Mille raisons de ne pas voter Arosteguy

Soutien inconditionnel de Fillon, la descendante de la prestigieuse épicerie biarrotte a déjà adopté tous les travers des politiques les plus roués.

Maïder Arosteguy a fait sienne la devise de Jean-Claude Dusse, le séducteur des Bronzés : sur un malentendu, ça peut passer aux législatives. (Capture d’écran du blog de la candidate)

Surtout ne vous amusez pas à jouer à la marelle avec Maïder Arostéguy, car vous êtes certain de perdre ! Même si le Pays basque, en matière de figures politiques, compte quelques spécialistes réputés de la haute-voltige, on n’a jamais vu une candidate démontrer une aussi incroyable agilité pour passer d’une case à l’autre. Notre Nadia Comaneci locale fait ses débuts en politique à Biarritz en 2008 sur la liste d’un de ses amis personnels, Jean-Benoît Saint-Cricq. Ce qui ne l’empêchera pas de planter là dès le premier conseil municipal le godelureau qui l’a fait élire pour sauter dans les bras de Patrick Destizon. Là aussi les amours vont tourner court et deux séances plus tard, la novice en politique, adepte du trapèze volant, crée son groupe avec une colistière Denise Servy. Pendant six ans, Maïder Arostéguy sera officiellement dans l’opposition sans que personne ne s’en aperçoive, soutenant avec la majorité la Cité de l’Océan chère à Borotra et appliquant un principe simple : se faire oublier et guetter le coup suivant.

Même picorage au sein des partis politiques. Visant le conseil départemental, elle adhère à l’UDI, cette belle maison de passe du département, où à l’exception de quelques convaincus comme Philippe Morel, les ambitieux du suffrage universel viennent se faire ripoliner en centriste avant de se donner au plus offrant, à l’image du marcheur de dernière minute Vincent Bru qui vient de quitter l’UDI pour le MoDem, contre la perspective de devenir député.

L’alliance pour les départementales LR-UDI permet à Max Brisson et Maïder Arosteguy d’être élus en 2015. Mais l’ascenseur ne monte pas assez vite à son gré et Maïder redoute de ne pas obtenir l’investiture de l’UDI pour les législatives 2017. Maline, elle a compris qu’elle possède un nom de famille qui parle aux gens et  remarqué que les grands partis manquent beaucoup de femmes, alors que les amendes pour non respect de la parité ne cessent de croître. Elle quitte donc l’UDI au printemps 2016 pour rejoindre Les Républicains. Grande copine de Corine Martineau, elle a l’intuition de parier Fillon avant les primaires. Bingo ! Maïder  se retrouve investie pour les législatives. Jusque-là, pas grand-chose à dire. L’ambition, le flair et la chance font partie de la panoplie de l’élu potentiel.

Manque de morale

C’est en 2017 que tout se complique et que cette candidate, que j’apprécie à titre personnel mais certainement pas à titre politique, va tomber dans tous les travers des élus les plus roués, alors que l’on attend des novices fraîcheur, enthousiasme et volonté de moraliser la vie publique. Ce qui nous vaudra d’ailleurs un échange téléphonique où je lui annonce que je vais désormais la combattre dans ce blog et où elle conclura impavide : « Merci pour cet échange républicain ». Obtenir une investiture aux législatives à cinquante ans, neuf ans après des débuts comme simple conseillère municipale, relève de l’exploit et Maïder le sait.

Quand le vilain Canard enchaîné, révèle fin janvier que Pénélope est assistante parlementaire de son mari depuis vingt ans, sans que quiconque ou presque ne trouve trace de son activité, c’est la catastrophe pour Maïder qui voit l’appétissant gâteau que lui réserve l’Assemblée nationale s’éloigner d’elle. D’où une page Facebook, un blog, un compte Twitter surréalistes, fustigeant les journalistes, criant au complot et affirmant sans la moindre distance que Fillon est le seul président possible pour la France.

La politique, tous les Français le savent, est un métier difficile et corrupteur, même si tous les élus ne sont pas pourris, loin de là. Ce sont les meilleurs au départ, les plus altruistes, qui s’y intéressent et qui se dévoient avec le temps au fil d’arrangements improbables entre amis. Si on commence à accepter qu’un candidat soit parjure, qu’il se présente à la plus haute fonction de l’État en étant mis en examen pour « escroquerie aggravée » voire « faux en écritures publiques », si on s’égosille à le soutenir parce que c’est son intérêt du moment, alors bien évidemment, quand on se retrouvera une fois élue confrontée à un problème moral, on fera preuve du même manque de rigueur et on franchira la ligne jaune. Cette première raison suffit déjà largement à perdre toute envie de voter Arosteguy. Mais il y a pire.

Manque de courage

Le soir du premier tour, c’est comme si la lumière s’était soudain éteinte dans la maison Arosteguy. D’un seul coup les écrits de la candidate potentielle ne s’intéressent plus à la vie publique, mais affichent des clochettes de muguet, des vues de ce Pays basque si beau et si ensoleillé et de ces gens si merveilleux qui vont voter immanquablement pour vous aux prochaines législatives. Pourtant, il reste deux candidats en lice qui devraient mobiliser tout politique digne de ce nom. D’un côté Macron avec son mouvement hybride ni droite ni gauche mais républicain, de l’autre la représentante d’un parti antirépublicain et raciste, qui cherche à dédiaboliser son mouvement et ne dupe personne. On ne rigole pas avec le Front national, on le combat !

