Un aveu qui plombe encore plus Veunac et Lafite

Les révélations continuent : c’est plus de deux millions d’euros que Michel Veunac a avancés avant même que le conseil municipal n’entérine le dossier Hôtel du Palais.

L’article de Mediabask où Veunac annonce que l’addition est encore plus salée que prévue.

Ce n’est pas le média le plus tapageur de la Côte basque, mais il fait un sacré bon travail sur le dossier de L’Hôtel du Palais. L’article de Goizeder Taberna paru dans Mediabask le 13 novembre dernier est passé un peu inaperçu des Biarrots, ce qui est fort dommage. Il contient en effet son lot de révélations savoureuses. De lin blanc vêtu, notre Mimi-la-Malice municipal nous annonce que les avances consenties aux fournisseurs, avant même que les travaux ne soient votés par le conseil municipal ne s’élèvent pas à 656 000 euros, comme tout un chacun le croyait, mais au total à près de deux millions d’euros.

Cette nouvelle somme de 1,2 million d’euros, jusque-là jamais évoquée, serait destinée à payer le bois des huisseries du palace.

 

Et comme Michel Veunac est un grand spécialiste de l’enfumage, il nous sort une version qui relève du conte de fées pour citoyens trop crédules. « Les administrateurs de la Socomix étaient parfaitement au courant ». La réalité est toute autre. En dehors des zélateurs forcenés du maire, qui répéteront à l’envi qu’on leur a tout dit, les autres membres du conseil d’administration, comme Virginie Lannevère, François Amigorena ou Anne Pinatel, déplorent l’opacité dans laquelle on les a maintenus.

C’est par hasard qu’ils ont découvert pendant l’été que les commerciaux de L’Hôtel du Palais avaient ordre depuis janvier 2018 de cesser la commercialisation du palace à partir du 18 octobre. Et ils s’étonnent que ces factures qui ont été payées rubis sur l’ongle n’aient jamais été présentées aux administrateurs. Virginie Lannevère estime d’ailleurs que 2,6 millions d’euros ont été engagés.

Allez, Michel, encore un effort et la mémoire va te revenir ! En attendant, le roi de la phrase creuse se contente pour sa défense d’une de ces formules à l’emporte-pièces dont il a le secret : « Depuis le début, nous travaillons avec un certain nombre de prestataires de service, de maîtres d’œuvre, qui nous aident. Il faut bien les payer. »

Il ne viendrait à l’idée de personne de reprocher au maire sa vertu. Mais se souvient-il que quand on est premier magistrat d’une Ville, on n’a pas le droit d’engager des dépenses sans les avoir faites approuver par son conseil municipal ? Tout décidément, dans ce dossier de l’Hôtel du Palais, relève au minimum de l’attentat démocratique. Voire beaucoup plus, si la Justice s’en mêle.

(Pour les retardataires : https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20181109/michel-veunac-assume-les-avances-faites-pour-lhotel-du-palais )

L’ANALYSE DE BISQUE, BISQUE, BASQUE !

Une communication soigneusement réfléchie

Michel Veunac n’est pas du genre à dévoiler spontanément ses agissements. Les écuries de Bigueyrie, la villa Sion ou le confortement de la Côte des Basques ont démontré qu’il ne reconnaissait les faits que contraint et forcé. Cette interview donnée à Mediabask où il augmente spontanément l’addition des sommes versées avant le vote des élus est donc en apparence très surprenante.

En apparence, seulement.

En effet, un secret de polichinelle agite actuellement la communauté politique de la Côte basque. Les méthodes du duo Veunac-Lafite dans ce dossier dépassent largement le cadre du tribunal administratif et pourraient finir au pénal.

Jacques-André Schneck sur sa page Facebook écrit : « On peut sérieusement se demander aujourd’hui si Michel Veunac et Guy Lafite ne sont pas susceptibles d’être poursuivis pour détournement de fonds publics ou pour abus de biens sociaux ou les deux. »

https://www.facebook.com/jacquesandre.schneck/posts/10213636490412819

Colette Capdevielle s’interroge pour sa part. Les faits ne relèvent-ils pas « d’une plainte avec constitution de partie civile devant le Doyen des juges d’instruction du TGI de Bayonne ? »

Interrogé par le préfet et la Chambre Régionale des Comptes, Michel Veunac doit avoir conscience qu’il est allé trop loin et qu’il joue gros. Alors, en bon animal politique, il en avoue un peu plus pour pouvoir dire s’il se retrouve un jour à la barre du tribunal : « Mais je n’ai jamais rien caché et je peux vous en donner la preuve avec cette interview à Mediabask »  Et l’élu ne manquera pas alors de sortir le couplet sur la difficulté de sa tâche et sur le fait, lui le pauvre sociologue, qu’il ne savait pas qu’il devait d’abord faire approuver cette décision par ces élus ou par les membres du conseil d’administration de la Socomix.

Une défense astucieuse mais qui pourrait mettre à mal son brillant adjoint aux Finances, toujours prêt à faire mousser sa carrière. Si celui-ci se retrouvait à la barre en compagnie de son « ami » Michel Veunac, « La Faillite nous voilà », comme le surnomment les Biarrots, aurait du mal à plaider l’incompétence en tant qu’ancien secrétaire-général adjoint des mairies de Marseille et Paris et à expliquer pourquoi les procédures normales de passation des marchés, où on informe les élus avant de prendre une décision et de signer des chèques, n’ont pas été respectées.

Lundi dernier, lors de la réunion de majorité, les élus ont été surpris par l’inhabituelle nervosité de Guy Lafite qui s’est mis à hurler sur Nathalie Motsch à l’origine après François Amigorena d’une deuxième procédure contre le dossier Palais, affirmant même que Michel Veunac « devait prendre ses responsabilités » et qu’il « refusait de travailler avec elle ».

Alors, Guy, on commence à envisager des lendemains qui déchantent ?

 

 

 

Un nouveau monde pire que l’ancien 

Que ce soit au niveau national comme au niveau local, la moralisation de la vie politique tarde à se mettre en place. D’où cette première réunion publique de l’association RamDam 64-40.

RamDam 64-40 est une association qui rêve de s’auto-dissoudre. Mais entre la nomination de Richard Ferrand à la tête de l’Assemblée nationale, l’audition devant le Sénat d’un Alexandre Benalla qui s’est consciencieusement payé la tête de ses interlocuteurs, ou les problèmes récurrents de PLU (Plan Local d’Urbanisme) dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, les signaux envoyés par l’Élysée et par les élus ne vont pas du tout dans le sens d’une plus grande moralisation de la vie publique.

