Qui craint le grand méchant Caslou ? C’est p’têt’ vous, c’est pas nous !

L’ancien patron de La Semaine a traîné Bisque, Bisque, Basque ! devant le TGI de Paris pour « cyber harcèlement ». Verdict ? Débouté et condamné à verser 3 000 euros.

Une fois de plus, le pauvre pêcheur Hubert de Caslou a raté sa proie, et est rentré bredouille.

Cet homme, décidément, ne doute de rien. Ancien officier de marine à la retraite, il s’est convaincu qu’il suffisait d’avoir épousé une descendante d’une grande famille de la presse pour être capable de diriger un journal : on se souvient du désastre qui s’ensuivit avec La Semaine du Pays Basque. Le même Caslou a tenté cette année de faire mordre la poussière à Bisque, Bisque, Basque ! en réclamant 13 000 euros de frais de procédure et dommages et intérêts à ce blog gratuit, m’entraînant devant le Tribunal de Grande Instance de Paris, histoire d’alourdir l’addition.

Quand un patron de presse attaque un journaliste, on s’attend à ce que les lois sur la presse servent d’arbitre. Mais Hubert de Caslou est capable de… créativité juridique. Lorsqu’il adresse une assignation à Bisque, Bisque, Basque ! en février 2017, il a délibérément laissé passer de trois jours le délai légal pour intenter une action en diffamation (il sait très bien que l’enquête menée a été sérieuse et que j’ai encore des cartouches en réserve) et justifie son action par un décret datant du 4 août 2014 instituant l’article 222-32-2-2 du code pénal destiné à réprimer les cyberharceleurs.

Une plainte en diffamation pour un journaliste, c’est un peu comme une sortie de route pour un pilote professionnel, ça arrive même si ce n’est pas souhaitable. Et quand on s’efforce d’offrir une information libre de toute complaisance et susceptible de faire sourire les lecteurs, le risque est bien évidemment décuplé. Mais je tombe des nues devant cette plainte infamante, qui me fait un peu le même effet que si on me brandissait la convention collective des bouchers-charcutiers, profession honorable s’il en est, pour me reprocher mes écrits de journaliste.

La démonstration implacable de Saint-Cricq

En route donc pour le Palais de Justice de Paris, le 6 juin dernier, face au « serial procédurier » Hubert Lamour de Caslou qui aura passé un temps non-négligeable devant les tribunaux cette année.

L’argumentaire de son conseil, Maître Darrière est simple :  Bisque, Bisque, Basque !  est, selon lui, un blog personnel et ne peut être considéré comme un support de presse. Hubert de Caslou ne comprend pas l’acharnement que je manifeste à son égard. 18 articles lui ont été consacrés entre février et octobre 2016, et le fait que son nom soit inscrit dans les « tags » en bas de l’article et qu’il reçoive un SMS lorsqu’un article parle de lui est bien une preuve de cyber harcèlement. Pour tenter de faire correspondre son action au cadre légal, il exhibe de surcroît un certificat médical daté du 17 novembre 2016 évoquant des « symptômes physiques et psychiques préoccupants ».

Bluffé par sa précision, son sens du détail, et sa combativité sans faille lors des conseils municipaux biarrots, j’ai eu l’excellente idée de faire appel à Maître Saint-Cricq qui va se faire un plaisir de mettre à mal la défense adverse.

Si 18 articles ont été écrits sur La Semaine du Pays basque en six mois, c’est parce que cet hebdomadaire faisait l’actualité. Ce n’est pas la faute de Bisque, Bisque, Basque ! si des salariés ont décidé d’entraîner aux Prud’hommes leur patron, si une descente de l’inspection du travail a eu lieu, si un partisan des « exécutions sommaires et des camps de travail forcé » a été recruté ou s’il a fallu procéder à une liquidation judiciaire de l’entreprise. Chaque article avait une justification journalistique, la meilleure preuve étant que Bisque, Bisque, Basque ! a cessé de s’intéresser à Hubert de Caslou en octobre 2016, à partir du moment où il avait disparu du paysage médiatique basque.

Ensuite Hubert de Caslou n’a été victime d’aucun harcèlement, puisque, par ordre d’apparition, il n’arrive qu’en quinzième position dans ce blog, bien après Michel Veunac, Max Brisson, Didier Borotra ou même Géronimo, l’ex mascotte du BO !

« Taguer » le nom d’une personne que l’on cite est une pratique absolument courante dans tous les supports de presse numériques et il n’y avait pas d’intention maligne dans ce fait, pas plus que dans celui d’envoyer des SMS aux personnes concernées par un article, histoire de leur permettre d’exercer un éventuel droit de réponse.

Caslou seul responsable de sa réputation numérique

Quant à la réputation numérique de l’intéressé, ce blog, simple témoin des acrobaties financières du personnage, n’y est pas pour grand-chose puisqu’il suffit de taper Hubert de Caslou sur un moteur de recherche pour apprendre qu’une de ses sociétés, Discom, vient d’être mise en redressement judiciaire ou pour trouver immédiatement des traces de ses brillants résultats financiers dans toutes les sociétés qu’il dirige.

http://dirigeants.bfmtv.com/Hubert-LAMOUR-DE-CASLOU-4718376/

Enfin le certificat médical prête à sourire. La généraliste consultée reconnaît qu’elle voit le sémillant ex-officier de marine pour la première fois. Quand on a cinq de ses sept salariés qui intentent une action en Justice contre vous, une liquidation judiciaire à assumer, un actionnaire principal Gérard Lignac qui n’est pas content de vous et qui affirme à Bisque, Bisque, Basque ! : « Caslou n’aura plus un sou ! », il est assez naturel d’être tendu. Et pour montrer l’état de santé très préoccupant du plaignant, maître Saint-Cricq a déniché sur Internet une photo où on le voit tout sourire, trois jours après ce certificat très alarmiste, remettre le prix Air & Cosmos à un bel aréopage.

