Le scrutin de la honte

Lettre ouverte à tous les élus qui s’apprêtent à voter oui.

Je vous vois déjà, dans quelques années quand Le Palais sera perdu, la lippe boudeuse et le regard sur les chaussures. « On ne savait pas » … « On nous avait mal expliqué » … « On nous a menés en bateau ». J’ai d’autant moins de peine à imaginer la scène que pour certains d’entre vous, vous m’avez déjà fait le coup avec la Cité de l’Océan, projet qu’en bons petits soldats du général Borotra, vous avez approuvé sans états d’âme malgré toutes les mises en garde qui vous avaient été faites. Vous n’aviez réussi à ruiner la Ville qu’à moitié et il est donc normal de finir le travail avec le Palais.

Et comme vous aimez tellement ce statut d’élu qui vous vaut la considération de votre entourage, des invitations à foison et parfois quelques menus avantages pécuniers, vous vous apprêtez à voter « oui » dans l’espoir insensé de faire toujours partie de l’équipe qui gagne en 2020. Mais puisque vous êtes des élus, c’est-à-dire des représentants des citoyens biarrots, puisque vous exercez ce mandat par pur altruisme, j’ai quelques questions à vous poser :

– Ça ne vous gêne pas de voter le 15 octobre le lancement de travaux prévus pour le 18 octobre et commandés aux entreprises depuis longtemps ? Vous n’avez pas le sentiment de participer à une farce démocratique ?

– Ça ne vous gêne pas qu’on vous demande le 3 octobre, après vous avoir privé de toute information pendant des mois, de lire 600 pages en six heures avec interdiction de prendre des photos, comme si vous étiez des enfants irresponsables et non des élus ?

– Ça ne vous gêne pas d’apprendre que Biarritz est la seule ville française propriétaire d’un palace et vous n’y voyez pas une anomalie ?

– Ça ne vous gêne pas de voir que Virginie Lannevère, spécialiste du risque financier en matière de palace et peu suspecte de viser une carrière politique, soit vent debout contre le projet que vous vous apprêtez à voter ?

– Ça ne vous gêne pas de constater que presque tous ceux qui ont travaillé dans l’entreprise ou la finance, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, s’insurgent contre ce montage financier ?

– Ça ne vous gêne pas de suivre aveuglément Veunac et Lafite, les défenseurs du projet qui ont mené toutes les négociations en cachette et qui ont déjà planté royalement les Biarrots lors de la mandature précédente en militant pour la Cité de l’Océan ?

– Ça ne vous gêne pas quand, le 30 juillet dernier, vous votez les yeux bandés, sans avoir le moindre chiffre en votre possession, pour un bail emphytéotique qui engage la Ville pour 75 ans ?

– Ça ne vous gêne pas le spectacle d’une partie de l’opposition, emmenée par Jean-Benoît Saint-Cricq, Domège ou Darrigade, volant au secours du maire quand sa propre majorité va le mettre en difficulté ?

— Ça ne vous gêne pas ces pressions incessantes de Veunac et Lafite à votre égard, ce maniement permanent de la carotte et du bâton pour que vous votiez bien lundi ? Vous êtes des élus et non de simples godillots votant où on leur dit de voter.

– Ça ne vous gêne pas que Veunac et Lafite vous aient déjà menti en plein conseil sur les écuries de Bigueyrie ou la villa Sion et ça ne vous incite pas à imaginer qu’il pourrait en être de même pour le Palais ?

– Ça ne vous gêne pas qu’on ait éliminé sans le moindre débat toute discussion sur la possibilité de vendre le fonds ou les murs du Palais et qu’on vous dise maintenant qu’il n’y a qu’une seule solution ?

– Ça ne vous gêne pas de voir la directrice de l’Hôtel du Palais vous annoncer une trésorerie à sec pour vous alarmer, avant de dire tout autre chose à Sud Ouest ?

– Ça ne vous gêne pas de constater que, comme par hasard, presque toux ceux qui se sont ralliés à Veunac et Lafite le 30 juillet dernier avaient un intérêt financier personnel, poste d’adjoint ou délégation, à préserver ?

– Ça ne vous gêne pas qu’en réunion de majorité, Veunac ait parlé de Jean-Claude Decaux comme d’une « relation personnelle » et vous ne voyez pas dans ce montage financier hasardeux copain sous roche ?

– Ça ne vous gêne pas que, pour deux jours de G7, alors que le Palais, n’a jamais eu autant de monde que cet été, on se lance dans des travaux pharaoniques à prix fort ?

– Ça ne vous gêne pas, vous qui connaissez le prix du moindre studio à Biarritz de voir Le Palais valorisé à quarante millions d’euros, alors qu’il vaut trois à quatre fois plus ?

 

Mais puisque, décidément, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes biarrots et que vous vous apprêtez en toute béatitude à voter « oui », oubliant sciemment que votre rôle d’élu implique de défendre les Biarrots et non vos intérêts privés, puisque vous nous refusez le débat démocratique qui s’imposait quand on s’apprête à endetter la Ville à hauteur de 70 millions et à obérer son avenir pour 75 ans, ça ne nous gênera pas pour notre part de mettre fin dès 2020 avec nos bulletins de vote  à votre carrière politique.

C’est pour cela que nous serons là, dès 17h45 à l’entrée de la mairie, pour féliciter les élus de tous bords qui ont osé s’opposer à ce projet inepte, et pour vous regarder dans les yeux et voir si vous assumez votre vote, c’est pour cela que la salle du conseil municipal sera bondée et que nous espérons que le scrutin se déroulera à main levée pour que chaque Biarrot puisse bien se souvenir de ceux qui ont sciemment voté la ruine de la Ville.

Jean-Yves Viollier

Les Insoumis Biarrots réclament la vente du Palais

Outrés par le déni de démocratie qui se prépare, les Insoumis Biarritz adressent un nouveau communiqué à Bisque, Bisque, Basque !

Face à la forfaiture qui se prépare, il est agréable de constater que quelques moutons noirs osent dire tout haut ce que les autres pensent tout bas.

Concernant la gestion actuelle de l’Hôtel du Palais et à l’approche du conseil municipal du 15 octobre, les Insoumis Biarrots dénoncent le déni de démocratie, devenu malheureusement habituel dans cette majorité, qui conduit à faire voter les élus sans qu’ils aient eu les éléments d’information du dossier, selon un calendrier manifestement motivé par une stratégie politicienne et la préparation du G7, et non par souci de l’intérêt des Biarrots. L’équipe municipale s’apprête à prendre une décision qui engage les Biarrots pour 70 millions d’euros sur 75 ans sans avoir aucun mandat pour cela, ce qui illustre de façon symptomatique le caractère monarchique de ces institutions de la Ve République. Les Insoumis Biarrots réclament donc la vente des murs et fonds de commerce de l’Hôtel du Palais, qui de toute façon ne rapporte pas d’argent aux Biarrots. Cette vente permettra d’éviter l’endettement de la ville qui pèse sur les contribuables Biarrots, de financer à hauteur de plusieurs centaines de milliers d’euros la réalisation des équipements et projets nécessaires au bien-être des citoyens, notamment en termes de voirie, d’intégration sociale et de transition écologique, mais aussi d’offrir de meilleures possibilités d’évolution professionnelle et personnelle aux salariés du Palais.   

