Une opposition sur-vitaminée et un maire dépassé

Pour une broutille de 7,8 millions d’euros, Veunac n’a même pas jugé bon de convoquer la commission des travaux et met l’opposition devant le fait du prince.

Efficace et combative, Maïder Arosteguy pour la première fois de sa carrière de conseillère municipale, s’est comportée en véritable opposante.

Novembre étant le mois où l’on énonce, devant le monument aux morts, le nom de nos chers disparus, l’appel des présents en entame de ce conseil municipal, est donc parfaitement conforme aux traditions : Castaignede ? Poueyts ? Ricord ? Pradier ? Vial ? Lannevere ? De Bailliencourt ? Bonnamy ? Tous disparus avec une bonne excuse, du style grippe de la palombe, rhume du cèpe ou angine du chipiron. Presque un tiers de défections au sein de la majorité (8 sur 26) quand l’opposition se présente au complet, guêtres lustrées et sabre au clair, voilà qui est révélateur du profond malaise de l’équipe qui nous dirige dans le sillage de son grand leader charismatique Veunac. L’absentéisme n’est jamais innocent.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Le contenu de ce conseil municipal s’avère pourtant hautement stratégique puisqu’il faut voter une enveloppe de 7,8 millions de travaux d’aménagements extérieurs pour L’Hôtel du Palais sans savoir qui va diriger l’établissement. Veunac se veut rassurant : « Le financement sera effectué à 100 % par la Socomix » grâce à un prêt-relais obtenu « dans de très bonnes conditions » Sauf que la Socomix est une coquille vide et qu’au final l’ardoise sera bien pour les Biarrots.

Coucou, revoici Vinci !

Est-ce l’absence de son encombrant voisin parti se prélasser sous les ors du Palais du Luxembourg qui la galvanise ? Pour la première fois depuis qu’elle fréquente ce lieu, Maïder Arosteguy va se montrer nette, tranchante et incisive et remplir pleinement son rôle d’opposante : « À la lecture des lignes que nous avons reçues, j’ai cru que nous étions revenus en 2012. Après des mois et des mois de revirements et une ardoise d’un million d’euros en frais d’études diverses et variées, j’attends que nous réfléchissions à une stratégie. Vous nous demandez de voter 7,8 millions de travaux, mais le permis n’est pas passé par la commission des travaux qui ne se réunit jamais. »

Et Maïder d’enfoncer le clou et de dénoncer des méthodes en droite ligne avec les pratiques de Borotra : « Le fonctionnement de la Ville est anormal et rend notre action très problématique. Je suis obligée de dénoncer l’incohérence de ces travaux et je m’étonne qu’ils aient été attribués à Vinci plutôt qu’à Eiffage qui fait travailler les entrepreneurs locaux. Vinci a une longue histoire avec Biarritz et on peut se demander si ce n’est pas un renvoi d’ascenseur »… Oh Maïder, comme si c’était le genre de la mairie !

Fidèle à ses habitudes, Veunac se garde bien de répondre sur le fond et déplore les remarques de l’opposante sur la dégradation de l’établissement : « Ce n’est pas dans l’intérêt de la Ville que de tenir des propos comme les vôtres. La Socomix est maîtresse de ses décisions, il ne faut pas dire n’importe quoi. Nous avançons au milieu des jugements hâtifs et non vérifiés. Il ne faut surtout pas flinguer. L’Hôtel du Palais se porte bien »

Couplet extraordinaire : selon Veunac, l’opposition ne devrait donc évoquer aucun sujet qui fâche sous prétexte que cela peut nuire à l’image de l’établissement. Quelle idée de la démocratie !

Veunac : « Vendre serait une grave erreur »

Alors que les hypothèses de vendre le fonds ou les murs sont évoquées, Domège et Darrigade sonnent à leur tour la charge.  Frédéric Domège qui s’efforce souvent de concilier les inconciliables est bien obligé de faire un constat accablant : « On arrive à quatre ans de mandat et ce projet donne l’impression de traîner, même si ces travaux sont absolument nécessaires et doivent être faits » Mais c’est Bénédicte Darrigade qui va se montrer la plus féroce sur la méthode Veunac : « Nous traînons et avons le sentiment que vous ne voulez pas envisager d’autres solutions, ce qui interdit tout débat. Je suis dépitée car vous êtes toujours ravi, tout va très bien, vous êtes très content de vous et nous ne pouvons débattre. »

Et comme pour confirmer les dires de Bénédicte Darrigade, le roi de la banalité sentencieuse, accessoirement maire de Biarritz, de conclure sans la moindre argumentation : « Je crois que ce serait une grave erreur de vendre le Palais. On a choisi une voie, cette voie nous la poursuivrons ! »

On va dans le mur, mais allons-y gaiement !

Saint-Cricq : « Nous pataugeons dans l’illégalité depuis 55 ans »

Saint-Cricq à Veunac : « Je n’aimerais pas être votre comptable ».

