Ce rugby gangréné par le fric

Lorenzetti et Savare peuvent faire les malins devant les caméras, ils ont bafoué toutes les valeurs du rugby.

Antoine Burban n’a rien d’un tendre sur le terrain mais il est au bord des larmes lorsqu’on lui parle d’une fusion possible entre le Stade Français et le Métro Racing (L’Équipe, 14/3) : « Le plaisir que j’aurais pu avoir à faire mon dernier match ici, devant mes enfants, ils me l’enlèvent. Le rêve d’être fidèle à un seul club, je ne pourrai pas l’avoir. Ça fait onze ans que j’abîme mon corps pour ce club. Je ne peux pas cautionner que cette fusion tue le Stade Français ». Pascal Papé, l’emblématique capitaine des Bleus et Roses, qui n’a pas pour habitude de s’échapper sur un terrain, n’y va pas par quatre chemins (L’Équipe, 15/3) : « On parle de l’humain, là ! On ne parle pas d’immobilier ou de planche à billets. Cette histoire, c’est un délire de riches. On ne bafoue pas comme ça cent trente-quatre ans d’histoire ».

Papé et Burban n’ont pas hésité à aller au contact de leurs supporters et à dire ce qu’ils pensent.

Le joueur qui n’a pas hésité à inciter ses coéquipiers à se mettre en grève, ce qui met en péril toute la fin du championnat, a parfaitement raison quand il évoque un « délire de riches ». De grandes fortunes qui n’ont jamais joué au rugby se disent qu’elles auront beaucoup de visibilité en prenant la tête du Top 14… jusqu’au jour où elles commencent à trouver que la danseuse leur coûte un peu cher. Vous avez déjà entendu Lorenzetti ou Altrad parler rugby ? C’est à se tordre de rire ou à pleurer de désespoir tellement ils sont incompétents en la matière ! Et fort naturellement, ces présidents, qui se soucient du rugby comme de leur premier million gagné dans le monde des affaires, trouvent tout à fait normal de fomenter leurs petits coups en douce sans avoir le réflexe de consulter leurs joueurs dans un sport où l’affect, l’envie de se surpasser pour les autres demeurent des valeurs essentielles.

Oui l’argent pollue vraiment tout désormais dans le rugby et passe bien avant l’équité sportive ou le respect d’un maillot.

Huit matches sur les grandes chaînes ce week-end

Autre exemple de la gloutonnerie sans limite de ceux qui dirigent le rugby. Lors des négociations de contrat avec la télévision, Paul Goze et ses copains de la Ligue ne regardent que le montant final du contrat qu’ils vont empocher sans se soucier de savoir s’ils ne sont pas en train de tuer leur sport. Ce week-end, entre France 2, France 4 et Canal +, ce sont huit matches qui sont proposés aux téléspectateurs. Même si Bernard Laporte a réussi à repousser d’une petite heure le deuxième match de Top 14 du dimanche, il demeure évident que les petits clubs auront bien du mal à attirer des spectateurs après une telle bacchanale de rugby et que les recettes de la buvette vont être plus que réduites. Sournoisement, cette télévision impose ses règles au lieu de respecter le sport qui lui ouvre ses portes : mi-temps portées à quinze minutes, histoire de pouvoir diffuser de la pub ; mêlée qui n’intéresse plus les réalisateurs préférant papillonner sur les visages des belles filles en tribunes au lieu de nous proposer les images de cet affrontement qui constitue la base même du rugby ; chaînes qui n’hésitent pas à infliger aux spectateurs des horaires hallucinants pour aller au stade, dans le seul but de gonfler -très momentanément l’audience… matches hivernaux à 21 heures ou le dimanche à 12h30, on en passe et des meilleures. Des audiences qui sont d’ailleurs en berne à force de servir du rugby à n’importe quelle heure. À quand une grève des spectateurs ?