NDLR : L’illustration, le titre et la légende sont de la rédaction.

Chazouillères convaincu qu’un autre projet est possible

L’ancien adjoint au commerce dénonce à son tour la manipulation qui est en train de s’opérer autour de l’Hôtel du Palais.

« L’urgence est de lever le mensonge sur « la trésorerie qui serait à sec », argument massue pour influencer les votes, faire peur et retourner certains votants qui, je le comprends, se sont légitimement inquiétés pour l’hôtel et le personnel. Or la trésorerie est à son niveau habituel après la saison estivale, soit au plus haut de l’année ! De quoi, « passer l’hiver » comme tous les ans.

De plus, l’hôtel du Palais se porte économiquement bien, du moins mieux que par le passé (le chiffre d’affaires et le résultat d’exploitation sont en hausse). Ce n’est pas le maire qui va dire le contraire ; il le répète depuis quatre ans.

Tout ces éléments démontrent qu’on a du temps, contrairement à ce qu’on nous serine depuis peu. Rien ne presse. Il est urgent de ne pas se précipiter.

Il est urgent de ne pas se précipiter

Car le projet actuel n’est pas un bon projet. Il présente trop de risques pour l’hôtel et indirectement trop de risques pour la Ville. Le Maire serait bien avisé de stopper ce « projet risqué » au « calendrier fou » ! Et s’il ne le fait pas, j’appelle mes collègues conseillers municipaux à rejeter ce plan, car il n’est pas raisonnable, pas pertinent et dangereux !

J’appelle à prendre le temps. J’appelle à patienter un an et ainsi à se donner le temps de revoir ce projet pour ne pas risquer de perdre trente ans avec un contrat de gestion qui nous lie avec un opérateur (Hyatt) inadéquat, 75 ans avec un bail emphytéotique qui dépossède la Ville et peut-être le Palais lui-même…à jamais.

Il serait urgent, aussi, que chacun se calme et que ce débat s’apaise. Il serait appréciable, enfin, que cesse de la part de Messieurs Veunac et Lafite le « bourrage de crânes » avec leurs faux arguments, leur rétention de documents et leurs fausses informations pour influencer le vote !

Car oui, bien sûr, un autre projet est possible !

Réexaminer sans exclusive toutes les options

Ce que je pense qu’il faudrait faire dans l’année qui vient :

– Comme prévu, fermer l’hôtel le 18 octobre.

– Recruter au plus vite un Directeur général de qualité (poste vacant depuis le départ de Monsieur Cousty il y a près d’un an)

– Relancer immédiatement la commercialisation pour préparer une réouverture au printemps, pour Pâques.

– Réviser le plan de travaux de cet hiver en ne retenant que les quelques travaux nécessaires de sécurisation des clients et du personnel et de très légers embellissements pour accueillir le G7. Cela n’ira pas loin en terme d’enveloppe budgétaire : entre 3 et 6 M€ au maximum, .- Interroger les Biarrots sur les grandes orientations du projet

– Réexaminer, sans exclusive, toutes les options (vente totale ou partielle / projet actuel sous contrat de gestion plus modeste et beaucoup mieux ficelé / continuation du principe de l’indépendance actuelle mais avec d’autres conditions d’exploitation pour assurer la rentabilité comme la fermeture l’hiver), toutes les possibilités de couplage travaux/mode de gestion/financement pour négocier aux mieux les intérêts de l’hôtel et réduire drastiquement les risques que présente le projet actuel.

Être responsable serait de se donner ce temps pour décider en connaissance de toutes les options possibles. »

Édouard Chazouillères

NDLR : le titre et les intertitres sont de la rédaction

 

Amigorena dénonce le mensonge de la directrice du Palais

Tous les moyens ne sont pas bons en politique. François Amigorena est scandalisé par la façon dont Cécile Pascouau a menti au conseil municipal. Il nous écrit.

« Le 28 septembre dernier, les membres du Conseil Municipal de Biarritz étaient réunis en Commission Générale afin d’obtenir des informations relatives au projet concernant l’Hôtel du Palais. Pour ce faire, étaient également présents ce soir-là les représentants des différents cabinets de conseil et d’avocats ayant assisté le maire sur le dossier, quelques fonctionnaires communaux et la directrice de l’Hôtel du Palais.

Et dans le cours d’une réunion qui a duré près de cinq heures, c’est cette dernière qui a semé un vent de panique parmi les élus biarrots en déclarant, je la cite : « nous n’avons plus de trésorerie », et « d’ici un mois, un mois et demi, nous ne pourrons plus payer », ce dont la trentaine de personnes présentes ce soir-là peut témoigner.

Cécile Pascouau, directrice du Palais (Photo Sud Ouest)

Cette affirmation incroyablement alarmiste a bien évidemment provoqué une inquiétude compréhensible des élus présents et a beaucoup fait pour accréditer la thèse de Messieurs Veunac et Lafite selon laquelle leur projet pour le Palais est le seul possible et qu’il y a une urgence absolue à le mettre en œuvre immédiatement.

Les sous-entendus de cette thèse, répétée à l’envi tel un mantra depuis des mois sont clairs : les opposants au projet du maire et de son premier adjoint sont des irresponsables qui mettent en péril l’existence même du Palais et les emplois de son personnel.

Quelle directrice croire ?

Et les propos de la directrice ont été très efficaces en ce sens : certains élus, pourtant fermement opposés au projet jusque-là, ont été sérieusement ébranlés dans leurs convictions. Pourtant, le 9 octobre dernier, soit 11 jours à peine après la Commission Générale, la même directrice de l’Hôtel du Palais déclarait à Sud Ouest : « la trésorerie du Palais est de 6 millions d’euros. Il n’y a pas de risque financier. » Mais alors quelle directrice croire ? Celle qui le 28 septembre agite le spectre effrayant d’une faillite à court terme de l’hôtel, ou celle qui, quelques jours plus tard, se veut totalement rassurante ?

Selon mes informations, la deuxième affirmation est la seule vraie et la trésorerie du Palais s’établit actuellement aux environs de 6 millions d’euros, ce qui est cohérent avec ce que je connais du cycle financier de l’hôtel après en avoir été administrateur pendant 4 ans. En effet, à cette époque de l’année, après la haute saison, le niveau de trésorerie habituel de l’hôtel est de l’ordre de 8 millions d’euros.