Les lois de la presse s’appliquent à un blog de presse

Reste le cœur de la procédure et cette nouvelle tendance à contourner les lois sur la presse. François Fillon, par exemple, s’est bien gardé de porter plainte pour diffamation contre Le Canard enchaîné. Il a utilisé l’article L97 du code électoral qui interdit la propagation de « fausses nouvelles, bruits calomnieux ou autres manœuvres frauduleuses ». Bisque, Bisque, Basque !  n’est pas un blog personnel, comme voudrait le faire croire maître Darrière, un de ces blogs où on se prend en selfies avec les copains devant son verre de rosé, mais un blog d’information qui parle de l’actualité locale et nationale, rédigé par un journaliste professionnel. Pour maître Saint-Cricq, cette affaire ne peut donc être jugée qu’au regard des dispositions des lois sur la presse de juillet 1881. Donner satisfaction à Hubert de CASLOU reviendrait à prononcer l’oraison funèbre de la Loi sur la Presse et de la Liberté d’expression dans notre beau pays ! Le texte sur le harcèlement ne permet pas de tels errements.

La Présidente de la 5ème chambre du T.G.I. de Paris va parfaitement suivre ce raisonnement du juriste biarrot et débouter Hubert de Caslou de l’ensemble de ses demandes, le condamnant, le 19 juillet 2017, à me verser 3 000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.

Ils sont donc deux, jusqu’à maintenant, à ne pas encore avoir compris que Bisque, Bisque, Basque ! est un blog d’informations et doit être traité comme tel. Michel Veunac, le maire de Biarritz, qui continue à refuser de répondre à mes questions et s’étonne de mes réactions virulentes et ce malheureux Hubert de Caslou, qui en tant qu’ancien patron de La Semaine et actuel d’Air & Cosmos aurait mieux dû connaître le cadre juridique régissant nos métiers. Puisqu’il a souhaité revenir dans l’actualité du Pays Basque, nous nous ferons donc un plaisir de raconter ses prochaines audiences aux Prud’hommes face à ses anciens salariés. Mais après cette farce pas très catholique concoctée par l’homme à particule, comment ne pas penser à cette chanson de Churchill et Ranell  si populaire entre les deux guerres? (https://www.youtube.com/watch?v=ag4O7gQGf_A)

« Qui craint le grand méchant loup ?

C’est p’têt’ vous, c’est pas nous

Voyez d’ailleurs comme on tient le coup

Tralala la la »

À Ondres aussi, le maire agite la matraque judiciaire

Encore une nouvelle tentative d’intimidation de Bisque, Bisque, Basque !

Éric Guilloteau, le maire d’Ondres, aime les journalistes… Surtout quand ils marchent au pas.

Ancien élu d’opposition à Ondres, démissionnaire depuis, Dominique Lapierre, membre d’Anticor a fait parvenir la semaine dernière une lettre à Bisque, Bisque, Basque ! Suite à une audience au Tribunal administratif de Pau, le 28 juin dernier, il racontait sa surprise d’avoir été débouté, alors qu’un membre de la majorité municipale a participé à un débat concernant le Plan Local d’Urbanisme (PLU), ce qui est interdit par la loi puisqu’il était directement concerné. Et l’ancien responsable de la sécurité des courses automobiles au ministère des Sports concluait, un peu amer : « La prochaine loi de moralisation de la vie publique, chère à l’éphémère ministre de la justice béarnais, semble vouloir zapper le niveau de la politique locale pourtant bien gangrénée. À en juger ceux qui se sont fait prendre les doigts dans le pot de confiture à Lahonce, Biarritz, Urrugne ou Ciboure notre sud-ouest va-t-il devenir le pays de cocagne pour les élus peu scrupuleux dont le patrimoine prospère au fil des mandats ? »

Intéressé par le sujet, Bisque, Bisque, basque ! publie la lettre sans se douter qu’il va s’attirer les foudres du maire Éric Guilloteau, qui menaçe immédiatement l’auteur du blog d’un procès en diffamation si l’article n’est pas immédiatement retiré. Et sur quel ton !

Le plus suavement possible, Bisque, Bisque, basque ! qui a connu un paquet d’agités politiques dans sa vie antérieure, s’efforce de lui répondre :

Se rendant compte qu’il a peut-être ignoré quelques règles élémentaires de bienséance, Éric Guilloteau se fait plus aimable au téléphone. Il m’explique que la justice lui a donné raison, m’adresse des documents le prouvant, mais, au lieu de faire usage d’un droit de réponse comme le prévoit la loi, le cowboy landais qui brandit la menace judiciaire plus vite que son ombre, continue à évoquer un procès en diffamation si je ne retire pas l’article. Ce que je ferai à contre cœur, ignorant encore à ce moment le verdict du procès m’opposant à Hubert de Caslou (Lire l’article au-dessus).

Mais il y a décidément, chez cet élu socialiste un goût certain pour le rapport de force et ce n’est pas le maire communiste de Tarnos, Jean-Marc Lespade qui dira le contraire. Quelques heures plus tard, je recevrai un troisième mail où il concède une erreur, mais explique que la modification du PLU a conduit l’élu concerné à… un appauvrissement.

Puis il en revient à sa tête de turc favorite, Dominique Lapierre, avant de clamer son mépris pour les médias locaux, qui ne « ressortent pas grandis » de cette affaire, puisqu’ils ne sont pas d’accord avec le maire de Ondres.

Bisque, Bisque, Basque ! estimant que les tribunaux sont déjà suffisamment engorgés, se gardera de publier les dernières lignes du mail reçu, totalement injurieux pour Dominique Lapierre, car ils pourraient valoir de sérieux ennuis au premier magistrat d’Ondres. Et comme il vaut mieux rire de tout, même avec ceux qui manquent parfois sérieusement d’humour, Bisque, Bisque, Basque ! a retrouvé le magazine municipal numéro 65, daté de décembre 2015 où le maire y va de son couplet sur la liberté d’expression.

https://www.ondres.fr/ville-ondres/wp-content/uploads/2015/12/Magazine-Municipal_n65_decembre2015.pdf

Encore un maire qui n’hésite pas à dire « Je suis Charlie ! » … mais uniquement quand la liberté de la presse ne le dérange pas.

Sophie Bussière : « Macron, c’est l’illusion du renouveau »

Secrétaire départementale, la candidate malheureuse des Vert aux législatives 2017 croit dur comme fer au renouveau de son parti.

Pull bleu et verre de grenadine, la représentante des Verts, Sophie Bussière, refuse les clichés. « Nous sommes un parti politique et pas seulement un mouvement environnementaliste ».

