !, devenu inutile, puisque cinquante impertinents, passeront au peigne fin l’actualité de leur ville et la traiteront avec leur regard et leur sensibilité.

Je rêve, mais je suis persuadé que ce jour est proche. Et qui est-ce qui est le plus ringard ? Joel Adam avec son blog généreux et désintéressé où il s’efforce de partager ses savoirs avec ses concitoyens ou Hervé Lucbéreilh avec ses notes de frais étonnantes et ses pathétiques menaces juridiques ?

L’indéférence plutôt que l’indifférence…

Heureuse année 2018 avec le plein d’humour, de dérision et d’impertinence.

Bisque, Bisque, Basque ! est formel : l’excès d’impertinence ne nuit nullement à la santé. Seule la vigilance citoyenne, face à des politiques bien décidés à continuer leurs petits coups en douce, (N’est-ce pas Vincent Bru ? N’est-ce pas Florence Lasserre ? N’est-ce pas Odile de Coral ou Michel Veunac ?) permettra de faire évoluer les mentalités.

Pour que 2018 soit une année heureuse, une seule solution : pratiquez l’indéférence plutôt que l’indifférence !

Jamais trop de RAMDAM…

Décidés à se faire entendre et à ne pas s’en laisser conter par des politiques souvent désinvoltes, des citoyens viennent de créer une association, RAMDAM 64-40,  pour contribuer à la moralisation de la vie publique.

Les cocus de la moralisation de la vie publique, levez-le doigt ! Nous avons assisté, cette année à une vaste farce au moment de l’élection présidentielle. La moralisation de la vie publique mise en avant par Macron est devenue un gros machin enlisé à l’Assemblée nationale où des députés nous ont expliqué qu’ils ne pouvaient pas faire de notes de frais et autres inepties du même genre. Quelques réformes cosmétiques ont cependant été adoptées, mais il est certain que si les citoyens ne s’en mêlent pas et ne font pas entendre leurs voix, les politiques continueront à traîner des pieds.

Sans compter ce créneau dans lequel prospèrent désormais les élus de tous niveaux, le légal mais pas moral. Richard Ferrand, l’homme qui a enrichi sa maîtresse au détriment de mutualistes, François Fillon, le candidat à la présidentielle qui a longtemps fait travailler (ou pas !) Pénélope comme assistante parlementaire, se sont drapés dans leur dignité en affirmant que leurs actes étaient légaux. Est-ce acceptable ? Est-ce si sûr ?

L’article de Sud Ouest, daté du 20 décembre.

Plus près de nous, à Biarritz, Ciboure, Urrugne, Lahonce ou Ondres, des citoyens ont été obligés d’affronter au tribunal des élus un peu trop désinvoltes avec les lois de la République. RAMDAM 64-40 a décidé de s’intéresser à la vie publique dans nos deux départements des Landes et des Pyrénées-Atlantiques, de pointer du doigt les dérives, mais aussi de saluer les initiatives qui vont dans le bon sens. Nous voulons devenir des casse-pieds salutaires.

La première réunion publique aura lieu fin mars et vous en serez informés dans ce blog. Et chaque fin d’année, à l’image des « Gérard » de la télévision, nous décernerons des klaxons d’or, d’argent et de béton aux politiques les plus méritants.

Trois prix seulement alors qu’il y a tellement de candidats indiscutables dans notre belle région ? La compétition va être féroce.

Les huit membres fondateurs de RAMDAM 64-40 : Dominique Lapierre, président, Guy Aubertin, Dominique de la Mensbruge, Michel Gellato, Philippe MOREL, Barbara Sager, Jacques-André Schneck, Jean-Yves Viollier.

Pour nous contacter : par l’intermédiaire de ce blog, de twitter (@RAMDAM64et40) ou par voie postale à RAMDAM 64-40, 15 Place Clémenceau, 64200 Biarritz

Le palmarès 2017 de RAMDAM 64-40

Klaxon d’or

On ne mesure pas ce qu’est une campagne législative. Notre pauvre Vincent Bru était tellement En Marche qu’il n’a pas eu le temps de s’occuper de sa retraite. Le voilà donc condamné pour un an à toucher ses indemnités de député et son salaire de prof de faculté. Une étourderie qui le navre assurément, lui qui s’est fait le chantre de la moralisation de la vie publique.

