Journal d’un buté de campagne (3)

Les cocus au balcon… puis au téléphon

Un ministre aux colistiers absents, des « sans liste » qui cherchent fortune ailleurs, un Veunac KO debout, une Maïder prudente, récit d’une folle semaine biarrote.

DÉNI TOTAL. – Mercredi soir 29 janvier, après l’annonce du retrait des deux ministres, les journalistes locaux se sont précipités pour interviewer les colistiers de Didier Guillaume. Ces derniers, malgré l’information relayée par tous les médias, soutenaient que leur héros allait démissionner dès le lendemain du ministère de l’Agriculture. Pour preuve « il a prévu une réunion publique ce vendredi » Las, le jeudi a permis de constater que l’abandon de Biarritz par le toujours ministre était effectif et que ni Lafite ni Brisson ne se montraient très enthousiastes pour devenir tête de liste. Tous alors de se précipiter vendredi matin, en fonction des affinités, au téléphone pour tenter de trouver place sur une liste encore prête à les accueillir. Les convictions, il n’y a que ça de vrai.  

LES VALISES ÉTAIENT PRÊTES. – Après son entretien mardi avec Emmanuel Macron, Didier Guillaume s’était montré catégorique auprès de ses soutiens : ses valises étaient prêtes, son aller-simple Paris-Biarritz en avion retenu pour mercredi soir, « où il arrivait à plein temps », la réunion prévue avec LaRem devant être une simple formalité. Sauf que notre ministre de l’Agriculture commençait à avoir de sérieux doutes depuis 10 jours. Ses poissons-pilote Michel Poueyts et Guy Lafite lui avaient parlé d’une ville qui n’attendait que lui et promis des salles combles à chacune de ses sorties. La réalité s’était montrée toute autre et de son propre aveu, Didier Guillaume reconnaissait que « l’élection allait être difficile à gagner ». Sur ce, le 24 janvier, le ministre de l’Agriculture apprend que son grand copain Michel Poueyts est mis en examen pour corruption dans une affaire de trafics de billets de rugby. Misant sur la présomption d’innocence, Guillaume décide malgré tout de continuer. Avant de découvrir que le procès du fonctionnaire en prison qui rénovait les permis de conduire contre des places de rugby se tiendra le 11 février prochain à Pau. Avec le risque que le cas de son copain Poueyts qui jure de son innocence sur sa page Facebook soit largement cité par la presse. Voilà comment l’agriculture française a gardé son grand homme.

LA « FRONDINETTE » DE LEMOYNE. – Lors de la réunion de LaRem où devait se traiter les cas des deux ministres concurrents à Biarritz mais aussi celui de Cédric Villani, tout le monde s’attendait à ce que les difficultés proviennent de Didier Guillaume, bien décidé à démissionner. En fait le ministre de l’Agriculture a assez vite abdiqué pour les raisons expliquées un peu plus haut. En revanche, c’est Jean-Baptiste Lemoyne qui a fait des manières en expliquant que son cas n’avait rien à voir avec celui de Didier Guillaume et qu’il était juste un « soutien » de Michel Veunac. Le néo-Biarrot a tellement agacé tout le monde qu’une suspension de séance a été décidée, histoire de laisser le temps à Emmanuel Macron de téléphoner à l’impétrant. En substance, le président de la République, très colère, lui aurait dit : « Tu as une heure pour choisir. Soit tu restes à ton poste, soit tu te présentes à Biarritz. Mais pas les deux ! » Et comme Lemoyne a besoin de ses émoluments de secrétaire d’État, il est soudain devenu docile. Quand on parle pognon, c’est fou comme les choses s’arrangent.

VEUNAC KO DEBOUT. – Convié au débat organisé par France Bleu – Sud Ouest où il s’imaginait en tête du sondage organisé par les deux médias, Michel Veunac a pris une grosse claque en découvrant que Maïder Arostéguy le devançait largement. Le maire sortant s’est efforcé de faire bonne figure au micro en répétant : « Je considère que mon bilan est de bonne qualité ». Mais, au dire de tous les témoins, il était KO debout et incapable, sans le bras secourable de son épouse, de regagner seul sa voiture.