Avocate et membre du barreau de Bayonne, spécialiste du droit du travail et du droit de l’environnement, Sophie Bussière est réputée pour son franc-parler, une qualité bien agréable à l’heure de la langue de bois généralisée, pratiquée par les politiques. Convaincue et convaincante, la jeune quadragénaire qui a fait ses études de droit à Pau avant d’ouvrir son cabinet à Anglet en 2004, vit avec sérénité la déroute électorale que vient de subir son parti. « Nicolas Hulot est une prise de guerre. On est dans le marketing. On prend les paris sur le nombre de mois qu’il va passer au poste de ministre de la Transition écologique et solidaire avant de claquer la porte ? » Adhérente d’Europe Écologie Les Verts (EELV) depuis 2011, Sophie Bussière n’est visiblement pas conquise par l’actuel Président de la République : « Macron, c’est l’illusion du renouveau ».

« J’adore faire campagne »

Avec 3,5 % des suffrages recueillis, lors des dernières législatives dans la sixième circonscription des Pyrénées-Atlantiques, la représentante écologiste pourrait manifester quelques signes de découragement. Il n’en est rien. « Il y avait beaucoup de candidats et un contexte politique complètement incohérent. Dans le département, nous avons un socle de militants qui a cru bon de voter utile dès le premier tour, alors qu’ils soutenaient habituellement pour les écologistes. Et malgré cela, nous avons recueilli 1 824 suffrages soit 40 voix de plus qu’en 2012 ».

La candidate reprend son souffle et a du mal à masquer sa passion : « Malgré mon emploi du temps compliqué, j’adore faire campagne. On m’avait dit que le porte à porte était une épreuve particulièrement difficile. En fait, nous avons été bien accueillis partout et les questions que nous posaient nos interlocuteurs étaient très pertinentes. »

Le fait de ne plus avoir d’élus EELV à l’Assemblée nationale ne semble pas trop inquiéter l’avocate. Pour un peu elle y verrait presque une chance de faire repartir son parti sur des bases solides.

« J’ai décidé d’adhérer chez les Verts pour les idées. Je me sentais politiquement proche de personnages comme Alain Lipietz ou Éva Joly. Je pense qu’il ne sert pas à grand-chose, comme on a pu le vivre entre 2012 et 2014, d’avoir des ministres avant de compter un grand nombre d’élus locaux. » Pour la secrétaire départementale, qui se dit très favorable à « une dose de proportionnelle », l’avenir des Verts passe par « une galaxie plus large » avec de solides implantations locales et des lanceurs d’alerte au niveau national.

Sophie Bussière, qui ne nie pas les errances de certains dirigeants des Verts (Elle ne donne pas de nom, mais comment ne pas songer à Jean-Vincent Placé ou Cécile Duflot ?) est persuadée qu’une nouvelle génération de dirigeants, comme Julien Bayou, l’actuel porte-parole d’EELV, va émerger et revivifier le parti. Dans ses fonctions départementales, elle apprécie la liberté d’action qu’on lui laisse et estime ne pas manquer de sujets à traiter entre la LGV, les mines d’or ou la qualité des eaux de baignade.

Mais a-t-elle suffisamment de militants pour l’épauler sur tous ces sujets ? « C’est vrai, nous ne sommes pas très nombreux dans le département »

Quand on vous disait que Sophie Bussière était d’une désarmante franchise…

Hôtel du Palais : Saint-Cricq a les idées claires

Dans un communiqué de presse limpide et sans langue de bois, l’avocat biarrot  explique les risques encourus par les Biarrots avec l’Hôtel du Palais.

Contrairement à tous les élus qui estiment qu’il ne faut surtout pas porter ce dossier sur la place publique, Jean-Benoît Saint-Cricq, en apportant sa compétence, aide les Biarrots à comprendre les enjeux. (Photo Sud Ouest)

Bisque, Bisque, Basque ! ne remerciera jamais assez ce lecteur sagace qui est allé dénicher sur la page Facebook du meilleur opposant à la politique suicidaire de Michel Veunac ce communiqué de presse daté du 11 juillet qui nous avait totalement échappé. Une fois de plus, Jean-Benoît Saint-Cricq démontre son bon sens et ses aptitudes face à une nouvelle « aventure municipale » qui pourrait s’avérer encore plus catastrophique que celle de la Cité de l’Océan. Par commodité de lecture, face à ce texte, long et passionnant, la rédaction s’est simplement permise de rajouter des intertitres. Vous pouvez retrouver le texte initial sur :

https://www.facebook.com/jean.saintcricq/posts/10213614539257026

 

L’Hôtel du Palais ou la quadrature du cercle

Lorsqu’en avril 2016 le maire nous informait de son choix arrêté pour confier au groupe Four Seasons la gestion de l’Hôtel du Palais et nous indiquait qu’il lançait une négociation « exclusive » avec cet opérateur, nous nous sommes interrogés sur le contenu de cette opération.

Nous savions tous que cet hôtel nécessitait d’importants travaux de rénovation puisque pendant la mandature précédente un plan d’investissement de 20 millions d’euros financé par la ville avait été décidé, les travaux devant s’échelonner sur une dizaine d’années.

Notre inquiétude était grande au regard du flop de la Cité de l’Océan dont la Ville subit toujours les conséquences. En effet, le maire nous annonçait pas moins de 50 millions d’euros pour le remise à niveau de l’hôtel et pareille somme n’est plus du tout à la portée de notre ville déjà fort endettée. Comment diable financer de tels investissements ?

Beaucoup de Biarrots ont pensé que, tout simplement, la ville allait vendre le fonds de commerce et peut-être les murs au groupe Four Seasons. Ils étaient bien excusables car la communication de la mairie n’était pas spécialement claire à ce sujet.

« Une modalité de loyer de nature à permettre bien des dérives »

Une appréciation correcte du problème suppose d’en connaître les données.
Il faut d’abord savoir que Biarritz est l’une de seules villes de France à être propriétaire des murs et du fonds de commerce d’un « Palace ». Cet situation s’explique historiquement par la rachat du Palais en 1960 par la Ville afin d’éviter sa vente à la découpe et la constitution en 1961 de la Société d’économie mixte locale (SEML) SOCOMIX dont la ville est actionnaire à 65 % et qui s’est vue confier l’exploitation de l’établissement dans le cadre d’un contrat de location-gérance extrêmement favorable puisque le loyer est symbolique car basé, non point sur le chiffre d’affaires ou sur la valeur des biens donnés en location, mais sur les bénéfices (lorsqu’il y en a).

