Ta gueule, Mélenchon !

La France Insoumise serait bien inspirée de confiner et bâillonner son leader.

Comme nombre de politiques, Jean-Luc Mélenchon, avec ses polémiques stériles, semble totalement déconnecté.

C’est un peu comme si La Marquise de Vérité, la délicieuse épistolaire de La Semaine du Pays basque, téléphonait à une famille durement éprouvée par l’épidémie actuelle pour se plaindre de la taille de son « trop grand » jardin et de la difficulté à trouver des gens pour s’en occuper. Le rôle de l’opposition est de critiquer la majorité en place et on n’a jamais rien trouvé de mieux pour faire fonctionner la démocratie. Les idées de la France Insoumise ont toujours été proches des miennes et la crise actuelle nous fournit l’éclatante démonstration qu’il faut redonner la prépondérance à l’humain sur l’économie, réinventer des circuits courts et responsables, garder le contrôle des moyens de production indispensables au pays. Mais comme toujours en politique, il faut savoir choisir son moment pour dire les choses.

Les sexagénaires et les passionnés d’histoire se souviennent du discours de François Mitterrand le 27 mai 1968 au stade Charléty, donnant l’impression aux Français que son seul souci était de piquer la place de Charles de Gaulle. Il faudra treize ans au leader de la FGDS (Fédération de la Gauche Démocrate et Socialiste) pour se remettre de sa bévue.

Jean-Luc Mélenchon est, en temps ordinaire, un excellent tribun et un bon client pour les journalistes. Il est donc logique qu’il continue à être invité par des radios et télés qui n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent actuellement. Malheureusement, en cette période tout à fait exceptionnelle qui devrait inciter à la modestie et à l’union nationale, le leader de La France Insoumise se montre catastrophique par son arrogance, ses claironnantes certitudes et des comportements de membre d’une caste omnisciente.

Alors qu’Emmanuel Macron, en le visant et en visant Marine Le Pen, déplorait « les irresponsables qui cherchent déjà à faire des procès alors que nous n’avons pas gagné la guerre », Jean-Luc Mélenchon a trouvé malin de rétorquer : « Emmanuel Macron est au bout de sa vie », en faisant allusion au fait que son gouvernement et lui étaient totalement dépassés. Une boutade d’un goût douteux, même formulée un 1er avril.

Même sentiment de décalage vertigineux entre les affirmations du vieux politique à œillères et les aléas vécus actuellement par les Français, au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, où « Super Jean-Luc » n’a pas brillé par sa modestie.

Sur les masques, la chloroquine ou le confinement, mais aussi sur le baccalauréat ou les municipales, Mélenchon estime que le gouvernement actuel ne fait pas les bons choix. Avec cette envolée qui en laissera plus d’un pantois : « Si je ferais mieux que le gouvernement actuel ? En tout cas, je ferais différemment. Il faut planifier. En France, c’est le général De Gaulle qui avait mis en place la planification. » C’est bien connu, le vilain petit virus qui nous rend visite actuellement est sage et obéissant et quand Mélenchon planifie, il obtempère, terrorisé.

Soit Mélenchon est sincère et ce décalage avec les Français est grave. Soit il est dans le calcul politique, estimant qu’on ne tape jamais assez fort sur le gouvernement politique en place, et c’est encore pire.

Je ne suis vraiment pas un grand fan de Macron, mais dans une situation aussi complexe et inédite, avec des informations contradictoires, aucun scientifique n’ayant actuellement de certitudes sur le fonctionnement de ce virus et ses modes de transmission, il n’y a qu’une chose à faire : montrer son patriotisme en fermant sa gueule, en respectant les consignes et en se souciant de ceux qui nous entourent, pour simplifier le travail particulièrement difficile du gouvernement.

Franchement, si les EPHAD n’étaient pas devenus aussi dangereux en ce moment, j’aurais bien conseillé à Jean-Luc Mélenchon de s’y installer pour une retraite définitive et de laisser la place à Adrien Quattenens, Clémentine Autain ou François Ruffin.