La Socomix, la société d’exploitation du Palais, a dû cette année faire face à des dépenses exceptionnelles :

– 550 000 euros de frais d’enregistrement pour le bail emphytéotique (sic)

– vraisemblablement plus de 600 000 euros d’avance à Eiffage pour la tranche 2 des travaux de rénovation (oui, vous avez bien lu, le Conseil Municipal ne s’est pas encore prononcé, mais on consent déjà des avances à Eiffage !!!)

– plus de 2 millions d’euros d’honoraires (cabinets de conseil, avocats, etc.)

Il est donc logique qu’il reste environ 6 millions d’euros disponibles dans les caisses.

La première question qui se pose alors est la suivante : ces 6 millions d’euros sont-ils suffisants pour assurer l’avenir de l’Hôtel du Palais à court terme ?

La réponse est définitivement oui.

Pourquoi ce mensonge effronté ?

Les dépenses incompressibles de l’hôtel fermé à partir du 18 octobre prochain s’établissent à hauteur de 500 000 euros par mois. Pas besoin donc d’être diplômé d’une grande école de commerce pour comprendre que 6 millions d’euros de trésorerie disponibles suffisent à tenir le choc sans problème pendant une année complète.

La trésorerie réelle du Palais permet donc de prendre le temps d’envisager sereinement d’autres options, contrairement aux allégations de Messieurs Veunac et Lafite et il n’y a aucune urgence réelle à adopter le projet qu’ils présenteront au Conseil Municipal du 15 octobre.

La seconde question – de loin la plus dérangeante et toujours sans réponse aujourd’hui ! – se formule ainsi : pourquoi la directrice du Palais a-t-elle effrontément menti aux élus représentants des Biarrots et ainsi instrumentalisé leurs craintes légitimes de voir l’hôtel acculé à une illusoire faillite prochaine ?

La réponse est bien évidemment dans la question. »

François Amigorena

NDLR : Les titres et intertitres sont de la rédaction.

 

 

 

 

Nathalie Motsch : « On est en train de kidnapper Le Palais »

Comme les sportifs, les élus se révèlent parfois dans l’adversité. Petit soldat discipliné de la majorité sous Borotra, Nathalie Motsch, en particulier depuis l’affaire des écuries de Bigueyrie, est en passe de devenir la dame de fer de la majorité et étonne tout le monde par la pugnacité avec laquelle elle affronte Veunac et Lafite. Il faut dire aussi que ces deux inénarrables machos ont tout fait pour la faire sortir de ses gonds, le premier lui parlant en réunion de majorité de « ses ambitions ridicules » tandis que le suffisant énarque lui annonçait benoîtement qu’il ne « lui avait pas communiqué les chiffres du Palais, car elle ne les aurait pas compris ». A priori, Bisque, Bisque, Basque !, ne s’intéressait pas beaucoup à l’adjointe à l’urbanisme, mais la façon dont Veunac a essayé d’impliquer Nathalie Motsch dans la vente des écuries de Bigueyrie alors qu’elle n’y était strictement pour rien, les attaques sexistes qu’elle subit de façon récurrente lors des conseils municipaux et le courage que manifeste l’élue pour y répondre ont changé la donne. Rencontre avec une passionaria, scandalisée par la façon dont le dossier de l’Hôtel du Palais est mené et qui veut empêcher les Biarrots de tout perdre.

S’il y a quelqu’un que je n’imaginais pas interviewer un jour, c’est bien vous…

– Je lis votre blog et je crois que nous avons un point en commun qui est l’amour de Biarritz. Voilà la raison pour laquelle je viens dénoncer ce qui se trame et que j’ai découvert le 3 octobre en consultant les documents enfin accessibles aux élus. Je ne renoncerai jamais à prendre la parole parce que je suis une femme libre. Je vis mon serment d’avocat tous les jours avec mon mandat d’élue et je veux l’exercer avec « dignité, conscience, indépendance, probité et humanité ».

Vous avez parlé de « casse du siècle » dans Sud Ouest, affirmé dans Mediabask : « On est en train de voler le Palais aux Biarrots », que pouvez-vous ajouter de plus pour Bisque, Bisque, Basque ?

– Je veux détailler avec vous le montage juridique et financier et expliquer le « deal » qui est en train de se mettre en place. Revenons donc aux fondamentaux. Au départ, Le Palais appartient aux Biarrots, les murs et le fonds de commerce. Le Palais qui a besoin d’un bon lifting doit pouvoir financer ses travaux de rénovation. Selon les experts, il faut 65,5 millions d’euros, une somme énorme.

Pourquoi la Ville ne finance-t-elle pas directement ces travaux ?

Pour éviter à la Ville de s’endetter directement, il faut un écran, une société. Il a donc été décidé de transférer à la Socomix, société de droit privée, les murs et le fonds de commerce du Palais

Une façon de camoufler les dettes sous le tapis ?

– Absolument. Le transfert des murs a été fait le 30 juillet dernier. La Ville les a transférés pour 75 ans et en contrepartie d’une redevance de 920 000 € par an pour la ville.  Un vote dans la douleur car 17 élus, dont j’étais, se sont fermement opposés à ce transfert. Le fonds de commerce se jouera au Conseil Municipal du 15 octobre prochain.

« La Socomix devient très sexy pour les banquiers »

Pourquoi un investisseur privé est -il entré dans le capital de la Socomix ?

La société Socomix doit financer 65 millions d’euros de travaux. Or, cette coquille vide devient très sexy avec les murs et le fonds de commerce du Palais. Les banques, qui ne prêtent qu’aux riches c’est bien connu, sont donc d’accord pour prêter des fonds : 50 millions d’€, soit 70 % versé par la CACIB (filiale du Crédit Agricole) et 30% versé par la Banque Postale.

Comme cela ne faisait pas assez, les conseillers de la Socomix ont décidé de faire rentrer un investisseur privé : JC Decaux Holding qui va apporter 15 millions d’euros en fonds propre et 5 millions d’euros en compte courant rémunéré à 7,5 %. Enfin, dernier élément de l’opération, on fait entrer un opérateur hôtelier, Hyatt, dans le cadre d’un contrat de gérance pour gérer le Palais en contrepartie d’une redevance (un pourcentage sur le chiffre d’affaires hors taxe). Le pourcentage et les honoraires fixes sont confidentiels. Hyatt n’est pas tenu financièrement par son plan d’affaires, il n’est pas tenu par les dettes de la Socomix

« Une très mauvaise affaire pour la Ville »

Nathalie Motsch, lors du conseil municipal du 30 juillet, a voté contre Veunac et Lafite lors de la signature du bail emphytéotique, transférant le Palais à la Socomix.

Si je vous suis bien, la Ville se retrouve hors-jeu ?