Chacun comprendra que la SOCOMIX émanation de la ville, ait pu bénéficier de conditions favorables, mais cette modalité de loyer était de nature à permettre bien des dérives et surtout à occulter un fait dérangeant, à savoir que l’hôtel du Palais est un établissement qui vit sous subvention municipale sous forme de loyer non pris. Très récemment, en 2010 la ville a reçu un loyer de seulement 91.000 €. Or, compte tenu de la valeur de cet hôtel, murs et fonds, de l’ordre de 200 M€, n’importe quel propriétaire exigerait un loyer de 4 millions d’euros par an. Ajoutez à cela les subventions d’équipement versées par la Ville de l’ordre de 1,5 millions d’euros par an et vous avez la participation de la ville au fonctionnement de l’établissement. Quant aux résultats, avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 20 millions d’euros, cet établissement ne dégage quasiment pas de résultat, ce qui ne laisse aucune marge pour le financement des travaux colossaux devenus indispensables pour la poursuite de l’exploitation.

« Four Seasons ne prenait aucun risque et ne finançait rien »

Certes, l’Hôtel du Palais est le fleuron de notre hôtellerie, mais il faut s’interroger sérieusement sur les décisions auxquelles notre municipalité va être confrontée.

La solution envisagée avec le groupe Four Seasons n’était pas une vente, ni des murs, ni du fonds, mais un simple contrat dit de gestion, fort mal baptisé car en réalité le gestionnaire demeurait toujours la SOCOMIX présidée par le maire de Biarritz. Le groupe Four Seasons dans le cadre de ce que l’on pourrait mieux désigner par un contrat de franchise, louait sa marque, son fichier client et détachait une équipe de coaches pour encadrer le fonctionnement. Vous aurez ainsi compris qu’il ne s’agissait même pas d’une prise en gérance, et que l’entière responsabilité de l’exploitation et des pertes éventuelles demeurait à la SOCOMIX, donc, indirectement à la ville.

Fous Seasons ne prenait donc aucun risque et ne finançait rien, hormis une somme de 7 millions d’euros, fort alléchante, promise comme ticket d’entrée, mais bien vite récupérée au travers de la redevance supportée par la SOCOMIX dans le cadre du contrat de franchise.

Alors, quid des travaux ? Eh bien les travaux devaient être financés par la SOCOMIX. Mais, la SOCOMIX n’est qu’une locataire gérante, dépourvue de patrimoine et ne peut donc emprunter auprès des banques. Comment va-t-elle trouver les financements ? Eh bien la ville va lui donner le fonds de commerce, ce qui se nomme un « apport » et, par ailleurs, lui consentir un bail emphytéotique des murs pour une durée de 60 ans. Ainsi les banques vont pouvoir inscrire une hypothèque sur les murs et la SOCOMIX va pouvoir lever les quelques 50 Millions d’euros qui lui sont nécessaires pour financer ses travaux.

Sur le papier tout cela semble fonctionner, sauf que …

La SOCOMIX affiche déjà 10 millions d’Euros d’endettement (reliquat de l’emprunt souscrit pour la construction du SPA).

Rembourser 50 millions d’Euros supplémentaires sur 20 ans, suppose le paiement de quelques 3,5 M€ par an, soit une augmentation de 17% du CA annuel, sans parler de la redevance due au franchiseur. On voit ici que le pari est de taille. Il y a dans cette affaire une prise de risque non négligeable car, si la croissance n’est pas au rendez-vous les dettes seront bien là.

« Une mise à niveau hors de portée de nos finances »

Les conséquences de ce montage peuvent être désastreuses si les résultats ne sont pas rendez-vous. Ce qui était proposé avec le contrat Four Seasons impliquait nécessairement en cas d’échec, la perte des murs et du fonds de commerce récupérés par les créanciers dans la procédure de faillite.

De fait, malgré les conditions plus que favorables dont cet établissement a bénéficié pendant cinquante-cinq ans, il faut déplorer que les équipes municipales qui se sont succédées, au moins depuis 20 ans n’aient pas provisionné les travaux nécessaires. L’outil a été exploité jusqu’à la corde dans le cadre d’une gestion bien peu rigoureuse stigmatisée par la Chambre Régionale des Comptes. J’invite ceux qui le souhaitent à une relecture du Rapport d’observation de 2013 (disponible sur le site de la Chambre ou sur le mien) qui met en évidence des gratuités d’un montant phénoménal, près de 200.000 € par an pendant les sept années de la période contrôlée, sans parler des voyages de l’épouse du Directeur qui n’avait aucune fonction dans l’établissement, outre bon nombre d’anomalies de gestion.

Le dernier cadeau empoisonné de Didier Borotra a été décrocher l’appellation « Palace » pour le Palais, ce qui oblige à une mise à niveau hors de portée pour nos finances.

Le quadruple objectif affiché par M. Veunac, tout à fait louable, qui consiste à ne pas se défaire des murs ni du fonds, conserver le niveau « Palace », ouvrir douze mois par an et conserver les 180 salariés, procède de la recherche de la quadrature du cercle.

Il convient de réfléchir sérieusement aux choix qui vont être faits et qui nous engagent pour les trente ans qui viennent.

« Je m’interroge sur la légalité du montage »

Pour ma part, je m’interroge sur la légalité de ce montage car une SEML n’a pas vocation à gérer autre chose que des activités d’intérêt public et la gestion d’un Palace ne procède pas de l’intérêt public ( http://www.collectivites-locales.gouv.fr/societes-deconomie… ).

La hauteur des engagements à envisager est telle et les risques sont tels qu’il n’est pas possible de suivre ceux qui voudraient jouer la surenchère et emprunter encore plus pour satisfaire aux exigences de Four Seasons qui veut une enveloppe de travaux de 64 millions d’euros ce qui, avec le financement des 23 mois d’arrêt d’activité porterait à 72 millions d’euros les emprunts nouveaux et à 82 millions d’euros l’endettement de la SOCOMIX.

