Le carnet de rugby d’un Angloy au Japon

De père anglais et de mère japonaise, Max Tomlinson a pu assister aux premiers matches de la Coupe du monde de rugby.

Max (au deuxième plan) est totalement épaté par l’ambiance qui règne au Toshiba Stadium.

C’est dans l’avion me transportant de Hong Kong à Tokyo après une petite escale de trois heures, que je réalise que la « rugbymania » va bientôt déferler sur le Japon. Non loin de moi se trouve un homme vêtu d’un survêtement « Canada Rugby« , avec un gabarit plutôt imposant. Je reconnaîtrai son visage deux semaines plus tard en ouvrant par hasard un vieux numéro de L’Équipe. Ce « beau bébé », c’est Benoît Piffero, l’un des talonneurs du Canada avec plus de 20 sélections.

Le lendemain après avoir passé une nuit à Yokohama dans la partie sud de Tokyo, un ami et moi décidons de faire un tour dans le quartier chinois non loin de l’hôtel, avant de prendre un autre avion vers Okinawa. En marchant devant un petit restaurant chinois, j’ai alors la chance de croiser un autre visage du rugby mais cette fois-ci beaucoup plus célèbre. L’homme est vêtu d’un sobre costume noir décoré d’une petite fougère argentée au niveau de son torse avec écrit « All Blacks » juste en dessous. Ce gentleman est en fait le cerveau de l’équipe gagnante des deux précédentes coupes du monde (2011, 2015), Monsieur Steve Hansen ! Et non, il n’est pas occupé à descendre des bières mais en train d’enchaîner les interviews avec la presse.

Quelques jours plus tard, je me retrouve dans un pub anglais, dans ma ville natale de Toyohashi, pour regarder Japon-Russie, le match d’ouverture.

Ce pub a aussi été choisi par un groupe de banquiers qui ont décidé de regarder le match après une longue journée de travail à la japonaise pour décompresser. Tous sont très enthousiastes avec leurs verres de gin tonic a la main, même s’ils ne comprennent pas très bien les règles. Après comment leur en vouloir de ne pas bien maîtriser les règles quand d’anciens internationaux anglais comme James Haskell ou Dylan Hartley ont démontré lors d’un match contre les Italiens en 2017 où ces derniers avaient décidé de ne pas jouer les rucks, qu’ils avaient eux-mêmes de sérieuses carences ?

Le début du match est intense, avec les Japonais concédant un essai dès les premières minutes. Les spectateurs ressentent que les Japonais ont une grosse pression sur leurs épaules, surtout après leurs exploits durant la coupe du monde 2015 ! Mais juste avant la mi-temps les Japonais reviennent dans le match avec un essai marqué par l’ailier Matsushima qui leur permet de passer devant 12 à 7. En deuxième mi-temps les Japonais déroulent en marquant d’autres essais et s’imposent sur un score final de 30 à 10.

Rien ne pouvait mieux lancer la Coupe du Monde que ce résultat. Le rugby entre petit à petit dans les mœurs des Japonais, avec les parents qui regardent les matches chez eux sur une chaîne grand public (NHK tv), d’autres comme en France sur des chaines câblés (J sport), tandis que les plus jeunes préfèrent vivre le match ensemble au pub. La victoire, superbe et inattendue du Japon contre l’Irlande, va encore accroître l’engouement. Pour preuve : le chiffre de 1,8 millions de billets vendus, qui était annoncé comme presque irréalisable, est déjà atteint à mi Coupe du Monde.

Au tag rugby, les enfants Japonais ridiculisent par leur vivacité les moniteurs qui sont censés leur apprendre le jeu.

Trois jours après le match d’ouverture, je me dirige vers le Toyota Stadium avec en poche un billet pour le match entre les Pays de Galles et la Géorgie, un cadeau qui m’a été offert par mon bon vieux père pour mon anniversaire. Expérience unique ! Toujours accompagné de mon ami, nous sommes arrivés à Toyota Stadium vers 15h pour profiter de l’atmosphère à l’extérieur du stade et pour nous laisser le temps nécessaire pour boire des pintes de bière Asahi. De plus, avant le match nous assistons à des matchs de Tag rugby ou des minots de 7-10 ans ridiculisent par leur vivacité les vieux bénévoles qui les affrontent. Un moment qui symbolise la transmission de valeurs d’une génération à l’autre au travers du rugby.

Une heure avant le match nous rentrons dans le Toyota Stadium, et en prenons plein les yeux. C’est une sensation difficile à décrire mais, pénétrer dans un stade éclairé avec des milliers de supporters, me rappelle mes rêves de petit gosse s’imaginant porter le maillot d’un grand club et marquer un essai qui permet à l’équipe de gagner à la dernière minute.

Même pour une affiche comme Pays de Galles-Géorgie, les Japonais ont réussi à faire stade comble.

D’emblée les Gallois marquent un essai sous l’en-but signé par Jonathan Davies, l’ancien centre clermontois. Ensuite le choc total. La transformation 10 mètres de l’en-but face aux perches est ratée par Dan Biggar ! Un moment d’inattention pour le 10 Gallois, joueur star de l’équipe galloise quatre ans auparavant.  Le match continue avec une promenade de santé pour les Gallois qui s’imposent face aux Géorgiens sur un score de 43-14.