– Financièrement, c’est une très mauvaise affaire pour Biarritz, l’estimation des murs et la valorisation du fonds de commerce sont dérisoires. Les murs sont comptabilisés à 25,4 millions d’€ et le fonds de commerce à 13,7 millions d’€. On est en train de nous dire que Le Palais vaut en tout et pour tout 39,1 millions d’€ ! Financièrement, le seul gain pour la ville, qui aura perdu murs et fonds de commerce sera de 920 000 € pendant 75 ans… sous réserve que la Socomix soit capable financièrement de les verser pendant une période aussi longue, ce qui est loin d’être garanti. C’est pour cela que je parle de « casse du siècle ». Par ailleurs l’emprunt souscrit prête lui aussi à controverse. Sur les 50 millions d’euros empruntés, 45 seront totalement à renégocier dans 9 ans avec des taux beaucoup plus hauts qu’aujourd’hui ! Pendant 8 ans la Socomix paiera les intérêts et ne remboursera que 5 millions d’€ du capital : l’emprunt définitif de 45 millions d’€ sera à renégocier la neuvième année sous les fourches caudines des banques…

Je vous arrête tout se suite, car ça m’avait échappé. Vous êtes en train de me dire que la prochaine échéance se situera en 2027. C’est-à-dire, si l’on imagine le pire pour Biarritz, un an après un éventuel deuxième mandat de Michel Veunac ?

En 2027, ce ne seront ni Guy Lafite, ni Michel Veunac qui iront renégocier la dette de 45 millions d’€ avec les banques, ce seront leurs successeurs. Et franchement ce ne sera pas un cadeau.  Le remboursement de cette dette pourra mettre la SOCOMIX en grande difficulté.

– Quel va être le rôle dans ce montage de l’investisseur privé JC Decaux Holding ?

JC Decaux Holding apporte, à travers sa filiale spécialisée dans les investissements hôteliers, 15 millions d’€ en fonds propres, bloqué pendant sept ans. L’investisseur privé, JC Decaux Holding entre au capital de la Socomix et devient un actionnaire minoritaire qui détiendra 33,5 % du capital. Il disposera donc d’une minorité de blocage, d’un droit de veto, rentrera dans la gouvernance par un système de double majorité et sera décisionnaire sur toutes les décisions importantes et concernant notamment le CA, le budget, les ressources humaines. La perte de contrôle par la ville de la Socomix est donc actée, on passe sous pavillon Decaux.

« Un déni de démocratie effarant dans ce dossier »

 Vous pensez vraiment que les Biarrots peuvent perdre le Palais ?

– La privatisation rampante du Palais est en cours et sa perte dans quelques années programmée : c’est juridiquement prévu dans le Pacte d’actionnaires : JC Decaux Holding pourra racheter les titres de la Ville. Sauf que cela se fera à l’insu d’une décision éclairée des élus et en l’absence de tout débat démocratique avec les Biarrots.  Il y a dans ce dossier un déni de démocratie effarant. On lance une grande réunion publique le 11 octobre au Casino pour lancer la Participation Citoyenne, je propose qu’on lance aussi la Participation des Élus.

Est-ce que l’arrivée de Hyatt vous rassure quelque peu ?

Hyatt a présenté un plan d’affaires et des prévisions de chiffre d’affaires qui ne l’engagent pas. Comme Hyatt ne pourra pas respecter ses prévisions, la grande perdante sera la Socomix, maillon faible du deal, qui ne pourra pas faire face à ses nouvelles charges et rembourser la dette.

« Les prévisions d’Hyatt sont irréalistes »

Comment pouvez-vous affirmer qu’Hyatt ne respectera pas ses prévisions ?

– Aujourd’hui je suis très inquiète par les prévisions d’activité de Hyatt d’abord parce que leur portefeuille luxe Europe est en déclin et qu’ensuite il propose un revenu par chambre plus élevé que celui de Four Seasons, alors que sur aucun marché où ils sont tous les deux présents, Hyatt n’arrive à égaler les prix de Four Seasons, leader mondial du luxe. C’est un des arguments forts qui est avancé par l’administratrice de la Socomix, Virginie Lannevère, qui est une financière spécialisée sur le marché de l’hôtellerie haut de gamme. Les prévisions d’Hyatt sont irréalistes mais elles ont été retenues car elles seules permettent de rembourser la dette exorbitante des travaux. Je rappelle aussi car c’est essentiel : Hyatt ne s’engage pas sur son plan d’affaires.

Et il y a une chose que je n’arrive toujours pas à comprendre : Guy Lafitte nous a dit que le deal avec Fous Seasons avait capoté parce que les 65 millions d’€ de travaux envisagés était une somme trop importante, or aujourd’hui on nous parle de 65,5 millions d’€ avec Hyatt (le 30 juillet en conseil municipal, on était encore à 64,4 millions d’€ !), et selon mes sources on serait maintenant autour de 70 millions d’€ … Tout compris, j’espère !

Si la Ville ne fait plus face à ses engagements, que se passe-t-il ?

Le premier adjoint répète en boucle que la ville n’est pas engagée financièrement mais elle est actionnaire majoritaire avec 54 % du capital de la Socomix, après entrée de JC Decaux Holding.

Et quand la Socomix ne pourra plus faire face à ses échéances fixes annuelles (paiement de la redevance à la Ville, remboursement du prêt bancaire, paiement de la redevance à Hyatt), la Ville n’aura pas forcément la capacité financière de remettre au pot. L’investisseur privé JC Decaux Holding, en revanche, aura très très largement les moyens d’apporter à la Socomix la trésorerie nécessaire (le portefeuille d’actions de JC Decaux Holding s’élève à à 3 Milliards d’€). Comment ? Avec un nouvel apport ! Et avec 15 millions d’euros sous forme d’une nouvelle augmentation de capital, JC Decaux Holding deviendra l’actionnaire majoritaire de la Socomix.

« Les élus sont piégés »

 Vous ne voyez pas d’autre scénario possible ?

– Tout se passera après le départ de Michel Veunac et Guy Lafite, mais JC Decaux Holding pourra devenir le nouveau grand patron et propriétaire du Palais pour 30 millions d’€ alors que le Palais vaut entre 120 et 180 millions d’€ ! Je précise qu’il continuera à louer les murs et ce pendant 75 ans ! Et je précise aussi que la transformation de la SEM en SA sera alors inéluctable, conséquence directe de la cession de la totalité des actions de la ville (Réf. Code général des collectivités territoriales). On m’accuse de beaucoup de choses en ce moment, tout ne serait « qu’un tissu de mensonges » selon Michel Veunac, mais je constate que les informations que j’ai données à Sud Ouest sont strictement les mêmes que celles qui ont été données lors de la conférence de presse du 9 octobre dernier.  Et je n’ai pas inventé le Pacte d’actionnaires : il était mis à notre disposition et sous surveillance en salle des Commissions à la mairie le 3 octobre dernier.