À chaque génération, son opération marketing pour enfumer l’électeur. Giscard nous a fait le coup de l’accordéon en compagnie d’Yvette Horner pour nous démontrer à quel point il était près du peuple. Tonton Mitterrand, après s’être auto-proclamé « force tranquille » nous l’a joué « farce tranquille » en faisant espionner les actrices qui le faisaient rêver et en organisant aux frais de la République sa double vie. Chirac, pour nous convaincre de sa ruralité, n’a pas hésité à mettre la main au cul des vaches, tandis que son successeur, l’agité de chez agité Nicolas Sarkozy, la jouait « Casse-toi, pauvre con ! ». On a presque soupiré de soulagement en voyant arriver après lui, Droopy, alias la fraise des bois, l’homme qui s’évade en scooter de l’Élysée, fait tomber la pluie à chacun de ses discours et se prend une merde de pigeon sur le costume présidentiel, le jour où un million de personnes défilent à Paris.  Mais le maître incontesté de l’enfumage politique, le roi de la promesse qui n’engage que les imbéciles qui y croient, c’est bien le petit banquier sorti de nulle part qui a blousé tous ses chevronnés rivaux en 2017 en racontant une histoire à faire ronronner de bonheur toutes les midinettes qui estiment que voter est un devoir civique.

Emmanuel Macron avait promis une moralisation de la vie publique, mais les promesses de 2017 qui lui ont permis de devenir le chouchou des Français sont bien loin.

La nomination de Richard Ferrand est une honte

Dans tout établissement digne de ce nom, que ce soit à l’Élysée ou à l’Assemblée Nationale, il faut un surveillant général pour gronder les trublions ou distribuer les heures de colle. Richard Ferrand, qui avait débuté une carrière d’une rare discrétion au PS, est devenu ce « surgé » redouté de tous les marcheurs en changeant de camp avant tout le monde et en devenant président du groupe parlementaire LREM à l’Assemblée après avoir été éphémère Ministre de la Cohésion des Territoires. Jusqu’à ce que ses agissements à la tête des Mutuelles de Bretagne ne le rattrapent.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Ferrand

L’homme a été blanchi provisoirement par la Justice, mais quand on a fait travailler son fils comme assistant parlementaire ou quand on aide sa maîtresse à s’enrichir sur les dos des Mutualistes de Bretagne peut-on accéder au poste de quatrième personnage de l’État et devenir président de l’Assemblée nationale ? Pas gêné, Emmanuel Macron vient de répondre que oui. Décidément, le « nouveau monde » annoncé par le président ressemble furieusement à l’ancien.

Sans vergogne le nouveau président Ferrand commence d’ailleurs sa fonction avec classe, en proférant une imbécilité sexiste devant les journalistes « Vous me pardonnerez de ne pas être une dame », allusion à sa rivalité pour le poste avec Barbara Pompili et en annonçant qu’il ne renoncera pas à la fonction s’il est mis en examen. On rêve !

Seule la vigilance citoyenne…

RamDam 64-40 ne se bat pas seulement pour les comportements illégaux en politique, mais aussi pour les comportements immoraux, estimant que les politiques doivent être plus exemplaires que les autres. L’association des citoyens décidés à se faire entendre s’intéresse aussi bien aux élus nationaux mis en examen et promus qu’aux élus locaux qui font des acrobaties avec le PLU ou inventent pour leur majorité une « charte de confidentialité » totalement farfelue.

Comme vous pouvez le constater, les sujets de discussions ne manqueront donc pas, mardi soir, à la maison des associations de Biarritz avec un débat organisé autour des communautés d’agglomération.

Visiblement, RamDam 64-40 n’est pas près de s’auto-dissoudre. Et visiblement sans la vigilance des citoyens et donc sans votre présence à cette réunion publique, les comportements des élus locaux n’évolueront guère. Allez, bougez-vous, on vous attend !

L’entrée est libre, mais si pouvez nous envoyer un mail à ramdam6440@gmail.com pour confirmer votre présence, c’est parfait.

Ciao ! Et à bientôt peut-être…

Lassé de publier des informations qui ne sont pas reprises, agacé de la pusillanimité permanente des élus et des médias locaux, Bisque, Bisque, Basque ! s’offre une pause.

Le bonjour du kospei« Il n’est de si bonne compagnie qui ne finisse par se quitter » affirme le proverbe. En mettant en ligne, le 13 août 2013, « Le bonjour du Kospei », Bisque, Bisque, Basque ! n’imaginait pas se lancer dans une aventure de cinq ans, avec 539 articles publiés, 3414 abonnés et plus de 10 000 lecteurs uniques à chaque article publié.

Aucune gloriole à retirer de ce parcours qui m’a beaucoup amusé, même s’il m’a pris une bonne vingtaine d’heures chaque semaine, car une grande part du succès de ce blog est due à l’absence totale -et délibérée ! – de modèle économique.

UNE INFORMATION LIBRE ET CITOYENNE

Les faux nez de la liste FNEn quittant Le Canard enchaîné en 2012, je m’étais juré de ne plus être acteur de l’information et de me contenter de lire les confrères. Ce que j’ai fait consciencieusement avant de découvrir qu’au Pays basque certaines histoires, connues des milieux politiques et journalistiques, n’étaient jamais traitées par les médias locaux ou de façon si diaphane et édulcorée qu’elles en devenaient indéchiffrables pour le lecteur moyen.

D’où la naissance de Bisque Bisque Basque ! qui s’est très vite intéressé à la vie locale avec la volonté de raconter des histoires vraies et de faire rire. Les articles s’accumulant, la très prévisible question de savoir pour qui je roulais et quel but je poursuivais est devenue récurrente.

Brisson concède avoir merdéCinq ans plus tard, vous avez enfin compris que je suis libre et ingérable et que je n’écris pas dans l’optique d’une négociation quelconque ou d’un avantage à retirer. Retraité, je n’ai besoin de rien et si la vie publique me passionne, la politique à titre personnel ne m’intéresse pas.

Mais, face à l’écroulement économique des médias locaux, qui ne survivent que grâce aux aides publiques et aux encarts publicitaires, et se retrouvent dans l’impossibilité de lutter face aux petits potentats locaux, il m’a semblé intéressant de délivrer gratuitement une information citoyenne qui permette à chacun de sortir du prêt-à-penser.