Comme à la fin de tout match la foule de supporters se dirige vers la sortie et les sourires sur les visages, les conversations des gens par rapport à l’ambiance et au match montrent que beaucoup, pour qui le rugby était une découverte, sont en train de se convertir.

La dernière expérience que j’ai eu du rugby au Japon fut le jour de mon départ pour Tokyo, un jour avant mon vol de retour pour la France, où j’assisterai à un passionnant Fidji-Uruguay dans le hall de l’aéroport. Et je ne serai pas le seul à vibrer au spectacle des Uruguayens triomphant 30 à 27 des Fidjiens.

Depuis, j’ai repris le travail en Angleterre, mais je m’arrange pour voir l’essentiel de la Coupe du monde. Quant au rugby au Japon, je crois qu’avec cette Coupe du monde, il va durablement s’installer dans le pays. Surtout si l’équipe nationale bat l’Écosse dimanche et se qualifie pour les quarts de finale.

Max Tomlinson

Conflit BO – Journalistes : la mairie doit siffler la fin de la récré

Subventionné en partie par la Ville, le BO ne peut pas se permettre de se lancer dans des actions qui nuisent à l’image de Biarritz.

Le BO a toujours aimé les numéros d’équilibriste.

Un immense sentiment de lassitude prévaut désormais chez les amoureux du B0 qui ont envie de vivre du beau rugby et non des conflits permanents. Alors que le cycle des matches amicaux n’est pas encore terminé, Jean-Baptiste Aldigé, après la distribution des casquettes « Make Journalism honest again » la saison passée, se lance dans une nouvelle provocation en fermant la tribune de presse et en invitant les journalistes à payer leurs places lors du match amical de ce soir BO-UBB. Depuis un an, l’Union des Journalistes Sportifs Français (UJSF) s’efforce de lui expliquer sans le moindre succès qu’une tribune de presse, c’est comme une ambassade installée en pays étranger et que sa composition ne le regarde pas mais relève du syndic de presse, chargé de distribuer les places en fonction des impératifs des différents médias. La Ligue lui a écrit dans le même sens, mais Aldigé a décidé de faire la circulation et affirme qu’il a le droit puisqu’il s’agit d’un match amical. Une rhétorique un peu faiblarde qui ne peut à long terme que pénaliser le BO.

La presse mal nécessaire de la démocratie

Lorsque je sévissais au Canard enchaîné, les hommes politiques trouvaient en général très drôles nos articles, sauf… lorsqu’on parlait d’eux ! À L’Équipe, la rédaction a connu de longues périodes de fâcheries avec Claude Bez, Bernard Tapie ou la fédération de volley, j’ai même vu un deuxième ligne d’un club de renom menacer un confrère de … « l’enculer à sec », mais aucun d’entre eux n’a eu l’idée de mettre ses menaces à exécution ou d’interdire à la presse l’accès aux matches. Ceux qui lisent ce blog savent qu’il n’est pas très favorable au maire de Biarritz, c’est le moins que l’on puisse dire, ce qui ne va pas m’empêcher pour une fois de dire du bien de Michel Veunac. Le premier élu soupire sans doute et lève les yeux au ciel à chaque nouvel article publié le concernant, mais il n’a jamais tenté d’une façon ou d’une autre de m’empêcher d’écrire. Mieux, après avoir refusé de répondre à mes questions en début de mandat, il m’adresse désormais une lettre détaillée et précise à chacune de mes interrogations écrites.

(Photo Daniel Velez)

Jean-Baptiste Aldigé a parfaitement le droit d’être agacé par la teneur de tel ou tel article de Sud Ouest. Il a aussi celui d’exprimer oralement son point de vue à l’auteur ou de rédiger un droit de réponse. Voire de faire un procès en diffamation. Mais il doit se souvenir qu’il est président d’un club emblématique et non premier supporter et garder la maîtrise de ses émotions. Les empoignades avec Philippe Tayeb, le président de l’Aviron, ou avec son ancien ami Jack Isaac, ne font pas qu’écorner son image. Elles démonétisent un club qui a bien besoin du soutien de tous actuellement pour retrouver son lustre passé.

Dans cette affaire, je ne peux que rejoindre le général Pinatel, authentique passionné de rugby, qui écrit dans un tweet : « Comme beaucoup de Français, on peut douter de l’objectivité de certains médias et journalistes, mais je trouve l’initiative du Président Aldigé contre-productive. Quand je dirigeais le SIRPA (Service d’Information et de Relations Publiques de l’Armée) j’avais à faire à des journalistes antimilitaristes et, même en colère, je devais faire avec. » Ayant été un journaliste antimilitariste, je peux témoigner de la constante courtoisie du SIRPA.

On ne peut cajoler les journalistes du G7 et fustiger ceux du rugby

Pour toutes ces raisons, la mairie doit intervenir au plus vite pour siffler la fin de la récréation. À tort ou à raison, Michel Veunac est persuadé que le G7 va amener énormément de retombées positives au Pays basque et souhaite cajoler la presse. Le site de l’Élysée nous apprend ainsi que les 4 000 journalistes qui viendront à Biarritz pour couvrir l’événement se verront dotés d’une carte de restauration d’une valeur de 75 euros, incluse dans le

C’est l’Élysée ou la ville de Biarritz qui paie cette libéralité?

