Les militants UMP auront ce qu’ils méritent

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Cette détestable façon de passer la main dans le dos, si typiquement sarkozyenne…

Ainsi donc, voilà un homme qui a ruiné l’UMP, pendant sa campagne électorale de 2012, avec plus de 10 millions d’euros évaporés dans des officines douteuses comme Bygmalion. Un homme, qui, malgré ses conférences mondiales à 100 000 euros les deux heures, n’a pas hésité à faire appel à la générosité publique des militants pour rembourser la dette. Un homme qui, fraîchement élu à la tête de l’UMP, retrouve soudain après deux ans de recherche son chéquier au fond de son armoire, pour verser 363 000 euros à son parti, une aumône qui doit correspondre à l’argent de poche d’une semaine pour la famille Sarkozy-Bruni.

Ainsi donc, voilà un homme que l’on entend arriver à un kilomètre à la ronde, tellement il traîne de casseroles judiciaires : Bygmalion, déjà cité, mais aussi le financement libyen de sa campagne de 2007, le trafic d’influence avec le magistrat Gilbert Azibert, les sondages de l’Élysée, l’affaire Tapie, les dessous de table de Karachi. Pas de doute, avec cet homme, on va souvent parler de l’UMP à la rubrique judiciaire, mais est-ce une bonne nouvelle pour ce parti, au moment où les Français font si peu confiance à leurs hommes politiques?

Ainsi donc, voilà un homme qui s’affirme l’autre jour devant Claire Chazal « calme et apaisé »,  avant, contrarié par trois questions anodines, de crisper les mâchoires de colère et de multiplier les tics nerveux, tandis qu’il annonce viser la présidence de l’UMP (Imagine-t-on Charles de Gaulle, après son départ, postuler au ministère des Sports ?). Un homme qui roule des mécaniques, mais se dégonfle devant deux cents cinglés anti mariage pour tous, un homme qui devient fou de colère en découvrant son score minable, dimanche soir, et les presque 30% réussis par Bruno Le Maire. Et l’on croit volontiers « Le Canard enchaîné » (3/12), quand il rapporte ses insultes : « Dans un parti, quand il y a un grand favori, n’importe quel couillon peut faire 30%. (…) Bruno, c’est du pipeau. Il finira en slip kangourou. » Mais alors, pourquoi diable les sarko boy’s avaient annoncé un score à plus de 80% ?

Oui, décidément oui, question pardon des offenses, ces électeurs et électrices de l’UMP, tellement heureux de la victoire de leur favori, méritent vraiment une admiration sans borne pour avoir voté à 64,5% en faveur de Nicolas Sarkozy !

Le petit caporal passe ses troupes en revue

Il paraît, mais j’ai peine à le croire, que les caméras n’existaient pas en mars 1815. Lundi 1er décembre002 Sarko, le retour de l'île d'Elbe 2014, presque deux cents ans plus tard, j’avais pourtant vraiment l’impression de revivre, en direct du siège de l’UMP, le retour de l’île d’Elbe de Napoléon 1er. Même manteau lui battant les chevilles, même façon dès huit heures du matin (« Je travaille, moi, monsieur ! ») de brasser de l’air, de sur-jouer la cordialité, d’accueillir des visiteurs et de les adouber ostensiblement devant témoins, tandis que les intéressés gênés, avaient visiblement du mal à montrer leur joie avec ce cadavre fraîchement sorti du placard. Grand moment comique au moment du départ de l’UMP de Bruno Le Maire, car Dame nature lui a généreusement accordé les centimètres que Sarkozy n’a pas. Mais qu’à cela ne tienne : notre petit caporal, hissé sur ses talonnettes, a tout de même réussi devant les caméras, à poser sa main sur l’épaule de son rival, au lieu de vérifier s’il portait bien le slip kangourou qu’il lui avait promis la veille. Franchement, c’est à cet homme que vous voulez confier les rênes de la France ?

On se souvient comment s’est terminé l’aventure de cent jours de notre premier empereur et on peut se demander si le même destin n’attend pas notre nouveau Napoléon.

