Au bain, l’an neuf !

bain-angloys-01Dans un premier temps, en bons Français que nous sommes, on râle : « Mais il est con, ce Rabagny, de nous faire lever un 1er janvier à 11 heures du matin ». Dans un deuxième temps, une fois sur place, on s’extasie sur le décor mis en place, sur cette magie du nouvel an qui donne à chacun envie de parler – et mieux encore, de trinquer ! – avec l’autre, sur ce soin du détail que met Robert Rabagny dans toutes les organisations qu’il imagine. Difficile d’imaginer mieux commencer l’année !

Le 1er bain des Angloys avait été une franche réussite avec une météo particulièrement clémente et un vieux rock destiné à vous faire aimer la nouvelle année. La météo s’annonçant tout aussi clémente cette année, nul doute que la grande foule va se retrouver plage des Sables d’or. Le bain des Angloys aura lieu dimanche à midi pile et, si vous voulez respecter l’étiquette à fond, le dress-code prévu est le peignoir blanc, le nœud papillon et l’incontournable bouteille de champabain-angloys-03gne à la main.

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Leçon de démocratie à Anglet

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Un bus avec une mini exposition à l’intérieur pour montrer les évolutions possibles et, à l’extérieur, des conseillers de quartier qui donnent tous les détails et collectent les bulletins remplis par les habitants.

Claude Olive, le maire d’Anglet, est en passe de réussir son pari : doter  la ville qu’il dirige d’un véritable centre-ville. Depuis l’ouverture des halles, la place des Cinq-Cantons devient un lieu de vie très prisé des habitants, même s’ils déplorent le côté un peu froid des lieux depuis son réaménagement.

Pour cette raison, une consultation publique a été lancée les 25 et 26 octobre pour que les habitants donnent leurs points de vue sur les améliorations à apporter, tandis que des conseillers de quartier leur expliquent, plans à l’appui, les contraintes existantes. Une initiative qui a rencontré beaucoup de succès.

Voilà qui pourrait donner des idées à l’équipe municipale de Biarritz. Pourquoi sur un sujet aussi controversé que la relance de la Cité de l’Océan et l’achat de nouvelles attractions ludo-scientifiques, Michel Veunac, qui apparait plus seul contre tous que jamais, ne demande-t-il pas le point de vue de la population?Démocratie Anglet 02

Parce que la démocratie, c’est avoir le sentiment que l’on n’est pas omniscient et rester à l’écoute de ses concitoyens. Tout ce que l’équipe dirigeante de Biarritz ne fait pas actuellement.

Ne manquez pas dans La Semaine du Pays Basque, le point de vue très courageux de Maïder Arostéguy, qui explique pourquoi elle ne croit pas au plan de relance de la Cité de l’Océan proposé par Michel Veunac.

Pauvre Virginie, sacré Bruno!

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Sympathique mais pas très charismatique, Virginie Calmels, cramponnée à son pupitre, a paru bien tendre en comparaison de Bruno Le Maire : taper à bras raccourcis sur les socialistes, ne suffit pas à faire un programme.

Si « L’exactitude est la politesse des rois« , Virginie Calmels et Bruno Le Maire, venus en meeting, le 20 octobre à Anglet, et arrivés avec 45 minutes de retard, montrent qu’ils ont encore des progrès à faire, avant d’être à la hauteur du titre suprême qu’ils convoitent chacun de leur côté. Dans la salle des fêtes, bondée comme jamais, et où une bonne partie de l’assistance a dû rester debout,  l’ex-ministre de l’Agriculture se met immédiatement le public dans la poche en expliquant son manque de ponctualité par un nouvel excès de vitesse, en racontant ses stages réguliers pour retrouver des points de permis ou en révélant les moqueries d’un moniteur lui disant « Avant, vous aviez les motards devant et maintenant, vous les avez derrière!« . Sans doute un peu grisé par les applaudissements, Bruno Le Maire ira même jusqu’à se contredire, quelques instants plus tard, en affirmant qu’il était installé avant le meeting, dans le bureau de Claude Olive, en vacances cette semaine, et que le lieu lui a paru tellement confortable qu’il allait briguer la mairie d’Anglet et renoncer à un mandat national, « ce qui fera sans doute plaisir à certains« .

Mais le public des ex-UMP, devenus républicains (… Je ne m’y ferai jamais à ce détournement d’un des plus beaux mots de la langue française au profit d’un parti!) est bon enfant et décidé à applaudir à tout rompre le moindre propos proféré par la candidate aux régionales ou par le candidat aux primaires de la droite.

Virginie Calmels ouvre le bal des discours. Si l’on se réjouit de voir arriver de nouvelles têtes en politique, si l’on ne veut surtout pas être taxé d’antiféminisme primaire, disons-le clairement, le discours de Virginie, sympathique, énergique, mais tellement primaire, relève pour le moment du cours élémentaire deuxième année et d’une mention « appliquée, mais peu douée. Peut mieux faire »… Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne réussira pas un jour.