C’est plutôt une bonne nouvelle, si les élus savent lire… Les élus sont piégés, on est en train de se faire kidnapper Le Palais dans des conditions financières effarantes.

 – Lors d’une réunion de majorité, Michel Veunac s’est vanté d’avoir une « relation personnelle » avec Jean-Claude Decaux. Vous confirmez ?

– Je ne répondrai pas à cette question.

– Il se dit aussi que Guy Lafite aurait travaillé après son départ de la Mairie de Paris au sein du cabinet PWC qui précisément est le cabinet qui a porté toute la restructuration financière de la Socomix…  

– Posez lui la question.

«  On peut faire pour moins cher »

 Revenons au Palais. Votre analyse est convaincante. Mais que proposez-vous ?

– Il faut refuser la privatisation rampante de la Socomix qui est une décision grave qui doit être prise par tous les Biarrots et non par quelques-uns. Il faut garder le principe de faire appel à un opérateur mondial qui a le savoir-faire pour développer l’activité du Palais. J’ai compris qu’Hyatt était très motivé par le Palais et qu’il était prêt à le prendre avec des travaux moins ambitieux. Il faut ramener le montant des travaux à réaliser à un montant pouvant être supporté financièrement par la Socomix dans le cadre d’une évaluation de chiffre d’affaires réaliste afin de faire face aux travaux urgents. Les taux sont bas, c’est le moment d’emprunter, on n’est pas obligé d’attendre qu’ils remontent ! Les discours sur la nécessité de dépenser 65 millions d’€ ne sont pas crédibles. Comme Guillaume Barucq, je conteste ce montant pharaonique.

« Venez au conseil municipal et soutenez-nous ! »

Comment réagissent les élus ?

Guy Lafite fait subir aux élus récalcitrants un régime de terreur, ce sont des méthodes d’un autre temps : de très nombreux élus sont légitimement inquiets, le vote sidérant du 30 juillet dernier le démontre. Il y a une véritable prise de conscience des enjeux énormes pour la ville et l’obligation de voir loin et de se poser les bonnes questions pour veiller aux intérêts des biarrots et surtout pour protéger le personnel du Palais.

– Que faut-il faire ?

– Les Biarrots doivent se mobiliser. Ne laissez pas Le Palais partir le 15 octobre prochain. Il est à nous. Il est à vous. Venez massivement au conseil municipal du 15 octobre prochain. Soutenez-nous par votre présence. Après ce sera trop tard. »

Boissier demande un référendum sur le Palais

Membre de la majorité municipale, le délégué à la participation citoyenne propose à Veunac de mettre ses actes en accord avec ses idées en organisant une consultation des Biarrots. Pas de réponse !

Le plus rageant dans cette équipe municipale qui tire désormais à hue et à dia, c’est qu’il y a d’authentiques talents catastrophés par la façon dont est gérée cette ville ! Hervé Boissier est un de ceux-là. Depuis 2014, bien que membre de la majorité municipale, il n’a jamais hésité à s’opposer à Michel Veunac, et a toujours démontré un grand souci des Biarrots. Décidé à ne pas se représenter en 2020, l’homme libre Boissier, pas convaincu par le montage financier voulu par la Ville, a écrit à Michel Veunac pour lui demander d’organiser un référendum d’intérêt local. Et devinez ce qui s’est passé ? Michel Veunac s’est bien gardé de répondre. Excédé par ce silence, à la veille de la décision à prendre la plus importante de la mandature, Hervé Boissier s’est donc tourné vers Bisque, Bisque, Basque !

Biarritz le 6 octobre 2018

Lettre à monsieur le Maire de Biarritz

 

Objet : l’hôtel du Palais

Monsieur le Maire,

 

Nous voici confrontés à la deuxième étape que vous avez décidé de mettre en œuvre concernant l’hôtel du Palais. Après le bail emphytéotique que vous avez fait voter le 30 juillet de justesse, grâce entre autres à l’appui inattendu d’une partie de l’opposition municipale, vous allez nous demander d’approuver le transfert du fonds de commerce du Palais à la SOCOMIX.  Cela, en dépit de toutes les incertitudes qui pèsent sur l’option que vous avez choisie, et tous les risques qui pourraient en découler.

Le sujet de l’hôtel du Palais est l’un des plus importants que nous ayons eu à traiter pendant cette mandature. Plusieurs options pouvaient être envisagées, y compris la vente de cet établissement. Vous n’avez jamais accepté de débattre sur les diverses possibilités envisageables. Vous avez sans cesse refusé de livrer aux élus municipaux les éléments de ce dossier jusqu’à ces derniers jours. Le contenu des documents récemment dévoilés, ne sont aucunement convaincants, et au contraire, même inquiétants, ainsi que l’ont démontré certains de nos collègues plus compétents que moi en termes d’hôtellerie de luxe et de contrats commerciaux.

 Vous avez choisi de vous orienter vers la formule que vous nous présentez aujourd’hui comme étant la seule possible. C’est votre avis et celui de quelques uns de nos collègues, mais ce point de vue est loin d’être partagé massivement. Cette option, votre option, fait courir des risques, et ceux-ci, pèsent non pas sur une entreprise commerciale privée et des fonds privés, mais sur le devenir de la ville c’est-à-dire des Biarrots, de tous nos concitoyens et par conséquent sur des fonds publics.

Actuellement, dans notre ville, ce sujet est au centre des discussions et des interrogations de nombreux Biarrots qui considèrent avoir leur mot à dire sur le devenir du Palais.

Vous avez depuis longtemps fait état de votre réel intérêt pour l’expression citoyenne et l’exercice de la démocratie participative à Biarritz. Récemment vous m’avez donné mission de faire vivre et favoriser cette démarche. Aussi à ce titre, aujourd’hui je vous le dis haut et fort : ce sujet qui a fracturé notre majorité, mérite de recueillir l’avis de l’ensemble de nos concitoyens.

Vous avez refusé de porter le débat au sein de notre majorité. Erreur manifeste, si on veut bien objectivement constater les dégâts occasionnés au sein de celle-ci. Il en sera de même pour les Biarrots si vous ne les consultez pas. Vous avez l’occasion unique de valoriser votre image et celle de votre mandature, de poser un acte fort en termes de démocratie locale. Je vous en conjure réfléchissez bien au conseil que j’ose vous donner car il est fondé et il est objectif.

Objectif car, vous le savez, je n’aspire à rien, dans la confrontation électorale qui se prépare, je n’attends donc aucun « bénéfice personnel » a quelque titre que ce soit, ni de qui que ce soit.