L’équité sportive bafouée

Et l’on ne parlera même pas de l’équité sportive qui est visiblement le cadet des soucis des instances nationales et internationales. Prenez le Tournoi des VI Nations où l’Italie se prend rouste sur rouste. Il existe un groupe B, ou l’on peut croiser l’Allemagne, l’Espagne ou la Belgique, ainsi que la Géorgie qui caracole nettement en tête de sa poule, avec quatre victoires en quatre matches. Le bon sens et l’équité sportive voudraient que le dernier du groupe A descende et cède sa place au premier du groupe B, ou qu’un match de barrage au minimum oppose les deux équipes. Hors de question, répondent en chœur tous les responsables du rugby qui rappellent que cette compétition se déroule uniquement sur invitations. L’explication est beaucoup plus prosaïque : l’Italie, malgré sa belle collection de défaites, reste une destination très prisée par les supporters et remplit les stades tandis que les recettes liées à la Géorgie demeureraient très incertaines. Donc on ne touche à rien et tant pis si on interdit ainsi aux équipes secondaires toute progression.

Entre la fusion possible Stade Français-Racing, qui va à l’évidence fausser la fin du championnat, les aberrations du Top 14 où les jeunes joueurs français n’ont plus l’occasion de bénéficier de temps de jeu et l’avidité des télévisions qui se comportent en prédateurs de ce sport, il y a vraiment de quoi désespérer.

Le manager du Castres olympique Christophe Urios devrait se réjouir du bazar actuel puisque son équipe doit accueillir le Stade Français et qu’il pourrait se retrouver avec cinq points gagnés sur tapis vert, mais il aime trop ce sport pour perdre toute lucidité : « Ce qui est le plus grave, c’est que j’ai l’impression que notre rugby part complètement en couilles ». On ne saurait mieux dire.

Rabagny et compagnie le 9 décembre

Soirée hommage pour l’homme qui a enchanté Biarritz pendant plus de 35 ans…

invit_rabagnyHuit cent euros nets par mois, voilà ce que touche actuellement l’homme qui a tant fait pour Biarritz ! Chiffrera-t-on un jour l’argent que Robert Rabagny a fait gagner à Biarritz avec les événements qu’il a organisés pendant plus de trente-cinq ans ? Les grandes gueules sont souvent les plus pudiques quand il s’agit d’eux-mêmes, et il est clair que l’appât du gain n’a jamais été le moteur de l’animateur Rabagny, qui a exprimé de façon si singulière son immense amour pour sa Ville. Mais de là à se retrouver si bas…

« Monsieur Biarritz Bonheur » n’est pas seulement une biographie d’un personnage emblématique de cette ville, mais aussi un cri de colère de l’auteur contre les bassesses subies par Robert sans se plaindre, que ce soit sous Borotra ou sous Veunac. En 2014, la conjuration de médiocres propulsée à la mairie a décidé de se payer l’arrogant petit employé municipal qui a eu l’outrecuidance de soutenir Max Brisson pendant les élections municipales. Tous ceux qui n’ont jamais quitté le confort de leur douillet intérieur pendant les fêtes de fin d’année ont commencé par lui imposer de pointer quatre fois par jour (Demande-t-on au Père Noël de pointer ?). Puis on lui a refusé d’organiser Halloween – « Le Jardin public doit être réservé à la promenade des Biarrots ! » – avant de lui piquer sans vergogne ses idées. Pendant ce temps, au BO, on chassait sans état d’âme et sans même une cérémonie d’hommage la première mascotte du rugby professionnel, l’infatigable Géronimo, plus en odeur de sainteté politique, qui incarnait si bien le club. Et quand il est revenu au stade, on l’a encadré de deux agents de sécurité pendant tout le match.

Bassesses en séries

geronimo-001Puis on lui annonce qu’un comédien professionnel va être engagé à sa place pour Noël. Deux ans déjà que la nouvelle barbe blanche se contente de parader dans le petit périmètre des vanités de la Ville, en ignorant tous les quartiers périphériques que Robert avait à cœur de visiter !

Et quand l’homme, révolté par tant d’injustice, part en dépression et doit être hospitalisé, on lui propose de prendre une retraite anticipée pour raisons médicales. Le problème, c’est que Robert pour mieux pouvoir organiser les grandes compétitions de surf que tout le monde regrette a souvent pris des semaines, voire des mois à son compte. Il lui manque donc pas mal de trimestres pour prétendre à une carrière pleine et son éviction, à quatre ans de l’âge légal de la retraite, complique terriblement ses affaires.