Klaxon d’argent

Notre vibrionnante maire d’Urrugne, Odile de Coral, s’est répandue en déclarations propres à faire pleurer dans les chaumières après sa condamnation en appel à quatre mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende. Selon elle « De nombreux conseillers municipaux auraient dû être à la barre à ses côtés ». Des noms ! Des noms !

Klaxon de béton

Dans les couloirs de la mairie de Biarritz, il est déjà surnommé Mimi-Imperator pour sa gestion très personnelle des dossiers. Lors de la cession ratée des écuries de Bigueyrie, Michel Veunac a successivement annoncé que le terrain était non constructible avant de découvrir – mais qui le croira ? – qu’on pouvait bétonner pour 1283 m2. À 545 000 €, c’était le jackpot pour l’acquéreur. Pas pour les Biarrots !

 

 

 

Parfois, la presse se fout de nous…

Info ou intox ? On peut se poser la question en lisant certains échos de notre quotidien régional favori…  Et s’étonner du silence absolu sur les écuries de Parme de La Semaine du Pays basque.

Cinq jours ! C’est le temps qu’il aura fallu à Sud Ouest pour prendre contact avec moi, alors que dès le mardi 27 novembre, je les avais alertés au moment de la première publication sur ce blog d’un article sur les écuries de la Bigueyrie, en leur disant que tous les éléments recueillis étaient à disposition. Un adjoint du maire et un élu d’opposition décident de s’opposer à la vente dès le lendemain, mais Sud Ouest ne publie son premier papier que le samedi 1er décembre, sans m’interroger et en s’appuyant uniquement sur les réactions du maire. Comme si ce dernier allait tout dire ! Vous avez déjà vu un braqueur pas encore attrapé par la police, confier aux journalistes les détails de son dernier casse ?

Sud Ouest a ensuite honorablement traité l’affaire, mais cette religion du communiqué, ce souci de ménager les notables en place, est perçu par les lecteurs et agace. Il en va de même avec certains échos de la page basque du samedi qui tendent à la désinformation absolue ou à « l’opération brouillarta ». Dire que Michel Veunac aurait dû accepter l’offre d’Anglet à 400 000 € pour les écuries de Parme, même sur le ton de la plaisanterie, c’est accréditer l’idée auprès du grand public que le maire de Biarritz en trouvant un acquéreur à 545 000 € ne se montrait pas si mauvais vendeur, ce qui est pour le moins discutable.

Mais si Sud Ouest a traité, même avec retard, même avec beaucoup de prudence, cette affaire, si Mediabask  a fait honorablement le job, d’autres ont carrément zappé. Est-ce le rôle d’un support de presse de ne pas parler d’une information quand elle gêne ?

« Si La Semaine du Pays basque avait eu huit pages de plus, c’est certain on aurait traité l’affaire » m’a affirmé en souriant le directeur de la publication, qui s’est montré au téléphone passionné par cette enquête mais s’est bien gardé de faire quoi que ce soit sur le sujet. Évidemment quand on a été inconditionnel de Brisson, avant de trouver subitement en 2014 Veunac « humaniste et moderne », il est plus sage de botter en touche et d’éviter les sujets qui fâchent.

Les journaux se plaignent d’une désaffection de leurs lecteurs, mais est-ce si étonnant avec une façon aussi surréaliste de traiter l’information ?

Dormez, braves gens…

Voici un autre exemple d’information qui relève du brouillarta délibéré. Diriez-vous, si vous gagnez 3 000 € par mois et dépensez 6 000 €, que votre situation financière est excellente ? Certes L’Hôtel du Palais a connu un bel été, ce qui réjouira tous les contribuables biarrots. Certes Sud Ouest a traité la saga Hôtel du Palais avec vigilance, mais quand on sait que d’ici quatre ans, il va falloir pour conserver la norme palace effectuer entre 50 et 70 millions d’euros de travaux, somme dont ne dispose pas la Socomix, est-il raisonnable de diffuser sans la moindre nuance des messages aussi optimistes ?