Vous avez choisi une option pour l’hôtel du Palais et c’est votre droit, mais vous avez voulu imposer ce choix sans aucun débat sur la pertinence de votre choix et sans écouter ceux qui préconisent d’examiner les autres options existantes, et ça, en démocratie c’est une erreur et une faute pour ne pas dire une tentative d’abus de pouvoir.

 Puisque, comme vous l’affirmez si souvent, les Biarrots veulent que la ville reste propriétaire de ce Palace alors vous devriez accepter sans crainte de les consulter. Suspendez la décision arrachée le 30 juillet, organisez des réunions d’informations et des débats contradictoires, des rencontres largement ouvertes aux Biarrots, portant sur les diverses solutions crédibles et sécurisées, pouvant être envisagées.

Mercredi 10 octobre à 17 heures, la consultation organisée par Sud Ouest était édifiante : des avis très partagés sur la vente ou la conservation du Palais mais une unanimité des Biarrots pour demander un référendum sur le sujet.

J’en vois au moins trois :

  • Vente du Palais à un groupe Hôtelier de haut niveau,
  • Vente du fonds de commerce à sa vraie valeur avec un loyer conséquent pour les murs, à charge de l’exploitant.
  • Poursuite de la gestion actuelle en y apportant des aménagements nécessaires en termes de gestion, de modalité de gouvernance, accompagné d’un plan de financement adapté et progressif, permettant d’effectuer les travaux indispensables et, à terme son embellissement.  

Procédez ensuite à une large consultation par un référendum d’intérêt local afin d’avoir une base solide pour conduire à bien le projet répondant au choix prioritaire de nos concitoyens. Aucune contestation ne serait ensuite légitime et on peut estimer que les tensions actuelles s’apaiseraient à défaut de disparaître.

J’ose espérer une réponse de votre part.

Je vous prie de croire, monsieur le Maire, à l’expression de ma considération.

Hervé BOISSIER

Conseiller Municipal

Délégué à la Participation Citoyenne

PS : Puisqu’il a été question de déloyauté et de LOYAUTÉ, je veux affirmer que cette dernière n’est absolument pas synonyme d’obéissance aveugle, de soumission craintive, ou de veulerie courtisane. La LOYAUTÉ implique d’être « vrai », droit, franc, sans calcul intéressé, ni crainte de déplaire.

Être loyal, c’est tenter de préserver celui ou ceux à qui elle s’applique avec sincérité, même au risque de ne pas être compris.

C’est ce que je crois faire à votre égard et ce que je fais et ferai à l’égard des Biarrots.

Copie : Mesdames et messieurs les Membres du Conseil Municipal

L’indécente mascarade autour du Palais

Depuis 2014, Veunac et Lafite multiplient les contre-vérités pour parvenir à leurs fins et endetter la Ville sur 75 ans. Lundi prochain, empêchez-les de nuire !

600 pages à lire en six heures : si ce n’est pas une injure à la démocratie, ça y ressemble (Photo François Amigorena)

Six cents pages à avaler en six heures maximum, boîte d’aspirine non fournie ! Voilà le régime incroyable auquel ont été soumis les conseillers municipaux mercredi 3 octobre avant d’avoir droit, à partir de 18 heures, à une commission générale qui a duré cinq heures. Avec un seul son de cloche répété à l’envi par Veunac et Lafite, aidés de sept intervenants dont l’avocat Thierry Laloum : « Il n’y a pas d’autres solutions ». Histoire de faire douter tous ceux qui sont hostiles au projet.

« Le déséquilibre des forces était terrifiant, raconte un opposant au projet. D’un côté Veunac-Lafite et un staff pour les aider qui bosse depuis des mois. De l’autre des opposants qui avaient six heures pour maîtriser le dossier ». Retour sur une opération d’intoxication qui dure depuis des années.

UN CALENDRIER VOLONTAIREMENT DÉMENTIEL

Alors que les deux camps comptent leurs voix avant le conseil municipal du 15 octobre, la stratégie de la dramatisation voulue par Veunac devient très claire. Il va expliquer aux Biarrots et aux rares conseillers qui le suivent encore que la Ville n’a pas le choix et qu’il faut faire les travaux d’urgence sous peine de perdre la qualification de palace. En fait, c’est comme s’il évoquait sa propre incapacité à diriger Biarritz. À force de lambiner et d’hésiter en écartant toutes les solutions, comme la vente du fonds ou des murs, à force de promener Four Seasons au profit d’Accor avant de se rabattre sur Hyatt, il n’a plus qu’un choix : s’endetter au-delà de toute raison et risquer de perdre le Palais.

Veunac et Lafite n’ont peur de rien…sauf de la démocratie!

Pour parvenir à ses fins, le duo Veunac-Lafite n’a donc pas hésité à se livrer à des dénis de démocratie ahurissants et à écarter délibérément tous les éléments d’information qui auraient permis au conseil municipal mais aussi aux membres du conseil d’administration de la Socomix d’appréhender le dossier plus tôt. Mardi 2 octobre, les membres du conseil d’administration ont ainsi découvert que depuis le 1er janvier, les commerciaux de l’Hôtel du Palais avaient interdiction de vendre des chambres après le 18 octobre, sans que cette information essentielle ne leur ait été communiquée. Autrement dit, les jeux étaient faits depuis longtemps. Veunac, qui a déjà signé tous les contrats pour que les travaux commencent le 20 octobre, va avoir beau jeu d’expliquer le 15 octobre que la Ville va se ruiner si elle se dédit et que tout le monde doit donc voter pour son projet démentiel. Sans vouloir se substituer à la Justice, il semble évident que le recours devant le tribunal administratif déposé par François Amigorena pour défaut d’information du conseil municipal va aboutir. Malheureusement, le temps de la Justice étant ce qu’il est, comme pour la Cité de l’Océan, il sera bien trop tard.

UNE CHARGE DE 3 MILLIONS D’EUROS PAR AN POUR LES BIARROTS

Le défaut des néo-convertis, c’est qu’ils se sentent toujours obligés de faire du zèle. En 2017, Jean-Benoît Saint-Cricq était totalement opposé au projet de signature d’un bail emphytéotique de 75 ans, en faveur de la Socomix. Mystère de la politique – ou plutôt prévisible évolution d’un politique qui se morfond dans l’opposition ! – notre pugnace avocat est devenu inconditionnel du projet. Mais, en voulant se justifier dans La Semaine du Pays basque ! (21/9) il en raconte une bien bonne qui va mettre d’excellente humeur tous les contribuables biarrots. La Chambre Régionale des Comptes avait en son temps fustigé la gestion Borotra, qui dépensait plus pour le Palais que la Ville ne recevait de redevance de l’hôtel dont elle était propriétaire. Saint-Cricq, qui avait maintes fois souligné le risque qu’un hôtelier mécontent ne saisisse le Conseil de la Concurrence pour subvention déguisée, révèle dans La Semaine, le coût réel du Palais :

Les Biarrots vont être ravis d’apprendre que chaque année ils subventionnent à hauteur de 3 millions d’euros les vacances des personnalités, magnats russes et hommes politiques qui viennent se prélasser dans leur emblématique établissement. Mais comment imaginer qu’à l’avenir, les contribuables vont payer moins alors que l’équipe dirigeante obère l’avenir de la Ville avec un emprunt de 70 millions d’euros étalé sur 75 ans ? Et pendant ce temps-là, les routes à Biarritz rivalisent d’ornières, les bâtiments municipaux se disputent le titre du plus lépreux, et les déchets s’accumulent un peu partout, en dehors du petit périmètre sacré réservé aux touristes.