Jean-Benoît Saint-Cricq va se charger de ramener le débat sur le fond, même si la colère de l’opposition l’émoustille : « Je constate que la température monte dans ce conseil municipal. Sur le plan de l’exploitation, les chiffres sont bons, mais lorsqu’on a 50 millions de travaux à faire, au bas mot, on ne peut pas dire que le Palais se porte bien. Guy Petit a pris une bonne décision, il y a cinquante-cinq ans en sauvant l’Hôtel du Palais, mais cette situation de gestion municipale aurait dû être temporaire. Il n’est pas de la vocation d’une municipalité de piloter un palace. Je crains que nous ne pataugions dans l’illégalité depuis cinquante-cinq ans. La négligence de l’entretien du gros œuvre nous amène à des décisions urgentes »

Et le spécialiste du droit immobilier de pointer du doigt les failles juridiques de ce montage :

« La Socomix, locataire-gérante, va engager pour 9,5 millions de travaux TTC, ce qui pose une difficulté juridique. Si l’on se fie à l’article 555 du code civil, nous allons nous retrouver dans une situation embarrassante quand le bail va prendre fin en 2023. Je n’aimerais pas être votre comptable »

Veunac démarre au quart de tour, « Nous avons un excellent service juridique », mais se fait moucher dans la seconde par l’avocat biarrot : « Le Conseil d’État a dit en 2014, ce que valaient vos juristes à propos de la Cité de l’Océan ».

Jean-Benoît Saint-Cricq déplore ensuite le propos surréaliste du maire souhaitant qu’on ne dise pas de mal de son fleuron hôtelier.

« Cet hôtel appartient à la Ville. À quoi sert-on si on ne peut pas débattre en tant que conseillers municipaux ? Cet hôtel bénéficie de conditions de location qui ne sont pas normales, la Cour des Comptes vous l’a dit (NDLR : 370 000 euros de redevance annuelle, alors que Biarritz pourrait prétendre à 3 millions) Il faut aborder d’autre pistes, confier la cession du fonds de commerce à un groupe relève du bon sens. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs, ce que vous êtes en train de faire »

Et le grand démocrate Veunac de répondre à cette salve par une de ces formules toutes faites qu’il affectionne « Je vous remercie de vos conseils, mais on ne change pas au milieu d’un gué et on va continuer »

Lafite : « La vente? Je n’ai pas de tabou »

Heureusement Guy Lafite, étrangement serein et détaché comme s’il en avait sa claque de l’incompétence de son supérieur, comprend qu’on ne peut pas se contenter de botter en touche et va amener un peu de clarté au débat : « Je regrette que Four Seasons n’ait pas poursuivi, car c’est un très beau groupe. Ces travaux constituent une première tranche qui permet de raccourcir la deuxième (NDLR : Les travaux sur la structure du bâtiment) et de fermer moins longtemps L’Hôtel du Palais » Et mine de rien, l’habile Premier adjoint va glisser un sacré caillou dans la chaussure de Veunac : « La vente ? Je n’ai pas de tabou. Mais, à partir du moment où nous vendons, un groupe peut décider de fermer pendant l’hiver pour se concentrer sur les mois les plus rentables, ce qui met en danger le personnel. Quant au problème juridique que vous soulevez, il est réel. Avec cet emprunt, il faudra renforcer le Socomix et la logique sera d’apporter le fonds de commerce dans la corbeille de noces »

Jean-Benoît Saint-Cricq se sent rassuré : « Dit comme cela, ça va beaucoup mieux ! »

Même sa majorité ne prend plus Veunac au sérieux.

 Et à ce moment-là, l’assemblée partagée entre le rire sous cape et la consternation, entend la petite voix geignarde que sait prendre Michel Veunac quand il est dépassé : « Mais j’ai dit la même chose ! ».

« Pas du tout ! » rétorque l’avocat.

Veunac, lippe boudeuse d’enfant contrarié, tente encore de se faire entendre dans l’indifférence générale : « C’est ce que j’ai dit !», tandis que les absents de la majorité, sans doute spectateurs du conseil devant leurs écrans, doivent se féliciter de leur décision.

Allez, Michel, rendors-toi au fond de la classe à côté du radiateur. On t’appellera quand on aura besoin…

« Sud Ouest » ne doit pas connaitre Saint-Cricq

S’il y a dans l’opposition municipale un leader tenace et compétent, c’est bien l’avocat biarrot. Mais – hasard ? -, le quotidien régional n’a même pas le réflexe de le citer.

Pour une fois majorité et opposition sont parfaitement d’accord pour annoncer que le prochain conseil municipal, vendredi 17 novembre à 18 heures, sera copieux. Entre L’Hôtel du Palais et l’aménagement d’Aguilera, le menu s’annonce bourratif et les douceurs de fin de repas risquent de se faire attendre. Et côté condiments, on risque d’assister à une belle course à l’échalotte entre d’un côté les élus de la majorité qui s’efforceront de faire entendre leurs voix malgré le marmiton en chef Veunac, grand spécialiste de la cuisine à l’étouffé, et de l’autre les élus de l’opposition qui tenteront de prendre la place qu’occupait Max Brisson, même si ce dernier n’a guère montré d’enthousiasme et d’alacrité dans ce rôle de premier opposant.

Mais visiblement, notre quotidien régional favori ne doit pas assister aux mêmes conseils municipaux que Bisque, Bisque, Basque ! affirmant, le 9 novembre dernier, « L’opposition se cherche un leader », après avoir interrogé les seuls élus Républicains, Maïder Arostéguy et Frédéric Domège.

Si les deux élus déplorent unanimement la valse-hésitation permanente de Veunac : « C’est difficile de s’investir pour ou contre un dossier quand il y a si peu de projets qui sortent », le propos reste fort policé et l’on sent bien que personne ne tient à montrer ses cartes dans la perspective de 2020, ou pire de 2021 car il est question de repousser d’un an la date de l’élection municipale (Une bonne nouvelle pour le portefeuille personnel de Veunac, mais certainement pas pour les Biarrots !).