Était-on vraiment obligé de le mettre sous les ordres de Claverie, alors que Peio et Robert ont du mal à se supporter ? Était-il nécessaire de le harceler systématiquement ? Ne pouvait-on pas, compte tenu de tout ce qu’il a apporté à Biarritz, lui demander de continuer à faire ce qu’il faisait si bien auparavant, jusqu’à l’âge légal de son départ, dans quatre ans. Voilà pourquoi Robert, mis en retraite d’office pour raisons médicales (Logique : à force de brimades, on rend malade quelqu’un et ensuite on le jette… puisqu’il est malade !) se retrouve actuellement avec huit cents euros de revenus par mois. Est-ce vraiment normal ?

Et vous découvrirez sans doute bien d’autres bassesses à la lecture de « Monsieur Biarritz Bonheur ». Décidé à se marier en 2014, Robert rêvait d’arriver à la marie avec le blazer officiel du BO, un blazer que le club lui a toujours refusé. C’est finalement Cécillon Puleoto qui lui prêtera le sien, tandis que Serge Blanco, à qui il avait demandé d’être son témoin de mariage, lui fera faux bond avec un cavalier « Je ne veux pas me retrouver dans la merde ». Savez-vous aussi que la médaille de la Ville qui lui avait été solennellement attribuée par Michel Veunac, en avril 2016 à l’occasion de la soirée de clôture de la Maïder Arostéguy Cup, lui a été reprise dans les coulisses par le maire « pour la faire graver ». Les graveurs doivent être rares sur la Côte Basque car sept mois plus tard, Robert n’a toujours pas revu sa médaille. Et l’on pourrait en raconter tout autant quand il était sous les ordres du « monarque » Borotra et que le poste de chef de bassin à la piscine municipale lui passait sous le nez…

Tous au Txik Txak !

Avec son grand copain, Soso Puleoto.

Pour toutes ces raisons, un hommage à cet homme exceptionnel s’impose. J’invite donc tous ceux que Robert a fait rêver à venir le remercier le vendredi 9 décembre 2016, de 18 à 20 heures, au restaurant Le Txik Txak, chez son ami Soso Puleoto. Et j’espère que pour une fois les Bayonnais, les Basques de l’intérieur et tous ceux qui aiment sa vision du rugby et son sens de la fête oseront s’aventurer jusqu’au parking d’Aguilera où se trouve le restaurant de l’ami Soso.

Bien entendu, vous pourrez vous faire dédicacer sa biographie (aucune obligation d’achat de votre part !), mais aussi boire un verre et admirer une exposition photos retraçant toute sa carrière. N’est-il pas plus que temps de rendre hommage à Robert et de marquer par notre présence notre désapprobation pour ce que on lui a fait subir ?

Personne ne sera chassé s’il vient saluer Robert sans avoir prévenu. Mais, pour des raisons de logistique, merci de me passer un petit mail si vous êtes sûrs de venir, en me disant combien vous serez. Vous nous simplifierez grandement l’organisation.

Mon mail : jeanyvesviollier@gmail.com

 La moitié des droits d’auteur pour Robert

Des actes plutôt que des paroles ! Les deux ans passés à fréquenter Robert m’ont convaincu de son altruisme et de sa générosité. J’ai donc décidé de partager avec lui  les droits d’auteur du livre, ce qu’il a eu du mal à accepter.

Un BO aussi gris que son maillot

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Défense en porte de saloon pour le BO qui va encaisser cinq essais face à Dax (Photo Sud Ouest)

Gris, c’est gris ! La consternation était telle en ce lundi, que ce soit aux Halles ou au « Txik Txak » de Soso Puleoto, que l’on n’a guère envie d’en rajouter. Le BO nous avait promis monts et merveilles pour son déplacement à Dax. Et au final un score de 41 à 16, avec cinq essais marqués par les diables rouges contre un seul pour les maillots gris de Biarritz. Cette équipe semble tellement en plein mal être, tellement empruntée avec sa façon de faire tomber systématiquement les ballons, qu’elle paraît davantage avoir besoin du divan d’un psy que d’un entraîneur façon David Darricarrère. Qui peut encore croire en une qualification, en avril 2017, pour les phases finales ?