 LA SOLITUDE DU BLOGUEUR DE FOND

Les borotra ces grands pudiquesDes acrobaties de Didier Borotra, lors de son mandat de trop au sournois coup de main donné à la liste du Front national par Michel Veunac en 2014, de l’éviction de Géronimo du BO à l’affaire des terrains prétendument non-constructibles des écuries de Bigueyrie, des mensonges de Max Brisson bloqué par la neige à Bayonne au moment des régionales à ceux de Claverie inventant des directives de l’Éducation nationale, Bisque Bisque Basque !  s’est efforcé de vous faire rire des charmants travers de nos politiques et de dénoncer tous les manquements aux règles de la vie publique. Certains papiers d’humeur n’ont exigé que quelques heures, mais d’autres ont nécessité de longues enquêtes et de minutieuses vérifications. Dans ces moments-là, j’ai pu vérifier, contrairement à l’idée couramment admise, à quel point le journalisme est un sport collectif et non individuel.

Tout au long de ma carrière, mes rapports avec ma hiérarchie n’ont jamais été simples, mais quel confort de pouvoir discuter avec d’autres, qu’ils soient rédacteurs en chef ou avocats, des papiers qu’on s’apprête à publier et que c’est lassant d’être toujours d’accord avec soi-même quand on évolue dans une rédaction… d’une seule personne !

 HÉROS ANONYMES ET MERVEILLEUX

GéronimoBisque, Bisque, Basque ! m’a permis de faire des rencontres exceptionnelles, comme celle de Robert Rabagny, qui restera un ami à vie. J’ai pu aussi découvrir la solidité d’un Jean-Benoît Saint-Cricq, tellement loin de l’idée que s’en fait le grand public, ou l’épaisseur personnelle de candidats potentiels comme Édouard Chazouillères, François Amigorena ou Jacques-André Schneck. Je n’ai aucune animosité personnelle contre Michel Veunac mais demeure convaincu qu’il est une catastrophe à son poste.

Pendant ces cinq années passées à fouiller un peu partout pour comprendre ce qui se passe, il y a eu aussi 2310 commentaires, chaleureux pour la plupart. Ti-Grolasson, Rico, Paul Bismuth, ou Rienquelavérité sont devenus des compagnons de pensée, même si je ne les ai pas tous rencontrés. Et puis il y a aussi tous ces héros anonymes, scandalisés par ce qu’ils voient passer dans le cadre de leurs fonctions, et qui décident un jour, en me confiant des documents, de faire émerger des ténèbres une vérité qui dérange les copains et coquins qui nous dirigent. Je ne peux pas en raconter plus, mais qu’ils sachent l’estime en laquelle je les tiens, car c’est un devoir républicain, de ne pas couvrir les turpitudes de nos élus.

VIEILLES FAMILLES BIARROTES ET GRANDS LÂCHES

Le gros bobard de ClaverieChaque médaille ayant son revers, il y aussi ceux qui se sont déchaînés à mon encontre sur les réseaux sociaux, oubliant que je ne jouais jamais aussi bien au rugby que lorsque le public me sifflait. Par exemple ce journaliste trentenaire, se présentant sur Facebook tantôt comme journaliste, tantôt comme intermittent du spectacle, ce qui est à peu près aussi cohérent qu’un boucher-cordonnier, écrit « qu’il n’ose pas dire qu’il est journaliste à cause de gens comme moi ». Je lui ai proposé en message privé de partager une bière pour s’expliquer, mais j’attends toujours. Ou cette enseignante, à l’esprit prétendument ouvert puisqu’enseignante, qui estime que « ça ne devait pas être triste dans l’école de journalisme où j’enseignais ». Madame, vous devriez essayer d’apprendre à vos chères têtes blondes l’impertinence plutôt que le conformisme, c’est tellement plus intéressant.

Et puis enfin l’argument qui est censé mettre fin au débat dans l’esprit de mes détracteurs, tous « issus d’une vielle famille biarrote » Comme si le fait d’être Charentais d’origine et d’avoir un peu bourlingué avant de me poser depuis quinze ans à Biarritz me rendait illégitime pour parler de la vie locale. Curieuse conception de la démocratie !

LA DÉFAILLANCE DES ÉLUS ET DES MÉDIAS LOCAUX

Veunac tente de noyer le canassonToutes ces controverses me font plutôt sourire, comme ces marrons échangés autrefois entre joueurs de rugby qui n’empêchaient pas l’amitié. Mais imaginez une seconde avec moi un chercheur d’or penché avec son tamis sur une rivière contenant de précieuses pépites mais ignorant que l’or n’intéresse plus personne dans le monde et ne vaut plus rien. Je considère que Bisque, Bisque, Basque ! effectue localement un travail de lanceur d’alerte, un terme souvent galvaudé mais qui me paraît correspondre à ce qui a été publié. Mais quel est l’intérêt de chercher la pépite informative, de courir des risques réels entre le cassage de gueule qu’on m’a promis à plusieurs reprises et les menaces de procès, si tout le monde détourne pudiquement la tête, une fois l’information sortie de sa gangue, parce que « tu comprends, la nièce du cousin de ma belle-sœur travaille à la mairie et je ne peux rien faire » ?

Lorsque j’ai porté plainte contre Didier Borotra et sa fille pour prise illégale d’intérêt, je savais parfaitement que je ne pouvais pas être partie civile. Mon avocat a proposé de défendre gratuitement l’élu, le citoyen ou l’association qui prendrait mon relais. J’ai frappé à toutes les portes, mais curieusement, tout le monde avait piscine ou pottok ce jour-là. Même chose pour les écuries de Bigueyrie où il y avait matière à ouvrir une enquête policière. Et que dire de Sud Ouest qui, ces dernières semaines, en savait bien plus que moi sur le BO, qui avait toutes les pièces, mais s’est bien gardé de publier quoique ce soit sur le sujet… ni même de reprendre ce que j’avais écrit. Dans ces conditions, c’est vrai, Bisque, Bisque, Basque ! ne m’amuse plus beaucoup. En bon talonneur, j’ai horreur d’aller au combat tout seul.