LES CHIFFRES QUI TUENT. – C’est l’analyste politique d’Ipsos, commanditaire du sondage, qui s’est montré le plus sévère pour Michel Veunac, visiblement assez peu populaire parmi les 500 personnes sondées. Si Maïder Arostéguy réunit 63% d’opinions favorables et Guillaume Barucq 53%, Veunac n’est qu’à 44%, un chiffre extraordinairement bas pour un maire sortant. Et quand les sondés jugent le bilan, c’est encore pire. Pour l’analyste d’Ipsos, Veunac est « très sévèrement noté par les Biarrots. Pour qu’un maire sortant puisse être réélu, il lui faut en règle générale 66% de sondés estimant qu’il a un bon bilan » Veunac plafonne à 50% de sondés considérant que son bilan est honorable. Ce qui tient déjà du miracle, compte tenu du mandat calamiteux qu’il a fait vivre à tous.

 LES VACHERIES DE MAÏDER. – Nettement en tête, Maïder Arostéguy s’est gardée au micro de France Bleu Pays Basque de tout triomphalisme à six semaines du premier tour. Quand on évoque le soutien du sénateur Max Brisson qui s’est soudain réveillé à 16 h 58 sur son Facebook, soit deux minutes avant les résultats du sondage, Maïder fait dans la sobriété suave : « J’accepte son soutien avec grand plaisir » Un ange passe… Et quand le journaliste, malicieux lui demande si elle est prête à accueillir dans sa liste des transfuges de la liste Didier Guillaume, Maïder répond tout aussi malicieusement : « Ma liste est bouclée. Mais si certains veulent me rejoindre au sein du comité de soutien, ils sont les bienvenus » Oh, la vilaine, qui veut priver des élus méritants et désintéressés de leur place au chaud au conseil municipal et leur demande de travailler gratos !

BRISSON AU PALMARÈS DU RIRE. – Malgré la concurrence de trois réunions publiques, belle assistance jeudi 30 janvier, à la Maison des Associations, pour la remise des klaxons et des harpes aux élus les plus méritants par l’association RamDam. Alors que les esseulés de la liste Guillaume se réunissaient pour savoir s’ils ne pouvaient trouver un leader de rechange, Max Brisson, lauréat d’un klaxon d’argent pour « la rectitude de ses convictions et son soutien sans faille à la candidate de sa famille politique » a suscité le plus de rires et de moqueries dans l’assistance. C’est François Bayrou, vainqueur du klaxon d’or qui va être jaloux !

LA MENACE QUI FAIT TREMBLER. – Bonne dernière mais pas désarçonnée pour autant, Marine Batiste a stupéfié les participants du débat par son culot : « L’écologie ça ne s’improvise pas. Je n’apporterai, en tout cas, mon soutien à personne. ». Qui va oser dire à la candidate qui a été présentée par « Libération » comme investie par les Verts et s’est pris un cinglant démenti d’EELV, qu’au vu du nombre insignifiant de voix qu’elle représente, tout le monde s’en fout ?

LE VRAI VAINQUEUR ? – Karim Guerdane, journaliste de son métier, a su mettre en évidence son résultat : « Vous devriez titrer sur le score que je réalise, car approcher les 5 %, en moins de trois semaines de campagne c’est enthousiasmant ; ça signifie que dans cette campagne il y a aussi une voix pour le citoyen et je suis content de l’incarner. À mon sens, la question sociale doit être prioritaire. » Derrière la boutade, l’enfant de Saint-Charles a probablement raison. À force de repeindre en vert leurs listes, les candidats semblent avoir un peu oublié les plus démunis et les dégâts que peut faire la politique ultra-libérale de Macron. Gageons que tous les candidats vont soudainement mettre un peu de social dans leurs programmes. De là à le mettre en pratique ensuite…

JANUS VEUNAC. – À croire que le encore maire de Biarritz a eu le temps de prendre quelques pilules magiques entre le siège de France Bleu et le centre-ville de Biarritz ! Vendredi soir, l’ambiance était totalement mortifère au sein de sa permanence après la publication du sondage, Louis Vial et Patrick Destizon, tirant une tête de dix pieds de long comme s’ils venaient d’enterrer leur grand-père. Mais Super-Mimi est arrivé vers 20 heures, remonté comme jamais en rappelant qu’en 2014 Max Brisson était annoncé largement vainqueur. Et le pire, c’est que ses maigres troupes l’ont cru et sont ressorties gonflées à bloc. Ce que c’est d’être un grand leader charismatique !