Koxka manque de couleur

Autre sujet d’étonnement, le jeune comédien qui habite la peluche Koxka, les jours de match à Aguilera, était présent dans les tribunes à Dax, mais visiblement il n’a pas l’autorisation de se produire lors des matches à l’extérieur. Une question d’argent, probablement. Personne ne s’en plaindra, tellement ses prestations jusqu’à maintenant ont été peu convaincantes, mais il est dommage que les joueurs, lors de déplacements aussi proches, soient si peu encouragés. Où est le temps où Géronimo mettait le feu dans les stades, lors des matches à l’extérieur ? À propos de Koxka, Bisque, Bisque, Basque !  n’en est toujours pas revenu de ses trouvailles en fouinant sur le site du BO (http://www.bo-pb.com/). Lorsqu’on clique sur la rubrique Koxka – oui, elle existe ! -, on trouve en tout et pour tout … trois dessins à colorier. Étonnez-vous après cela que le BO, tout comme sa mascotte, donne le sentiment de manquer de couleurs !

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En tout cas, on espère que le « créatif » qui a inventé cette rubrique destinée à faire rêver tous les fanatiques du rugby, va être grassement payé. Et qu’il va devenir partie prenante des entraînements du BO pour transmettre un peu de sa débordante imagination aux joueurs.

Géronimo, l’homme libre

dax-bo-rabagnyEt pendant ce temps, Géronimo, alias Robert Rabagny, honteusement chassé du BO en 2015 et de la mairie de Biarritz en 2016, continue à penser et à agir comme un homme libre, et à faire ce qu’il a envie. En République, on a le droit de venir habillé comme on veut au stade. Et même si on est seul, on a le droit d’emprunter le sentier de la guerre pour soutenir son cher BO, particulièrement mal en point en ce moment. Robert Rabagny, qui n’est jamais aussi bon que lorsqu’il n’en fait qu’à sa tête, a donc décidé de ressortir de l’armoire son costume d’indien et de venir encourager des tribunes son cher BO, comme il l’a fait hier à Dax. Et pas de gris dans son costume de guerre, du rouge, du blanc, et un amour du maillot incomparable. Ah, si seulement les joueurs savaient s’inspirer de cet homme libre et convaincu ! Ah si seulement Koxka réussissait à capter le dixième de sa flamme !

La placide cagouille charentaise promène le BO

Si Soyaux-Angoulême reste à ce niveau de jeu, son maintien en Pro D2 est assuré, car les Charentais ont su faire preuve d’un pragmatisme de vieux briscard face au BO.

Les Charentais adorent jouer aux paysans pas très malins : « Oh moi, quand je vois un escargot qui met son clignotant, je le laisse passer ! » et ils ont magnifiquement réussi à endormir le Biarritz olympique en son jardin d’Aguilera. Impossible pour ma part de choisir entre la ville qui m’a appris à jouer au rugby et celle qui m’accueille depuis plus de dix ans, juste le simple souhait de voir un beau match. Pourtant, lorsque Nicolas Brusque s’avance au milieu de la pelouse pour rendre hommage dans un très beau discours au speaker décédé Jean-Louis Berho, lorsqu’on capte l’émotion des joueurs biarrots, on se persuade que les visiteurs charentais ne vont guère peser lourd.

Mais le promu, qui affiche aussi le plus petit budget de Pro D2, ne se montre nullement intimidé et manifeste une solidarité défensive à toute épreuve et une totale placidité sous la grêle biarrote (les escargots, c’est connu, adorent le temps humide !). Ric ouvre le score pour Angoulême dès la deuxième minute. Tandis que les Biarrots font tomber le ballon à plaisir ou les perdent dans les rucks, les Charentais profitent du moindre turn-over pour attaquer avec vivacité. 9 à 6 en leur faveur à la mi-temps et un probable soufflon mémorable dans les vestiaires biarrots de la part de l’entraîneur Darricarère.