Un bien médiocre coup de bec

Le Canard enchaîné a le droit d’être agacé par François Ruffin. Mais quel esprit de caste et quel parisianisme dans ce papier à vite oublier !

Il n’est rien de pire que les antimilitaristes qui détestent ceux qui ne marchent pas au pas. Le long portrait de la page 7 de notre hebdomadaire favori, le plus souvent signé par Anne-Sophie Mercier, consiste en principe à éclairer d’un jour nouveau une personnalité qui fait l’actualité. Intitulé « Prises de bec », ce portrait se veut caustique, décalé et anti-consensuel.

L’idée de croquer François Ruffin était donc excellente. L’homme suscite la controverse, a la réputation d’être ingérable, y compris au sein de France Insoumise, et manifeste indéniablement moins de talent comme orateur à l’Assemblée nationale que comme journaliste ou cinéaste. Mais si la caricature de Ruffin faite par le dessinateur Kiro est comme d’habitude irrésistible, le conformisme et la bien-pensance de l’article laissent pantois, car Le Canard d’habitude s’abaisse rarement à cancaner en chœur avec les confrères.

Le syndrome Aimé Jacquet

François Ruffin souffre d’une tare irrémédiable : il est d’origine picarde et le titre « Picard à Fond » comme le sous-titre « Citrouille picarde » semblent déjà laisser planer un doute bien parisien sur sa capacité à être au niveau de la représentation nationale. Dans le même style, on a connu L’Équipe de 97-98, éreintant Aimé Jacquet pour ses origines modestes et son accent forézien.

Vu de la luxueuse rue Saint-Honoré à Paris, siège du Canard, tout est simple et limpide. Si François Ruffin, dès sa sortie de l’école de journalisme, a dénoncé le formatage qu’il a subi et rédigé « Les petits soldats du journalisme », c’est à cause de son ego démesuré… D’autres y verraient simplement du courage.

Si le dernier numéro de « Fakir », l’incisif bimestriel qu’il dirige à Amiens, compte 22 des 32 pages publiées, signées ou cosignées Ruffin, c’est la démonstration de son nombrilisme implacable. Notre brave Anne-Sophie, à qui on devait préconiser dans son enfance la bibliothèque rose plutôt que la lecture d’Hara-Kiri, a sans doute oublié que Cavanna a rédigé presque seul ce mensuel pendant des années.

Et si Ruffin fait la promotion de ses livres dans son bimestriel, c’est bien la preuve de son amour de l’argent. Et quand Le Canard a évoqué un an durant l’ouvrage intitulé « Les 100 ans du Canard », c’était quoi ?

Et puis, il y a la tare irréversible : le succès de « Merci Patron ! » qui a fait « plus de 500 000 spectateurs » ce qui permet à notre trublion de ne garder que le smic sur son salaire de parlementaire. Il y aurait donc, chère Anne-Sophie, les entreprises de presse respectables, à qui le succès et le trésor de guerre qui va avec ne montent pas à la tête comme Le Canard enchaîné (où entre parenthèses, les dirigeants sont assez loin du smic) et puis les boutiquiers de province, ivres d’eux-mêmes et irresponsables, qui perdent la tête dès qu’ils ont trois ronds ?

Fille de général  et prolo ingérable

Et notre « enquêtrice » de passer sous silence la belle carrière de l’intéressé au Monde Diplomatique, ou à Acrimed, ses participations à l’émission de Daniel Mermet Là-bas si j’y suis ou son rôle très actif dans Nuit Debout. Quand on débat chaque semaine sur Direct 8 ou sur RTL, on peut effectivement se permettre ce genre d’oubli journalistique.

Dans son ire vengeresse, la fille de l’ancien chef d’état-major de l’armée de terre de Chirac ose même l’injure suprême face au fils d’un contremaître de l’usine Bonduelle : « Il est un électron libre au sein de la France Insoumise »

Peut-on rêver plus beau compliment pour un journaliste ? Mais Anne-Sophie, atavisme familial oblige, en pince visiblement davantage pour l’armée de godillots sans idées ni convictions qui peuplent les deux Chambres.