IL VA LES TUER ! – Bravant le coronavirus et ne prenant pas en compte l’âge avancé de sa troupe pour un travail aussi matinal, Veunac avait mis tout le monde au boulot dès 9h30 samedi matin aux halles centrales de Biarritz (Le maire ne doit pas savoir qu’il existe des quartiers plus démunis à Biarritz) à distribuer sa propagande. Mamie Jeanine Blanco, Papy Robert ou Tonton Vial haranguaient comme jamais les chalands, vêtus de leurs assez ridicules écharpes blanches (Pour signifier sans doute que le mandat a été vierge de toute bavure). Un seul jeune dans la troupe : l’homme qui se perd encore dans Biarritz, Jean-Baptiste Lemoyne. Il suffisait d’écouter les commentaires peu amènes des Biarrots à quelque distance du groupe des distributeurs de tracts pour constater que Veunac a intérêt à investir dans un remonte-pente haut de gamme s’il veut être réélu.

LA PERLE DE LA LISTE ? – Ayant perdu la seule « nouveauté » de sa liste avec Jean-Baptiste Lemoyne, Michel Veunac se trouve désormais fort démuni avec son équipe de vieux chevaux de retour de la politique qui se sont distingués pendant tout le mandat par leur absence d’idées et leur servilité inégalable. Mais le super vendeur Mimi-la-Malice clame partout que sa liste va étonner et qu’il a une « recrue de choix ». Aux dernières nouvelles, la recrue de choix serait Christian Brocas, l’homme qui a passé six ans à tailler Max Brisson qu’il soutenait en 2014 et Michel Veunac qu’il soutient désormais. C’était notre rubrique : pour une gamelle, je suis prêt à tout.

MONSIEUR X OU MONSIEUR Y ? – Chaque semaine, Bisque, Bisque, Basque ! s’extasie devant la malice de la rubrique politique de La Semaine du Pays basque, avec une Marquise de Vérité très bien informée et un Monsieur X qui, sous couvert de décoder la vie politique biarrote, encense Veunac au-delà de tout. Pas de chance pour l’hebdomadaire local, Bisque, Bisque, Basque ! a son propre informateur, Monsieur Y, très proche du président. Selon Monsieur Y, Macron a compris depuis fort longtemps les limites de Veunac et ne le tient pas en haute estime comme en témoignent les discours d’après G7 où le nom du maire de Biarritz avait été soigneusement biffé. Monsieur X et Monsieur Y ? Sûrement deux collègues de bureau qui se détestent !

ET MAINTENANT LA MOMOBILE. – Maïder Arostéguy sillonne les quartiers avec un monospace gris que ses colistiers surnomment la « Mamamobile ». Depuis ce week-end, Nathalie Motsch a jeté son dévolu sur un véhicule électrique du plus bel effet que l’on surnommera la « Momobile ». En appréciant le clin d’oeil appuyé fait à Jean-Baptiste Aldigé et aux supporters du BO avec les belles couleurs rouge et blanc du véhicule.

L’enfumeur public numéro 1

Faire croire, en plein conseil municipal, que la descente de police qui a eu lieu à la mairie, ressemblait à un thé mondain, il fallait oser… Veunac l’a fait !

Après « le casse du siècle » de Nathalie Motsch à propos du Palais, c’est Maïder Arosteguy qui alimente le concours des petites phrases au sortir du conseil municipal du 12 décembre, avec un tweet bien dans le style de celle qui effectue un très respectable travail d’opposition depuis 2014 : « Si l’actuel maire de Biarritz n’existait pas, il faudrait l’inventer ». Avant de rajouter « Opacité et enfumage sont les deux piliers de l’actuelle majorité ».