« Welcome pack » pour aller déguster en ville les spécialités culinaires locales. Une initiative qui paraît plus que discutable en ces temps d’économie à tout-va (l’opposition se fera un plaisir de demander si c’est l’État ou la ville de Biarritz qui prend en charge cette dépense), les envoyés spéciaux ayant leurs repas payés par leurs rédactions, mais qui démontre une volonté de donner une bonne image de notre ville. Pour toutes ces raisons, la mairie doit dire son mot sur le fonctionnement du BO et ne pas laisser se développer des chamailleries de cour d’école qui nuisent au club de rugby et à la Ville. Mais avec la personnalité pour le moins éruptive de l’actuel président, est-ce vraiment possible ? Espérons-le.

Sur le sujet, lire aussi : https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/le-biarritz-olympique-interdit-l-acces-du-stade-aux-journalistes-1565374506

Avec Aldigé, je t’aime moi non plus

Avec sa fraîcheur et sa passion du rugby, j’ai plutôt ressenti de la sympathie pour Jean-Baptiste Aldigé lors de son arrivée à la tête du club. Confier une buvette à un club local, organiser des mercredis pour les enfants, tenter de réveiller Aguilera me paraissait aller dans le bon sens. D’où mon acceptation à venir voir en privé le futur projet d’aménagement d’Aguilera.

En revanche, j’ai été très surpris lorsque le service communication du BO m’a téléphoné pour me proposer une invitation à un match contre Soyaux-Angoulême. J’ai toujours payé ma place et je pense que les élus qui sont si soucieux du devenir du BO devraient faire de même. Et bien vite, j’en suis arrivé au constat qu’il était impossible d’être journaliste face à ce président : le monde aldigéen est blanc ou noir. Soit on est pour lui, soit on est un ennemi. Les casquettes anti journalistes m’ont mis en rogne, ce que j’ai eu l’occasion de dire au président du BO et à Louis-Vincent Gave.

Les choses se sont encore compliquées depuis cet été, lorsqu’une rumeur, probablement fausse, a annoncé le président du BO impliqué dans un fait divers. Je me suis efforcé de vérifier l’information auprès de personnalités biarrotes avant de décider de ne rien publier. J’avais l’intention d’échanger ensuite avec Jean-Baptiste Aldigé pour tenter de comprendre d’où venait cette boule puante et qui lui voulait du mal (une démarche que j’ai déjà faite avec des élus de la Ville). Mais décidément le journalisme et Aldigé, ça fait deux. Depuis le président du BO me chercherait pour me casser la gueule. Coller un marron à quelqu’un qui a trente ans de plus et vient de faire un AVC n’est peut-être pas la meilleure idée du monde, mais ainsi va la vie à Biarritz.

Et si tout le monde redevenait un peu raisonnable ?

La lettre de l’UJSF.

Le courrier de la Ligue.

 

 

 

 

 

 

Le côté ouvert de Richard cœur d’Ovalion

Le journaliste de L’Équipe Richard Escot anime aussi le blog « Côté ouvert » où il partage sa passion du rugby avec ses lecteurs en ouvrant son carnet d’adresses.

En pleine conversation avec Pierre Villepreux.

Si la générosité est la qualité première du rugby, alors Richard Escot a tout d’un grand Monsieur de la planète ovale. Recruté en 1985 à L’Équipe, Richard a été le rayon de soleil d’une rédaction qui se cantonnait trop souvent à son sport favori sans chercher à savoir ce qui se passait ailleurs. Comme les autres, Richard était capable de parler du matin au soir de rugby, mais son côté ouvert à tout l’amenait aussi à s’intéresser à la littérature, à la peinture, à la vie publique. Pas étonnant que cet attaquant racé qui était l’animateur offensif du XV de la presse au poste de premier centre se soit lancé dans une aventure journalistique étonnante, à l’heure où tant d’autres confrères se contentent de débiter leurs oracles sur papier imprimé sans chercher à en savoir plus sur leurs lecteurs.

Quand L’Équipe demande à une douzaine de ses journalistes les plus chevronnés en 2011 de rédiger des blogs pour créer une plus grande proximité avec ses lecteurs, Richard Escot saute sur l’occasion et lance « Côté ouvert », un titre qui convient à merveille à cet amoureux des grands espaces et des grands lecteurs. Las, cinq ans plus tard, « Côté Ouvert » est le seul blog à avoir une audience conséquente et L’Équipe décide de fermer le robinet à finances.

http://coteouvert.blogspot.com/

Pour ne pas décevoir tous les lecteurs qui commentent avec passion chacun de ses posts, Richard décide donc de continuer bénévolement ce blog. Mieux, il profite d’une demi-finale à Bordeaux pour organiser une rencontre avec ses plus ardents fidèles. Et « le club des quinconces », ainsi nommé en souvenir de cette première rencontre, opte pour un week-end annuel chaque année avec une personnalité invitée par Richard. « Se parler à travers un blog c’est bien, mais il fallait aussi passer à la vraie vie », raconte Richard.

Clair et limpide, Joël Jutge a laissé toute l’assistance sous le charme.