Il fut un temps, malheureusement pas si lointain, où Le Canard ne jurait que par les rebelles, les contestataires, les indisciplinés, les réfractaires, les subversifs, les espiègles, les factieux, les facétieux et autres séditieux. Et la boue qui collait aux sabots de certains ne constituait pas un obstacle pour les délicates narines élevées dans les beaux quartiers parisiens.

… Il fut un temps.

L’homme qui ne divise pas la rédaction de L’Express

À quelques semaines de Noël, si vous avez 4,50 euros qui vous gênent au fond de la poche, au lieu d’acheter L’Express, donnez-les plutôt à un SDF. Par la qualité de ses enquêtes, par sa liberté, Mediapart ne peut que réjouir les amoureux de l’information. Ce média, au modèle économique innovateur, a gagné son pari. Il est la seule réussite de la presse française sur ces dix dernières années. Mais si Edwy Plenel, le fondateur de Mediapart, est « L’homme qui divise la France », il ne divise visiblement pas la rédaction de l’Express, qui, sous couvert d’objectivité journalistique, prend un malin plaisir à recenser les scoops ratés, les excès verbaux et les amitiés suspectes de l’intéressé. Un peu de jalousie n’a jamais vraiment nui au travail journalistique.

Passez votre chemin, y’a vraiment rien à lire.

La démonstration par Mexandeau

Papi Louis, 86 ans, n’a plus de mandat public depuis 15 ans, mais se roule par terre quand on lui demande de payer son billet de train.

Louis Mexandeau, à gauche pour être élu et tout pour ma gueule quand le mandat est fini.

Très oubliable ministre de François Mitterrand, Louis Mexandeau, passé des PTT aux anciens combattants pendant les deux septennats de Tonton, s’est distingué par une aussi totale absence d’idées qu’une très haute idée de ses bien modestes fonctions, ce qui généralement va de pair. Inamovible député de la deuxième circonscription du Calvados, de 1973 à 2002, il s’est efforcé d’arroser avec constance Caen et sa région et de se remettre ensuite de ses efforts en accomplissant des siestes répétées au Palais-Bourbon.

En 2002, Louis Mexandeau, 71 ans seulement, aurait bien poursuivi sa carrière parlementaire, mais les électeurs normands ont eu la bonne idée de lui offrir une veste en guise de cadeau d’adieu et de le remplacer par l’UDF Rodolphe Thomas.

Pourtant, comme bien d’autres hommes politiques sombrés dans l’oubli, Papi Mexandeau se considère toujours comme un « élu » et réclame des avantages qui n’ont plus lieu d’être, comme en témoigne sa récente algarade avec un contrôleur dans le train Paris-Caen.

Louis Mexandeau avait été prévenu à plusieurs reprises que le privilège, digne de l’Ancien Régime, permettant aux élus de voyager gratuitement, avait été aboli par le président de l’Assemblée nationale François de Rugy, mais ce n’est tout de même pas de sa faute si le pauvre homme est dur de la feuille et si le prix moyen du billet, entre 30 et 40 euros, s’avère quasiment inaccessible pour sa modeste pension de retraité.

Alors quand un manant en uniforme a osé, la semaine dernière, lui demander son billet et lui infliger une amende de cinquante euros pour défaut de présentation, Papi a vu rouge, comme au bon vieux temps de l’union de la gauche. Pas gêné d’évoquer une gratuité qu’il considère visiblement comme un dû, Louis Mexandeau n’a pas hésité à sortir de l’oubli médiatique pour se fendre d’une diatribe comminatoire auprès des médias (« France Info » et « Le Point ») :  » Si j’ai le temps, j’écrirai à Guillaume Pepy (le président de la SNCF), je lui dirai qu’il ne faut pas pousser. Je lui parlerai de la façon dont on traite les élus. » 

On admirera le propos, car à 86 ans, entre ses mots fléchés et ses feuilletons préférés à la télé, il n’est pas sûr que Louis Mexandeau « aura le temps » d’écrire un mot. En revanche, alors qu’il est retiré de la vie publique depuis quinze ans, il se considère toujours comme un « élu », et, à une époque où on n’hésite pas à retirer 5 euros aux APL des étudiants démunis, trouve normal d’avoir en permanence un carrosse disponible et gratuit. Et une chaise à porteurs quand il descend du train ?