L’opposition très suave de Maïder Arosteguy

Fraîchement élue en 2008, Maïder Arostéguy, après avoir successivement lâché Saint-Cricq puis Destizon, s’était distinguée par une opposition… très suave à Didier Borotra, n’hésitant pas à voter avec la majorité municipale en faveur de la Cité de l’Océan. Depuis, notre sémillante conseillère a fait prospérer sa petite entreprise. Un petit tour à l’UDI, avant de bien vite se rabattre sur Les Républicains, à ses yeux beaucoup plus porteurs. Si Fillon avait moins aimé l’argent, le coup aurait pu être parfait et Maïder se retrouver députée au lieu de se contenter d’un mandat de conseillère départementale. Ce département, où il est prudent politiquement de n’indisposer personne, ce qui explique des interventions toujours très nuancées, voire timorées lors des conseils municipaux. Si Maïder Arostéguy a des idées novatrices pour l’avenir de Biarritz, le moins que l’on puisse dire est qu’elle les cache bien.

 Frédéric Domège, le bon copain

Fin connaisseur de la ville, ayant participé à la gestion de Biarritz sous Borotra, Frédéric Domège, et c’est une de ses grandes qualités, a gardé de solides amitiés dans tous les camps. « Veunac échange sans doute beaucoup plus avec moi qu’avec ses troupes » s’amuse-t-il. Et le malicieux Frédéric n’est pas loin de la vérité. Mais l’ancien joueur du PUC qu’il est doit savoir que le temps du match au moins, il faut savoir détester ses adversaires même si on boit une bière avec eux après le coup de sifflet final. Pertinent dans ses interventions que ce soit sur le tram ou la circulation, indispensable dans une équipe par le liant qu’il met, Domège ne s’est jamais attaqué frontalement à Veunac et à sa façon de gérer la Ville, persuadé sans doute qu’il pourrait être de la prochaine recomposition municipale et se retrouver à nouveau du bon côté de la barrière.

Richard Tardits l’intermittent

Sa très belle campagne de terrain en 2014 est désormais bien loin. Richard Tardits a toujours dit qu’une cure d’opposition ne le tentait guère et il participe aux séances du conseil municipal avec l’enthousiasme d’un buveur repenti prenant son Baclofène. Dommage, car avec un maire aussi inexistant que Veunac, avec un Max Brisson à l’opposition plutôt fluctuante et imprévisible, il pouvait profiter du boulevard politique qui s’offrait à lui et montrer aux Biarrots qu’il avait plein d’idées (ce qui est une évidence pour ceux qui le connaissent !) Au lieu de cela, il prend son mal en patience, intervenant peu et ne proposant guère. On en connaît un certain nombre au sein de la majorité, les Amigorena, Barucq ou Chazouillères, obligés de ronger leurs freins en silence et de couvrir les boulettes du patron, qui adoreraient être à sa place pour montrer qu’ils ont du talent !

Le patron, c’est Saint-Cricq

Reste le grand oublié de Sud Ouest. L’homme a pourtant été le premier à s’opposer à la Cité de l’Océan quand tout le monde croyait, dans le sillage de Borotra, qu’allait sortir de terre une machine à cash. Le même a fait gagner de l’argent, beaucoup d’argent aux contribuables biarrots grâce à ses recours en justice. Depuis plusieurs mandats, il dénonce l’utilisation faite par la Ville de L’Hôtel du Palais et là aussi les faits lui donnent raison. Il est des signaux qui ne trompent pas. Vous remarquerez, quand il prend la parole, comme le silence se fait dans les rangs de l’opposition comme de la majorité. Et Veunac a beau lever les yeux au ciel ou simuler une de ses fausses colères qu’il affectionne, le verbe est ciselé, les faits énoncés vérifiés et le bon sens de sortie. Car en plus de son talent d’orateur, Jean-Benoît Saint-Cricq est un gros bosseur qui a une haute idée de son mandat et n’arrive jamais les mains dans les poches. Fin juriste, il cherche, fouille et met immanquablement la majorité municipale face à ses contradictions.

La cure d’opposition a l’immense avantage de permettre de repérer les talents et les caractères : Saint-Cricq a tout connu, les micros coupés avec Borotra, les ricanements satisfaits des imbéciles qui ne savent plus comment se dépêtrer de La Cité de l’Océan ou même les invectives à son encontre, mais il n’a jamais flanché ni tenté de pactiser avec la majorité. Sur tous les dossiers majeurs de la Ville, il a toujours eu raison avant tout le monde et ne s’est jamais trompé.

Mais son talent est tellement évident qu’il a dû échapper à Sud Ouest !

AVC, comme Arrêtez Vos Conneries

En croyant bien faire, l’entourage amical de la victime d’un pépin de santé peut se montrer fort pesant et maladroit…

Franchement, après une semaine d’hôpital et six semaines en centre de rééducation, vous pensez véritablement que, lorsque je vous croise lors d’un de mes rares moments de liberté, la première chose que j’ai envie d’entendre est le récit détaillé du triple AVC de votre belle-mère ou celui de l’opération au cerveau de tonton Bernard ?  Et je ne vous parle pas de ceux qui faute de disposer d’un bel AVC saignant et frétillant, se rabattent sur la fistule anale de leur gardien d’immeuble ou la sonde urinaire de leur copine…

C’est une affaire entendue, que ce soit à l’hôpital de Bayonne ou au centre des Embruns à Bidart, j’ai découvert une médecine moderne et dynamique, mais surtout des professionnels remarquables, à l’écoute et attentifs à l’évolution de leur patient. Mais quel soignant va avoir la bonne idée de rédiger un guide-pratique à l’usage de tous ceux que le convalescent rencontre dans les jours qui suivent son accident de santé et qui se montrent souvent d’une maladresse crasse ? Témoignage vécu, garanti authentique.