Depuis, les lecteurs fidèles sont devenus des amis. Après le technicien Éric Laylavoix en 2017 et Pierre Villepreux en 2018, c’est Joël Jutge qui est venu expliquer, cette année à Uzerche, les évolutions des règles du rugby, depuis la proposition d’une idée jusqu’à son application en championnat. L’ancien demi de mêlée de Cahors, devenu un grand monsieur de l’arbitrage, s’apprête à disputer sa cinquième Coupe du monde au Japon en tant que sélectionneur des arbitres européens après avoir été arbitre en 2003 et 2007, membre du staff tricolore en 2011 et à la tête de la commission arbitrale de World Rugby en 2015. Une carrière prestigieuse qui ne surprend aucun des participants à cette réunion privilégiée tant l’homme a du charisme et montre un talent pédagogique certain.

Christian Badin en pleine action, avec la soucoupe à sucres en guise de ballon.

Christian Badin, l’ancien centre international de Brive, et Pierre Villepreux, venus en voisins et amis n’hésitent pas à se lever et à mimer des situations de jeu pour mieux comprendre les explications de l’arbitre, tandis que le demi de mêlée reprend le dessus et mime avec une tasse à sucre figurant le ballon et une table représentant les pieds du dernier joueur les possibilités qu’offre le règlement.

Joël Jutge à son tour passe à l’action.

Tout le monde découvre qu’il faut quatre ans entre l’idée et la mise en application d’une règle, le temps qu’elle soit testée par des équipes de jeunes. La sécurité des joueurs et la priorité à l’attaque demeurent les préoccupations principales et – noblesse oblige ! – les Néo-zélandais restent les principaux fournisseurs de propositions, tandis que les Français sont plutôt en retrait dans ce domaine.

Sachant que le rugby est un sport où l’invention est permanente et où le règlement ne fait que courir après les « innovations » des joueurs et entraîneurs, Joël Jutge a proposé au groupe de se retrouver après la Coupe du Monde pour décrypter, vidéos à l’appui, les nouveautés du jeu apparues à l’occasion de cette Coupe du Monde au Japon. Et, surprise, il ne s’en est pas trouvé un seul ou une seule, que ce soit Lulure, Pom, Snaileater, Pimprenelle, Le Gé, François, Sergio, Tautor, Christian, Pipiou, Georges ou Philippe pour refuser aussi belle proposition. Pas plus qu’il ne s’en est trouvé un seul pour mal se tenir à table ensuite ou renauder devant les bouteilles apportées par chacun.

Rugby, quand tu nous tiens…

 

 

 

« Tu préfères papa ou maman ? »

Ras la casquette de devoir choisir entre deux passions qui ne sont nullement contradictoires : le rugby et la vie publique.

Mon père ne rêvait que plaies, bosses et scandales. Conscrit il avait remplacé le drapeau par deux litres de rouge lors d’une prise d’armes. Rugbyman, montré ses fesses au public. Enseignant, sorti de sa classe l’inspecteur d’un vigoureux coup de pied au derrière. Ma mère ne souhaitait que le calme, la discrétion et la paix des ménages. Ce couple improbable qui aurait dû passer quinze minutes ensemble a mis quinze ans à divorcer. Mais ce que je garde de mon enfance (la diversité, ça forme et enrichit !) c’est la fausse bienveillance des adultes, faisant semblant de s’intéresser à l’enfant un peu malmené que j’étais pour mieux me tirer les vers du nez, et finissant par me couvrir de leur sollicitude poisseuse avec un péremptoire : « Mais au fait, qui tu préfères, ton père ou ta mère ? » Comme si un enfant pouvait choisir entre son père et sa mère !

Dans n’importe quelle ville de France, on peut concilier sans difficulté l’amour du rugby et la passion de la vie publique, mais visiblement pas à Biarritz. Une fois passée l’euphorie de la victoire du BO lors du derby, si l’on se pose des questions légitimes en tant que contribuable sur le projet d’aménagement du plateau d’Aguilera, si on a le sentiment diffus que la mairie est en train de se faire prendre en otage par une direction du BO qui dit « C’est nous ou le chaos ! », si les décisions qui vont être prises semblent assez éloignées des us et coutumes des communes de France, immédiatement on devient un ennemi irréductible du Biarritz Olympique, désireux de voir son club adoré disparaître. Mais quelle blague !

Désolé, pas plus qu’entre mon père et ma mère par le passé, je ne choisirai entre le rugby et la vie publique. Et si, comme je le soupçonne de plus en plus dans cette ville où rien n’est jamais clair, des manœuvres tortueuses sont en cours, je les raconterai dans ce blog.

Mercredi, à la mairie, va se jouer la première mi-temps du match avec le déficit à combler du BO omnisports. Et des conseillers municipaux à qui on va demander de voter une subvention d’urgence pour boucher les trous.

La deuxième mi-temps, concernant l’aménagement du plateau d’Aguilera devrait se tenir en mai. Un calendrier précipité et étonnant à onze mois des élections municipales.

Des provocations très calculées

Je l’ai dit précédemment, Jean-Baptiste Aldigé est un homme intelligent, créatif et animé d’une vraie passion du rugby. Mais force est de constater que les élus ont peur de lui et, à quelques heureuses exceptions près, fuient l’affrontement, ce dont le président du BO a parfaitement conscience. En distribuant lors des matches contre Vannes puis contre Oyonnax des casquettes siglées « Make Journalism honest again », y compris en tribune officielle où nos élus sont invités, Jean-Baptiste Aldigé savait parfaitement ce qu’il faisait. Comme un talonneur qui teste la réactivité de son vis-à-vis en multipliant les provocations à la première mêlée, le président du BO prépare la suite de la partie. Lorsque Louis-Vincent Gave, aux côtés d’Aldigé a enfilé cette casquette à la Trump ou à la con, j’hésite ! – personne n’a moufté et le sénateur Max Brisson s’est contenté de twitter sur la belle soirée qu’il venait de passer, en oubliant qu’être un élu, c’est aussi accepter un pacte républicain qui prévoit de veiller à la liberté de la presse. Il ne suffit pas de dire « Je suis Charlie ! » le 7 janvier 2015. Cracher sur la presse, c’est comme cracher sur Marianne.