À la peine physiquement, les Charentais encaissent coup sur coup deux essais de Nabou (47e) et Vaka (51e) et se replient momentanément dans leur coquille, sans pour autant oublier les fondamentaux du jeu.  Le match semble plié. Mais c’est mal connaître la mentalité de l’escargot charentais, modèle d’obstination quand il trace sa route. Pénalité après pénalité, Soyaux-Angoulême grignote son retard, fait déjouer Biarritz, avant que Ric, à la 75e minute, ne parachève le désastre 21 à 20.

Et le public biarrot, qui ne se sera manifesté qu’au moment où les Rouges et Blancs menaient au score, de se lever et quitter en masse l’arène, laissant les supporters angoumoisins clamer leur joie, alors qu’il reste encore cinq minutes à jouer et que tout est possible. Quel signal encourageant pour les joueurs sur le terrain !

Oui, décidément, Jean-Louis Berho méritait beaucoup mieux pour son ultime hommage.

 

Koxka et les puceaux

angouleme-01À chaque visite à Aguilera, l’ineptie de la mascotte Koxka, corsaire d’opérette à la langueur adolescente, me frappe davantage. C’est ça le symbole de Biarritz ? Après une brève apparition sur la pelouse avec une main molle agitée, Koxka a passé ensuite son temps à tortiller des fesses dans les travées des spectateurs, les empêchant de voir le match et leur cassant bien les koxkoï. Qu’on l’enferme ! De la même façon, il est parfaitement naturel que le club donne des places à ses jeunes joueurs… à condition qu’ils respectent les cochons de payants ! Juste derrière nous, travée B, rang 9, trois puceaux en short, qui venaient visiblement de s’entraîner, ivres de la permission de 23 heures accordée par leurs parents, sont venus débiter leurs niaiseries pendant toute la fin du match, racontant à haute voix leurs exploits amoureux d’onanistes invétérés tombés sous le charme de leur couette. Il y avait 5 678 spectateurs seulement à Aguilera, dont nombre d’invitations gratuites. Au vu du spectacle proposé et du mépris pour ceux qui ont payé leur place dans les tribunes, le chiffre ne devrait guère décoller lors des prochaines rencontres…

Le plus beau voyage immobile de Biarritz

Attention danger : vous allez rentrer pour cinq minutes et ne pas voir l’après-midi passer !

C’est une discrète maison adossée à la tribune Serge Kampf, juste en face de l’entrée du Stade Léon Larribau. Elle ne paie pas de mine et pourtant ce musée des anciens du BO contient des trésors et peut vous offrir des après-midis autrement plus enchanteurs qu’une séance de rôtissage à la plage. « Le Stade Toulousain et L’ASM sont déjà venus au renseignement, pour savoir comment nous avons réussi à constituer une collection aussi importante. Eux aussi aimeraient bien avoir un musée consacré à leur équipe favorite », reconnaît avec fierté le président de l’amicale des anciens du Biarritz Olympique, José Urquini, que tout le monde appelle Julio.

Julio Urquini ne se contente pas d’accueillir les visiteurs. Il classe et ordonne toutes les coupures de presse sur son cher BO.

On dit que le rugby fait de vilains vieux, mais Julio est la démonstration faite joueur qu’il ne faut pas se fier aux adages. Malicieux et pétillant, il a porté les couleurs de l’équipe première du BO, au poste de trois-quarts centre, de 1953 à 1955, et ne jure plus que par le rouge et blanc depuis. Exilé à Paris pour raisons professionnelles, le club lui payait le billet de train pour qu’il puisse fouler le carré d’herbe d’Aguilera (C’est ainsi qu’il a pu jouer en championnat contre Limoges ou le redoutable Racing de Crauste, Moncla et Marquesuzaa), avant de lui trouver un job au musée de la mer, ce qui était tout de même nettement plus pratique pour ce joueur de devoir qui se qualifie lui-même de « pas plus doué que cela, mais vaillant ». Et depuis cette époque, Julio conserve toutes les coupures de presse qui lui passent entre les mains.