« Tu n’as pas l’air trop diminué »

Vous arrivez et, sous prétexte de s’enquérir de votre santé, votre interlocuteur vous ausculte mentalement, vous jauge, vous évalue avant de constater, un peu dépité, « Tu n’as pas l’air trop diminué ». C’est promis, la prochaine fois, j’essaierai de m’appliquer davantage et d’arriver en fauteuil roulant, histoire de rester crédible. Et puis il y a le soupçonneux qui ne peut pas se contenter de la première impression, « J’ai bien vu que ton audition a morflé et que tu tendais l’oreille quand je t’ai parlé ». Mais non, banane, ça fait trente ans que je suis sourd comme un vieux pot !

Vient l’inévitable deuxième question quand on constate que physiquement je ne fais pas mon AVC : « Et la tête, ça va ? »  Au début, je me suis efforcé d’expliquer qu’aux Embruns, je faisais des pleins et des déliés dans des cahiers d’écriture, que je réapprenais à lire et que j’allais attaquer les multiplications et les divisions la semaine suivante, mais je me suis vite rendu-compte que pas grand monde ne percevait mon humour. Pire, certains y croyaient dur comme fer. Franchement, est-ce que je vous interroge sur votre dernière panne sexuelle, histoire que l’embarras change de camp ?

« Ta vie ne sera jamais plus comme avant »

Dans le centre de rééducation de Bidart, on croise des hommes et des femmes qui luttent chaque jour pour de dérisoires victoires, marcher avec une simple canne, faire ses premiers pas sans assistance dans un couloir, réussir comme mon copain Mario à enfin attraper le ballon de rugby avec les deux mains. Mais ces victoires qui nous rendent heureux comme un coureur qui accomplit son premier marathon, ne regardent que nous, notre famille et le personnel médical qui nous aide et encourage. Ceux qui me connaissent depuis plus de trente ans et qui se souviennent de mon long flirt avec la camarde, à l’époque de Tonton Mitterrand, me disent même « Tu es un double miraculé ». Et alors ? Je ne dois plus rire, chahuter ou raconter des vannes sous prétexte qu’effectivement je fais du rab ? Faut-il aussi que je prenne mon maillot de bain pour aller faire des longueurs dans le bénitier de l’église Sainte-Eugénie ou que, revêtu d’une robe de bure, je fasse brûler un cierge gros comme un baobab ? Par pitié épargnez-moi vos conseils et laissez-moi décider seul du chemin à suivre. Et évitez-moi le sempiternel, « Ta vie ne sera plus jamais comme avant » Elle sera mieux qu’avant, car j’ai décidé de devenir encore plus caustique, encore plus incisif, encore plus combatif… C’est bien connu, Dieu propose et l’homme dispose.

« Tu as eu peur, hein, avoue que tu as eu peur »

Chez d’autres, la maladie suscite des réactions incontrôlées ou irrationnelles. Écoutez-les attentivement et vous en saurez long sur leurs peurs profondes. « Tu as eu peur… Reconnais que tu as eu vraiment peur ». N’essayez pas d’expliquer que nous sommes des humains et que nous savons tous comment l’histoire se termine pour nous, ne racontez pas que vous vous sentiez bizarre mais serein aux urgences, prêt à franchir le pas et à accomplir le même parcours que votre père, décédé d’un AVC à 59 ans… Celui qui vous fait face ne vous écoute pas, et, tout à sa propre peur de mourir, ne croira pas un mot de ce que vous lui dites.

Alors c’est entendu, la boxe et le rugby avaient mis un joli désordre dans mes neurones qui se sont miraculeusement remis en place après l’AVC et sont plus intrépides et pétillants que jamais. Qu’on se le dise !

« C’est parfait, ça t’occupera ! »

Et puis il y a aussi tous ceux qui éprouvent soudain une immense compassion pour vous et ont une idée très précise de la rentabilisation de votre temps libre. « Tu dois te faire chier. Je t’ai envoyé une douzaine d’articles à lire et réécrire ». « J’ai une enquête super à mener sur Biarritz, je t’adresse les éléments » Sans parler de la bonne centaine de mails reçus chaque jour, tous exigeant une réponse immédiate. « Réponds-moi vite, ça fera fonctionner ton cerveau ». Ces bonnes âmes, bien décidées à me tirer du péril de l’oisiveté ne semblent pas avoir remarqué que ce blog est en quasi-déshérence, faute de temps à consacrer à une écriture personnelle, et que s’il y a une chose qui agace mes nouveaux neurones, ce sont bien les opportunistes.

Alors, si vous me croisez la prochaine fois, ne me parlez pas de vos expériences médicales ou de la façon dont je dois mener ma vie. Évoquez plutôt avec moi, le rugby, la littérature, notre inénarrable Veunac, ou ce petit producteur de vin de Bordeaux qui nous donne le sentiment de tutoyer le divin…

… Et quel est le mauvais esprit qui s’imagine que je parle du château virtuel Miller La Cerda ?

Pour ceux qui ont la mémoire courte : https://jeanyvesviollier.com/2016/10/31/le-chateau-mille-leurres-dalexandre-de-la-cerda/

Le lot de consolation offert à Nalpas

Max Brisson avait promis à son suppléant son poste au conseil départemental. Avant de se raviser et de lui proposer d’être son assistant parlementaire.