Il n’est pas interdit d’avoir un conflit avec des journalistes et le cas d’espèce a même été prévu par le législateur avec la possibilité d’un droit de réponse ou d’un procès en diffamation. Mais les raccourcis abusifs, les simplifications hasardeuses, les appels à la guerre ne sont pas dignes d’un responsable, de la même façon que les silences des politiques sont une façon de cautionner l’inacceptable. Bisque, Bisque, Basque ! sait se montrer acide souvent mais n’écrira jamais que les politiques sont tous pourris, les présidents de clubs tous tarés ou les Bayonnais tous stupides. Car la réalité est autrement plus complexe et intéressante.

J’espère vivement que le syndicat des journalistes sportifs portera plainte contre ces agissements d’un autre temps. Pour ma part, clairement, j’en ai ras la casquette de ces méthodes et peu m’importe si quelques trolls aux doigts agiles et aux idées courtes se déchaînent sur les réseaux sociaux. Jusqu’à preuve du contraire, même à Biarritz, nous sommes encore en démocratie et la liberté d’expression doit prévaloir.

C’est pour ces raisons que je souhaite un examen calme et serein de la situation du BO omnisports et de la proposition d’aménagement du plateau d’Aguilera. Mais quand on voit l’émoi qui s’est emparé de la ville pour un titre de Sud Ouest, (« Les Biarrots sont gais ») au lendemain d’une victoire qui aurait dû rendre tout le monde euphorique, un titre que pour ma part j’aurais aimé trouver et qui m’a fait éclater de rire car le rugby, jusqu’à preuve du contraire, doit être le sport de l’humour et du second degré, j’avoue que je suis assez inquiet sur la capacité de nos élus à examiner avec la distance qui convient ces dossiers à venir.

Mardi : C’est le BO omnisports ou omnipertes ?

 

Un monde avec des pommes rondes et des ballons ovales

Crise passagère ou durable pour le rugby à XV ? Edmond Lataillade, Jérôme Thion, Soso Puleoto, Richard Tardits, Robert Rabagny et Benoît Baratchart donnent leur avis mercredi prochain.

En 1974, un espèce d’allumé, agronome de profession, se présentait aux élections présidentielles en même temps que Chaban-Delmas, Giscard d’Estaing, Mitterrand, ou Laguillier. René Dumont se distinguait des autres candidats car il était le seul à se présenter devant les Français en pull… et avec une pomme sur le pupitre.

Le rugby et la politique étaient déjà à cette époque là mes deux grandes passions. Tocard assumé, je remplaçais la qualité par la quantité, disputant parfois trois matches par semaine, le jeudi avec l’université de Paris 1, le dimanche avec le SCUF et parfois le samedi avec des copains en corpo. Une gloutonnerie rugbystique impossible de nos jours où le niveau physique est autrement intense.

Originaire d’un milieu paysan et ancré dans l’idée que la terre nourrirait toujours ses enfants, René Dumont m’avait sidéré en montrant la pomme posée sur le bureau et en annonçant qu’un jour on pourrait se retrouver sur une terre où ce fruit aurait disparu. Une idée qui me paraissait ahurissante ainsi qu’à nombre de Français puisque ce précurseur des écologistes n’avait totalisé qu’1,32 % de suffrages. Quarante ans plus tard la prédiction de René Dumont, décédé en 2001, apparaît terriblement d’actualité.

Et comme la vie est une vaste blague, quatre cents matches officiels plus tard, chiffre estimé des rencontres que j’ai dû disputer, puisque j’ai joué jusqu’à trente-neuf ans, me voilà maintenant presque au même âge que René Dumont en 1974.

Le rugby est toujours ma passion, mon emploi du temps actuel est toujours organisé en fonction des matches et, comble du ridicule, j’ai demandé à mon épouse si je pars le premier d’être enterré avec un ballon de rugby. J’espère de toutes mes forces me tromper sur « mon » sport, mais le rugby à XV avec ses contradictions, ses incapacités à se réformer, ses règles qui ne sont plus les mêmes suivant les niveaux… et la concurrence du VII, me semble en grand danger et susceptible de disparaître. C’est pour cette raison que j’ai écrit « Rugby en péril ». Et pour ma descendance, je ne peux que souhaiter un monde avec des pommes rondes et des ballons ovales.

Avec la gentillesse qui les caractérise, Edmond Lataillade, mais aussi Jérôme Thion, Soso Puleoto, Richard Tardits, Géronimo Rabagny et Benoît Baratchart ont accepté de participer à un débat, mercredi prochain à 18h30 au Txik Txak, à côté du Jai Alaï d’Aguilera pour savoir si la télé (« Les payeurs ont toujours raison » ) est dans son droit de dicter le calendrier aux clubs à la veille du derby Aviron-Biarritz que tout le monde aurait souhaité voir jouer un dimanche, et pour tenter de voir si le rugby à XV traverse une crise passagère ou durable.