 L’attitude ambigüe d’un Jean-Luc Mélenchon m’a scandalisé, celle de Maïder Arosteguy tout autant. Quand des Brisson ou Olive se montrent très clairs dans leurs choix, même si ça ne leur a sans doute pas fait plus plaisir qu’à moi de voter Macron, notre ambitieuse se complaît dans une équivoque ambiguïté, histoire de ratisser le plus large possible et de ne pas se mettre à dos pour les législatives des militants républicains susceptibles de voter Marine Le Pen.

Le vrai courage en politique, c’est d’être devant ses électeurs et non planquée derrière, c’est d’anticiper, d’annoncer clairement ses décisions et quand on n’est pas suivi de savoir en tirer les conclusions qui s’imposent. Face au parti de la haine, ce n’est pas très glorieux de rester ainsi silencieuse. Pour la même raison, je ne voterai pas Vincent Bru, arriviste de la dernière heure, qui pour justifier son investiture, annonce qu’il va adhérer à En Marche (Il est temps !) et affirme avoir voté Macron à deux reprises. Un politique ne vote pas à titre personnel. Il éclaire les citoyens moins avertis que lui et rend publique la couleur de son vote.

Manque de convictions

Morale, courage et convictions, voilà ce qu’on attend d’un politique et ce que l’on cherche vainement dans cette candidature Arosteguy. Si Maïder avait assisté à quelques débats à l’Assemblée Nationale, elle aurait une petite idée du niveau requis, de la culture historique et politique des participants, du talent oratoire nécessaire et du rythme infernal demandé à ceux qui participent véritablement à toutes les séances, comme la députée Colette Capdevielle (Quel dommage, que je ne dépende pas de la Ve circonscription, mon choix serait vite fait !). J’avoue que je ne peux pas imaginer un élu qui ne soit pas passionné par la vie publique, qui ne pense pas qu’à cela.

Le lendemain du débat de deuxième tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, tout Biarritz ne parlait que du Facebook de Maïder Arosteguy, qui assistait à une représentation des ballets Malandain à l’heure où Macron pilonnait Marine. Un peu comme si le président de la fédération française de rugby Bernard Laporte publiait un selfie de lui juché sur un âne à l’heure de la finale du top 14. Et beaucoup de se demander sérieusement si la candidate des Républicains n’est pas beaucoup plus intéressée par son devenir personnel, par les avantages liés à la députation, que par l’avenir de la France. Dans l’opposition municipale depuis trois ans, Maïder brille par une navrante absence de convictions et une prudence absolue quand il s’agit d’émettre un avis ou de faire de la peine à ce cher Michel Veunac. Mais dans ses tracts électoraux, la nouvelle venue nous annonce en toute modestie que « La France a besoin d’un changement majeur en 2017 » … et qu’il faut donc voter pour elle.

Le changement avec les vieilles pratiques d’antan, serait donc incarné par notre sémillante candidate ?  Entre l’école où on joue à la marelle et l’Assemblée où l’on pratique souvent la corde raide, il est long, très long le chemin. Sans doute beaucoup trop long pour la « petite » Arosteguy, comme on l’appelle ici, même si à Biarritz on a tendance à élire tout ce qui porte l’étiquette « À droite ».

Liberté de la presse façon Arosteguy

À l’image du grand démocrate Veunac qui refuse de répondre à mes questions de journaliste, Maïder Arosteguy a décidé que je n’aurai plus accès à son compte Twitter. Un peu plus habile en matière de réseaux sociaux que Vincent Bru qui ne sait toujours pas comment ça marche, comme se plaît à le raconter François Amigorena, Maïder n’a visiblement pas réalisé que créer un nouveau compte Twitter prend trente secondes. J’ai donc une nouvelle identité, fort discrète celle-là, qui me permet en tant qu’abonné de tout savoir des commentaires visionnaires et définitifs de la candidate.

Et ce n’est pas triste !  

Le document qui disculpe (sur un point) Maïder Arosteguy

« Je me suis engagée dès réception du courriel à représenter le Président dans le cadre de ma délégation. Votre critique de mon absence au débat ne me paraît pas justifiée… » La candidate aux législatives conteste formellement un point et le document qu’elle adresse à Bisque, Bisque, Basque ! montre sa bonne foi  sur son absence au débat de deuxième tour.  Dont acte, ce qui n’excuse pas pour autant le grand silence face à Marine Le Pen.

 

Faut reconnaître, c’est du Bru…tal

Vincent Bru pique l’investiture En Marche à François Amigorena. Un mauvais polar dans lequel Michel Veunac a trempé. Récit des coulisses.

En politique, les bons sentiments ne durent qu’un temps et les tontons flingueurs ont souvent le dernier mot.

Les deux seuls points communs entre Michel Veunac, le maire de Biarritz et son premier adjoint Guy Lafite ? Le mépris mutuel qu’ils éprouvent l’un pour l’autre et leur détestation cordiale et partagée du septième adjoint François Amigorena. Il faut dire aussi que ce petit garnement, accessoirement membre de la brinquebalante majorité municipale, s’est permis de contredire les creuses incantations du premier en plein conseil municipal et de ridiculiser l’autre en démontrant qu’il ne comprend rien de rien aux réseaux sociaux, ce qui la fiche un peu mal pour un énarque.

Lundi 8 mai, Michel Veunac qui a regardé la veille à la télévision les premiers pas d’Emmanuel Macron,  décide qu’il ne se contentera pas comme d’habitude des trois mouvements de menton qui lui tiennent lieu de jogging quotidien. Il est plus que temps d’agir et dès son arrivée à la mairie, SuperMimi s’empare de son téléphone pour dire à son ami François Bayrou tout le mal qu’il pense de l’investiture possible de François Amigorena. Le président du MoDem, dont les troupes tiendraient au large dans une cabine téléphonique, ne peut rien refuser à « son ami Michel » et, roulant des mécaniques comme à l’accoutumée,  lui affirme qu’il fait son affaire du trublion biarrot. Guy Lafite de son côté passe la deuxième couche en revisitant son carnet d’adresses d’anciens de l’ENA et en délivrant le même message sur l’impossible Amigrosdégâts.