Comme c’est curieux : Maïder Arosteguy évoque La Cité de l’Océan et Jean-Benoît Saint-Cricq n’a rien à dire sur le sujet.

Désolé, Maïder, mais il n’est probablement pas né, le docteur Jekyll ou autre savant fou, capable de programmer dans un cerveau humain un sens aussi inné des vieilles ficelles politiciennes, de la phrase creuse et de la non réponse aux questions posées. Il était en effet tout à fait légitime pour une élue de s’étonner que personne n’ait été informée de la visite policière effectuée à la mairie aux alentours du 15 octobre et de ses motifs. Mais le grand démocrate Veunac, juste avant de lire un papier soigneusement rédigé, prévient : « Il y a ma réponse et c’est fini. Il n’y aura pas de débat oral derrière ». On a connu mieux, niveau démocratie.

Et le maire de s’enferrer lourdement dans des nuances de sémantique pour mieux promener tout le monde. Non, ce n’était pas vraiment une « perquisition, la police est arrivée pour une remise de document sur commission rogatoire ».  Le public est prié de croire qu’il s’agit d’une simple visite de courtoisie de la police, et d’un événement presque banal. Sauf que, bien évidemment, il n’en est rien. 

 

Le rapport de la Chambre régionale des Comptes a montré de graves irrégularités sur la gestion de la Cité de l’Océan, aussi bien pour la période Borotra que pour la période Veunac-Lafite, au point qu’un signalement a été fait. Et ce n’est pas pour le simple plaisir de venir se renseigner sur la pousse des hortensias dans la colline du même nom que la police judiciaire a pris la peine de se déplacer jusqu’à la mairie.  Mais Veunac adore se rouler dans les phrases creuses et s’en gargariser. Donc, nous sommes priés de le croire, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes biarrots. Comme dirait Coluche : « Circulez ! Y’a rien à voir ! ».

Amigorena expédié en deux minutes

L’autre grand moment de démocratie, dans ce conseil municipal plutôt calme après les deux tempêtes force 6 du 30 juillet et 15 octobre, restera l’échange entre François Amigorena et Michel Veunac à propos de L’Hôtel du Palais. Le chef d’entreprise, qui garde la même courtoisie ironique et le même mordant malgré son inéligibilité, s’étonne que la première tranche de travaux se soit élevée à 9,4 millions d’euros contre 8,8 annoncés, demande si un prévisionnel a été fait pour l’été 2019 et voudrait connaître « la situation de trésorerie de la Socomix à la fin novembre »

Vous admirerez tous, dans la vidéo, la façon dont le grand timonier Veunac patauge entre bilan et prévisionnel avant de trancher « On vous communiquera les chiffres ». Avec un homme qui maîtrise aussi bien ses dossiers et qui a appris comment fonctionne une entreprise dans un album Panini, les Biarrots peuvent être tranquilles…

Robert et Puyau récompensés pour leurs « loyaux » services

Le socialiste Alain Robert n’a pas respecté les consignes de son parti. Il était donc parfaitement logique de le promouvoir au conseil d’administration de la Socomix.

Dans ce conseil municipal marqué par de la pure politique politicienne, Veunac n’aura donc rien épargné aux citoyens biarrots accablés par le spectacle proposé. À propos de l’incubateur de jeunes entreprises érigé par le Crédit Agricole à la place de l’ancien garage Honda, Veunac n’oublie pas (1 h 07’) de balancer un grand coup d’encensoir à l’adjointe à rien du tout Nathalie Motsch « pour avoir porté ce projet… Il n’y a pas de raison de l’oublier ». Insultée ces dernières semaines, virée de son poste d’adjointe à l’Urbanisme sans que Veunac ait le courage de soumettre au vote du conseil municipal sa décision, « Calamity Nathalie » se retrouve félicitée pour son travail d’ex-adjointe à l’Urbanisme. Pourquoi donc l’avoir écartée et la ménager maintenant si ce n’est par peur des conséquences de son recours judiciaire ?