LIBRE DE FAIRE OU NE PAS FAIRE…

J’ai donc décidé d’arrêter ce blog pour l’instant en attendant que le désir revienne. J’ai quelques livres personnels à finir, le besoin de consacrer plus de temps à ma famille, l’envie de remettre au goût du jour le vieil adage soixante-huitard : « On arrête tout et on réfléchit ». Il y a aussi, cette prometteuse association crée en décembre dernier et intitulée « RamDam 64-40 » où l’on travaille en groupe et qui mérite un peu de disponibilité. En partageant nos savoirs, en nous donnant mutuellement des cours de finance publique, d’urbanisme ou d’observation des réseaux sociaux, nous voulons devenir une efficace école de lanceurs d’alerte.

Mais surtout que la bande à Veunac, apprenant l’arrêt provisoire de Bisque, Bisque, Basque! ne sorte pas le champagne prématurément, que ceux qui m’ont menacé d’un procès ne croient pas qu’ils m’ont fait caler. Libre je suis, libre je resterai. Et s’il faut présenter à la barre les documents qui authentifient mes dires, j’irai avec plaisir. S’il faut reprendre la plume pour ferrailler ou dénoncer de nouvelles turpitudes, je le ferai avec tout autant de plaisir.

J’espère juste vous avoir donné envie de lire autrement l’actualité, donné envie de vous lancer à votre tour. Publier des informations vraies n’est pas si compliqué que cela : il suffit d’observer et d’écouter et surtout de n’être lié ni économiquement ni affectivement à aucun groupe de pression. Et ensuite d’avoir le souci jusqu’à l’obsession de raconter une histoire vraie et non une histoire qui serve vos intérêts du moment.

Tout cela va être passionnant à observer et je me réjouis de retrouver l’anonymat, de redevenir spectateur et non acteur… Merci à tous ceux qui m’ont lu et à bientôt peut-être.

L’Équipe ne manque pas de toupet

Publier le numéro célébrant le sacre des Bleus en 1998, quand on sait ce qui s’est passé avant, il fallait oser !
Une Equipe 1998

Le numéro daté du 13 juillet où le directeur de l’époque, Jérôme Bureau, bat sa coulpe.

David Garcia, dans « La face cachée de L’Équipe » a très bien raconté l’atmosphère qui régnait au sein de la rédaction en ce dimanche 12 juillet 1998, alors que la France venait de remporter pour la première fois de son histoire la Coupe du Monde de football : joie soigneusement dissimulée des journalistes, pour la plupart authentiques amoureux du sport, et ambiance de crise du côté de la rédaction en chef où tous affichent des têtes d’enterrement. Le quotidien sportif a tapé pendant deux ans sur Jacquet, avec des titres d’éditoriaux comme « Mourir d’Aimé » ou « Le retour des nuls ». Pire, le sélectionneur a été attaqué sur son physique et sur son accent forézien, suite à des consignes orales du service marketing dès 1996, Jacquet n’étant jugé par le grand manitou de l’époque Paul Roussel ni « sexy » ni « vendeur ». Docile, le directeur de la rédaction Jérôme Bureau avait donc estimé que « Jacquet n’était pas l’homme de la situation », « un brave type qui émet des soupirs » mais pas « un leader qui donne un vrai souffle ».

Les amoureux du foot se souviennent sans doute d’Aimé Jacquet s’emparant du micro, dès le coup de sifflet final pour affirmer : « Jamais je ne pardonnerai ! », ajoutant même à destination de son entourage : « Je n’ai jamais frappé personne, mais un jour je cognerai Ejnès », le porte-plume de service, auteur des éditoriaux vengeurs. Ce soir-là, Jérôme Bureau, proposera sa démission, refusée pour ne pas donner l’impression de céder aux diktats des vainqueurs, mais acceptée peu après. Et Ejnès croupira longtemps dans un de ces placards dorés que les rédactions savent inventer.

La vérité oblige à dire, vingt ans après, que Jacquet a tenu parole malgré toutes les tentatives de réconciliation opérées par des amis des deux camps. « Les vainqueurs réécrivent toujours l’histoire » constatait il y a peu un politique local à propos du Biarritz Olympique (Un jour peut-être, les langues se délieront et les supporters comprendront à quel point ils se sont faits promener !) Et les vaincus tentent de faire oublier leurs erreurs par un excès de zèle.

S’il y a un journal qui aurait dû faire discret sur le mondial 1998, c’est bien L’Équipe. Au lieu de cela, le quotidien réédite son numéro de lendemain de victoire, en augmentant son prix habituel de 70 centimes. Toute honte bue.

 

À qui profite l’agitation ?

Les généraux ont toujours besoin de fantassins pour aller à la guerre. La seule question qui vaille est de savoir pourquoi la mairie et le camp Blanco mettent en péril le BO par leurs prises de position publiques. 

respectbuteurs

Le message affiché sur l’écran du Montpellier Hérault rugby.

Tous ceux qui fréquentent les stades de Top 14 ou de Pro D2 ont déjà vu sur les écrans géants ces messages projetés au moment des pénalités « Merci de respecter les buteurs » ou « Merci de respecter l’ensemble des acteurs du jeu ». Et tous ceux qui ne sont pas dans une loge, coupe de champagne à la main, savent qu’il y aura toujours à ce moment un petit malin dans les tribunes qui imitera le cri du corbeau pour jeter un mauvais sort au buteur adverse. Comme si, un joueur de rugby professionnel de haut niveau, habitué à tenter plus d’une centaine de coups de pied, chaque semaine à l’entraînement, pouvait se laisser perturber par cette agitation puérile !

Vous avez tous souri, la semaine dernière en voyant François Hollande, grosses joues et petites blagues retrouvées, dédicacer avec un plaisir évident au Centre Leclerc de Plerin « Les leçons du Pouvoir » et ne pas résister à jouer les corbeaux en balançant des piques sur son successeur. Démonstration qu’il n’a jamais réussi à endosser le costume présidentiel, car quelqu’un qui a exercé le pouvoir suprême pendant cinq ans et qui en connaît les difficultés, ne devrait jamais s’abaisser à de telles facilités.

BrusqueQu’est donc allé faire Nicolas Brusque, ex-président du BO sur le parking du BO devant des caméras ? L’ancien arrière du Biarritz Olympique, accompagné de Jean-Baptisite Aldigé, démontre avec cette faute de goût que, tout comme François Hollande, il n’a vraiment pas l’étoffe d’un président. Car, quand on aime un club qui traverse une zone de turbulences et se trouve dans une période de négociations difficiles, on ne fait rien, on ne dit rien qui puisse lui nuire… sauf si on est dans une guerre de pouvoir.

