Les élucubrations de Delalonde

Dans la Semaine du Pays basque du 17 mai, le propriétaire du château Boulard explique que la villa Sion lui revient de droit. Bisque, Bisque, Basque ! se fait un plaisir de lui répondre.

Quand on n’a pas de terrain, il suffit d’avoir des amis. C’est sans doute ce que s’est dit l’acquéreur du château Boulard.

Documents à l’appui, le grand ami du maire Pierre Delalonde qui, malgré ses promesses s’est bien gardé de répondre à Bisque, Bisque, Basque ! quand ce blog a évoqué les curieuses conditions de vente de la villa Sion, demande une tribune libre à La Semaine du Pays basque (17/5) pour donner son point de vue. Et là il évoque sans rire « l’ensemble architectural » construit en 1881, la villa et le parc cédés à la Ville pour un euro, avant de sortir l’arme suprême : ce grand philanthrope trouverait normal qu’on lui revende à ce prix-là, car il souhaite « présenter ce patrimoine biarrot à l’occasion du G7 ». Ému par tant de générosité mal comprise, Bisque, Bisque, Basque ! s’est donc fendu d’un courrier de soutien inconditionnel à l’homme d’affaires publié dans le numéro de La Semaine du 24 mai. Vous le trouverez ci-dessous.  

Les charmes de l’ancien Régime

Pierre Delalonde est totalement convaincant : la Ville doit s’empresser de donner au propriétaire du château Boulard la villa Sion et le parc pour un euro, afin qu’il puisse présenter cette merveille architecturale aux invités du G7.

Chaque vendredi matin, et c’est une raison pour laquelle je l’achète, La Semaine me fait penser à cette vieille publicité pour un grand magasin parisien : « On trouve tout à La Samaritaine ». Merci donc à Pierre Delalonde, ou plutôt à son porte-plume Alan Abeberry, pour les horizons insoupçonnés qu’ils m’ont ouverts grâce à leur tribune libre « Histoire de château » où ils s’expliquent sur le château Boulard, leur appartenant, et sur la villa Sion appartenant à la mairie.

Grâce à eux, en effet, ma vie va changer du tout au tout : je vis dans une ancienne maison basque, en compagnie de quatre autres copropriétaires. Mais je possède tous les documents prouvant qu’au moment de la construction du bâtiment, en 1929, un seul propriétaire occupait l’ensemble. Un tour au cadastre m’a aussi appris que cette maison à cette époque était cernée par 8 hectares de terres agricoles.

Suivant le raisonnement du « spécialiste de l’immobilier » Pierre Delalonde, je vais donc demander l’expulsion immédiate des quatre autres copropriétaires et aux services de la Ville de raser les maisons environnantes qui me gâchent le paysage.

Michel Veunac cherche à vendre la villa Sion 980 000 fois le prix que propose Pierre Delalonde : 1 euro.

La démonstration est limpide : en 1881, la villa Sion qui faisait face au Château Boulard servait de salle d’étude et de gymnase aux enfants des propriétaires. En 1975, la société « Château d’Arcadie » a cédé pour un franc symbolique la villa Sion et le parc à la Ville, avant de vendre en 2015 le château Boulard au sémillant Delalonde. Avec tellement peu de terrain autour que les services de sécurité ont retoqué le projet du promoteur d’accueillir du public en son château.

Il faut donc redonner à cet ensemble sa splendeur architecturale passée en rendant à Delalonde ce qui appartient à la Ville.

Des esprits chagrins, lors d’un mémorable conseil municipal, s’étaient plaints de la mise à prix très faible de la villa Sion à 980 000 euros. Les faits démontrent que le maire, Michel Veunac, défend ses administrés, puisqu’il a osé proposer la villa Sion et le parc pour 980 000 fois le prix estimé par le défenseur du patrimoine Delalonde qui se dit prêt à racheter le tout pour un euro. Étonnez-vous après que l’affaire ait capoté ! Et encore ce grand timide de Delalonde n’a pas osé demander pour l’instant la destruction aux explosifs des cinq où six maisons bâties à l’emplacement de l’ancienne cour du château.

L’argument avancé tient la route et va faire taire les plus sceptiques : la société du promoteur « désire présenter ce patrimoine biarrot à l’occasion du G7 ».  Et le garder ensuite !

Nous invitons donc tous les Biarrots nostalgiques de l’Ancien Régime et fort désireux de faire plaisir au « monarque Macron » et à ses pairs de se plonger dans leur grimoire et d’exiger de la Ville que leur bien soit remis en l’état tel qu’en 1881…

… Après tout, pourquoi Delalonde serait-il le seul à faire des efforts en acceptant la lourde charge de gérer le jardin public et la villa Sion tout en déboursant un euro ?

Lire aussi :

https://jeanyvesviollier.com/2018/09/30/les-proches-avant-les-biarrots/

https://jeanyvesviollier.com/2018/10/03/retour-sur-un-sympathique-arrangement-entre-amis/

https://jeanyvesviollier.com/2019/04/16/veunac-ne-fait-meme-plus-semblant/