Questions trophées, le BO n’est pas démuni…

« J’ai commencé à archiver tout ce qui concernait le club de plongée de l’USB, dont j’étais membre et puis, tout naturellement,  j’ai continué avec mon cher BO » Et comme Julio et ses copains, les Darrieussecq, Ithurbide et autres, qui se partagent tour à tour la garde de ce musée, totalement gratuit, disposent d’un sacré réseau et de solides amitiés auprès des joueurs, c’est une formidable déambulation dans le rugby biarrot qui nous est proposée. Là un trophée, là un maillot dédicacé et partout l’émotion omniprésente pour ce club qui nous a tant fait rêver. Clin d’œil datant de l’époque où le rugby était véritablement amateur, on peut voir ainsi le réveil de voyage, offert à Michel Celaya, à l’occasion de sa première tournée avec l’équipe de France, mais aussi des photos du jeune Rabagny à l’école de rugby, ou de Serge Blanco quand il était junior. Et puis toutes ces images de liesse des joueurs et de la foule en rouge et blanc à chaque fois que ce club a soulevé le bouclier de Brennus. Éric, 10 ans, venu avec ses parents du Nord, et qui rêve d’un destin similaire à celui de Slimani ou de Ben Arous est subjugué.

Pour cette famille du Nord, passionnée par le rugby, le musée est une aubaine.

Les parents, qui sont visiblement moins rugby que leur fils, apprécient que des objets et photos concernant toutes les sections amateurs du BO figurent aussi dans le musée, des basketteuses féminines de l’immédiat après-guerre aux vainqueurs de la section tennis, en passant par le rink-hockey.

L’appel du soleil est trop fort. Après une longue discussion avec Julio et un court passage par la salle du premier étage où se trouvent toutes les archives papier minutieusement classées, la famille nordiste prend la direction de la plage, avec un fils au sourire aussi immense que le Stade de France. Avec un éclectisme qui honore les maîtres d’œuvre de ce musée, sont pourtant regroupés, à raison de cinq ou six classeurs par saison, tous les articles de Sud Ouest, Midi Olympique ou de L’Équipe, concernant le BO, mais aussi les exploits et vicissitudes de l’équipe de France et même, ce qui montre une ouverture d’esprit plutôt sympathique, les principaux articles évoquant les « amis-ennemis » de l’Aviron bayonnais.

Musée 09Et en plus, cerise sur la télécommande, si vous le souhaitez, le préposé à la garde du BO, est prêt à vous installer confortablement dans un fauteuil pour vous permettre de regarder les principaux matches de Coupe d’Europe ou de championnat de France de ceux qu’on appelait au début de ce siècle Les Galactiques.

Trois fois que je viens à ce musée et je ne m’en lasse pas, tellement le voyage immobile proposé est superbe !

Cherchez l’erreur !

Au lieu de se ruiner avec des spécialistes qui sont bien incapables de remettre à flot la Cité naufragée, Michel Veunac serait bien inspiré d’envoyer en stage chez les petits poucets du musée des anciens du BO, le personnel de la Cité de l’océan. Très vite ils comprendraient que les visiteurs sont intéressés par les histoires locales et qu’ils se fichent éperdument du grand requin blanc d’Afrique du Sud ou des abysses chinoises, quand ils visitent le Pays basque. D’un côté, un musée gratuit, passionnant et ancré dans le vécu des gens, de l’autre une ruineuse et inintéressante Cité de l’Océan à plus de 15 euros l’entrée. Il y a un problème ?

Le rugby amateur froidement malmené

Maillots dépareillés SCUF

À droite, l’équipe juniors 1 du SCUF, club de troisième division de l’époque, en 1973. Trois anciens jeux de maillot noir et blanc sont utilisés pour « habiller » l’équipe. Depuis le rugby est devenu professionnel, l’argent coule à flots, mais le monde amateur n’en voit toujours pas la couleur. (Si quelqu’un me reconnait, il est fort!)