Tous cocus et contents

Pour le moment, tout le monde se frotte les mains après cette élection. François Hollande, qui est vraiment le seul à croire en ses chances, est persuadé qu’il l’emportera en 2017 s’il est opposé à Nicolas Sarkozy. On ne voit pas comment, mais c’est beau l’espoir ! L’ancien président de la république et époux de Carla Bruni sait de son côté que cette conquête de l’UMP va bien lui faciliter la vie. D’un tempérament tenace, et habitué à mordre aux mollets tous ceux qui oseraient s’approcher de son pré carré, il va rebaptiser le parti et s’organiser une petite primaire sur mesure. On souhaite bien du plaisir à Alain Juppé, à François Fillon, ou même au président du MoDem François Bayrou,  pour arriver à faire entendre leurs petites musiques face à la grosse caisse de Neuilly ! Quant à Marine Le Pen, confrontée à la gauche la plus nulle du monde et à la droite la plus bête de l’univers, elle peut en rajouter à plaisir sur l’UMPS, multiplier les déclarations poujadistes et réserver d’ores et déjà son ticket pour le second tour des élections présidentielles de 2017.

Au final, c’est la France, une fois de plus, qui va dérouiller, faute d’un rassembleur capable de mobiliser tout le monde au moment d’effectuer les réformes dont ce pays a désespérément besoin. En 2002, Chirac a raté une occasion historique de réconcilier tous les Français, de gauche comme de droite, après sa victoire contre Jean-Marie Le Pen. Quinze ans après, le scénario pourrait être fort semblable. En l’état actuel de déliquescence du gouvernement socialiste, il est fort à craindre qu’il n’y ait pas de candidat de gauche au deuxième tour et que le duel final oppose Marine Le Pen au ténor désigné par l’UMP. C’est donc à gauche et non à droite que se jouera cette élection, pour que le pays reste gouvernable. On traînera des pieds, mais les républicains de gauche, faute d’un Besancenot ou d’un Mélenchon en position éligible, voteront si un Bruno Le Maire ou un Alain Juppé se retrouve face à Marine Le Pen. Mais que cela soit clair : les mêmes iront à la pêche à la ligne en cas de duel Sarkozy-Marine. On ne choisit pas entre la peste et le choléra.

Les résidents secondaires, ces pelés, ces galeux…

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Quand une fausse bonne idée est dans l’air, comme taxer les résidences secondaires, vous pouvez être certain que le docteur Barucq va se précipiter…

C’était l’époque où Alain Juppé s’affirmait « droit dans ses bottes« , tandis que Sylviane Alaux pouvait encore se targuer d’être quadragénaire. En 1996, le Premier ministre de Jacques Chirac, pour lutter contre le chômage  dans les quartiers défavorisés, lance une idée qui séduit aussi bien à droite qu’à gauche : la création de zones franches urbaines. Les entreprises qui s’installeront dans ces zones difficiles, bénéficieront d’importantes défiscalisations. Presque vingt ans plus tard, l’expérience a montré que des patrons sans scrupules ont profité de l’aubaine fiscale que leur offrait l’État, en délocalisant leur siège social. Mais qu’ils ont aussi fait venir leurs cols blancs du centre ville et n’ont pas créé un seul emploi dans ces secteurs défavorisés, provoquant la colère des laissés pour compte qui y vivent.

Des lois qui créent une France à plusieurs vitesses

L’enfer est souvent pavé de bonnes intentions, l’Assemblée nationale aussi. Sylviane Alaux est sans nul doute une bonne parlementaire, mais, comme tous ses collègues, elle devrait y réfléchir à deux fois avant de proposer des lois qui contribuent à créer une France à plusieurs vitesses et qui s’avèrent ingérables avec le temps. L’Alsace ne crierait pas si fort actuellement, dans le débat sur la régionalisation qui veut la rapprocher de la Champagne, si elle ne bénéficiait pas d’avantages spécifiques datant… de 1871 et n’avait peur de les perdre. Idem pour la Corse. Et l’exemple des zones franches urbaines n’est pas plus convaincant.

L’idée de laisser la possibilité aux communes du littoral de surtaxer de 20% les propriétaires de résidences secondaires, occupant leur logement moins de deux mois par an est séduisante, mais sera-t-elle efficace? Il est permis d’en douter.

