Juppé se tape la honte avec Calmels

Calmels Juppé

En 2017, si Alain Juppé est dans la course à la présidentielle, les électeurs de gauche n’oublieront pas l’indécent appel du pied au Front national lancé par sa protégée, Virginie Calmels.

Elle affirme venir de la vraie vie et se qualifie avec complaisance de « dame de faire ». Comme si le fait d’avoir dirigé Endemol, cette entreprise de téléréalité qui profite de la crédulité de jeunes innocents pour mettre des caméras dans les piscines et les salles de bain et faire de l’argent avec leurs batifolages, donnait à Virginie Calmels un quelconque brevet de légitimité!

Avec son ancien métier fait de strass et de paillettes, Virginie Calmels n’est pas franchement légitime pour se targuer d’une capacité supérieure à ses rivaux à comprendre les préoccupations actuelles des Français. Et, dimanche, elle a démontré, forte de son expérience dans une de ces entreprises où tout est bon pour piétiner le rival, qu’elle avait déjà pris tous les défauts des politiques… sans en avoir les qualités.

Car la politique, c’est aussi et surtout avoir des convictions et s’y tenir et ne pas multiplier les déclarations à géométrie variable en fonction d’un résultat électoral.

Distancée de trois points, au premier tour, par Alain Roussset, Virginie-la-vraie-vie, n’a pas hésité à lancer un indécent appel aux électeurs du Front national pour faire barrage à la gauche : « Notre victoire est possible. Je veux dire aux électeurs du Front national que le FN n’a ici aucune chance de gagner cette élection. S’ils votent FN au second tour, ils verront gagner Alain Rousset qui est au pouvoir depuis 18 ans.« .

Depuis cette déclaration intempestive de celle qui affirme vouloir « faire de la politique autrement« , son état-major tente de minimiser ses propos. Et l’on connait un certain Alain Juppé qui doit avoir envie de raser les murs et se sentir un peu à l’étroit dans ses bottes, lui, qui au niveau national soutient la ligne « ni retrait, ni fusion« .

Car, en 2017, les électeurs de gauche qui auraient pu être tentés par un vote pour le « sage » Alain Juppé, au cas où il aurait devancé Nicolas Sarkozy à la primaire de la droite, n’oublieront ce crachat fait à leurs convictions par Valérie Calmels.

Veunac, très gonflé

Et comme, décidément, le ridicule ne tue pas, Michel Veunac perd une belle occasion de se taire dans Sud Ouest (8/12) en se disant « consterné » par les résultats du Front National, allant même jusqu’à un de ces magnifiques mouvements de menton dont il est coutumier : « Je me pose la question. Comment en est-on arrivé là?« . Puisque notre cher maire de Biarritz souffre d’amnésie, nous allons lui rafraîchir la mémoire.

https://jeanyvesviollier.com/2014/03/21/biarritz-les-faux-nez-de-la-liste-fn/

Qui en 2014, pour être élu aux élection municipales face à l’ignoble Brisson, le rival avec qui on se tape sur le ventre désormais, a alimenté en douce la liste du Front National qui manquait de candidates femmes, ainsi que l’a confirmé Frank Perrin, représentant du Front national à l’époque? Qui a laissé quatre grandes timides biarrotes, dont les maris étaient très proches de la liste Veunac, se présenter sous leurs noms de jeunes filles, pour qu’on ne puisse pas les reconnaître, ce qui est légal mais pour le moins moralement discutable?

Et ce sont les mêmes, ensuite, qui osent se plaindre de la montée du Front national!

Alors oui, ce n’est pas simple d’être de gauche actuellement et je pense à ces électeurs sincères qui vont devoir glisser dans l’urne un bulletin marqué Christian Estrosi ou Xavier Bertrand. Mais, en ce qui concerne notre région, entre un vieux cheval de retour comme Alain Rousset et une insupportable arriviste sans foi ni loi comme Virginie Calmels, le choix sera vite fait.

J’ai voté Dartigolles au premier tour. Ce sera  Rousset au deuxième.