Les crimes parfaits sont toujours réalisés au cœur de l’été, quand le citoyen ordinaire jouit d’un repos bien mérité et prête moins attention à l’actualité. L’assemblée générale de la ligue nationale de rugby, qui s’est tenue samedi dernier, n’a pas échappé à la règle et le « gros pardessus » Paul Goze peut se féliciter d’avoir réussi, ni vu ni connu, un superbe hold-up en faveur de Canal plus, avec la complicité bienveillante d’un autre « gros pardessus » Pierre Camou.

Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt. Tandis que L’Équipe ou Midi Olympique se pâmaient sur la convention qui va désormais lier les clubs à l’équipe de France et permettre aux internationaux français de jouer à armes égales avec leurs rivaux (enfin !), aucun média ne semble avoir relevé le nouveau mauvais coup porté au rugby amateur.

Bien entendu, tout le monde a pleurniché sur la baisse des audiences dans les stades, tout en se gardant bien de poser les bonnes questions. Si l’impact est minime en Top 14, avec moins 1,5% de spectateurs par rapport à la saison précédente, il est très net en Pro D2 avec moins 7%, soit 1 197 000 de spectateurs évaporés. Voilà ce qui arrive quand on programme des matches le jeudi soir, au mépris des supporters qui travaillent et quand la Pro D2 devient la variable d’ajustement rugby de Canal plus, avec des matches le jeudi, le vendredi ou le dimanche.

La santé de la chaîne cryptée est précaire, tout le monde le sait, la clé sur la porte n’est pas loin, ce qui n’empêche pas la Ligue de se jeter tête baissée dans ses bras et de continuer à mépriser plus que jamais les « cochons de payants » qui ont encore des velléités d’aller au stade.

Un deuxième match de Top 14 le dimanche

Ainsi Midi Olympique (11/7), pas plus ému que cela par cette information pourtant désolante, nous apprend que pour la prochaine saison , deux blocs distincts seront formés entre la Pro D2 et le Top 14. Les jeudis et vendredis soir seront uniquement consacrés à la deuxième division de l’élite (Que les salariés se débrouillent !), et les samedis et dimanches exclusivement réservés au Top 14.

Et au passage, pour servir l’appétit sans limite de l’ogre crypté, la diffusion d’un deuxième match, le dimanche, sans doute à 14 heures, sera autorisé, tandis que celui offert aux téléspectateurs à 16 heures sera maintenu.

Vous l’avez compris, tout le rugby amateur dont le précaire équilibre économique tient grâce à la buvette et aux sandwiches vendus le dimanche après-midi, vient d’être balayé d’un revers de main, avec un mépris qui laisse pantois.

Alors pour être cohérents, suggérons à Canal plus, compte tenu de son aversion affichée pour le monde amateur, de cesser de fanfaronner avec son appellation « La chaîne du rugby » et de devenir « La chaîne du pognon ». Mais on vous le dit, tout va bien dans le meilleur des mondes ovales puisque les dirigeants de ce sport continueront à péter dans la soie pendant que les bénévoles s’esquinteront la santé à tenter de faire survivre le club de leur cœur, sans la moindre aide ni considération.

… Vivement un grand coup de balai à la Fédération comme à la Ligue !

Trouver un « pénible » d’urgence

Papé 01

Pascal Papé savait faire passer l’envie aux adversaires d’avoir les mains qui traînent dans les rucks, que ce soit pour retarder la sortie du ballon, accrocher un maillot ou immobiliser un plaqueur. C’est ce « méchant », indispensable à toute équipe digne de ce nom, qui manque actuellement à la trop propre sur elle bande à Guirado.

C’est le très modéré Jean-Pierre Rives qui l’affirme, dans Midi olympique (21/3) à propos de l’équipe de France : « Le rugby est un sport d’exagération, joué par des excessifs. Ce n’est pas un sport pour des lapins domestiques ».  L’éditorialiste Pierre-Michel Bonnot, dans L’Équipe (21/3) ne dit pas autre chose : « On n’ira pas jusqu’à avancer que c’est ce petit supplément de « voyouserie » anglaise qui a fait la différence dans les rucks, mais le fait est que les avants français, pourtant au maximum de leur combattivité, se sont fait embobiner au ras du gazon ».