L’entrée est bien évidemment gratuite et le monde du rugby attendu. La dédicace de « Rugby en péril », en vente sur place, sera possible après le débat. Avec un stylo rouge pour les Biarrots, bleu ciel pour les Bayonnais et de la couleur de votre choix pour tous les autres…

 

Il faut Aguileraison garder

Le projet d’aménagement d’Aguilera présenté par Aldigé est incontestablement séduisant. Aux politiques de nous dire maintenant s’il est juridiquement et économiquement faisable .

La villa rose deviendrait le siège des bureaux du BO.

Cet ancien joueur du BO, génération Bouclier de Brennus, n’a pas perdu la verdeur habituelle des propos de vestiaire : « J’ai un avis très arrêté sur ce projet, mais je me garderai bien de l’exprimer publiquement par crainte de déclencher les ventilateurs à merde dans tous les sens ». Bisque, Bisque, Basque ! qui n’a pas peur de grand-chose va donc enfiler ses bottes d’égoutier pour tenter de vous décrypter la formidable partie de poker qui est en train de se dérouler sous vos yeux.

Un projet global et intéressant

Si je rentre un soir chez moi, en annonçant à mon épouse ; « Chérie, je vais améliorer notre maison en faisant vingt millions de travaux », il y a quelques chances, si je ne suis pas trop branque, pour qu’effectivement la maison que nous occupons se bonifie. Mais tout va se compliquer quand, après avoir admiré les projets de l’architecte, ma tendre moitié va me demander : « Au fait, ces vingt millions, tu les trouves où ? » Le projet que Jean-Baptitste Aldigé a présenté à certains journalistes et à des élus qu’il a convoqués dans les bureaux du BO est incontestablement intelligent et a le mérite de lancer la réflexion sur un aménagement global du plateau d’Aguilera, là où un Veunac se contentait de petits grignotages de parcelles et de quelques constructions sans vision d’ensemble.

Lors de la soirée privée organisée dans les salons de la tribune Kampf, le président du BO a martelé deux phrases « Si vous savez comment on gagne de l’argent dans le rugby, expliquez-moi » et « La famille Gave n’a pas vocation à boucher les trous financiers chaque fin de saison ». L’amoureux du rugby, nostalgique de la splendeur passée du BO, a envie de souscrire à cette évolution de son sport favori et à la nécessité d’amener des recettes supplémentaires au club. Mais n’étant ni élu, ni urbaniste, ni juriste, reste à savoir si ce projet « tient la route » et est faisable, une fois le beau rêve évoqué.

Trois problèmes d’importance à régler

« Bisque, Bisque, Basque !  se gardera donc bien pour l’instant de détailler davantage le projet découvert pour la première fois le jeudi 14 février dans les locaux du BO. Lors de la réunion privée du 5 mars dans les salons Kampf, ce projet a été présenté aux Biarrots qui le souhaitaient, ce qui nous change agréablement des cachotteries vécues lors de la rénovation de L’Hôtel du Palais. Mais aucune image ne circule pour le moment des aménagements prévus par le groupe Pichet ce qui complique le travail des journalistes souhaitant expliquer ce qui se prépare.

1.- Ce projet semble difficilement réalisable légalement. La Ville mais aussi l’Agglo ont incontestablement leurs mots à dire dans la décision. Jean-Baptiste Aldigé estime que le groupe Pichet est le seul capable de lui façonner l’outil de travail dont il rêve. Si dans le privé on peut librement choisir son entrepreneur, dans le public on doit passer par des appels d’offres. Aux dernières nouvelles, les services de la Ville, mettraient en avant des difficultés juridiques dans la réalisation de ce projet. Ce qui ne veut pas dire pour autant que l’aménagement d’Aguilera ne doit pas se faire. Mais les politiques doivent reprendre la main sur le dossier et prendre leurs responsabilités en rendant « juridiquement correct » l’aménagement d’Aguilera.

2.- La Ville doit décider de ses priorités. Si ma fille passe le permis, je peux décider de lui offrir une Ferrari, mais le bon sens économique et la sollicitude de mon banquier font que je vais peut-être opter pour une Clio d’occasion. Le projet d’aménagement de la partie sportive d’Aguilera est intéressant mais mérite nombre d’éclaircissements, car tout le monde a en mémoire qu’il manquait 15 millions d’euros pour boucler le dossier Palais, ce qui a amené Decaux à entrer dans le capital. Encore une fois, Bisque, Bisque, Basque ! déplore que ce palace qui n’a pas à être géré par une Ville, n’ait pas été vendu en 2018, ce qui rendrait plus facile l’aménagement actuel d’Aguilera et aurait permis de remettre les finances de Biarritz d’équerre. Encore un somptueux ratage du mandat Veunac !

Il ne s’agit nullement de rejeter les propositions faites pour pérenniser le BO mais de demander à nos élus de réfléchir avant de prendre position. À eux de faire des propositions et de nous montrer qu’ils ont l’étoffe d’un ou d’une future maire. En ce sens, l’attitude d’un Guillaume Barucq laisse un peu rêveur : découvrir le projet à 10 heures le matin et faire un tweet enthousiaste à 14 heures ne me semble pas très politique, même si j’ai énormément de sympathie pour l’intéressé.  Prenez un peu de temps, Messieurs et Mesdames les élu(e)s, et donnez-nous des réponses précises, techniques et réfléchies.

