L’Aviron s’est souvenu de Jean Dauger

Aviron-Toulouse

Spedding, après les entrées de Brett et Rouet et la sortie de Bustos Moyano, catastrophique, a décidé de contrer Toulouse sur son point fort, en relançant tous les ballons à la main. Pari réussi et grands frissons de bonheur pour les spectateurs!

Pour entrer en… fusion, lors de la venue du Stade Toulousain, les 16242 spectateurs présents au stade Jean Dauger, n’ont nullement eu besoin de leur voisin biarrot. Seule une banderole, dans la tribune Afflelou, « Bayonnais pour toujours« , était présente pour rappeler la tentative de drague de Serge Blanco et le monumental râteau qui s’ensuivit.

Le match débute suivant un scénario désormais classique en top 14. Bayonne se montre enthousiaste dès l’entame et l’équipe visiteuse guette la faute sans prendre le moindre risque, se contentant d’interminables dégagements au pied. O’Connor, à la 14e minute, se joue superbement de la défense toulousaine, faisant chavirer de bonheur le public, mais Toulouse engrange des points à chaque fois qu’il approche des poteaux bayonnais, avant que Louis Picamoles ne s’écroule dans l’en-but bayonnais à la 36e et qu’une fois de plus ne se déroule le film « Peur sur le stade« , si connu de tous ceux qui suivent l’Aviron.

Bustos Moyano, l’homme à qui l’Aviron doit tant de victoires inespérées grâce à sa botte précieuse, est méconnaissable, devenu entre les deux réveillons Bastos Mayonnaise tant il met de bonne volonté à rater toutes les pénalités à sa portée (1 réussite pour 6 échecs). 13-8 pour Toulouse à la mi-temps, un public qui s’ennuie sérieusement et pas grand monde pour croire à un sursaut possible, puisqu’à trois reprises l’Aviron a joué à la main des pénalités transformables, absence de buteur oblige, avant de se fracasser sur la défense toulousaine.

Et c’est là que le rugby se révèle une fois de plus le jeu le plus séduisant du monde, tant il nécessite d’adaptation aux circonstances et de mépris pour tout ce qui a pu être décidé au tableau noir par les entraîneurs! Mamans soucieuses de la présence de vos fils à l’école de rugby, gardez en mémoire ce match Aviron-Stade toulousain, un des plus beaux tactiquement de ces dernières saisons, et dites-vous que vos enfants en pratiquant le rugby, récolteront sans doute quelques bosses mais garderont de ce sport une intelligence des situations et des forces en présence qui leur servira pendant toute leur existence.

L’entame de la deuxième mi-temps est catastrophique pour l’Aviron, avec une nouvelle pénalité immanquable ratée par le tireur de pétards mouillés argentin. Lanta prend enfin la décision qui s’impose en sortant Bustos Moyana à la 49e, en décalant Rokococo à l’aile et en faisant jouer en numéro 10 Stephen Brett. Et comme Bélie, assez inexistant jusque-là se blesse et est remplacé par Guillaume Rouet, c’est une charnière inédite qui prend les clés du camion ciel et blanc. Une charnière qui a eu le temps d’observer sur le banc, les forces et faiblesses toulousaines et qui va oser un coup de poker incroyable, tandis que le meilleur public de France encourage son équipe comme jamais. Le jeu au pied est catastrophique, les avants peinent un peu à franchir la ligne d’avantage, qu’à cela ne tienne : on va convoquer l’âme du grand Jean Dauger, l’homme qui relançait dès ses vingt-deux mètres et aller défier le grand Toulouse sur son point fort.

Et dès lors, les mouches changent de pottok, comme le dirait un Pierre Salviac basque. O’Connor et Lovobalavu laissent leurs cartes de visite à, excusez du peu!-  Médard et Fickou avant que Brett, d’une merveille de coup de pied par dessus la défense n’envoie Rokococo en terre promise (66e). Et il suffit de voir la façon de s’étreindre de cette équipe, de voir son bonheur à communier avec le public pour comprendre qu’un sale quart d’heure attend les Toulousains qui jouent désormais les bouchons de champagne en mêlée.  Roumieu charge et fracasse Picamoles tandis que les lignes arrières avec un Spedding des grands jours se montrent intenables. Deux pénalités de Brett à la 69e et à la 80e accentuent la victoire et font perdre le point de bonus défensif à une équipe de Toulouse cul par dessus tête (21-13).