Comme Michel Veunac a dû être liftier dans sa jeunesse, tant il se montre habile dans le renvoi d’ascenseur, il fallait bien que la mascarade se poursuive jusqu’au bout. L’historien Alain Puyau et le retraité Alain Robert n’ont pas manifesté jusqu’à maintenant des compétences particulièrement pointues en matière de palace et d’hôtellerie de luxe, mais ils ont bien voté, le premier en trahissant son mandat d’opposant et le second en méprisant le vote interne du parti socialiste dont il est membre. Ils seront donc parfaits pour faire la claque au conseil d’administration de la Socomix.

Que c’est triste la politique à Biarritz !

Les services de sécurité furieux contre Veunac

Et vantard avec ça ! Les déplacements d’Emmanuel Macron ne devaient pas être annoncés pour des raisons de sécurité, mais notre brillantissime maire n’a pas loupé l’occasion de se pavaner en public. Tous les élus sont donc invités à boire un verre à la mairie avec le président de la République, le mardi 18 décembre à 11 heures du matin. « Il suffira de se présenter avec sa carte d’identité » a même précisé notre gros malin. Les gilets jaunes, les retraités en colère, les cégétistes, les indépendantistes basques, les anti G7, les membres de la France insoumise et autres agacés chroniques des sornettes politiciennes, qui n’avaient pas encore décidé où ils allaient offrir à Macron l’accueil qu’il mérite, remercient donc du fond du cœur le maire pour son aide inespérée.

Trois renégats socialistes parmi tant d’autres

Lundi soir, c’était bien le scrutin de la honte. Seuls les opposants au projet du maire ont su manifester beaucoup de dignité.

Surtout ne dites plus : « Ton permis de conduire, tu l’as eu dans une pochette surprise ? », affirmation très datée. Dites plutôt : « Ta carte de parti, c’était uniquement pour décorer ? », ce qui fait beaucoup plus biarrot. La section socialiste à Biarritz n’est pas la plus importante de France, puisqu’elle ne compte que vingt membres à jour de cotisation. En 2014, Ghislaine Haye, Jeannine Blanco et Alain Robert revendiquaient fièrement leur appartenance au parti de la rose et du poing. Mais allez savoir pourquoi, les militants locaux, depuis le conseil du 30 juillet dernier et les explications particulièrement embrouillées de Ghislaine Haye, subodoraient un mauvais coup.

La semaine dernière, le secrétaire de section Laurent Riberolles a donc décidé d’organiser un vote en interne pour savoir quelle position les élus du parti socialiste devaient adopter face au dossier du Palais. Ils ont seulement été treize à se déplacer, Ghislaine Haye, Jeannine Blanco et Alain Robert n’ayant pas daigné venir car trop occupés sans doute à raser les murs. Onze militants ont demandé à leurs élus de voter contre le projet municipal. Deux ont préféré qu’ils s’abstiennent. Aucun n’a voté pour.

Et qu’ont fait les trois élus, lundi soir en plein conseil ? Méprisant l’avis de leurs camarades socialistes, ils sont allés faire risette à Veunac et voter son scandaleux projet. Ghislaine Haye, expliquant de façon toujours aussi embrouillée que malgré son vote elle « reste de gauche », Jeannine Blanco se faisant discrète et le courageux Alain Robert ayant transmis une procuration à cette dernière.

L’aventure individuelle n’est pas de gauche

Non, Ghislaine, on n’a pas le droit de se dire de gauche quand on privilégie ainsi l’aventure individuelle et que l’on méprise tout autant les électeurs qui t’ont élue que les militants qui t’accompagnent ! Lorsque mon épouse a représenté le PS au conseil municipal en 2008, face à Didier Borotra, elle n’a jamais défendu un autre point de vue que celui de la section Biarritz. Cohérente avec elle-même, lorsque Guy Lafite membre de la majorité municipale a été désigné en 2010 par le PS pour les élections départementales, alors qu’elle était dans l’opposition, elle a démissionné de son mandat de conseillère municipale et quitté le parti socialiste dans la foulée.