Bon courage à l’administration fiscale

Tout d’abord, on souhaite bon courage à l’administration fiscale pour recenser ceux qui vivent plus ou moins de deux mois dans leur domicile secondaire. Une simple déclaration sur l’honneur du citoyen ? Un contrôle des factures téléphoniques ou d’électricité ? Une intervention d’agents spécialisés comme pour la redevance télé ? … De l’art de faire une usine à gaz pour pas grand chose !

Ensuite, on pronostique bien du plaisir aux villes qui voteront cette surtaxe de 20%, stigmatisant  ceux qui ne sont pas du cru. On oublie trop souvent que lorsque une personne d’âge mûr s’offre une résidence secondaire, elle arrive souvent au meilleur de son parcours financier, avec un pouvoir d’achat qui fera le bonheur des commerçants locaux et qu’elle coûte donc beaucoup moins cher qu’un habitant ordinaire de la commune. Pas de frais de scolarité pour ce nouvel arrivant, pas d’aides sociales, et, s’il n’est présent que deux mois par an, un coût moindre de ramassage des ordures ménagères, de travaux de voierie, alors que le nouveau-venu paiera une taxe d’habitation comme les autres.

Enfin, n’oublions pas que chaque commune restera libre de surtaxer ou non. Quel signal envoyé à ces citoyens de seconde zone que de leur infliger 20% d’impôt supplémentaire, par rapport aux autres habitants, et quelle façon de les inciter à aller s’installer dans une commune voisine plus psychologue et plus accueillante !

De surcroît, la mesure peut s’avérer totalement contre-productive pour les Finances de la Ville. La faible rentrée d’argent produite par cette taxe risque de représenter beaucoup moins que les pertes liées à une baisse du prix de l’immobilier, qui entraînera pour les communes une baisse conséquente des droits de mutation.

Barucq, une fois de plus à côté de sa planche

La réaction des élus locaux à l’annonce de cette mesure envisagée est très révélatrice (Sud Ouest des 14 et 15 novembre). Guillaume Barucq, dont la vision politique ne va décidément pas au-delà du bout de sa planche de surf, dit « trois fois oui » à la mesure. Michel Veunac et Guy Lafite font une réponse de normands en disant oui mais. (S’ils avaient été capables d’avoir une idée originale sur une question communale, on s’en serait aperçus depuis le mois d’avril!) et seul Max Brisson (… on va encore dire que je suis UMP et je vais encore démentir!) fait montre de sens politique en insistant sur les dangers de ce projet de loi : « Je ne crois pas en cette taxe pour inverser la courbe de la population biarrotte« . Chez nos voisins immédiats, les élus manifestent un peu plus de lucidité. Peyuco Duhart, à Saint-Jean-de-Luz, n’y voit qu’un « nouveau tour de vis fiscal, alors qu’un gel des impôts a été promis ». Odile de Coral, maire d’Urrugne, estime qu’on « vise les propriétaires des résidences secondaires, alors qu’ils participent grandement à l’économie locale ».  Enfin qu’on ne vienne pas me dire que je suis contre cette mesure, car elle me concerne. J’habite huit mois par an à Biarritz, donc je ne serai pas redevable, et, comme j’ai l’intention d’acheter un appartement plus grand dans les trois ans à venir, je ne peux que me réjouir d’une loi qui va inévitablement entraîner une baisse des prix.

À quoi servent les lois actuelles?

Dans cette affaire, on touche du doigt les limites du travail législatif. Est-ce le rôle d’un élu de proposer des lois qui contribuent à émietter la France, à en faire un incohérent mille-feuilles législatif ? Et surtout est-il logique de proposer une nouvelle loi, destinée à aider les habitants des cités touristiques à rester chez eux, uniquement parce qu’une excellente loi en vigueur n’est pas appliquée par les maires?