D’où cette surprise et ce sentiment de flottement, en milieu de semaine dernière lorsque la liste des candidats En Marche est publiée. La décision d’investiture dans la VIe circonscription est suspendue. Ce qui signifie que le candidat Amigorena, souhaité par les militants car présent depuis le lancement du mouvement est mis en balance avec Vincent Bru, le maire de Cambo, un inconnu au bataillon de La République En Marche.

Les manigances sont de sortie

Et l’on découvre qu’entre l’intention et l’action politique existe comme un fossé dans lequel ont fini bien des audacieux. Claquer deux bises chaleureuses à Tata Merkel, lors de son premier voyage officiel à Berlin, ne suffit pas pour faire de la politique autrement. Emmanuel Macron nous promet une moralisation de la vie publique, mais les ratés lors de la constitution du gouvernement comme les frondes qui éclatent dans de nombreuses circonscriptions, démontrent que les professionnels de la politique ne baisseront pas pavillon face au jeunot sans ourdir quelques manigances.

Prenez le caprice de François Bayrou, une fois la liste des investitures connues. Cet homme ne pèse strictement rien, il est un casus belli vivant avec son appel à voter en 2012 pour François Hollande que la droite ne lui pardonne pas. Macron pouvait traduire de façon spectaculaire et quasiment sans risque sa volonté de rénover la vie politique en laissant Bayrou bouder dans son coin. Et Amigorena aurait eu une investiture légitime au vu de son parcours. Et de réelles chances de l’emporter.

Au lieu de cela, le joueur de poker Bayrou réussit à intoxiquer l’équipe adverse avec sa misérable paire de deux et fait monter les enchères. Le coup de bluff réussit au-delà de toute espérance. Mais comme Bayrou n’a pas suffisamment de militants, il se retrouve obligé de ratisser large et de se tourner vers de possibles affidés.

Contre le mariage pour tous, Vincent Bru n’hésite pas à rallier… Macron.

Le diaphane Vincent Bru est le portrait en creux du candidat dont Macron ne veut plus entendre parler : multirécidiviste ayant bouffé à tous les râteliers politiques, avec pour seul étendard l’absence totale de convictions et une ductilité idéologique à toute épreuve si une copieuse gamelle se profile à l’horizon. Candidat sans étiquette, il forme un ticket avec Michèle Alliot-Marie en 2012 aux législatives. Après l’échec dont tout le monde se souvient, il appareille pour l’UDI où il se distingue par son absentéisme. Il affirmerait, selon ses dires,  des sympathies depuis le début de l’année pour le mouvement En Marche, mais l’homme est tellement discret que personne ne se souvient l’avoir vu participer à la moindre réunion militante ou au grand meeting de Pau.

En revanche, une rapide recherche sur Internet montre que Vincent Bru n’a pas été le dernier à combattre les lois défendues par Emmanuel Macron, comme le prouve cette pétition contre le mariage pour tous signée – à l’insu de son plein gré très certainement – par le maire de Cambo.

http://www.mairespourlenfance.fr/les-signataires?search_field=dept&value=64&operator=LIKE&sortBy=city&ascdesc=ASC&submit=Rechercher#participants-list

Un vieux routier de la politique, homophobe de surcroît, voilà vraiment une investiture qui s’imposait pour le grand mouvement moderne REM! Contacté mardi, pour s’expliquer sur son parcours, le courageux maire de Cambo s’est bien gardé de répondre à Bisque, Bisque, Basque! La timidité, sans doute.

Morel : « Bru part dans le sens du vent »

Reste encore un épisode dont l’authenticité fait débat dans cette interminable saga intitulée « Agitons-nous, folle ville de Biarritz ! ». Il se situerait ce week-end dernier, juste avant l’annonce de l’investiture de Vincent Bru, lundi 15 mai, et concernerait Didier Borotra. « Impossible que le vieux prenne son téléphone pour défendre quelqu’un d’autre que lui-même » affirme un fin connaisseur de la vie biarrote qui est intarissable sur le copieux nombril de l’ancien maire. « Borotra apprécie François Amigorena, rapporte un autre,  mais s’il a pris son téléphone pour appeler Bayrou, c’est uniquement pour emmerder Lafite, à qui il ne pardonne pas son lâchage dans l’affaire de la  Cité de l’Océan ».  Impossible de savoir le fin mot de l’histoire, mais force est de constater que Veunac a désormais plus de poids que Borotra auprès de Bayrou, ce qui en dit long sur l’état de déliquescence du MoDem.

Le très prudent Philippe Morel, qui pèse toujours ses mots avec une balance d’apothicaire quand il parle aux journalistes, masque mal sa perplexité : « Cette investiture étonne l’UDI. Le miltant Vincent Bru ne s’est jamais expliqué au bureau départemental sur sa candidature. En rejoignant Macron, il part dans le sens du vent ». On a connu encouragements plus chaleureux.

François Amigorena est le plus à gauche : sur la photo au moins.