3.- Des fatwas inacceptables. Reste enfin une stratégie très délibérée de Jean-Baptiste Aldigé qui complique singulièrement la donne. Au lieu d’accepter que la presse et le club local cohabitent même si l’esprit critique est parfois de rigueur, le président entretient une tension délibérée avec certains médias qui nuit complètement à une approche sereine du dossier. La composition d’une tribune de presse n’a jamais regardé le directeur d’un club et Aldigé n’avait strictement aucune raison d’expulser les journalistes de Sud Ouest en début de saison. Interdire l’accès aux médias sous prétexte de « réunion privée » est tout aussi surprenant. Dimanche dernier, lors de la défaite du BO face à Vannes une nouvelle étape a semble-t-il été franchie avec une distribution de casquettes demandant aux journalistes de redevenir honnêtes.  Une attitude que Bisque, Bisque, Basque ! condamne sans la moindre hésitation. Tous les politiques ne sont pas pourris, tous les journalistes malhonnêtes et tous les présidents de clubs allumés. Au diable donc, tous ces raccourcis à la Trump qui ne font que compliquer la donne !

Une partie de haute volée entre Aldigé et Veunac

On l’aura compris : Bisque, Bisque, Basque ! éprouve plutôt de la sympathie pour le dernier président du BO, pour son authentique passion pour le rugby, sa volonté de moderniser le spectacle proposé et de bousculer les codes. Un homme capable, il y a un peu plus d’un mois, de débouler dans le bureau du maire et, au bout de trente secondes de discussion de hurler sur lui, ne peut qu’être sympathique. Mais limiter Jean-Baptiste Aldigé à un président un peu trop cash dans ses relations serait faire une erreur tactique grossière.

L’homme est probablement un stratège remarquable et s’il bouscule ainsi les habitudes biarrotes, c’est avec une idée derrière la tête. Il sait que le temps lui est compté et que la famille Gave ne patientera pas éternellement. Le poste qu’il occupe lui plaît mais le temps de décision des politiques, où il est toujours urgent d’attendre, n’est pas le sien. Alors, comme Tapie en son temps lorsqu’il dirigeait l’Olympique de Marseille, il peut tour à tour se montrer d’une exquise urbanité ou d’une grossièreté achevée. Les attaques en piqué contre Jean-René Etchegaray ou Nathalie Motsch sont ainsi très calculées. Elles n’ont d’autre but que de terroriser les élus peureux qui se disent que c’est eux qui pourraient être ainsi montrés du doigt et de souder les Biarrots, toujours prêts à détester l’ennemi héréditaire bayonnais, autour de ce projet qui va incontestablement dans la bonne direction mais qui n’est peut-être pas la première priorité de la Ville.

Et n’oubliez surtout pas que Veunac et Brisson, alors que la bataille faisait rage entre les clans Ledoux-Gufflet et Les Gave père et fils, soutenus par les « historiques » Blanco et Brusque, n’ont pas hésité à prendre parti en pleine bataille de cour d’école en demandant aux premiers de partir. Du jamais vu ! Sauf que Veunac est aussi vice-président de l’Agglo et que l’aménagement de la Côte basque doit désormais être fait en concertation.  Veunac doit donc manœuvrer avec deux pistolets braqués sur la tempe, l’un par la famille Gave qui souhaite qu’il tienne ses promesses et l’autre par Jean-René Etchegaray qui souhaite que Veunac se montre solidaire avec l’Agglo.

Comme Veunac est un pragmatique prêt à tout pour sa survie politique, il a entrevu le bénéfice qu’il pouvait tirer de la situation en constatant que des élus de tous bords (Arosteguy, Tardits…) semblaient favorables au projet. Résumé de ses discussions avec son entourage proche : Si le G7 se passe bien, j’annoncerai ma candidature pour 2020 dans la semaine qui suit avec une liste recentrée et composée de gens expérimentés (NDLR : probablement Domège, Puyau, Darrigade et Saint-Cricq). En attendant, après le fiasco du Palais, Veunac a décidé de réunir les élus en commission générale le 28 pour guetter leurs réactions. Et d’envisager dans la foulée d’organiser un referendum pour se faire adouber par la population. Quitte à expliquer ensuite que c’est le méchant Etchegaray, flanqué de la méchante Motsch, qui empêchent les Biarrots de mener à bien ce projet.

Seul hic à ce beau scénario destiné à permettre à Veunac d’être réélu en 2020, les services techniques dirigés par Christophe Landrain jugent difficilement réalisable cet aménagement, tandis que certains élus se demandent s’ils ne sont pas allés un peu vite en besogne.

Cris et engueulades lors de la réunion de majorité

Une fois de plus la réunion de majorité qui s’est tenue lundi 18 mars a tourné à la bataille rangée. Signe d’une déliquescence absolue, ils n’étaient plus que 13 élus à être présents à ce qui ressemble de plus en plus à une mascarade permanente. Et comme la vie municipale ne cesse de se bonifier, cette fois ce sont Veunac et Lafite qui se sont empaillés gravement, Veunac affirmant que cet aménagement était « juridiquement impossible » tandis que « Lafaillite-nous-voilà ! », le roi des montages acrobatiques qui ruinent les Biarrots, levait les yeux au ciel en ayant l’air de penser qu’il fallait être vieux et dépassé comme Veunac pour ne pas foncer. Notre si sympathique énarque ne serait-il pas en train de se dire qu’un petit cavalier seul en 2020 au cas où le G7 se passerait mal et où Veunac ne tenterait pas sa chance, mérite d’être essayé ?