Ces anciens élus à la cupidité sans limite

Giscard avair profité du « choc pétrolier » pour demander aux Français de se serrer la ceinture. Mais l’injonction ne valait pas pour lui.

Il n’est pas le seul d’ailleurs, puisque Valéry Giscard d’Estaing, trente-six ans après avoir quitté la Présidence de la République considère comme un minimum syndical à peine acceptable de n’avoir « que » quatorze personnes à son service, tous ces policiers, majordomes, secrétaires, chauffeurs et autres officiers de sécurité étant bien évidemment payés par nos impôts, soit 2,5 millions d’euros par an.

Arnaud Montebourg avait surpris son monde, il y a quelques mois, en évoquant Lucius Quinctius Cincinnatus (520-430 avant JC), un grand oublié de nos manuels scolaires. Une délégation de patriciens romains vient chercher ce modeste propriétaire terrien pour qu’il devienne consul et dirige Rome menacé par les barbares. Cincinnatus remet de l’ordre, rétablit la paix et, refusant tous les honneurs et postes mirifiques qu’on lui propose, retourne à sa charrue pour cultiver sa terre, avec le sentiment du devoir accompli.

Allez savoir pourquoi, mais ce Cincinnatus constitue un exemple que nos actuels élus n’aiment pas trop citer. En Allemagne, dans les Pays scandinaves, l’ancien ministre, lorsqu’il a fini son mandat, redevient un citoyen tout à fait ordinaire. En France, il suffit de se rappeler les cris d’orfraie poussés par certains députés au moment des bien timides lois sur la moralisation de la vie publique, ces affirmations toute honte bue sur l’impossibilité pour un député de présenter des notes de frais, pour comprendre que nos suffrages ont bien souvent servi à constituer une caste qui se croit au-dessus des lois et réclame tous les privilèges.

La moralisation de la vie publique ? Elle ne sera effective que le jour où les citoyens décideront enfin de s’emparer de cette question et de ne laisser aucun répit à tous ces élus qui insultent la République avec leur cupidité sans limite.

Guéant et Ferrand, les magiciens de la République

Mais comment Macron peut-il se passer de tels talents ? Le premier aurait été parfait à l’Économie et le second à la Création de richesses.

Alors que notre nouveau Robin des Bois, l’homme qui prend aux pauvres pour donner aux riches, rame consciencieusement à la télévision pour expliquer son abjecte réforme du travail et sa toute aussi discutable révision de l’impôt sur la fortune, le grand public reste totalement perplexe. Pourquoi diable Emmanuel Macron se contente-t-il du bien fade Bruno Le Maire aux Finances quand il a sous la main un homme admirable comme Claude Guéant qui serait prêt à faire don de sa personne une nouvelle fois à la France pour expliquer à ses concitoyens comment faire de véritables économies ?

Avec Guéant, plus de nouveaux pauvres, de travailleurs précaires ou d’assistés sociaux… Bombance pour tout le monde ! Et qu’importe si les médias de notre pays, toujours prêts à ironiser,  et en particulier Fabrice Arfi de Médiapart qui a sorti l’affaire, se moquent d’un homme qui n’a tiré que 800 euros d’argent liquide entre le printemps 2003 et la fin de l’année 2012. Quand on est capable de ne dépenser que 6 euros par mois, on se doit de communiquer au plus vite sa recette à tous les gaspilleurs de France et de Navarre qui se plaignent de ne pas y arriver avec cent fois plus.

Celui qui n’est pas capable de payer les 720 000 euros de son appartement en liquide n’est qu’un fainéant pour Guéant.

Les juges sont décidément bien cruels en effectuant une saisie des biens immobiliers de cet homme et en le mettant en examen. Comme si un ancien ministre de l’Intérieur et ancien secrétaire général de l’Élysée pouvait se croire au dessus des lois ! Ils s’étonnent, ces benêts, de voir que Claude Guéant a pu s’offrir à cette époque un appartement dans les beaux quartiers de Paris d’une valeur de 720 000 euros en le payant totalement en liquide. Mais tous les « fainéants », toujours « prêts à foutre le bordel », chers à Macron, sont-ils capables comme le faisait ce pauvre homme une fois sa longue journée de travail terminée, d’aller faire à pied le tour du quartier pour ramasser toutes les petites pièces perdues par des distraits pour pouvoir enfin s’offrir un chez soi ? Et est-ce sa faute si son copain Kadhafi, lorsqu’il venait en France, l’aidait dans sa quête aux piécettes ?