(Pour ceux qui n’ont pas vu : https://www.youtube.com/watch?v=puSEfU9Nyt8)

Magnifiques et authentiques supporters

Heureusement le Biarritz Olympique compte de magnifiques et authentiques supporters, d’une sincérité touchante dans leur amour du club. Prenez par exemple l’organisateur de cette manifestation, Jean-Alexandre Barrère et lisez les innombrables réactions de ceux qui le suivent sur Facebook pour mesurer la passion qui anime tous ces gens qui se saignent parfois aux quatre veines pour pouvoir s’offrir les matches. Dans son orthographe si personnelle, Jean-Alexandre Barrère semble estimer que l’article publié dans ce blog, « BO : Le drôle de jeu de Veunac et Blanco » a eu douze lectures (Six seulement, Jean-Alexandre !) et que le but de cet article est une récupération politique. Un propos qui me fait rire, car j’ai toujours dit que j’étais journaliste et que je ne ferai jamais de politique ! Et je crois vraiment aimer le rugby.

Commentaire JA Barrère

Parfois, les commentaires de ces mêmes supporters me vont droit au cœur, même s’ils se veulent satiriques. Ce doit être mon tempérament « bonne pâte », comme l’écrit Aurélia Barella qui se définit comme « Passeuse de livres » et qui a la « patte satirique » bien involontaire, mais j’ai rougi du compliment quand on trouve « digne de Mediapart » ce torchon de Bisque, Bisque, Basque ! »

Digne de Mediapart

Et puis on découvre aussi des supporters plus lucides qui s’interrogent sur la gestion Blanco-Brusque, sur le déficit chronique du club et se demandent si le tandem, soudainement réconcilié Blanco-Gave peut représenter une solution d’avenir.

Réaction anti Blanco

Qu’ils me soient hostiles ou qu’ils apprécient ce que j’écris, je les adore ces supporters, car ils sont passionnés et sincères tout comme moi. Et ils sont incontestablement le plus merveilleux actif du BO. Même si certains ont des stratégies très personnelles comme on le découvrira sous peu.

Un deal très clair

Benoît RaynaudMon point de vue – Mais je n’ai pas de boule de cristal pour le confirmer ! – est que les deux camps sont en passe de trouver l’argent pour sauver le club et éviter la relégation. Face aux grands moulinets de Brusque et Aldigé, j’ai apprécié le courage du président Raynaud qui n’a pas fui ses responsabilités et est venu s’expliquer dans ce qui ressemblait sérieusement à une embuscade. Écoutez bien ce qu’il dit : « Si l’argent n’est pas trouvé avant l’assemblée générale du 6 juin, je partirai ainsi que Ledoux et Gufflet ». Ce qui veut dire que le tandem Blanco-Gave aura les coudées franches pour le plus grand plaisir de la mairie. On ne peut être plus clair. Ensuite, il n’y a pas besoin d’avoir fait une école de commerce pour comprendre qu’un sponsor ne peut pas être annoncé tant que le contrat n’est pas signé. Quand on a l’esprit rugby, on ne siffle pas le buteur adverse. Quand on aime le BO et qu’on veut le soutenir, surtout dans les moments difficiles qu’il traverse, la seule attitude possible est d’attendre les échéances fixées pour voir qui dit la vérité.

Des politiques à la manœuvre…

Et la vraie question à se poser est de se demander à qui profite l’agitation actuelle ? Bien sûr que ce dossier est politique quand on sait que nombre de négociations sensibles de la Ville se traitent dans les tribunes présidentielles, les soirs de match, comme en témoigne cette étrange tentative de Veunac de convaincre son conseil municipal de racheter 400 000 euros le local à Kleber que le promoteur Mindurry n’avait pas réussi à vendre ! Bien sûr qu’une relégation possible du Biarritz Olympique, club emblématique du monde de l’Ovalie, concerne tout le monde du rugby, surtout quand un Serge Blanco, candidat évincé à la présidence de la fédération française de Rugby, éprouve sans doute des envies de revenez-y !

Les guerres sont toujours le fait des généraux. Mais, comme ces galonnés détestent le plus souvent se salir les mains, il leur faut des troupes pour servir de chair à canon. Et les manipuler un peu pour qu’elles aillent se faire tuer en chantant.

Cette prise de position indécente de Veunac pour le camp Blanco-Gave, ces politiques qui se rallient soudainement, ce tintamarre médiatique ne sont que des postures pour reprendre le pouvoir et faire fuir d’éventuels sponsors d’envergure susceptibles de rejoindre Ledoux et Gufflet. Et les bobards racontés à longueur de journée, comme le prétendu salaire de Raynaud, ne sont là que pour créer une agitation propre à décourager les sauveurs potentiels.

Provisoirement au moins, on vous épargnera le nom des politiques locaux qui assurent les deux camps de leur soutien, même si c’est pitoyable et l’on se contentera de l’exemple de Max Brisson.  Le sénateur parle sur son Facebook d’un « curieux papier ». Bisque, Bisque, Basque ! va donc se faire un plaisir de « décoder » son soutien au camp Blanco.

Max Brisson facebook

En 2014, le candidat aux élections municipales battu par Michel Veunac s’était fâché avec Serge Blanco. Max Brisson a toujours estimé que cette fâcherie lui avait coûté le poste de maire. Depuis 2017, Max candidat-à-tout se retrouve dans ses petits souliers sénatoriaux. Élu d’extrême justesse aux sénatoriales (Il a même cru un instant avoir perdu), Max voit arriver avec inquiétude la réforme constitutionnelle qui va ramener de trois à deux le nombre des sénateurs dans les Pyrénées-Atlantiques.

Sachant qu’il mourrait dans les trente secondes s’il se retrouvait sans mandat, il commence donc à mettre des fers au feu dans l’optique des élections municipales de 2020 (Ces informations ne sont pas de mon cru, elles sont racontées de façon désopilante dans La Semaine du Pays Basque sous la plume de la Marquise de Vérité). Lors des dernières fêtes de Hendaye, un ami charitable a placé le sénateur à côté de Serge Blanco pour un déjeuner de réconciliation. Et depuis Max ne jure plus que par Blanco.

Voilà les vraies raisons des prises de position de tel ou tel.