Si Guy Novès, pour son premier Tournoi, fait moins bien que ses prédécesseurs, avec une peu flatteuse cinquième place (Lièvremont en 2008 avait fini troisième et Saint-André, en 2012 quatrième), on s’est tellement ennuyé ces dernières années, on a tellement eu honte d’être français, que l’on accordera encore du crédit à l’ancien coach toulousain pour avoir déniché un incontestable capitaine en la personne de Guirado et pour avoir insufflé à ses troupes  un esprit d’équipe et un désir de jouer ensemble plaisants à voir, même si la naïveté des petits coqs nous a souvent valu de tomber de notre canapé.

Des mêlées indémêlables

Il y a peu, j’ai cru que ma génération ne comprenait plus rien au rugby en général et aux mêlées en particulier. Mais les jeunes piliers en exercice partagent totalement le sentiment des anciens. Plus personne ne peut expliquer les décisions des arbitres, pénalisant au petit bonheur la chance les combattants de première ligne. Les hommes aux sifflets du Tournoi voudraient faire disparaître, ce qui reste dans notre pays comme la plus belle conquête du rugbyman, qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. Tout y passe, de la position de Slimani aux liaisons de Guirado qui, bien évidemment, ne peut pas mettre ses bras de la même façon, quand le gigantesque Atonio succède au beaucoup plus petit pilier du Stade Français.

À ce compte-là, autant les touches demeurent une rampe de lancement intéressante pour une attaque, autant la mêlée devient une sorte de loterie ou la seule chose à espérer est de récolter une pénalité. Car si les tatillons du sifflet ont les yeux vissés sur le respect des commandements et les poussées dans l’axe (quel réflexe de survie plus normal que de se désaxer si le pilier adverse est en train de vous désintégrer ?), ils feraient bien de s’intéresser aussi aux systématiques introductions en deuxième ligne des demis de mêlée, qui rendent cette phase de jeu très prévisible et amènent un rapport efforts fournis, qualité des ballons obtenus fort peu intéressant.

De Palmié à Papé, une tradition à poursuivre

Palmié 01

Michel Palmié inspirait une telle crainte à tous que la légende veut que les arbitres de touche préféraient détourner la tête lorsqu’il commettait une faute sous leurs yeux…

Contre l’Angleterre, toute les statistiques de l’équipe de France sont bonnes, avec 508 mètres gagnés ballon en main contre 376 pour l’adversaire, six franchissements réussis contre 4 et 85% de plaquages efficaces contre 82%. Mais franchir ne suffit pas à gagner et le rugby, c’est aussi le flirt permanent avec la ligne jaune et l’analyse très pragmatique des lubies arbitrales et de la capacité de l’équipe adverse à faire sa police. Ce match perdu, c’est avant tout à notre naïveté confondante qu’on le doit. Quand Trinh Duc se fait déblayer méchamment dans un ruck et doit sortir à la 13e minute, une réplique française « dans les règles de l’art » s’imposait sur Care ou Ford. Mais cette génération bleue, habituée aux game-boy dans le car et aux caméras sur le terrain, si elle est impressionnante par son physique et son engagement, pêche aussi par son angélisme. Petites mimines anglaises qui traînent sur le ballon dans les rucks, tirage de maillots, déblayages vicieux, les Anglais sont très forts dans tout ce qui est à l’extrême limite du sanctionnable et du décelable par les caméras et c’est probablement là que nous avons perdu le match.

La France a eu une grande tradition de joueurs « pénibles », de Palmié à Papé, en passant par Cholley, Champ ou Moscato. Les Anglais ne se sont pour autant jamais montrés en reste avec Brian Moore ou Martin Johnson. Et ce n’est pas faire insulte à Maestri ou Flanquart, auteurs d’un bon match au Stade de France, que de dire que dans le domaine de la rouerie, ils n’ont pas tout à fait remplacé Pascal Papé.

Alors vite, un pénible dans cette équipe, pour que ce XV de France, par ailleurs plutôt prometteur, redevienne respecté sur tous les terrains de la planète ovale !