Prenez l’exemple de Biarritz, ville qui a perdu en dix ans près de 5 000 habitants et qui s’avère incapable de retenir ses jeunes couples. Le prix moyen actuel du mètre carré est de 5 000 € . Même s’il baisse, pensez-vous que les jeunes couples obligés de s’agrandir pour cause de nouveau-né pourront rester dans la Ville ? Il n’y a qu’une solution pour les retenir : le logement social! C’est avec des loyers bas proposés aux familles locales que Biarritz ne perdra plus ses enfants. La Loi impose 20% de logements sociaux dans une ville, mais Didier Borotra a toujours eu une conception très personnelle de la loi et, avec 8% seulement de logements attribués aux plus défavorisés, a toujours préféré payer la pénalité prévue par le législateur plutôt que de s’intéresser à cette question.

Au lieu de coûteux projets architecturaux comme la Cité de l’Océan, qui n’intéressent personne, l’avenir d’une cité balnéaire passe par des facilités de logement faites aux gens du cru pour les inciter à rester. » Biarritz est une ville qui, depuis dix ans, a raté tous ses tournants » me disait récemment un copain de randonnée, résidant à Anglet. Le propos ne semble pas dénué de pertinence.

Alain Juppé n’a plus d’oseille pour payer son parcmètre

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En plein cœur de Biarritz, deux places réservées jusqu’au 20 août par arrêté municipal.

C’est à ce genre d’anecdote que l’on découvre l’ampleur de la crise financière qui frappe notre pays ! Bien sûr, comme tout le monde, on a entendu les restaurateurs biarrots maudire la météo variable, la qualité de l’eau de baignade invariable et les clients qui ne prennent qu’un plat accompagné d’une carafe d’eau du robinet, potable celle-là, bien sûr on a écouté d’une oreille distraite les sociologues nous expliquer que les Français trouvent de plus en plus souvent refuge dans leur famille pour les vacances (À Biarritz, c’est fou le nombre de personnes qui se rappellent soudain votre existence en août!), mais qui aurait pu imaginer qu’un actuel maire de Bordeaux, ancien Premier ministre et actuel co-président de l’UMP puisse ainsi tirer le diable par la queue?

Alain Juppé est venu trouver refuge pour une semaine, à Biarritz, dans sa famille, et, comme tout citoyen ordinaire, il a droit à la plus absolue tranquillité et aux meilleures vacances possibles. Seul hic, la prestigieuse cité de la Côte basque est une ville chère. L’abonnement pour stationner une semaine aux emplacements prévus à cet effet coûte… 12 € la semaine. 24 €, quand on est accompagné par son garde du corps, dans une deuxième voiture.

Heureusement, notre bon maire Michel Veunac, n’écoutant que son grand cœur, son amour immodéré des têtes couronnées et sa détestation des vélos, a vite trouvéAlain Juppé 016 la parade pour permettre à l’impécunieux Juppé, de bâtir tranquillement, sur la grande plage, des châteaux de sable marqués  » Élysée 2017 « . Par arrêté municipal, notre Premier magistrat, qui, cette fois, n’a pas repoussé sa décision à octobre, a bloqué jusqu’au 20 août 2014, deux places dont un emplacement réservé aux vélos, pour notre touriste de luxe, ce qui fait hurler tous les riverains qui tournent longuement avant de décrocher la tranquillité de leur véhicule. Gag supplémentaire, selon l’article 3 «  Le présent arrêté pourra faire l’objet d’un recours devant le tribunal Administratif compétant (l’orthographe est de la mairie!) dans un délai de deux mois à compter de sa notification ou de sa publication ». Un peu comme la Cité de l’Océan, en somme, jugée illégale des années après avoir été bâtie?

J’ai plutôt de la sympathie pour Alain Juppé, premier chef de gouvernement à avoir alerté les Français sur la gravité de la dette, homme politique condamné à un an d’inéligibilité en 2004 pour les approximations de Chirac,  auteur d’un blog remarquable, lors de son exil canadien, maire de Bordeaux dont le travail est salué par la plupart de ses concitoyens, et presque candidat à la présidentielle de 2017, ce qui est de loin préférable à un retour de Nicolas Sarkozy.