Le grand public ne doit pas être dupe et ne doit pas avaler des couleuvres grosses comme des ballons de rugby par amour de son club. Mes années L’Équipe sont loin derrière moi et je n’avais pas l’intention a priori d’écrire sur le BO. Mais j’ai été scandalisé de voir que le goût du pouvoir et les stratégies personnelles ou politiques pouvaient conduire des hommes à préférer le BO relégué en fédérale plutôt que sauvé et dirigé par des mains autres que les leurs.

En attendant l’heureuse réponse dont nous rêvons tous, une seule question à se poser.  Qui est le chef d’orchestre du bazar ambiant et à qui profite cette agitation ?

Une manifestation totalement « spontanée »

JABIl est attendrissant, ce Jean-Alexandre Barrère qui se présente comme un supporter désireux de sauver son club… Attendrissant, mais peut-être un peu plus coquin qu’il ne le dit ! Comme beaucoup de gens de sa génération, il laisse beaucoup de traces sur Internet de ses exploits. Le sémillant patron de la société « Appli pour tous », au capital social de 100 euros, fermée le 21 février 2018 (Source : societe.com), a en tous cas les moyens si l’on se fie au groupe Facebook « Pour tous ceux qui aiment le BO ». Le 18 mai dernier, Jean-Alexandre Barrère n’a pas résisté au plaisir d’adresser aux foules ébahies son billet d’avion pour Hong Kong. C’est probablement l’amour des Dim Sum, ces raviolis à la vapeur locaux, qui l’a conduit là-bas. Et c’est un pur hasard si le 24 mai, il organisait une manifestation « très spontanée » sur le parking d’Aguilera, flanqué de Brusque et d’Aldigé.

Billet d'avion JAB

Comme Jean-Alexandre Barrère se pique d’honnêteté intellectuelle, il va se faire un plaisir d’expliquer si sa passion du BO l’a conduit à ses frais jusqu’à Hong Kong ou s’il a accepté une invitation de la famille Gave.

Et si tout cela finissait au tribunal ?

Face aux irrégularités répétées du maire, les élus de la majorité ne semblent pas tous réaliser qu’ils pourraient avoir à rendre des comptes très prochainement.

Le tribunal administratif ? Le tribunal correctionnel ? Les deux ? Le passage entre les gouttes ? Pronostiqueurs, faites vos paris sur l’avenir judiciaire de Veunac et sa clique…

Stupeur, rires et incrédulité : « Ton maire n’a pas fait cela tout de même ? ». Depuis hier, les coups de téléphone arrivent d’un peu partout en France, tant mes anciens confrères n’arrivent pas à imaginer qu’un élu, qui par définition doit être libre de sa parole, puisse se voir imposer par le premier magistrat de la ville « une charte de confidentialité » lui interdisant de communiquer avec les médias ou les réseaux sociaux. Mais Veunac ose tout et c’est même à cela qu’on le reconnaît !

Coup de chapeau, donc, à Anne Pinatel, Brigitte Pradier et Hervé Boissier qui ont refusé de signer cette charte infâme. Quand un gouvernement devient félon et ne respecte plus les règles élémentaires de la démocratie, c’est un honneur de se révolter. Ces mêmes confrères vont certainement faire chauffer à nouveau le téléphone, quand ils vont apprendre la pitoyable excuse servie à Sud Ouest (21/3) par certains des élus signataires : « On a signé sans regarder » Un élu, c’est bien connu, ça ne sait ni lire, ni écrire, ni même réfléchir. Nous voilà rassurés.

Sud Ouest, 21 mars.

Mais ce nouveau manquement à la démocratie n’est qu’une petite anecdote folklorique par rapport à tout ce qui attend Biarritz. Le premier rapport de la Chambre Régionale des Comptés (CRC) était assassin et un deuxième sur le PPP souscrit par la Ville, qui va être rendu public dans les jours prochains, n’est guère plus aimable. En attendant un audit plus fouillé qui détaillera attentivement l’ensemble de la gestion de la Ville sous l’ère Veunac.

La gestion Veunac relève du tribunal administratif

Sud Ouest, 15 mars.

Bisque, Bisque, Basque ! partage totalement le point de vue de Jean-Benoît Saint-Cricq, qui estime dans Sud Ouest du 15 mars qu’il y a dans le rapport de la CRC, matière à poursuites « si le parquet le veut » Les magistrats, rappelons-le, avaient eu des mots très durs parlant d’irrégularités, malfaçons et dissimulations et cette désinvolture de l’équipe municipale pourrait bien se terminer devant le tribunal administratif. Une décision qui ne dépend pas que du parquet, mais qui peut aussi être provoquée par un membre de l’opposition ou un citoyen déterminé de la Ville.

Car être opposant, ce n’est pas seulement constater à chaque conseil les ratés de la majorité et les dégâts commis par le duo Veunac-Lafite. Quand une décision est inique, quand les manquements aux règles de la démocratie sont monnaie courante, il n’est pas interdit de ruer dans les brancards et de se tourner vers le tribunal administratif pour lui demander son arbitrage. Ce que Jean-Benoît Saint-Cricq et d’autres opposants avaient fait en 2009 pour contester le partenariat public-privé signé au moment de l’édification de La Cité de l’Océan. À l’évidence, les dissimulations permanentes de Veunac lors des conseils municipaux, sa façon de décider seul sans en référer à son conseil d’administration comme l’ont souligné les magistrats de la Cour des Comptes à propos de La Cité de l’Océan et comme ils auraient pu le faire pour L’hôtel du Palais relèvent du tribunal administratif. Au lieu de maugréer et de se lamenter, il suffit juste d’oser.

En correctionnelle pour prise illégale d’intérêt ?

Et finalement la grande question est de savoir si ce pitoyable mandat, le pire jamais connu par les Biarrots, se terminera pour Veunac par une visite du tribunal administratif ou du tribunal correctionnel. Ou les deux, son talent si personnel lui permettant l’embarras du choix.

Didier Borotra, sera finalement jugé en appel à Pau, le 11 décembre prochain, pour prise illégale d’intérêts en compagnie de sa fille et de l’ex-directrice de la Cité de l’Océan, après avoir été relaxé en première instance à Bayonne. Une sorte de parcours traditionnel pour les politiques locaux, si l’on se fie à Odile de Coral, lourdement condamnée en appel après avoir été blanchie à Bayonne.