Qu’est-ce qu’on s’ennuierait si les politiques n’existaient pas !  La vie serait beaucoup moins drôle et on laisserait en route nombre de fous-rires provoqués par la façon qu’ils ont tous de faire de l’accrobranche et de tenter de masquer leurs grands écarts perpétuels sous des airs de raison, à l’image de ces gendres idéaux obligés de se coltiner leur belle-mère tous les dimanches ou de ces journalistes serviables chargés de rédiger la nécrologie, élogieuse forcément élogieuse, de gens qu’ils détestaient cordialement.

Ne ratez donc sous aucun prétexte l’article du nouveau sénateur Max Brisson, publié dans le Huffington post où notre nouvel élu explique qu’il doit « choisir entre deux mandats, entre le cœur et la raison ».

http://www.huffingtonpost.fr/max-brisson/choisir-entre-deux-mandats-entre-le-coeur-et-la-raison_a_23245730/

« Max-le-maigre » comme le surnomme l’impertinente Marquise de La Semaine du Pays basque depuis qu’il est au régime, a visiblement coché la case sport dans son programme minceur et il rame, il rame, il rame pour nous expliquer le bien-fondé de son choix. Pour un peu il nous tirerait des larmes sur son triste sort de néo-cumulard : « Le cœur fait pencher pour Biarritz, ma ville pour laquelle j’ai une réelle passion. La raison me conduit pourtant à choisir le département. » Pas étonnant après un tel déchirement que notre néo-sénateur, pour qui j’éprouve une réelle sympathie ce n’est un secret pour personne, se soit délesté en route de quelques dizaines de kilos !

Une part de vérité… Une part seulement !

Comme toujours dans les déclarations de politiques, il y a une part de vérité, et l’on ne doute pas que laisser le champ libre à Veunac sur Biarritz soit un crève-cœur pour Max. Ensuite, c’est l’histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide. Ses détracteurs diront que comme par hasard, Max choisit le mandat rémunérateur et qu’il abandonne le mandat qui ne rapporte rien. Ses soutiens mettront en avant sa technicité et l’inquiétude de Jean-Jacques Lasserre qui trouvait le conseil départemental un peu dépourvu de pointures.

Nalpas, Durand-Purvis, Brisson, lors des élections départementales (Photo Sud Ouest)

Reste qu’en politique, et ce n’est pas Max Brisson qui dira le contraire, on parle toujours trop. Grand seigneur pendant la campagne des sénatoriales, il avait promis à son suppléant au conseil départemental, Philippe Nalpas, de lui laisser la place. Ou du moins c’est ce que ce dernier avait cru comprendre. D’où une grosse amertume du suppléant qui s’y voyait déjà en découvrant que Max allait abandonner son rôle d’opposant au conseil municipal et céder sa place au suivant sur la liste Alain Puyau. À l’idée de perdre Nalpas, embarras de Max Brisson qui n’est pas sûr de réussir à aligner deux tables de belote avec ses fidèles, avant de trouver LA solution.

«  Les nouvelles vont vite ! »

Philippe Nalpas est très surpris du coup de téléphone de Bisque, Bisque, Basque ! « Décidément, les nouvelles vont vite ! » avant de reconnaître avec franchise qu’il est en pourparlers avec Max. « Oui, j’ai eu l’occasion de dire à Max ce que je pensais et j’ai été très agréablement surpris qu’il me propose un poste d’assistant parlementaire. Je ne pouvais pas accepter un poste à plein temps, car je ne veux pas abandonner mon métier. Nous devons en parler samedi, mais on se dirige vers un mi-temps qui me convient parfaitement ».

Vrai passionné de politique, animateur de l’association Biarritz 2.0, Philippe Nalpas sera sans doute tout à fait à sa place à ce poste, même si ce côté petits arrangements entre amis peut prêter à sourire. Alors connaissant le côté bosseur de Max Brisson, ne surnommez pas Philippe Nalpas « Pénélope », car son travail d’assistant parlementaire n’aura probablement vraiment rien de fictif.

La majorité se délite et les langues se délient

Dans son article du Huffington Post, Max Brisson, au moment de s’éloigner, devient soudain très lucide sur la majorité municipale, estimant qu’elle « se délite » :

« Biarritz a souvent opté pour une gouvernance municipale ouverte mais efficace, associant des hommes et des femmes venus d’horizons différents mais en phase sur un projet de développement partagé et servi dans la cohérence.

Cette gouvernance, à laquelle j’ai eu l’honneur d’apporter ma pierre de 2001 à 2014, m’a appris l’importance du contrat municipal. Le sens du collectif, avec sa part de discipline librement consentie, c’est l’alpha et l’oméga de la réussite d’un projet municipal. Manifestement c’est ce qui manque le plus à l’équipe actuelle et explique les retards pris par tous les dossiers municipaux ainsi que l’impression d’immobilisme qui caractérise le mandat en cours et qui devra le moment venu être dépassé.

C’est fort de ce constat et de convictions chevillées au corps mais aussi de l’expérience que m’apportera mon nouveau mandat que je conserverai un regard attentif sur Biarritz qui reste la Ville où je vis et que j’entends continuer demain à servir avec passion. »

Le rescapé de la menthe à l’eau

Un imprévu peut être l’occasion d’un reportage en première ligne à l’hôpital de Bayonne et d’une bien belle leçon d’humanité.