LE JOUJOU DES POLITIQUES ET NON LE PATRIMOINE DE TOUS

Ce n’est pas un hasard si L’Hôtel du Palais est le seul en France, et sans doute même dans le monde, à appartenir à une ville, une incongruité qui fait sourire partout ailleurs qu’à Biarritz. L’argument du « patrimoine des Biarrots » a été utilisé pendant des générations pour justifier la gestion ahurissante de ce palace, alors que « faire de l’hôtellerie » n’est nullement la vocation d’une ville. Quant au risque que le bâtiment soit livré en cas de vente à des spéculateurs immobiliers, menace régulièrement brandie par Veunac et Lafite, elle est imaginaire puisqu’on peut définir dans le PLU une obligation à ce que le bâtiment reste à vocation hôtelière.

Guy Lafite et son épouse, ivres de bonheur de côtoyer les plus grands, le 15 août 2017 à l’Hôtel du Palais.

L’explication est donc tout autre que celle que nos politiques nous livrent le cœur sur la main. Nous vivons tous les jours cette dérive de la Ve République où les indemnités, initialement modestes, versées aux élus, permettent en s’additionnant – communauté d’agglo, conseil départemental, région – de vivre plus que confortablement. Et quand on rajoute les invitations constantes, les buffets, repas et autres collations presque quotidiennement offerts, on comprend très vite que l’argent reçu par les politiques est de l’argent de poche puisqu’on n’a pratiquement plus aucun frais. Étonnez-vous après cela de voir des élus se battre becs et ongles pour être réélus au-delà de tout âge raisonnable, étonnez-vous de voir notre maire penser tous les matins en se rasant à la prochaine échéance municipale… Veunac, après tout n’aura que 74 ans en 2020 !

L’argument du patrimoine des Biarrots à préserver à tout prix ne tient donc pas la route une seconde. Pourquoi, dans ce cas-là vendre la villa Sion et la villa Fal, bâtiments qui offriraient de nombreuses possibilités intéressantes à une ville comme Biarritz et garder le Palais, véritable gouffre financier ?

La réalité est toute autre et tient à la vantardise des hommes. Lorsqu’ils croisent Bachelot, Fillon ou Macron, en vacances au Palais, nos petits politiques locaux se sentent soudain devenus importants. Ne cherchez pas ailleurs cette volonté forcenée de conserver le Palais, de refuser de le vendre alors qu’une « gestion intelligente » comme dirait Lafite le commanderait. Que diriez-vous d’un père de famille qui ne nourrirait pas ses enfants pour mettre de l’essence dans sa Ferrari ? Entre la Cité de l’Océan, toujours pas redressée, et le Palais, le duo Veunac-Lafite est en train d’envoyer tous les Biarrots dans le mur. Mais, faire passer le bon sens avant la vanité n’est visiblement pas à la portée de tout le monde…

L’ALIBI COMMODE DES SALARIÉS

Et comme ils sont prêts à tous les mensonges pour sauver le joujou qui les rend si ivres d’eux-mêmes, ils n’hésitent pas non plus à proférer des contre-vérités concernant le personnel du Palais. Si nos élus ne vendent pas ce palace que nous n’avons plus les moyens d’entretenir, c’est uniquement, à les en croire, pour protéger les emplois du personnel. Mais quelle blague ! Les salariés de l’Hôtel du Palais sont les salariés les plus mal payés de France dans la catégorie palace, leurs salaires ne décollent guère malgré l’ancienneté, mais visiblement cet état de fait n’a jamais soucié Borotra ni Veunac.

Si Veunac et Lafite s’intéressaient un peu plus au personnel qui leur tend la coupe de champagne plutôt qu’à la coupe elle-même, ils sauraient que dans tous les palaces français à l’exception du Palais des plans de carrière sont proposés avec la possibilité de grimper les échelons et dire adieu au salaire minimum qui est la règle à Biarritz. À l’exception de deux ou trois salariés en fin de carrière qui n’ont pas trop envie de remettre en cause leurs habitudes, la majorité des salariés du Palais se réjouissait de la venue possible de Four Seasons, et des possibilités de mobilité et de promotion du personnel que pratique le géant de l’hôtellerie de luxe. À l’époque, Veunac ne jurait que par ses copains du groupe Accor et a fini par laisser partir Four Seasons qui constituait aux dires des administrateurs comme du personnel la meilleure solution possible. Évoquer les salariés pour justifier cet emprunt ahurissant relève donc du jésuitisme le plus complet.

 LE G7 A BON DOS

Est-ce que Pascal Bonnefoy, le majordome qui a passé des années au service de Madame Bettencourt se vante de « sa proximité avec Liliane » ? Michel Veunac, lui, n’hésite pas une seconde à fanfaronner dans Sud Ouest (24/9) pour mieux tromper les Biarrots :

Des négociations sont en cours entre l’État et la ville de Biarritz, ce qui est logique avant un G7, mais de là à parler de proximité quand on a serré deux ou trois fois la main à Macron ! En fait les choses sont plus simples que ne les raconte Veunac. Un émissaire de l’Élysée est présent depuis plusieurs mois pour finaliser le G7. Macron décide et Veunac obtempère. Pire, alors que des maires ont cherché à négocier une participation de l’État pour cet événement fort coûteux, Veunac joue les grands seigneurs avec l’argent des contribuables biarrots et ne demande rien. Pour avoir l’investiture LREM en 2020, que ne ferait-on pas !

Dans Sud Ouest du 26 septembre, le maire de Deauville Philippe Augié, en racontant le G7 qui s’est tenu à Deauville, montre un peu le bout de l’oreille : « Pour Deauville, le sommet ayant eu lieu au printemps, donc hors saison et hors week-end, (NDLR : 26 et 27 mai 2011) le jackpot fut complet » Qu’on nous explique alors comment un homme comme Veunac, qui a une telle complicité avec Macron, n’a pas su lui expliquer qu’il était impossible d’organiser un G7 du 25 au 27 août en pleine saison touristique !