L’interminable tour d’honneur des joueurs, face à un public qui ne se décide pas à quitter le stade, prouve à tous qu’il ne manque à cette équipe qu’un soupçon de confiance pour jouer un rôle intéressant en top 14, et qu’il n’y a nul besoin de chausser des lunettes Afflelou pour comprendre qu’elle n’a rien à faire en pro D2.

Le rugbycon est franchi

Toulon Orangina

Wilkinson, marque Orangina sur les fesses,
joue à « Secouez-moi, secouez-moi » face à Urdapiletta.

Les joueurs de rugby ont toujours eu de gros culs, mais faut-il le souligner ? Après le Racing-Métro où le maillot est tellement encombré par les sponsors que Jacky Lorenzetti n’a rien trouvé de mieux que de coller le nom des joueurs à l’arrière de leurs shorts, on attend avec impatience le jour où les deux entraîneurs parisiens franchiront le pas et se retrouveront avec un  » Labit   » de  »  Travers  » apposé sur leurs fesses…

On a souffert à l’époque pour les Gimbert, Moscato, Simon, obligés d’endurer au Stade français, pour cause de fantaisies présidentielles, du Dalida dans les vestiaires, et, de la même façon, on a eu de la peine samedi pour ces immenses joueurs toulonnais que sont Wilkinson, Botha ou les frères Armitage en les voyant entrer avec les fesses tatouées d’un disgracieux Orangina. Et, comme le rugby peut être un sport moral, on s’est réjoui de voir cette équipe d’Oyonnax, âpre, vaillante, solidaire, jouer à  » Secouez-moi, secouez-moi !   » avec les Toulonnais et triompher 25-22.

L’argent, même s’il est nécessaire, ne doit pas avoir tous les droits et le public doit être respecté, ce qui est loin d’être le cas. Pour le derby Bayonne-Biarritz, où Blanco, défait, a joué le grand air du complot présidentiel pour tenter de réveiller son équipe au fond du seau, les tribunes étaient pleines et les budgets modestes ont pu accéder sans difficulté aux « places de pesage », debout devant la tribune centrale, mais ça n’a pas été le cas, il y a quinze jours, lors de la venue du Racing. L’oeil bleu, un inconditionnel de l’Aviron bayonnais raconte : « Nous sommes venus comme d’habitude chercher nos billets pour la venue du Racing, mais visiblement, sans que personne ne daigne prévenir les supporters, les règles avaient changé : on nous a annoncé que les billets de pesage de la tribune d’honneur ne seraient mis en vente que si toutes les places de tribunes étaient vendues: sinon obligation de prendre une place en tribune… » Alain Afflelou, que l’on a connu moins mesquin, devrait chausser ses lunettes à double foyer pour se rendre compte qu’il a sous la main le meilleur public de France et comprendre, même si sa fortune personnelle lui ôte tout sens des réalités, qu’un billet d’entrée à 10 euros et un billet à 30 euros font une sacrée différence pour un budget familial serré.

Même mépris du public de la part du diffuseur Canal +, qui s’est essayé ce week-end à un  » horaire expérimental « , selon les termes d’Éric Bayle, en imposant le match Clermont-Bègles à 12h30 le dimanche. Où est le respect des spectateurs et des joueurs chez cette chaîne qui prétend aimer le rugby? Des déjeuners à 9 heures du matin pour les joueurs et l’impossibilité pour les cochons de payant de vivre la venue au stade comme une fête ou d’aller voir un simple match de fédérale. Souhaitons que cette imbécile nouveauté soit boycottée !

La chaîne cryptée fait décidément la pluie et le beau temps sur le rugby français! Puisque Canal+, tuant la poule aux œufs d’or ovale, initialement appâtée avec un peu de blé, veut à tout prix se livrer à des expériences, histoire de damner le pion à ses concurrents, on ne saurait trop lui conseiller des matches à deux heures du matin, après le film porno du samedi soir, ou d’autres à 6 heures du matin, ce qui laisserait le temps aux spectateurs de faire un footing en sortant, avant d’aller à la messe.

Paul Goze, lorsqu’il jouait deuxième ligne pour l’USAP, n’était pas franchement un tendre. On se demande ce qu’attend l’actuel président de la Ligue pour apprendre à pousser droit à Canal+ et lui inculquer, par quelques marrons bien sentis, le respect du public qui n’en peut plus de voir son sport favori massacré et accommodé à toutes les sauces par les marchands de temps de cerveau disponibles.