Journaliste spécialisée en économie bleue mais aussi référente du mouvement En Marche pour les Pyrénées-Atlantiques, Nathalie Niel, affirme avoir reçu 350 mails indignés pour  protester contre l’investiture de Vincent Bru. « J’ai saisi la commission d’éthique par rapport aux militants, car cette décision est totalement contraire à tout ce que j’ai raconté en tant que référente. Par son parcours et ses prises de position contre le mariage pour tous, Vincent Bru ne fait absolument pas partie des valeurs de En Marche ».

De son côté, un militant de base du mouvement, Pierre Aldama, a lancé une pétition contre cette désignation et pour une investiture Amigorena.

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-contre-l-investiture-par-lrem-de-vincent-bru-dans-la-6%C3%A8me-circonscription-du-64

J’ignore pour ma part si François Amigorena ferait un bon député, même si je l’en crois capable. Mais, à l’évidence, avec son engagement des premiers instants, sa vie civile plus que respectable et sa personnalité, il incarne le renouvellement voulu par Emmanuel Macron quand Bru personnifie tout ce que les Français ont rejeté.

Ces petits mouvements d’humeur d’un lointain département pyrénéen auront-ils un effet quelconque sur un état-major parisien qui semble déjà soumis à bien des tensions et des contradictions ? La réponse dans quelques heures, en rappelant à la commission d’investiture qu’il n’est jamais trop tard pour être cohérent.

Lundi : Mille raisons de ne pas voter Arosteguy

PS : Merci à La Marquise de Vérité de « La Semaine du Pays Basque », pour m’avoir autorisé à emprunter ce titre, contre un baise-pied et trois menues flexions.

L’assourdissant silence de Maïder Arosteguy

Soutien inconditionnel de Fillon au premier tour, la candidate aux législatives ne parle plus politique depuis le 23 avril. La tentation vote blanc ou Marine Le Pen ?

Avant le premier tour, il n’y en avait que pour Fillon ! Désormais, la page Facebook de Maïder Arosteguy ne s’intéresse plus qu’au sport et à la culture. Un hasard, sans doute…

Voilà une future candidate aux élections législatives qui ne doit pas savoir qu’une présidentielle est en train de se dérouler ! Alors que Max Brisson et Claude Olive, tout en ne cachant pas que cette décision ne leur fait guère plaisir, se sont prononcés clairement en faveur de Macron, Maïder Arosteguy amuse la galerie sur sa page Facebook mais se garde bien de donner la moindre consigne de vote à ceux qui la suivent.

Soudainement passionnée par un spectacle salle Larreko de Saint-Pée-sur-Nivelle, par le travail de l’artiste Alber à la galerie Bouscayrol ou par la victoire du BO, notre sémillante conseillère départementale ne trouve strictement rien à dire sur le second tour présidentiel. Aspirer à entrer à l’Assemblée nationale mais ne pas s’intéresser à l’actualité politique, voilà qui est fâcheux.

Pourtant pendant le premier tour, Maïder s’est montrée très présente pour épauler François Fillon, apparemment pas gênée du tout par les mises en examen du candidat de la Sarthe qui lui avait accordé l’investiture aux législatives. Fraichement ralliée aux Républicains après un long séjour à l’UDI, Maïder a adressé un signal clair à tous ceux qui seraient tentés de voter pour elle en juin prochain, en affirmant haut et fort par son soutien à François Fillon que la victoire de son camp était à ses yeux bien plus importante que la morale en politique.

Quand on aspire à de hautes fonctions politiques et à franchir les portes de l’Assemblée nationale, on se doit d’être claire dans ses choix et ne surtout pas commencer à se planquer avant même d’être élue. Ne pas préciser sa position cette semaine, c’est donner à penser aux républicains de la Côte basque que, pour Maïder comme pour nombre de Fillonistes déçus, existe la tentation du vote Le Pen ou d’un vote blanc qui aura pour effet de conforter le Front national.

Allez, Maïder, du cran ! C’est le moment d’assumer ses choix.

Une pathétique nombriloscopie

Brillant orateur mais piètre écrivain, Didier Borotra, ego démesuré et absence totale de remise en cause, se rate complètement dans ses mémoires.

Qu’attendre en vérité de quelqu’un qui, à la barre du tribunal correctionnel de Bayonne, a affirmé avoir appris « par hasard » l’engagement de sa fille Sophie par la directrice de La Cité de l’Océan qui travaillait sous ses ordres ? Des approximations et de grandes gesticulations autosatisfaites.

La réalité Borotra, connue de tous les Biarrots, est toute autre que celle racontée dans le livre au titre ampoulé « La renaissance de Biarritz, ses vrais acteurs ». Didier Borotra, c’est d’abord un homme qui rate complètement sa vie professionnelle avant de se raccrocher aux branches la cinquantaine venue grâce à la politique, quelqu’un qui a connu la gêne financière avant de prospérer sur le tard, le cumul des mandats aidant. Mais la vie antérieure du brillant gestionnaire Borotra est expédiée en dix lignes et devient « de graves tensions financières au sein de l’entreprise au mileu des années 1980. Cette responsabilité de gestion, lourde et préoccupante, a été surmontée grâce à la solidarité familiale. » Étonnez-vous après cela que la Ville, au moment de son départ, soit passée à ras de la mise sous tutelle préfectorale pour cause de surendettement !

Élu à regret à Biarritz

Même fable en ce qui concerne son implication dans la vie politique biarrote. À l’en croire, cet inconditionnel de Jean Lecanuet a cédé à la pression affectueuse de ses amis en se présentant à Biarritz : « Je dus une nouvelle fois y aller… plus contraint que porté par une réelle ambition. J’entends bien que ce goût du sacrifice peut paraître suspect ; certes ma sympathie à l’égard de Bernard Marie était nulle et, sincèrement, j’étais fort tranquille à la mairie d’Arbonne et au conseil général ».