Les gains escomptés d’une enseigne Four Seasons ne sont pas certains car, de plus le choix de cet opérateur suppose un repositionnement en termes de clientèle. Avec seulement 100 suites et des tarifs trois fois supérieurs la clientèle traditionnelle du Palais serait perdue. Est-on sûr de capter la clientèle hyper riche visée par Four Seasons à Biarritz ? En tout cas, le risque inhérent à ce changement de stratégie serait exclusivement supporté par la SOCOMIX autant dire par Biarritz. De surcroît la période n’est pas faste pour les palaces, comme en témoignait Christophe Laure, président de l’Umih Prestige, « C’est une crise jamais vue depuis 20 ans ». Madame Gwenola Dolet, directrice de France Hôtels & Hospitality estime qu’il faudra de cinq à sept ans avant que les Palaces retrouvent une activité normale (Express 3408 du 26.10.2016 « Le blues de Palaces).

La décision de M. Veunac de stopper les démarches avec Four Seasons apparaît donc sage.

« Vendre murs et fonds semble plus raisonnable »

En définitive, après ce balayage d’horizon, il ne reste plus qu’à faire le choix entre trois possibles :

– Emprunter de 50 à 70 Millions, faire les travaux et risquer de tout perdre dans un dépôt de bilan.

– Vendre le fonds de commerce en transférant la charge des travaux sur le preneur (prix de la cession) avec un bail commercial, ce qui nous éviterait d’avoir à emprunter et nous permettrait de recueillir un loyer dans quelques années.

– Vendre murs et fonds à un opérateur privé et retirer tout de suite une somme de l’ordre de 150 à 200 millions d’euros qui désengagerait la ville de ses dettes et permettrait la réalisation de tous les projets d’embellissements et le financement de tous les équipements qui font défaut, tels que piscine olympique, tribunes, falaises, parkings, réfection de voiries, etc…

Les deux dernières solutions semblent les plus raisonnables.

Pour ce qui est du bâtiment lui-même, il ne risque pas de s’envoler et les règles d’urbanisme nous garantissent de sa pérennité. Pour ce qui est du personnel, il se portera sûrement bien d’être intégré dans un grand groupe. Pour ce qui est de l’exploitation commerciale, il semble plus sain d’en laisser la charge à des opérateurs privés, bien mieux à même de faire prospérer un Palace. Tout le monde s’en portera mieux, la concurrence qui était quelque peu malmenée par un établissement vivant sous perfusion publique et surtout nos finances enfin épargnées.

Jean-Benoît Saint-Cricq

Pour Brisson, le mensonge d’un maire n’a rien de grave

Les administrateurs de l’Hôtel du Palais sont-ils des plantes vertes qui doivent se taire au nom de la raison municipale ? Le premier opposant semble le penser.

Max Brisson semble perplexe sur le dossier de l’Hôtel du Palais : on le comprend.

Si par un hasard improbable Nadine Morano avait été élue Présidente de la République, pensez-vous qu’Emmanuel Macron aurait accepté de devenir son Premier Ministre ? Probablement non. Dire de Max Brisson qu’il aurait fait un tout autre maire pour Biarritz que Michel Veunac frise l’insulte, tant les capacités de l’un mettent en évidence les cruelles limites de l’autre. De la même façon, dire que Max Brisson fera un bon sénateur s’il est désigné en septembre prochain par les grands électeurs du département relève de la même tranquille évidence, quand on connait sa passion pour sa ville et sa région et son sens du dialogue. Et ce n’est pas un membre des Républicains qui le dit !

Mais alors pourquoi diable, si ce n’est au nom d’un pacte de solidarité entre anciens adjoints, Max Brisson se sent-il obligé de voler au secours de notre Nadine Morano à nous, notre Michel Veunac bien-aimé, même quand son attitude est totalement indéfendable ?

Félicitations à Sud Ouest

Félicitons tout d’abord Sud Ouest pour sa façon de ne pas planquer l’information sous le tapis et pour son traitement très éclairé du dossier de L’Hôtel du Palais depuis des semaines. Sans le quotidien régional, les Biarrots ne sauraient pas grand-chose de ce qui se trame, pas plus que des soubresauts qui agitent le conseil d’administration de la Socomix, puisque, lors du dernier conseil municipal, personne ne s’est hasardé à évoquer les sujets qui fâchent.

Les faits sont désormais avérés et, selon les informations de Bisque, Bisque, Basque !, c’est la deuxième fois qu’ils se produisent. Tous les éléments concernant L’Hôtel du Palais et sa nécessaire rénovation n’ont pas été portés à la connaissance des administrateurs à qui l’on demande de faire de la figuration et de voter sans réfléchir comme leur maire. Arrivé quelques heures avant le dernier conseil d’administration, un document du cabinet d’études Price Waterhouse Cooper démontrant la pertinence du projet Four Seasons est délibérément resté sous le coude du maire qui voulait ouvrir les pourparlers à d’autres groupes hôteliers et en particulier à Accor.

Le Premier adjoint Guy Lafite, qui n’a vraiment rien d’un va-t-en guerre, estime que le vote « ne s’est pas fait à partir de données objectives » Il s’est abstenu ainsi que Marc Dhospital, tandis que Virginie Lannevère, Anne Pinatel, François Amigorena, Guillaume Barucq et Édouard Chazouillères votaient contre et faisaient publiquement part de leur indignation pour des méthodes qui, en droit pénal, pourraient valoir à Michel Veunac une condamnation pour « abus de pouvoir » si l’un d’entre eux portait plainte.

Et c’est alors qu’intervient le très étrange communiqué de Max Brisson, publié le 10 juillet sur sa page Facebook. Max se soucie du personnel et il a raison. Il propose même sur le sujet de l’Hôtel du Palis un referendum populaire, ce qui est une excellente initiative. Mais malheureusement, dans son rôle d’opposant ou prétendu tel au maire de la ville, il pousse son sens de la nuance à un point tel qu’on peut avoir le sentiment qu’il dit tout et son contraire.

Alerter ou mentir, qu’est-ce qui est le plus détestable?