Au moment du procès en correctionnelle de Didier Borotra, le 1er février  2017, les milieux judiciaires se sont beaucoup étonnés de l’absence à la barre de Michel Veunac. Un maire soucieux des intérêts de sa ville aurait dû demander le remboursement des sommes indûment versées, mais Veunac s’est bien gardé de le faire. Si Françoise Pautrizel a toujours affirmé avoir engagé la fille de Didier Borotra sans en avoir parlé à son père, elle a précisé, lors de son interrogatoire à la police avoir immédiatement informé en 2014 le nouveau maire, Michel Veunac de l’engagement de Sophie Borotra via sa société AGC. Celui-ci lui aurait dit de continuer comme avant.  Et personne n’aurait jamais rien su de cette affaire si Guy Lafite, membre du Conseil d’administration de la Cité de l’Océan n’avait mangé le morceau en parlant à la presse. Pendant quinze mois, Michel Veunac a donc cautionné le versement d’un salaire à la fille de son mentor politique. Cet argent doit être remboursé aux contribuables biarrots et l’on peut vraiment estimer que nous sommes dans un cas de prise illégale d’intérêts totalement avérée.

Mais, bizarrement, personne ne bouge !

Un conseil municipal décisif

Vendredi soir, alors qu’un nouveau conseil municipal haut en couleurs se profile, on espère que les élus, conscients de leurs responsabilités, vont enfin poser les bonnes questions à propos de la politique de stationnement voulue par Veunac au lieu de dire oui à tout. Pourquoi a-t-on signé avec la filiale de Vinci, Streeteo, un contrat qui révolte les Biarrots et dont le maire n’a jamais parlé en public, alors qu’on aurait pu faire beaucoup mieux pour quatre fois moins cher en recrutant des policiers municipaux ou des ASVP ? Pourquoi certains maires comme Juppé font preuve de pragmatisme et reviennent en arrière, tandis que d’autres comme Veunac campent sur leurs positions et tentent des diversions qui ne leurrent personne ? Pourquoi tant de dissimulation et de cachotteries dans ce qui aurait dû relever d’une réflexion collective ?

Allez, les opposants, allez les godillots de la majorité, c’est le moment de poser les questions qui fâchent et qui intéressent les Biarrots !

Sur le sujet des dépenses inconsidérées, lire aussi ce magnifique exemple dans le blog The blond biarrote :

https://blondbiarrote.wordpress.com/2018/03/14/se-faire-enfler-par-une-campagne-de-com/

Une belle occasion pour les élus de demander combien va coûter cette campagne de communication de dernière minute.

En plein conseil, Chazouillères renverse la table

L’adjoint au commerce a eu le courage de dire tout haut ce que pensent la plupart des membres de la majorité. On espère que d’autres démissions vont suivre.

Digne et ému, Édouard Chazouillères, a fait une intervention remarquable au moment de présenter sa démission.

À croire que Francis Ford Coppola est en vacances sur la Côte basque et qu’il est l’auteur de ce scénario improbable ! Car c’est bien « Apocalypse now à Biarritz » qui s’est tenue, hier soir, dans la salle du conseil municipal. Un film qui dure plus de quatre heures mais où on ne s’ennuie pas une seconde, tant les rebondissements sont multiples. Tout commence pourtant de façon fort prévisible avec le second rôle Veunac, l’homme qui rackette d’abord et qui réfléchit ensuite. D’entrée de jeu, il annonce qu’il retire de l’ordre du jour la délibération 12, dénoncée par Bisque, Bisque, Basque ! car elle mettait dans la même gibecière à rançon, les cinéastes en tournage sur la Côte basque et les Biarrots obligés de ravaler leur immeuble. Michel Veunac explique que « cette délibération était juste dans son principe, mais méritait d’être plus claire et plus compréhensible dans son application ». Une façon policée d’avouer qu’une fois de plus, il a fait n’importe quoi.

Veunac avale son ticket d’horodateur

Même reculade sur le stationnement, où Veunac ne remportera pas un Oscar avec ses contorsions : « il est clair que ce dispositif est en phase d’expérimentation » Prêt à avaler son ticket d’horodateur maintenant que la Ville est en feu par sa faute, Veunac annonce la possibilité pour les actifs de ne pas bouger son véhicule pendant cinq heures, la création de vingt emplacements de zone bleue, un tarif à quarante euros mensuels pour ceux qui travaillent à Biarritz, le tout étant validé lors du prochain conseil municipal fixé au 23 mars. Et pourquoi pas un moratoire en attendant puisque le système choisi est défaillant ? S’ensuivra une heure trente de débats où opposition et majorité déploreront le sens de la concertation bien particulier du premier magistrat de la Ville.

Même stupeur dans les rangs de la majorité et de l’opposition, quelques deux heures plus tard, au moment du débat d’orientation budgétaire. Tandis que Lafite, ivre de lui-même, se gargarise de ses compétences d’économiste, tout le monde constate qu’il n’y a pas une seule ligne sur L’Hôtel du Palais, où la bagatelle d’une bonne cinquantaine de millions d’euros de travaux est prévue. Facile dans ces conditions, de présenter un budget en équilibre ! Un peu comme un salarié qui gagnerait le salaire minimum mais ne tiendrait pas compte dans son budget des cinq cents euros de loyer mensuel de son habitation.

Haye se dévisse les sourcils

Et, alors que la fin du film devient presque prévisible, la soirée s’éternisant en longueur, surgit le jeune premier Édouard Chazouillères, qui incontestablement mérite le César de l’espoir de l’année pour sa prestation très aboutie. Grave, ému, mais aussi clair et précis, il renvoie tout le monde à ce que la politique peut avoir de meilleur. Des idées simples, mais aussi de la cohérence, des convictions et du courage.

Bisque, Bisque, Basque ! vous sachant un peu fainéants n’a pas résisté au plaisir de vous isoler l’extrait vidéo d’une durée de huit minutes où Édouard Chazouillères exprime enfin tout ce qu’il a sur le cœur depuis presque quatre ans.