Le pépin de santé, c’est comme l’amour ou la religion, c’est intime et ça ne se raconte pas. Mais puisqu’un Assez Vilain Canardeur, surnommé AVC, a tenté de m’éteindre la lumière, autant profiter de ce reportage en première ligne pour rendre hommage aux héros et héroïnes du quotidien croisés à l’hôpital de Bayonne.

Pendant seize ans, au Canard enchaîné, mon métier a consisté à débusquer les trains qui n’arrivent pas à l’heure. Cette fois, après être devenu quelques jours spectateur de mon existence plutôt qu’acteur, j’ai pu voir en action un train qui marche. Et qui marche bien. Organisation au millimètre aux urgences comme en neurologie, informations précises données au patient et à ses proches, vraie volonté de dialogue, empathie et humanité absolue du personnel soignant. Et on dira après que notre service public ne fonctionne pas !

En immersion au cœur du réacteur

Ayant déjà eu l’occasion de faire un « reportage » du même acabit, il y a une trentaine d’années, à l’hôpital Saint-Louis à Paris, je mesure la chance que j’ai eu d’atterrir à l’hôpital de Bayonne. À Paris, j’avais été traité comme un bout de viande à l’étal d’un boucher, avec un médecin-chef qui passait dans votre chambre avec sa cour d’internes pour disserter de votre cas sans même vous saluer ou vous adresser la parole. À l’hôpital Saint-Léon de Bayonne, alors que mon cas nécessitait jour et nuit des contrôles toutes les deux heures, j’ai croisé un personnel assumant une charge de travail écrasante, mais toujours plein d’empathie et capable, même à minuit, d’avoir le mot pour rire, la blague qui donne envie de répliquer et par là même de vivre.

Mélange d’ancien et de moderne, l’hôpital Saint-Léon de Bayonne est très fonctionnel.

Des humains après avoir connu des robots en blouse blanche, voilà qui change tout et qui nécessite d’exprimer son immense gratitude ! Le reporter qui sommeillait bien malgré moi au fond du lit a guetté pendant une semaine le mouvement d’humeur de l’infirmière ou le geste d’agacement de l’interne qui allaient nuancer mon propos. J’ai cherché, cherché… et pas trouvé ! Vite, Madame la ministre de la Santé, envoyez-moi tout ce personnel médical parisien et désabusé en stage à l’hôpital de Bayonne pour qu’il retrouve les fondamentaux de son métier !

Désormais installé au centre de rééducation Les Embruns de Bidart, où là aussi je croise un personnel médical d’une rare écoute, je fais totalement mienne à propos de ma santé la devise de Churchill « Never explain, never complain ! » (Ne jamais expliquer, ne jamais se plaindre !). Mais je suis totalement conscient de la chance que j’ai de vivre dans cette région où le rire est la meilleure des réponses à tous les problèmes qui se posent. Merci à tous ceux qui m’ont adressé des messages pétillants comme l’existence, à l’image de cet ami-pêcheur : « ça t’apprendra à boire de la menthe à l’eau ! Si tu avais consommé du vin rouge comme tout le monde… » Allez, on trinque ?

Un blog au ralenti

Si je ne rêve que d’écrits encore plus incisifs et mordants que jamais, je dois faire face, dans ma chambre actuelle, à quelques contraintes techniques comme un Internet à pédales modèle fin du XXe siècle. Télécharger Sud Ouest le matin demande plus de trente minutes et l’opération n’est pas toujours couronnée de succès. Heureusement, les brèves escapades me sont autorisées et j’en profiterai pour publier quelques papiers dont vous vous moquerez éperdument mais qui sont indispensables à ma rééducation. Avant de recommencer à m’intéresser sous peu à ces si admirables homme politiques qui nous entourent…

Brisson tient enfin son bâton de sénateur

L’élu biarrot a toutes les qualités demandées à un bon politique sauf celle d’être un tueur. Le Sénat où les débats sont souvent d’une grande pondération devrait lui convenir à merveille.

Si l’emploi du temps du nouveau sénateur Max Brisson s’annonce chargé dans les semaines à venir, il est un rendez-vous que l’élu va pouvoir biffer de son agenda. Au vu de ce qu’il a vécu dimanche après-midi et du suspense qui lui a fait croire un long moment qu’il était battu par le socialiste Kotte Ecenaro, le second de la liste Espagnac, la consultation chez le cardiologue n’est plus d’aucune utilité. Et il pourra aller faire brûler un cierge en l’église Sainte-Eugénie, pour remercier Georges Labazée de l’avoir bien aidé dans sa conquête.

Avec 311 voix sur les 1789 exprimées par les grands électeurs du département, soit 17,38%, on ne peut pas dire que Max ait fait un triomphe, alors que Les Républicains sortent largement vainqueurs au niveau national de cette confrontation. Un résultat à l’image de toute sa carrière politique en dents de scie et de sa personnalité controversée.

« Bisque, Bisque, Basque ! », même s’il ne partage pas les convictions idéologiques de l’intéressé, se réjouit de cette élection qui est probablement une bonne nouvelle pour les Biarrots. Autant Max Brisson n’a guère été convaincant depuis 2014 dans son rôle de premier opposant au conseil municipal, avec ses louvoiements, ses revirements et sa volonté de ne pas insulter l’avenir, autant le futur sénateur avec sa passion de la vie publique, sa capacité de travail et sa prodigieuse culture historique et politique, devrait faire merveille en ce Palais du Luxembourg où le débat d’idées et le respect de l’adversaire sont la règle.  Et l’on serait fort surpris que l’élève-sénateur Brisson se monte aussi désinvolte avec la fonction qu’un Didier Borotra à l’absentéisme quasi pathologique.