Ce sont surtout les premières lignes de son communiqué qui laissent rêveur : « Le débat sur l’hôtel du Palais prend une tournure détestable. Ne peut-on obtenir des élus-administrateurs un peu plus de retenue et un traitement du dossier qui évite la polémique au grand jour ? L’hôtel du Palais est une entreprise, c’est à dire avant tout des salariés et ceux-ci méritent mieux que le spectacle que se livre au grand jour la majorité municipale. »

Pas un mot sur l’omission de Veunac qui relèverait pourtant du pénal si un des administrateurs la jouait combatif. Pas un mot sur son propre silence lors du dernier conseil municipal. Mais une pique totalement injuste envers les lanceurs d’alerte qu’ont été les administrateurs. Alors qu’ils ont refusé de se prêter à cette mascarade, Max semble les considérer comme des plantes vertes qui devraient se taire et se réjouir de leur simple jeton de présence. C’est l’école Borotra ?

Curieuse vision de la politique que celle qui, au nom de la raison d’État ou plutôt de la raison communale, voudrait qu’on taise tous les errements d’un élu. Curieuse vision que celle d’un conseil municipal ou d’un conseil d’administration où on ne verrait qu’une tête.

Virginie Lannevère, Anne Pinatel, François Amigorena, Guillaume Barucq et Édouard Chazouillères, en alertant l’opinion publique, ont parfaitement joué leurs rôles d’élus. Désolé, Max, mais ils méritent toutes nos félicitations.

Biarrots, vous êtes jugés trop cons pour savoir

Aguilera et le Palais, deux dossiers où la Ville joue son avenir, ont soigneusement été évités dans ce conseil municipal insipide où tout le monde a fait un gros dodo.

Pour les messes basses et les coups fourrés, pas de doute possible : Veunac est le champion.

Tempête à l’extérieur des murs de la mairie mais doux zéphyr à l’intérieur ! Si le système de désenfumage est tombé en panne, hier, pendant le conseil municipal, l’enfumage des citoyens, lui, continue de plus belle. Les contribuables biarrots savent depuis plusieurs semaines que la Ville s’apprête à doubler sa dette et emprunter l’équivalent de son budget annuel pour l’Hôtel du Palais, ils découvrent par Sud Ouest que cinq figures de la majorité municipale, et non des moindres, sont en désaccord profond avec la stratégie de Michel Veunac. Mais de tout cela pas un mot, hier soir !

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Il va donc vous falloir un sacré appétit pour vous engloutir les 4h30 de ce conseil, où les élus de la majorité comme de l’opposition ont pratiqué un détestable entre-soi, sourires entendus et petites phrases anodines, en se gardant bien d’évoquer les préoccupations des Biarrots et en laissant sous le tapis les sujets qui fâchent.

Fronde en coulisses de la majorité

Tout commence pourtant par un de ces tours de prestidigitations dont notre Majax local s’est fait une spécialité. Avec la Cité de l’Océan, l’aménagement du plateau d’Aguilera constitue un des dossiers majeurs du développement de Biarritz.

D’entrée de jeu, Michel Veunac annonce que le point 38 de l’ordre du jour est reporté à septembre. Tout le monde s’attend à ce qu’un conseiller de l’opposition demande la raison de ce report, mais visiblement personne ne sursaute. Difficile de croire pourtant que majorité et opposition n’ont jamais l’occasion de se parler.

Bisque, Bisque, Basque !  va donc se faire un plaisir de vous révéler les raisons de cette dérobade inopinée. Il faut savoir tout d’abord que depuis 2014 Michel Veunac a beaucoup plus de soucis avec sa turbulente majorité qu’avec son opposition. Lors de la dernière réunion du groupe majoritaire, le projet présenté par le maire pour l’aménagement de la ZAC d’Aguilera était tellement ruineux que la réunion a tourné au pugilat verbal et que les conseillers ont annoncé qu’ils voteraient contre s’il était présenté au conseil municipal. D’où cette retraite en rase campagne, qui agace le maire, tandis que l’opposition a raté une belle occasion de se montrer taquine.

Ortiz à la place de Saint-Cricq

Élection du conseiller communautaire.

Seule bonne nouvelle de la soirée pour Veunac, il est encore légèrement majoritaire dans son propre camp. L’avocat Jean-Benoît Saint-Cricq s’étant aperçu qu’il ne peut continuer à être conseiller communautaire pour des raisons professionnelles, puisqu’il défend une des communes concernées, il faut donc procéder à une nouvelle élection. L’élégance aurait voulu qu’on laisse le poste à Frédéric Domège de l’opposition, mais c’est Laurent Ortiz qui l’emporte avec douze voix, tandis qu’Édouard Chazouillères, peu en cour auprès du maire, et Frédéric Domège ne recueillent que dix voix. S’ensuit alors un très long débat à fleurets mouchetés sur le budget où un Max Brisson amaigri et donc plus agile se livrera, avec le talent qu’on lui connaît, à un grand numéro ondoyant dont il a le secret entre « l’effet d’aubaine » et « le poids de la dette qui demande de la vigilance ». Les sénatoriales approchent et il s’agit de ne fâcher personne.

Jean-Benoît Saint-Cricq évoquera bien « Le David Copperfield des Finances locales » Guy Lafite, mais visiblement tout le monde s’ennuie ferme dans ce conseil, alors que depuis des semaines, tout Biarrot qui se respecte sait que les langues sont agiles, les propos acides et les condamnations définitives entre élus pour fustiger l’incompétence de Veunac ou la lâcheté de tel ou tel.

Hôtel du Palais : seuls les élus ont le droit de savoir

Et ce n’est pas l’intervention de Maïder Arosteguy demandant au maire de recevoir les élus pour faire le point sur les négociations en cours de l’Hôtel du Palais qui vont réveiller la salle ou amener l’opposition à exiger des précisions publiques. Veunac promet de recevoir tout le monde en réunion privée la semaine prochaine, ce qui permettra à chacun de briller dans les dîners en ville, mais personne ne s’étonne que le maire ne fasse pas le moindre point public sur ce dossier brûlant.

Entre les repus qui ont obtenu le fromage qu’ils convoitaient, les factieux qui attendent leur heure pour sortir les couteaux et « tuer » Veunac, les prudents qui ne veulent pas insulter l’avenir et les lucides qui ont compris qu’ils ne servaient à rien, ce conseil de copains et de coquins a été désespérant de non-dits et de faux-semblants.