Même mystère en ce qui concerne la rénovation du Palais, qui doit être conduite de toute urgence selon le duo Veunac-Lafite pour être « terminée au moment du G7 ». Les touristes, cet été, ont accepté de loger à prix d’or au Palais, mais le confort de l’hôtel n’est pas suffisant pour loger pendant deux jours des chefs d’état ? Dans une ville qui compte aussi parmi ses nombreux hôtels le flambant neuf Regina où a séjourné l’équipe de France de football, pas précisément habituée à résider dans des taudis !  Encore une vaste blague qui va nous valoir de payer au prix fort les travaux, les fournisseurs ayant bien compris que la mairie était coincée. Après quelques coups de téléphone échangés avec Deauville, Bisque, Bisque, Basque ! est en mesure d’affirmer qu’à l’occasion du G7 de 2011, l’hôtel Normandy, qui n’est qu’un cinq étoiles et non un palace, s’est contenté de changer la moquette de son hall d’entrée et que pas un chef d’état ne s’est plaint.

Veunac et Lafite profitent eux du G7 pour se lancer dans de grands frais de rénovation et avoir ainsi la certitude de pouvoir jouir du Palais autant qu’ils le veulent. Et n’oublions pas que Veunac a promis à Lafite la présidence de la Socomix en cas de vote favorable, ce qui explique le zèle du premier adjoint. Pouvoir péter dans la soie avec les grands de ce monde est un plaisir qui ne se refuse pas quand on a une si haute idée de soi-même.

Persuadée que les Biarrots vont perdre le Palais, l’Adjointe à l’Urbanisme Nathalie Motsch a tout à fait raison de parler dans Sud Ouest du 5 octobre de « Casse du siècle » et d’en remettre une couche dans Mediabask « On est en train de voler le Palais aux Biarrots »

https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20181008/nathalie-motsch-on-est-en-train-de-voler-le-palais-aux-biarrots

François Amigorena, sur son blog, ne dit pas autre chose en dénonçant une « inquiétante opacité » autour du Palais.

https://www.amigorena.fr/

Et le pire, c’est que ce hold-up est réalisé par des cols blancs qui ne risquent rien.

UN MÉPRIS TOTAL POUR LES COMMERÇANTS

En règle générale, les commerçants biarrots sont vent debout contre le futur G7 et ils ont bien raison. Si les hôteliers et les restaurateurs peuvent espérer limiter les dégâts, tout le petit commerce va trinquer, car il est évident qu’en août 2019 Biarritz va être la destination à fuir si l’on souhaite des vacances tranquilles. Un problème qui ne préoccupe visiblement pas notre élite municipale. Admirez avec quelle désinvolture, Veunac évoque ce manque à gagner : « La perte de chiffre d’affaires existera peut-être ponctuellement »

Le G7 à Turin. À quand, une démonstration de force basque entre CRS et manifestants?

Guy Lafite, l’homme qui se trompe régulièrement avant d’expliquer quelques années après qu’il n’avait pas tort, est tout aussi désinvolte sur l’avenir du Palais. L’extra-lucide Premier adjoint nous l’assure, le Palais sera « en bon état dans soixante-quinze ans »

Question : appartiendra-t-il encore aux Biarrots à cette époque-là ? C’est à peu près aussi certain que la possibilité que Lafite soit encore là pour commenter ses erreurs de 2018.

Sans compter les risques de dérapages provoqués par des opposants au G7 que pourrait connaître Biarritz. À Turin, mais aussi en Allemagne, au Québec ou au Japon de violents incidents ont eu lieu lors des G7 et les dégâts ont été conséquents. Qui est prêt à miser sur le charisme de Veunac pour empêcher les manifestants de venir se défouler à Biarritz ?

15 OCTOBRE, LE CLAP DE FIN POUR BEAUCOUP D’ÉLUS ?

Voilà maintenant des mois que dure l’indécente mascarade autour du Palais qui va se terminer le 15 octobre, lors du prochain conseil municipal. Ce n’est pas un hasard si le dernier conseil municipal sur le sujet, s’est tenu le 30 juillet. Encore une astuce de Michel Veunac qui n’en est pas à une acrobatie près avec la démocratie : choisir une veille de vacances pour que ses manigances passent inaperçues.

Las, le bon sens de certains membres de la majorité refusant ce plan qui va valoir du sang et des larmes aux Biarrots pendant des décennies, a failli le mettre en minorité si des membres de l’opposition, Domège, Saint-Cricq, Echeverria et sans doute Darrigade, n’étaient miraculeusement venus à son secours dans un étrange retournement d’alliance. Ce soir-là après un vote à bulletins secrets, le oui l’avait emporté d’une voix, dix-huit à dix-sept.

Depuis cette date, Veunac et Lafite ont multiplié les chantages, menaces et intimidations envers tous les élus qu’ils soupçonnent d’être hostiles à leur projet.

Lundi prochain, si l’assemblée fait preuve d’un minimum de bon sens, elle repoussera le plan du duo Veunac-Lafite puis décidera de travaux a minima financés par la Ville avant de mettre en vente les murs du Palais pour que cesse la gabegie financière.

Personne ne peut dire avec certitude qui va l’emporter, mais il est clair que le 15 octobre prochain un certain nombre des acteurs majeurs de ce conseil municipal vont pouvoir dire adieu à tout avenir politique tant ils ont démontré de désinvolture à l’égard des Biarrots. 2020 n’est vraiment plus très loin et la rancune des électeurs sera tenace.

Une dénonciation de cour d’école

Nathalie Motsch, comme tous les élus désireux de s’informer, vient mercredi consulter les fameuses 600 pages destinées à convaincre le conseil municipal. Dans la salle, elle retrouve Virginie Lannevère ainsi que Pierrette Echeverria et Jean-Benoît Saint-Cricq, tous attelés à la même tâche qu’elle. Cerise sur le gâteau ou plutôt preuve que la confiance ne règne pas, une employée municipale est présente pour vérifier que personne ne s’amuse à prendre des photos. Remontée contre le projet, Nathalie Motsch décide de passer outre et dégaine son portable. « Ne faites pas cela, je vais avoir des ennuis » la supplie l’employée. Nathalie Motsch ne se laisse pas faire : « Je suis une élue et j’ai besoin d’avoir ces documents à disposition ». Sa moisson terminée, l’adjointe à l’Urbanisme range son portable dans son sac, au moment précis où surgit un Michel Veunac rouge de colère : « Il est interdit de prendre des photos. Nathalie, dis-moi si tu as pris des photos ? » L’adjointe rebelle ne se démonte pas : « Je n’ai pas à répondre à cette question, Michel ! ». Et soudain la voix de Jean-Benoît Saint-Cricq se fait entendre : « Elle a pris des photos… Plein de photos ! Il faut appeler l’administration, Monsieur le maire… » Réplique de Motsch au vilain petit rapporteur : « Une chose est sûre, ce n’est pas vous que je prendrai comme avocat ! »