Brisson, Espagnac, Saint-Pé, le département fait dans la diversité.

Face au diaphane Michel Veunac, Max Brisson présentait lors des élections municipales de 2014, toutes les qualités pour être le maire à poigne qu’il fallait à Biarritz, sauf une. Une incapacité à tuer le match comme on dit dans les milieux du rugby. Entre les deux tours, il n’a pas voulu s’abaisser à distribuer des chocolatines dans les maisons de retraite ou à batailler comme il aurait dû le faire après des signatures plus que douteuses dans les registres électoraux et des résultats défiant l’entendement dans deux bureaux de vote. Max est ainsi et c’est aussi ce qui le rend sympathique.

Et l’on ne peut s’empêcher de sourire en voyant à quoi tient une carrière politique. En 1988, Jacques Chirac était considéré comme la machine à perdre du RPR, l’homme incapable de gagner une élection, avant de devenir moins de trente ans plus tard l’ancien président le plus aimé des Français. J’imagine dans quel état serait Max Brisson aujourd’hui s’il avait perdu cette élection sénatoriale qui semblait faite pour lui et j’ai tendance à croire qu’il va devenir un sénateur très aimé et très impliqué dans le devenir du département.

Heureusement, et même si cela reste un métier de chien, il y a parfois une justice en politique.

Ringardise et gabegie

Dire que je ne suis pas fan du Sénat est un euphémisme. Cette notion même de grands électeurs, qui valent dans les faits deux barils d’électeur ordinaire, m’exaspère. Et le système électoral, qui n’a visiblement pas prévu l’éclosion en quelques mois d’un parti comme En Marche, rend encore plus obsolète ce type de scrutin. Il est la radiographie d’un temps où droite et gauche se partageaient gentiment le pouvoir et ne prend pas en compte les bouleversements politiques vécus depuis par notre pays.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, ce scrutin a permis de vérifier (… une fois de plus, malheureusement !) que la recherche d’économies ne valait que pour les électeurs traditionnels. Pour aller passer trente secondes à Pau, le temps de déposer son bulletin, les 1789 grands électeurs étaient défrayés de leurs frais kilométriques liés à l’utilisation de leurs véhicules personnels. Un covoiturage ? Un recours à Internet ? Un bureau de vote à Bayonne qui aurait transmis les résultats à Pau, histoire d’alléger l’addition ?  Certainement pas ! C’est de l’argent public, donc pourquoi diable se serrer la ceinture…

Veunac ne peut plus se cacher derrière son petit doigt

Après trois ans d’inexistence totale, le maire de Biarritz doit s’attaquer aux dossiers majeurs de son mandat : la Cité de l’Océan, Le Palais, et la mise à niveau de la Ville.

Depuis 2014, il atermoie, tergiverse, lambine, procrastine, hésite, barguigne, doute, flotte, oscille, biaise et louvoie. Comme le cancre au fond de la classe, il espère que la mouche qui volète dans un rayon de soleil va lui apporter l’inspiration qui lui manque tant. Alors, en attendant l’illumination, il s’offre avec l’argent public des études et même des contre-études pour vérifier si les experts sont d’accord entre eux et exaspère par son indécision et son absence d’imagination aussi bien son opposition que sa majorité… Comment avez-vous deviné qu’il était question de Michel Veunac ?

Et puis, quand les échéances deviennent trop pressantes, confondant action et incantation, notre élu à écharpe tricolore sort une maxime sentencieuse qui lui donne le sentiment d’avancer dans les dossiers en souffrance, : « Je vous ferai aimer la Cité de l’Océan » ou le péremptoire : « Moi vivant, l’Hôtel du Palais ne sera jamais vendu ».

Même si depuis 2014, il fait trembler les murs de la mairie avec ses colères brutales qui traduisent toute son impuissance face à des dossiers qui le dépassent totalement, l’homme Michel Veunac reste à l’évidence un bon bougre. Titulaire d’un bâton de maréchal avec un poste de deuxième adjoint, il n’était juste pas fait pour revêtir l’écharpe tricolore avec le gros temps qui attendait la Ville après le désastreux dernier mandat de Didier Borotra.

Non, la Cité de l’Océan ne va pas mieux…

Si un jour des conseillers municipaux s’avisaient de donner le nom d’une rue à Didier Borotra, on espère qu’ils choisiront une impasse pour la façon qu’il a eu d’envoyer tout le monde dans le mur lors de son dernier mandat. Pour réaliser ses rêves grandiloquents et sa désastreuse Cité de l’Océan, Didier Borotra a planqué les moutons sous le tapis, en ne s’occupant plus des fondamentaux de la Ville, voierie, eaux usés, entretien, au profit du paraître et de sa gloriole personnelle. On connaît la suite…