Contribuables biarrots, hier soir vous avez été jugés trop cons pour que l’on se soucie de vous donner des informations, comme on doit le faire dans une démocratie. Mais, soyez tranquilles, comme pour la Cité de l’Océan, on se souviendra de votre existence au moment de vous présenter l’addition.

 Lettre ouverte à la magnifique opposante Maïder Arosteguy

 Chère Maïder,

Lors de la très brève séquence consacrée à L’Hôtel du Palais, pendant ce conseil municipal, vous avez fustigé les « blogs de gens qui n’y connaissent absolument rien, » (Jacques-André Schneck et moi, je suppose) et demandé au maire à être tenue informée des négociations en cours. Vous avez tout à fait raison, Maïder, je n’y connais absolument rien, en dehors de ce que je paie comme impôt. C’est pour cette raison que je me garderai bien de me présenter à une quelconque élection, car je n’ai ni votre culture, ni votre intelligence, ni votre hauteur de vues.

Opposante farouche de la majorité municipale depuis vos débuts politiques en 2008, vous avez toujours manifesté, que ce soit sous Borotra ou Veunac, une fermeté dans vos convictions, une constance dans l’engagement politique, un souci de la moralisation de la vie publique au moment de l’affaire Fillon qui font rêver. Et je ne vous cache pas que j’ai une admiration particulière pour le combat de tous les instants que vous avez mené contre le Front national entre les deux tours de la présidentielle.

La politique est décidément injuste : comment un talent comme le vôtre a -t-il pu être aussi sévèrement battu lors des législatives 2017 ? À moins que dans votre domaine, vous non plus n’y connaissiez pas grand-chose.

En finir avec l’Hôtel du Palais

Il n’y a pas cinquante solutions quand on n’a pas les moyens. La Ville doit vendre le fonds et les murs du palace biarrot. Récit d’une gabegie qui dure depuis des décennies.

« Les Biarrots ne semblent pas se rendre compte qu’avec l’Hôtel du Palais, la mairie est en train de nous préparer une catastrophe industrielle qui va être bien pire que celle de la Cité de l’Océan », rapporte ce fin connaisseur de la vie municipale. Si Sud Ouest a informé avec beaucoup de précision ses lecteurs sur ce dossier brûlant (plusieurs très bons articles en ce mois de juin), nul doute qu’un petit décodage façon Bisque, Bisque, Basque !  vous aidera à y voir plus clair.

S’il n’y avait en jeu une bonne soixantaine de millions d’euros et si nous n’étions pas des contribuables biarrots, on pourrait presque rire des reculades, postures et éternelles hésitations du grand timonier chargé de piloter ce dossier, le très indécis Michel Veunac.

Le premier coup de tonnerre attendu survient en 2015. Le seul palace au monde appartenant à une ville a cinq ans pour se mettre aux normes et la rénovation est estimée autour de 50 millions d’euros. Après une hésitation entre Four Seasons et Starwood, les deux acteurs majeurs de l’hôtellerie de luxe, Michel Veunac annonce le 8 avril 2016, les fiançailles de la Ville avec le géant canadien, qui a le bon goût de mettre dans le panier commun 7 millions d’euros. Mais la lune de miel ne va pas se passer aussi bien que prévu et notre inénarrable Veunac provoque la rupture en juin 2017 et lance un nouvel appel d’offres qui devrait se conclure le 31 octobre. De l’art de perdre dix-huit mois, alors que le temps presse !

Veunac : « Qu’est-ce qu’ils disent ? »

« Que les partenaires passent des mois à s’escrimer, c’est assez normal en affaires, mais dans ce cas, les équipes chargées de négocier venaient de milieux trop différents. Cela a produit un clash culturel », analyse Virginie Lannevère, administratrice de la Socomix et conseillère municipale dans Sud Ouest (28/6). Le « clash culturel » suavement évoqué par la conseillère municipale qui, a travaillé une bonne décennie dans le secteur de l’hôtellerie de luxe mérite d’être détaillé.

Ne faisant confiance à personne et surtout pas à ses adjoints, Michel Veunac, dont le niveau d’anglais est proche d’un élève de sixième, a voulu piloter toutes les réunions mais a refusé d’engager un traducteur. D’où d’interminables quiproquos se terminant par les « Qu’est-ce qu’ils disent ? » du maire et l’agacement du géant canadien face à un interlocuteur qui n’a pas la moindre idée de ce qu’est une conversation d’affaires en anglais.

Quand Michel Veunac affirme que la raison de la séparation avec Four Seasons est le coût des travaux de 64,5 millions, alors qu’il ne veut pas dépasser une enveloppe de 50 millions d’euros, il nous mène en bateau. Quand il dit qu’Accor qui a racheté Fairmont pourrait devenir un partenaire intéressant, il est beaucoup moins loin de la vérité. En effet, il aurait cette fois face à lui des interlocuteurs français et pourrait délivrer nombre de ces phrases ronflantes dont il a le secret. Mais les cinq administrateurs de la Socomix qui se révoltent à juste titre contre cette décision en criant au fou (Amigorena, Pinatel, Chazouillères, Barucq et Lannevère) ont parfaitement conscience du désastre qui s’annonce. Le luxe est un segment très spécialisé et, sans offenser le groupe Accor jusque-là spécialisé dans le secteur des cadres supérieurs, on ne remplace pas une boutique Dior par un marchand de kebab quand on veut rester dans le haut de gamme. Malheureusement ces cinq membres de la majorité municipale liés par l’étrange assemblage majoritaire concocté par Veunac en 2014 n’en disent pas plus et c’est bien dommage.

Le patrimoine des Biarrots ? quelle vaste blague !

Les Biarrots sont très attachés à « leur » Hôtel du Palais et on les comprend. Mais ils se fourvoient totalement quand ils estiment que ce beau bâtiment fait partie de leur patrimoine. Quand on hérite d’un bien immobilier ou d’une entreprise familiale, on peut en profiter. Y a-t-il un Biarrot qui a obtenu la moindre réduction dans ce palace en arguant de sa qualité d’habitant de la ville ? Au contraire, depuis des décennies – et c’est particulièrement choquant ! -, les Biarrots financent avec leurs impôts locaux les vacances des Fillon, Le Maire ou autres Macron, des pauvres malheureux qui n’osent pas s’adresser au Secours populaire pour s’offrir un séjour à la mer.