Et l’on en arrive au morceau de bravoure de 1991 où l’angélique Borotra dément catégoriquement une quelconque « ambition de devenir maire ». C’est uniquement la peur de voir raser le casino municipal, ce chef d’œuvre de l’art déco, qui l’a poussé à faire sécession contre Bernard Marie. Comme c’est curieux, Borotra oublie totalement de citer les coupures de presse de l’époque où il se déclare, fin 1990, « enthousiasmé » par le projet d’implantation d’un nouveau casino sur la colline des hortensias. Talonné par Michèle Alliot-Marie que tout le monde voyait succéder à son père, le premier adjoint Borotra trahit Marie, car il n’en peut plus d’être vizir et se rêve calife. Mais si on le lit, c’est uniquement par amour de Biarritz et de la belle architecture qu’il a agi ainsi et non par arrivisme forcené.

Des costards à tout va

Et c’est là où « La renaissance de Biarritz » devient une énorme déception. Didier Borotra, même s’il est l’illustration des méfaits liés à vingt-trois de règne sans partage, a incontestablement été un maire qui avait une vision de sa Ville et qui a réveillé la belle endormie de la Cöte basque. Mais à force de ne pas s’attribuer la moindre erreur, le moindre ratage (Il continue à croire que la Cité de l’Océan deviendra « avec le temps, l’un des atouts majeurs de l’image et du développement de Biarritz » !), Borotra en devient totalement ridicule.

Prenez par exemple l’homme qui a été sénateur des Pyrénées-Atlantiques de 1992 à 2011. Un sénateur tellement inexistant que M6 s’était amusé à faire un reportage sur lui, présent par hasard au Sénat et incapable de localiser son bureau. À part Pénélope Fillon, vous connaissez quelqu’un incapable de retrouver son bureau après dix-neuf ans passés au sein de la même entreprise ? Et qu’écrit celui qui devrait raser les murs après avoir si mal accompli son mandat : « Mon expérience de sénateur s’avéra assez décevante en raison de l’âge et du manque de dynamisme d’un grand nombre de mes collègues, du faible poids de l’assemblée dans les grands débats politiques et des difficultés éprouvées à faire émerger les majorités d’idées auxquelles j’aspirais » Si tu avais un peu plus participé au travaux, Didier, peut-être aurais-tu apprécié le Sénat !

Même toupet de plume en ce qui concerne Michèle Alliot-Marie, de la part d’un homme politique dont la renommée n’est guère allée au-delà de Mauléon. Didier Borotra a le droit de détester la famille Marie, mais de là à écrire sur l’un des plus beaux parcours de la République : « Certes, son parcours politique l’a amenée à exercer de hautes responsabilités, la hissant à la tête de quatre ministères régaliens. Mais, quand on regarde de près quelle fut son action, on constate qu’elle aura laissé peu de traces durables de son passage » Vingt ans à faire partie de tous les gouvernements possibles, c’est ce que Didier imperator appelle ne pas laisser de traces ! Mais visiblement, comme l’avocat Robert Bourgui, Borotra a décidé d’offrir des costumes taillés sur mesure à tous ceux qui lui sont chers.

L’encensoir sans empathie

Et l’on s’étonne dans ce livre qui fait, disons-le tout net, un peu de peine pour son auteur d’une construction surprenante que l’éditeur aurait dû récuser. D’un côté une sorte de curriculum vitae laborieux où l’on retrace les grandes dates d’une existence sans raconter le dessous des cartes, un peu comme si Jérôme Thion nous rappelait dix ans plus tard le minutage des essais lors du dernier bouclier de Brennus au lieu de nous raconter l’ambiance des vestiaires, de l’autre des portraits qui arrivent sans prévenir au milieu du récit avec une hyperbole de superlatifs et une absence totale d’empathie, qui donnent à penser à une soirée des Césars où le lauréat n’oublie jamais de remercier le moindre décorateur ou preneur de son.

Vous l’aurez compris, derrière « La renaissance de Biarritz, ses vrais acteurs » se cache surtout de la part de son auteur un manque absolu d’humilité qui est révélateur d’un manque total d’humanité. Et l’on plaint ce vieillard au cœur sec pour avoir fait dans ce livre fort loin d’être impérissable inlassablement le tour de son nombril avec sa plume.

« La renaissance de Biarritz, ses vrais acteurs », Didier Borotra, éditions Le Festin, 224 pages, 19 €.

Amnésie consciente et inconsciente…

Borotra évoque longuement le Foro, destiné à propager la gloire de Biarritz en Amérique du Sud mais oublie totalement de préciser aux lecteurs que sa fille qui vivait sur le continent américain touchait un salaire d’attachée parlementaire de sa part, quand il était sénateur, ce qu’elle a confirmé au tribunal. Encore plus fort que Fillon ! Ce qui n’empêche pas notre inénarrable Didier de nous faire un grand couplet sur l’argent et la politique : « Il faut reconnaître que beaucoup d’élus locaux ne font rien, sinon de la présence et touchent des indemnités exagérées » Fallait oser ! Comme il fallait oser affirmer n’être nullement intervenu dans la campagne des municipales de 2014 : « Max Brisson considérait qu’il était imbattable, Veunac qu’il était le plus légitime, tandis que Guy Lafite estimait qu’il était le plus compétent. Tout cela n’était pas faux, mais pas totalement exact non plus ».