Mais ce genre d’anecdote, même si elle ne va pas loin, est désagréable car elle est révélatrice de la duplicité qui accompagne toujours un peu les hommes politiques. Soit le maire de Bordeaux, Alain Juppé, rend officiellement visite à Biarritz et il est normal de lui simplifier la tâche. Soit il est un vacancier comme les autres, qui sera le premier à réclamer tranquillité et anonymat si on le dérange, et dans ce cas là, ces petits passe-droit détestables relèvent d’une logique d’ancien régime, où on se gardait bien de confondre nobles et roturiers.

Seule bonne nouvelle pour Biarritz, le temps des sérieuses économies, nécessitées par le gouffre financier que représente la Cité de l’Océan, semble arrivé. Didier Borotra offrait aux notables des séjours à l’Hôtel du Palais. Michel Veunac, des places de stationnement. Et avec le prochain maire, compte tenu des finances de la Ville, ce sera une simple part de gâteau basque ?

C’est en s’alliant à n’importe qui…

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La charte éthique de Guy Lafite, tout juste bonne à amuser la galerie au premier tour.

Le propos était somptueux et semblait gravé dans le marbre : « Je demanderai à chacun des élu(e)s de signer une charte d’éthique et de responsabilité l’engageant à :

– Respecter les valeurs qui fondent notre engagement,

– Traiter avec respect et équité les agents de la Ville comme les citoyens,

– S’interdire tout conflit d’intérêt avec l’action de la Ville et des organismes qui en dépendent. »

Guy Lafite est décidément un amuseur public qui a dû dans sa jeunesse un peu trop écouter le sketch de Coluche où un flic de base déplore les difficultés de son métier : dix avertissements, un blâme ; dix blâmes, une mise à pied.

La tête de file du parti socialiste a pu constater tout comme nous pendant la campagne que le deuxième adjoint à la mairie de Biarritz n’avait pas hésité à emprunter de l’argent à son principal fournisseur Jacques Darrigrand. Que, dans le cadre de l’Agglomération, il avait fragilisé les positions de la ville de Biarritz en devenant l’employé de Jean Grenet, et en bénéficiant d’une étude sociologique fort bien payée. Qu’il avait enfin encouragé ou au moins laissé faire un des ses lieutenants pour compléter la liste du Front national. Mais tout cela ne dérange visiblement pas le champion de l’éthique Guy Lafite, qui vient de décider de s’allier à Michel Veunac!

Même silence assourdissant du côté des socialistes : il est évident que le parti qui soutient François Hollande va prendre une rouste monumentale dimanche prochain et perdre plusieurs dizaines de villes, mais est-ce une raison pour fermer les yeux sur les alliances les plus improbables et les plus discutables? Pour ces raisons, le parti communiste, qui a annoncé qu’il refusait de voter pour une liste Lafite-Veunac mérite d’être salué pour son courage.

Une élection ne correspond jamais tout à fait à ses rêves. Au soir du premier tour, j’aurais adoré voir Mathieu Accoh, largement en tête, tendre la main aux communistes, offrir éventuellement un petit strapontin au représentant de la gauche cachemire Guy Lafite et intégrer les deux révélations de cette campagne, idées à foison et indiscutable amour de Biarritz, Richard Tardits et Guillaume Barucq. Mais entre le rêve et la réalité, le fossé peut-être immense. Force est de constater, comme le prouvent à chaque fois le résultat des élections présidentielles, que Biarritz est une ville qui vote majoritairement à droite.

Au premier tour, on se fait plaisir, au deuxième tour, on élimine, dit l’adage. Mardi, il était assez amusant de voir Max Brisson en compagnie d’une « pointure » comme Alain Juppé, pendant que le tandem Veunac-Lafite recevait le renfort d’un Didier Borotra, qui semble avoir peur que le trio Brisson-Saint-Cricq-Tardits ne s’intéresse de près à tout ce qui s’est passé à la mairie ces dernières années. Faute d’offre véritablement à gauche, entre une liste de droite qui a le mérite d’être cohérente et une alliance improbable, façon Borotra, qui va continuer à envoyer la Ville dans le mur comme par le passé, mon choix est vite fait. Lafite et Veunac main dans la main, Peio Claverie dans les bras de Destizon, Michel Poueyts en arbitre des élégances, c’est la reconduction assurée du système Borotra, les copinages et les coquinages garantis.

Tout plutôt que cela!