Si seulement, ces trois renégats avaient été les seuls ! Mais les cent-cinquante Biarrots présents dans la salle du conseil qui se sont payés stoïquement presque quatre heures de conseil en restant debout – La municipalité ne peut pas refaire Le Palais pour 85 millions d’euros et offrir en plus des chaises à ses administrés ! – ont assisté à une escouade de politiques à l’ancienne aux arguments tous plus calamiteux les uns que les autres pour justifier leur trahison des Biarrots et leur allégeance au plan médiocre concocté par Veunac et Lafite sur Le Palais.

Une opposition qui surjoue

Et on vous passera sous silence, car vous l’avez sans doute vue sur Internet, cette opposition qui n’en est pas une et qui s’est complue dans l’obséquiosité à l’égard du maire, faisant oublier les rois du genre Claverie et Destizon. L’absence totale de démocratie dans ce dossier ? Mais où est le problème ! Le coût astronomique pour une ville de 25 000 habitants ? Si en plus, il faut s’intéresser aux détails ! Les risques de perdre Le Palais ? Pas avec un duo aussi talentueux que Veunac et Lafite ! Tour à tour Domège, Darrigade et Puyau ont fait assaut d’éloquence pour encenser le projet municipal. Ils auraient pu s’abstenir comme le veut la tradition républicaine, lorsqu’on est opposant et qu’un projet de la majorité n’est pas idiot. Eux aussi, manifestant un mépris total de ceux qui les ont élus, ont surjoué pour justifier l’injustifiable et voter oui.

Saint-Cricq hué de toutes parts

Reste le cas le plus douloureux, car s’il est quelqu’un dont je respecte l’intelligence et la capacité de travail, c’est bien Jean-Benoît Saint Cricq qui a été mon avocat l’an passé et m’a remarquablement défendu. Notre dernier échange téléphonique remonte à quelques mois. Venant d’apprendre que pour la deuxième fois notre brillant avocat avait dîné avec le maire, je l’avais gentiment chambré : « Fais gaffe, Jean-Benoît, tu vas finir sur les genoux de Veunac » Réponse catégorique : « Mais non, tu me connais, je voulais juste écouter ce qu’il avait à me dire ».

Nerveux, persuadé que la salle a été « faite » pour le siffler, ce qui est faux car il y avait des Biarrots de toutes tendances politiques, Saint-Cricq est hué dès qu’il prend le micro et perd ses nerfs très vite lundi soir avant de s’enliser dans une longue explication sur la Cité de l’Océan qu’il a été pratiquement seul à combattre. Ce qui est vrai, même si les abertzale et les socialistes de l’époque étaient aussi de la partie, mais ne justifie pas cet enthousiasme soudain pour le Palais. Jusqu’à cette expression malheureuse qui a un peu glacé l’assistance : « Je ne suis pas un vendu », ce que personne n’avait dit. 

… Que c’est triste, une carrière politique qui se termine ainsi.

Merci à vous quinze

Il n’y a plus de majorité, plus d’opposition à Biarritz. Juste des politiques à l’ancienne qui essaient de sauvegarder leurs places pour 2020 face à une génération plus jeune et plus soucieuse des Biarrots. Lundi soir, le calme, le sens pratique, le respect de la démocratie étaient clairement du côté des opposants. Merci à François Amigorena, Maider Arosteguy, Guillaume Barucq, Frédéric de Bailliencourt, Hervé Boissier, Édouard Chazouillères, Maialen Etcheverry, Marie Hontas Virginie Lannevère, Françoise Mimiague, Nathalie Motsch, Anne Pinatel, Brigitte Pradier, Nathalie Sauzeau et Richard Tardits pour l’opposition.

Vous avez été l’honneur de Biarritz et nous n’oublierons pas.

Veunac citant Einstein, c’est un peu comme Nabilla évoquant Marguerite Duras…

 

 

 

Une belle vague de contestation à Marbella

Pour mettre à mal le projet imbécile de la municipalité qui menace la plage de Marbella, une seule solution : rencontrer avant le 4 octobre l’enquêteur public pour qu’il mesure la détermination des Biarrots.