D’autres erreurs, comme l’a souligné La Semaine du Pays basque d’aujourd’hui, traduisent une mémoire qui flanche et n’auraient pas dû passer au travers d’une relecture sérieuse. Borotra fait participer De Gaulle aux législatives de 1978 au lieu de 1968, parle de Bernard Marie député en 1993 alors qu’il avait abandonné son mandat en 1981 et le reste à l’avenant. Mais le détail que les Biarrots auront le plus de mal à lui pardonner est sans doute cette légende de photo, page 112, parlant du bouclier de Brénus et non de Brennus. À croire que Didier s’est pris un coup de bouclier sur la tête, lors de la dernière finale…

Enthousiasmant Laird Hamilton

Même sur de toutes petites vaguelettes de cinquante centimètres, Laird Hamilton avec son stand up foil réussit à voler sur l’eau.

Champion d’exception qui s’est frotté aux plus grosses vagues de la planète, Laird Hamilton est aussi un homme d’une modestie et d’une disponibilité incroyables. Parrain de la Maïder Arsotéguy Cup, venu à Biarritz par amitié pour l’organisateur Robert Rabagny, Laird Hamilton, après avoir longuement distribué des autographes à tous ses admirateurs, a sidéré aussi bien les surfeurs que les promeneurs qui se trouvaient là par hasard, samedi après-midi sur la Grande plage, en se livrant à une longue démonstration de stand up foil. Doté d’un aileron métallique, cette courte planche de paddle permet de voler au dessus de l’eau et devient impressionnante quand elle est maîtrisée par un champion du monde.

 « Admirez le surf du futur » s’est exclamé Rabagny, persuadé que nous verrons de plus en plus ce type d’engin sur nos côtes.

Un immense merci à Robert Rabagny pour avoir offert ce si beau spectacle à tous les Biarrots. Et une fois de plus la question se pose : mais comment la Ville peut-elle se passer d’un organisateur aussi créatif et talentueux ?

Saint-Cricq et Brisson fessent le garçonnet Veunac

Le dernier conseil municipal ? Un bras de fer entre deux brillants élèves de terminale et un petit sixième vêtu d’une écharpe tricolore…

En attendant que la police municipale n’obtienne son armement, les pistoleros de l’opposition s’en sont donné à coeur joie.

L’article 68 de la loi « Égalité et Citoyenneté » interdit depuis le 30 décembre 2016 la fessée et les châtiments corporels à l’encontre des enfants, mais, fort heureusement, pas des politiques ! Même si il y a souvent du garçonnet en Veunac, avec ses incantations, ses phrases creuses et ses moulinets verbaux, Max Brisson et Jean-Benoît Saint-Cricq, qui avaient soigneusement préparé leurs interventions avec toute l’opposition, ont corrigé d’importance le garnement Veunac  à l’occasion du conseil municipal du 30 mars, que Sud Ouest a raconté de façon fort lointaine à ses lecteurs et quasiment sans donner la parole à l’opposition, sans doute à cause de ses délais de bouclage.

Alors si vous voulez vraiment savoir comment les tontons flingueurs Max et Jean-Benoît ont « dispersé façon puzzle »  le si gentil Michel Veunac, faites-vous plaisir, branchez Internet, écoutez à partir de 2 h13 et vous comprendrez tout.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Brisson à Veunac : « Vous qui excellez dans la communication »

La soixantaine lui réussit décidément bien. Patelin, drôle, habile, ne perdant jamais son calme, Max Brisson semble enfin se sentir heureux dans l’opposition et réussit sa meilleure intervention depuis 2014. Toujours très déférent envers « Monsieur le maire », même s’il n’en pense pas moins, Max Brisson relève « un hiatus entre vos discours, sur lequels vous excellez en général, et puis la réalité de la mise en œuvre… Mais ça vous permet de faire de très belles réunions au casino Bellevue, avec ou sans vos adjoints ». On se souvient en effet que Veunac avait fait un compte-rendu de mandat seul sur l’estrade, avant de faire de la place à ses adjoints pour la deuxième séance.

Et l’ancien premier adjoint de Didier Borotra d’agiter le martinet : « C’est la deuxième année que vous nous parlez du ravalement du casino municipal… Votre ambition à la Côte des Basques est considérable et elle fait consensus. Mais ce que vous allez faire, c’est deux cents mètres. Je ne vous en fais pas le reproche. Cela correspond aux capacités de financement de la Ville. »

Tandis que Veunac lève les yeux au ciel et semble prendre la Vierge effarouchée à témoin, Max Brisson, étincelant, enfonce le clou : « Il y a plein de choses que vous n’annoncez pas aux modestes élus d’opposition que nous sommes. C’est au détour d’une ligne budgétaire qu’on apprend des choses fortes sur le plan de circulation ou la piétonnisation de la Ville. Est-ce que vous ne pensez pas, vous qui excellez souvent dans la communication, que vous auriez pu davantage informer les Biarrots sur le sujet ? Il y a aussi ce qu’on n’apprend pas, comme ce qui concerne L’Hôtel du Palais. Il me semble nécessaire de dire ce que l’on va faire au moment où le directeur intérimaire s’en va.»

 Conscient de sa victoire oratoire, Max Brisson va même se montrer paternaliste à l’égard de l’ancien deuxième adjoint : « Baissez la garde, Monsieur le maire, en termes d’effets d’annonces, d’infographies, de magnifiques projets annoncés pour dire finalement la réalité de ce que vous pouvez faire ».

Priver Veunac, de ses effets de manche et de ses ronflantes annonces non suivies d’effet, mais il veut tuer le maire, ce Brisson !