Vous savourerez au passage les haussements de sourcil de Ghislaine Haye, comme terrorisée par l’audace de son voisin, et la ringardise des commentaires de Michel Veunac à l’annonce de la démission de son adjoint : « Il aurait été correct de m’en parler avant… Mais au point où nous en sommes ! » Un aveu d’impuissance qui ne fera peut-être pas rire les Biarrots, conscients du naufrage de leur ville. Pour ceux qui ont l’oreille fine, vous noterez aussi le commentaire de notre naufrageur en chef, quand Édouard Chazouillères lui reproche son opposition passée à la communauté d’agglomération du Pays basque : « Mais, j’en suis devenu le vice-président », tandis que le démissionnaire, accablé par tant de duplicité, murmure hors micro : « Encore mieux ! » Et cette pirouette finale de l’artiste Veunac : « Si vous démissionnez, parce que j’ai dit à une dame de ne pas revenir à Biarritz » …  Allez, rideau, Michel !

Pas de jurisprudence, Veunac, Lafite, Brisson

Alors que presque tous les élus de la majorité en privé, en dehors des indécrottables flagorneurs Destizon et Claverie, racontent la catastrophe ambulante qu’est Michel Veunac à la tête de Biarritz, Bisque, Bisque, Basque ! tient à saluer le courage d’Édouard Chazouillères qui n’a pas hésité à faite table rase de ses avantages du moment pour redevenir un homme libre, contrairement à un Laurent Ortiz, démissionnaire qui conserve ses mandats. Certains diront qu’Édouard Chazouillères, qui s’affirme « soulagé, mais bien incapable pour l’instant de se projeter au-delà de 2018 », pense aux municipales de 2020, mais quoi de plus normal quand on aime la vie publique ? Contrairement à ses compères de la majorité qui n’ont guère l’occasion de se mettre en valeur, avec cette « dream team » Veunac, Lafite, Claverie, Barucq, qui dirige la ville et les ignore, Édouard Chazouillères a montré qu’il avait du caractère et qu’il savait prendre ses responsabilités. Ce qui n’est pas rien.

Car la pire erreur que pourraient faire tous ceux qui s’imaginent tête de liste en 2020 (… Et ils sont nombreux !) serait de croire que les bonnes vieilles recettes qui ont fonctionné à Biarritz jusqu’en 2014 sont encore de mise. Lorsque ce blog a dénoncé, lors des dernières municipales, les « approximations » du candidat Veunac, beaucoup rigolaient en me disant qu’à sa place, ils auraient fait de même. Aujourd’hui, au vu de l’étendue des dégâts, plus personne n’a envie de rire et il est certain que la transparence, la rigueur et la morale publique auront une grande importance dans la décision de vote des électeurs.  

Dans ces conditions, le grand numéro « C’est pas notre faute, Borotra décidait tout ! »  que nous ont fait les trois ex-adjoints réélus en 2014, Veunac, Lafite et Brisson, que ce soit à propos de La Cité de l’Océan ou autres folies des grandeurs de l’ancien monarque, n’est plus de mise. Tous les membres de la majorité qui rêvent d’un nouveau destin politique en 2020 doivent avoir conscience que les Biarrots les observent avec attention et que, s’ils ne prennent pas dès maintenant leurs distances avec l’équipe dirigeante qui envoie la Ville dans le mur, ils seront balayés tout comme Veunac lors du prochain scrutin.

Plusieurs élus de la majorité semblent prêts à affirmer publiquement leurs désaccords avec l’équipe dirigeante, comme en témoigne le malaise exprimé par François Amigorena dans Sud Ouest. Ils s’honoreraient à le faire très rapidement. Car en politique, quand la situation est inacceptable, il faut savoir renverser les tables… Et sans faire de cinéma !

Perles de conseil

Peio Claverie peut se montrer ardent défenseur du stationnement payant ou de la hausse de la taxe d’habitation à Biarritz : il habite Bidart!

Peio Claverie : C’est un bêtisier de plusieurs heures qu’il faudrait consacrer à Peio Flagornerie comme il est surnommé sur les réseaux sociaux. Il commence par un gros coup de violon sur le port des pêcheurs et l’Association Nautique de Biarritz. Parce que son fils convoite la crampotte 30, située juste à côté et que l’appel d’offres se tiendra le 27 février prochain ? À propos du stationnement : « On n’est pas au pays des Bisounours. Aujourd’hui, on paie le stationnement un peu plus et demain on le paiera encore un peu plus » Comme ça, c’est clair !

François Amigorena, à propos du stationnement : « Quand on parle de concertation, ça se passe en amont. Si une concertation avait eu lieu fin 2017, on n’en serait pas là ». Et si on n’avait pas élu Veunac en 2014… À propos de la politique de la ville : « Il manque un plan d’ensemble. On procède par touches pointillistes, un petit projet par ci, un petit projet par là… » On pourrait même dire que la politique de Veunac est minimaliste.

Guillaume Barucq propose un disque vert de stationnement qui permettra aux possesseurs de véhicules électriques ou à moteur hybride de bénéficier de deux heures gratuites. Sympa pour les bobos branchés, mais ce n’est peut-être pas la problématique des gens au SMIC venant travailler à Biarritz. Le même : « Il faut arrêter de faire du misérabilisme avec les actifs. Marcher un kilomètre pour des jeunes, c’est bon pour la santé et c’est même conseillé » … De l’art de se faire de nouveaux copains !

Bénédicte Darrigade, après l’annonce par Veunac de 157 arrêts-minute à 4000 euros la borne : « Créez des zones bleues, c’est moins coûteux ! » Mais c’est qu’elle voudrait arrêter le racket !

Hervé Boissier : « Un des premiers chocs culturels qu’il va falloir que nous assumions, c’est de ne plus décider tous seuls » Comme il y va ! C’est la seule chose qui amuse Veunac et Boissier veut lui retirer son jouet…

Maïder Arostéguy veut « rendre Biarritz aux Biarrots » et s’indigne des dépenses de la mairie : « Mettre des balises GPS sur des étrons relève de la politique du gadget » Oh, Guillaume, pourquoi tu tousses ?

Jean-Benoît Saint-Cricq rappelle que la dette de Biarritz est de 63 millions d’euros. Il veut vendre 49% des fonds et des murs de L’Hôtel du Palais pour assainir les finances de la Ville. Sur l’élan il propose de céder à un promoteur la mairie et le commissariat et de créer un centre administratif plus fonctionnel à Floquet. Ce ne serait pas, par hasard, l’esquisse d’un programme électoral pour 2020 ?

Guy Lafite s’indigne que l’ex-président du festival Latino ait communiqué à la presse des éléments de salaire du futur délégué général. La devise de notre grand argentier est donc : « Argent public, mais magouilles secrètes » ?