Quant aux policiers, ces jaloux, ces rancuniers qui se vengent de leur ancien patron, ils ont franchi les limites les plus absolues de la mauvaise foi en s’étonnant qu’un homme qui ne dépense que six euros par mois puisse louer à la BNP un coffre plus grand que lui et le fasse trôner dans son bureau. La réponse, qui montre le sens de l’État de Guéant et qui devrait clouer le bec à tous les suspicieux est admirable. Cette forteresse servait à entreposer et garder les discours de Nicolas Sarkozy. Certes, ces discours circulaient par mail, étaient rendus publics par les médias et conservés en copie par tout le personnel de l’Élysée. Mais sait-on jamais… On accuse injustement ce pauvre Guéant de nous raconter des histoires à dormir debout, alors qu’à l’évidence il était uniquement préoccupé par l’Histoire.

Ferrand lave plus blanc que blanc

Le salut de l’artiste Richard Ferrand. Il ne fout pas le bordel, il enrichit juste les siens.

C’est désormais une affaire entendue puisque les radios et les télés nous l’ont répété sur tous les tons : L’ancien directeur des Mutuelles de Bretagne et éphémère ministre de Macron n’a strictement rien fait de mal et il a été totalement blanchi par la Justice. Comme dirait Coluche, Ferrand a utilisé la « lessive qui lave plus blanc que blanc » et « Circulez, y’a rien à voir ! »

Cette fois encore, on ne comprend pas bien comment Emmanuel Macron peut laisser un tel talent en jachère et ne pas en faire d’urgence son ministre à la Création de richesses. Car comme magicien, il est presque aussi fort que Claude Guéant.

Il y a dix ans, Richard Ferrand a quitté femmes et enfants, ce qui arrive à des gens très bien, pour tomber amoureux d’une jeune avocate sans le sou, Sandrine Doucen. Comme le montrent les documents publiés par Le Canard enchaîné, le citoyen Ferrand Richard signe un compromis de vente pour des locaux situés en plein cœur de Brest avec une clause suspensive de rétractation si Les Mutuelles de Bretagne ne sont pas intéressées par ces bureaux. Puis il cède le bien à sa compagne qui n’a toujours pas investi un centime dans l’affaire. Enfin le très respectable directeur des Mutuelles de Bretagne Richard Ferrand visite les locaux qui lui paraissent parfaitement adaptés et décide – hasard absolu !- de louer ce bien détenu par Madame Doucen Sandrine. Qui va ainsi, en dix ans, se constituer un capital de 600 000 euros sans bourse délier.

La Justice n’a rien trouvé à redire à cette opération, ce qui peut prêter à sourire. Richard Ferrand aurait pu être poursuivi pour prise illégale d’intérêt, mais, c’est ballot, les faits sont prescrits depuis 2015 et le procureur, dans sa grande mansuétude, a estimé que « les investigations menées n’ont pas mis au jour d’éléments de dissimulation avérée » ce qui aurait permis de lever le délai de prescription. Quelle malchance !

Voilà l’homme qui se proclame plus blanc que blanc. On notera au passage que cette juteuse opération immobilière a été faite avec de l’argent de mutualistes, vous savez ces salariés et retraités à la peine qui hésitent à se faire faire des lunettes ou des appareils dentaires tellement ils sont mal remboursés.

À la place de Richard Ferrand, après une telle affaire qui, même si elle a été jugée légale est incontestablement totalement immorale, on raserait les murs et on se retirerait de la politique, mais il est manifeste que les Présidents passent et que nos magiciens de la vie publique se surpassent…

Comment se nomme déjà le farceur qui, pendant les élections présidentielles, nous a fait croire à une imminente moralisation de la vie publique ?