Petites roueries pour public conquis

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Ce n’était pas très difficile, mais Bruno Le Maire, par son talent oratoire, par son sens de l’anecdorte, s’est mis toute la salle dans la poche.

Pas encore de programme officiel, puisque la liste n’est définitive que depuis le matin, mais quelques roueries pour récolter des applaudissements enthousiastes. Des remerciements interminables à toutes les personnalités locales présentes, des attaques en piqué sur le gouvernement socialiste « On en a marre de travailler dur et de subir le matraquage fiscal des classes moyennes« , une évocation systématique de son parcours dans l’entreprise -comme si la fréquentation d’Endémol ou de Canal + permettait d’affirmer qu’on est dans la vraie vie!- et une affirmation catégorique : « Il nous faut des élus neufs, volontaires, courageux » Suivez mon regard!

Virginie Calmels se moque ensuite d’Alain Rousset « Jamais invité sur les plateaux télé« , contrairement à elle, (voilà un critère probant quand on sait à quelle vitesse la télé brûle ce qu’elle a adoré!), avant de balancer des promesses tous azimuts en direction des chômeurs, des jeunes, des femmes, du patrimoine (« en commençant par la rénovation de nos églises »), des agriculteurs et des artisans. N’en jetez plus!

« Aliénor » en rosit de plaisir

Tandis que Virginie Calmels se rassoit, on se dit que les organisateurs n’ont peut-être pas eu une bonne idée de réunir dans le même meeting Virginie Calmels et Bruno Le Maire. Un peu comme une maman, trop aimante, qui, pour fêter la victoire de son fils, capitaine de l’équipe minime de rugby d’Ustarritz, demanderait à Sébastien Chabal de venir passer une tête dans les vestiaires. À qui va-ton s’intéresser?

Ce que l’on pressent, arrive. Tandis que Calmels est laborieusement restée scotchée derrière son pupitre, Le Maire s’empare du micro, déambule dans l’allée centrale, joue la complicité avec la foule, multiplie les anecdotes de proximité qui font chavirer de bonheur la salle. Et ça, du talent oratoire, il en a, l’ancien élève de Normal Sup! Et contrairement à Nicolas Sarkozy, qui aux dernières nouvelles n’est toujours pas venu à bout de « La Princesse de Clèves« , il n’écorche pas la langue française.

Se sachant en famille, Bruno Le Maire ne recule devant aucun effet de manche pour galvaniser la foule et l’inciter à distribuer des tracts pour « cette dernière bataille territoriale avant la grande bataille nationale ». Après un couplet sur le cumul des mandats qui déchaînera la foule, Le Maire assène « Voter pour le FN, c’est mettre un bulletin de vote pour le PS ». Avant d’oser comparer Virginie Calmels, qui en frétille de plaisir sur sa chaise, à Aliénor d’Aquitaine et de souhaiter que la candidate aux Régionales devienne « reine d’Aquitaine, reine de Poitou-Charentes et reine du Limousin ».

Une reine qui,  après avoir bien insisté sur le besoin d’élus neufs, aura tout de même un mot pour « ceux qui, comme Max Brisson, ont accepté le jeu du renouvellement et ce n’est pas toujours facile« . Debout contre un mur, même pas convié à s’asseoir avec le gratin politique régional, Max Brisson a péniblement opiné, mais pour le « volontaire écarté d’office » la pilule a visiblement du mal à passer.

Et pendant ce temps, j’ai même vu des républicains de Biarritz, venus pour la réunion, rire sous cape…

Non, n’insistez pas, je ne vous donnerai pas les noms!

À Biarritz, on n’a pas d’argent, pas d’idées… mais on a de la peinture

Piste cyclable Biarritz

Avenue de l’impératrice, comme partout à Biarritz, le cycliste téméraire doit se contenter d’un simple pictogramme au sol, en guise de piste cyclable. Pas de doute, avec ça, il se sent totalement en sécurité! À se demander si la mairie peut voir les cyclistes en peinture…

Michel Veunac nous avait promis une rupture totale avec l’ère Didier Borotra, et, une fois de plus, il tient parole. On se souvient qu’en décembre 2011, l’association Bizi Kleta avait offert un vélo au sémillant maire de l’époque « pour lui rappeler que le vélo, ça existe« . Michel Veunac, élu depuis quatre mois dont on attend toujours le programme, promis pour octobre, mais sans que l’année soit précisée, a donc pris à bras le corps, les aménagements cyclistes de la Ville. Il est vrai qu’à côté de ses voisines, Bayonne et Anglet, où les sites propres sont légion, avec des pistes cyclables physiquement séparées  de la circulation automobile, Biarritz faisait bien pâle figure.