Et l’on dira après que les Biarrots sont incapables de se mobiliser ! Samedi 1er septembre le collectif « Sauvons Marbella » qui appelait à un rassemblement pour protester contre les projets municipaux menaçant la plage, a sans doute été le premier surpris par la vague de mécontentement qui est venue s’exprimer devant la buvette Debololo et le club de surf, tous deux menacés de disparition. L’esplanade était noire de monde, et de nombreux élus de l’opposition comme de la majorité avaient eu le bon goût de venir afficher leur solidarité avec le collectif : Maïder Arosteguy et Anne Pinatel, mais aussi François Amigorena, Eric Bonnamy, Alain Robert ou Laurent Ortiz.

Un Laurent Ortiz, particulièrement touchant dans sa passion pour ce spot de Marbella, qui est intervenu après le président du collectif Julien Paulet et le président de la fédération de surf Jean-Luc Arassus pour dire combien il aimait cet endroit et combien il désapprouvait l’action du maire : « Jean-Pierre Chevènement a dit qu’un ministre devait fermer sa gueule ou démissionner. Pour ma part, je déteste cette phrase et je suis bien décidé à être élu tout en disant ce que je pense ».

Pour que l’enquête publique serve à quelque chose

Tous les intervenants, de Pierre Aldama à Michel Larronde ont ensuite souligné, à quel point le mécontentement suscité par les projets de la municipalité pouvait se transformer en action efficace. L’enquête publique démarre aujourd’hui et durera jusqu’au 4 octobre. En général, les enquêtes publiques sont des espèces d’alibis démocratiques qui se déroulent dans l’indifférence générale et qui permettent ensuite aux gouvernants de dire qu’ils ont consulté le peuple… qui découvre trop tard qu’il s’est fait berner.

Grâce à la vigilance du collectif « Sauvons Marbella », nous sommes tous avisés des dates et pouvons donc agir, puisque l’enquête débute aujourd’hui.

Si vous envoyez un mail pour affirmer votre refus de ce projet, c’est bien.

Si vous poussez la prodigalité, jusqu’à acheter un timbre pour rajouter un courrier traditionnel de protestation, c’est encore mieux.

Si dans un accès de folle témérité, vous vous décidez à prendre votre sac à dos et vos chaussures de randonnée pour rejoindre la mairie et écrire votre mécontentement sur le registre prévu à cet effet, c’est presque parfait.

Enfin, si les 13 et 20 septembre ou le 4 octobre, vous réussissez à prendre une RTT (Le commissaire enquêteur ne doit pas savoir que les Biarrots travaillent et ne reçoit que de 9h à 12h ou de 13h30 à 17h00), ou à vous échapper clandestinement de votre lieu de travail, venez à la salle de réunion du 3e étage de la mairie pour dire de vive voix à l’enquêteur public tout le mal que vous pensez de cette décision municipale.

Imaginez un peu ce qui va se passer, si le commissaire-enquêteur, habitué à ne jamais voir plus de trois notables locaux venir échanger avec lui, se retrouve avec une salle bondée et des passionnés de Marbella bien décidés à lui faire faire des heures supplémentaires…

C’est d’accord, on se retrouve tous à la mairie ?

ENQUÊTE PUBLIQUE MODE D’EMPLOI

(Du mardi 4 septembre au jeudi 4 octobre)

 

Quatre manières de faire entendre sa voix (Il n’est pas interdit d’utiliser les quatre) :

– Email au commissaire enquêteur : 
pref-amenagement@pyrenees-atlantiques.gouv.fr 
– Courrier postal au commissaire enquêteur : 
Monsieur le Commissaire Enquêteur 
Mairie de Biarritz 
BP 58 
64202 Biarritz cedex 
– Observations sur le registre en mairie : 
du lundi au vendredi de 08h30 à 12h30 et de 13h30 à 17h00 
– Rencontre avec le commissaire enquêteur en mairie, salle de réunion du 3e étage
le mardi 4 septembre de 09h00 à 12h00 
le jeudi 13 septembre de 14h00 à 17h00 
le jeudi 20 septembre de 09h00 à 12h00 

le jeudi 4 octobre de 14h00 à 17h00 
(Source : Facebook Biarritz Notre Ville)