Saint-Cricq à Veunac : « Des cocoricos déplacés »

Un conseil qui ne pipe mot pendant l’intervention de Saint-Cricq

Sans doute dopé par la prestation de son voisin, Jean-Benoît Saint-Cricq se montre lui aussi exceptionnellement percutant et offre une déculottée mémorable à Veunac. Après avoir noté que le budget remis aux opposants ne contient même pas toutes les informations obligatoires, mais « rassurez-vous, Monsieur le maire, je ne vais pas faire annuler votre budget, ce soir », l’incisif avocat détaille la politique financière du duo Veunac-Lafite et sort le bonnet d’âne : « Une ville comme Biarritz, avec un casino, avec des recettes significatives, pourrait fort bien être avantagée par une fiscalité bien moindre, s’il n’y avait pas des dépenses inconsidérées. Une fois de plus, vous nous proposez un budget de restrictions et de rigueur ».

Difficile de dire le contraire alors que la hausse des prélèvements s’élève à 81% en quinze ans et à 1,4% cette année.

Et Saint-Cricq d’appuyer où ça fait mal : « Il faut dire aux jeunes Biarrots que si la Ville est incapable de leur payer un bassin olympique à 18 millions d’euros, c’est parce que la Cité de l’Océan a coûté trois fois plus cher.  Il y a un an, ce sont des membres de votre majorité qui ont fait remarquer que les Biarrots n’en peuvent plus et que ce n’est pas le moment, avec la crise, d’augmenter les impôts. J’observe que ceux qui vous ont dit ça, se sont finalement ravisés et n’ont pas démissionné»

C’est vrai qu’elle semble bien loin la frondinette qui avait agité la majorité en 2016 !

Procureur d’un jour, Saint-Cricq poursuit son implacable réquisitoire : « L’astuce de ce budget consiste à programmer des investissements que l’on ne réalise pas et que l’on reporte sur l’année suivante. Le département des Pyrénées-Atlantiques a réalisé dans l’année 92% de ses investissements prévus. À Biarritz, on est seulement à 71%, ce qui veut dire qu’il y a eu 9 millions d’euros de trop prélevés en 2016 grâce à des subterfuges. C’est la recette de Monsieur Lafite : on lève plus d’impôts que nécessaire et on crie victoire pour avoir restauré l’épargne. »

Et Jean-Benoît Saint-Cricq de sortir des chiffres qui vont faire frémir plus d’un Biarrot. « La dette de la Ville est de 66 millions et 345 000 euros, soit 2543 euros par habitant, ce qui dépasse de 66,27% la moyenne nationale. Que l’on vienne faire des cocoricos dans un contexte pareil, ça me paraît un peu déplacé ».

Motsch : « Le gentil Brisson et le méchant Saint-Cricq »

Après une tel feu nourri, la majorité ne se bouscule pas pour monter au créneau. Ce blog ne déborde pas de sympathie pour Guy Lafite et Nathalie Motsch, mais se doit de reconnaître qu’ils vont manifester un certain cran dans la tourmente. Avec l’humour à froid qu’il affectionne, Guy Lafite se lance : « L’illusionniste va essayer de répondre ». Il explique qu’il est beaucoup plus diffcile pour une mairie que pour un conseil départemental d’agir et considère que les retards pris sont souvent liés à l’attente de subventions. Quand aux hausses des prélèvements fiscaux, le grand argentier fait une promesse qui ne sera peut-être pas tenue « Il y a eu 2,5% de hausse de la fiscalité pendant ce mandat et il n’y aura pas autre chose. Le mandat précédent il y a eu beaucoup plus que cela »  Se comparer aux mauvais élèves est toujours rassurant pour les médiocres.

Nathalie Motsch, qui a remarqué le bon travail d’équipe de l’opposition, se lance dans la comparaison policière : « Vous vous êtes bien distribués les rôles. Il y a le gentil et le méchant. Je vais d’abord m’adresser au méchant : Monsieur Saint-Cricq, on est une équipe de rassemblement, on négocie, on se parle, comme on l’a prouvé l’an passé. Quant au gentil, ou du moins au gentil entre guillemets, vous savez bien Monsieur Brisson que le passage à l’opérationnel prend du temps. »

Mais je sens bien que vous vous impatientez et attendez les saillies de notre ami Michel pour tenter d’oublier la triste situation de Biarritz. Comme beaucoup d’électeurs biarrots, vous vous demandez pourquoi on a présenté au concours général de 2014 le dernier de la classe, vous plaignez sa majorité si mal représentée et réduite au silence par son maire et vous vous dites que le duo Brisson-Veunac, perçu en 2014 comme une alliance électorale de circonstance, manifesterait une autre carrure pour diriger la ville que notre actuel cancre, roi des moulinets verbaux et des mouvements de menton.

Heureusement pour lui, Veunac est persuadé d’être très bon comme maire de Biarritz. Lui qui raffole des experts en tous genres, devrait pourtant engager en urgence un gagman pour améliorer ses répliques, qui deviennent de plus en plus prévisibles et consternantes.

Sur le bassin olympique, annoncé dans son programme électoral : « Il m’arrive de me tromper, c’est rare ! »

 En réponse à Max Brisson : « Le temps de l’opposition n’est pas le temps d’une majorité qui travaille » Une phrase qui a tellement plu à Veunac qu’il la répètera à deux ou trois reprises, tout heureux d’avoir trouvé quelque chose d’original à dire.

En réponse à Jean-Benoît Saint-Cricq : « Depuis quinze ans, vous tenez un discours catastrophique. Vous faites une fixation, je ne vais pas répondre à ça ».

 Et pour conclure : « Nous nous travaillons, et je n’ai pas l’impression de perdre mon temps »

Nous si.