Heureusement, avec l’enthousiasme qu’on lui connait, notre nouvel édile a résolu le problème d’un coup de pinceau magique. Un peu partout, il a apposé des pictogrammes de cycliste, sur les principaux axes de circulation. Que les automobilistes se fichent comme de leur premier cric de ces pictogrammes, qu’ils continuent à raser les deux roues en ne respectant pas la distance réglementaire d’un mètre cinquante, prévue par le code de la route, qu’il soit impossible à une famille de vacanciers de circuler à vélo, peu importe. Notre Mimi-qui-a-enfin trouvé-une-idée peut le proclamer fièrement : contrairement à son prédécesseur, il a multiplié les pistes cyclables à Biarritz.

Comme si un simple coup de maquillage pouvait transformer une septuagénaire liftée en appétente jeune fille, comme si une soirée gratuite le jeudi à proximité de la Cité naufragée de l’Océan allait précipiter les foules dans le bâtiment, et comme si, pour un nouvel élu, la communication pouvait remplacer les idées, les projets et la vision d’avenir.

Pauvres de nous!

Piste cyclableBayonne

Piétons, cyclistes, voitures, une place pour chacun à Bayonne.

Piste cyclable Anglet

Malgré quelques sorties de riverains dangereuses, la piste cyclable d’Anglet permet aux familles de rouler en toute sécurité.

La pêche et l’esprit de la pêche…

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Quand notre terrain de jeu habituel se retrouve presque aussi fréquenté que l’autoroute…

Alain, qui s’efforce de garder de l’humour en toutes circonstances, résume magnifiquement la situation : « Pour nous, cette semaine, c’est ciel bleu et nuits blanches » Pas évident pour un club comme le Yacht Club de l’Adour d’organiser les championnats de France de pêche en mer et de bien accueillir, à la hauteur de la tradition basque,  120 compétiteurs. Et il suffit de regarder les traits tirés de tous les membres du club pour comprendre que personne ne s’est échappé au moment où il fallait se mobiliser.

Autour des bassins du port du Brise-lames, les échanges entre vieux messieurs sont parfois animés : « J’ ai la plus grosse… » « … Non, c’est moi!« . Rassurez-vous, il n’est question que de daurades. Il y a aussi le hâbleur qui, si on l’écoute, a déjà pêché à lui seul, au cours de son existence, bien plus de poissons que tous les quotas de pêche autorisés par l’Europe et le parano qui a peur que l’on s’inspire de ses montages, classés secret-défense.

Et puis démarre la compétition, qui contrairement à la pêche de loisir, se déroule à heures fixes et zone géographique imposée pendant deux jours. Et là, ça se gâte un peu. Personne ne regarde le magnifique spectacle des Pyrénées bordant l’océan, uniquement obnubilé par la préoccupation de sortir un maximum de poissons en un minimum de temps. Pas de congratulations, non plus, quand un concurrent ferre « une belle bête« , mais le masque affiché de la jalousie. Le copilote de bateau que je suis a parfois l’impression de participer à une fête foraine où des gamins aux cheveux blancs se disputent autour d’une bassine remplie d’eau pour sortir le maximum de canards en plastique!

Plus l’heure avance et plus la nervosité s’installe : il est tellement facile de penser que c’est la faute du skipper, qui a mal positionné le bateau, si on ne ramène pas grand chose à bord. Même indifférence coupable pour le poisson capturé, qui est jeté sans un regard dans un seau, avant d’être renvoyé, mort, à la mer quelques heures plus tard puisqu’il ne fait pas la taille légale. Une désinvolture dérangeante que reconnaît Jean-Claude Bouron, le président de la FFPM, la Fédération Française de Pêche en Mer :  » Les commissaires sur les bateaux devraient exiger que les poissons non réglementaires soient remis à l’eau vivants… C’est pour cette raison que nous allons probablement nous orienter dans les prochaines années vers des concours no kill » des concours où on mesure le poisson avant de le relâcher vivant ).   Avant 2030, de préférence!

Au bout de deux jours de compétition, trois personnes montent sur un podium, écoutent la Marseillaise et endurent les interminables discours d’autocongratulation des notables présents. Je suis ravi d’avoir consacré une semaine de ma vie à l’organisation de cet événement et je repars avec une certitude absolue : même si tous les compétiteurs ne sont pas à ranger dans le même panier à poissons, je ne participerai plus jamais à un concours, tellement on est loin de l’esprit de la pêche.

Vite, une sortie avec les copains, où notre fantaisie nous guidera, où le spectacle de l’océan nous chavirera de bonheur, où l’on relâchera les poissons trop petits par souci de la ressource, où une bonne bouteille nous aidera à délier les langues et … à rater les poissons, où l’on se chambrera gentiment, sûrs de l’amitié que l’on éprouve les uns pour les autres et où l’on rentrera, fourbus mais contents, en se disant que nous sommes les hommes les plus heureux de la terre. En se moquant bien de savoir qui est premier ou dernier pêcheur du bateau…

… Parce que, entre la compétition et la con pétition, il n’y a parfois qu’un pas.