Malgré le lourd endettement de la Ville, la situation aurait pu être rattrapable avec un maire à poigne. Hélas nos suffrages se sont portés sur Monsieur hésitation permanente ! La façon dont Michel Veunac gère le dossier de la Cité de l’Océan est ainsi particulièrement édifiante. On fait venir des spécialistes, on commande des études, pour finalement… ne rien changer. Et on continue avec le ludo-scientifique qui nécessite des investissements coûteux tous les trois ans et on se gargarise de chiffres soi-disant mirifiques, tout en sachant parfaitement qu’ils ne sont que le résultat d’une politique de dumping forcené. Le papier publié par Sud Ouest, le 22 août dernier, a ainsi beaucoup contribué à embrouiller les esprits, en persuadant les Biarrots que le naufrage est derrière nous : « Dimanche soir, le 20 août, le nombre d’entrées payantes s’établissait à 54 803. S’y ajoutent 2 729 entrées gratuites pour un total de 57 532 visiteurs depuis le 1er janvier.  À la même date de 2016, 45 140 personnes étaient entrées à la Cité de l’Océan, dont 42 757 payantes. » Pour mémoire, on rappellera que la fréquentation des musées à Biarritz dépend beaucoup de la pluie estivale, qui ne nous a pas oubliés cette année, et que Didier Borotra claironnait régulièrement que ce futur joyau, qui lui aura au moins permis de donner du travail à sa fille, atteindrait son point d’équilibre à 350 000 visiteurs par an.  Et qu’un aquarium comme celui de La Rochelle accueille… 800 000 visiteurs par an !

http://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/2014/08/15/la-rochelle-l-aquarium-fait-le-plein-de-visiteurs-532684.html

Avec ses réformes cosmétiques, au lieu de réorienter vigoureusement le concept, Michel Veunac, comme dans tant d’autres domaines, diffère le problème, s’illusionne de chiffres qui ne sont pas bons et décide qu’il est urgent d’attendre… Biarrots, vous n’avez pas fini de mettre la main au portefeuille pour financer la mégalomanie de Borotra !

Hôtel du Palais : la seule solution, vendre !

Et, malheureusement pour nous, Michel Veunac se retrouve avec un dossier, celui de l’Hôtel du Palais, qui pourrait nous conduire à un désastre bien pire encore que celui de la Cité de l’Océan. L’appel à Four Seasons, a mis le doigt sur tout ce qui manquait au bâtiment de la grande plage pour prétendre au titre de palace. 50 à 70 millions de travaux de rénovation, qui finiront comme toujours à 100 millions d’euros.

Contrairement aux apparences, tout ne baigne pas à « L’Hôtel du Palais »

Michel Veunac a préféré couper la tête du porteur de mauvaises nouvelles au lieu d’écouter. Alors que le temps presse, il va nous annoncer lors du prochain conseil municipal, prévu le 29 septembre, qu’il fait appel à Accor et va faire cautionner l’emprunt nécessaire, puisque la Ville n’a pas un fifrelin, par La Caisse des dépôts.

Double mauvais choix : Accor qui n’a aucune expérience dans le très haut de gamme va essuyer les plâtres avec Le Palais et risque de commettre des erreurs conséquentes. Quant à la Caisse des Dépôts, la philanthropie n’est pas sa préoccupation première et, en cas de catastrophe industrielle comme des attentats qui feraient fuit les touristes hors de France et empêcheraient notre ville de rembourser sa dette, son seul souci serait de brader à vil prix pour récupérer sa mise.

Michel Veunac peut donc bien nous faire tous les mouvements de menton du monde. L’emprunt à faire est tel pour une ville surendettée comme Biarritz que, de facto, les Biarrots ne sont plus propriétaires de L’Hôtel du Palais. Alors que le bâtiment perd de sa valeur d’année en année, le bon sens commanderait de vendre d’urgence ce joujou adoré des politiques locaux qui devient un boulet financier pour les contribuables.  Malheureusement, connaissant Veunac…

Et dire que Veunac pourrait être le maire de la relance !

Quand on circule dans Biarritz, il est pourtant étonnant de voir comme l’idée a fait du chemin dans l’esprit des Biarrots, sans doute à cause du courage de conseillers municipaux comme François Amigorena ou Jean-Benoît Saint-Cricq, qui ont pris clairement position. Et la majorité municipale, même si elle hésite à sortir du bois, pense de même. Il n’est plus guère que Veunac pour continuer à clamer son « Moi vivant ! », ou un spécialiste des combats d’arrière-garde comme Patrick Destizon pour affirmer partout sur les réseaux sociaux qu’il ne faut « jamais vendre les bijoux de famille ». Et si, Monsieur le spécialiste des causes perdues, les bijoux de famille ont toujours servi en cas de mauvaise passe, à remettre à flot tout le monde. Regardons un peu les choses en face au lieu de se cacher derrière son petit doigt.

Aux dires de tout le monde, jamais Biarritz n’a été aussi sale, aussi mal entretenue. La voierie est dans un état pitoyable, on rapièce, on ravaude, sans jamais s’attaquer au fond du problème. Et est-il normal, en 2017, de continuer à déverser les eaux usées en douce après des grandes pluies au lieu de financer enfin des installations modernes, évitant aux visiteurs qui rêvent de baignades dans notre ville, les conjonctivites, otites et autres maladies de peau qu’on leur offre en prime ? Pour caricaturer, quel est l’intérêt de rénover à grand frais le Palais, si tout autour le touriste ne croise que des quasi-favelas.

Avec un peu d’imagination, Michel Veunac pourrait être un maire qui marque l’histoire de la Ville. Il franchit le pas, vend l’Hôtel du Palais, apure la dette de la Ville et profite de l’argent qui lui reste pour mettre enfin à niveau la Ville et avoir un geste fort envers les Biarrots, au lieu de privilégier systématiquement les touristes, comme la réalisation de cette piscine olympique qu’il avait promis dans son programme électoral avant de se dédire.

Mais, une telle décision demande une vision politique, de l’audace, de la témérité, du courage.

Peut-être pas les qualités premières de notre actuel maire qui, sans nul doute, va continuer à tergiverser, lambiner, procrastiner, hésiter, barguigner…