 

La vraie vie, selon Virginie…

Calmels 008

Qui va dire à Virginie Calmels qu’une élection régionale, ce n’est pas une émission de télé-réalité et que les téléspectateurs ne votent pas par SMS?

Partie à la conquête d’une région dont on ne sait pas encore précisément le nom, même si Sud-Ouest-Atlantique semble tenir la corde, Virginie Calmels, l’adjointe d’Alain Juppé, profite de chaque meeting, de chaque interview pour se gausser de ses rivaux politiques. À l’en croire, elle et elle seule peut se prévaloir d’une « expertise »  de « femme de terrain ancrée dans la réalité« , contrairement au technocrate Rousset ou au « petit prof » Dartigolles.

L’ancrage dans la réalité variant considérablement d’une personne à l’autre – Marie-Antoinette, quand elle soignait ses moutons au hameau de la Reine à Versailles, était persuadée d’être une véritable fermière et Liliane Bettencourt convaincue qu’Éric Woerth venait à Neuilly pour ses beaux yeux!- il convient donc de s’intéresser à ce brevet de réalisme que s’auto-décerne avec aplomb la blonde quadragénaire, et de regarder d’un peu plus près la vraie vie de Virginie.

La télé-irréalité mène à tout…

Grande modeste, la candidate politique vous avoue qu’avant quarante ans, elle avait déjà organisé trois plans de licenciement,  mais précise que « certains des licenciés lui ont offert des fleurs« , histoire de faire pleurer dans les chaumières. C’est sans doute un pur hasard, si elle oublie très souvent de citer le nom des entreprises qui ont jalonné son parcours. Effectivement Canal+ où elle a sévi comme directrice financière et Endemol comme directrice générale, ne sont peut-être pas tout à fait représentatives du terroir français. Pour mémoire, Endemol, c’est l’entreprise qui, pour faire du fric, filmait Loana, batifolant avec Jean-Édouard dans la piscine d’un loft truffé de caméras, histoire d’apprendre la vraie vie aux adolescents. Le parcours de Virginie Calmels, comme tous les parcours, mérite le respect, mais on ne peut pas vraiment dire que ce curriculum vitae d’une ex-mondaine parisienne l’autorise à se targuer d’une compétence qui saute aux yeux pour diriger une Région.

120 000 euros d’argent de poche

Mais ces approximations pour le moins amusantes, ne vont pas freiner les ardeurs de notre fonceuse, qui semble bien capable de ligoter Alain Juppé sur son fauteuil, s’il ose la contredire. Contrairement à d’autres qui se sont retrouvés en huitième position sur la liste des Pyrénées-Atlantiques, Virginie ne fait pas de politique par nécessité et affirme posséder « un certain détachement à l’égard du matériel« .

Le Canard enchaîné  de cette semaine, sous le titre « Jupette le feu« , a l’excellente idée de rendre très concret le détachement, limite apostolat absolu, de Virginie.

La pauvrette, en 2014, a dû se contenter de ses maigres indemnités d’adjointe d’Alain Juppé, cumulées à quelques modestes conseils d’administration. On est à la limite du conflit d’intérêt, mais il faut bien pouvoir mettre un peu de graisse sur la chaîne de son vélo :

– 45 735 euros de jetons de présence chez Eurodisney (Toujours la vraie vie!).

– 30 000 euros d’Iliad.

– 45 000 euros de Technicolor.

Comment ça, vous ne touchez pas annuellement, en dehors de votre salaire, pour 120 235 euros de jetons de présence ? Alors, c’est que vous n’êtes pas dans la vraie vie, et qu’il serait vraiment aberrant pour vous de voter pour quelqu’un qui est si loin de vos propres réalités quotidiennes et si peu à même de vous représenter…

Les ânes Brisson VeunacÉnorme!

Avec un comité de soutien comme « Le 64 avec Virginie Calmels », la candidate aux Régionales n’a plus besoin d’adversaires. Voilà une copie du tweet qui a circulé, provoquant l’hilarité et la consternation des militants Républicains, avant d’être promptement retiré. Il est vrai que les ânes ont l’air de se porter comme un charme et que l’éleveur ne semble pas avoir de problème pour nourrir ses bêtes…