Vous n’y croyez pas ? C’est la Chambre régionale des Comptes qui a relevé que sous Borotra, la Ville touchait annuellement 170 000 euros de redevance mais dépensait plus de 200 000 euros par an… sans le moindre justificatif. Borotra invitait à hue et à dia et les contribuables biarrots payaient.

Sans compter les risques encourus face à cette situation économique aberrante ! Jean-Benoît Saint-Cricq s’est escrimé, tout au long du dernier mandat de Borotra, à dénoncer cette situation en soulignant que la Ville risquait une amende fort salée du Conseil de la Concurrence et des Prix, si un hôtelier s’avisait de se plaindre d’une concurrence déloyale. En effet, pour une entreprise de ce type, le montant de la redevance s’élève généralement à … deux millions de francs annuels.

Quand on s’extasie sur la très bonne année 2016 effectuée par le palace biarrot, avec une redevance versée à la Ville de 355 000 euros, on constate qu’on est encore fort loin du compte.

Une magnifique machine à corrompre

Mais tout cela, les élus se gardent bien de le dire, car ils y tiennent à leur Hôtel du Palais qui leur permet de fréquenter des politiques de niveau national ou de se faire des obligés. Sous Borotra, le directeur de Sud Ouest, Pierre Jeantet, grand passionné de corridas, était régulièrement invité au Palais avec son épouse. Bon courage ensuite aux journalistes locaux pour se permettre la moindre critique sur la politique municipale dans les pages du journal ! Et tous les employés du palace biarrot de décrire avec consternation les agapes récurrentes et répétitives de nos élus dans l’établissement. Grand connaisseur de l’âme humaine, Didier Borotra savait jouer des deux machines à corrompre à sa disposition, le Foro et le conseil d’administration de L’Hôtel du Palais, pour calmer toute velléité d’opposition. On se souvient tous avec amusement, en 2008, de « l’opposante » Maïder Arosteguy, déjà naturellement pas très gaillarde dans sa contestation, et devenue d’accord sur tout avec le maire du jour où elle a intégré le conseil d’administration du prestigieux établissement.

Si les excès sont devenus un peu moins voyants avec Michel Veunac – on se doit de lui rendre justice ! -, personne n’a oublié son air ravi quand il s’est trouvé en présence d’Emmanuel et Brigitte Macron, l’été dernier.

Nul doute donc que le palace biarrot est un joujou fort commode pour saupoudrer d’étoiles les yeux de nos politiques locaux, mais est-ce la vocation d’une Ville d’être propriétaire d’un palace ? Bien sûr que non !

Deux siècles minimum pour retomber sur ses pieds

Et c’est là où le débat posé par nos élus – Four Seasons ou Accor, 64 ou 50 millions d’euros de travaux – relève de la mystification totale. Quand un automobiliste passe son véhicule au contrôle technique, il n’a pas le choix. Soit il effectue les réparations demandées, soit il cesse de rouler. Comme le précise François Amigorena dans sa page Facebook, (https://www.amigorena.fr/actualites/hotel-palais-four-seasons-accor-etc-quelques-necessaires-eclaircissements/) « l’architecte qui a audité le bâtiment parle de multiples pathologies (béton, plancher, toiture, édicules, mascarons, corniches, etc). La rentabilité actuelle de l’hôtel ne permet en aucun cas de faire face au niveau d’investissement nécessaire. Pour exemple, les seules reprises structurelles concernant les planchers, le clos couvert, les toitures et le désamiantage/déplombage s’élèvent à elles seules à plus de 9 millions d’euros. »

Pour que l’établissement garde sa classification palace, il va donc falloir au bas mot trouver 70 millions d’euros car il est sûr que comme toujours le coût sera plus élevé que prévu.

Si l’on se fie à l’année 2016 jugée exceptionnelle en termes de fréquentation qui a rapporté 355 000 euros à la Ville, il faudra donc plus de deux cent ans (intérêts non-compris) pour que Biarritz retombe sur ses pieds. Sans compter les aléas du tourisme et des menaces terroristes qui peuvent donner envie aux touristes d’aller voir ailleurs.

Et qu’on ne nous parle pas de vendre le fonds tout en gardant les murs ! Sachant qu’au maximum le fonds vaut 10 millions d’euros et que les travaux restent à charge du propriétaire, on voit bien que cette hypothèse est une impasse totale.

Puisque la municipalité peut très bien modifier son Plan Local d’Urbanisme (PLU) pour conserver la vocation hôtelière du périmètre et éviter qu’un promoteur avisé ne transforme le bâtiment en appartements de luxe, on ne voit pas pourquoi la Ville s’apprête à se lancer dans un emprunt totalement déraisonnable au vu de l’état des finances municipales. D’autant plus que question patrimoine, les Biarrots ne seront propriétaires que d’une dette et que ce sont les banques, via la Socomix qui deviendront les vrais propriétaires du prestigieux bâtiment.

Une offre qatarie écartée en 2014

Selon nos informations, notre petit cachottier de Veunac s’est bien gardé, au moment où il prenait le pouvoir en 2014, de rendre publique une offre qatarie à hauteur de 185 millions. Vu la dégradation constante du bâtiment, il est probable qu’il se vendrait désormais un peu en dessous. Mais quand on sait que la dette actuelle de la Ville tourne autour de 90 millions d’euros (soit 3600 euros par habitant !), comment imaginer autre chose qu’une vente de l’établissement, alors que tous les jours nous pâtissons du système Borotra. Beaucoup de poudre aux yeux, de clinquant à l’image de la Cité de l’Océan et aucun travail de fond, une voierie hors d’âge, des bâtiments délabrés et le sentiment que la Ville est sale.

Vendre L’Hôtel du Palais permettrait d’apurer la dette, de remettre la ville à niveau et les seuls qui en pâtiraient vraiment seraient les élus, ce qui ne paraît pas dramatique en ces temps de moralisation de la vie publique.

Si votre voisin possède une rutilante Ferrari et que pour mettre de l’essence dans sa voiture, il ne donne plus à manger à ses enfants, penserez-vous que c’est un bon père ?

Le temps des joujoux mis au service des politiques est révolu. Il faut vendre !

 

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