Armement de la police municipale : Veunac désarmant

C’est typique de la méthode Veunac : deux pas en avant, deux pas en arrière, une visite, une consultation d’experts et ça repart. Pour cause d’état d’urgence, Veunac avait réuni en mars majorité et opposition pour doter la police municipale de pistolets 9 mm et de caméras pendant les interventions. Tout le monde était d’accord. Mais notre maire vient de fixer une nouvelle réunion, d’annoncer une visite à Pau et d’affirmer que « l’armement des policers faisait toujours débat au sein de sa majorité ». État d’urgence ou pas, pour lambiner, notre Super-Mimi est toujours le champion !

Pourquoi je suis candidat aux législatives

Sylviane Alaux et Maïder Arostéguy ont du souci à se faire. Je vais les défier le 11 juin prochain dans la VIe circonscription.

Avec, en tête de ce blog, un bandeau intitulé «  Dans mon parti, y a qu’moi et c’est déjà l’merdier », je pensais être totalement à l’abri de ce genre de mésaventure. Mais il faut croire que le métier de député est tellement difficile et mal payé qu’il suscite peu de vocations. Trois partis, et non des moindres, m’ont rendu visite ces dernières semaines pour me convaincre de devenir un futur parlementaire.

Jean Lassalle a été le premier à toquer à ma porte. Venu à pied de son village de Lourdios-Ichère qui n’est qu’à 137 kilomètres de Biarritz, il m’a proposé l’investiture pour être député de son mouvement « Résistons ! » Fervent lecteur du blog, il trouve que j’ai des aptitudes. Malheureusement, quand il m’a demandé d’entonner avec lui un chant béarnais, il a soudain été beaucoup moins convaincu.

Ensuite, ce sont des émissaires de Macron qui sont arrivés avec une liste de tous les randonneurs licenciés du département des Pyrénées-Atlantiques. Ils connaissent tellement peu de monde en dehors du XVIe arrondissement de Paris qu’ils ont estimé que les adeptes du godillot montant comme moi ne pouvaient qu’adhérer à « En marche »  et les représenter. Mais ils ont fui en courant en apprenant que je ne payais même pas l’ISF.

J’aurais adoré être démarché par Mathieu Accoh, charmant professeur de philosophie croisé quelques fois à Biarritz, car « La France insoumise » de Mélenchon, ça me parle et me plaît, mais je n’ai rien vu venir. Alors, en désespoir de cause, je me suis rallié à « Debout la France », parce que ça sonne viril et fait très lever des couleurs pour l’ancien militariste convaincu que je suis. Comme Dupont-Aignan n’avait pas de candidat prévu dans la VIe circonscription des Pyrénées-Atlantiques, le marché a été vite conclu.

Des aptitudes évidentes

Bien sûr, je n’ai pas parlé de cette investiture à mes amis, car je sais que certains vont être déçus. Mais ils vont vite revenir à moi quand je serai élu, car je me prépare très méthodiquement, comme un futur député de haut niveau. Et plus les jours passent, plus je constate que j’ai des atouts à faire valoir pour défendre tous ces électeurs qui ne vont pas manquer de voter pour moi.

– Ma carrière politique est toute jeune, mais s’il est nécessaire pour réussir de changer de casaque aussi souvent que Maïder Arostéguy ou d’être aussi transparent à l’Assemblée nationale que Sylviane Alaux, je suis prêt.

– Pénélope Fillon n’aide son mari que depuis vingt ans. Pour ma part, ça fait trente ans que mon épouse répond au téléphone quand je ne suis pas là et récupère le courrier dans la boîte à lettres. Sans le savoir, elle exerce donc un emploi d’assistante parlementaire à plein temps et comme elle a plus d’ancienneté dans le métier que Pénélope, je lui donnerai l’intégralité de l’enveloppe prévue pour rémunérer mes collaborateurs.

– Mes deux enfants ne sont plus ni collégien, ni lycéen, ils ont même eu le bon goût de décrocher des diplômes et je ne vais donc avoir aucune difficulté à les refiler à un collègue démuni qui les paiera à hauteur de leur mérite, c’est-à-dire beaucoup.

– Un ami, membre du lobby de l’espadrille de Mauléon, m’a déjà donné un tee-shirt à l’effigie de Che Guevara. C’est peu, mais c’est un début. Si vous voulez que je porte beau, n’hésitez donc surtout pas à m’offrir deux costumes à 13 000 €, mais, s’il vous plaît, pas chez Arnys, car ça fait trop catholique réactionnaire.

– Bien évidemment, juste avant mon élection du 11 juin prochain, je vais ouvrir un cabinet de conseil pour faire fructifier l’immense carnet d’adresses que j’ai pu bâtir grâce à Bisque, Bisque, Basque !  Avec un manque d’imagination confondant, certains se contentent pour 50 000  € de vous mettre en relation avec Poutine, tandis que moi je peux pour la moitié vous présenter l’irremplaçable Géronimo, qui vous assurera le succès dans toutes vos entreprises.

– Enfin, je viens de faire un tour dans ma cuisine où je n’ai recensé que trois casseroles, ce qui est un bon début, car je ne cesse de recevoir des promesses de dons depuis que ma candidature commence à être prise très au sérieux dans les milieux politiques. Détail qui ne trompe pas et qui me comble de plaisir, Didier Borotra et Michel Veunac m’ont déjà promis de faire campagne pour moi, tandis que Paul Bismuth hésite encore.

Et comme j’ai toujours été très sport, c’est promis, si je ne suis pas député, je ne serai pas dépité.

… Et, avant de maugréer,  je regarderai toujours la date d’un article publié par un de ces journalistes toujours prêts à raconter n’importe quoi.