Autre grosse prise de bec du duo infernal, toujours le même soir, à propos de « GL events » qui devrait gérer la nouvelle salle de spectacle attenante à la tribune Blanco. Veunac redoute que cette société vampirise « Biarritz Tourisme » tandis que Lafite est là aussi favorable à l’arrivée de l’entreprise. Même malaise du côté des troupes, Anne Pinatel se montrant très emballée par le projet, tandis que Brigitte Pradier et la supportrice de cœur du BO Jeannine Blanco l’estiment totalement irréaliste.

Comme les lecteurs pourront le constater, le calme, la paix et l’harmonie la plus absolue règnent donc sur Biarritz, où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil et où personne ne pense à 2020.

Une raison supplémentaire pour aborder avec beaucoup de soin et de minutie ce dossier d’aménagement du plateau d’Aguilera tandis qu’un calendrier difficile attend le BO dans les prochaines semaines. C’est peu probable et personne ne le souhaite, mais vous imaginez la saison prochaine l’ambiance si se tenait un derby BO-Anglet à Aguilera ?

 

Le BO lui aussi impacté par le G7

Un, voire deux matches sont menacés par le sommet mondial de fin août. Une perte sèche pour le club de rugby qui lorgne du côté d’Anoeta.

En août, les tribunes sont toujours pleines.

À l’image des seigneurs féodaux qui saccageaient sans le moindre état d’âme les récoltes des manants lorsqu’ils chassaient à courre, les grands de ce monde ont décidé de venir distraire leur spleen pré-automnal sur le petit bout de rocher qui est le nôtre et tant pis pour les gueux qui y habitent ordinairement. Nous n’oublierons pas à quel point le premier magistrat de la ville ne s’est soucié que de sa future investiture dans cette affaire, en ne défendant absolument pas les intérêts des Biarrots et en ne faisant pas preuve du minimum de bon sens nécessaire pour empêcher un G7 en plein mois d’août. Quarante-cinq sommets du G7 se sont déroulés sur la planète, mais pas une fois, pas une seule, au mois d’août. Une fois de plus, le prix de la bêtise en barre aura donc un candidat sérieux avec Michel Veunac.

Pas un jour ne se passe en effet sans que les Biarrots ne découvrent une nouvelle atteinte annoncée à leur liberté de vivre et de circuler. Périmètre sécurisé, périmètre ultra-sécurisé, badges, contrôles, fouilles, on en passe et des meilleures, avec une seule certitude : pendant quelques jours, le déconnomètre va marcher à fond !

Cette fois, c’est le Biarritz Olympique qui découvre que le mois d’août pourrait être difficile pour ses finances. Le stade d’Aguilera ne figure pourtant pas dans le périmètre doré à l’or fin où les maîtres du monde auront l’illusion de s’ébattre devant un peuple qui les acclame. Mais il y a une petite annonce qui est un peu passée inaperçue. « Pas le moindre rassemblement ne sera autorisé à partir du 18 août ».

Pour les clubs de rugby des villes côtières où les vacanciers sont nombreux, le mois d’août est l’équivalent des fêtes de Noël pour les commerçants. Les supporters habituels reprennent avec plaisir le chemin du stade après une longue coupure et les vacanciers sont ravis de venir découvrir un club aussi titré que le Biarritz Olympique. Comble de bonheur, les grandes métropoles souvent à demi désertes en août, sont heureuses de joueur leurs premiers matches à l’extérieur en attendant que les citadins reviennent.

C’est donc une à deux recettes du BO qui pourraient être impactées par ce G7.

Aldigé : « Je ne veux pas que ça coûte un sou au BO ! »

Contacté par téléphone, alors qu’il s’apprêtait à aller assister à la rencontre Union Bordeaux-Bègles-SU Agen, le président du Biarritz Olympique, Jean-Baptiste Aldigé, confirme totalement l’information : « Nous venons d’apprendre cela. La fédération n’a pas encore publié le calendrier de la saison prochaine, mais il est sûr que nous allons avoir au minimum un match d’impacté. »  Le président poursuit : « Nous ne savons même pas si nous serons autorisés à nous entraîner à Aguilera… Qu’est-ce que ça veut dire un rassemblement… Trente-cinq joueurs qui s’entraînent ensemble, c’est un rassemblement ? »  C’est sûr que si les joueurs doivent s’entraîner à deux maximum sur le terrain, ça ne va pas être simple de préparer l’équipe !

Aldigé se veut souriant mais a du mal à cacher son agacement : « Au mois d’août, nous faisons des recettes à 200 000 euros. Vous vous rendez compte de la perte sèche ! »

Quand on lui demande si le BO a un plan B, le président se montre cash comme à son habitude. « J’ai demandé à l’adjointe aux Sports, Stéphanie Ricord, de négocier de ville à ville avec Saint-Sébastien pour voir si nous pouvons utiliser Anoeta à cette période. Mais je ne veux pas que ça coûte un sou au BO ».

Si la mairie s’en occupe, le BO n’a vraiment plus rien à craindre !